Chapitre 28 : Souvenirs et première soirée

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De retour chez Vanilla, les cinq mâles firent le point sur la situation avec les autres. Rouge et Blaze se portèrent volontaires pour les accompagner. Tous se donnèrent rendez-vous chez la lapine après avoir préparé le nécessaire. Eggman les rejoignit peu après avec des vivres pour deux semaines. Commença alors un long voyage.

Pendant ce temps à Mako, Scarlett avait eu la permission de Mephiles de faire visiter le château à la princesse. Elle lui montra plusieurs salles, dont la bibliothèque et la salle des fêtes. Dans la dernière se trouvait un magnifique piano à queue noir verni, entouré de pots de fleurs disposés sur les fenêtres. Les touches brillaient comme des pierres précieuses. Amy reconnut celui qu'elle avait vu plusieurs fois dans ses rêves.

"- Mon piano, je me souviens maintenant. C'est exactement comme dans mes rêves. Quand je m'ennuyais, je m'asseyais devant ce piano et je jouais de la musique. Tu m'écoutais attentivement nourrice, maman et papa aussi. Mais il était trop grand pour moi à l'époque, alors maman me prenait sur ses genoux.

- Oui, tu jouais de belles notes que je ne pouvais jamais oublier. Je regardais tes jolis petits doigts potelés et blancs parcourir les touches.

- Je peux m'en servir ?

- Bien sûr Amy, il t'appartient."

La hérissonne s'installa sur le petit banc recouvert de velours face au piano. Elle testa quelques touches. Le son était toujours aussi clair. Satisfaite, elle commença à jouer un air qu'elle connaissait par cœur. Scarlett l'écoutait très attentivement. C'était bien sa petite maîtresse qu'elle avait devant elle. Elle jouait exactement les mêmes notes qu'il y a seize ans. La louve regardait ses doigts d'or parcourir les touches blanches et noires. La princesse se mit à chanter de sa magnifique voix d'or. Elle chantait si bien qu'elle attira quelqu'un jusqu'à la porte entrouverte. C'était Mephiles qui a été attiré par son chant. Il regarda la belle hérissonne face au piano et ses doigts dorés dont sortait une mélodie tel un chant de sirène. Il attendit qu'elle termine son chant pour annoncer sa présence. Mais craignant de lui faire peur, il toqua à la porte. Amy sursauta en faisant une fausse note et se leva.

"- Scarlett, puis-je vous voir un instant s'il vous plaît ?

- Oui votre Altesse. Continue Amy, murmura la louve à sa maîtresse."

La princesse se rassit et obéit sans se soucier de Mephiles qui lui avait fait un peu peur. Mais comme il avait demandé sa nourrice, apparemment il ne lui voulait rien. Quand elle vit Scarlett revenir, elle se leva après s'être assuré que le prince était parti.

"- Que me veut Mephiles nourrice ? Je dois aller le voir ?

- Non ma chérie ne t'inquiète pas. Il voulait te dire que demain soir aura lieu un bal en ton honneur.

- Un bal en mon honneur ?

- Oui Amy, pour fêter ton retour. Tu sais quand tu es venue au monde, tes sujets et le peuple de Mako sont venus t'admirer. Après ta disparition, un mémorial a été dressé pour toi en ces lieux. Chaque année à l'anniversaire de ta naissance, le peuple venait déposer des fleurs pour honorer ta mémoire. Maintenant que tu es revenue, tous ces gens sont invités demain soir pour fêter ton retour.

- Je n'irai pas à ce bal.

- Écoute ma chérie. Je sais que tu ne veux pas voir Mephiles, encore moins après ce qu'il t'a fait et a l'intention de te faire. Mais si tu n'y vas pas tout le monde va se faire de mauvaises idées. Tu aimais tellement assister aux fêtes quand tu étais petite. Allez fais-le pour moi et pour tes parents.

- Très bien j'irai. J'accepte de faire un effort si Mephiles en fera autant.

- Allons on verra ça demain. Maintenant suis-moi, je vais te montrer quelque chose qui va te plaire."

La hérissonne suivit sa nourrice. Elle l'emmena dans les jardins du château jusqu'à un grand pré vert. Une belle licorne blanche broutait l'herbe, sa crinière et sa queue étincelantes d'étoiles. Ses sabots et sa corne étaient dorés comme le soleil. Amy reconnut la petite licorne qu'elle avait vue dans ses rêves.

