Disclaimer : Les personnages appartiennent naturellement toujours à KURUMADA.
Auteur : Newgaia
Rating : M
Genre : Angst –Aventure —Yaoi
Bonjour C (Guest).La dureté de ce qui vient d'arriver à Sergueï ne peut que le pousser au pire. Ce qu'espère Athéna n'a jamais été aussi près de se produire. Encore faudrait-il qu'elle en ait correctement mesuré les conséquences. Et là… Les prochains chapitres te donneront la réponse, en enchaînant différents évènements et leurs répercutions. Pour le meilleur, ou pour le pire. Aphrodite et le Cancer arriveront-ils à temps ? Réponse dans les lignes qui suivent ^^. Ce qui est effectivement certain, c'est que la traversé du Cocyte représente une nouvelle épreuve dont se seraient bien passé nos deux héros.
Résumé du chapitre précédent (Représailles familiales) : S'introduisant en catimini au sein des Enfers, Camus parvient à retrouver un Milo fort, mal en point. Déterminé à sauver son compagnon, il le libère de ses chaînes pour l'emmener avec lui, quand il se heurte à Sergueï. Meurtri par son abandon précédent, l'enfant lui adresse de violents reproches tout en lui révélant qu'il sait qu'il est son père. Le Verseau essaye de le neutraliser sans le blesser, mais Sergueï lui échappe en les projetant tous les trois dans un vortex qui les mène sur le domaine d'Artèmis. Là, Camus comprend l'incroyable pouvoir de son fils sur les armures. Déterminé à la punir le petit garçon va s'en prendre à Milo, quand l'intervention d'Aslinn sème le désordre. Apprenant qu'elle est sa mère, il découvre également son rejet et sa détermination à tuer Camus. Elle va y réussir, quand Sergueï se retourne contre elle pour protéger son père, avant de ramener avec le Scorpion aux Enfers. Il refuse néanmoins la main tendue de Camus et s'enfuit. Le verseau tente de le poursuivre mais conscient du risque, Milo le retient. Blessés et vulnérables, les deux chevaliers entreprennent alors un pénible retour en passant par le Cocyte.
CHAPITRE 69 : LE DEUIL DE LA RETRAITE
Camus grelottait. Malgré l'aide de son armure qui tentait de le réchauffer, il avait du mal à se retenir de claquer des dents. Il ne sentait plus ni le bout de ses doigts ni celui de ses pieds et l'air gelé semblait gifler chaque parcelle de sa peau nue. Ce froid était une véritable torture, que ses mésaventures précédentes ne lui permettaient plus de combattre. Il présentait néanmoins un avantage : celui d'atténuer considérablement ses hémorragies. Mais chaque pas devenait plus lourd et il devait faire appel à toute sa volonté pour ne pas s'effondrer.
Bien loin d'avoir récupéré des mauvais traitements de Pharaon, Milo était également engourdi, et il finissait par laisser peser la totalité de son poids contre lui. La tête du Scorpion à demi inconscient bringuebalait contre son épaule, et le Verseau savait que la réussite de leur fuite reposait désormais entièrement sur lui seul. Sans son aide, le Grec ne serait pas parvenu à avancer.
Malgré ses efforts, le Français peinait de plus à plus a cheminer dans le Cocyte. Le sol rendu glissant par le gel le ralentissait considérablement, et il commençait à désespérer de les sortir de ce piège infernal. Cela faisait maintenant une heure qu'ils traversaient la vaste plaine blanche jonchée de corps à demi ensevelis.
En principe, ils n'auraient jamais dû mettre autant de temps pour franchir l'étendue glacée. Une flambée de cosmos aurait suffi à les transporter plus rapidement, et surtout, à les réchauffer un peu. Malheureusement, la situation leur interdisait de l'utiliser. Camus savait que cela revenait à allumer un fanal qui les aurait fait repérer. Et pour l'instant, leur discrétion semblait payer.
Les Spectres paraissaient néanmoins continuer leurs fouilles, et plusieurs fois le Verseau avait aperçu une silhouette menaçante dans le brouillard laiteux de l'horizon de givre. Suffisamment loin heureusement pour ne pas être vus. Par prudence, il rasait depuis le bas des crêtes, ce qui les obligeait à de longs et fastidieux détours.
Butant de plus en plus souvent sur le sol de glace inégal, il repéra enfin l'entrée de la faille qu'il cherchait. Un coup d'œil jeté en arrière lui apprit qu'il était plus que temps. Inspectant le moindre recoin, un sombre fantassin se rapprochait dangereusement.
Sans hésitation, Camus plongea dans l'étroite crevasse aux parois gelées, qui s'ouvrait en contrebas. Tirant le Scorpion à sa suite sans ménagement, il ne fut pas vraiment surpris de voir celui-ci s'effondrer à genoux à ses côtés alors qu'ils touchaient le fond de la cavité. Ici, le sol était au moins formé de roches dures.
