Coucou!
Merci à toutes et à tous pour vos commentaires ;-) Et merci également à Klara89, à Ange et à Guest ;-) (Ange, je comprends parfaitement ton opinion sur Greyback et Dolohov. C'est vrai que, maintenant, Mary a la paix et ne souffrira plus jamais…)
Voici la suite de l'histoire.
Bonne lecture!
Chapitre 3
Leur routine n'était troublée par aucun élément perturbateur, il ordonnait, elle obéissait, du moins, jusqu'à aujourd'hui…
Rogue était parti cueillir de la valériane, qui entrait dans la composition des philtres de Paix et des potions de sommeil sans rêve, et il avait refusé que Jade l'accompagne arguant le fait que les bois n'étaient pas sûrs, surtout pour elle qui n'était qu'une simple Moldue, et qu'elle le retarderait plus qu'elle ne l'aiderait.
Il était donc sorti sans elle en lui donnant pour consigne de nettoyer le salon et la cuisine de fond en comble et de n'ouvrir la porte à personne.
La jeune fille s'était aussitôt mise à la tâche après avoir retroussé ses manches et elle rangeait et nettoyait depuis bientôt deux heures, se disant que son maître allait probablement revenir très bientôt désormais. Elle redoubla donc de vigueur, après avoir jeté un coup d'œil à la pendule, pour que tout soit terminé et brille comme un sou neuf à son arrivée.
Alors qu'elle mettait la dernière touche à son rangement, en alignant correctement livres et bibelots comme il l'aimait, Jade entendit la sonnerie retentir dans l'entrée.
Elle fronça les sourcils, perplexe, et ne fit aucun bruit qui pourrait laisser supposer que quelqu'un était présent dans la maison mais bientôt une voix s'éleva de derrière la porte :
« Je sais que tu es là, jeune Moldue. Je te vois à travers la vitre dépolie. Viens donc m'ouvrir la porte. Je dois parler à Severus.
- Je regrette, Monsieur, mais il n'est pas là, répondit la jeune fille en s'approchant légèrement de la porte.
- Ce n'est rien, je vais l'attendre, répliqua l'homme de sa voix traînante.
- J'ai reçu pour consigne de n'ouvrir la porte à personne, Monsieur.
- Ça m'étonnerait fortement que ceci me concerne, je suis Lucius Malefoy, son plus vieil ami, argua-t-il encore, loin de s'avouer vaincu.
- Je suis désolée mais je ne peux pas vous ouvrir, Monsieur Malefoy, répéta-t-elle une nouvelle fois.
- Sais-tu que c'est par pure politesse que j'ai frappé à cette porte ? Si tu ne m'ouvres pas, j'entrerai quand même, déclara-t-il, irrité.
- Heu… hésita-t-elle en réfléchissant à toute vitesse et en imaginant la tête de son maître en trouvant sa porte d'entrée défoncée et son ami mécontent. D'accord… Je vous ouvre… » consentit-elle finalement en tournant la clé dans la serrure.
Elle actionna la poignée et s'écarta légèrement en baissant la tête pour laisser entrer le riche aristocrate aux longs cheveux blonds, toujours élégamment vêtu et tenant sa canne à pommeau dans sa main droite, avant de refermer derrière lui et de le suivre au salon, où il s'installa dans un fauteuil, comme si l'endroit lui appartenait.
« Désirez-vous quelque chose à boire pour patienter, Monsieur Malefoy ? proposa-t-elle gentiment.
- Excellente idée… approuva-t-il en l'observant lentement des pieds à la tête, ce qui la mit très mal à l'aise. Je prendrai un whisky Pur Feu. Le même que prend ton maître, décréta-t-il alors en plongeant son regard gris acier dans ses yeux verts.
- Bien, Monsieur », acquiesça-t-elle en s'inclinant devant lui sans laisser paraître son mal-être avant de se diriger vers le meuble où étaient rangées les boissons.
Jade sortit un verre en cristal et la bouteille d'Ogden Old's Fire Whisky de l'armoire avant de déboucher la bouteille et de verser un fond du précieux liquide ambré dans le verre, comme Rogue le lui avait montré, puis elle se dirigea vers le Mangemort pour lui donner sa boisson.
Elle eut l'impression qu'il s'était appliqué à frôler ses doigts de façon totalement délibérée en prenant son verre et il lui offrit un léger sourire en coin qui ne la rassura pas vraiment.
