Loki n'aime pas tellement voyager vers les autres mondes. Principalement car le climat n'est pas souvent adapté à la morphologie d'un jotunn – il faut reconnaître, le climat de Jotunheim est un sacré extrême, bien sûr que pour s'adapter à autre chose, c'est un tout petit peu la croix et la bannière.

(en vérité, Gabriel supporte à la perfection tous les biomes possibles et imaginables, avantage d'être une entité désincarnée qui choisit simplement de piloter un corps comme d'autres choisissent leurs habits après s'être levé. Mais ça fait une bonne excuse, et il ne veut pas donner de raison de soupçonner qu'il pourrait ne pas être ce qu'il prétend)

(ça l'aide aussi à oublier qu'il est différent, qu'il ne sera jamais véritablement des leurs, mais tant qu'il fait attention aux petits détails, tant qu'il respecte parfaitement le script, alors peut-être que ça va aller)

Tout de même, il ouvre consciencieusement les oreilles quand il en est question – ça paie de se tenir informé, on évite les surprises désagréables. Ou du moins, on est préparé à s'en dépêtrer.

Apparemment, les explorateurs sont enfin tombés sur la Terre. Ou Midgard, comme ils ont décidé de l'appeler – la Terre du Milieu, parce qu'en matière de calculs de portail, ce n'est pas une destination qui exige des coordonnées extrêmes, plutôt méticuleusement équilibrées. Une anomalie au sein du Cosmos.

Loki se demande s'il ira jeter un coup d'œil. Au moins pour s'assurer que les géants ne vont pas trop se faire chambrer par les humains – lesquels doivent avoir évolué au-delà de la caverne et de la massue, depuis le temps.

Rien que pour voir.