Un grand seigneur

Le peuple se pressaient sur les routes. Un peuple abîmé, fatigué, endeuillé qui les regardait traverser leurs terres en silence. Daenerys n'avait pas amené toute son armée et pourtant la faible portion qui traversait le Nord s'étendait sans fin aux yeux de ces paysans.

Même la ville portuaire de Blanc-Port ne ressemblait en rien à ce qu'elle avait connu. La ville était dispersée, le port était petit même s'il était le plus grand de ce royaume. Ce territoire était le plus austère qu'elle ait traversé. Elle ne laissait néanmoins rien paraître, elle n'allait pas oublier qu'elle était ici en campagne, venue revendiquer son titre et son peuple.

Elle cheminait à cheval aux côtés de Jon, elle avait passé presque tout le trajet près de lui. Ils discutaient doucement de leurs enfances, de leurs idées, de leurs combats.

La Reine était cependant gênée du regard de ces populations. Elle n'avait pas l'habitude de ce regard dur et quemandeur, elle avait provoqué bien des choses mais rarement cela.

Un homme accompagné de sa famille, une femme et deux enfants, se tenait sur le bord de la route. Ils étaient seuls sur cette portion. Il leva la main droite et s'avança de deux pas. Leur délégation ralentit le pas jusqu'à s'arrêter, tel que le fit Jon, devant cet homme. Ce dernier s'avança juste devant le seigneur.

— Êtes-vous le Roi du Nord, Jon Snow fils de Ned Stark, notre roi et seigneur ? questionna-t-il fortement.

— Je le suis. Qui le demande ?

— Je me nomme Levail, fils de Quisle, je suis propriétaire de ma terre et de mon moulin.

— Je t'écoute, parle-moi.

— Vous traversez nos terres avec une armée étrangère monseigneur, pourquoi?

— Une armée de terreur se deversera bientôt sur nous, ces gens sont là pour nous aider à y faire face, rien de plus.

— Encore une guerre monseigneur?

— Malheureusement, confirma sobrement le seigneur. L'homme échangea un regard avec sa femme restée sur le bord de la route.

— Mon fils et moi-même sommes prêts à prendre les armes en votre nom mais permettez-moi une dernière impertinence. Ce sera la dernière?

Le regard de Jon se rembrunit doucement. Daenerys luttait contre elle-même pour ne pas intervenir. Jon l'avait certes reconnu comme suzeraine mais il ne faudrait pas qu'il soit destitué entre temps.

— Je ne peux le garantir, malgré le fait que ce soit mon seul souhait.

L'homme hocha la tête, son regard était voilé et Jon sut que sa famille n'avait pas toujours était trois membres émaciés.

Levail porta la main à sa bourse et en sortit une pièce, il la présenta à son suzerain et la posa au sol. Il s'inclina et se déplaça pour laisser la délégation reprendre sa route. Après avoir répondu d'un hochement de tête aux salutations, Jon murmura à sa suzeraine :

— Que personne ne touche à cette piece.

Sans discuter, la Reine fit passer ses ordres dans le dialecte de ses troupes. Une fois éloignés, Jon prit le temps de lui expliquer cette coutume.

— C'est une représentation de la relation entre entre un suzerain et son vassal. Ce dernier met à la disposition de son chef tout ce qu'il a, en échange, le suzerain sert ses intérêts et ne le vole pas. Je ne pensais pas vivre un jour ce moment, souffla le roi fatigué et ahuri.

— C'est une magnifique coutume, affirma Ser Davos, et vous en êtes digne.

Daenerys échangea un regard avec sa main. Ils s'étaient beaucoup renseigné sur le Nord durant ce voyage malgré cela, ils voyaient bien que beaucoup de choses restaient presque incompréhensibles à ses yeux.

Ils continuèrent la route, cette fois en silence.


Bonjour, ce texte est un simple drabble qui date d'avant la dernière saison mais qui me plaisait bien. L'OS dont il est tiré n'a pas abouti mais j'espère qu'il vous a plu.

Bonne journée, Maneeya.