Nouveau chapitre ! La fin approche à grands pas...
Disclamer : tout appartient à JK Rowling (sauf quelques idées), je ne fais pas d'argent avec cette fic...
Bonne lecture !
Lueur d'espoir
Roxane venait d'apparaître dans un coin sombre d'une rue passante et animée de Louisiane. Elle remonta l'avenue et s'approcha d'une bâtisse quelconque. Lorsqu'elle se trouva suffisamment près, la vitrine changea d'aspect pour dévoiler comme par magie différents objets occultes de la culture vaudou. Il ne pouvait y avoir aucun doute possible. C'était bien la boutique qu'elle recherchait et qui semblait invisible aux yeux Non-Maj's.
Elle entra et jeta un rapide coup d'œil aux différentes amulettes exposées, des crânes d'espèces animales variées, des bougies et même – ce qui amusa la jeune Scott – quelques poupées vaudou. Elle s'avança vers le comptoir et s'adressa au sorcier qui se trouvait là. Son regard n'était pas très engageant, mais la jeune fille crut reconnaître les traits de son ami chez cet homme.
— Bonjour, Monsieur. J'aimerais voir Jimmy Ghanna, s'il vous plaît.
— Vous êtes Roxane Scott, j'imagine, dit-il d'une voix profondément grave.
— C'est moi, murmura-t-elle intimidée.
— Mon fils se doutait que vous viendriez… Il est à l'étage. Suivez-moi.
Roxane tortilla nerveusement ses doigts. Elle avait peur de ce qu'elle allait découvrir. Le sorcier la fit entrer dans un petit salon et la laissa seule en retournant gérer la boutique. Jimmy passa par une autre porte et s'approcha de la jeune Scott.
— Je t'avais dit de ne pas venir, dit-il d'un air faussement contrarié.
— Ne sois pas ridicule, protesta Roxane. Tu ne croyais quand même pas que j'allais rester chez moi après avoir lu le message de ton corbeau ! Et d'après ce que ton père vient de me dire, tu savais que je viendrais…
Il ne put retenir un sourire et prit la jeune fille dans ses bras.
— C'est bon de te revoir. Mais tu ne pourras pas faire grand-chose…
— Comment va-t-il ? demanda la sorcière avec une mine inquiète.
— Physiquement, il va s'en sortir. Mais, moralement, ce sera plus dur… Il a vu tous ses proches mourir sous ses yeux. Tessa était là également.
— C'est horrible. Comment est-ce qu'une telle attaque de Mangemorts a pu arriver ?
— Je ne sais pas exactement, avoua Jimmy. Dereck est resté inconscient la plupart du temps pour que je puisse le soigner. Il marmonne tout le temps la même phrase : ne prononcez pas son nom.
— Tu crois que cela fait référence à Tu-Sais-Qui ?
— C'est aussi ce que j'ai pensé. Mais je ne tenterai pas de dire son nom à voix haute pour vérifier.
— Est-ce que je peux le voir ?
Jimmy sembla hésiter un instant.
— Il dormait encore tout à l'heure… Je peux te laisser y aller, mais attends-toi à un choc. J'ai pu remettre son épaule en place sans trop de difficultés. Après, j'ai fait mon possible pour arrêter les brûlures de sa chaire, mais je ne pourrai malheureusement pas les soigner complètement. Je ne peux pas faire grand-chose contre la Magie Noire. Seul le temps nous dira s'il pourra un jour se servir à nouveau de son bras.
Roxane se mordit l'intérieur de ses joues pour s'empêcher de pleurer. Jimmy l'observa avec ses petits poings serrés, elle semblait déterminée à le voir. Il ouvrit une porte et l'invita à entrer dans une petite chambre d'amis. Dereck était allongé sur le lit et semblait profondément endormi. Son bras droit était à l'air et toute sa peau semblait avoir été mangée par les flammes. Les marques de brûlures remontaient de ses doigts jusque dans son cou. Toute cette zone se trouvait ainsi noircie. La jeune Scott porta une main à sa bouche.
— Ç'a été difficile de lui faire lâcher sa baguette, commenta tristement Jimmy. Il lui faudra certainement prendre l'habitude de l'utiliser avec son autre main…
— Tu as essayé l'essence de Murlap ? demanda Roxane. C'est ce que Wayne avait utilisé sur mes mains brûlées par le pus de Bubobulb…
La jeune fille se sentit emportée par une vague de nostalgie à l'évocation de ce souvenir si lointain. Cela lui sembla inaccessible. Comme si ce moment appartenait à une ancienne vie.
— L'essence de Murlap soulage pour les blessures légères. Là, c'est l'œuvre du Feudeymon.
Jimmy l'avait prévenue et avait raison. La jeune sorcière se sentait impuissante en regardant Dereck dans cet état.
— J'espère qu'il ne fait pas de cauchemars, murmura-t-elle. Il a bloqué les miens. Ce serait dommage que personne n'ait pu faire de même pour lui…
— Dans le doute, je lui fais boire une potion qui bloque tous ses songes, assura Jimmy.
— Tu as pensé à tout. C'est vrai que je suis inutile…
— Ne te torture pas pour rien Roxane. Il ne lui arrivera rien ici. Je pourrais te recontacter lorsqu'il se sentira mieux. Je pense que ça lui fera plaisir de savoir que tu es passée.
La jeune sorcière hocha la tête par approbation.
— Je pense que je vais me tenir éloignée du monde magique pendant quelque temps, annonça-t-elle. Je pourrais toujours recevoir vos messages. Mais j'aimerais juste disparaître aux yeux de la communauté magique. Surtout si le MACUSA finit par vouloir s'intéresser encore à moi… Vivre comme une Non-Maj'. Ça fait quelques jours que j'y pense. Je serai en sécurité puisque Wayne a lancé un Sortilège de Fidelitas chez mes parents…
— Je l'ignorais, commenta Jimmy.
— Bien entendu, si jamais vous avez besoin de moi pour une raison ou une autre, n'hésitez surtout à m'appeler !
— C'est promis.
Sous un ciel étoilé, Wayne était estomaqué par les révélations que venait de lui faire Roxane à propos de la famille de Dereck.
— D'après Jimmy, il répète inlassablement la même phrase : ne prononcez pas son nom. Tu crois qu'il parle de Tu-Sais-Qui ?
Les yeux de Wayne s'agrandirent tout à coup. Tout devint évident.
— Les Mangemorts, dit-il pour lui-même. C'est comme ça qu'ils apparaissent devant chez moi…
— Quoi ? s'étonna Roxane. Tu as des Mangemorts devant chez toi ?
— Oui, j'en ai aperçu quelques-uns, mais ils ne peuvent pas nous voir grâce au Sortilège de Fidelitas, précisa-t-il pour calmer son inquiétude grandissante. C'est un Tabou. Pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ? C'est très malin.
— Une malédiction ?
— En quelque sorte. Chaque fois que quelqu'un prononce le nom de Tu-Sais-Qui, cela agit comme un aimant pour révéler aux Mangemorts notre position. De cette façon, ils sont attirés par ceux qui n'ont pas peur de dire son nom, et qui sont les plus déterminés à le combattre…
— Et tu prononces son nom toi maintenant ?
— Oui, ça m'arrive. Je ne le faisais pas à Ilvermorny pour ne pas attirer l'attention sur moi…
— Tu crois que Dereck a dit son nom ? demanda Roxane perplexe.