Pratiquement inconscient, Milo n'était plus qu'un pantin que le Français manipulait à sa guise. Désolé d'avoir dû se montrer si brutal, il l'attira contre lui avec plus de délicatesse, pour les plaquer tous les deux au creux de l'ombre de la paroi tandis qu'une silhouette soupçonneuse inspectait la faille au-dessus d'eux. Avec soulagement, il vit le Spectre s'éloigner au bout d'une vérification rapide. Usant de ses dernières forces, il repassa le bras sous les épaules de son compagnon.
« Encore un petit effort Milo, chuchota-t-il à son oreille alors qu'il aidait tant bien que mal celui-ci à se relever. Nous ne pouvons pas utiliser notre cosmos, et si tu n'y mets pas du tien je n'y arriverais pas. »
Sans doute galvanisé par l'accent inconsciemment suppliant de Camus, Milo parvint à se redresser debout. D'une démarche mal assurée, le Verseau se remit à avancer. Devant lui s'ouvrait une nouvelle excavation, tout juste assez haute pour y entrer sans se courber. Elle s'enfonçait profondément sous la couche de glace, dans le noir le plus complet. Tâtonnant de sa main libre, le Français s'engagea dans le boyau. Rapidement les ténèbres les engloutirent. Le poids de Milo se faisait de plus en plus lourd, et il savait qu'il lui restait encore un bon bout de chemin à parcourir.
- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :-
Bien plus loin, positionnés près de la bouche des enfers, Angelo et Aphrodite guettaient le moindre signe de vie en provenance du vaste royaume en dessous d'eux.
Le Cancer avait eu un peu plus de mal que prévu pour tirer le chevalier des Poissons de son temple, ou plutôt de son appartement. Poussant la porte du logis du Suédois sans s'annoncer, il avait d'abord été surpris par le manque de réactivité de son homologue à l'envahissement de son domaine privé. Les gémissements lascifs en provenance de la chambre lui avaient toutefois vite donné l'explication de cette distraction. Apparemment, Aphrodite se détendait en galante compagnie.
Diverti malgré l'urgence de la situation, Angélo s'était approché à pas de loup. Il ne doutait pas de l'identité de la personne en train de batifoler avec le douzième gardien. La déclaration de ce dernier à Shaina avait rapidement fait le tour du Sanctuaire. Death Mask n'hésitait donc pas sur le nom de la responsable de cette sérénade sensuelle. Elle l'étonnait néanmoins de la part de la femme chevalier réputée comme la plus mal embouchée de sa génération.
Curieux, et ravi de surprendre les deux tourtereaux en plein ébat, il aurait volontiers vérifié par lui-même jusqu'où allait l'abandon de l'Italienne entre les bras du beau Suédois quand, alors qu'il poussait discrètement la porte derrière laquelle se trouvait l'alcôve, il avait eu le désagrément de se retrouver face à un Aphrodite qui venait de sentir sa présence. Et il ne semblait pas vraiment conciliant. Ce qui avait permis au Cancer de découvrir le sens caché de l'expression « beauté fatale ».
Aussi nu que le jour de sa naissance, le regard noir et le cosmos matérialisant déjà un bouquet bien épineux, son homologue ne partageait apparemment pas son sans-gêne ni sa désinvolture sur le sens des convenances. Pour une fois, Death Mask avait remballé ses réparties piquantes et son envie de provocation. Convaincu que Camus courrait à la catastrophe, ce qui immanquablement risquait de rejaillir sur sa tranquillité personnelle, il avait opté pour de plates excuses, récompensées par la vision éphémère du joli fessier rebondi de Shaina qui s'éclipsait par une autre porte.
Au nom du Verseau, le regard meurtrier des Poissons s'était teinté d'inquiétude, et comme il l'espérait, il avait accepté de le suivre en secret jusqu'à la bouche des Enfers. Arrivé là, l'Italien avait usé d'un droit d'ingérence limité, lié à un vieil accord entre Hadès et les chevaliers du Cancer, qui lui permettait de fouiller de son cosmos la partie directe du territoire où échouaient les âmes des morts, sans susciter l'intervention des Spectres.
Bien que ténue, il avait rapidement identifié la présence de Camus en approche, à laquelle il avait eu la surprise de détecter des effluves de celle de Milo. Extrêmement faible, certes, mais suffisamment perceptible pour lui certifier que le Scorpion se trouvait bien en bas. Voilà qui expliquait sans doute la prise de risques de Camus, tout en opacifiant la raison de celle de son amant. Le Grec n'était-il pas supposé demeurer au Sanctuaire depuis son retour de sa dernière mission ? C'était un mystère qu'il se jurait d'élucider une fois les deux imprudents remontés. Il ne les lâcherait pas avant d'avoir le fin mot de l'histoire. En attendant, il s'était contenté de mettre succinctement Aphrodite au courant de la situation.