Elle s'essuya donc la main sur son tablier dans un geste machinal et baissa les yeux sur le tapis fraîchement dépoussiéré.
« Sec, comme je l'aime », déclara-t-il après avoir avalé une gorgée de son whisky en levant son verre dans sa direction.
La jeune fille ne sut que répondre et garda donc le silence en restant plantée devant lui, ne sachant pas ce qu'elle devait faire en pareille situation.
« Tu peux continuer de vaquer à tes occupations, dit-il subitement, comme s'il avait compris son hésitation. Je ne voudrais pas que Severus ait à te réprimander par ma faute… ajouta-t-il, mielleux.
- Oui, Monsieur. Merci », répondit-elle simplement.
Jade termina alors de ranger le salon pour qu'il soit dans un état irréprochable puis, sentant que le regard de Lucius Malefoy pesait désagréablement sur elle et suivait chacun de ses faits et gestes, elle décida de rejoindre la cuisine et de repasser une nouvelle fois le chiffon sur tous les meubles de la pièce pour s'occuper et ne plus être dans la ligne de mire du Mangemort.
Alors qu'elle se penchait pour nettoyer le plan de travail, elle sursauta et lâcha son chiffon humide en entendant soudain :
« Cette robe ne vous met pas du tout en valeur. »
Elle se tourna pour faire face à l'homme, qui se tenait debout dans l'encadrement de la porte de la cuisine et qui l'observait les bras croisés sur son torse, et l'écouta poursuivre :
« On dirait que Severus veut garder pour lui le petit joyau qui doit se trouver en dessous de cette grande robe noire…
- C'est… C'est un vêtement simple et pratique pour effectuer mes tâches quotidiennes, répliqua la jeune fille, dont les joues s'étaient légèrement teintées de rose malgré elle et dont le cœur commençait à frapper de plus en plus fort dans sa poitrine, n'appréciant pas du tout ce genre de réflexion et craignant que cela ne dérape.
- Si vous le dites… déclara-t-il en faisant la moue, pas vraiment convaincu, en continuant de l'observer. Continuez », exigea-t-il ensuite en faisant un signe du menton vers le plan de travail.
Jade avala sa salive, se sentant dans l'insécurité la plus complète avec cet homme tout près d'elle, elle se pencha pour ramasser le chiffon qu'elle avait fait tomber au sol plus tôt, se redressa et recommença à frotter la surface qui resplendissait déjà de propreté sous le regard concupiscent du Mangemort.
Quelques secondes plus tard, la jeune fille se crispa et son souffle se bloqua net dans sa gorge lorsqu'elle sentit l'homme se coller contre elle pour venir frotter son sexe contre ses fesses, une main agrippant sa hanche et l'autre sur son dos, la maintenant couchée sur le plan de travail.
« Alors ? susurra-t-il au creux de son oreille en s'étendant sur elle. Il paraît que l'on est une brave fille, bien docile… »
Jade ne répondit pas, se contentant de fermer les yeux et de souffler par le nez pour tenter de garder son calme, et elle entendit Lucius Malefoy poursuivre d'une voix de velours à peine plus élevée qu'un murmure en la relâchant légèrement afin de glisser sa main sous sa jupe pour caresser ses jambes :
« On ne proteste jamais et on accepte tout… »
Il lui donna un brusque coup de bassin qui la fit se cogner contre le meuble de la cuisine.
Sa grande main qui continuait sa progression sous sa jupe avait atteint sa cuisse et se rapprochait dangereusement de sa culotte.
« Je… C'est à mon maître que je dois obéir… tenta-t-elle de se défiler.
- Tu dois obéir à tout sorcier qui te donne un ordre, Moldue, car tu n'es rien ! rétorqua l'aristocrate en tirant sur ses cheveux et en faufilant ses doigts sous le tissu de son sous-vêtement.
- Non… Arrêtez… Je vous en supplie… l'implora-t-elle en essayant de ne pas pleurer devant lui.
- Et pourquoi devrai-je m'arrêter ? Je ne suis pas assez bien pour toi ? demanda-t-il d'une voix basse et menaçante. Tu crois qu'il n'y a que Severus qui puisse te sauter correctement ? ajouta-t-il en enfonçant soudainement deux doigts en elle.
- Ah ! gémit-elle en réponse à cette intrusion en laissant rouler ses larmes sur ses joues.
