Disclaimer : Les personnages appartiennent naturellement toujours à KURUMADA.
Auteur : Newgaia
Rating : M (précautions prises pour certains chapitres).
Genre : Angst
Résumé du précédent chapitre (Les massages de la discorde) : Après s'être livré à Shion, Shaka retrouve peu à peu son équilibre. Il est conscient de s'être en partie fourvoyé, et il est confiant pour envisager sa prochaine entrevue avec Athéna. Shura qui le rejoint est heureux de constater qu'il se ressaisit. En attendant l'arrivée d'Athéna, ils décident d'aller s'entraîner ensemble. En chemin, l'Indien prend des nouvelles de Came. Il demande à l'Espagnol de surveiller son voisin à distance. Aiolia les rencontre et présente ses excuses à la Vierge, puis au Capricorne. Ouvrant alors leur cosmos à chacun d'entre eux, les trois chevaliers rassemblent la totalité de leurs souvenirs sur l'incident les ayant séparés. Aiolia revoit sa difficulté à vivre la « trahison » de son frère et son impossibilité à pardonner à son assassin. Shura revit sa découverte de l'imposture de saga et ses « regrets » vis-à-vis d'Aioros. Shaka leur expose la manière peu orthodoxe dont l'aide apportée au Capricorne s'est peu à peu muée en un lien unique et ambigu à travers des massages tantriques, que son amitié pour le Lion l'obligeait à dissimuler. Et enfin, ils se remémorent l'intervention intempestive de Marine, qui a tout fait voler en éclat.
CHAPITRE 19 : LES RÉACTIONS D'ATHÉNA (mise à jour 4 avril 2015)
Après avoir fait un détour par les thermes du Palais en compagnie de Shura, Shaka se sentait fin prêt pour son entrevue avec Athéna. Bien que discrète, il avait perçu l'arrivée de Saori un peu plus tôt, rapidement relayée par le cosmos caractéristique de leur déesse. La jeune femme s'était d'abord isolée une bonne heure avec Shion dans le vaste bureau où celui-ci prenait généralement ses décisions. Cette rencontre préliminaire relevait de la procédure habituelle, et l'Indien attendait patiemment depuis, dans l'un des petits jardins extérieurs flanquant les ailes de la grande bâtisse. Celui-ci embaumait de roses magnifiques, et la Vierge n'avait aucun mal à reconnaître la main d'Aphrodite dans cette architecture naturelle artistiquement agencée.
Lorsqu'enfin un garde le rejoignit pour le prier de le suivre, il lui emboîta le pas en toute confiance. Shra l'accompagnait. Il avait tenu à rester à ses côtés et Shaka n'avait pas eu le cœur de le repousser. L'inquiétude légitime de son compagnon soulevait en lui un léger attendrissement qui lui prouvait combien ils étaient devenus indissociables. Mais il ne partageait pas l'anxiété du Capricorne. Pour la première fois depuis sa résurrection, il respirait la sérénité et l'assurance. Les éléments positifs survenus depuis son réveil y étaient sans doute pour beaucoup. Rasséréné, son esprit lui repassait en boucle la visite de Shura, complice et attentive, suivie par la rencontre avec le Lion riche en pardons et aussi imprévue que libératrice.
Oui, décidément la matinée avait mieux commencé que toutes celles qu'il avait vécues depuis son retour. Il n'y avait pas de raisons pour que l'orientation favorable de son karma s'arrêtât en si bon chemin. Qui plus est, il se sentait en accord avec lui-même, apte à s'incliner devant sa déesse sans pour autant renier ce qui faisait de lui un homme plus fort. Ainsi abandonna-t-il Shura dans l'antichambre qui jouxtait la pièce où l'attendait Athéna en toute tranquillité. Rien ne parviendrait à le distraire de sa volonté d'apaisement ou à ternir sa quiétude. Ils allaient pouvoir s'expliquer avec la sagesse détachée des dieux. Il avait tout prévu.
Tout, sauf la participation de Kanon, qu'il découvrit dès qu'il ouvrit la porte, installé, pour ne pas dire vautré, dans un des deux fauteuils de cuir positionnés devant le bureau. Shaka en eut un instant le souffle coupé. Le frère de Saga semblait se prélasser, alors que la présence d'Athéna lui commandait de se lever pour se tenir respectueusement près d'elle. Qui plus est, la jeune femme demeurait debout de l'autre côté du bureau, rigide, et les mains à plat sur le dossier de son propre fauteuil derrière lequel elle se trouvait.
Comment cet énergumène pouvait-il faire preuve de tant d'irrévérence ? Et que faisait-il là, d'ailleurs ? Shaka n'eut pas le temps de l'interroger davantage. Mettant un genou à terre, il s'inclina comme la règle l'exigeait pour saluer sa déesse avec autant de déférence qu'il suspectait Kanon d'en manquer.
