Chapitre 13 - Tuer pour sauver

Les bruits de pas approchaient rapidement jusqu'à totalement envahir le couloir dans lequel se trouvaient André et Sarah avant de finalement ne plus se faire entendre. André avait juste eu le temps de se relever avec un peu de difficultés causées par son précédent combat et de se retourner une fois debout pour voir trois personnes qu'il avait eu le temps de bien connaître depuis qu'il était dans ce lycée : trois profs. Le lycéen serrait sa batte dans sa main en reculant d'un pas tandis que Sarah était figée sur place toujours pas remise de ce qu'elle venait de faire et en plus de ça, elle avait deux profs de son côté.

-Monsieurs... Walker et Larsen... Lâcha Sarah.

-Qu'est-ce que vous foutez ? Demanda André en se tournant légèrement pour voir les deux profs tout en gardant un œil sur les trois devant lui.

-Oh mon dieu... S'écria Madame Buck, l'une des trois face à André en se laissant tomber à genoux. Ils ont tué Sullis...

-Il est pas encore mort. Et j'ai pas vraiment eu le choix. Répondit immédiatement André comme pour prendre la responsabilité.

-Petit bâtard... S'exclama Monsieur Hale, encore un face à André. Je vais te crever !

-Ça suffit, Hale ! Ordonna Monsieur Larsen pour arrêter son collègue alors qu'il s'approchait d'un pas lent du corps agonisant de Sullis.

Sans rien dire, Larsen passait tranquillement à côté des élèves sans leur adresser le moindre regard avant de s'accroupir une fois en face de Sullis comme pour observer les dégats par ses yeux analysant rapidement le corps. En quelques secondes, Larsen avait identifié la blessure à la cheville de Sullis ainsi que sa plaie béante prenant tout son flanc droit qu'il vint écarter lentement à l'aide de ses deux mains sous les regards surpris d'André et Sarah ainsi que les gémissements de douleur que lâchait Sullis toujours conscient.

-C'est fascinant... Lâcha Larsen à lui même alors qu'il continuait d'analyser la profondeur de la blessure sans se soucier de la douleur de son collègue. Comment vous avez fait ?

-Il a baissé sa garde, alors j'ai pas eu de mal à retourner son arme contre lui. Répondit André en tentant de garder son sang-froid.

-Et tu n'as même pas pris le temps de l'achever... Rétorqua Larsen en se relevant lentement alors qu'un sourire était visible au coin de ses lèvres. Comme c'est cruel.

-Je dois avouer que dans la panique je pensais qu'à m'enfuir avec Sarah une fois qu'on l'aurait repoussé. Avoua André en fixant Larsen sans pour autant ignorer les autres professeurs.

-Personne ne va vous blâmer pour ceci, pas d'inquiétude, André. Affirma Larsen d'un calme glacial.

-Pourtant Hale avait l'air de le faire. Enchaîna André en s'avançant de quelques pas avant de s'abaisser dans le but d'attraper sa batte au cas où il devrait s'en servir.

-Hale est un idiot. Déclara Larsen en observant chacun des mouvements d'André. Il n'a pas compris le moindre de nos objectifs.

-Vos objectifs ? Demanda André. Ça va au delà du meurtre ?

-Survivre. Confirma Larsen. Et ça ne se fait pas sans sacrifices.

-Qu'est-ce que vous voulez dire ? Demanda Sarah à son tour en s'approchant d'André.

-Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais cette nuit c'est l'enfer. Expliqua Larsen. Et dans ce genre de situation, les humains sont aussi dangereux que les monstres, voire pire.

-Alors pour briser la barrière de l'imprévisible, on bute tous les élèves. S'exclama Hale. La jeunesse est instable.

-C'est aussi un défouloir. Continua Larsen. On vous a supporté toutes ces années et peu importe la façon dont les choses se termineront, tout ça passera pour de la légitime défense.

-Bande de tarés... Soupira Sarah.

-Et les autres profs ? Demanda André.

-On en a tué quelques un. Répondit immédiatement Madame Johnson, la troisième prof du groupe qui se trouvait face à André. Les autres se sont sûrement fait tuer par les monstres.

-Tué ? S'exclama André. Je pensais que vous vouliez juste tuer les élèves.

-C'est une question de survie. Expliqua Larsen. Nos collègues en désaccord avec nos idées auraient pu être dangereux. Soit vous êtes avec nous, soit contre nous, tu peux bien comprendre ça, n'est-ce pas, André ?

-Et pourquoi on perd notre temps à leur raconter tout ça ? S'écria Walker.

-Sullis sera bientôt mort. Lâcha Larsen en tâtant le corps de ce dernier avec son pied pour vérifier qu'il était encore en vie. On perd de l'effectif et André semble tout désigné pour le remplacer.

-Ne comptez pas sur moi pour tuer gratuitement. Ordonna André.