- Rassure-toi, je peux me montrer très doux, moi aussi, si c'est ce que tu veux… déclara-t-il avant d'entamer un mouvement de va-et-vient avec sa main et de l'embrasser dans le cou.
- Non… Je ne veux pas… soupira-t-elle, désespérée en tentant de toutes ses forces de penser à autre chose qu'à ce que cet homme était en train de lui faire subir.
- Pas de douceur ? interrogea-t-il, ironique. Très bien. »
Il enleva sa main, la retourna subitement, la souleva par la taille et l'assit sur le plan de travail en se plaçant devant elle pour empêcher sa fuite.
« Tu préfères la manière forte ? questionna-t-il encore avant de remonter son jupon, de lui ôter sa culotte et d'écarter ses jambes afin de venir se placer entre celles-ci.
- Non… répondit-elle tristement en secouant la tête.
- J'entends beaucoup de non mais je ne te vois pas te débattre ou essayer de m'arrêter, dit-il en haussant un sourcil blond.
- Je… Je sais que je ne fais pas le poids contre vous… expliqua-t-elle piteusement.
- Ou plutôt peut-être que tu aimes ça ? N'est-ce pas ? Ça t'excite, pas vrai ? demanda-t-il en la tirant brutalement vers lui par l'arrière des genoux.
- Non… murmura-t-elle, la gorge serrée, en détournant son visage.
- Ah ! s'esclaffa-t-il, amusé par la situation, en rejetant sa tête en arrière.
- Pourrais-je savoir ce que tu es en train de faire ? » interrogea soudainement une voix froide et doucereuse.
Lucius lâcha les jambes de la jeune fille et se retourna calmement pour faire face à Severus qui était planté derrière lui et l'observait d'un regard noir.
« Je m'amusais un peu avec ta captive, répondit-il tout simplement. J'avais très envie de faire sa connaissance.
- Oui, et bien voilà qui est fait, me semble-t-il.
- J'aurais aimé approfondir notre discussion mais ce sera pour une prochaine fois, manifestement, déclara Malefoy à l'adresse de Jade, qui était toujours assise sur le plan de travail, tête baissée.
- Allons au salon, proposa Rogue à son ami. Quant à toi, va à l'étage et attends-moi dans ma chambre, exigea-t-il en parlant à sa captive.
- Maître, je…
- Silence ! l'interrompit-il vivement en attrapant son bras et en la forçant à descendre de son perchoir. Fais ce que je te dis et prends ça ! » ajouta-t-il sèchement en lui fourrant en mains son sous-vêtement qu'il avait ramassé par terre.
Jade referma ses doigts sur sa culotte, hocha la tête en la mettant dans sa poche, honteuse, et rejoignit bien vite les escaliers puis la chambre de son maître, où elle s'assit sur le lit en attendant sa venue.
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Environ une demi-heure plus tard, Rogue entra brusquement dans sa chambre, provoquant un sursaut de la part de la jeune fille, et lui asséna directement, en colère :
« Je vous avais pourtant bien dit de n'ouvrir la porte à personne !
- Maître, je suis désolée mais il a insisté et il a dit qu'il entrerait, même si je ne lui ouvrais pas, se défendit-elle.
- Et vous l'avez cru ? demanda-t-il, incrédule, en haussant un sourcil noir.
- Je ne voulais pas qu'il enfonce votre porte ni que vous trouviez votre ami mécontent en rentrant chez vous, expliqua-t-elle brièvement. Je ne savais pas quoi faire…
- Jamais il n'aurait pu entrer, si vous ne lui aviez pas ouvert cette fichue porte ! J'ai ensorcelé cette maison pour empêcher les intrus d'y pénétrer.
- Je… Je ne savais pas… balbutia-t-elle en tremblant.
- À quoi cela sert-il que je passe mon temps à essayer de vous protéger, si vous ouvrez au premier Mangemort qui vous le demande poliment ?
- Je suis désolée…
- Vous n'êtes qu'une petite idiote ! » trancha-t-il en approchant son visage à seulement quelques centimètres d'elle et en posant ses mains sur le matelas de part et d'autre de ses cuisses.
Jade ne répondit rien, se contentant de détourner la tête en pleurant silencieusement, et Severus se redressa et s'éloigna d'elle en soufflant et en se pinçant l'arête du nez pour tenter de retrouver son calme.