« Relève-toi Shaka, l'heure n'est pas au protocole. Je n'ai que peu de temps à vous accorder et il faut que nous débattions d'un point essentiel. Viens t'asseoir ici. »
D'un geste qui n'admettait pas de discussion, Athéna lui fit signe de prendre place dans le siège demeuré vide près de Kanon. Désorientée par cette entrée en matière, la belle assurance de la Vierge vola en éclats. Pour la première fois de sa carrière, il se retrouvait en position assise devant sa déesse, alors que toujours à la verticale, la jeune femme le dominait de toute sa hauteur. Dire qu'il n'était pas à l'aise frisait l'euphémisme.
À ses côtés, Kanon l'observait avec un amusement non dissimulé. Un égaiement qui l'irrita malgré la sympathie qui animait également son regard. Le visage d'Athéna restait indéchiffrable. Ni bienveillant, ni hostile, mais totalement hermétique. Un silence pesant s'installa et Shaka sentit s'effondrer à une vitesse accélérée les acquis de la matinée.
Comme si cela ne suffisait pas, il prit soudain conscience qu'il avait omis de brider son cosmos, alors que son inquiétude l'imprégnait de plus en plus. Il songea aussitôt que la relation qu'il entretenait à présent avec le Capricorne permettait à ce dernier de suivre plus facilement ses mouvements d'humeur, et il réalisa avec horreur qu'il venait involontairement de commettre un nouvel impair. Si leur déesse n'avait pas bloqué les effluves de son cosmos de ses pouvoirs divins, Shura se serait déjà trouvé là. Compte tenu des circonstances, il ne savait pas s'il devait lui en être reconnaissant ou redouter le pire.
Soucieux de ne pas interférer comme on le lui avait ordonné, Kanon se retenait difficilement de prendre la parole. Il percevait nettement l'inconfort moral où la Vierge s'enlisait, et il comprenait mal la sévérité d'Athéna à son égard. Certes, l'Indien avait eu un moment d'égarement malencontreux, mais s'il s'en référait à l'aulne de sa propre traîtrise, les réactions d'Athéna oscillaient entre deux poids et deux mesures en fonction de celui qui l'avait trompée. Elle le laissait volontairement mariner dans l'incertitude et l'humiliait par sa présence. Incontestablement, Athéna avait une manière cruelle d'accorder son pardon.
Gêné pour Shaka, l'ex-Dragon des mers ne s'expliquait pas l'attitude punitive et revancharde de la fille de Zeus. Lorsqu'un peu plus tôt ils avaient discuté de la situation en compagnie de Shion, elle était parfaitement calme et conciliante. Et avant que l'Atlante ne s'éloignât, elle avait même pris la peine de le rassurer sur sa clémence touchant la Vierge. Que cherchait-elle à prouver ?
La gorge sèche, Shaka entama son mea culpa. Être obligé d'assister à son repentir embarrassait profondément Kanon, et l'idée qu'elle le châtiait lui-même de cette manière l'effleura. Mal à l'aise et décidé à porter secours à son camarade, il allait briser le silence malgré les conséquences encourues, quand Athéna interrompit brusquement l'Indien, alors que celui-ci n'avait pas fini d'aligner trois phrases :
« Je sais tout cela, Shaka. Tu as trouvé un fort bon avocat en la personne de Shion. Je peux admettre que tu te sois tourné vers Shura de manière instinctive. Les circonstances s'y prêtaient, malheureusement. De son côté il fait partie de ceux qui n'ont pas été prévenus à temps du danger de l'élément dissonant de leur Maison avant la mort de Shion. En te liant à lui de cette manière, tu lui as incontestablement évité de sombrer lorsqu'il a dû faire face à des jours sombres. Mais tout comme Camus et Milo, il vous faudra à présent en assumer les conséquences. En cas de conflit il me sera impossible d'en mettre un à l'abri pour préserver la sérénité de l'autre. Tu cernes mieux le problème ? »
Kanon écoutait avec le plus grand intérêt. Sa conversation précédente avec Shion lui avait déjà permis de déterminer que les deux hommes s'étaient liés de manière plus ou moins inconsciente. Grâce à cette combinaison, ils avaient pu résister aux pièges moraux négatifs dont les menaçaient leurs Maisons. Très ironiquement, la façon dont s'y était pris Shaka l'avait amené ensuite à basculer dans le travers inverse à la mort de Shura. Mais pour l'heure, le Grec s'interrogeait sur la nature exacte du rapport entre les deux chevaliers.
Il avait bien compris que briser leur malédiction passait par la recherche d'une personne capable d'en assumer le contrepoids. Ce qui exigeait en contrepartie un affectif fort. Mais devait-il pour autant supposer que Shura et Shaka vivaient une relation semblable à celle existant entre Camus et Milo ? À travers les explications de Shion et sa propre expérience envers Saga, il avait découvert que ce genre de dépendance se conjugait de multiples manières. La définition précise de la connexion entre la Vierge et le Capricorne lui échappait. Et il était à la fois curieux et déconcerté par les sous-entendus exposés par leur déesse les concernant.
