Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Frapper" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Orphelinat Wool, 1932
Le petit Tom, tout juste 6 ans, se recroquevilla sous les coups de ses camarades plus âgés. Ils frappaient encore et encore, juste parce qu'ils le pouvaient, parce qu'ils étaient plus forts.
Tom était à l'orphelinat depuis sa naissance. Il n'avait rien connu d'autre. Il avait grandi entouré de compagnons de misère, qui se résignaient comme lui à leur statut d'orphelin.
Chaque année qui passait les éloignait de la possibilité d'être adoptés. Les parents potentiels cherchaient avant tout des nouveaux-nés, des enfants qui n'avaient pas encore connu la solitude de l'orphelinat et qui ne se montreraient pas craintifs…
Pourtant, tout le monde s'accordait à dire que Tom était un bel enfant. Cheveux noirs, yeux sombres et peau claire. Il promettait de devenir un beau jeune homme.
Mais Tom était un enfant étrange. Un peu trop silencieux, un peu trop renfermé. Méfiant. Il donnait l'impression de vouloir écarter tout le monde autour de lui.
La directrice de l'orphelinat était persuadée que c'était le traumatisme de sa naissance particulière, et de la mort bien trop précoce de sa mère, lors du dernier jour de l'année 1926.
Alors qu'il était frappé encore et encore dans l'indifférence générale, Tom comprit qu'il devait devenir plus fort que ces brutes, plus puissant pour prendre le dessus sur eux. Il devait leur montrer qu'il leur était supérieur.
Quelque chose se débloqua en lui, et il osa redresser la tête, ses yeux sombres lançant des éclairs de fureur.
L'un de ses tourmenteurs eut une légère hésitation : habituellement ses victimes se laissaient faire passivement, et personne n'avait encore eu l'idée de se rebeller.
Les autres ne réfléchissaient pas, pris dans leur frénésie de violence. Frapper encore et toujours.
Tom souhaita soudain que ses agresseurs le laissent. Qu'ils ne puissent plus le toucher. Qu'ils reçoivent les coups à sa place.
Il mit quelques instants à réaliser que les coups ne pleuvaient plus sur lui. En regardant autour de lui, surpris, il se rendit compte que ses tourmenteurs avaient été projetés au loin contre le mur. Mieux encore, leurs visages étaient couverts de marques et d'hématomes, comme s'ils avaient été frappés à leur tour.
Le petit garçon solitaire et étrange comprit immédiatement que son souhait avait été exhaussé. De là à penser qu'il avait pu se défendre uniquement en le pensant de toutes ses forces, la frontière était mince.
Et Tom l'enfant mal aimé comprit qu'il n'était pas comme les autres. Qu'il était spécial. Puissant.
Alors qu'il se redressait, grimaçant à la douleur des blessures qu'il avait, il se jura deux choses : plus jamais personne ne le frapperait ainsi, et il dominerait un jour tous ces idiots, en leur montrant qu'il leur était supérieur.
Et Tom ne brisa pas sa promesse. Jusqu'à une nuit d'Halloween particulière…
Impasse du Tisseur, années 1970
Severus avait toujours été un enfant discret. Il préférait la compagnie des livres à celle des autres enfants.
Si quelqu'un lui avait demandé s'il était malheureux, le petit Severus aurait été surpris. Parce qu'il se sentait parfaitement bien, plongé dans un livre, sa mère s'affairant quelque part dans la maison familiale.
Bien évidemment, il y avait les jours où son père rentrait ivre.
Ces jours là, le petit garçon devenait encore plus silencieux et invisible, priant pour que son père ne le voit pas.
Parfois, terré dans un coin sombre il assistait à une scène qui l'effrayait au plus au point : son père, furieux, titubant, frappait sa mère. L'homme ne supportait pas qu'elle soit une sorcière, et il le lui faisait payer encore et encore.
Severus savait que s'il se montrait, s'il avait le malheur de passer à cet instant dans le champ de vision de son père, il prendrait des coups lui aussi. Parce qu'il était le fils de la sorcière, l'enfant qui avait montré des pouvoirs magiques dès son plus jeune âge.
Et puis un jour, alors que son père était encore plus ivre qu'à son habitude, Severus avait fui la sombre maison de l'impasse du Tisseur pour se rendre dans un petit parc à proximité. Il avait un livre de potions - dérobé dans les affaires de sa mère - et il comptait bien profiter du soleil et de l'air frais pour échapper à son quotidien déprimant.
Sauf que ce jour là, une fée se présenta devant lui, une fée aux yeux verts et aux cheveux rouges, vive et rieuse, jolie comme un cœur.
Lily Evans venait d'entrer dans sa vie.
Avec l'intuition des enfants, la fillette avait deviné que le camarade triste qu'elle voyait au parc avait une vie de famille malheureuse, et elle avait décidé de lui redonner le sourire.
