Un nouveau chapitre ! La fin approche...
Disclamer : Tout appartient à JK Rowling (sauf quelques personnages et idées magiques), je ne fais pas d'argent avec cette fic !
Bonne lecture ;)
Après guerre
Lowyn n'arrivait pas à croire le gros titre du dernier exemplaire de La Gazette du sorcier. Voldemort avait été vaincu par Harry Potter lors d'une impressionnante bataille à Poudlard.
— C'est fini ! s'exclama Lowyn avec des yeux brillants de larmes. Tout est fini !
Armance était plongée dans sa lecture du journal en quête de plus amples détails.
— Il n'y a plus de danger, poursuivit la jeune White.
— Je n'en suis pas si sûre, dit Armance avec une certaine réserve.
— Quoi ? Attends, tu avais promis de lever ton sort de confinement lorsque la guerre prendrait fin.
— Il doit rester des Mangemorts…
— NON ! cria Lowyn avec force. Fini les excuses ! Tu ne peux plus nous retenir ici !
En entendant sa mère crier de cette façon, la petite Lyane se figea et commença à pleurer. Lowyn frappa du poing sur la table pour faire réagir sa grand-mère obstinée.
— Tu n'as plus la moindre raison de nous garder là ! Les rares Mangemorts restants n'ont aucune idée de notre existence et à mon avis, ils ont bien mieux à faire que de s'intéresser à la famille White ! Lève le sort ! MAINTENANT !
La vieille sorcière ferma les yeux et les pleurs de Lyane redoublèrent d'intensité. Elles sentirent l'agitation du dragon à l'extérieur de la maison. Flamma ne semblait pas supporter d'entendre la plus jeune des White souffrir à ce point. À contrecœur, Armance sortit sa baguette magique et effectua quelques mouvements du poignet.
— C'est fait, dit-elle simplement.
Sans un mot, Lowyn se changea en renard polaire et quitta la maison pour tenter de trouver son fils. Armance s'approcha de la petite Lyane et commença à la bercer pour faire passer sa crise de larmes.
Après plusieurs minutes de recherche, Lowyn trouva la panthère des neiges. Le renard reprit forme humaine et s'avança vivement vers l'animal sauvage :
— Wayne ! C'est fini !
Le félin retrouva son apparence de sorcier. Il fronça les sourcils, sans comprendre ce que sa mère tentait de lui dire.
— Harry l'a vaincu ! s'exclama Lowyn en prenant son fils dans ses bras pour partager sa joie.
Wayne se statufia, le temps de comprendre ce qu'une telle nouvelle impliquait.
— Armance a levé le sort ?
— Oui ! assura Lowyn en passant ses mains sur les joues de son fils. On peut partir !
Elle s'écarta de lui, mais Wayne eut un sentiment de flottement. Une hésitation le saisit. Lowyn sembla deviner ce qui se jouait dans sa tête.
— N'aie pas peur, dit-elle doucement. Va la retrouver.
Il ferma les yeux pour se concentrer sur sa destination et quitta Isla Aura, pour de bon.
Cela faisait plusieurs jours que Roxane ne travaillait plus. Mr Mayers avait fermé la librairie pour profiter de vacances et avait insisté pour que son employée se repose également. La jeune Scott avait passé ces dernières journées sans chercher à mettre un pied hors de la maison. Elle s'était complètement fermée au monde de la magie en résiliant tous ses abonnements aux journaux sorciers qui n'étaient de toute façon plus représentatifs de la réalité. Voilà pourquoi elle était loin de se douter que partout dans le monde, toute la communauté magique fêtait la fin du règne des ténèbres.
Soudainement, quelqu'un frappa à la porte d'entrée. Les quatre membres de la famille Scott se regardèrent avec une expression surprise. Avec le sortilège de Fidelitas, personne n'était en mesure de s'approcher pour cogner à la porte. Roxane se leva en faisant signe à ses parents et son frère de maintenir le silence. Elle sortit sa baguette magique de ses cheveux et s'approcha de l'entrée à pas lents. La porte possédait une vitre opaque en son centre et la jeune fille put discerner une ombre. Rassemblant son courage et resserrant sa prise sur sa baguette, elle demanda d'une voix forte :
— Qui est là ?
— Roxane, c'est moi.
La jeune sorcière se figea. Elle connaissait la voix. C'était celle de Wayne. Cela ne faisait aucun doute. Elle courut presque pour réduire à néant la distance qui la séparait encore de la porte. Elle tenait maintenant la poignée, mais arrêta son geste. Et si c'était un piège ? Elle posa une main sur la vitre et demanda d'une voix tremblante :
— Quelle est la forme de ton Patronus ?