"- Cette licorne t'appartient Amy. Son nom est...

- Saphira ma licorne ! Je m'amusais toujours avec elle. On était les meilleures amies du monde.

- En effet, je vous voyais toujours ensemble. Tu riais quand elle mangeait dans ta main et quand elle se frottait contre toi. Tu l'adorais et elle t'adorait. Saphira regarde qui est là !"

La licorne releva la tête et galopa vers les deux femmes. Elle reconnut sa maîtresse grâce à son odorat. A défaut de paroles, elle approcha sa tête de sa main pour se faire caresser.

"- Saphira ce que tu as grandi et ce que tu es devenue belle.

- Comme elle t'a reconnue je crois qu'elle te laissera monter sur son dos.

- Mais je ne sais pas si...

- Ne t'inquiète pas, tu as la permission d'aller te promener avec elle. Tant que tu ne t'éloignes pas trop et que tu seras de retour avant la nuit tu en as la droit. Mais surtout chaque fois que vous vous promènerez, promets-moi de rentrer avant la tombée de la nuit ou Mephiles te punira. Je ne sais pas comment il le fera et je ne veux surtout pas le savoir.

- Je te le promets nourrice."

Elle grimpa sur le dos de sa licorne en pliant bien sa robe pour ne pas la chiffonner. Une fois bien installée, Saphira se redressa et partit au trot. Sa cavalière se retourna et fit signe à la louve qui lui rendit son salut. Amy s'arrêta à la lisière du bois. Elle tenait à voir à quoi ressemblait sa prison dorée. Une belle caricature du château auquel rêvent les petites filles, sachant qu'elle y est contre son gré. Les murs étaient composés de magnifiques briques d'une belle couleur nacrée. Les parties composant le toit étaient recouvertes de tuiles d'un bleu turquoise. Chaque tour en forme de cône se terminaient par une pointe dorée. Des gardes ôtèrent au même instant des drapeaux noirs accrochés à ces pointes et les remplacèrent par des drapeaux roses. Sûrement une manière d'annoncer que la princesse disparue était de retour et le bal qui aura lieu le lendemain. Parmi les tours, le cône de la plus haute n'était pas bleu mais doré. C'est là que devait se trouver la chambre d'Amy. La vue qu'elle avait de sa chambre était justement très haute. Cette tour était au sens large sa prison dorée. Elle put presque regretter d'avoir sans cesse rêvé étant enfant d'être enfermée dans une tour en attendant son prince charmant. Sauf que le prince n'était pas du tout celui auquel elle s'attendait. Elle regarda les alentours du château. Un pont des mêmes briques enjambait un ruisseau se prolongeant jusqu'à une rivière au milieu d'un parc. Plusieurs voies s'ouvraient ensuite. L'une menait au bord de la rivière où nageaient des cygnes aussi blancs que l'ivoire, celui que la hérissonne empruntait vers la forêt et le dernier vers une route menant au village. Les deux rives de la rivière étaient couvertes de buissons de magnifiques fleurs dégageant un merveilleux festival de senteurs. La rive de gauche contournait le château pour déboucher sur un chemin de lampadaires plantés sur un bord des mêmes buissons. Amy continua son chemin vers le bois. Pas question de descendre au village et subirent les commentaires des villageois la félicitant pour ce maudit mariage. Cette promenade fut très agréable pour la princesse. Elle en oublia presque ses ennuis. Saphira la conduit à une petite colline où elle admira la mer et le soleil d'en haut. Une brise légère provoquée par les vagues venues frapper la falaise caressa son visage.

Bientôt le soleil prit une teinte pourprée. Il était temps pour Amy de rentrer au château.

"Allons Saphira, il est temps de rentrer."

La licorne comprit sa cavalière et fit demi-tour vers le château. Elle partit au galop, craignant qu'elle arrive au moment où le soleil se couche et que la hérissonne se fasse terriblement punir à cause d'elle. Elles arrivèrent à temps. Amy la ramena à l'écurie et lui apporta du foin. Elle lui souhaita une bonne nuit d'une douce caresse agrémentée d'un baiser sur les naseaux.

"Régale-toi Saphira. Dors bien et je viendrai te voir demain matin."