— Je ne sais pas. C'est peut-être un membre de sa famille qui l'a fait… Il aurait dû mettre sa maison sous Fidelitas. Surtout, Roxane, tu ne dois pas prononcer son nom !
— Ça ne risque pas d'arriver, marmonna la jeune Scott. Je ne sais toujours pas comment il s'appelle. Personne n'a jamais osé me le dire. Mais je pourrais certainement le prononcer par erreur si jamais il a un prénom aussi commun que Tom par exemple…
— Non, cela n'a rien de commun, assura Wayne avec un sourire amusé. Et maintenant, ne compte pas sur moi pour te le dire…
Ce matin-là sur Isla Aura, Lowyn observa La Gazette du sorcier avec incrédulité.
— Severus Rogue est devenu le nouveau directeur de Poudlard ! Si l'on m'avait dit cela quand je faisais mes études là-bas, je n'y aurais jamais cru… Il y a aussi deux nouveaux professeurs : Amycus et Alecto Carrow. Ça te dit quelque chose ?
— Non, admit Armance après une seconde de réflexion. Mais j'imagine que ce sont des Mangemorts…
Wayne entra vivement dans la pièce.
— J'ai compris pourquoi des Mangemorts apparaissent au large de l'île, annonça-t-il sans préambule. Ils ont lancé un Tabou. Chaque fois qu'on prononce son nom, cela les attire… Dereck a perdu toute sa famille à cause de ça !
— Eh bien, cela va peut-être vous décider tous les deux à arrêter de prononcer son nom, déclara la doyenne des White.
— Armance, je te rappelle que tu ne t'es jamais gênée pour faire comme nous, reprit Wayne d'un ton cassant.
C'était la première fois qu'il s'adressait directement à son arrière-grand-mère depuis de longs mois. Elle se sentit blessée qu'il l'appelle par son prénom, mais sa pratique de l'occlumencie ne laissa rien transparaître.
— C'est faux, corrigea la vieille sorcière. Je l'ai toujours appelé Le Seigneur des Ténèbres. Et tu ferais bien d'en faire autant…
Wayne cligna des yeux un instant. Puis il reprit avec force :
— C'est hors de question ! Jamais je ne l'appellerai comme ça. Pour moi, il ne mérite pas le titre de Seigneur… Il a tout d'un monstre.
— C'est très bien, intervint Lowyn pour calmer l'orage à venir. Désormais, on n'aura qu'à l'appeler le Monstre des Ténèbres !
Wayne laissa échapper un sourire, chose qui devenait de plus en plus rare. Lowyn replia le journal en soupirant.
— Tout est complètement faussé là-dedans. J'aimerais pouvoir connaître ce que fait l'Ordre du Phénix…
— Tu peux jeter un œil au Chicaneur, proposa Armance. J'ai bien fait de prendre un abonnement à tous les journaux possibles et imaginables que je connaisse…
— Je pensais à autre chose, annonça Lowyn. On a peut-être une vieille radio dans le grenier. Si j'arrive à la faire fonctionner, peut-être que l'on pourra capter une émission indépendante…
Dans la maison invisible du 23, Poplar Street, les parents de Roxane discutaient à voix basse dans la cuisine.
— Je ne l'ai jamais vue aussi triste, commenta Katy avec émotion.
— Je sais. Mais nous ne pouvons pas faire grand-chose, se désola Owen. Garder espoir pour elle me semble être ce qu'il y a de mieux…
Dans le salon, Roxane avait ses oreilles recouvertes par le casque de son walkman. Elle s'était enfermée dans sa bulle de musique qui ne jouait pas des airs aussi joyeux que ce qu'elle avait l'habitude d'écouter avant cette guerre. Le regard de la jeune Scott était fixé sur l'échiquier qui n'avait pas bougé depuis plus d'un an. Une épaisse couche de poussière recouvrait maintenant chacune des pièces restant en jeu. Tout sembla figé dans le temps. Dans l'attente du retour de Wayne.
Roxane tourna la tête en sentant son petit frère qui venait de s'asseoir à côté d'elle sur le canapé. Après un regard, elle libéra ses oreilles pour revenir à la réalité.
— Tu sais, commença Matthew. Bientôt, j'aurais une baguette magique moi aussi. Et tu ne seras plus seule pour protéger papa et maman.
La sorcière eut un maigre sourire. Son frère avait récemment fêté son 9ème anniversaire. Il n'y avait plus de doute sur ses compétences magiques à venir. Il avait hâte d'entrer à Ilvermorny et découvrir toutes ces choses merveilleuses que Roxane lui avait décrites. Toujours avec le plus grand sérieux, le jeune garçon reprit :
— Si jamais Wayne ne peut pas revenir, moi je te protégerai.
Roxane eut les larmes aux yeux. Elle serra Matthew dans ses bras avec force.
Dans le grenier poussiéreux de la maison d'Isla Aura, Lowyn se sentait un peu perdue. Il y avait là tellement d'objets magiques en tout genre. Des livres anciens, des artefacts insolites et parfois même quelques ingrédients qui pouvaient s'avérer utiles pour la confection de diverses potions. Elle ignorait quand cette maison avait été bâtie par les membres de la famille White, mais il était évident que ses ancêtres avaient voulu rassembler en ce lieu toutes traces historiques depuis leurs origines.
Il y avait également des meubles cassés et plusieurs malles remplies de vêtements de temps passés. Sur une étagère qui se dressait contre le mur sous plafond, Lowyn reconnut une ancienne radio. Elle prit dans ses bras cette antiquité qui devait dater des années 1920. Le regard de Lowyn se posa un instant sur le mur. Il y avait quelque chose d'étrange. On aurait dit que tout un carré semblait être de couleur différente. Elle posa la radio avec attention et passa ses mains sur ce pan de mur pour en évaluer toutes les aspérités. Elle sentit son sang battre à ses tempes, comme si quelque chose cherchait à l'appeler.
Lowyn sortit sa baguette magique et essaya différents sorts pour révéler le secret qui se cachait dans ce mur. Son instinct ne l'avait pas trompée. Dans un déclic, une ouverture se fit pour dévoiler une petite trappe. Dans ce renfoncement, la jeune femme put découvrir différentes choses qui étaient jalousement gardées là depuis des dizaines d'années. Une petite boîte en bois sur laquelle un dragon avait été gravé. Un morceau de parchemin sur lequel un arbre avait été tracé. Mais ce qui coupa le souffle de la sorcière, ce fut cet œuf de dragon. Elle savait que c'était cette créature endormie qui vibrait au rythme de son propre cœur. La jeune femme posa ses mains sur la coquille épaisse et la trouva étrangement froide. En regardant de plus près, elle fut incapable de reconnaître l'espèce à laquelle appartenait cette sorte de dragon.
Armance était en train de lire une histoire à Lyane lorsqu'elle vit Lowyn revenir dans le salon avec les bras chargés. La jeune femme posa la radio sur la table et s'approcha de la cheminée pour y déposer l'œuf.
— Où as-tu trouvé ça ? s'étonna la vieille sorcière.
— Dans un des murs du grenier. Je vais voir si la créature est toujours vivante.