-Pourtant tu l'as déjà fait. Affirma Larsen en posant son regard sur Sullis, toujours au sol alors que ses tremblements incessants s'étaient finalement stoppés, celui-ci ayant fini par perdre la vie.

En voyant le corps sans vie de Sullis, Sarah eu un mouvement de recul, ses yeux écarquillés étaient rivés sur le cadavre du professeur alors que l'étudiante amenait ses deux mains devant sa bouche en même temps qu'un spasme trahissant un haut-le-cœur venait envahir son corps. Ça n'avait rien à voir avec la mort d'Eva, autant dans le contexte que dans la façon, elle venait clairement d'assassiner un homme en le laissant se vider de son sang, et bien que c'était pour sauver son ami, elle n'allait probablement jamais s'en remettre. Sa respiration devenait plus forte et accompagnéé d'une nausée avant que la femme ne soit ramenée à la réalité d'une façon brutale. Sans être trahi par le bruit de ses pas, Monsieur Walker s'était avancé derrière Sarah pour l'agripper par les cheveux et la relever brutalement de cette manière, puis avant qu'elle ne fasse le moindre mouvement après un léger cri de douleur ayant attiré l'attention d'André, un second bruit bien plus menaçant se fit entendre juste à côté de l'oreille de Sarah, ce qui la figea totalement. Walker pointait un revolver à quelques centimètres de la tempe de l'élève et venait d'amorcer le chien, un simple appui sur la détente et sa vie partirait en même temps que la balle.

-On a assez perdu de temps avec eux. Cria Walker alors que le canon de l'arme restait tendus vers le crâne de Sarah.

-Tu as entièrement cherché ce qui va arriver, André. Annonça Larsen d'une voix calme.

La tension venait de grimper subitement, il n'y avait pas de temps pour les négociations et André le savait parfaitement. Peut-être qu'il aurait du jouer le jeu pour éviter de se mettre dans ce danger prévisible, mais dans l'action l'idée ne lui avait pas traversée l'esprit et maintenant la vie de Sarah était menacée. Des dizaines de possibilités et situations traversaient son esprit en moins d'une seconde mais il connaissait déjà la seule façon de sauver Sarah, peu importe ce qu'il allait dire, Walker allait tirer alors parler était inutile, André devait agir immédiatement alors sans la moindre hésitation fatidique, il fit un rapide mouvement de son bras pour envoyer sa batte dans un mouvement horizontal en direction du visage du professeur à une vitesse fulgurante. Le bras d'André tremblait sous la puissance de l'impact alors que le corps de Walker se fit projeter violement sur le côté avant de finir sa chute contre un mur tout en lâchant son arme. Le coup l'avait probablement plongé dans l'inconscience et l'avait peut-être même tué mais avant que quiconque ne réagisse, André s'abaissa pour prendre le révolver qui venait d'heurter le sol puis se redressa pour tirer immédiatement. La main dominante de l'étudiant était occupé par la batte, alors sa précision laissait à désirer mais André se débarassa de ce problème en tirant quatre fois d'affilé.

Dans un bruit assourdissant, la première balle heurta le bassin de Walker en déchirant un léger lambeau de sa cuisse à cause de sa position assise contre le mur. La deuxième balle se logea dans son torse, ratant de peu le cœur mais avec une arme à feu chaque zone représente un point vital et la balle venait de perforer le poumon du professeur. La troisième balle traversa son épaule tandis que la dernière se perça facilement un chemin dans le cou de Walker. Avec la puissance de l'arme, chacun des tirs d'André avaient secoué le corps du professeur qui arrêta de bouger après le quatrième tir, fixant uniquement André d'un regard vide caché par ses lunettes de soleil alors qu'il baignait dans son propre sang répandu sur le sol et étalé sur une partie du mur, le dernier signe de vie du professeur résidait dans ses quelques gémissements d'agonie avant que chacun de ses muscles ne se détende.

Après les quatre coups de feu, un calme presque effrayant envahissait le couloir. D'abord John, puis Sullis, et c'est maintenant le corps de Walker qui jonchait au sol, à moitié soutenu par le mur derrière lui sans donner le moindre signe de vie. Personne n'osait lâcher un mot, pas même André qui tentait de garder son sang-froid face à son premier meutre malgré une envie de vomir difficilement soutenable, une seule inattention et lui et Sarah mourraient. Mais malgré le dégoût envers lui même, il n'était pas près de s'arrêter, Larsen considérait ses alliés comme du bétail et ce groupe n'aurait donc aucun mal à remplacer leurs pertes. Serrant alors sa batte et le revolver désormais à lui dans ses mains, André pivota légèrement le haut de son corps pour fixer Larsen ainsi que les trois autres professeurs dans son champ de vision d'un regard glacial les désignant clairement comme ses prochaines victimes. L'étudiant savait parfaitement qu'il ne s'en remettrait certainement jamais, mais si personne ne les arrêtait, ils n'allaient pas arrêter leurs meurtres alors la seule option était de tous les tuer.