Son expression dut le trahir, car Athéna se tourna vers lui pour poursuivre.
« Bien que tu sois en droit de te poser la question, Shaka te renseignera sur la nature de sa relation avec Shura s'il le désire. »
À son tour, il se prenait une claque verbale, et il posa sur Athéna un regard tout aussi étonné que réprobateur. Mais que diable voulait-elle prouver ? À ses côtés, Shaka était d'une pâleur de craie. Kanon retint un soupir d'agacement. Il ne nourrissait aucune animosité contre son pair, et il ne tenait pas à laisser monter les enchères. Il paraissait déjà suffisamment sur la défensive. S'ils devaient collaborer par la suite, pourquoi s'ingéniait-elle à contrarier ainsi la Vierge en le dressant contre lui ?
Considérant que la dernière intervention d'Athéna lui donnait l'autorisation de s'exprimer, il ouvrit la bouche pour lui demander de se retirer, lorsque le devançant, l'Indien vola à son secours de manière inattendue, en élevant la main pour lui enjoindre de garder le silence.
« De récents événements m'ont permis de comprendre qu'exposer clairement la vérité vaut mieux que conserver un secret, commença Shaka d'un ton calme. Se taire sur la réalité de nos relations finit souvent par pourrir celles-ci à cause des multiples suppositions que l'ignorance entraîne. Je répondrais à tes interrogations, Kanon. Si tu es d'accord, je le ferai simplement dans un lieu et en un temps plus appropriés. »
Le visage de la Vierge s'inclina légèrement vers lui d'un air interrogateur. Il lui donna son accord en hochant à son tour la tête. Apparemment satisfait, ce dernier poursuivit en s'adressant à Athéna.
« Pour être tout à fait clair, je veux que vous sachiez que ni Shura ni moi n'avons jamais agi en vous manquant de respect. Et qu'à aucun moment il n'a été question de faire passer notre relation avant votre service. »
Malgré une émotion que Kanon devinait bien présente, son inflexion n'avait pas vacillé un instant, et l'ancien Marina admira la façon dont il parvenait à s'imposer.
« Oh, mais ça je l'espère bien, répondit Athéna, de façon tout aussi hermétique. Ce qui nous amène directement au second point te concernant. Shion m'a déjà expliqué que tu avais repris les rênes de ta fonction. Mais j'aimerais entendre de ta bouche ce qu'il en est exactement. »
La rudesse de sa répartie surprit une fois de plus Kanon. Cette fois-ci, elle tombait presque dans la provocation, comme si tout ce qui avait été décidé à huis clos un peu plus tôt avec le Grand Pope était balayé d'un coup. Kanon n'y comprenait plus rien.
Conscient du solennel de cet instant, et acceptant de boire la coupe jusqu'à la lie, Shaka ébaucha un mouvement pour se lever. Il paraissait évident qu'il allait réaffirmer son serment d'allégeance en s'agenouillant devant elle, mais d'un geste vif elle lui fit signe de rester assis. Désorienté, le sixième gardien releva les paupières pour plonger ses yeux clairs dans ceux étrangement insondables de la divinité. Les façons d'Athéna n'avaient rien d'habituel. Il sentait confusément qu'elle attendait quelque chose, mais il était incapable de déterminer quoi.
Décidé à faire preuve de bonne volonté, il abaissa alors totalement ses barrières mentales. Il lui donnait ainsi accès à une lecture franche de son cosmos. Kanon étant dans la pièce, il consentait implicitement à ce qu'il pût en faire de même.
« Soyez assuré que je n'ai jamais cherché à abandonner ma tâche, se défendit-il, livrant sans fard sa sincérité. Pas dans cette vie en tout cas. J'ai simplement commis l'erreur d'ignorer que dans leur mansuétude, les dieux réalisent parfois des miracles. Je vous prie de me pardonner. »
Conservant une impassibilité de surface Kanon aurait donné cher pour se trouver ailleurs à ce moment précis. Un coup d'œil rapide vers l'Indien suffit à le renseigner sur la perte des repères de celui-ci. Quant à la franchise de ses paroles, il n'avait pas eu besoin de percevoir son cosmos pour en être assuré.
La réponse d'Athéna les saisit tous les deux comme un grondement de tonnerre dans un ciel sans nuage.
« Non. »
C'était un tout petit mot. Net, précis, laconique, et qui pourtant renfermait un monde qui s'écroulait. Pris par surprise, Shaka semblait totalement anéanti. Faisant fi des notions de déférence et de devoir, Kanon explosa littéralement :
« On peut savoir ce que vous avez mal digéré sur le Mont Olympe ce matin ! s'écria-t-il, en se relevant brusquement pour planter ses yeux crépitant de colère dans le regard parme.
