Il fallait bien s'y attendre, la tentative de diplomatie échoue. De toutes façons, ce n'était pas comme si les Jötnar y avaient réellement mis du leur – Loki n'est pas idiot, il sent, il sait que ses congénères veulent faire couler du sang rouge sur le sol pour remettre les Asgardiens à leur place, ces Asgardiens qui ont à nouveau outragé leur peuple de manière horrifiante.
Parce que Bestla est une très belle fille, mine de rien, et que Bor est une brute qui prend ce qu'il veut quand il veut sans se soucier des protestations ni du bon droit. Que ce soit un objet brillant ou une femme superbe.
(Gabriel ne veut pas penser à ce qui est en train d'arriver à la pauvre Bestla, il ne peut pas, ce n'est pas quelque chose qui se fait chez les anges, jamais ses frères et sœurs n'auraient forcé quelqu'un, n'auraient ignoré le moindre non, même murmuré, comment Bor a-t-il pu)
La guerre, donc. Oh, les géants ont beau essayer de déguiser la chose, de prétendre qu'il s'agit seulement de sauver une pauvre fille de ses geôliers et de la rendre à sa famille, Loki n'est pas idiot, c'est d'abord et avant tout des têtes Asgardiennes qu'ils veulent monter en trophées sur les murs de leurs maisons.
Et le pire, c'est que tout le royaume veut ça. Les arguments de Loki contre la chose tombent dans des oreilles sourdes – et il ne peut pas arrêter l'avalanche, parce que son Père n'a jamais imposé qu'une seule limite à ses enfants dans leurs interactions avec les formes de vie mortelles et c'est l'incapacité d'interférer avec le libre-arbitre.
Les Jötnar ont fait leur choix. Le vin est tiré, le lit a été préparé, les dés viennent d'être lancés. Impossible d'enrayer l'engrenage infernal.
(quand il est invité à prendre part à la boucherie, Gabriel prend sa peau de harfang et court s'enfuir dans les bois. Personne ne vient le déranger)
