Chapitre 5 : Retour à l'hôpital

"- Amy ouvre les yeux, appela le renard ! C'est Tails tu m'entends ?

- Amy réponds, imita le hérisson ! Rien à faire."

Une femme raton-laveur grise et blanche aux yeux bleus descendit du véhicule, horrifiée par son acte.

"Oh mon dieu qu'est-ce que j'ai fait !"

Elle ne perdit pourtant pas l'esprit une seule seconde. Elle retourna dans sa voiture prendre son téléphone dans son sac à main, une couverture de survie et une trousse de secours dans la boite à gant. Elle s'agenouilla face au corps d'Amy.

"- Tenez couvrez-la avec la couverture et essayez d'arrêter le sang mais ne bougez pas sa tête. Je préviens les secours.

- Merci madame, répondit le renard."

Pendant que Tails sortait la couverture de son emballage et Shadow fouillait dans la trousse, elle composa le numéro des urgences. Une voix masculine sortit de l'appareil porté à son oreille.

"- Hôpital de Mobius bonjour.

- Oui je viens de renverser une jeune fille, dit-elle la voix tremblante !

- Comment est-ce arrivé ?

- Je roulais normalement quand elle a déboulé de nulle part comme si elle était poursuivie par quelque chose ou quelqu'un ! Elle a traversé sans me voir et je n'ai pas pu l'éviter ! Elle est blessée et ne bouge plus !

- Calmez-vous madame je vous envoie immédiatement une équipe sur place ! Où êtes-vous ?

- Au centre ville dans la rue commerciale de mode.

- Très bien. En attendant couvrez-là avec ce qui peut vous servir de couverture.

- C'est ce que je viens de faire.

- Parfait. A-t-elle des blessures superficielles ?

- En effet sa tête s'est ouverte en se cognant contre le pare brise.

- Faîtes-lui un garrot avec ce que vous pouvez pour arrêter le sang mais ne bougez surtout pas sa tête.

- Merci beaucoup."

Elle raccrocha et prit la main glacée de la hérissonne en espérant trouver un signe de vie. Pendant l'appel, Shadow avait trouvé un bandage mais arrêter le sang avec ne suffira pas. En voyant un paquet de mouchoir, une idée l'éclaira. Il leva le derrière de sa chevelure tâchée de sang. Une plaie profonde et épaisse de plusieurs centimètres apparut. Il nettoya la blessure avec du coton imbibé de désinfectant. Il en répartit du propre sous forme d'une ligne sur toute la longueur de l'ouverture. Il recouvrit le tout de plusieurs mouchoirs superposés. Il enroula ensuite délicatement le bandage autour de sa tête en prenant soin de ne pas la bouger. Même si le bandage fut tâché par le sang sur les cheveux d'Amy, toute cette couche épaisse l'empêcha d'en perdre plus.

La sirène du camion d'ambulance retentit bientôt. Le véhicule s'arrêta face à la voiture. Plusieurs personnes en blouse blanche sortirent par l'arrière en traînant un brancard roulant surmonté d'une civière. Arrivés près du corps de la blessée, ils diminuèrent la taille du support. Une secouriste maintenait la tête pendant qu'une autre faisait glisser la civière par-dessous la hérissonne de façon à placer sa tête dans l'immobilisateur. Tous deux soulevèrent ensuite la civière pour la replacer sur le brancard. Ils lui rendirent sa taille initiale et l'emmenèrent dans le camion, suivit de ses deux amis.

"- Peut-on venir avec vous, demanda Tails ?

- Qui êtes vous, leur demanda une secouriste ? Vous la connaissez ?

- Nous sommes ses amis, expliqua Shadow. On a vu ce qui s'est passé.

- Dans ce cas montez. Votre témoignage nous sera d'une aide précieuse pour comprendre les causes de cet accident. Nous mettrons en place une cellule de crise pour les témoins et la conductrice."

Ils montèrent s'asseoir près du brancard. Les portes arrières claquèrent, le véhicule démarra. Deux secouristes tentaient de réanimer la hérissonne. Elles couvrirent son buste avec la couverture avant de défaire par-dessous son corsage et son soutien-gorge. Pendant que l'une lui mettait un masque respiratoire sur le visage, l'autre alluma un défibrillateur dont elle deux autocollants reliés à l'appareil sur le thorax. La conductrice resta les yeux rivés sur la hérissonne. Tails s'occupa de la réconforter.

"- Je vous assure que je ne voulais pas, sanglota la pauvre femme ! Elle est arrivée en courant sans regarder autour d'elle ! Je ne l'avais pas vue arriver !

