Chapitre 1 - Le cauchemar commence.

Après environ trois heures, la lumière du jour commençait déjà à se dissiper pour laisser place à l'obscurité de la nuit. Face à l'arrivée de cette nuit, la plupart des élèves commençaient à entrer dans les dortoirs, tandis que d'autres préféraient profiter du calme de la nuit et rester dehors jusqu'au couvre-feu. Du côté du Dojo, une myriade d'élèves se dirigeaient vers le local de rangement pour y déposer leur équipement, excepté Jack qui continuait à donner des coups sur son pantin d'entrâinement.

-Tu fais quoi Jack ? Demandais Jérémy en rangeant son Kendo Stick.

-Je vais m'entraîner encore un peu. Ne m'attendez pas. Répondit Jack sans prendre le temps de stopper ses coups.

Voyant qu'il en aurait pour longtemps, Jérémy rejoint les autres élèves dans les vestiaires pour se changer avant de se diriger vers la sortie, laissant Jack seul dans le Dojo qui était maintenant silencieux malgré les coups de Jack sur les pantins d'entraînements.

Du côté des terrains de Baskets, plusieurs élèves étaient regroupé devant un terrain en particulier, comme tous les Vendredis, puisque c'est sur terrain que se déroulaient les matchs de Street Basket chaque fin de semaine de 18h jusqu'au couvre-feu à 22h. La particularité de ces matchs est le fait que les équipes sont mixtes, ainsi, André et Ashley, deux des meilleurs joueurs du Lycée pouvaient jouer dans la même équipe. Et ils étaient plutôt doués à eux deux, puisqu'ils avaient déjà mis le double du score de leurs adversaires rien qu'à eux deux. Des cris d'élèves passionnés retentissaient autour de ce terrain jusqu'à l'heure du couvre-feu, sur une dernière victoire en buzzer beater de la part d'André qui fit gagner son équipe ainsi. Un dernier cri collectif de joie envahissait alors le terrain avant que les élèves partent en troupeau vers leurs dortoirs, laissant André seul sur le terrain, accompagné d'Ashley.

-Faut qu'on y aille André. Si le Gardien nous trouve, on va morfler. S'exclamait Ashley avec une dose d'agacement.

-Pars devant, je te rejoins dans cinq minutes. Répondit André tout en lançant un ballon en direction du panier.

Le bruit du ballon tombant entre les filets du panier marqua le silence qui venait d'être créé, tandis qu'Ashley marchait d'un pas lent en direction de ses dortoirs, laissant ainsi André seul sur le terrain avec son ballon. Arrivée au dortoirs, Ashley rejoint rapidement sa chambre commune avec Sarah, entrant dans la pièce avant de fermer derrière elle pour se laisser tomber sur son lit.

-Quel abruti. Il dit cinq minutes, et comme d'habitude, il sera pas dans son dortoir avant minuit. Il va se faire virer un jour. Lâcha simplement Ashley en fixant le plafond.

-Brandon fait la même chose. Et je veux même pas savoir ce qu'il fabrique, si tu veux mon avis. Répondit June d'un air désintéressé.

-Au moins, moi, je sais qu'André reste sur son terrain, quand je suis pas avec lui. Poursuivit Ashley en lâchant un rire.

-J'ai des doutes sur lui maintenant... Répondit à nouveau June d'une voix faible.

Une heure passa dans un calme presque inquiétant, dans le Dojo, Jack venait à peine de terminer son entraînement. Se dirigeant vers le local de rangement pour y ranger les pantins, Jack jeta un rapide coup d'oeil sur son portable pour y voir l'heure affichée.

-23h pensa-t-il. Faut que je files avant que le Gardien se ramène.

En effet, ce Gardien est une personne d'apparence effrayante. Un homme impostant mesurant aux alentours de deux mètres, il à la carrure type des bodybuilders, en plus d'un visage de vétéran de Guerre et une voix rauque. Même les plus forts du Lycée ont peur de ce Gardien, et des tas d'histoires courrent à son sujet, comme quoi les élèves qu'il surprendrait dehors après le couvre-feu subissaient les pires tortures imaginables. N'étant pas attiré par ces tortures, Jack se dépêcha d'entrer dans les vestiaires pour s'y doucher rapidement puis il se changea avant d'ouvrir la porte pour sortir de la pièce.