Ils étaient tombés d'accord pour laisser aux deux inconscients un peu de temps avant d'intervenir personnellement. Ils se doutaient que Camus et Milo géraient là un problème intime. Néanmoins, leur présence en ces lieux était grave. S'ils ne revenaient pas assez vite, Aphrodite pourrait s'infiltrer plus facilement que lui au cœur du royaume d'Hadès, arguant d'un prétexte quelconque pour essayer de repérer, et si possible intercepter en toute discrétion son acolyte hors-la-loi. Concernant Milo, ils demeuraient dans l'expectative. Après tout, Shion l'avait peut-être investi d'une nouvelle mission urgente ? Auquel cas il valait mieux ne pas le déranger.
Angelo resterait en soutien près du Puits des Mort, prêt à aider Aphrodite à extirper Camus de force si besoin. Le chevalier des Poissons et lui s'accordaient pour penser que si Milo était aussi dans le coin, il suivrait certainement le sillage du Verseau s'il le sentait en difficulté, et qu'ils pourraient ainsi avoir quelques explications. C'était tout au moins leur plan d'origine. Car arrivés dans le Mekai, ils avaient rapidement compris qu'il se passait quelque chose d'anormal en dessous. Les Spectres s'agitaient et semblaient à l'affût. Il n'était plus question de descendre sans invitation dans de telles conditions.
Se tenant à l'écart de la foule des morts qui s'acheminait vers le gouffre, mais suffisamment près pour avoir une vue complète sur l'ouverture béante, les deux chevaliers conservaient une mine grave. L'impatience du Cancer finit pourtant par exploser.
« Non mais qu'est-ce qu'ils glandent ?
─ Camus est malin, répondit Aphrodite sans quitter l'abîme des yeux. S'il est arrivé quelque chose à Milo alors qu'il était en dessous, il nous le ramènera.
─ J'ignorais que tu étais devenu si optimiste, se gaussa Angelo. Je te rappelle tout de même que cette histoire est bizarre. Tu sais que Milo est censé se trouver au Sanctuaire en ce moment ?
─ Censé, reprit le Suédois en relevant des yeux soucieux vers lui. Mais je n'ai ressenti sa présence nulle part lorsque nous sommes partis. Et elle fluctuait étrangement depuis plusieurs jours quand je le croisais. Sans compter le réveil d'un cosmos plutôt agressif de la part du Verseau il y a quelques heures. Il avait beau le dissimuler, je suis sûr de l'avoir perçu.
─ Tu espionnes ton voisin maintenant ? s'étonna l'Italien.
─ Je trouve juste bizarre que Camus se sente obligé de traîner l'armure de Milo derrière lui dans un lieu pareil, répliqua Aphrodite sans se justifier. D'autant plus que tu m'as appris que la dernière mission du Scorpion se situait ici. Je ne connais qu'un endroit où Shion aurait pu l'envoyer. Le Mur des Lamentations. Hadès défend à tout étranger de l'approcher depuis sa reconstruction. Le problème c'est que nos armures d'or rentrent maintenant en résonnance avec lui. Impossible de passer inaperçu avec l'une d'elles sur le dos. Il serait extrêmement dangereux de chercher à les endosser dans son périmètre. Camus ne l'ignore pas. Si Milo s'y trouve, alors pourquoi lui apporte-t-il son armure ? Et si Milo ne se promenait pas là-bas, à quoi rime tout ce cirque ? »
Regardant de nouveau du côté de l'ouverture où plongeait sans discontinuer une multitude de corps sans vie, Angelo garda le silence durant quelques minutes. Les sourcils froncés de concentration il tentait en vain de trouver une explication logique.
« Shion ne t'a rien dit ? demanda-t-il en reportant son attention sur son collègue.
─ Non, et c'est la première fois qu'il me tait un élément qui pourrait intéresser mon ambassade. À mon avis, une telle confidentialité se conjugue avec un danger bien réel. Je ne serais pas surpris qu'il se soit passé quelque chose de grave ici.
─ Eh bien, confidentielle ou non, j'en connais deux qui vont devoir me donner une bonne raison pour tout le dérangement au retour de leur petite sauterie. »
Un vague sourire sur les lèvres, Aphrodite voulut rétorquer à la mauvaise humeur du Cancer, lorsqu'il perçut un élément perturbateur inattendu.
« Tu n'as pas senti ? demanda-t-il en se tournant vers Death Mask.
─ Quoi ? »
Inspectant de mauvaise grâce les environs, l'Italien se figea soudain.
« Oh ! putain de bordel de merde ! »
Se dissimulant du mieux qu'il le pouvait derrière une sorte de stalagmite géante, Yanos était sur leurs talons. Penaud de se voir découvert, l'adolescent sortit de sa cachette.