À l'extérieur, Wayne eut un sourire satisfait de la savoir aussi prudente. Il posa sa main sur la vitre en recouvrant l'ombre de la sienne qu'il pouvait voir sans mal.
— Avant, il prenait la forme d'une panthère des neiges, commença-t-il. Mais depuis 1 an et 10 mois, il a maintenant l'apparence d'un cheval. Parce que depuis que nous sommes séparés, nous avons interchangé nos Patronus.
Roxane tremblait de tous ses membres. Elle déverrouilla la porte et l'ouvrit en grand pour voir Wayne qui se tenait devant elle. Ils se regardèrent pendant une fraction de seconde, et la jeune fille se blottit dans ses bras et commença à libérer toutes ses larmes. Wayne la serra avec force et s'avança doucement pour entrer à son tour dans la maison. Il referma la porte d'un mouvement de jambe et murmura des mots rassurants à la jeune sorcière.
— C'est fini ma belle, je suis là.
Les pleurs de la jeune Scott étaient déchirants, sa respiration saccadée, et Wayne lui caressa le dos pour l'aider à évacuer tous ces longs mois de peur, de frustration et de solitude. Il la sentit s'agripper à lui avec force et comprit à quel point elle ne voulait plus le lâcher ou le laisser partir une seule seconde. Il plongea sa tête dans sa chevelure et inspira profondément ce parfum qui lui avait tant manqué. Il lui susurra des mots tendres, lui dévoila combien il l'aimait. Ils avaient l'impression d'être seuls et profitèrent de cet instant dont ils avaient rêvé tous deux pendant de si longs mois.
Katy avait porté une main à sa bouche, et Owen posa les siennes sur les épaules de sa femme, tous deux émus par ces bouleversantes retrouvailles. Matthew était intrigué. Il se demandait pourquoi sa sœur pleurait alors que le retour de Wayne était quelque chose qu'elle désirait tant. Mais il garda cette remarque pour lui seul.
Quelques heures plus tard, Wayne était installé sur le canapé du salon de la famille Scott avec Roxane dans ses bras. La jeune sorcière avait fini par s'endormir, épuisée par l'émotion et la tension de ces derniers jours. Malgré son sommeil profond, elle ne semblait pas capable de relâcher ses doigts agrippés à la chemise de Wayne.
— Je ne pourrais jamais assez vous remercier, dit Owen qui était assis dans le fauteuil en face des sorciers. Le sortilège nous a certainement sauvé la vie…
Wayne fronça légèrement les sourcils, mais il n'eut pas le temps de poser de question. Owen poursuivit :
— Je ne pense pas que ma fille vous ait tout dit. Elle ne voulait pas vous inquiéter. Peut-être avez-vous vu la maison de nos voisins d'en face. Ils ont été brûlés vifs par des mages noirs. Il m'arrive encore d'entendre leurs cris dans mon sommeil. Je crois que cette nuit-là, Roxane n'a pas pu dormir…
Les yeux de Wayne s'écarquillèrent. Il se souvenait très précisément de cette fameuse nuit où Roxane n'était pas venue le rejoindre en rêve. Il s'était alors imaginé qu'elle avait préféré ne pas le retrouver au profit d'un autre homme. Il se détesta d'avoir eu de telles pensées.
— En effet, je ne savais pas.
— Ne lui en veuillez pas, poursuivit Mr Scott. Elle est comme ça Roxane. Toujours à penser aux autres avant elle-même. J'ai cru que je n'arriverai pas à la retenir ce soir-là. Elle voulait les aider. Je pense que c'est important pour vous de savoir ce qu'elle a traversé… Ç'a été deux années difficiles. Mais j'ai toujours voulu lui donner de l'espoir.
Owen prononça cette dernière phrase en désignant l'échiquier qui se trouvait dans le coin de la pièce. Wayne observa la partie qui semblait figée dans le temps, attendant que les deux joueurs puissent terminer l'affrontement. Le jeune White était très touché par cette attention.
— Lorsque vous serez prêt, on pourra poursuivre.
— Merci, dit Wayne avec émotion.
Il jeta un coup d'œil à Roxane pour s'assurer qu'elle dormait toujours aussi profondément, puis il reprit :
— Vous savez… J'aime votre fille.
Owen garda le silence, attendant la suite.
— J'aurais voulu savoir si vous… Enfin… J'aimerais lui demander de…
Wayne se sentait ridicule par son incapacité à terminer ses phrases. Owen sourit et répondit aux questions inachevées :
— Oui. Bien sûr. Pour moi, tu fais déjà partie de la famille Wayne.
