En général, les visiteurs extraplanétaires préfèrent arriver directement à la cité de Bara – non, elle a un nom, maintenant, elle se nomme Utgard et mince, qu'est-ce que Loki s'est senti bizarre en entendant ça, pire encore qu'avec Loptr – vu qu'ils auront la garantie d'un lit bien garni de fourrures et d'un repas copieux à proximité.

Les Ases choisissent de descendre dans les plaines. On se demande bien si c'est du racisme envers les jötnar ou une soif d'aventure qui les motive. Personne ne s'intéresse davantage à la question, vu que ça nécessiterait d'approcher les visiteurs, et après ce qu'ils ont fait lors de leur première venue sur Jotunheim, c'est on ne peut plus compréhensible.

Quand le nom Asgard vient dans la conversation, l'ancien Archange ne peut s'empêcher de ressentir un frisson de malaise, et ça, c'est mauvais signe. Mine de rien, il a toujours été le plus doué de son chœur de quatre personnes en ce qui concernait les présages, l'intuition et les spéculations sur l'avenir.

(un foutu cadeau empoisonné, si on lui demande son avis, parce que ça sert à quoi de voir l'avenir si on ne peut pas le changer ?)

La terreur se loge dans ses tripes, y faisant une grosse boule, et refuse d'en bouger. Qu'est-ce qu'il peut faire ? Il ne va tout de même pas faire sauter une planète entière pour sauver celle sur laquelle il vit. Mais il sent la catastrophe planer à l'horizon, une tempête prête à se déchaîner, et il ne sait pas comment chasser les nuages.

(comme il n'a pas su lorsque le Paradis est tombé)

Il se couche la nuit en priant pour que l'orage n'éclate pas, ou alors que ce soit le plus tard possible.