— Kanon, tu peux t'exprimer, mais je te prie de rester correct, répliqua la jeune femme sans se troubler.
— Parce qu'en ce moment, vous l'êtes peut-être, vous ! Allons chercher Shion. Je serais curieux de savoir ce qu'il en pense. »
Effaré par son esclandre, Shaka essaya inutilement de l'arrêter.
« Tais-toi Kanon. C'est une affaire entre Athéna et moi.
— Désolé, mais plus maintenant ! Tu lui as présenté des excuses, et devant témoin en plus. Tout le monde sait les difficultés que tu traverses depuis ton retour. Ce n'est tout de même pas de ta faute si les Maisons du Zodiaque sont piégées et attendent leurs occupants au tournant. Ça aurait été bien d'ailleurs, si l'ordre divin avait pensé à régler ce problème plutôt que de s'en plaindre ! Sans compter la manière dont tu t'es sacrifié pour elle durant la Guerre Sainte. Sans toi, elle n'aurait même pas été capable de comprendre. »
Horrifié par ses paroles qu'il s'attendait à tout moment à voir se retourner contre Kanon, Shaka saisit le bras du Grec pour essayer de capter son attention. Il n'aurait jamais pensé que quelqu'un, autre qu'Aiolia en son temps, ou Shura maintenant, prît un jour sa défense avec tant de fougue. Cela le touchait énormément, et il regretta d'avoir méjugé le frère de Saga. Mais il n'osait pas imaginer les conséquences.
« Kanon », le supplia-t-il presque.
Mais telle une tempête déchaînée, l'ex-Dragon des Mers se contenta d'arracher son bras de son étreinte tout en fixant furieusement la jeune femme. Tous les deux se dévisagèrent sans ciller quelques secondes, et brusquement, un sourire satisfait vint éclairer les traits jusqu'à présent figés d'Athéna.
« Bien, je constate que face à l'adversité vous pourrez vous entendre, fit-elle d'un ton presque joyeux, en lâchant enfin le dossier de son siège pour le contourner et s'asseoir. Et même vous soutenir. Nous allons donc pouvoir réellement commencer.
— Vous jouiez la comédie ? l'apostropha Kanon, sincèrement scandalisé.
— Naturellement. Tu ne croyais tout de même pas que j'allais accepter de me séparer d'un de mes plus puissants gardiens à cause d'une pacotille ? Sinon, il y a longtemps que tu serais toi-même huit pieds sous terre, termina-t-elle en lui lançant un regard mi-figue mi-raisin.
— Une pacotille, ne put s'empêcher de répéter en écho Shaka, qui décidément n'y comprenait plus rien.
— Je vous testais Shaka, reprit Athéna en retrouvant son sérieux. Tu ne le sais pas encore, mais ton étrange requête va nous servir pour essayer de contrer Hadès. C'est d'ailleurs Kanon qui a eu cette idée de génie, en nous faisant remarquer qu'à l'heure actuelle tout le Royaume Souterrain doit s'interroger sur le résultat de ta demande de scission. Du coup, j'aimerais que tu masques ce regain d'énergie positive que je perçois depuis mon retour. Sois terne. Médite en laissant croire que tu t'ennuies. Camoufle ta puissance lors de tes entraînements. Ne montre aucun enthousiasme lorsque l'on prononce mon nom. Consacre-toi à Shura plutôt qu'aux devoirs de ta charge.
— Pardon ?
— Tu m'as parfaitement comprise. Je veux que mon oncle ait vent d'un manque d'harmonie significatif perdurant au temple de la Vierge. Je le connais bien. D'une manière ou d'une autre il se débrouillera pour savoir ce que deviennent les renégats qu'il a punis. Mais il va également s'intéresser au reste de mes troupes. Et je tiens à ce que tu lui donnes doublement du grain à moudre. Pour notre plus grand profit. Seulement avant de le tromper, il fallait d'abord que je m'assure que Kanon et toi étiez en mesure de collaborer. »
Le second Gémeau jeta un regard du côté de la Vierge. Shaka avait refermé les yeux, mais son expression conservait un aspect chiffonné bien loin de refléter la paix intérieure. Apparemment insensible à ses errements et impatiente de voir les événements se mettre en place comme elle le souhaitait, Athéna poursuivit :
« Objectivement, rien ne vous rapproche. Or, si l'avenir vous obligeait à franchir ensemble le seuil du domaine d'Hadès, vous ne pourrez compter que l'un sur l'autre en cas de besoin. Il fallait que je m'assure que vous le feriez spontanément. Ma grossière intransigeance n'avait pas d'autre but et vous venez brillamment de passer l'épreuve en vous épaulant face à l'injustice de mes paroles. Je n'en attends pas moins de mes chevaliers… Vous faites vraiment la paire, vous savez. Si vous voyiez vos mines d'ahuris », acheva-t-elle en riant.