« Qu'est-ce que tu fais là ? aboya son Maître.
─ Vous m'avez dit de vous rendre la clé de la réserve dès que j'aurais terminé ma corvée.
─ Et c'est pour me rendre une clé que tu m'as suivi jusque-là ? » s'étrangla presque le Cancer.
Apeuré, Yanos se tassa sur lui-même. Amusé malgré la précarité de la situation, Aphrodite dut se mordre les lèvres pour retenir un gloussement, avant de remarquer, pince sans rire :
« Tu devrais arrêter de le terroriser. Tu vois où ça te mène. Maintenant il obéit à tes ordres sans prendre le temps de réfléchir. Ceci dit, à présent tu as la preuve qu'il est capable de se déplacer sans problème dans le Makaï. »
Angelo le foudroya du regard.
« Tu as fini de te foutre de moi !
─ Seulement si tu remédies à la situation, répliqua le Suédois sans se troubler. Tu penses le ramener ?
─ J'ai déjà bien assez de jouer les nourrices pour les deux autres, grinça le Cancer. Et on n'a pas le temps de retourner en arrière. »
Posant les yeux sur son apprenti, il ajouta d'un ton menaçant.
« Reste dans ta cachette toi ! Et ne t'avise pas de te mettre dans nos pattes. Sinon, il t'en cuira. Compris ? »
Rassuré malgré tout d'échapper au terrible courroux de son Maître, le jeune garçon obéit avec célérité en se rencognant derrière un énorme rocher.
« Il peut devenir un témoin gênant, murmura Aphrodite lorsqu'il fut sûr qu'il ne pouvait plus les entendre.
─ Je sais, mais chaque chose en son temps », répondit posément Death Mask, sans que le Suédois parvînt à déterminer s'il s'agissait d'une menace ou d'un simple état de fait.
L'Italien reprenait sa pose de guetteur que plus rien ne semblait capable de distraire, lorsque soudain les plaques de l'armure qu'il portait se désolidarisèrent brusquement, pour se reconstituer aussitôt à quelques mètres directement au-dessus du puits des Morts. Effaré, le chevalier des Poissons laissa son regard aller de l'une à l'autre.
« Tu t'amuses à quoi là ?
─ Mais à rien du tout, répliqua Angelo apparemment tout aussi surpris et fortement contrarié. Cette récalcitrante vient une fois de plus de me quitter de son propre chef. »
Et devant l'air suspicieux de son comparse, il se crut obligé d'ajouter en râlant.
« Et pour une fois je n'ai eu aucune pensée désobligeante. Pour personne !
─ Alors rappelle-là.
─ C'est ce que j'essaie de faire figure-toi ! »
Mais malgré ses efforts, la protection sacrée refusait de bouger. Suspendue au-dessus de l'abîme, elle se contentait de tourner doucement sur elle-même, comme si elle hésitait sur la direction à prendre. Death Mask allait se décider à lui sauter carrément dessus au risque de plonger dans le gouffre si elle se dérobait, lorsque l'armure s'immobilisa pour se mettre à briller comme un soleil.
Aveuglé, l'Italien réagit une seconde trop tard. Auréolée de toute sa splendeur, la protection sacrée disparut soudain en descendant à une vitesse vertigineuse au fond du précipice pour s'enfoncer au cœur du royaume d'Hadès. Éberluée, Aphrodite ne savait plus que penser, et encore moins quoi dire. Furieux et plus pragmatique, Angelo exprima sa déconvenue comme il le put.
« Mü et ces histoires de révisions aussi ! Il a dû faire une connerie ! Je te jure que si je mets la main sur cet abruti de Bélier en rentrant, il va passer un mauvais quart d'heure. »
Il achevait à peine de fulminer, qu'une formidable explosion ébranla tout le Mekai. Au bruit assourdissant issu du cœur des Enfers, répondit un violent tremblement de terre qui secoua tout sur son passage. Les rares colonnes de pierre présentes autour d'eux s'effondrèrent avec fracas, ensevelissant sous leurs décombres quelques âmes effrayées jetées à terre.
En entendant la déflagration, les deux chevaliers eurent tout juste le temps de plonger à l'abri dans une faille qui lézardait profondément le sol derrière eux. Expulsé avec force du Puits des Morts, un souffle aussi brûlant que puissant ravagea ce qu'il restait de la plaine aride, déchiquetant la multitude des corps désincarnés qui s'acheminaient vers leur jugement. Leur abri de fortune les protégea de l'insoutenable chaleur, mais ils ne purent échapper au nuage de particules épaisses qui s'abattit ensuite sur eux. Une odeur âcre et soufrée les prit à la gorge, et ils se relevèrent en toussant pour sortir de la crevasse.
Le petit raidillon grimpé, Death Mask posa les yeux avec effarement sur le paysage. La déflagration venait de tout détruire autour d'eux. La plaine déjà lunaire s'était transformée en un gigantesque désert de poussière presque uniforme où plus rien ne subsistait.