Le jeune White ne put trouver les mots pour exprimer toute sa reconnaissance. Katy arriva et interrompit l'échange de regard chargé d'émotion entre les deux hommes.
— J'attends encore un peu pour le dîner ? demanda-t-elle en jetant un coup d'œil à sa fille endormie.
— Non, ça va aller, assura Owen. Il faut qu'elle mange. Je vais t'aider chérie.
Mr Scott se leva et suivit sa femme jusque dans la cuisine. Wayne observa un instant la sorcière qui lui semblait si fragile dans ses bras. Il caressa doucement sa joue quelque peu creusée et poursuivit son geste jusque dans son cou, sa clavicule saillante et son épaule fine. Elle remua lentement et ouvrit péniblement les yeux. Son regard sembla perdu sur les premiers instants, et la crainte s'y lisait alors qu'elle croisait les yeux de Wayne.
— Est-ce un rêve ?
— Non, c'est bien réel, assura le jeune homme avec un sourire rassurant.
Après le repas du soir, le jeune couple s'isola dans la chambre de Roxane. Une fois la porte fermée, la sorcière s'approcha de Wayne avec un sourire entendu et lui murmura :
— Je n'ai jamais levé le sortilège d'isolation sonore.
Elle se garda bien de préciser que c'était surtout pour pleurer sans être entendue de sa famille. Mais elle ne voulait plus penser à ces mois de souffrance, livrée à elle-même. Elle se glissa dans les bras de Wayne et l'embrassa avec douceur. Rapidement, leur baiser devint bien plus passionné et ils sentirent l'un comme l'autre le désir les brûler de l'intérieur. À regret, le jeune White s'écarta soudainement et Roxane émit un petit gémissement de protestation.
— Pardonne-moi, dit-il alors qu'il fouillait une de ses poches. Je sais que je devrais faire ça autrement pour que le moment soit plus mémorable… Mais je ne peux plus attendre.
Intriguée, Roxane le vit sortir une petite boîte en bois sur laquelle était gravé un dragon. Il prit une grande inspiration et ouvrit la boîte en demandant :
— Est-ce que tu veux m'épouser ?
La jeune Scott avait les yeux écarquillés en observant ces bagues qui se trouvaient sous son regard interdit. Elle plaça ses mains sur sa bouche grande ouverte par la surprise, le temps de comprendre le sens de la question. Elle hocha de la tête dans une réponse affirmative. Wayne sentit un poids s'envoler pour le quitter à jamais. Il prit la bague de fiançailles et la glissa au doigt de Roxane. Cette dernière comprit que les autres anneaux devaient servir d'alliances pour le grand jour. Elle se mit à rire tout en sentant une ou deux larmes couler de ses yeux.
— Je vais devenir Roxane Wish, dit-elle avec émotion.
— Non. Roxane White.
Elle eut un regard intrigué à l'évocation de ce nom qu'elle n'avait jamais entendu auparavant. Wayne eut un regard grave et s'assit sur le lit sans lâcher les mains de Roxane dans les siennes.
— Je ne veux plus jamais de secret, commença-t-il. Et j'espère que tu pourras me pardonner. Je vais tout te dire. Sur moi, ma famille. Tout.
Roxane prit place à côté de lui, le regard quelque peu perdu.
— Je m'appelle Wayne Procyon White et je suis le dernier sorcier de ma famille. Tout a commencé il y a plusieurs siècles avec Primus White. C'était un sorcier très téméraire. Il se croyait suffisamment doué pour affronter à lui seul l'Ultime Dragon. C'était une créature redoutable. Une sorte d'alpha chez les dragons. Primus voulut le vaincre pour asseoir son pouvoir. L'un et l'autre furent gravement blessés durant la bataille. Mais Primus eut alors une idée qui lui sauva la vie. Il mélangea son sang à celui du dragon. De cette façon, le pouvoir régénérant de l'Ultime Dragon put couler dans ses veines. Il eut également la faculté d'asseoir son autorité sur toutes les autres espèces de dragons. Et l'Ultime Dragon lui-même le reconnut comme son égal.
Roxane restait silencieuse en écoutant cette histoire hors du commun.