Vexés et solidaires, les deux chevaliers se blindèrent pour camoufler leur sentiments. À présent, ils comprenaient davantage pourquoi Shion, qui avec Dohko était celui qui la connaissait le mieux, qualifiait souvent Athéna de personne imprévisible et déconcertante. Elle venait de prendre avec eux un raccourci inattendu, qu'ils n'étaient pas vraiment certains d'apprécier. Néanmoins, elle leur offrait également un angle d'attaque inédit et potentiellement apte à tromper Hadès. Le calme revenant, Kanon prit conscience de l'irrévérence de son intervention précédente.
« Je suis désolé, s'excusa-t-il platement. Mes paroles ont dépassé ma pensée.
— Je sais que tu es désolé Kanon. Mais je doute que tes paroles aient dépassé ta pensée. Je te pardonne néanmoins d'autant plus facilement, que je te poussais moi-même à cette réaction. Mais entendons-nous bien, ce sera la première et la dernière fois que je tolérerai un tel écart de langage de ta part. Tu viens de me prouver que tu n'avais pas peur de moi. Tu ne redoutais pas non plus mon oncle Poséidon. S'il le faut, je suis maintenant certaine que tu sauras tenir tête à Hadès. »
Tout élan de colère effacé, Kanon se rassit à son tour. Une fois que l'on avait décrypté sa manière d'agir, Athéna était étonnante, et il constata qu'il éprouvait un réel plaisir à servir ce stratège roué. Malgré sa grande expérience, il venait de se faire manipuler comme un enfant. Reconnaissant sa défaite, il lui dédia un sourire sarcastique et appréciateur tandis qu'il se calait confortablement dans son fauteuil. Amusée et nullement fâchée par son audace, elle répondit en lui offrant un regard bienveillant. Ils s'étaient enfin compris.
Quand un peu plus tard Shaka et Kanon prirent congé, le rôle de la Vierge avait été clarifié et redéfini. Pour tous, le sixième gardien conservait son rang, mais pour l'immense majorité, il allait devoir s'astreindre à afficher l'attitude de doutes qui l'avait un moment détourné de ses vraies valeurs. Seuls les Ors seraient dans le secret. Tous les autres devaient s'interroger sur son manque de sérénité, et le croire toujours perdu au sein d'un brouillard d'incertitudes. Athéna était confiante. Tôt ou tard la nouvelle finirait par transpirer hors du Sanctuaire. Elle atteindrait alors les informateurs et les hommes de main qui travaillaient pour eux à extérieurs. Sur le nombre, il y en aurait bien un pour se rendre coupable d'une fuite.
Jamais Kanon n'avait vu quelqu'un d'aussi satisfait de reconnaître que la pyramide de son organisation souffrait peut-être de quelques défauts de sécurité. Et il se dit qu'il valait mieux jouer avec elle, que contre elle. Il ne savait pas encore comment il allait utiliser « la clé Shaka », mais indéniablement cette mission commençait à lui plaire. Quant à son collaborateur commis d'office, il acceptait cette tâche comme un juste retour des choses. Connaissant l'esprit pratique et le sérieux de la Vierge, Kanon ne fut pas surpris de le sentir artificiellement dérégler son humeur sitôt le bureau de Shion franchi. Et il se retint d'éclater de rire à la mine déconfite et inquiète de Shura qui se précipita vers lui.
Une fois seule, Athéna déploya l'amplitude de son cosmos sur l'ensemble du Sanctuaire, comme elle le faisait généralement lorsqu'elle s'accordait une escale terrestre. Elle aimait prendre le pouls des siens, réconforter et étendre discrètement sa protection sur les plus humbles, tandis qu'elle s'informait de manière détournée du moral et de la santé de ses troupes. Comme à l'accoutumée, elle laissa refluer son cosmos en survolant les douze temples et leurs locataires avec une tendresse particulière. Mais elle en retira une impression mitigée.
Après un retour à la vie de plus de quatre mois, les difficultés que rencontraient toujours Mü, Saga et Aphrodite la souciaient. Des trois, le Gémeau demeurait pourtant celui qui l'inquiétait le moins. Bien qu'il parût l'un des plus fragiles, elle prévoyait une embellie de son côté. Kanon l'épaulait avec la ferme détermination de le tirer de son marasme. Si Saga parvenait à comprendre le malentendu qui l'opposait à Mü, il se remettrait rapidement.
Une fois le problème du Gémeau réglé, Mü retrouverait à son tour sa quiétude. En partie tout au moins, car Athéna savait que la crise que traversait le Bélier ne serait pas totalement résolue pour autant. Le concernant, les entraves qui l'entraînaient vers le fond étaient doubles. Elles entraient également directement en résonnance avec la tristesse de Camus, et il était bien dommage que l'armure du Verseau se fût manifestée en versant des larmes devant lui
Le repli d'Aphrodite la tracassait davantage. Rien ne semblait avoir de prise sur sa mélancolie et elle redoutait qu'il ne s'enfonçât dans une dépression profonde. Il repoussait ses anciens amis, et il ignorait totalement la personne qui pourtant détenait la clé de sa reconstruction. Si rien n'avançait dans ce sens, il faudrait sans doute qu'elle se mêlât de sa vie privée. En attendant, elle se promit de garder un œil sur lui.