Émergeant à son tour, Aphrodite découvrit ce paysage avec un hoquet de stupeur horrifié. Les deux hommes échangèrent un regard d'incompréhension consterné, et Angelo ne réagit pas lorsque son homologue lui prit la main pour la serrer avec force. Jamais de mémoire de chevaliers un tel désastre ne s'était produit. En comparaison, le bouleversement provoqué par la chute du Murs des Lamentations était un simple pet de souris sans importance. Hadès parviendrait-il seulement à récupérer les âmes innocentes si brutalement détruites ? Ils n'osaient même pas imaginer l'état des Enfers en dessous. Elles devaient être ravagées. Et ils n'étaient pas si sûrs que cela fût une bonne nouvelle.
Sans grand espoir, le Cancer lança un appel pour une fois dépourvu de son agacement habituel.
« Yanos ! »
Contre toute attente, un sanglot étouffé lui répondit. Angelo se précipita dans sa direction, surpris d'en éprouver presque de la joie. Il repéra facilement le corps qui remuait dans les cendres en tentant de s'extirper à son tour d'un trou profond. Aussi maladroit était-il habituellement, l'adolescent avait adopté le bon réflexe en plongeant dans une des failles du sol. La peur avait dû lui donner des ailes.
Tendant la main, le Cancer l'aida à le rejoindre, en réprimant une grimace lorsqu'il sentit la peau des doigts du jeune Grec s'écailler contre la sienne. Pas encore assez expérimenté, Yanos n'avait pas bénéficié de la protection d'un cosmos suffisament efficace, et il s'en tirait avec de nombreuses brûlures au troisième degré. Sous la couche de poussière grise qui le recouvrait, c'était des pans entiers de peau qui menaçaient de s'éplucher au moindre contact. En état de choc, l'adolescent ne semblait pas encore ressentir la douleur de ses blessures, et Angelo espéra qu'il aurait le temps de le ramener au Sanctuaire avant que sa sensibilité ne se réveillât.
Le chevalier des Poissons l'avait rejoint, et il sentit que ce dernier usait de son cosmos plus développé que le sien dans l'art de guérir, pour anesthésier l'épiderme du jeune garçon. Ôtant sa cape de chevalier, il attendit qu'Aphrodite ait terminé ses soins pour la poser délicatement sur les épaules de son apprenti. Le pan du long vêtement devenu gris risquait d'aggraver ses lésions, mais c'était le seul moyen dont il disposait pour le protéger des paquets de saletés mêlés de débris soulevés par les tourbillons de vent résiduel. Entre deux maux, il espéra choisir le moindre.
Avec des gestes tout en douceur, Aphrodite aida le jeune garçon à s'asseoir sur une énorme pierre miraculeusement épargnée. Les yeux vides et larmoyants, Yanos ne leur opposait aucune résistance. Le visage grave, le Suédois fut le premier à rompre le silence.
« Tu devrais le ramener. Je me charge de retrouver les autres. »
Il couvait l'adolescent brûlé d'un regard inquiet, mais Angelo répliqua sombrement en désignant la bouche du Puits des Morts.
« Ah oui ? Et comment feras-tu ? »
Tournant la tête vers le lieu incriminé, le chevalier des Poissons comprit immédiatement ce qui ennuyait son collègue. Le rideau brumeux de poussière opaque qui subsistait encore au-dessus du gouffre retombait peu à peu, mais la luminosité d'un vert translucide qui de tout temps émanait de la large cavité, comme une gerbe fantasque presque vivante, semblait maintenant pratiquement éteinte. Blafarde et dépourvue du moindre effet de mouvement, ce n'était plus qu'une lumière falote, à peine suffisante pour éclairer les premiers mètres des parois abruptes qui plongeait dans l'abîme.
Se rapprochant du bord, Aphrodite constata avec angoisse que le fond s'ouvrait à présent sur les ténèbres. En songeant que trois des leurs se trouvaient sans doute quelque part, en dessous, il sentit un frisson d'appréhension lui hérisser la nuque. Il n'avait aucune idée du lieu où se rendait Camus. Il n'avait aucune certitude sur la présence du Scorpion, même si l'initiative du Verseau la laissait supposer. Quant à la Vierge, c'était la troisième aiguille à chercher dans une meule de foin. Et à moins de condamner Camus, il ne pouvait pas appeler de renforts. Pour la première fois de sa vie, le chevalier des Poissons douta d'être à la hauteur.
« Que s'est-il passé ?demanda-t-il avec difficulté, les yeux rivés sur le précipice.