— Son pouvoir fut transmis à ses descendants. La famille White perdura en conservant la possibilité de commander aux différents dragons. L'Ultime Dragon, jugé trop dangereux pour la communauté, fut enfermé et retenu sous scellés grâce à une Clé Sacrée. Durant la guerre contre Grindelwald, tous les membres de ma famille se sont unis pour libérer cette créature et utiliser son pouvoir, afin renverser ce sorcier malfaisant. Mon arrière-grand-mère, Armance, s'y est opposée pour éviter à ses frères et sœurs de finir consumés par le pouvoir de contrôle que ce dragon exigeait. Se sentant menacé, Grindelwald décida de tuer toute la famille White. Il retrouva et assassina tous les membres, sorciers, sorcières et enfants. Tous. Il ne resta plus qu'Armance et son jeune fils, William. Ils se cachèrent sous la protection d'Albus Dumbledore. Et depuis ce jour, la famille White était considérée comme éteinte et les derniers membres restants ont toujours vécu dans le secret.
La bouche de Roxane s'entrouvrit légèrement et Wayne évita son regard pour poursuivre son histoire.
— William grandit et fit ses études dans l'école de Castelobruxo au Brésil où il fit la connaissance de Gladys. Bien des années plus tard, ils eurent deux enfants : Evan et Lowyn. Toujours dans l'idée de vivre caché et de brouiller les pistes, ils vécurent en France où leurs deux enfants firent leur scolarité à l'académie de Beauxbâtons. Tu-Sais-Qui commença à faire régner la terreur partout dans le monde. Lowyn était la Gardienne du Secret de leur foyer. Mais elle ne prenait pas la menace au sérieux. Elle plaça sa confiance en la mauvaise personne. Et, un jour, elle retrouva son frère et ses parents morts. Livrée à elle-même, elle fit comme Armance jadis et se réfugia auprès de Dumbledore. Elle effectua sa dernière année d'étude à Poudlard sous un faux nom. Et je crois t'avoir déjà donné quelques détails. C'est là que mes parents se sont rencontrés… La menace était réelle. Tu-Sais-Qui envoya un dragon jusque dans le parc de Poudlard pour pousser ma mère à utiliser son don, afin de sauver ses amis. Elle prouva ainsi que la famille White avait survécu. Armance refit surface. Elle s'était cachée pendant des années de guerre. Ma mère devait prendre la fuite lorsqu'elle comprit qu'elle était enceinte de moi. J'ai été élevé dans le secret, toute ma vie. On m'a appris à me défendre, plus que n'importe quel élève. Je sais pratiquer l'occlumencie. Je suis même devenu un Animagus non déclaré. La forme de ton Patronus te donne une idée de quel animal je prends la forme…
Roxane était ébahie, le souffle coupé.
— Lorsque je suis rentré chez moi, il y a un an et dix mois, ma mère et Armance me firent part du décès de mon père. Cet homme que je n'avais connu que durant un été. J'étais fou de colère. Je n'en suis pas fier. J'ai voulu me venger. Je souhaitais utiliser mon pouvoir pour libérer l'Ultime Dragon à moi seul, pour vaincre ce Mage Noir. C'était de la folie. Armance ne voulait pas que je commette une telle bêtise. Elle a fermé tous les accès. Je crois qu'elle ne m'a plus jamais fait confiance après ça… Et me voici. Je ne veux plus que ce secret dirige ma vie. Je ne veux plus avoir peur de donner mon nom. Je veux être honnête avec toi en prenant le risque que tu préfères me fuir…
Les yeux de Roxane balayaient le sol de gauche à droite. Ses mains se trouvaient toujours dans celles de Wayne, et le jeune White jouait nerveusement avec la bague de fiançailles qu'il faisait tourner autour de son annulaire.
— Je t'en prie, murmura-t-il. Dis quelque chose.
— Ça fait beaucoup, dit Roxane d'une petite voix. C'est vrai, en me levant ce matin… Je ne pensais pas que la guerre serait finie, que tu reviendrais, que tu me demanderais en mariage et que tu me raconterais une telle histoire… C'est incroyable ! Tu peux contrôler des dragons ! Même des bébés ?
Wayne hocha la tête par l'affirmative et un léger sourire se dessina sur ses lèvres en voyant les yeux pétillants de Roxane.
— C'est complètement fou ! Il faut à tout prix que je voie ça ! Je n'ai jamais vu de dragon de ma vie. De ce que je me souviens du livre de Norbert Dragonneau, c'est le Magyar à Pointe qui semble le plus dangereux… Donc en gros, tu serais capable d'amadouer n'importe laquelle de ces créatures ? J'adore !
Wayne sentit son cœur battre furieusement dans sa poitrine. Elle ne lui en voulait pas. Comme toujours, son regard émerveillé sur chaque phénomène magique était la seule émotion dominante chez elle. Il prit le visage de la jeune Scott entre ses mains, croisa son regard et lui souffla ces mots :
— Si tu savais à quel point je t'aime !