Mais le plus gênant séjournait incontestablement au huitième et au onzième temple. Milo irradiait à la fois de colère rentrée, d'inquiétude et d'une insensibilité endurcie. Le mélange de ces états contradictoires l'amorçait comme une bombe à retardement. Qu'il fût encore capable de ressentir de l'irritation, et surtout de l'angoisse pour Camus, ouvrait néanmoins la porte à un espoir. Mais Athéna se doutait que celui-ci volerait en éclat si le Français n'arrivait pas à se ressaisir. Et pour une raison qu'elle ne parvenait pas à déterminer, ce dernier se murait déjà littéralement derrière un écran de solitude. Elle s'attendait certes à son repli, mais elle ne songeait pas qu'il l'assaillirait si rapidement.
Elle était bien placée pour savoir ce que le Verseau avait perdu dans les limbes. La disparition de cet élément le positionnait pour affronter de plein fouet l'épreuve due à la dissonance de sa Maison. Mais elle avait pensé que son amnésie prolongée agirait comme une sorte d'anesthésiant, laissant un peu de temps au jeune homme avant que l'étau ne se resserrât. Or, c'était comme si tout s'était joué durant son incarcération. Les larmes de l'armure le suggéraient, ce qui lui déplaisait souverainement. Sur ce plan, sa nature divine n'avait malheureusement aucun moyen d'intervenir. Mais à défaut de régler le problème, elle allait au moins essayer d'y voir plus clair.
Dérogeant à ses obligations qui la rappelaient sur l'Olympe, elle s'accorda un moment pour convoquer Camus et Zoltan en fin de matinée. Voulant les mettre à l'aise, elle les reçut de manière informelle dans une petite pièce aménagée en salon. Mais elle comprit vite que converser à bâtons rompus avec le Verseau relevait de la gageure.
Installé sur le sofa faisant face à la méridienne où elle était assisse, celui-ci demeurait aussi rigide et inexpressif que s'il se fut trouvé sur son passage à une revue militaire. Lorsqu'elle l'interrogeait, il se contentait de répondre à ses questions par monosyllabes. Sans fuir son regard, il ne lui portait qu'une attention minimum. Elle le sentait pourtant tendu, et absorbé à verrouiller son cosmos au maximum.
Son armure ne lui ayant pas encore été rendue, il avait revêtu l'habit d'entraînement traditionnel. Elle constata qu'il avait maigri. Sa pâleur et son air fatigué n'indiquaient pas non plus une forme extraordinaire. Zoltan et lui partageaient le canapé, et elle nota qu'il essayait de se tenir le plus loin possible du Roumain. Mais elle ne parvint pas à déterminer s'il agissait ainsi sous le coup de son manque d'enthousiasme habituel pour les contacts physiques, ou d'une aversion particulière à l'encontre de son sauveur.
Nettement plus détendu, l'ancien condisciple de Milo se comportait de manière à la fois polie et ouverte. Il reconnaissait son erreur de jeunesse, et semblait regretter d'être demeuré silencieux et caché si longtemps. Il se disait doublement heureux d'avoir pu aider Camus tout en retrouvant une chance de réintégrer le Sanctuaire. Il ne demandait qu'à obtenir son pardon et il promettait de lui consacrer le reste de sa vie de manière dévouée. Athéna ne doutait pas de sa franchise, et pourtant, elle conservait une réserve prudente.
Son expérience millénaire lui avait appris que les hommes les plus fourbes pouvaient parfois se révéler les meilleurs serviteurs. Mais de celui-là, elle se défiait. Il y avait quelque chose d'infiniment trop détaché chez Camus lorsqu'il parlait de la façon dont Zoltan avait volé à son secours. Sans compter son comportement. Comme s'il s'interdisait d'écouter les mises au point de son sauveur, de manifester la moindre parcelle de reconnaissance ou toute autre réaction à son encontre. À moins que le mal qui menaçait d'engloutir le Verseau fût encore plus avancé qu'elle le craignait, et qu'il modifiât sa personnalité au-delà du masque imposé par sa fonction.
Avec agacement, Athéna dut admettre qu'elle était incapable de cerner précisément la nature du repli du Français. Tout comme Shion, elle se sentait impuissante. Néanmoins, elle partageait sa conviction que Camus mentait sur les conditions réelles de sa détention et les motivations de ses ennemis. Préoccupée, elle tenta à nouveau de lui arracher la vérité.
« Tu n'as rien remarqué qui puisse nous permettre d'identifier tes agresseurs ? demanda-t-elle, en captant son regard avec fermeté. Un accent ? Une expression locale ? Un objet singulier ? Un nom lâché par inadvertance ?