─ Je n'en sais rien, répondit d'un air sombre le Cancer en le rejoignant. La seule chose dont je sois sûr, c'est que le portail intemporel qui reliait nos deux mondes a disparu. Je peux créer une ouverture qui te permettra d'atteindre le royaume d'Hadès, mais si je ne suis pas là pour la maintenir, et si cette fichue colonne de lumière ne se rallume pas, tu ne pourras jamais rentrer par tes propres moyens. »
Un pli de préoccupation profonde creusait son front, et Aphrodite devina qu'il partageait la même inquiétude que lui pour leurs trois compagnons. Le Suédois en fut rasséréné. Il connaissait la sympathie de Death Mask pour Milo, mais ne l'entendre déblatérer sur aucun des deux autres prouvait que leur sort était loin de le laisser indifférent. Après des années de mensonges passées à se retrancher derrière leur individualité, une guerre fratricide et des doutes de trahison, ils se retrouvaient enfin soudés sur l'essentiel. Ils pouvaient compter les uns sur les autres.
Face au danger, les solidarités s'exprimaient. Depuis la tragique situation de Camus trois ans plus tôt, c'était la deuxième fois qu'ils se mobilisaient spontanément pour s'entraider. Et qu'un être tel que le Cancer répondît présent les deux fois sans hésitation revêtait une importance particulière aux yeux d'Aphrodite. Si Death Mask acceptait de sacrifier son sacro-saint esprit contestataire au moins le temps de résoudre cette crise, alors tous les espoirs n'étaient pas encore morts.
« On ne sait même pas ce que tu vas trouver en bas, ajouta Angelo en enflant son cosmos pour ouvrir un passage. Je viens avec toi.
─ Non ! répliqua le Suédois plus vivement qu'il ne l'aurait voulu en lui faisant face. Tu ne portes plus ton armure, et tu l'as dit toi-même, on ne sait pas ce qu'il y a en bas. Trois disparus, et un en mission de secours qui part au-devant de l'inconnu, c'est déjà largement suffisant. Reste ici. Je vais tâcher de ramener Camus en premier. Et si je ne suis pas revenu d'ici une demi-heure, pars avertir les autres. »
Il vit Angelo serrer les poings, et ses sourcils se froncer de contrariété. Devoir demeurer en arrière ne plaisait vraiment pas au Cancer, même s'il admettait la justesse du raisonnement d'Aphrodite. La sagesse l'emporta néanmoins, mais son mécontentement se manifesta par la virulence de sa réflexion.
« Mais qu'est-ce qui se passe en bas bordel !
─ Je n'en sais rien, mais je vais les chercher », répondit Aphrodite en se détournant.
Et sans lui laisser le temps de répliquer, il sauta dans l'ouverture ténébreuse légèrement floutée par le passage créé. Angelo le vit disparaître avec un sentiment d'impuissance qui lui donna envie de hurler de rage. Se maîtrisant à grand peine, il finit par respirer profondément avant de se figer dans une attitude de vigie, attentif à la moindre modification en provenance du précipice.
Le portail qu'il maintenait ouvert lui permettait de sonder l'abîme de son cosmos, et il parvenait à suivre imparfaitement la progression chaotique du chevalier des Poissons. Conscient de son indiscrétion, Aphrodite ne cherchait d'ailleurs pas à briser la connexion, ce dont il lui savait gré. Il se tenait prêt à intervenir à la première manifestation de retour de celui-ci, et il lui adressa un dernier message avant qu'il ne fût trop loin pour le recevoir clairement.
« Ramène-les. »
Combien de temps s'écoula-t-il entre le moment de la disparition du Suédois, et celui où il vit se matérialiser près de lui une sorte de trame circulaire au cœur de laquelle filaient des étoiles et brillaient des galaxies ? Il connaissait bien cette aura, et il avait déjà assisté à ce genre de déplacement. En toute autre occasion, il aurait été flatté que ce visiteur inattendu le relançât jusque sur son domaine, mais là, il grommela un juron.
« Et merde ! »
La silhouette dorée à la longue chevelure océane qui sortit de cette trame condensée de l'univers ne parut pas lui en tenir rigueur. Elle semblait beaucoup trop préoccupée pour cela.
« Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda Saga en s'immobilisant devant lui.
─ Et toi, qu'est-ce que tu viens faire là ? » répondit-il par une autre question, désireux de gagner un peu de temps avant les délicates explications.
Voilà qui n'allait pas simplifier leurs affaires, et surtout compliquer singulièrement celles de Camus.
« Tout ce qui possède un embryon de cosmos a dû percevoir la déflagration qui vient de se produire aux Enfers, lui retourna le Gémeau en inspectant les alentours d'un regard désagréablement surpris par ce qu'il découvrait. Aphrodite étant introuvable, Shion m'a envoyé voir sur place.
─ Et pourquoi pas Shaina ? demanda encore le Cancer, que cette option aurait bien arrangé.
─ Parce que vu le contexte, un Or semble plus approprié, répliqua Saga en le dévisageant soudain avec méfiance. Ma présence te dérange peut-être ?
