Il le savait depuis le début, Angrboda lui en fait voir de toutes les couleurs. Et pas seulement le spectre habituel de l'arc-en-ciel, ça non : il est sûr qu'elle pousse aussi dans l'ultra-violet et l'infra-rouge.
C'est qu'elle est tellement… il n'arrive pas à saisir le mot exact. Ce n'est pas tout à fait énergétique, ce n'est pas non plus intense, ni même vivace, c'est…
Si vraiment, il doit la décrire, le seul qualificatif qu'il parvient à trouver n'est autre que vivante.
Angrboda est vivante, mais pas juste parce qu'elle respire et qu'elle a un cœur qui bat. C'est facile de remplir ces deux conditions, il n'est besoin que d'exister.
Pour être vivant, il faut de la passion, il faut de l'enthousiasme, il faut de la volonté. Pour être vivant, il faut se lancer à corps perdu dans l'entreprise.
(Gabriel se rappelle avoir été vivant, avant. Quand les anges ne s'étaient pas encore entre-tués, frère contre frère. Il fait de son mieux maintenant, mais il sent bien que l'étincelle s'est évaporée)
(peut-être bien que c'est à cause de ça qu'elle le fascine. Peut-être bien qu'il essaie de la récupérer, cette étincelle, de la seule manière qui lui soit encore accessible puisqu'il a perdu son propre chemin)
Elle est vivante. Elle l'étourdit. Elle l'éblouit.