La première chose qui attira son regard était la pire chose qui pouvait arriver. En effet, il aperçu une présence humanoïde non loin, mais sans même avoir le temps de réfléchir à l'identité de cette présence, il compris immédiatement que c'était une présence pire que le Gardien. La seule chose qui lui fit comprendre ça était l'apparence de l'humanoïde qui venait de se tourner vers Jack. D'une petite taille, l'être que voyait Jack avait quelque chose d'effrayant. Une peau verdâtre, des yeux blancs dénués d'iris et de pupille, des griffes acérées en guise de doigts et une épaisse langue sortant de sa bouche dont la machoîre était visiblement cassée. Ce monstre fixa Jack trois secondes avant de se mettre à courir subitement vers ce dernier qui se contenta de bondir en arrière pour rentrer dans le vestiaire avant de fermer lourdement la porte derrière lui. Une fois en "sécurité" dans le vestiaire, il recula de trois pas en serrant fortement son Kendo Stick dans sa main.

-Hey... Si c'est une blague... C'est pas drôle... Mec... Dit-il difficilement dans l'espoir d'entendre des éclats de rire.

Malheureusement, ce n'était pas le cas, et la seule réponse à laquelle il eut droit était des puissants coups de poing frappant contre la porte. Visiblement déterminé à détruire la porte pour faire la peau à Jack, ce dernier se cacha dans une douche en essayant de contacter des secours grâce à son portable. Ce qui n'était pas concluant, son portable ne captait plus aucun réseau. Aucune liaison vers l'extérieur n'était possible. Au moins, grâce à ça, une chose était sûre. Si ce n'était pas une coïncidence, alors ce monstre... En était réellement un. De ce fait, le tuer ne posera aucun problème juridique. Mais il réalisa autre chose. Un autre détail effrayant. Si tout le Lycée est privé de réseau avec l'apparition de ce monstre... Alors ça voudrait dire qu'il n'y en a pas qu'un. D'autres monstres comme ça se balladaient sûrement dans tout le Lycée en ce moment même.

-Mec... Si tu entres... Je vais te buter... Alors dit le... Si c'est une blague...

Jack sorti ces quelques mots pour se rassurer lui même. Avec cette prévention, il attaquera ce monstre sans hésiter si ce dernier parvenait à entrer. Ce qu'il fit immédiatement. Dans un bruit assourdissant, la porte céda et tomba lourdement au sol tandis que le monstre entra dans le vestiaire. Tandis qu'il tenait fermement son arme, Jack observait le monstre errer lentement dans le vestiaire, caché dans la douche, il attendit le bon moment pour attaquer. Opportunité qui s'offrit rapidement à lui quand le monstre se mit dos à la douche où était caché Jack. L'adolescent n'hésita pas une seconde, d'un mouvement de sa main libre, il écarta le rideau de douche pour venir donner un coup d'une violence inégalable dans le crâne du monstre. Ce dernier eut juste le temps de tituber avant que Jack ne lui envoie un puissant coup de pied dans l'arrière du genou dans le but de le faire tomber au sol. Une fois le monstre au sol, il se retourna rapidement sur le dos et Jack pu apercevoir son visage de plus près. Cette chose n'était définitivement pas un être humain. Ni une, ni deux, il donna un puissant coup de Kendo Stick dans le visage du monstre, lui laissant une marque rouge à cause du coup. Mais cette marque disparut rapidement puisque Jack enchaîna les coups tous plus puissant les un que les autres jusqu'à ne plus avoir de réaction de la part du monstre visiblement mort. Face à cette situation de crise, Jack quitta immédiatement les vestiaires dans le but d'aller chercher ses amis.

Dans le dortoir des garçons, l'ambiance était différente. Notamment dans la chambre de Kain et Alan, les deux étaient simplement en train de jouer sur leurs PSP. Visiblement à un jeu de courses en multijoueurs à en juger leur discussions. Ils étaient seize dans le dortoir à jouer sur la même course, mais un par un, les véhicules des autres joueurs s'arrêtaient, ce qui arrangea d'abord Kain et Alan qui en profitaient pour gagner de l'avance, mais la situation ressemblait à ce genre de légendes urbaines qu'on trouve partout sur internet. Ces soudains arrêt avaient littéralement détruit l'ambiance dans leur chambre, jusqu'à qu'ils soient ramené à la réalité par un cri infernal. Une réalité effrayante, les cris commençaient à fuser dans le dortoir, des cris horrifiques, comme si les élèves poussaient leurs derniers cris.

-Alan... C'est quoi, ces cris ?.. Demanda Kain sur un ton peu rassuré.

-J'en ai aucune idée... On dirait qu'ils sont en train de se faire tuer... Répondit Alan sur le même ton effrayé.