La petite Lyane sauta des genoux de son arrière-grand-mère et s'approcha de l'âtre pour observer l'œuf avec une fascination qui faisait briller ses yeux clairs. Lowyn alluma un feu par magie et surveilla ce qui deviendrait peut-être un jour un dragon.
— Cela doit faire des années qu'il est là-haut, commenta-t-elle. Il va lui falloir plusieurs heures dans les flammes pour le faire éclore…
Lyane s'assit au sol, incapable de détacher son regard du feu brûlant. Après quelques minutes, Lowyn se tourna maintenant vers la radio pour vérifier son bon fonctionnement. Elle tapota l'appareil avec sa baguette magique tout en marmonnant différents sorts.
— Il reste encore un journal qui soutient Harry Potter, commenta Armance qui lisait un exemplaire du Chicaneur.
— J'espère que son directeur ne subira pas le même sort que celui qui dirigeait The Phoenix News, dit Lowyn qui continuait de donner des coups de baguette à la radio.
Une voix résonna alors de l'appareil :
— Félicitations ! Vous venez de trouver le mot de passe pour l'émission Potterveille ! Aujourd'hui c'était bien phénix, on vous donnera des indices en fin d'émission pour le prochain code…
— Potterveille ? s'étonna Lowyn.
— Ici Rivière ! continua le poste. Vous vous trouvez bien sur l'émission qui soutient le combat de Harry Potter contre Vous-Savez-Qui ! On commence avec l'actualité que vous ne trouverez pas dans La Gazette du sorcier ou sur Sorcellerie-Info… Harry a été repéré au ministère de la Magie. On ignore ce qu'il y cherchait, mais nous sommes bien heureux de confirmer qu'il a pu échapper aux Mangemorts…
Lowyn et Armance écoutaient avec attention toute l'actualité relatée par la rébellion. Il y eut une liste des différentes victimes recensées pour disparitions ou meurtre. Lowyn était heureuse de ne reconnaître aucun des noms cités. À la fin de l'émission, elle eut un sourire. Ce contact fit naître en elle une petite lueur d'espoir.
L'œuf de dragon resta au feu pendant plus d'une dizaine d'heures avant de commencer à remuer. La petite Lyane restait devant la cheminée, toujours aussi captivée par ce spectacle. Lowyn mit ces heures à profit pour observer un des autres objets qui étaient dissimulés dans le mur du grenier. Le morceau de parchemin semblait très ancien. Il donnait l'impression d'être commun à tout autre, mais Lowyn comprit qu'il détenait un secret familial. D'un coup de baguette magique, l'arbre qui était dessiné dessus se mit à pousser, comme une plante réelle qui sortait du parchemin vieilli. Avec attention, la jeune femme comprit qu'il représentait l'arbre généalogique de la famille White. À la base se trouvait le nom de Primus White et sa femme Lena. Plusieurs branches partaient ensuite en différentes ramifications. Le tout sur plusieurs siècles d'histoire. Le haut de l'arbre avait une forme droite, comme si tout avait été rasé la même année. Armance observa avec attention cette dernière génération qui représentait ses frères et sœurs, tous assassinés par Grindelwald.
— Il est temps de compléter l'arbre, dit-elle avec émotion.
À l'aide de sa baguette, Lowyn indiqua les noms manquants de son père William et sa mère Gladys White. Puis, d'un autre mouvement, elle fit apparaître son propre nom et celui de son petit frère Evan White. En tremblant, elle se permit d'ajouter le nom de Sirius Orion Black. Elle laissa une larme lui échapper alors que la date de mort s'afficha à côté de celle de naissance. Cette branche s'éleva alors avec les noms de Wayne Procyon White et Lyane Gomeisa White. Ces deux enfants représentaient maintenant l'espoir pour faire perdurer leur famille.
— Maman ! Il bouge ! s'exclama Lyane en montrant du doigt la cheminée.
Lowyn et Armance s'approchèrent de l'âtre. D'un mouvement de baguette magique, elle sortit l'œuf des braises ardentes pour le laisser éclore au sol. Il vibra et bientôt, l'animal réussit à s'extraire de cette coquille. Le bébé dragon était d'un bleu brillant dont les reflets variaient sur ses écailles avec le mouvement des flammes de la cheminée. Lyane se mit à rire en croisant le regard de la créature. Le bébé observa la petite fille avec attention, il semblait attendre son autorisation pour pouvoir se mouvoir. Lowyn et Armance sentirent la vibration s'intensifier avec les battements de leur cœur. Cette sensation particulière ne voulait dire qu'une chose. La petite Lyane utilisait déjà son don de contrôle sur le dragon.
— Flamma ! s'exclama l'enfant en caressant la créature du bout des doigts.
L'animal ferma les yeux à son contact. Une complicité particulière venait de se créer entre les deux enfants. Lowyn était bouchée bée, et même Armance semblait impressionnée par son arrière-petite-fille. Soudainement, la porte d'entrée s'ouvrit pour laisser apparaître Wayne qui revenait d'une de ses nombreuses et longues escapades sur l'île.
— Quelqu'un utilise notre pouvoir ! dit-il vivement en révélant son inquiétude. Vous le sentez vibrer ?
— Oui, confirma Lowyn. C'est ta sœur.
Wayne observa un instant la petite Lyane qui câlinait maintenant le bébé dragon bleu en souriant.
— Je crois que j'ai loupé quelque chose, murmura le sorcier ébahi. D'où sort ce dragon ?
— J'ai trouvé l'œuf dans le grenier. Lyane lui a déjà donné un nom. Flamma…
— Cette petite est douée, avoua Armance avec sourire. Elle a tout de suite vu qu'il s'agit d'une femelle.
Le bébé éternua tout à coup en crachant ainsi une flamme, ce qui eut pour effet de déclencher le rire de Lyane White.
Roxane avait passé plusieurs semaines à se laisser aller, sans vouloir sortir de la maison. Il était temps de faire quelque chose. Elle sentait ses parents inquiets pour elle. Sombrer dans la déprime n'était pas une solution, et elle le savait. Un corbeau était arrivé avec un message de Jimmy. Dereck avait repris conscience et restait la plupart du temps silencieux. Malheureusement, il n'avait plus aucune sensation dans son bras droit. Il devait tout réapprendre avec la main gauche en s'accommodant de son membre mort de l'autre côté. La jeune Scott n'eut pas le courage de retourner en Louisiane. Elle savait sa présence inutile et son moral était bien trop bas. Elle ne se sentait pas suffisamment forte pour voir son ami dans un tel état. Elle répondit à la lettre en les encourageant une fois encore à lui demander de venir au moindre problème rencontré.
Son envie d'adopter une vie Non-Maj' pour passer inaperçu la reprit. Roxane se motiva pour quitter la maison et chercher un nouveau travail pour s'occuper l'esprit. Elle avait créé un CV comportant des diplômes Non-Maj's, car il était évident que son Optimal en ASPIC de Métamorphose ne lui serait d'aucune utilité pour un monde sans magie. Après quelques jours, son profil intéressa le gérant de la librairie du centre-ville. Elle se surprit à apprécier ce travail auprès de gens qui ignoraient tout des dangers qui les guettaient dans l'ombre. Bien entendu, elle conserva sa baguette dans ses cheveux relevés, prête à s'en servir au premier signe d'attaque.