Au bout d'un long moment de silence, l'homme en noir demanda finalement :
« Vous a-t-il fait du mal ? »
Une fois encore, la jeune fille ne répondit pas, ses larmes roulant toujours librement sur ses joues roses, son regard perdu dans le tapis qui recouvrait le sol de la chambre.
Cette absence de réaction et de réponse fut la goutte d'eau pour Rogue qui ordonna alors de sa voix la plus froide et la plus terrifiante :
« Allez-vous-en.
- Quoi ? demanda Jade, surprise, en levant ses yeux verts vers lui.
- Je ne veux plus vous voir jusqu'à nouvel ordre. Alors disparaissez immédiatement de ma vue avant que je ne m'énerve pour de bon », l'avertit-il, menaçant.
Jade l'observa avec ses grands yeux de biche effarouchée, se demandant bien où il voulait qu'elle aille pour qu'il ne la voie plus tout en restant dans la maison, car elle ne pouvait pas sortir de chez lui, et il se rapprocha d'elle, la saisit par le bras, la releva vivement et la fit sortir de sa chambre sans ménagement.
« Dégagez ! » ordonna-t-il en la mettant dans le couloir avant de refermer violemment la porte sur elle.
La jeune fille tomba à terre, sur ses genoux, puis elle se redressa en époussetant sa robe, s'essuya les yeux et le nez du revers de sa manche et s'éloigna rapidement de la chambre de son maître.
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Elle avait passé le reste de la journée à l'éviter, changeant discrètement de pièce quand il arrivait où elle se trouvait et, à présent, il était l'heure pour elle d'aller se coucher mais elle ne savait pas ce qu'elle devait faire. Il lui avait dit qu'il ne voulait plus la voir jusqu'à nouvel ordre mais elle avait toujours été obligée de dormir avec lui… Ça risquait d'être compliqué…
Ne voulant pas lui déplaire encore plus aujourd'hui ni lui désobéir, Jade s'était finalement assise dans le couloir à côté de la porte de sa chambre pour réfléchir sur la technique à adopter dans cette situation. Elle s'était adossée contre le mur, avait relevé ses jambes contre sa poitrine et posé son menton sur ses genoux, attendant que l'inspiration divine tombe sur elle et lui dise comment agir.
Tout à coup, elle entendit la porte s'ouvrir et leva la tête pour voir son maître la toiser de toute sa hauteur dans l'encadrement de la porte.
Son visage toujours aussi fermé et froid qu'auparavant, il grimaça légèrement en la trouvant assise là, fit un signe sec de la tête vers l'intérieur de la pièce et l'engagea à entrer en soupirant :
« Allez, viens. »
Jade se releva prestement, passa devant lui en évitant son regard onyx et pénétra dans la chambre.
« Va prendre un bain puis couche-toi », ordonna-t-il avant de quitter la pièce.
La jeune fille fit ce qu'il lui avait ordonné et Rogue revint finalement dans sa chambre deux heures plus tard, après avoir terminé ses potions pour le Seigneur des Ténèbres.
Épuisé, il se contenta d'enlever ses chaussures, sa robe de sorcier et son pantalon et s'étendit dans son lit en caleçon en soufflant et en tournant le dos à Jade qui s'était éveillée en l'entendant pénétrer dans la pièce.
Sans trop savoir pourquoi elle agissait de la sorte, la jeune fille se rapprocha doucement de l'homme pour venir se presser contre son dos et poser une main sur son torse pâle.
« Non, ne fais pas ça, déclara-t-il après avoir brièvement fermé les yeux à son contact.
- Pourquoi ? demanda-t-elle innocemment.
- Parce que ce n'est pas ce que tu souhaites réellement.
- Je… J'ai envie d'être près de vous… affirma-t-elle timidement.
- Non, c'est faux. Tu as eu peur, tu n'as pas apprécié que je me mette en colère contre toi, que je te rejette et que je t'ignore et, maintenant, tu as besoin d'être rassurée. C'est tout, expliqua-t-il sagement.
- Je vous en prie, pardonnez-moi, supplia-t-elle en resserrant son étreinte autour de lui.
- Tu es pardonnée, soupira-t-il avant de souffler par le nez. Tu n'as pas besoin de faire ça. Lâche-moi, s'il te plaît. »
Jade le relâcha lentement et s'éloigna légèrement de lui avant de laisser ses larmes rouler sur ses joues roses.