Émue par une telle déclaration, Roxane se décida à lui prouver combien, elle aussi, elle l'aimait. Elle s'empara de ses lèvres et glissa ses doigts dans ses cheveux en savourant cet échange qui lui avait tant manqué. Il resserra ses bras autour d'elle et caressa son corps qu'il n'avait fait qu'imaginer durant de longs mois pendant ses rêves. Ils ressentirent maintenant un besoin vital d'avoir plus de contact. Leurs corps se pressèrent l'un contre l'autre, tous deux gagnés par leur désir dévorant.
Plus tard dans la nuit, Roxane était allongée contre Wayne en caressant doucement son torse. Il la tenait dans ses bras, bien incapable de la lâcher.
— Tu me sembles plus musclé que dans mes souvenirs, dit-elle avec un sourire amusé.
— Possible. Je n'avais pas grand-chose à faire de mes journées. J'étais la plupart du temps sous forme animale dans la forêt de notre domaine…
— Vous aviez toute une forêt ?
— Oui. C'était bien le seul avantage. On avait de l'espace.
Il caressa maintenant l'épaule de la jeune Scott et fit remarquer à son tour :
— Toi, par contre, tu as maigri.
Roxane perdit son sourire et afficha une expression d'excuse.
— Je n'ai pas toujours eu beaucoup d'appétit. Il me faudra peut-être un peu de temps pour réhabituer mon estomac à manger…
Wayne n'insista pas. Il avait bien remarqué la façon dont Owen et Katy avaient insisté pour que le repas du soir soit honoré. Le jeune White ne pouvait s'empêcher de se sentir responsable. Roxane regardait nerveusement la bague qui ornait son doigt. Une question l'angoissait :
— Est-ce que tu crois que ta famille m'acceptera ?
— Je me fiche complètement de ce que peut penser Armance, répondit-il. Pour moi, elle ne compte plus.
La jeune sorcière se sentit gênée par de tels propos. Elle ne voulait pas être la cause d'un conflit familial. Mais Wayne poursuivit avec un sourire rassurant :
— Ma petite sœur Lyane aura 3 ans dans un mois, donc il n'y a aucune raison pour qu'elle ne t'adore pas. Quant à ma mère, c'est elle qui m'a confié les bagues. Ça te donne une idée de ce qu'elle pense de notre relation…
Roxane se sentit un peu mieux. Retrouver Wayne était son vœu le plus cher et elle ne voulait pas rencontrer d'autres obstacles à l'avenir.
— Tu m'as dit ne plus vouloir de secrets entre nous, commença-t-elle. Il y a certaines choses que je ne t'ai pas dites…
— Ton père m'a dit pour vos voisins, coupa Wayne en caressant sa joue dans un geste rassurant. Je m'en veux. J'aurais dû être là, auprès de toi…
Il y avait un autre sujet qu'elle n'avait jamais abordé avec lui. Cela faisait près d'un an et demi que Roxane avait gardé le silence. Ce que Walters avait voulu lui faire à Ilvermorny était un épisode de sa vie qu'elle n'avait jamais partagé à qui que ce soit. Pendant de longs mois, elle s'était demandé inlassablement ce qu'elle avait bien pu faire pour que ce sorcier s'autorise à poser les mains sur elle comme il l'avait fait. Un profond sentiment de honte la gouvernait. Elle s'écarta légèrement de Wayne et ramena ses jambes tout contre elle dans une position fœtale, incapable de chasser cet horrible souvenir. Elle sentait que ce n'était pas le bon moment pour aborder ce sujet. Le jeune White prit cette attitude pour toute autre chose. Il lui caressa les cheveux, puisque sa tête était tout ce qui dépassait maintenant du drap sous lequel elle venait de se réfugier. Il lui murmura doucement :
— Tu ne pouvais rien faire pour les sauver. Tu ne dois pas t'en vouloir.
Roxane se contenta de hocher la tête. Il faudrait sans doute un jour qu'elle trouve la force de lui dire ce qui la hantait vraiment. Elle redoutait sa réaction. Wayne décida de changer de sujet, pour l'aider à oublier ce qui la rendait aussi mal.
— J'aimerais bien revoir Dereck et Jimmy. Ils sont toujours en Louisiane ?