─ Si tu plonges là-dessous, oui », répondit Death Mask en adoptant une ambiguïté grinçante.
Le regard plus froid que d'ordinaire, Saga exprimait clairement son manque de disposition pour jouer aux devinettes. Mesurant rapidement le pour et le contre, Angelo exhala un profond soupir de résignation en prenant sa décision. De toute façon au train où allaient les choses, le Gémeau finirait par découvrir la vérité. Un peu de franchise aiderait peut-être son collègue du Verseau à l'imprudence coupable.
« Camus a franchi la ligne, avoua-t-il d'une traite. Un détail à régler avec Milo apparemment. Mais rien qui ne mérite que tu t'en mêles, avança-t-il en souhaitant avoir raison. Aphrodite le cherche. Accessoirement il est aussi parti pour rapatrier Milo et Shaka. »
Les lèvres serrées de contrariété Saga sauta à son tour dans le Puits des Morts, sans en écouter davantage. S'attendant au pire, le Cancer reprit son rôle de guetteur. La plaine autour de lui demeurait désespérément vide, et seuls les reniflements et la respiration un peu plus sifflante de Yanos troublaient le silence. La Mort semblait s'être définitivement emparée de ce lieu. Death Mask jeta un bref regard derrière lui. Toujours assis sur la pierre où ils l'avaient installé, l'adolescent blond ne remuait pas un cil. Il paraissait presque catatonique. Refusant de céder à une sollicitude bien peu dans sa nature, Angelo se concentra de nouveau sur l'excavation obscure devant lui.
Lorsqu'une dizaine de minutes plus tard il ressentit une sorte de grande agitation remuer de ce qu'il restait du royaume d'Hadès, il fut heureux que celle-ci coïncidât avec la manifestation de quatre cosmos qui s'acheminaient rapidement vers la sortie. Deux brillaient de tous leurs feux, tandis que les deux autres n'étaient que des lueurs indistinctes. L'un des leurs manquait néanmoins à l'appel.
Agrandissant au maximum l'ouverture qu'il avait créée, Angelo tenta de mettre un nom sur ceux qui le rejoignaient. Mais ils remontaient si vite, qu'il n'eut pas le temps de les identifier avant que Saga et Aphrodite ne prennent pied sur le sol poussiéreux à ses côtés. Chacun d'entre eux portait sur l'épaule, le corps d'un autre chevalier inconscient. À leur chevelure, Angelo sut que le Gémeau avait pris en charge Milo, tandis qu'Aphrodite s'occupait de Camus. Ils avaient l'air salement amochés, mais ils étaient vivants. Quant à leurs deux sauveurs, ils semblaient venir de mener une course de vitesse éprouvante.
« Referme ce passage, ordonna soudain Saga d'un ton qui n'admettait pas de discussion. Il faut partir. »
Les sourcils froncés, le Cancer hésita. Il percevait bien une sorte de force gigantesque monstrueusement hostile qui tentait de se faufiler à travers la sortie qu'il maintenait ouverte, mais il commençait à en avoir assez de se plier aux décisions de tout le monde. Il n'avait pas d'ordre à recevoir du Gémeau, encore moins lorsque cet ordre condamnait l'un des leurs.
« On n'attend pas Shaka ? » objecta-t-il en guise de résistance passive.
Le regard de Saga se troubla, mais ce fut d'un ton sec qu'il insista.
« Pas le temps. Tu ne sens pas ce qui nous colle au train ? » ajouta-t-il avec une impatience inquiète.
Death Mask devait reconnaître que le Grec ne s'alarmait pas pour rien. Le danger se rapprochait. Il n'avait jamais rien ressenti de telle en provenance des Enfers. C'était à la fois puissant, dévastateur et avide de s'étendre. Une coulée de haine à l'état brut. Sans commune mesure avec la colère d'un simple Spectre, ou même la rage d'Hadès.
« Tu n'as pas idée de ce qui s'est passé en bas, intervint Aphrodite. Shaka était en première ligne. Les chances pour qu'il ait survécu à une telle explosion sont quasiment nulles. Ferme ce portail Angelo. S'il te plaît. »
La pondération du chevalier des Poissons le mit enfin face à la réalité, et elle l'emplit d'amertume. Il n'avait jamais véritablement apprécié le gardien du sixième temple, mais il lui reconnaissait un courage sans commune mesure et une aptitude au sacrifice exceptionnel. Brièvement il songea à Shura. S'il y en avait un qui risquait de mal prendre cette disparition, c'était incontestablement le Capricorne.
Une dernière fois, il étendit au maximum les ramifications de son cosmos à travers la porte ouverte qu'il générait. Mais il eut beau balayer en toute impunité le royaume dévasté qui se trouvait en dessous de lui, son appel demeura sans réponse. La Vierge ne donnait aucun signe de vie.