En ce mois de septembre, jeunes élèves et étudiants étaient nombreux à venir se fournir dans cette boutique en livres ou autres articles de papeterie. Son travail se faisait du mardi au samedi. La journée la plus mouvementée était celle du week-end. Durant les heures plus creuses de la semaine, Roxane utilisa un des stylos Non-Maj's pour gribouiller son adresse toujours indéchiffrable. Cela lui faisait drôle de ne pas sentir le grattement de la plume sur le parchemin rugueux. Malgré tout, elle affichait un sourire satisfait en observant le résultat qui signifiait bien que Wayne était toujours en vie et son secret toujours protégé. Elle continuait de rêver avec lui toutes les nuits, mais ce petit rituel restait le seul moyen pour elle de se sentir connectée à lui durant ses journées. Chacun de ces dessins informes représentait pour elle une victoire.
— Si tu comptes te lancer comme artiste, j'ai peur que tu ne puisses viser autre chose que l'art abstrait.
Roxane leva les yeux pour découvrir l'inconnu qui venait de la prendre à sourire devant son gribouillage particulièrement laid. Il semblait être dans ses âges avec des yeux bleu clair, des cheveux châtains en bataille et un sourire qui lui dessinait des fossettes sur ses joues.
— Je n'ai jamais eu le talent de ma mère, avoua Roxane. Mais gribouiller est une habitude que j'ai prise depuis plus d'un an…
Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle disait tout cela à un inconnu. Elle se sentit gênée. Puis elle redevint professionnelle.
— Que puis-je faire pour toi ? demanda-t-elle en se redressant derrière le comptoir qui les séparait.
— Raccrocher ton sourire, dit-il d'un air amusé.
Elle se mit à rire, ne s'attendant pas à une telle requête.
— Voilà qui est mieux. Je suis passé voir mon père, ajouta-t-il en désignant la porte du fond derrière laquelle se trouvait le bureau du gérant.
Roxane lui lança un regard surpris.
— Tu es le fils de Mr Mayers ?
— Lui-même, Anton Mayers. Et, tu es ?
— Roxane Scott.
— Enchanté. Ne lâche rien, ajouta-t-il en désignant la feuille de papier couverte d'encre entre les mains de la jeune sorcière. Peut-être qu'un jour cela donnera quelque chose d'époustouflant !
Roxane eut un sourire amusé alors qu'elle regardait le jeune homme s'éloigner pour gagner l'arrière-boutique. Deux heures plus tard, la jeune Scott ne vit pas Anton quitter la librairie, trop occupée à chercher un livre en particulier pour un client.
Les jours défilèrent, puis les semaines. Roxane vit plusieurs fois passer Anton à la librairie pour rejoindre son père, toujours le samedi. Elle comprit qu'il était étudiant et revenait les week-ends pour voir sa famille. Il était toujours empreint d'une bonne humeur communicative. Ces rares discussions étaient comme une bouffée d'air frais pour la jeune fille. C'était un Non-Maj' et Roxane enviait son ignorance concernant leur monde plein de dangers alentour. Un jour, il fit une remarque qui inquiéta quelque peu la jeune Scott. Il observait la baguette qu'elle possédait constamment dans ses cheveux et dit :
— C'est amusant cette baguette.
Elle se figea en imaginant déjà que le mot Sorcière était inscrit en gros sur son front ! Mais il poursuivit :
— On dirait une mode asiatique.
Roxane ne put retenir un soupir de soulagement avant de répondre avec un sourire amusé :
— Je peux t'assurer que je ne m'en sers pas pour manger des sushis.
— Tu as bien raison, question d'hygiène pour tes cheveux ! répliqua-t-il avec entrain.
Elle se mit à rire en se disant qu'il était très loin d'imaginer ce dont elle était capable de faire avec cette baguette…
— Anton, laisse-la tranquille, tu veux ? coupa Mr Mayers dans un soupir. Il y a des clients qui vont s'impatienter… À moins que tu ne veuilles travailler également ? Ça ne te ferait pas de mal après tout !
— Je suis déjà débordé la semaine durant mes études de droit, répondit le principal intéressé en fronçant les sourcils. J'aime bien garder mes week-ends libres… Peut-être une prochaine fois, ajouta-t-il avec un clin d'œil pour Roxane.
Sous un ciel étoilé, le rêve était toujours un lieu de retrouvailles pour Wayne et Roxane.
— Ce n'est pas si évident de vivre auprès de Non-Maj's, commenta la jeune fille. J'ai eu peur tout à l'heure quand Anton a parlé de ma baguette dans mes cheveux…
Wayne ne fit aucun commentaire. Ce n'était pas la première fois qu'elle lui parlait de ce jeune Non-Maj'. Il ferma son esprit pour garder ses pensées au fond de lui-même. Et il se félicita de voir que Roxane ne sembla pas l'avoir remarqué. Il savait qu'elle avait besoin de se confier à lui sur son quotidien, que leur moment rien qu'à eux était un havre de paix où Voldemort ne pouvait les atteindre. Il ne voulait pas tout gâcher avec une jalousie mal placée.
Les mois défilaient jusqu'au début de l'année 1998. Roxane était toujours aussi déprimée et mangeait peu. Avec l'hiver, ses vêtements étaient plus amples, ce qui minimisait visuellement les kilogrammes qu'elle avait perdus. Mais ses parents n'étaient pas dupes. Pour le petit déjeuner, Katy veillait scrupuleusement à beurrer elle-même les tartines de sa fille pour s'assurer qu'elle ne partait pas le ventre vide. Et le soir, sa mère insistait également pour qu'elle finisse son assiette.
— Je doute que Wayne apprécie de te retrouver avec la peau sur les os, avait un jour lancé Owen pour motiver Roxane.
Cela encouragea la jeune sorcière à remplir un peu son estomac. Mais pour ce qui était du midi durant ses journées de travail, Roxane n'avait plus personne pour la pousser à s'alimenter. Elle avait droit à une pause d'une heure durant laquelle elle s'installait dans un café du coin, pour boire un thé. C'était la seule chose qui passait.
Un samedi midi, Roxane était assise seule devant sa boisson chaude en lisant un livre. Elle fut surprise de voir Anton lui demander s'il pouvait se joindre à elle. Elle accepta volontiers. Il l'observa un instant en jetant un rapide coup d'œil à la tasse pratiquement vide devant elle. Malgré son pull épais, le jeune homme remarqua que ses joues s'étaient creusées au fil des jours.
— Tu ne manges pas ? s'étonna-t-il.
— Je n'ai pas faim, souffla-t-elle.
Une phrase qu'elle répétait souvent ces derniers temps. Il n'insista pas. Il avait bien remarqué que Roxane perdait rapidement son sourire lorsqu'elle était plongée dans ses pensées. Il se demandait ce qui pouvait bien la rendre si triste. Depuis ce premier jour où il l'avait entendue rire, Anton s'était lancé le défi de l'amuser pour profiter de ce son mélodieux. Cela fonctionnait aisément. Il avait toujours été considéré comme celui qui amusait la galerie, partout où il allait. Des années d'expérience, mais un savoir-faire qui ne semblait pas suffisant pour sortir cette jeune fille de sa dépression.
— Qu'est-ce que tu lis ? demanda-t-il pour changer de sujet.
— Vingt mille lieues sous les mers, répondit-elle en lui montrant la couverture.
— C'est une vieille édition ? s'étonna Anton en prenant l'ouvrage ancien dans ses mains.