— Oui, confirma Roxane qui se remit à parler sans discontinuer pour faire taire son angoisse. On pourrait y faire un tour… Après ce week-end, la librairie devrait rouvrir. Je pense que je vais donner ma démission. C'était sympa, mais je veux rester auprès de toi. J'ai suffisamment d'économies pour être tranquille pendant un moment. Au début, j'enviais l'ignorance des Non-Maj's concernant cette guerre. Puis, leur aveuglement a fini par m'insupporter. Comment peuvent-ils accepter les excuses qu'on leur sert, telle qu'une fuite de gaz ? Ça me dépasse… C'est le monde de la magie qui est le mien et je m'en suis tenue éloignée depuis trop longtemps. J'ai même honte de n'être jamais retournée voir Dereck depuis qu'il s'est réveillé…
Les jours suivants, Wayne et Roxane restèrent au calme au 23, Poplar Street. Les parents Scott étaient heureux de voir leur fille sourire à nouveau. La jeune sorcière s'amusa à pratiquer quelques enchantements pour amuser son petit frère. Matthew mourrait d'envie d'avoir sa propre baguette, pour un jour en faire autant. De nouvelles parties d'échecs furent jouées entre Wayne et Owen, la victoire revenant tantôt à l'un tantôt à l'autre.
Puis le jeune couple décida de transplaner jusque dans l'État de Louisiane. Roxane guida Wayne jusqu'à la boutique familiale. Une fois à l'intérieur, elle s'amusa à montrer au jeune White les poupées vaudou exposées en rayon. Attiré par leurs rires, Jimmy s'approcha pour proposer son aide à ces nouveaux clients. Il marqua l'arrêt pendant une seconde, le temps de réaliser qui se trouvait devant lui.
— Wayne ! Roxane ! Ça fait plaisir !
Ils échangèrent une accolade avec Jimmy, l'un après l'autre. Puis ils se réunirent à l'étage, dans un petit salon à part. Même s'il avait une mine triste, Dereck leur adressa un beau sourire en les voyant ainsi arriver ensemble. Une cape recouvrait son épaule droite, dissimulant de cette façon son bras mutilé et devenu inutile. Malgré tout, il était tout de même possible de voir dans son cou la brûlure qui avait noirci sa peau. Ils prirent place dans les différents fauteuils et canapés, et Jimmy servit du thé d'un mouvement de baguette. Ils partagèrent leur joie de savoir cette guerre enfin terminée, les mettant définitivement à l'abri du danger.
— Ça n'a pas toujours été facile dans les environs, raconta Jimmy d'un air grave. Il y a eu de nombreux affrontements et des victimes aussi bien du côté sorcier que Non-Maj'…
— Tu ne m'as jamais dit tout ça ! s'exclama Roxane horrifiée. Je vous avais demandé à tous les deux de me prévenir au moindre problème !
— Ta présence n'était pas nécessaire Roxane, assura Dereck.
— Tu étais plus en sécurité chez toi sous Sortilège de Fidelitas, poursuivit Jimmy.
— Je ne pense pas que Wayne aurait aimé qu'on te mette en danger !
— Bien vu, confirma le jeune White avec un sourire entendu. Si vous saviez à quel point je me sens mal d'être resté à l'écart de tout cela…
— En tout cas, ça fait vraiment du bien de te revoir !
Un silence passa et Wayne reprit en se tournant exclusivement vers Dereck :
— Désolé de réveiller des souvenirs pénibles, mais j'ai une question. Quelle forme animale a pris le Feudeymon ?
Le regard de Dereck s'assombrit aussi vite qu'une flamme que l'on souffle. Il fronça les sourcils et, après un court silence, il répondit :
— Un dragon, je crois… Je n'étais pas vraiment concentré sur les flammes.
Wayne sortit de sa poche un morceau de parchemin qu'il tendit à Jimmy :
— Est-ce que tu aurais ces ingrédients ? J'aimerais essayer quelque chose…
Jimmy lut la liste avec attention alors que Dereck détournait la tête en soupirant, comme s'il cherchait une excuse pour fuir.
— J'ai déjà essayé cette potion et ça n'a pas redonné vie à son bras, avoua tristement Jimmy en cherchant à rendre le morceau de parchemin.
— J'aimerais essayer avec un ingrédient supplémentaire que tu n'avais pas, annonça Wayne. Mon sang.
— Quoi ? s'étonna Dereck en regardant son ami avec des yeux ronds.
— Vous ne savez pas tout sur moi. En réalité, je m'appelle Wayne White.
— On se doutait bien que tu avais des petits secrets, mais c'est quoi le rapport avec ton nom ?
— Attend un peu…, commença Jimmy le regard perdu. White. Ça me dit quelque chose. Une vieille légende…
— La 13ème propriété du sang de dragon, expliqua Wayne. J'ai un ancêtre qui a mélangé son sang à celui d'un dragon. Du coup, mon propre sang a des propriétés curatives…
— Oui, c'est ça, confirma Jimmy. Une histoire de dragon ultime, ou je ne sais plus quoi… Je vais chercher ce qu'il te faut.