L'entendant pleurer discrètement, Rogue se tourna vers elle, étonné, et, après plusieurs minutes de silence, il lui demanda gentiment :
« Que se passe-t-il ? Pourquoi pleures-tu ?
- Par… Parce que… ça va faire bientôt un an que mes parents et mes frères sont morts, que je me sens seule et que je suis triste… expliqua-t-elle tout simplement en plongeant ses yeux verts débordant de larmes dans les siens.
- Je comprends et je suis navré pour toi… répondit-il, sincère. Mais je ne peux rien faire pour t'aider.
- Si… Vous pouvez faire quelque chose… le contredit-elle en hoquetant.
- Laquelle ? interrogea-t-il, incrédule, en haussant un sourcil noir.
- Je… Je voudrais juste… un câlin… s'il vous plaît… » l'implora-t-elle en fixant intensément ses prunelles onyx.
Severus l'observa longuement sans rien dire puis, finalement, il tendit son bras vers elle, la rapprocha de lui et posa son menton sur sa tête tandis qu'elle se blottissait contre son torse avant de se recroqueviller contre lui, de fermer les yeux et de soupirer :
« Merci. »
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Ce n'était qu'une enfant, se répétait Rogue en caressant doucement son dos et ses cheveux alors que, de toute la nuit, elle n'avait pas voulu quitter ses bras qui semblaient étrangement la rassurer. Une enfant en mal d'amour et de tendresse. Une enfant qui aurait tout donné pour un peu d'attention et de douceur. Une enfant effrayée qui avait été projetée dans un monde qui n'était pas le sien. Une enfant qui avait assisté, impuissante, à l'assassinat de toute sa famille. Une enfant qui avait déjà vu et vécu beaucoup trop d'horreurs pour son âge. Une enfant à qui il avait dû arracher son innocence mais qui, pourtant, semblait lui avoir pardonné.
« Il faut que je me lève, Jade, murmura-t-il à son oreille.
- Oui, d'accord », répondit-elle en le serrant plus fort avant de le relâcher pour lui permettre de se lever.
Rogue s'éloigna d'elle puis quitta son lit pour se rendre dans la salle de bain afin de se doucher et de s'habiller pour la journée.
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Quelques jours plus tard, en début d'après-midi, alors qu'il s'apprêtait à sortir pour faire quelques courses rapidement, Severus demanda à la jeune fille :
« Vous n'avez besoin de rien ?
- Non, je vous remercie, répondit-elle en secouant la tête.
- Vous en êtes certaine ? insista-t-il en fronçant les sourcils. Même pas de produits d'hygiène féminine ?
- Heu… réfléchit-elle alors, perplexe. Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Ça va faire près de deux mois. »
Les yeux de Jade s'arrondirent sous la surprise, ne s'étant pas aperçue qu'autant de temps s'était déjà écoulé, et elle baissa son regard sur son ventre, inquiète.
« Que se passe-t-il ? interrogea Rogue lorsqu'elle releva ses yeux verts pour les plonger dans les siens.
- Je… Je n'ai pas eu mes règles… expliqua-t-elle brièvement.
- Combien de retard avez-vous ?
- Environ un mois.
- Cela vous était-il déjà arrivé auparavant ? questionna-t-il encore.
- Non, jamais, rétorqua-t-elle aussitôt.
- Bon… soupira-t-il en se passant une main dans les cheveux, embarrassé. Allongez-vous sur le canapé, s'il vous plaît. Il faut que nous en ayons le cœur net.
- Vous croyez que… voulut-elle demander en se couchant sur le fauteuil.
- Je ne sais pas mais nous allons rapidement être fixés », l'interrompit-il.
La jeune fille n'insista pas et s'installa sur le dos puis Rogue dégaina sa baguette magique et prononça une incantation latine en passant au-dessus de son ventre, avant de la ranger. Quelques secondes plus tard, une lumière dorée éclaira l'abdomen de Jade et l'homme en noir devint encore plus pâle qu'il ne l'était déjà.
« Je suis enceinte, énonça-t-elle à voix haute en recherchant sa confirmation dans sa voix ou dans son regard, même si elle savait déjà que c'était ça.
- Oui… murmura-t-il d'une voix à peine audible en acquiesçant faiblement.
- D'accord, approuva-t-elle en essayant d'intégrer l'information avant de souffler un bon coup.