— Non. »
Une fois encore, il se contentait d'une réponse minimaliste.
« C'est étonnant, reprit-elle, sans dissimuler son sarcasme. Tes ravisseurs devaient être particulièrement doués. Tu es pourtant celui qui a reçu le meilleur enseignement pour repérer et exploiter le moindre détail. Et tu n'as rien relevé ? Je vais finir par croire qu'ils te droguaient à ton insu pour endormir ta vigilance. »
La réaction du Français fut infime, mais elle eut la nette impression que ses dernières paroles soulevaient une vague de désespoir chez lui. Un réflexe inattendu, qui n'alla pas sans l'inquiéter davantage. Si effectivement il suspectait qu'on l'avait manipulé de la sorte, il n'était en rien fautif. Il n'avait donc aucune raison de leur cacher cette éventualité. Alors pourquoi se taisait-il ? Radoucie et intriguée, elle poursuivit son interrogatoire à l'aveuglette.
« Et durant tout ce temps, ces deux hommes se sont contentés de te maintenir enfermé, sans rien te demander.
— Oui.
— Et ils ne t'ont fait aucun mal ? »
Elle le vit hésiter une fraction de seconde, avant que réglé comme un métronome, sa réponse ne tombât avec une concision énervante.
« Non. »
Sur ce point, il mentait effrontément. Shion l'avait informé qu'il suspectait fortement qu'on l'avait régulièrement soumis à la torture, et elle le constatait elle-même à quelques détails qu'il ne pouvait pas dissimuler. Étonnamment, il portait une tunique à manches longues, alors qu'il adoptait généralement une tenue qui découvrait ses bras pour circuler au Sanctuaire. Ses doigts écorchés et les ecchymoses présentes sur ses mains témoignaient de conditions plutôt rudes. Il s'était par ailleurs assis de façon trop rigide, comme si ses côtes le faisaient souffrir.
Qu'un chevalier fît preuve de fierté et décidât de supporter un minimum de contraintes sans se plaindre était une chose, qu'il nie tout en bloc en était une autre. Elle ne le quittait pas des yeux, mais son regard avait repris son aspect insondable.
« Camus, soupira-t-elle, en se laissant aller en arrière contre le dossier de son siège. C'est à n'y rien comprendre. À t'écouter, on croirait presque que tu as passé un moment de villégiature. »
À nouveau, elle eut la sensation qu'il se noyait intérieurement. Mais plus têtu qu'une mule, il ne répondit pas. Agacée par son mutisme, elle commençait sérieusement à perdre patience. Elle allait lui rappeler à qui il s'adressait par quelques paroles peu amènes, quand Zoltan choisit cet instant pour intervenir.
« Camus ne sait rien de ses agresseurs, car ceux-ci se montraient particulièrement discrets. Je ne suis tombé moi-même sur leur repère que par un heureux concours de circonstances. Ils ne m'ont malheureusement pas donné l'occasion de les interroger. C'étaient eux, ou moi. Mais je pense que ses gardiens devaient souvent le frapper. Et c'est tout à l'honneur de Camus de ne pas s'en plaindre », termina-t-il en coulant un regard faussement affecté du côté du Français.
L'éloquence du Roumain pour voler au secours de son frère d'armes fléchissait un peu la méfiance d'Athéna à son encontre, et elle le remercia d'un signe de tête.
« C'est exact ? demanda-t-elle au Verseau en captant de nouveau son regard.
— Oui, mais je n'ai rien enduré que ne peut supporter un chevalier à votre service, répondit-il sans se troubler.
— Pourquoi te frappaient-ils à ton avis ?
— Je n'en sais rien.
— Camus, s'il s'est passé quoi que ce soit d'autre, tu sais que je dois en être informée, insista-t-elle avec douceur.
— Non.
— Non ?
— Il ne s'est rien passé. »
Il mentait. Elle en était certaine, et cela lui déplaisait. Elle ne cherchait qu'à l'aider, mais il se butait dans son silence et ses mensonges. Eh bien soit. Puisqu'il semblait se complaire dans son malheur… De toute manière, elle n'avait pas la possibilité de lui accorder plus de temps qu'elle venait de lui en donner. Objectivement, il se passait exactement ce qu'elle craignait depuis le début. Camus était en train de se perdre. Elle l'avait peut-être déjà perdu. Ce qui lui arrivait la désolait sincèrement, mais s'il s'agissait bien de ce qu'elle redoutait, elle ne pouvait rien faire pour sauver son Verseau. Sur ce plan, la balle était à présent dans le camp de Milo.
Elle mit fin à l'entrevue avec la désagréable sensation d'avoir échoué. Abandonner le Français à son sort lui pesait. Elle aurait pu se raccrocher à l'illusion que le Roumain veillerait à sa place sur Camus, si le personnage ne lui avait pas laissé une impression aussi mitigée. Néanmoins, Camus ne semblait vouloir accepter d'aide de personne d'autre, et elle espérait se tromper.