Le sorcier se leva et quitta la pièce. Dereck se mit à hocher de la tête par la négative.
— Tu perds ton temps…
— En temps normal, mon sang peut guérir uniquement des blessures infligées par les dragons, expliqua Wayne. Je ne suis pas certain que cela fonctionne avec le Feudeymon, mais s'il avait la forme d'un dragon, il y a une chance…
— Il faut essayer, encouragea Roxane.
— Et qu'est-ce que tu crois qu'on a fait tous ces mois ? demanda Dereck d'une voix sèche. Vous n'étiez pas là ! Jimmy et son père ont déjà tout tenté. Et ça n'a rien donné !
La jeune Scott baissa la tête en sentant une boule se former au fond de sa gorge. Wayne continua de porter un regard déterminé à son ami. Dereck se leva et poursuivit :
— Ce bras est mort ! Tout comme ma famille !
— Que tu le veuilles ou non, je vais essayer, reprit Wayne avec calme. Ne m'oblige pas à te lancer un sort pour t'immobiliser…
Dereck poussa plusieurs jurons à la suite, mais décida malgré tout de se rasseoir en attendant le retour de Jimmy dans un silence pesant. Les ingrédients furent mélangés les uns aux autres, pour créer la potion désirée. À la toute fin, Wayne entailla l'une de ses mains pour utiliser un peu de sang comme dernier additif. Roxane l'assista pour panser sa blessure. Il fit apparaître des bandages qu'il imbiba de cette mixture nouvellement préparée. À contrecœur, Dereck hotta sa cape et le tissu qui maintenait fermement son bras contre son torse en ramenant son avant-bras au-devant de son ventre. La peau maintenant mise à nue était d'un noir d'encre, comme calcinée. Avec l'aide de Roxane, Wayne appliqua les bandes humides sur ce membre mort, jusqu'à recouvrir l'intégralité de cette chair putride, du bout des doigts jusqu'au cou du sorcier. Le regard de Dereck était distant, comme s'il prenait soin à ne surtout pas regarder cette partie de lui-même qui lui rappelait sans cesse la douloureuse et soudaine disparition des 5 membres de sa famille, ainsi que la sorcière qu'il aimait.
Après quelques minutes, l'expression de Dereck changea. Il tourna son visage vers Wayne avec une lueur étonnée dans les yeux.
— Je sens quelque chose… Des picotements ! Ça fait des mois que je ne sentais plus rien !
— Ne me remercie pas, dit Wayne avec un sourire amusé. C'était purement égoïste de ma part.
Le jeune White passa son bras autour de Roxane avant de préciser :
— Disons que je préférerai que tu signes de la bonne main pour attester de notre union lorsqu'on se mariera…
Les jours suivants, Roxane et Wayne restèrent dans l'État de Louisiane pour visiter certains coins sorciers qu'ils ne connaissaient pas. La potion de soin contenant le sang des White fut renouvelée autant que possible, pour assurer une guérison totale du bras de Dereck. Bientôt, le sorcier orphelin retrouva son membre intact avec une parfaite motricité et une couleur de peau qui n'était plus noircie par le Feudeymon.
Durant un après-midi, les quatre amis étaient réunis dans le petit salon en discutant de leurs projets d'avenir dans un monde en paix. Roxane finit par se lever pour gagner discrètement les toilettes. Les trois sorciers se retrouvèrent seuls. Dereck se tourna vers Wayne :
— Je voulais attendre que Roxane ne soit pas là pour te demander… Elle t'a parlé de Walters ?
Le jeune White écarquilla les yeux, gagné par la crainte.
— Non, pourquoi ?
Dereck et Jimmy se lancèrent un regard furtif. Tous deux s'étaient mis d'accord pour ne pas donner de détails sur le contenu des rêves que faisait ce sorcier de la maison Serpent-Cornu. Et ils avaient eu raison de craindre la réaction de leur ami.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? insista Wayne avec empressement.
— En fait, on ne sait pas vraiment, avoua tristement Dereck. On pense qu'il l'a agressée.
Wayne serra les poings, comme s'il était prêt à s'en servir.
— On s'est occupés de lui, ajouta Jimmy pour l'apaiser. Et crois-moi qu'après ce qu'on lui a fait, il n'a plus jamais osé l'approcher…
Le jeune White poussa un juron avant de reprendre :
— Je t'avais dit de le garder à l'œil !