- Je… Je suis navré, déclara-t-il après plusieurs secondes de silence. J'aurais dû vous lancer un sort contraceptif mais je ne voulais pas vous effrayer davantage et puis c'était votre première fois, jamais je ne me serais douté que vous puissiez tomber enceinte aussi facilement…
- Il suffit d'une seule fois, répondit-elle, songeuse.
- Je sais. »
La jeune fille s'était redressée pour s'asseoir sur le fauteuil et un long silence s'installa entre eux jusqu'à ce que Rogue ne le rompe en décrétant fermement :
« Je vais vous préparer une potion abortive.
- Quoi ? interrogea Jade en relevant son visage stupéfait vers lui.
- C'est la solution la plus rationnelle. Je ne vais pas vous obliger à porter l'enfant d'un vieux Mangemort comme moi et à devenir mère à 17 ans. En plus, je ne sais pas quel accueil le Seigneur des Ténèbres ferait à ce bébé, alors autant l'éliminer avant que tout le monde n'en souffre, expliqua-t-il, résolu, avant de grimacer légèrement.
- Vous ne voulez pas de cet enfant ?
- Là n'est pas la question. C'est le choix le plus avisé, répondit-il, inflexible. Rassurez-vous, je ferai en sorte que vous ne souffriez pas pendant le processus d'élimination du fœtus », ajouta-t-il avant de disparaître derrière la porte de son labo.
Ses courses définitivement oubliées, Severus avait passé quatre heures à préparer une potion abortive pour la jeune fille en la combinant avec une potion anti-douleur pour lui éviter les désagréments qui accompagnaient souvent la perte d'un bébé avant le terme.
Extrêmement concentré sur sa tâche, il n'entendit pas la porte de la pièce s'ouvrir pas plus qu'il ne vit Jade approcher doucement de lui.
Lorsqu'il la remarqua enfin, après avoir éteint le feu sous son chaudron, il déclara simplement :
« La potion est prête mais elle doit refroidir et reposer toute une nuit. Vous pourrez la boire demain.
- Vous allez m'obliger à la boire ? demanda-t-elle alors.
- Je vous demande pardon ? rétorqua-t-il en arquant un sourcil, pas certain d'avoir compris.
- Je n'en veux pas.
- Vous ne voulez pas de ma potion ? répéta-t-il, incrédule.
- Non, dit-elle en secouant la tête.
- Vous préféreriez avoir recours à la médecine moldue ? interrogea-t-il alors.
- Non plus.
- Mais… que voulez-vous dans ce cas ?
- Je ne veux pas me débarrasser de ce bébé. Je souhaite le garder.
- Vous voulez garder cet enfant ?
- Oui.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il y a déjà eu beaucoup trop de morts et que je ne veux pas qu'il y en ait un de plus. Il n'a rien fait.
- Jade, vous avez 17 ans, vous êtes une Moldue et vous êtes mon esclave. Vous ne voulez pas garder cet enfant qui est le résultat d'un viol. C'est impossible, tenta-t-il de la raisonner.
- Techniquement, vous ne m'avez pas violée puisque je vous ai laissé faire.
- Peu importe, vous ne pouvez pas avoir envie de le garder, s'emporta-t-il. Je ne sais même pas s'il sera frappé du même sortilège que vous qui vous lie à moi ni s'il sera considéré comme libre ou comme un esclave lui aussi.
- Je ne veux pas le tuer… répéta-t-elle en secouant la tête de gauche à droite.
- Vous ne vous rendez pas compte de ce que cela implique. Vous ne pouvez pas vouloir laisser grandir en vous, donner la vie, allaiter, soigner et vous occuper de l'enfant d'un Mangemort comme moi ! s'exclama-t-il vivement.
- Si vous avez peur qu'il ne soit pas bien traité ou que je ne l'aime pas, vous pouvez être rassuré, je l'aime déjà, répliqua-t-elle fermement en posant doucement une main sur son ventre.
- Mais comment… murmura-t-il, incrédule.
- Écoutez, je… je vous ai toujours obéi, j'ai toujours exécuté le moindre de vos ordres et je le ferai toujours mais, je vous en supplie, ne m'obligez pas à boire cette potion », demanda-t-elle, les larmes aux yeux, devant un Rogue abasourdi.
Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plus ;-)
A la prochaine!
Bisous ;-)