- On sait madame, on a tout vu, rassura Shadow. Vous n'avez pas vu quelqu'un qui aurait pu la poursuivre comme vous l'avez dit ?

- Non je n'ai vu personne, dit-elle après avoir pris une profonde inspiration. Son poursuivant a dû prendre la fuite en ayant peur de se faire accuser pour ce qui venait de se passer.

- Peu importe, dit Tails. Le plus important maintenant c'est Amy."

Ils regardèrent alors désespérément son corps remuer à chaque décharge reçue sans résultat. Enfin elle ouvrit les yeux. Des gémissements l'envahirent, elle se débattait. Une des infirmières tapota contre le carreau les séparant de la cabine du conducteur.

"Elle vient de se réveiller ! Ne perdons pas de temps !"

La vitesse du véhicule augmenta. L'infirmière se tourna vers les deux mâles.

"Messieurs venez près d'elle. Vous voir pourrait l'aider à s'apaiser."

Tous deux s'approchèrent pour lui serrer chacun une main.

"- Amy c'est Tails et Shadow, lui dit le renard ! Ça va aller on t'emmène à l'hôpital.

- Tiens bon, encouragea le hérisson ! Respire doucement et arrête de bouger. Tu te fais du mal pour rien. Fais comme moi, inspire et expire...Voilà c'est bien continue."

Même si elle venait de reconnaître ses amis, elle n'arrêtait pas de trembler. Elle pouvait à peine dire un mot. On aurait dit qu'elle était dans un état second. Elle réussit à garder la bouche ouverte pendant plusieurs secondes. De faible syllabes en sortirent.

"- Sc...Scour...ge.

- Comment, demanda Tails ? Pardon mais on ne comprend pas ce que tu dis.

- Scourge."

Elle perdit de nouveau connaissance.

"- Qu'est-ce qui lui arrive, s'inquiéta Shadow ?

- Rassurez-vous nous ne sommes pas en train de la perdre. Sa respiration est normale et les battements de son cœur sont réguliers.

- Ouf elle ne refait pas un arrêt cardiaque, souffla Tails !

- Un arrêt cardiaque ?

- Elle s'est retrouvée dans le même hôpital il y a deux ans pour cet accident, expliqua Shadow. On l'a ensuite envoyée en foyer pour qu'elle s'en remette.

- Bien nous arrivons bientôt. Je sais que ça va vous paraître difficile mais nous allons devoir vous demander de rester en salle d'attente le temps que nous nous occupons d'elle.

- Bien sûr, accepta le renard. En attendant on va prévenir les autres."

Enfin ils arrivèrent à l'hôpital. Pendant qu'Amy fut emmenée en salle d'opération, les garçons attendirent dans la salle d'attente. La conductrice fut emmenée près d'un médecin pour vérifier qu'elle-même n'était pas blessée. Bientôt les garçons furent rejoints par Rouge. La chauve-souris était très essoufflée.

"- C'est quoi encore cette histoire d'accident ? On en veut vraiment à sa vie à ce que je vois !

- Elle a été poursuivie selon la conductrice, la calma Shadow ! D'après elle, Amy courait comme si quelqu'un était derrière elle mais on n'a vu personne.

- Le lâche a dû prendre la fuite, grommela la jeune femme. Vous avez prévenu les autres ?

- Personne d'autre que toi n'a répondu, répondit Tails. Mais on leur a laissé un message comme quoi Amy s'est faite renversée et est de nouveau à l'hôpital. En entendant ça ils vont se dépêcher de venir.

- Et après l'accident ?

- Elle s'est réveillée délirante en chemin, répondit Shadow.

- Et elle a prononcé deux fois "Scourge".

- Scourge ? C'est qui ça ?

- On l'ignore mais en cherchant on finira bien par trouver, dit Tails."

Une renarde mauve aux yeux oranges vint au même moment à leur rencontre.

"- Alors, demanda Rouge ?

- Elle est maintenant dans le coma. Nous avons recousu sa plaie et nous l'avons installée dans une chambre. Suivez-moi."

Ils la suivirent dans le couloir jusqu'à une chambre. La hérissonne était étendue les bras le long du corps sur un lit, toujours le masque sur le visage. Un bandeau propre lui entourait la tête. Deux infirmières terminaient d'installer le matériel. L'une était une louve blanche aux yeux rouges et l'autre une lapine noire aux yeux violets. La tenue vestimentaire d'Amy dégoûta ses amis. Une chemise recouvrait seulement le devant de son corps. Ils pouvaient voir très clairement le tissu tomber sur le bord du matelas sans couvrir son dos. Ses épaules n'étaient même pas couvertes comparé à la dernière fois où elle s'est retrouvée ici. Un simple drap très fin la couvrait.