— C'est ce qu'on a fait, se défendit Dereck. Je regrette juste de ne pas avoir agi plus tôt.
— Wayne, reprit calmement Jimmy. Je ne suis pas certain qu'elle ait partagé ça à qui que ce soit. Ça fait un an et demi maintenant. Parler devrait la soulager.
— Mais pour ça, il faudrait que tu laisses ta colère de côté…
Roxane ouvrit la porte et proposa avec entrain :
— On se tente une partie de Bavboules ?
Wayne ferma les yeux pour verrouiller ses émotions par occlumencie. La jeune Scott sentit que l'ambiance était plus tendue que lorsqu'elle avait quitté la pièce.
— Sinon j'ai un jeu de bataille explosive, dit-elle d'une petite voix hésitante.
— Les Bavboules, c'est très bien, assura Wayne avec un sourire forcé.
La sorcière ne posa pas de question et après quelques minutes, la bonne humeur revint en jouant.
Le soir même, Wayne et Roxane avaient profité de cette journée clémente pour observer un coucher de soleil au bord de mer. Le jeune White ne voulait pas briser ce moment précieux, il attendit alors qu'ils soient rentrés dans leur chambre d'hôtel pour discuter calmement. Il s'assit sur le lit en conservant les mains de Roxane dans les siennes. Il les regarda un instant, se souvenant les avoir soignées après que Walters et sa bande s'étaient amusés avec du pus de Bubobulb. Tout cela lui sembla bien loin.
— Je m'en veux de ne pas avoir passé ma dernière année à Ilvermorny avec toi, dit-il.
— C'est donc ça que tu essayes de me cacher par occlumencie depuis tout à l'heure ? releva Roxane avec un sourire en coin.
Il fronça les sourcils en se rendant compte à quel point elle le connaissait bien. Il continua malgré tout sur sa lancée :
— J'aurais voulu être là pour te protéger de Walters.
Elle retira ses mains des siennes, croisa les bras et se voûta sur elle-même comme si elle cherchait ainsi à se mettre en boule.
— Qu'est-ce que Dereck et Jimmy t'ont dit ? questionna-t-elle dans un souffle.
— Rien, parce qu'ils ne savent rien.
Elle tourna la tête pour fuir son regard. Il posa une main sur sa joue pour chercher à rétablir le contact visuel. Ses yeux restèrent clos.
— Parle-moi, murmura-t-il.
— Tu veux que je dise quoi ? demanda-t-elle en laissant des larmes quitter ses yeux. Qu'il m'a plaquée contre un mur à l'abri des regards ? Qu'il a posé ses mains sur moi comme si je lui appartenais ? Qu'il a voulu me…
Roxane fut incapable de terminer sa phrase. Wayne l'entoura de ses bras et la sentit trembler alors qu'elle pleurait maintenant à chaudes larmes. Il serra les dents pour ravaler sa colère. Il savait que ce n'était pas de sa rage dont elle avait besoin en cet instant. Il fit preuve de patience pour attendre que le chagrin la quitte. Il maudissait Armance de l'avoir tenu à l'écart pendant si longtemps. Mais il se détesta encore plus fort pour avoir voulu libérer l'Ultime Dragon à lui seul sans chercher à réfléchir aux conséquences… Car si Armance ne l'avait pas retenu, il serait certainement mort en se lançant dans cette quête perdue d'avance, laissant ainsi Roxane livrée à elle-même.
Après quelques minutes, elle sembla retrouver une respiration contrôlée. Wayne lui demanda doucement :
— Est-ce qu'il a…
— Non, coupa Roxane pour mettre fin au doute qui devait le ronger. Je ne sais plus comment. J'ai réussi à le repousser. Je ne sais pas ce que Dereck et Jimmy lui ont fait. Il ne m'a plus jamais approchée.
— Comment est-ce que tu pourras me pardonner de t'avoir laissée ?
— C'est à moi de me faire pardonner, dit-elle. Je n'ai pas arrêté de me demander ce que j'ai pu dire ou faire pour l'encourager à agir ainsi. Je te jure que j'ai cherché et je ne sais toujours pas.
Il prit le visage de Roxane entre ses mains pour croiser son regard.
— Ce type est cinglé. Il n'y a rien à comprendre.
Elle sentit comme une sorte de poids la quitter subitement. Il l'embrassa sur le front.
— Je ne laisserai plus personne te faire du mal.
Cette phrase résonna comme un serrement. Roxane se glissa dans les bras de Wayne où elle se sentit en sécurité.
La suite arrive très vite... Et ce sera le tout dernier chapitre !
Reviews ?