Lily était particulièrement têtue et décidée. Quand elle voulait quelque chose, elle faisait en sorte de l'obtenir. Sauver Severus était donc son but, et elle s'y employa, avec constance.
Finalement, Severus s'ouvrit au contact de la jeune fille. Il apprit à sourire, et même à rire. Il délaissa ses livres pour jouer avec la petite fille et alla jusqu'à lui montrer la magie, en lui faisant jurer de ne jamais rien dire à personne.
Lorsque Lily arriva un jour, souriante et excitée, sautillant dans tous les sens autour de lui et qu'elle lui annonça qu'elle serait à ses côtés à Poudlard, il crut que son cœur allait exploser de joie.
Son amie, sa seule amie, la jolie fillette qui lui faisait battre le coeur et qui l'avait ramené à la vie serait à ses côtés, pendant ses années d'études.
Et le soir, lorsqu'il rentra et que son père le frappa pour avoir passé la journée dehors, son bonheur ne disparut pas. Lily avait créé une bulle d'espoir en lui, elle lui avait donné l'envie de vivre et de se battre…
Privet drive, années 1990
Harry Potter, replié sur lui-même, terré dans son placard attendait le réveil de sa famille.
Il savait son nom depuis peu, depuis qu'il allait à l'école. Avant, son oncle et sa tante l'appelaient "Monstre" ou "garçon".
Il était petit et maigre, trop maigre. Il ne comptait plus les repas dont il était privé, puisque n'importe quel prétexte était bon pour le priver un peu plus.
Avant d'aller à l'école, Harry pensait que c'était normal, même si son gros cousin menait une vie de prince juste sous son nez.
Puis, il s'était rendu compte qu'il n'était pas traité comme les autres enfants.
Il pensait que c'était à cause des incidents étranges qui se produisaient quand il était effrayé. Comme le jour où il était apparu sur le toit de l'école en voulant échapper à Dudley et à sa bande.
Les marches de l'escalier au dessus de sa tête grincèrent et le petit garçon se crispa, conscient qu'ils allaient bientôt se souvenir de sa présence.
Comme à son habitude, Dudley sauta de tout son poids sur les marches au dessus de la tête de Harry, et le garçonnet sursauta avant de se coller contre le mur.
Parfois, il espérait que son idiot de cousin ne passe à travers le plancher et ne se blesse, mais Harry oubliait bien vite cette idée effrayé : il était certain que s'il arrivait quelque chose à Dudley il serait aussitôt pointé du doigt, et sa vie deviendrait un enfer. Plus encore que ce n'était déjà le cas…
La porte s'ouvrit à la volée et son oncle l'attrapa par les cheveux, le tirant brutalement à lui. Harry ferma les yeux et combattit les larmes de douleur qui voulaient s'échapper. Il n'émit pas un son : il savait que la moindre plainte aggraverait la situation.
Vernon le propulsa contre le mur, en grognant, visiblement de mauvaise humeur.
- Garçon ! Va préparer le déjeuner !
Résigné, Harry, tête basse et épaules tombantes, se dirigea vers la cuisine. Au passage, son oncle le frappa violemment derrière la tête, pour le faire se presser un peu.
Harry entra en silence dans la cuisine et prépara le repas. Il ignora son ventre qui gargouillait, espérant que sa famille lui laisserait quelque chose à se mettre sous la dent. Même un quignon de pain dur lui conviendrait…
Faire les corvées exigées était vite devenu un automatisme pour Harry, lui laissant le temps de se plonger dans ses pensées.
Ces moments là, il se demandait quelle aurait été sa vie si ses parents n'étaient pas morts. S'il arrivait à se souvenir d'eux. Il s'accrochait à l'espoir qu'un jour quelqu'un viendrait pour lui, et le sauverait de son enfer quotidien.
Trop perdu dans ses rêves, Harry ne sentit même pas Vernon le frapper à nouveau pour qu'il soit plus rapide. Mécaniquement, le garçon accéléra ses gestes, et servit rapidement sa famille.
D'un geste méprisant, sa tante Pétunia le renvoya dans son placard. Ce n'était pas encore ce jour là qu'il aurait à manger. Harry chancela, retenant ses larmes brûlantes.
Il tomba plus qu'il ne s'assit sur le matelas moisi qu'il avait dans son placard, et son regard tomba sur le dessin qu'il avait fait de ses parents, sur le mur. Ce n'était que des bonhommes bâtons d'enfant, mais la femme avait des yeux verts et des cheveux rouges.
Face à son dessin, son cœur se gonfla d'amour, et en regardant la représentation de ses parents, il jura qu'un jour il partirait et il serait heureux. Il aurait sa propre famille, et sous son toit, les enfants seraient aimés et choyés.
Puis, résigné, le petit garçon se roula en boule et commença à somnoler sans pour autant quitter des yeux le dessin qu'il avait un jour dessiné et qui aujourd'hui était sa seule lueur d'espoir. L'espoir d'un futur meilleur.