"- Non mais oh c'est quoi ce cirque, protesta Tails ! Vous vous fichez de nous ?

- Et bien quoi, demanda la lapine surprise ?

- C'est quoi cette tenue, s'énerva Shadow ? Vous n'allez quand même pas laisser des hommes venir fantasmer sur elle ? C'est pas un jouet !

- Ce détail ne vous concerne pas messieurs alors calmez-vous, rétorqua la louve !

- Non on se calmera pas tant que vous ne lui aurez pas mis un truc plus correct, continua Rouge ! C'est pas une maison close ici ! D'abord elle portait un truc plus convenable la dernière fois !

- Ne vous y mettez pas aussi madame ! Vous êtes dans un service public, nous savons ce que nous faisons maintenant veuillez sortir s'il vous plaît !

- C'est ça, se moqua la chauve-souris ! Quand on dira que vous transformez vos patientes en pouffes vous ferez moins les malignes !

- Maintenant laissez-nous travailler !"

Elles leur fermèrent la porte au nez en lançant des propos dont ils avaient la chance de ne pas entendre. Ils allèrent s'asseoir dans des sièges fixés au mur quelques mètres plus loin.

"- C'est vous d'abord les pouffes ici, cria le renard !

- Tails c'est bon, calma Shadow ! N'en rajoute pas toi aussi !

- Et puis comment crois-tu qu'ils l'ont réanimée il y a deux ans, se moqua Rouge ?

- Tu comptes nous le dire, hésita Tails ?

- Comme ils ont dû le faire y a quelques minutes, ils ont dû la déshabiller.

- Tu te fiches de nous là, interrogea le hérisson ?

- Pas pour la tripoter enfin ! Ils sont pas idiots à ce point ! Ils ont même dû demander à des femmes de le faire, enfin j'espère vu comment elles l'ont fringuée. Imaginez sa tête si elle avez appris que des hommes avaient fait ça. Et puis en arrêt cardiaque n'importe quel vêtement serré risque de faire empirer la situation. Pareil pour le défibrillateur. Les ondes peuvent être affaiblies par la matière d'un tissu. Le temps qu'ils en obtiennent assez pour la réveiller, le pire aurait pu arriver. Alors respectez ceux qui travaillent ici quand même. C'est grâce à eux qu'elle est toujours là.

- T'as participé aussi je te signale, rappela le renard.

- Zut !"

La renarde les ayant accompagnés sortit alors de la chambre et se dirigea vers eux. Ils se levèrent pour s'excuser de leur comportement. Elle les arrêta d'un signe de la main en comprenant leur intention.

"- Veuillez excuser mes collègues pour ça. Je leur avais dit que c'était une très mauvaise idée de l'habiller pour ne pas cacher sa beauté comme elles l'ont dit. Elles sont têtues. Néanmoins cet accident est le plus bizarre auquel nous avons été confrontés.

- C'est à dire, demanda le hérisson ?

- Votre amie n'a eu aucune blessure mis à part sa plaie à la tête.

- Et bien c'est une bonne chose, dit Tails.

- Oui et non. D'habitude les victimes de ce genre d'accident portent de multiples fractures en plus de blessures superficielles, voire un traumatisme crânien en fonction de la violence du choc. Hors votre amie n'en portait aucune mis à part sa plaie à la tête. On aurait dit qu'un bouclier invisible a protégé son corps à partir du cou. De plus les victimes d'arrêt cardiaque ne reprennent jamais connaissance en une nuit.

- Vous essayez de nous faire croire qu'elle est la cible d'un fantôme ou d'une présence démoniaque qui cherche à l'avoir fraîche pour la torturer, demanda Rouge ?

- Les causes paranormales interviennent rarement dans ces accidents. Quoi qu'il en soit sachez que l'organisme de votre amie renferme peut-être des cellules mutantes qui rendent son corps résistant à divers traumatismes physiques. Nous pouvons nous tromper mais nous n'en sommes pas si sûrs. Se sont peut-être aussi les mêmes qui ont provoqué son augmentation de beauté en une nuit.

- Oh vous êtes au courant pour ça aussi, s'exclama Tails ?

- L'infirmière qui l'a encadrée pendant son séjour en foyer nous l'a signalé dans un rapport illustré de photos. Elle a passé une séance de scanner et de prises de sang pour en trouver mais les résultats se sont révélés négatifs. Dans le cas positif nous espérons seulement qu'elles ne nuiront pas à sa santé. Certaines cellules mutantes peuvent se révéler dangereuses pour la personne concernée. Mais nous ferons tout notre possible pour le découvrir. Si jamais vous avez du nouveau de votre côté et que vous êtes convaincu que la vie de votre amie sera épargnée, prévenez-nous et nous la laisserons tranquille. Soyez sûrs aussi que nous ne communiquerons pas ces résultats aux journaux. Nous savons les conséquences qu'ils pourraient entraîner.