Elle rentra dans le hall du château malgré sa peur de devoir supporter Mephiles. Une servante vint l'accueillir et l'emmena dans sa chambre. Deux autres servantes les attendaient.

"- Bonsoir mesdames.

- Bonsoir votre Altesse. Nous vous attendions pour vous préparer pour votre dîner.

- Heu...c'est à dire ?

- Le prince Mephiles vous veut parfaite pour votre dîner en sa compagnie.

- Quoi ? Mais je croyais lui avoir dit que je ne voulais pas le revoir !

- Sachez que nous ne faisons que lui obéir.

- Pardonnez-moi, je sais que vous avez reçu des ordres.

- Vous allez commencer par prendre un bain. Vous devez aussi vous laver les cheveux que vous l'ayez déjà fait ou non. Nous devons les boucler et ce sera plus facile s'ils sont humides."

Pendant que deux d'entre elles déshabillèrent la hérissonne, l'une remplit la baignoire d'eau chaude. Elle sortit ensuite deux serviettes, une pour le corps et l'autre pour les cheveux. Une fois la baignoire pleine, elle coupa l'eau. Amy enjamba le bord, aidée d'une servante, et s'assit sans glisser. Les deux autres prirent chacune un gant qu'elles trempèrent et couvrirent de gel douche. La dernière trempa ses mains et versa une grosse noisette de shampoing. Elle prit la douchette et aspergea les cheveux d'Amy. Elle massa ses cheveux tandis que les deux autres savonnèrent son corps. La princesse se retrouva bientôt couverte de mousse et se fit rincer. Plus de traces de savon, elle se leva. Une des servantes enroula une serviette autour de ses cheveux et les autres autour de son corps. Elles prirent toutes les trois une autre serviette pour bien essuyer la hérissonne. Une fois complètement sèche, elles lui sortirent une tenue blanche de l'armoire. C'était une robe moulante à falbala, les manches longues horizontales avec un bord à volant et un grand décolleté en forme de cœur. Des chaussures à talons avec un nœud, des gants et une couronne de véritables roses de la même couleur pour accompagner la robe. Bien que cette tenue était magnifique, Amy la trouva affreuse.

"- Ah non ! Il n'est pas question que je porte une tenue de servante !

- Enfin votre Altesse, ce doit être un honneur pour vous de porter une tenue aussi ravissante et d'être en compagnie de ce prince.

- Un honneur ? Non un cauchemar ! J'aurais préféré être dans un cachot que de supporter cette immonde créature !

- Quelle honte de dire de telles sottises !

- Ce ne sont pas des sottises c'est la vérité ! Ne croyez pas me laver le cerveau avec vos sornettes !

- Maintenant essayez votre tenue.

- Jamais ! Plutôt mourir !

- Dans ce cas nous allons être obligées de vous la mettre de force.

- Je m'en moque ! Je suis une princesse et je refuse d'être vêtue comme une servante !"

Les trois femmes l'entourèrent pour lui arracher ses serviettes. Amy voulut se débattre mais inutile. Une lui tint les bras, l'autre lui mit sa robe et la dernière ses gants et ses chaussures. Amy commença à ôter une manche pour recevoir une gifle qui enflamma sa joue. Elle tomba à plat ventre sous la violence de ce châtiment corporel. Le hérissonne resta par terre sans bouger. Les larmes ne tardèrent pas à couler de ses yeux inexpressifs. Elle n'avait même plus la force d'émettre un gémissement. Une servante la releva par les bras. Sa collègue posa le tabouret pour que la première l'assoit. La troisième rapprocha le siège face à la coiffeuse. Amy se laissa faire en gardant une expression à la fois de honte et de tristesse. L'une la maquilla d'un fard à paupière argenté, d'un coup de blush et de mascara pour terminer par un rouge à lèvres carmin. L'autre boucla ses cheveux et la dernière lui mit sa couronne une fois sa coiffure terminée. Amy n'avait pas bougé d'un pouce. Elle fixait son reflet, honteuse de son accoutrement. Les servantes la trouvaient sublime et elle-même se trouvait affreuse.

"Maintenant il vous faut descendre votre Altesse. Le prince vous attend dans la salle des fêtes."