Dans son approche, ses doigts touchèrent ceux de Roxane, mais il ne fit rien pour rompre le contact. Il avait maintenant le livre et les mains de la jeune Scott dans les siennes. Il croisa son regard et se sentit transporté par ses yeux verts captivants. Sans comprendre d'où lui vint cette impulsion, il s'approcha de la jeune fille et déposa ses lèvres sur les siennes. Elle s'était figée, puis se recula en détournant la tête. Son visage était rouge, comme embrasé par un sentiment de gêne.
— Je… j'ai déjà quelqu'un, dit-elle dans un souffle.
Anton relâcha ses mains et s'écarta à son tour.
— Excuse-moi, dit-il en passant ses doigts dans ses cheveux dans un geste nerveux. Quel crétin ! C'est évident.
Roxane ne voyait pas vraiment en quoi cela pouvait paraître évident. Elle n'osa plus le regarder, embarrassée par la situation.
— Je suis désolé. On peut oublier cette dernière minute ?
— Oui, murmura-t-elle.
Après un silence pesant, elle reprit :
— C'est une relation à distance. Ce n'est pas toujours évident…
— Je comprends, assura-t-il avec compassion.
À cet instant, Anton se dit que cet homme ne devait pas la mériter pour rester loin d'elle et la laisser dépérir à vue d'œil. Mais il garda son jugement pour lui. Il espérait simplement que cet échange chaotique n'allait pas donner envie à Roxane de ne plus lui parler ou rire avec lui.
La jeune sorcière ressentait désormais comme une boule dans le ventre. Elle n'avait rien vu venir. Anton était très gentil et elle appréciait sa compagnie. Rire avec lui lui faisait du bien. Elle enviait sa bonne humeur et son ignorance du monde magique en guerre. Mais ses sentiments pour Wayne étaient toujours réels, et ce, même si le sorcier n'était plus qu'un rêve pour elle.
À partir de ce jour, Roxane ne parla plus d'Anton durant ses rêves. Elle ne voulait pas inquiéter Wayne à propos de ce qui s'était passé. Elle se concentra sur quelques banalités. De son côté, Wayne se rendit compte qu'une certaine distance s'était creusée entre eux. Roxane semblait moins bavarde. Et, au fil de leurs rêves, il se rendit compte qu'elle ne parlait plus de ce Non-Maj'. Il sentait qu'il s'était passé quelque chose. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Il savait qu'un jour elle finirait par se lasser de leur séparation. Cette guerre pouvait durer encore sur de longues années. Le jeune White se devait de suggérer à Roxane de vivre sa vie sans l'attendre. Il se sentait le devoir de lui dire de vivre pleinement sans lui, si elle en ressentait le besoin. Mais Wayne n'en avait ni l'envie ni la force. Et il se maudissait d'être aussi égoïste à vouloir que Roxane continue d'espérer son retour. Le sorcier essaya toutefois de se conforter dans l'idée que ce jour arriverait peut-être tout naturellement, sans qu'il ait besoin de l'encourager dans ce sens. Il redoutait qu'une nuit vienne sans qu'il puisse la trouver dans leur rêve commun. Car à ce moment-là, il comprendrait que tout serait fini.
La vie sur Isla Aura était animée par la présence du dragon aux écailles bleutées. La créature avait rapidement grandi. Il devenait gênant de garder l'animal enfermé dans la maison alors que la petite Lyane prenait un malin plaisir à lui courir après, dans un jeu de chat et souris. Même si la petite pouvait aisément exercer son contrôle sur le bébé dragon, elle s'amusait à lui laisser sa liberté pour jouer avec lui sans entrave. Bientôt, la créature devint bien trop grande pour rester dans le logement et passa sa vie en dehors. Mais cela n'arrêta pas Lyane pour autant. L'enfant White n'avait aucune peur et s'évertuait même à monter sur le dos du dragon pour le chevaucher sans la moindre crainte. Après quelques mois, les deux compères prenaient plaisir à s'envoler dans la limite qu'apportait le sortilège de confinement généré par Armance.
— Elle est aussi téméraire que son père, lâcha Lowyn en gardant une certaine angoisse de voir sa fille voler à plusieurs dizaines de mètres de hauteur.
— Elle est également digne des plus grands White, surenchérit Armance. Ne te tracasse pas.
— Je ne faisais pas ça à 2 ans et demi, déclara Lowyn sans se départir de son stress.
— Tu n'as pas eu la chance de grandir avec des dragons. Moi, oui, avec mes frères et sœurs. On passait notre temps à faire des courses en vol…
— J'aurais tellement voulu grandir sans me cacher, avoua Lowyn avec tristesse. Je serai incapable de faire comme elle. C'est peut-être pour cela que j'ai le vertige.
— C'est normal d'avoir le vertige sur un balai, contredit Armance avec un geste impatient. Ça n'a rien à voir sur un dragon. Tu es une White, tu ne peux pas avoir le vertige sur le dos d'une telle créature. Ton instinct prendra le dessus grâce au sang de l'Ultime Dragon qui coule dans tes veines…
— Si tu le dis.
— Le jour où ta fille laissera Flamma tranquille, tu pourras peut-être essayer…
Les semaines défilèrent pour les conduire jusqu'au mois de mars. Lowyn se concentra sur la radio pour tenter de trouver un nouveau mot de passe lui permettant de tomber sur l'émission Potterveille. Avec un sourire de satisfaction, elle prononça le prénom de l'ancien directeur de Poudlard et la voix du dénommé Rivière se fit entendre. Armance s'approcha pour écouter les nouvelles avec attention. L'émission commença par la liste des personnes décédées. Les membres de la famille White ne connaissaient pas les dénommés Ted Tonks, Dick Cresswell et le Gobelin, Gornuk. Lowyn s'étonna lorsqu'elle comprit que le corps sans vie de Bathilda Tourdesac avait été retrouvé dans sa maison à Godric's Hollow. Il était à supposer que sa mort remontait à plusieurs mois. Le cœur de la jeune femme se serra lorsqu'elle pensa à sa dernière escapade avec Sirius dans cette ville où les Potter avaient perdu la vie. Elle se demanda un instant si Harry avait jamais mis les pieds là-bas pour se recueillir sur la tombe de ses parents.
Puis la voix grave et profonde de Royal se présenta. Elles ne le connaissaient pas, mais il donnait des conseils en matière de vigilance contre les Mangemorts dont le loisir sportif se consacrait à la torture de familles Moldues…
Bientôt, le cœur de Lowyn fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle reconnut la voix du dénommé Romulus qui animait la partie « Les copains de Potter » !
— C'est Remus, murmura-t-elle avec émotion.
Entendre la voix de son ami de Poudlard lui redonna une vague d'espoir qui lui réchauffa le cœur.
