Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Idoine" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


- Le qualificatif idoine est "sombre idiot". J'ignore ce qui a pu passer dans le petit pois qui vous sert de cervelle, mais…

- Severus !

Le professeur de potion s'interrompit brusquement au rappel à l'ordre de Dumbledore. Il se renfrogna, et recula d'un pas, fusillant du regard l'élève installé dans le lit blanc de l'infirmerie.

L'élève qui passait déjà trop de temps à cet endroit, et qui semblait n'en faire qu'à sa tête en permanence. Qui se jetait au devant du danger, et qui recommençait aussitôt comme si rien ne pouvait entrer dans son crâne épais.

Et Severus était furieux. Furieux parce qu'il n'aimait pas le gosse dès le départ et qu'en plus ce dernier l'obligeait en permanence à lui courir après pour rattraper ses bêtises.

Furieux, parce qu'à chaque fois qu'il arrivait au dernier moment pour l'empêcher d'être tué, son cœur s'arrêtait un instant, et il avait l'impression que Lily, sa Lily mourrait une nouvelle fois.

Furieux, parce que malgré tous les avertissements, malgré les menaces, les retenues, malgré les insultes et les regards noirs, ce fichu Potter gardait la tête haute et continuait encore et encore de se mêler de tout.

Sans compter que Dumbledore encourager Harry Potter. Il le couvait, empêchait les punitions, le félicitait. Chaque fois que Severus intervenait pour rapatrier le Gryffondor blessé à l'infirmerie de Poudlard, il était prêt à parier que le brun aux yeux verts avait pu en arriver là grâce à l'aide discrète du Directeur de l'école en personne.

Il avait bien évidemment tenté d'en parler avec le vieux sorcier. Mais Dumbledore l'avait sèchement rappelé à l'ordre, lui avait rappelé qu'il était son espion et qu'il devait juste obéir.

Il avait alors compris que la vie du Sauveur du monde magique importait peu pour Albus.

Peut être était il trop vieux. Peut être avait il été toujours aussi manipulateur. Peut être avait il un plan précis en tête.

Malheureusement pour Severus, il était le seul à sembler voir au delà de l'apparente gentillesse du Directeur de Poudlard. Le professeur de potions savait ce qu'il devait à Dumbledore, et il lui en serait éternellement reconnaissant. C'était pour cette raison qu'il risquait sa vie encore et encore pour lui, qu'il restait enseignant alors qu'il haïssait les enfants.

Mais il avait juré, de longues années plus tôt, qu'il protégerait le fils de celle qu'il aimait et aimerait à jamais. Il avait promis sur le corps de Lily qu'il ferait tout pour que son petit garçon - qu'il détestait déjà d'être le fils de James Potter - grandisse en sécurité et ne soit plus jamais en danger.

Jusqu'à maintenant, il avait réussi à tenir sa promesse. Il l'avait sauvé encore et encore, de ses propres bêtises. Le gosse semblait doté d'un complexe du héros particulièrement développé, comme s'il avait besoin de reconnaissance.

Cette fois, Potter n'avait rien trouvé de mieux que d'aller faire un tour dans la forêt interdite. Bien évidemment, il avait fait connaissance avec des créatures belliqueuses.

Ce qui s'était précisément passé était encore flou, puisque que Harry Potter, têtu au possible, refusait d'expliquer pourquoi il était blessé, et surtout laquelle des créatures dangereuses de la forêt l'avait amoché.

Boudeur, le jeune homme avait juste consenti à dire qu'il avait eu quelque chose d'important à faire dans la forêt. Dumbledore avait souri, ravi, comme s'il entendait une bonne nouvelle. Ce vieux fou n'avait même pas cherché à en savoir plus.

Severus soupira et en voyant que le gamin était entre les mains expertes de Pomfresh - et qu'elle ne le laisserait pas sortir avant le lendemain matin - il tourna les talons et quitta l'infirmerie.

Il hésita un instant, jetant un regard en direction de ses cachots. Puis il jura entre ses dents, et quitta la château à grands pas pour se rendre dans la forêt interdite.

Potter était peut être une tête brûlée qui avait l'aval de Dumbledore, mais il saurait le dernier mot de cette histoire abracadabrante. Le garçon était arrivé presque inconscient à l'orée de la forêt et si Severus n'était pas sorti pour aller récolter des ingrédients de potions, il y serait probablement resté. Il avait le bras de cassé et était couvert de contusions diverses et variées. Sans compter une légère commotion cérébrale.

Qu'il ait survécu était un petit miracle. Ou la preuve que Potter avait le crâne épais…

Sans la moindre hésitation, sans la moindre peur, Severus entra dans la forêt d'un bon pas, ne cherchant pas à être discret. Il ne fallut que quelques instants avant qu'il ne voit arriver un centaure.

- Bonsoir Firenze.

- Professeur Rogue.

La créature l'observa en silence, et Rogue resta silencieux le temps de l'examen. Il entretenait des relations cordiales avec les centaures, et il avait l'habitude de leurs petites manies. Finalement, la créature s'ébroua, et se pencha légèrement.

- Puis-je vous aider, Professeur ?

Rogue eut un léger sourire et inclina la tête.

- J'en serais honoré. Un élève s'est promené au cœur de la forêt, et nous l'avons récupéré blessé. Sauriez-vous ce qui s'est passé ?

Firenze grogna.

- Le jeune Potter.

- C'est exact.

- Je l'ai moi-même reconduit en bordure de la forêt…

Severus leva un sourcil perplexe, conscient que les centaures n'intervenaient habituellement pas dans les affaires humaines.

La créature soupira et secoua la tête avant d'expliquer.

- Le garçon ne cherchait pas une créature en particulier. Il a tenté de parler avec un maximum d'entre nous. Pour nous demander de prendre parti dans la guerre qui s'annonçait. De le suivre.

Rogue réprima un hoquet de stupeur et secoua la tête.

- Il a… quoi ?

- Il semble décidé à créer son armée. Et bien qu'il se soit montré particulièrement stupide, je ne peux que lui reconnaître du courage. En continuant à plaider sa cause même après avoir été malmené et blessé, il a… fait forte impression. Bien plus que le Seigneur des Ténèbres qui nous envoie ses mangemorts et qui tente de nous convaincre par la menace.

Stupéfait, Severus resta muet. Quelque part au fond de lui, un respect nouveau pour l'insupportable garnement était en train de naître quand il pensait à ce qu'il avait fait, seul, sans en parler à personne.