Amy obéit et se leva. Les servantes l'accompagnèrent jusqu'en bas des escaliers. Deux prirent la direction opposée et l'autre conduit Amy à la salle. Pendant ce temps, Mephiles attendait à cet endroit en regardant l'extérieur derrière une grande baie vitrée. Il portait la même cape et la même couronne que la veille. La salle comprenait une longue table recouverte d'une nappe blanche et entourée de sièges cloutés de velours bordeaux. Deux assiettes garnies, des couverts, deux verres et une grande carafe d'eau étaient posés. Des guirlandes de fleurs étaient accrochées partout et des vases remplis de grands bouquets posés sur les meubles. La décoration avait commencé. Dehors le soleil était couché, le ciel d'un superbe bleu foncé, les étoiles et la pleine lune scintillantes. Une porte s'ouvrit derrière le hérisson. Il se retourna et vit une de ses servantes entrer.

"Venez votre Altesse, n'ayez pas peur."

Elle tendit la main à la hérissonne qui l'accepta. Rassurée malgré le coup qu'elle avait reçu, elle pénétra la pièce, tripotant nerveusement ses mains. Mephiles jeta un regard d'amour fou sur elle de la tête aux pieds. Il a choisi la tenue parfaite pour aller à son corps de déesse. Sa robe dessinait parfaitement bien ses formes de rêves. Pourtant il remarqua son regard timide et triste.

"- Et bien pourquoi ce regard ? Tu devrais être heureuse de me voir.

- Pas après que l'une de tes servantes m'ait frappée, dit-elle d'une voix plaintive.

- Comment ? Je vous avais pourtant dit de bien la traiter, pas de la battre !

- Mais elle refusait de mettre sa robe !

- Ce n'est pas une raison pour la frapper ! Ça vous plairait à vous si vous étiez à sa place et qu'on vous frappait ?

- Non absolument pas !

- Bon bah alors respectez-là ! Je peux très bien vous jeter au cachot pour maltraitance sur personne royale ! Maintenant hors de ma vue et que je ne vous revois plus de la soirée ! Et dites-le à celles qui étaient avec vous ! Filez !"

Elle semblait avoir compris. Elle referma la porte et partit. Amy était très étonnée. Elle s'attendait à ce que Mephiles la prenne pour une menteuse et il l'a défendue. Enfin il la croit seulement quand on lui veut du mal, pas pour un refus d'amour. Le hérisson lui prit la main pour la baiser. Amy rougie comme une pivoine, mal à l'aise d'être seule en sa présence.

"- Pardon d'avoir laissé ces sorcières t'habiller. C'est la dernière fois que je leur demanderai de le faire, je te le promets. Après ça il est hors de question que je leur fasse confiance. Je les renverrai demain.

- Non ne les renvoie pas c'est ma faute ! Je me suis conduite comme une enfant gâtée. Elles ont eu raison, je refusais de porter ma robe et j'ai dit des horreurs à ton sujet.

- Ce n'était quand même pas une raison. Elles n'ont pas le droit de frapper une personne royale. Mais puisque tu le demandes, elles resteront. Maintenant installe-toi, tu dois être affamée."

Il lui prit la main et se dirigea vers la table. Il tira une chaise, l'invitant à s'asseoir. Il repoussa le siège au plus près de la table. Il s'assit juste à côté d'elle, à un bout de la table. Amy mit une serviette sur ses cuisses et commença à manger. Son plat était délicieux, les cuisinières sont très douées à Mako. Elle fit de son mieux pour ne pas croiser le regard de Mephiles. Le hérisson quant à lui ne cessait d'admirer ses bonnes manières. Ses yeux s'arrêtèrent souvent sur sa poitrine. Évidemment la robe la montrait le plus possible, le laissant se rincer l'œil à sa guise.

Son repas terminé, la hérissonne tendit le bras vers la carafe. Alors qu'elle s'en saisit, la main de Mephiles se posa en même temps sur la sienne. Son regard croisa le visage souriant du hérisson. Elle dégagea sa main en rougissant.

"- Je suis désolée je voulais juste...

- Ce n'est rien c'est moi qui suis impoli. Sers-toi."