— Ça fait plaisir d'entendre tous ces gens qui s'unissent contre le Seigneur des Ténèbres, reconnut Armance avec un sourire. Dommage que ce Lovegood se soit fait prendre, j'aimais bien son magazine…
Puis un certain Rapière qui refusa tout net qu'on l'appelle Rongeur, prit la parole avec entrain. Lowyn ne connaissait pas ce jeune homme, mais elle apprécia tout particulièrement sa bonne humeur communicative. Tout en parlant de Voldemort, Rapière poursuivit :
—… quand il le veut, il est capable de filer plus vite que Severus Rogue confronté à une bouteille de shampooing…
Lowyn partit dans un grand éclat de rire. Elle n'avait jamais revu le Serpentard depuis ses études à Poudlard, mais il semblait évident qu'il n'avait rien changé à son style pour recevoir de tels propos sur cette radio ! La jeune White se trouva maintenant incapable de détacher son sourire sur ses lèvres, et ce, même lorsque l'émission toucha à sa fin. Cet épisode lui redonna une lueur d'espoir dans son cœur et l'idée que cette guerre pourrait bien pouvoir prendre fin prochainement face à une telle unité dans la communauté magique…
Après quelques minutes à tourner en rond, Lowyn se décida à retrouver Wayne qui avait encore disparu dans les profondeurs de la forêt d'Isla Aura. Sous sa forme animale, il lui était plus simple de pister son fils pour mieux le repérer. Elle arriva bientôt devant un arbre très ancien où la trace du sorcier semblait remonter. Elle remua son museau de renard, leva la tête et reconnut une panthère des neiges qui s'était allongée sur l'une des imposantes et larges branches. Lowyn reprit forme humaine pour signaler sa présence à son fils. Après un regard, le félin descendit de son point de hauteur pour regagner le sol dans un mouvement souple et agile. Puis Wayne retrouva son apparence de sorcier.
— Tu as encore raté l'émission Potterveille, annonça Lowyn en s'asseyant au sol.
— Des infos intéressantes ? demanda le jeune homme en s'installant également en position assise, le dos contre l'arbre.
— J'ai entendu Remus, dit-elle tout sourire. Ça fait tellement de bien…
Wayne resta silencieux. Il ne voulait pas gâcher le plaisir de sa mère avec son air maussade qui lui était coutumier ces derniers temps. Il était tout de même content de la voir avec son sourire.
— Il y a quelque chose que je voulais te demander, fit-elle en suivant une nouvelle inspiration insufflée par cet espoir qui résonnait maintenant en elle. Si la guerre prenait fin demain, qu'est-ce que tu ferais ?
— Je retournerai voir Roxane, dit-il sans même prendre le temps de réfléchir.
— Oui, j'avais bien compris, répondit Lowyn en levant les yeux au ciel. Mais qu'est-ce que tu aurais l'intention de faire ?
Après un silence, Wayne reprit :
— Je crois que je la demanderai en mariage. Enfin, si elle veut toujours de moi…
Il prononça cette dernière phrase d'un ton amer.
— Je m'en doutais. Dans ce cas, tu auras besoin de ceci.
Lowyn sortit une petite boîte en bois sur laquelle un dragon avait été gravé. Il s'agissait du petit écrin qu'elle avait trouvé dans le mur du grenier avec l'arbre généalogique de la famille et l'œuf de dragon. Wayne prit la boîte et l'ouvrit doucement pour observer son contenu. Trois bagues y étaient conservées. Deux petites finement entrelacées et une plus large, plus masculine. Le métal semblait précieux, argenté, et l'ouvrage révélait la gravure de dragons ondulés. Sur l'un des plus fins anneaux était sertie une pierre blanche et brillante, semblable à une perle nacrée.
— Elles ont été forgées par des gobelins à la demande de Primus White, expliqua Lowyn. Il les a portées avec sa femme Lena. Elles font donc partie de la famille depuis toujours. Je croyais qu'elles avaient été perdues. Une bague de fiançailles et deux alliances. Depuis des siècles, elles sont remises au premier-né de chaque génération…
— Dans ce cas, elles te reviennent, dit Wayne en observant sa mère.
Lowyn eut un sourire triste.
— Je n'ai pas eu assez de temps avec ton père pour que cette question soit posée. Et maintenant qu'il n'est plus là, il m'est impossible d'imaginer les porter avec quelqu'un d'autre.
Wayne eut un regard peiné pour sa mère. Elle était encore jeune, mais il comprenait sa détresse.
— C'est à toi qu'elles reviennent. Il n'y a aucun doute sur la question.
— J'en ai marre de tous ces secrets, avoua Wayne dans un soupir. Ça détruit nos vies. Le jour où je quitte cette île, je ne me cacherai plus. Je dirai sans crainte que je suis Wayne White. Et qu'importe si les gens comprennent ce que cela implique. J'aimerais aussi pouvoir mettre mes capacités au service de mes proches…
Lowyn fixa son fils avec une lueur indéchiffrable dans les yeux.
— Je ne suis pas stupide, continua le jeune homme. Je ne libérerai pas l'Ultime Dragon. Mais si mon sang peut soigner, je l'utiliserai… Ne le répète pas, sinon elle ne me laissera jamais partir d'ici !
— À vrai dire, je pensais exactement la même chose, révéla Lowyn. Tous ces secrets et mensonges me pèsent depuis trop longtemps. Sans cette prudence imposée pour protéger notre famille, je serai restée auprès de Sirius après Poudlard. Tout aurait été différent. J'aurais pu être un membre actif de l'Ordre du Phénix. Je n'aurais peut-être pas été capable d'empêcher la mort de James et Lily. Mais ton père m'aurait certainement confié qu'il n'était pas le Gardien du Secret des Potter et j'aurais pu témoigner pour lui éviter la prison. J'aurais bataillé ferme auprès de Dumbledore pour avoir la garde de Harry et nous aurions pu former une famille… Mais j'ai toujours été écrasée par les secrets que grand-mère a voulu préserver durant toute ma vie. Aujourd'hui, quand je vois Lyane voler avec Flamma, je ne peux m'empêcher de les envier. Je veux être libre. Et pourquoi pas vivre auprès d'une colonie de dragons, sans avoir peur d'être moi-même…
— Si tu penses comme moi, ça risque de ne pas plaire à Armance.
— Tu n'as donc plus l'intention de l'appeler grand-mère ?
— Non, dit-il d'un air buté. En me retenant ici, elle est devenue une étrangère, une geôlière, un bourreau… Elle ne représente plus rien d'autre pour moi.
— Tu ne lui pardonneras donc jamais ?
— À cause d'elle, je suis en train de perdre Roxane et ça me tue à petit feu…
En ce mois d'avril, Remus était angoissé. Tonks venait de donner la vie à leur enfant et le Maraudeur avait peur. Il tenait la main de sa femme et sentait la même crainte, mêlée à l'épuisement, de cette dernière. Andromeda fut la première à voir le nouveau-né et s'occupait de lui pour le préparer pour ses parents. Cette sorcière, anciennement membre de la famille Black, leur adressa un sourire chaleureux tout en leur apportant le petit bébé.
— Félicitations, il est magnifique.
Le petit garçon fut placé dans les bras de Nymphadora, et Remus sentit une bouffée de bonheur l'envahir alors qu'il contemplait leur fils dont les cheveux venaient de prendre une teinte bleue.
— C'est un métamorphmage, annonça Andromeda avec joie. Il se change dès la naissance, tout comme tu le faisais Dora…
Remus eut un rire nerveux. Jamais de sa vie il n'avait éprouvé un tel sentiment de félicité. Il profita du moment, ne croyant pas sa chance. Le Maraudeur n'arrivait pas à réaliser qu'il ait pu créer un être aussi parfait.
— Bienvenu, Edward Remus Lupin, murmura Tonks les larmes aux yeux.
