Quand Bestla ne revient pas de son excursion d'une semaine dans les landes, personne ne se tracasse vraiment. Après tout, plusieurs de leurs enchanteurs se sont déjà laisser emballer par un projet au point d'en oublier le temps. Ils attendent donc.
Quand le deuxième mois commence et qu'elle n'est toujours pas revenue, là, on commence à se faire du mauvais sang.
Personne ne croit un seul instant qu'elle s'est fait embusquer et croquer par un vargr sauvage ou un bjorn en maraude – elle est trop bonne changepeau, elle se changerait en harfang et s'envolerait illico loin du danger – ou qu'un type quelconque lui a fait un mauvais sort – les ividjur ont gagné une réputation avec le temps, aucun jotunn de taille courante n'oserait lever la main sur un des leurs.
Non, il s'est passé quelque chose, et cette éventualité expédie tout le monde dans une frénésie de recherche. Surtout Mimir – c'est après tout de sa sœur qu'il s'agit.
(devant la panique et la terreur du géant, Gabriel ne peut s'empêcher de penser à ses propres frères et le remords l'envahit à la manière de la nausée)
A force de fouiller la région, ils parviennent à détecter des traces de magie. La magie d'un portail. Pas un portail de fabrication jotunn ou elfe ou encore naine. Non, ce portail-ci sent le cuir et le fruit trop mûr.
Ça empeste l'Asgardien. Les Asgardiens ont un rapport avec la disparition d'une ividja. Jotunheim, déjà irritée par l'attitude cavalière et méprisante de cette race blême et blonde, perd les derniers fragments de calme qui lui reste.
La guerre a enfin rattrapé Loki.