La hérissonne prit la carafe et se versa deux verres d'eau. Elle reposa la carafe sur la table, laissant Mephiles se servir. Il se leva ensuite à côté de la chaise de la princesse. Il lui prit la main en la levant de son siège. Il la mena au milieu de la salle. De son autre main sur sa taille, il la rapprocha à son niveau. Amy se sentit obligée de poser sa main libre sur son épaule. Le prince la fit valser en guise d'entraînement pour la soirée du lendemain. Cette fois la hérissonne était très gênée et lui souriait nerveusement. Le hérisson prit ça pour un vrai sourire qu'il lui rendit. Mais il tournait tellement vite qu'Amy n'allait pas tarder à faire un malaise.

"Arrêtez j'ai la tête qui tourne !"

Le coupable s'arrêta immédiatement. Le maintient d'une main dans le dos empêcha Amy de s'évanouir.

"- Tout va bien ma princesse ?

- Je me sens pas très bien.

- Pardonne-moi, je serai moins brutal demain soir. Ça m'apprendra à te faire tourner ainsi."

Bien qu'il comprit son erreur, il en oublia encore que l'amour ne viendrait jamais du côté d'Amy. Il continua de l'admirer même si elle avait l'air drôle avec ses yeux s'ouvrant et se fermant malgré elle et son envie de vomir à la bouche.

"Tu es magnifique ma princesse. Enfin tu es à moi. Je ne laisserai plus rien nous séparer. Je te promets que tu seras heureuse avec moi."

Amy ne l'entendait pas, elle avait l'impression de s'endormir debout. Les yeux du prince se fermèrent et ses lèvres se rapprochèrent des siennes. Tout ce qu'elle sentit fut une main se glissant dans ses cheveux et l'autre saisissant son menton. Elle vit le visage flou du hérisson se rapprocher de plus en plus de son visage. Sa vision et son audition redevinrent nette en sentant quelque chose toucher ses lèvres. Mephiles venait de l'embrasser. Elle le repoussa brutalement en se libérant de son emprise.

"- NON !

- Tu n'aimes pas mes baisers ?

- Non je les déteste ! Ils sont dégoûtants !

- Dégoûtants quelle idée ! Tu devrais les aimer tout comme tu m'aimes.

- Tu es encore plus dégoûtant que tes baisers ! Il est hors de question que j'aime un hérisson dégoûtant et arrogant surtout si je n'éprouve rien pour lui !

- Bien sûr que si. Mon père me l'a dit lui-même. Toutes les femmes de mon peuple le disaient bien avant toi. Tu ne peux que ressentir la même chose.

- Alors pourquoi moi je dis le contraire ?

- Parce que tu es timide et tu refuses d'avouer que tu es folle de mon charme.

- Pas du tout, tu as tout faux ! Tu es aussi idiot et arrogant que Scourge !

- Scourge ? Qui est-ce ?

- Tu ne mérites même pas de le savoir ! Je vais me coucher ! Bonne nuit !"

Elle tourna les talons et fit quelques pas. Le hérisson la saisit par la main et la força à s'arrêter.

"- Non reste encore ! J'aime quand tu es avec moi. Viens donc dormir dans ma chambre.

- Pour que tu en profites et continues ton lavage de cerveau minable ? Pas question ! J'aimerais mieux passer la nuit dans un cachot que de passer une nuit dans la même pièce que toi ! Et par-dessus tout, me rouler dans la boue que de dormir dans le même lit que toi !

- Quel caractère ! Ne sois pas injuste comme ta mère enfin !"

Cette fois c'était la phrase de trop. Elle libéra sa main et écrasa son pied sur celui du prince. Le hérisson hurla et sautilla de douleur en tenant son pied.

"Laisse ma mère en paix là où elle est !"

Le prévenu s'arrête net, relâchant son membre douloureux. Il s'approcha d'Amy avec un regard qui lui glaça le sang. Effrayée, la princesse recula et s'arrêta quand il ne bougea plus.

"Allons sois raisonnable. Je t'aime mille fois plus que ce minus de Sonic. C'est moi qui doit être ton mari. Moi, le plus beau prince de Mobius et le plus beau de la lignée royale de Mako. Tu n'auras pas mieux avec ce rat bleu. Je suis même mille fois plus parfait que lui alors sois à moi. Je te rendrai heureuse."

La hérissonne versa des larmes et cacha son visage dans ses mains en sanglotant. Mephiles en resta béat mais sentit que quelque chose n'allait pas. Il se rapprocha pour la serrer dans ses bras et la consoler. Amy le sentit bien qu'elle refusait de lever les yeux vers lui.