Andromeda pleura également en réalisant que son petit-fils portait maintenant le prénom de son défunt mari : Edward, dont le diminutif était Ted. Remus comprit désormais les phrases qu'avaient un jour prononcé James :
— Un jour, je te souhaite de connaître un tel bonheur. C'est impossible à décrire. Il faut le vivre pour le comprendre. À partir de cet instant, on ne vit plus pour soi, mais pour lui…
Le Maraudeur pleura de joie en réalisant combien il aurait eu tort de fuir. Il remercia intérieurement Harry pour lui avoir montré la voie la plus juste qui l'avait ramené vers sa famille. Avec émotion, il dit à Tonks :
— Qu'est-ce que tu penses de choisir Harry comme parrain ?
La jeune Auror répondit par l'affirmative. Rien ne pouvait entacher ce moment de félicité. Un instant magique qui fut immortalisé par une photo, prise par Andromeda.
Après quelques heures passées tous ensemble, Remus voulut s'absenter un court instant pour annoncer la bonne nouvelle. Il transplana devant la demeure de la tante Muriel et frappa à la porte d'entrée. Bientôt, il entendit la voix inquiète d'Arthur Weasley et Lupin répondit sans difficulté à la question piège pour assurer sa véritable identité. Le Maraudeur entra dans la maison protégée par Fidelitas et exclama sa joie pour la naissance de son fils. Il montra fièrement la photo alors qu'il recevait les félicitations, accolades et embrassades de Molly, Arthur, Fred, George et Ginny qui se trouvaient là. Même la tante Muriel reconnut que l'enfant était à croquer ! Il était fier de son fils et voulait à tout prix partager cette lueur d'espoir aux différents membres de l'Ordre du Phénix.
— Je crois que je vais passer voir Bill également, annonça Remus pour terminer sa tournée de la famille Weasley.
Un soir dans l'État d'Arizona, le calme sur Poplar Street ne fut que de courte durée. Une violente explosion retentit tout à coup. Les fenêtres se brisèrent, et bientôt, les flammes commencèrent à embraser toute la maison encore pleine de monde.
Attirée par un tel vacarme, Roxane s'était redressée dans son canapé, tous ses sens en alerte. Suivie de ses parents, elle traversa le salon et observa à travers la vitre le domicile de ses voisins se consumer sous une chaleur ardente. Les poils de la jeune sorcière se hérissèrent alors qu'elle entendait maintenant les cris déchirants de cette famille Non-Maj' qui souffrait, prisonnière de cette fournaise. La jeune Scott prit sa baguette magique en libérant ses cheveux en une cascade dorée. Sans réfléchir, elle se dirigea vers la porte d'entrée pour sortir à son tour, mais son père la prit par la taille en la serrant contre lui.
— Roxy, non ! Reste ici !
— Je peux les aider ! s'exclama-t-elle en se débattant avec toute la fougue dont elle était capable.
— Je t'en prie ! Ici, ils ne peuvent pas nous voir…
Roxane trembla de colère alors qu'elle n'avait pas la force de s'échapper sous l'emprise d'Owen. Les cris étaient terribles, mais ce qui glaça le sang de la famille Scott, ce fut les rires qui accompagnèrent cette séance de torture. Par la fenêtre, ils purent maintenant voir des sorciers vêtus de noir qui tenaient chacun une baguette, en s'extasiant du résultat. Un autre voisin sortit de chez lui pour voir ce qui se passait, mais il tomba raide mort au sol, frappé par une lumière verte. Alors que les rires redoublèrent d'intensité, Roxane cria et se laissa tomber à la renverse en pleurant à chaudes larmes. Owen se retrouva également à terre en serrant du mieux qu'il pouvait sa fille en guise de soutien. Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes, puis les mages noirs quittèrent la rue sombre alors que les cris s'étaient arrêtés en même temps que la vie venait de quitter le corps des victimes.
Cette nuit-là, Roxane fut incapable de trouver le sommeil. Ce fut le premier soir où elle ne put se plonger dans ses rêves pour y retrouver Wayne.
Le lendemain matin, la jeune sorcière décida d'aller travailler malgré la fatigue. Des sorciers étaient venus éteindre le feu durant la nuit et avaient pratiqué des sortilèges d'amnésie pour les divers curieux de passage. Tout avait été maquillé pour donner l'impression que la magie ne faisait pas partie de ce monde. Roxane eut un frisson d'angoisse en passant devant ce qui restait du domicile. Elle passa sa journée à travailler tel un zombie, en effectuant toutes ses tâches par automatisme. Lorsque l'heure de la fermeture arriva, la jeune Scott dut rester plus longuement pour s'atteler à un inventaire de fin de semaine. Elle se croyait seule, mais elle se trompait. Anton s'approcha et Roxane fit un bond alors qu'elle ne l'avait pas entendu arriver près d'elle.
— Désolé, dit-il en levant les mains en signe d'excuse. Je ne pensais pas être aussi effrayant !
Roxane reprit sa respiration en tentant de calmer les battements irréguliers de son cœur.
— Je pensais être seule, se justifia-t-elle en fermant les yeux.
— Ça ne va pas ? s'étonna le jeune Non-Maj' qui lui trouvait une mine affreuse.
— Je n'ai pas beaucoup dormi.
— À cause de l'explosion ? Je n'étais pas là. Mon père m'a dit que ça a résonné jusqu'ici ! C'est dingue de voir ce que peut donner une fuite de gaz…
— Une fuite de gaz ? releva Roxane avec dégoût. C'est ça l'excuse qu'ils ont trouvée ?
— Quoi ? s'étonna Anton sans comprendre la remarque.
Mais il oublia bien vite sa question lorsqu'il vit Roxane se mettre à pleurer à chaudes larmes devant lui. Ce spectacle lui déchira le cœur. Il posa une main sur son épaule en signe de soutien, et voyant qu'elle ne faisait aucun mouvement pour se dégager, il la prit complètement dans ses bras. Il imagina qu'elle connaissait les victimes pour se sentir aussi bouleversée. Il lui caressa le dos dans un geste de réconfort et murmura :
— Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent…
Cette phrase fit l'effet d'un électrochoc à la jeune sorcière. Anton ne comprenait pas. Il ne pouvait pas imaginer tout ce qui se jouait sous ses yeux. Roxane se demanda comment il pouvait être aussi aveugle. Elle s'écarta tout en essuyant les sillons de ses larmes qui lui parcouraient les joues. Elle respira profondément et lui présenta ses excuses pour cette scène ridicule. Il lui proposa de fermer la librairie à sa place pour qu'elle puisse rentrer se reposer.
Wayne était rongé par l'inquiétude. Il se trouvait sous le ciel étoilé habituel, dans l'attente de retrouver Roxane. La nuit dernière, il était resté seul sous cette voûte céleste, imaginant que la jeune sorcière avait finalement décidé d'arrêter de rêver de lui. Il espérait au plus profond de lui la revoir pour mettre fin à l'idée qu'elle s'était attachée à un autre, bien plus réel.
Son cœur fit un bond lorsqu'il vit la jeune Scott apparaître devant lui. Sans un mot, elle se glissa dans ses bras et se mit à pleurer. Il resserra ses bras autour d'elle en espérant pouvoir lui faire passer ce chagrin qui lui brisa le cœur.
— J'étais tellement inquiet hier, souffla-t-il d'une voix faible.