Profitant du déploiement de ce chemin inattendu, l'énigmatique chape d'agressivité se rapprocha encore.
« Angelo ! » tonna Saga
Ébranlé par l'accent impératif du Gémeau, et la certitude que son entêtement allait bel et bien finir par les mener à la catastrophe, il allait obtempérer, lorsque le prenant de vitesse une sorte de tornade pourpre se forma au centre de la bouche du Puits des Morts. Sous le regard éberlué des trois chevaliers, elle tournoyait autour d'un énorme rubis taillé en forme de cœur, qui semblait l'animer d'une vie propre. Elle grossissait à vue d'œil, menaçant de s'élancer à l'assaut de nouveaux territoires une fois qu'elle serait devenue assez puissante.
Conscient du danger, Death Mask réussit néanmoins à commander la fermeture du passage, piégeant l'étrange objet durant quelques secondes entre les deux mondes. Une sorte de cri de rage inarticulé et assourdissant répondit à sa manœuvre. La tornade allait obligatoirement devoir refluer vers les ténèbres d'où elle venait d'émerger, mais alors qu'elle commençait à régresser, elle inversa le sens de la rotation de ses vents. Cette chose était véritablement dotée d'intelligence et elle avait la nette intention de contre-attaquer en se vengeant. Elle essayait d'aspirer tout ce qui se trouvait à proximité pour l'entraîner avec elle avant de disparaître.
Saga et Aphrodite réagirent les premiers. S'écartant d'un bond prodigieux, ils se placèrent à l'abri. Déjà le Gémeau créait une porte de sortie en ouvrant une brèche sur l'univers. Le Suédois s'y engouffra en emportant Camus sans demander son reste, tandis que le Cancer enflammait davantage son cosmos pour se projeter en se mettant à son tour hors d'atteinte des vents menaçants.
Maintenant son passage ouvert, Saga l'attendait. En prenant son élan, Death Mask savait qu'il gagnerait à son tour la sécurité des étoiles derrière lesquelles régnait la quiétude du Sanctuaire. Un sourire vainqueur aux coins des lèvres, il allait s'élancer, lorsqu'un faible cri de détresse le retint.
Yanos...
Une fois encore, son disciple jouait les trouble-fêtes. Il aurait pu l'abandonner sans redouter les foudres d'Athéna, les évènements et leur ennemi surprise valant tous les prétextes du monde, mais alors qu'il songeait à cette solution de facilité il faisait déjà demi-tour pour aider l'adolescent.
Il vit avec colère une violente rafale soulever le corps de son apprenti terrifier pour l'attirer en arrière. Juste avant que le vent ne l'aspirât, il réussit à saisir une de ses mains brûlées. Ignorant la douleur, Yanos s'accrochait à lui en l'implorant du regard. Il lui criait aussi quelque chose, mais le bruit de la tempête ne permit pas au Cancer de déchiffrer ses paroles. S'arcboutant pour contrer la puissance des vents, Angélo s'aperçut avec horreur que malgré sa force ils glissaient irrémédiablement vers leur adversaire. Centimètre par centimètre, il se rapprochait du cœur de la tornade. Son propre cosmos ne suffisait pas à les retenir. Ce n'était qu'une question de temps. La tornade avait beau elle-même régresser, ils étaient beaucoup trop près. Ils allaient être entraînés de l'autre côté avec elle.
Du coin de l'œil, il vit Saga projeter Milo sans ménagement à travers son passage ouvert, avant de se porter à leur secours. Death Mask réagit en faisant flamber les dernières réserves de son cosmos pour propulser Yanos hors d'atteinte de la furie des vents. Il eut le temps de voir Saga réceptionner le garçon entre ses bras, puis, n'ayant rien à quoi se raccrocher, il fut aspiré.
« Angelo ! »
Le cri du Gémeau se perdit dans le tumulte de la tempête, qui vacilla soudain avant de refluer en totalité au centre du Puits des Morts avec un petit bruit de succion ridicule. Le silence qui envahit alors la plaine n'en parut que plus assourdissant.
Tenant serré contre lui le corps à présent inconscient de Yanos, Saga tomba à genoux dans la poussière. Il ne pouvait pas croire à ce qu'il était en train de voir. Incrédule, il regardait le halo de lumière dorée qui achevait de se former au-dessus de l'abîme en prenant la forme de l'amure vide du Cancer. Les particules lumineuses immatérielles s'élevaient dans un lent mouvement tournant pour finalement se dissoudre, arrivées à quelques mètres de hauteur.
« Ce n'est pas possible », murmura-t-il alors qu'il suivait l'étrange ascension.
Bientôt, il ne resta plus rien. Lorsque la dernière particule dorée se fut évaporée, il dut se rendre à l'évidence. Death Mask avait péri, et ce qu'il subsistait de son armure d'Or venait de se désagréger sous ses yeux. Tous les deux avaient définitivement disparu.
