Miraculeusement, les gosses n'ont pas fait brûler la maison lorsque Loki revient. Ceci dit, à en croire quelques allusions et piques glissées ça et là, ce n'est pas faute d'avoir essayé.
L'Embrouilleur est partagé entre l'hilarité et la désapprobation – serait-il en train de mûrir, des fois ? Rien de tel que le tutorat pour vous contraindre à grandir mentalement.
Mimir l'accueille avec effusion – un brin de soulagement, aussi – avant de lui annoncer qu'il s'est retrouvé affligé d'un assistant/faire-valoir/pot-de-colle, répondant au doux sobriquet de Skrymir.
Dès que le morveux lui est présenté, Loki se sent une envie irrésistible de le renverser sur ses genoux pour lui flanquer une déculottée qui ferait honneur à Michel dans une de ses humeurs disciplinaires et Fenrir montre carrément les dents en grognant.
Ceci étant dit, tout merdeux qu'est le môme, il connaît son affaire : il est puissant, il est intelligent et il a une idée bien précise de ce qu'implique la charge de chef en dehors du prestige et de l'adulation des masses.
Ces temps-ci, il est souvent en charge des apprentis, vu que Bara passe son temps à réclamer Mimir pour tel ou tel problème, le sorcier se montrant d'une patience véritablement remarquable pour sa race et sa tendance à aller aux fonds des choses compliquant la tâche à quiconque essaie de l'embobiner.
Loki se fait relater tous les détails de cette ascension progressive, interroge Mimir sur ses projets et ses activités du moment, et plus il écoute, plus il sent la fierté l'envahir à l'idée que Jarnvidja a bien choisi le meilleur des successeurs.
Si seulement il pouvait le lui dire.