- Merci madame, dit Shadow.

- Maintenant vous pouvez rester ou partir si vous le souhaitez. Mes collègues s'occupent d'elle."

Elle s'éloigna et les laissa pensifs. Toute cette histoire les a laissés perplexes. Il faut surtout s'assurer qu'elle ne se répandra pas en dehors de l'hôpital. Des scientifiques malveillants pourraient avoir l'idée d'utiliser Amy pour des recherches de médicaments. Tout le monde n'est pas aussi bienveillant que cette infirmière. Dans la chambre d'Amy, les deux infirmières restées faisaient le point sur ce qu'il pourrait manquer. Elles sursautèrent en entendant la porte s'ouvrir. Scourge le Hérisson se tenait sur le seuil, la joue gauche portant quelques coupures maintenant sèches. Il avait dû se cacher et suivre le camion d'ambulance pour retrouver Amy.

"- Bonjour monsieur pouvons-nous vous aider, demanda la louve ?

- Je suis venu pour elle, dit-il en regardant le lit où était Amy.

- Navrée mais vous n'avez pas le droit d'entrer, répondit la lapine. Elle doit se reposer.

- Peu importe, un garçon amoureux n'attend pas.

- Nous nous fichons de votre relation avec elle. Veuillez partir je vous pris.

- Pas avant de l'avoir vue.

- Et bien c'est fait, rétorqua la louve ! Vous n'êtes quand même pas aveugle de loin ?

- Ne me forcez pas à employer la manière forte, menaça l'intrus. Laissez-moi tranquille avec elle.

- Si vous continuez nous allons devoir appeler la police !

- Ce sont des menaces ?

- Ça suffit dehors, gronda la lapine !

- Je ne voulais pas en arriver là mais vous ne me laissez pas le choix."

En une fraction de secondes, il les attrapa par le bras et les jeta dans le couloir. Il referma la porte qu'il bloqua à l'aide d'une chaise. Puis son regard se tourna vers la belle hérissonne. La porte trembla sous les coups que donnaient les infirmières en ordonnant à Scourge de l'ouvrir. Il s'approcha du lit, un sourire et un regard remplis de mauvaises idées mais d'une passion dévorante. La porte ne bougea plus quelques secondes plus tard. Le doigt de sa main gauche parcourut ses boucles roses entourant son visage angélique. Il le descendit plus bas, effleurant le tissu cachant sa poitrine. Mais cela ne suffisait pas à apaiser son désir. Il glissa sa main sous le tissu à l'endroit où se trouvait la partie la plus intéressante de la gente féminine. La peau d'Amy était douce comme de la soie. Même entre la vie et la mort, elle ressemblait à une princesse. Sa princesse née pour unir sa vie à la sienne. Il se pencha sur le côté de sa tête

"Nous sommes seuls maintenant ma petite rose, lui susurra la bête dans l'oreille. Je ne te ferai rien de mal, je veux juste toucher tes lèvres."

En se redressant, il sortit sa main de sous sa chemise en prenant soin de ne pas la découvrir. Il voulait garder l'envie de la voir nue pour le jour où elle s'offrira à lui. Il lui ôta son masque pour conserver plus longtemps le souvenir de sa beauté. La pauvre se mit à délirer, elle avait du mal à respirer. Ses paupières tremblaient. Au moins elle aura la chance de ne pas subir en face ce funeste moment. Les paupières du hérisson se fermèrent, ses lèvres s'entrouvrirent. Sa main glissa sous l'épaisse chevelure rose et sa tête se pencha vers celle d'Amy. Elle sentit un baiser volé brûler ses lèvres. Quand sa faim passionnelle fut apaisée, le "vampire" détacha doucement ses lèvres de celles de sa victime aussi pure qu'une déesse. Il resta à la regarder chercher sa respiration, quand un énorme bruit retentit derrière lui. Rouge venait d'enfoncer la porte, suivie de Shadow et de Tails.

"- T'es qui toi et qu'est-ce que tu fais ici, s'énerva la chauve-souris ?

- Non mais t'es malade tu veux la tuer, s'écria Shadow ?"

Le hérisson noir se précipita sur l'assaillant. Il l'envoya se cogner la tête la première contre le mur d'un coup de poing. Puis il s'empressa de remettre le masque d'Amy en place. Scourge en profita pour ouvrir la fenêtre et sauter dehors.

"Tricheur, hurla Tails à la fenêtre ! Mauvais joueur !"