— Je suis désolée, murmura-t-elle.
Elle ne prononça pas un mot de plus. Elle ne voulait rien dire. Il ne pouvait rien faire pour l'aider. Cet épisode s'ajoutait à la liste de ce qu'elle s'interdisait de dévoiler pour ne pas l'inquiéter inutilement.
En ce premier jour du mois de mai, Lowyn était intriguée par les gros titres de La Gazette du sorcier.
— Harry a braqué Gringotts ? s'étonna-t-elle. Mais qu'est-ce qu'il fabrique ?
— Aucune idée, marmonna Armance.
— Lui aussi il est téméraire. Il s'est envolé à dos de dragon ! T'es sûre que les Potter n'ont aucun lien du sang avec notre famille ?
Armance eut un petit rire, puis elle répondit :
— Certaine.
Lowyn joua nerveusement avec le coin des pages de journal. Elle ignorait ce que le fils de James et Lily préparait, mais cela s'annonçait grandiose…
Ginny était allongée sur le lit de sa petite chambre, chez la tante Muriel. Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'elle se trouvait là et elle détestait se sentir inutile. Cette année à Poudlard n'avait pas été de tout repos. Mais elle avait été écourtée plus tôt que prévu. Faire sa rentrée scolaire de septembre sans savoir où était Harry lui avait semblé pénible. Mais elle devait être forte et se battre comme tout le monde. Le château avait bien changé avec Rogue comme directeur, et pire encore, avec la présence des Carrow pour enseigner l'art de la magie noire et l'étude des Moldus. Les séances de torture par sortilège impardonnable étaient devenues leur quotidien. Il fallait lutter. Et avec Neville et Luna, ils avaient veillé à mener de front leur propre rébellion grâce à l'Armée de Dumbledore. Ils s'étaient lancés dans une mission de haut vol pour récupérer l'épée de Godric Gryffondor dans le bureau directorial de Rogue. Mais ils s'étaient malheureusement fait prendre. Suite à cet épisode, ils avaient eu droit à une expédition punitive dans la forêt interdite avec Hagrid. Ginny s'était dit que Rogue manquait cruellement d'imagination en termes de punition, contrairement aux Carrow…
Neville, Luna et elle étaient devenus des emblèmes, des modèles de combativité, des exemples à suivre pour ne pas perdre espoir. De la même façon que Harry s'était opposé à Ombrage deux ans auparavant en fondant l'AD. Ce flambeau avait été difficile à porter, après la disparition de Luna. La jeune Lovegood avait été capturée dans le Poudlard Express alors qu'elle regagnait son foyer pour les fêtes de Noël. Mais Ginny et Neville restèrent combatifs malgré l'absence de leur amie. Puis les vacances de Pâques arrivèrent et Ginny fut forcée de rester à l'abri. La goule métamorphosée qui devait représenter Ron Weasley atteint d'une éclabouille, avait été démasquée. Les Mangemorts étaient désormais certains que la famille Weasley au complet soutenait le jeune Potter dans sa quête.
Alors Ginny était là, chez sa tante, sur ordres de sa mère. Elle savait que Neville devait encore lutter seul à Poudlard. C'était devenu dangereux pour lui, mais il avait réussi à se cacher dans la salle sur demande comme de nombreux autres élèves. La jeune Weasley aurait donné n'importe quoi pour poursuivre ce combat à Poudlard. Elle serrait son Gallion dans sa main, dans l'attente du moindre signe de la part de Neville. Harry était vivant. Cela ne faisait aucun doute. Elle ignorait en quoi consistait son périple, mais elle était avec lui en pensées. Cette distance lui déchirait le cœur, mais elle tint bon. Dans la journée, une édition spéciale de La Gazette du sorcier avait fait mention de la présence de Harry pour un braquage à Gringotts. Il s'était envolé à dos de dragon pour pouvoir s'échapper. Il avait toujours fait les choses en grand et c'était une des raisons pour lesquelles elle l'aimait autant.
La nuit était tombée quand tout à coup, le Gallion se mit à chauffer doucement entre ses mains. Elle se redressa, observa cette pièce d'or factice et lut le message envoyé par Neville aux membres de l'AD. Harry était à Poudlard ! L'heure était venue de prendre part au combat ! Ginevra sauta de son lit avec souplesse et dévala les escaliers quatre à quatre pour rejoindre les autres membres de sa famille dans le salon.
— Harry est à Poudlard !
Fred et George sortirent le Gallion de leur poche pour observer le message puisqu'ils étaient également des anciens de l'AD.
— Comment ça ? s'étonna Molly.
— C'est à Poudlard que tout va se jouer ! s'exclama Ginny avec une énergie vigoureuse. Tout le monde doit sûrement y entrer en passant par le pub d'Abelforth. Je dois y aller !
Sans attendre l'interdiction de ses parents, la jeune Weasley se sauva en quittant la maison par la porte d'entrée. Fred et George la suivirent à leur tour en assurant à Molly et Arthur qu'ils veilleraient sur leur sœur.
— Je dois prévenir les membres de l'Ordre, annonça Arthur qui faisait déjà apparaître plusieurs de ses Patronus pour les envoyer auprès des autres.
En dehors de la maison de la tante Muriel, Ginny essaya de se concentrer pour transplaner, même si elle n'avait jamais effectué le moindre cours pour apprendre cette pratique. Elle voulait faire vite avant que sa mère ne la retienne. Fred et George la prirent chacun par une épaule.
— Où crois-tu aller comme ça ? commença Fred.
— Sans savoir transplaner ? poursuivit George.
— Vous ne pourrez pas m'empêcher d'y aller ! s'exclama-t-elle en sortant sa baguette prête pour lancer un maléfice de Chauve-Furie dont elle avait le secret.
— Du calme, petite sœur, dit Fred.
— On voulait juste de proposer un transplanage d'escorte ! assura George avec un clin d'œil.
Avec un sourire amusé, les trois Weasley disparurent pour presque instantanément apparaître dans La Tête de Sanglier.
— Salut Ab ! Ça faisait longtemps…
Abelforth Dumbledore observa les Weasley qui venaient d'arriver dans son pub par transplanage. Il regretta un instant d'avoir accepté d'aider le jeune Potter, alors qu'un nombre croissant de résistants venaient les uns après les autres dans son bar pour entrer à Poudlard.
Remus observa son petit Teddy qui souriait largement à ses parents. Le Maraudeur était prêt à tout pour que ce petit être puisse grandir dans un monde sans danger. Il embrassa sa femme et passa ses doigts dans les cheveux bleus de son fils avec affection. Une lueur argentée apparut dans la pièce. Le Patronus avait la forme d'une belette et parla avec la voix d'Arthur Weasley :
— Harry est à Poudlard. Tout le monde se réunit déjà à La Tête de Sanglier.
L'animal argenté disparut. Remus regarda Tonks dans les yeux en tremblant quelque peu. Il regarda son fils et l'embrassa une dernière fois avant de se lever pour partir transplaner avec les autres membres de l'Ordre du Phénix.
Il s'écoula plusieurs minutes durant lesquelles Tonks marchait de long en large avec son fils dans ses bras. Elle mourait d'inquiétude. Elle sentait que sa place n'était plus ici. Elle croisa le regard de sa mère et se décida à lui confier son fils adoré pour transplaner à la suite de son mari et prendre part au combat final.
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