Normalement, le temps est supposé diluer les ressentis, émotions et sentiments, bref toute cette cochonnerie influencée par les hormones qui assiège constamment votre cerveau pour l'empêcher de raisonner de manière logique et harmonieuse. Loki avait parié là-dessus pour régler la situation ou plutôt le problème avec Angrboda.
Le temps a bien passé, assez pour qu'il naisse un nouvel héritier dans la famille d'Ymir – c'est pas croyable, Loki a l'impression que ça n'arrête pas, il vient à peine d'envoyer un mot de félicitation qu'il faut déjà recommencer – assez pour que la ville dénommée Utgard devienne une véritable métropole toute en spires de glace et dômes de roches.
Angrboda persiste à troubler ses pensées, encore pire qu'au début.
Bien sûr, Fenrir n'aide pas, se bornant à lui conseiller de monter la donzelle pour calmer ses chaleurs – comme si c'était aussi simple que ça, ha.
(Luce et Mish n'en reviendraient pas de le voir hésiter de la sorte, voire carrément fuir devant une perspective d'intimité, il a toujours été tellement collant, tellement peu soucieux des limites et des convenances)
Des fois, il se demande s'il ne devrait pas suivre ce conseil. Ça fait si longtemps, après tout, peut-être qu'il est juste désespéré à ce point ?
D'un autre côté, s'il est prêt à recourir à ce genre de mesures, c'est vraiment pas bon signe pour la suite des événements.
(les anges ne ressentent pas du tout ou alors trop fort, jamais de demi-mesures, si bien que ça débouche souvent en catastrophes)
(il n'y a qu'à se remémorer la guerre civile pour voir quel type exact de catastrophe)