"Non laisse-moi tranquille !"

Elle s'enfuit en courant et monta les escaliers quatre à quatre toujours en sanglotant, le visage dans les mains. Le prince essaya de la rattraper mais c'était inutile, elle courait plus vite que lui. Il posa une main sur la rambarde d'escalier.

"- Je te veux parfaite pour demain soir ! Tu auras par mes couturiers une robe sublime qui t'ira comme un gant ! Sois en certaine, tu seras la plus belle du bal !

- Tu mériterais que je ne vienne même pas à ce bal !"

Toujours en pleures, elle courut jusqu'à sa chambre. Elle sécha ses larmes en ralentissant sa course quand elle arriva devant la porte. Elle rentra en la claquant derrière elle. Elle colla son dos dessus, respirant bruyamment pour se calmer. Elle resta quelques secondes, lâchant un long soupir de désespoir. Son dos se détacha de la porte. Elle se dirigea vers la fenêtre, tête baissée et bras croisés derrière le dos. Elle l'ouvrit et accéda au balcon. Elle s'appuya contre le bord, les yeux pointés vers le ciel. La nuit était sombre et silencieuse et les étoiles illuminaient le ciel noir. Sous le coup de la tristesse, ses lèvres se détachèrent pour entonner une mélodie. Sa voix de cristal résonna dans le parc du château. Les cygnes levèrent la tête pour l'écouter chanter son malheur d'être séparée de l'homme qu'elle aime. À la fin du premier couplet, elle cacha son visage dans ses mains en sanglotant. Elle reprit courage et continua son chant d'espoir. Elle prolongea le dernier vers, comme si elle espérait que son amour l'entende où qu'il soit. Ses sanglots n'en furent malheureusement pas atténués pour autant. L'émotion fut si forte que ses larmes revinrent plus fortes que jamais. Elle cacha sa belle figure meurtrie dans le creux de ses bras appuyés contre le bord du balcon. Son chagrin fut bien vite évacué. Elle ne doit pas désespérer, rien ne sert de pleurer. Sonic a toujours été là pour la sauver, même face aux ennemis les plus dangereux. Elle s'essuya les yeux d'un revers de la main. Sa bouche effleura ses doigts d'un baiser. Elle tendit son bras vers l'horizon le plus loin possible. Quand elle ne put y aller plus loin, elle souffla dessus. Qui sait, peut-être que son mari recevra ce baiser. Elle retourna dans la chambre, refermant la fenêtre derrière elle. Elle contempla son reflet dans le grand miroir. Son mascara avait coulé le long de ses joues. Elle se sentait toujours affreuse dans cette tenue de servante. Voilà à quoi son mariage arrangé l'avait réduite ? Se faire habiller comme une poupée pour les fantasmes du pire prince que Mobius n'ait jamais porté ? Tous les mêmes. Quand ils n'ont pas ce qu'ils veulent, ils s'approprient l'objet de leurs désirs sans se demander ce que cette personne en pense. Ils l'amadouent avec du luxe et reformulent ses propos pour la rendre folle. Quoi de mieux comme emprise psychologique pour lui laver le cerveau. Elle n'a plus l'âge de ces jeux débiles, il en faudra plus pour la faire changer de camp. Elle s'assit face à sa coiffeuse. Il faut qu'elle se démaquille, ses yeux commencent à piquer. Ouvrant le premier tiroir, elle toucha le jackpot : du démaquillant et du coton. Elle se débarbouilla de toute trace de maquillage. Pour être sûre, elle se débarbouilla dans le lavabo avec un gant d'eau chaude. Elle se sentit beaucoup mieux. Elle sortit de son armoire une chemise de nuit bustier blanche courte. Elle ôta sa tenue et la rangea sans l'abîmer. Ce n'est pas parce qu'elle déteste le prince qu'il lui faut se montrer désagréable avec ceux qui ne font que leur travail. Les servantes et les couturiers ont dû passé un temps fou pour obtenir un tel résultat. Elle enfila son vêtement de nuit et s'étendit dans le lit. Elle éteignit le lustre avec l'interrupteur à côté d'elle. La couverture était douce contre sa peau, un petit réconfort accordé dans cet enfer. Ses paupières devinrent lourdes et se fermèrent.