Songeuse, elle regardait le lourd battant de la porte se refermer derrière les deux hommes, quand Saori se manifesta soudain dans un coin de sa tête. Perturbée par le désarroi de Camus qu'elle avait elle-même perçu, la jeune femme lui soumit une idée. Athéna l'écouta avec attention avant de soliloquer en poussant un petit gloussement soulagé
« Tu as parfaitement raison. J'aurais d'ailleurs dû y penser plus tôt. »
Le reste de la journée fut rondement mené. Comme à son habitude, Athéna ne s'embarrassa pas de convenances pour réintégrer l'Olympe, et Shion ne fut pas surpris de se retrouver brutalement en présence de Saori après une dernière réunion ménée tambour battant par la déesse. De son côté, l'héritière Kido se comporta en invitée charmante pour partager son repas. Puis, ils rejoignirent son bureau où s'entassait un nombre impressionnant de dossiers à traiter. Ils travaillèrent quelques heures à régler les plus urgents, avant que Saori ne prît congé.
La fondation Glaad était en pleine restructuration, et la jeune femme ne pouvait s'absenter plus d'une journée loin du Japon. Il avait été décidé qu'elle reprendrait l'avion dès le soir même. Son jet personnel l'attendait sur le tarmac spécialement aménagé pour elle sur l'île. Shiryu et Hyoga qui l'avaient accompagnée se tenaient déjà près de l'appareil. Faisant office de gardes privés depuis la chute d'Hadès, ils avaient profité de l'occasion pour venir rendre visite à Shun.
Hyoga espérait également rencontrer Camus. Mais après son entretien avec Athéna, le Français s'était fait si discret, que le jeune homme avait deviné qu'il ne serait pas le bienvenu dans son temple. Il ne s'en formalisait pas. Le retour récent du Verseau, joint aux difficultés qu'il semblait avoir dû affronter, expliquait à ses yeux son retrait. Ils auraient tout le temps de se retrouver un peu plus tard, lorsque son maître se sentirait mieux. Ainsi fut-il à la fois agréablement surpris et inquiété par la demande de Saori.
« Hyoga, j'aimerais que tu restes au Sanctuaire quelque temps. Tu connais la situation particulière des cinq renégats. Ils sont dans l'impossibilité d'agir hors de cette enceinte sans se retrouver en danger de mort et privés de leur cosmos. Hadès nous interdit ainsi d'utiliser cinq de nos armures les plus puissantes. Par chance, celle du Verseau semble t'accepter bien que tu ne lui sois pas destiné. En attendant que nous remédiions à la situation des chevaliers concernés, il serait bon qu'un porteur potentiel reste à proximité. Au cas où. »
Les arguments de la jeune femme étaient parfaitement recevables, mais le Cygne y décela une note de tristesse ennuyée plus personnelle.
« C'est la seule raison ? demanda-t-il, en rattrapant au vol le sac de Shiryu pour l'envoyer de la carlingue.
— Non, admit-elle avec un sourire navré. En fait, Camus m'inquiète. Il semble avoir davantage souffert entre les mains de ses geôliers qu'il veut bien le reconnaître. Et je suis intimement persuadée qu'il nous cache quelque chose. Indirectement, tu pourrais veiller sur lui. C'est aussi le souhait d'Athéna. Elle est également persuadée qu'il ne nous a pas tout dit, et elle craint que ses cachotteries ne l'aident pas à se remettre.
— Je m'acquitterai de cette mission avec un réel plaisir. Pour vous servir, et aussi parce que Camus est une personne qui m'est chère. Mais j'ai peur de rencontrer quelques difficultés. Il n'a jamais été très facile à pister, et encore moins à observer. S'il se terre, je doute de pouvoir vous être d'une grande utilité.
— C'est pourquoi tu vas t'installer directement au temple du Verseau, répondit Saori, qui avait tout planifié avec Athéna. Shion est au courant et il ne lui donnera pas le choix.
— S'il a des soupçons, il va mal le prendre, constata le Russe avec souci.
— Ne t'inquiète pas. En fait, je crois qu'il ne s'apercevra de rien. Il est comme ailleurs en ce moment, et cela ne lui ressemble pas du tout. À toi de découvrir ce qui le perturbe à ce point. Je crois que tu es le mieux placé pour cela. Et n'hésite pas à me contacter en cas de problème. J'apprécie beaucoup Camus, et malgré les apparences, Athéna se préoccupe aussi énormément de lui. »
Sur ces mots, elle laissa derrière elle un Cygne franchement alarmé, mais sur lequel elle savait pouvoir compter.
Note de fin : Première publication octobre 2010 - Chapitre modifié en avril 2015 (Outre les changements de syntaxe et de vocabulaire, le chapitre contient 953 mots de plus).