-Tu crois... Que c'est un... Un attentat ?.. Poursuivit Kain d'une voix tremblante.

-J'en sais rien mec... On fait quoi ?... Demanda à son tour Alan en fixant Kain.

-T'as toujours ton flingue ?.. Proposa Kain d'une voix finalement assurée.

-Je sais même pas pourquoi je l'ai acheté mec... J'ai jamais tiré avec un vrai flingue...

-Prends le, on va voir ce qu'il se passe. Termina Kain en se levant pour se diriger vers la porte.

Se levant alors de leurs lits respectifs, Kain attendait devant la porte tandis qu'Alan tira son tiroir pour y prendre son Desert Eagle. Il serra fortement l'arme dans sa main en s'approchant de la porte que Kain ouvrit subitement. Le couloir qui s'ouvrait à eux était la définition même de l'enfer. Les murs beiges étaient recouverts d'un rouge sang, des cadavres étalés sur le sol, quelques un totalement démembrés, certains agonisants contre un mur, des cris, des larmes, certains élèves courageux en train de traîner les corps agonisants de leurs amis pour les éloigner un maximum de la chose debout au bout du couloir. Un monstre énorme, grand de deux mètres, avec une bouche ressemblant vaguement à quatre pétales de fleurs. Un monstre défiant toute logique humaine se tenait, ici, en maintenant un élève grâce aux quatre griffes au bout de ses mains plantées dans le ventre de sa victime. Il la souleva rapidement pour amener l'adolescent jusqu'à sa bouche, lui dévorant tout le bas du corps en moins d'une seconde.

-Bute le putain ! S'écria Kain.

Sans réfléchir, Alan obéit à l'ordre de Kain, armant son pistolet en direction du monstre, il tira à toute vitesse sur ce dernier. Le coups de feu retentissaient dans tout le couloir, tandis que les balles partaient à toute vitesse se loger dans le mur et sur le monstre. Par chance, une balle se dirigea droit vers le crâne du monstre pour venir se loger dans ce dernier, faisant gicler son sang ainsi qu'une partie de son cerveau contre le mur. Suite à ce coup, le monstre s'arrêta subitement, tandis que son corps tombait lourdement au sol. Les couloirs étant maintenant envahis d'un calme dérangeant. Plus aucun cri ne se faisait entendre, simplement des respirations fortes et des pleurs silencieux.

-Ai...Dez...Moi...

La voix de l'élève qui venait de se faire à moitié dévorer par le monstre se fit entendre. Il rampait difficilement au sol, traîné par les seules forces restantes dans ses bras, les yeux remplis de larmes tandis qu'il regardait les autres élèves autour. Fixant ce dernier d'un regard froid, Kain pris le Desert Eagle des mains d'Alan avant de s'approcher lentement de l'adolescent agonisant.

-Kain... Qu'est-ce que tu fais ?.. Demanda Alan en suivant son ami.

-Il est déjà mort mec... On peut pas le laisser comme ça... Répondit simplement Kain.

-Eh... Att...Endez...

L'adolescent fixa Kain d'un regard effrayé, rempli de douleur et de tristesse à la fois, il comprit rapidement que chaque pas de Kain le rapprochait de la mort. Voyant les pieds de Kain s'arrêter devant lui, il posa sa tête contre le sol sans une douleur insoutenable et ferma les yeux, n'ayant pas la force de faire quoi que ce soit. Il attendait simplement que son bourreau et son sauveur à la fois fasse son travail.

-Je...T'en sup...

-Désolé mec...

Sans laisser le temps à l'adolescent de terminer sa phrase, Kain appuya sur la gachette, dans le bruit sourd du coup de feu qui brisa le silence du couloir, une balle fût éjectée pour se loger directement dans le crâne de l'élève, achevant ainsi sa souffrance et sa vie.

Au même moment, un ballon frappa contre le cerceau du panier de basket, se faisant projeter dans la direction opposée pour retomber au sol. Son lanceur qui n'était autre qu'André avait été déstabilisé dans son lancé par cris et les coups de feu qui venaient d'être tirés. Il se passait définitivement quelque chose de bizarre dans les dortoirs. Mais surtout quelque chose de dangereux. La pensée du danger fit sonner le nom d'Ashley dans la tête du basketteur qui décida d'aller voir ce qu'il ce passe. Et comme un don du ciel, sa vue se posa sur une batte de baseball abandonnée non loin du terrain de basket. Laissant son ballon sur place, il s'approcha de sa future arme pour la ramasser et partir en direction des dortoirs des filles, espérant ne pas avoir à l'utiliser.