Bonjour à toutes et à tous,
Après un peu d'attente, voici le chapitre suivant. La fiction touche bientôt à sa fin. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en review !
Bonne lecture !
Victoria
La fin de la matinée avait été globalement calme. Tous vaquaient à leurs occupations, certains se reposant, d'autres s'employant à éloigner les pensées sombres. Lorsque le déjeuner fût prêt, chacun prit place autour de la vieille table gravée et mangea plus par nécessité que par envie.
Les conversations tournèrent autour de la reconstruction de Poudlard et de l'assainissement des couloirs du Ministère. Le travail était ardu pour déceler les pro-Voldemort et ceux qui n'avaient fait que sauver leur vie. Arthur racontait de nombreuses histoires de Mangemorts qui tentaient de se repentir, se défendant d'avoir été sous Imperium pendant des mois.
Harry trouvait cela répugnant. Bien des Mangemorts s'étaient enfuis à l'annonce de la mort du Seigneur des Ténèbres et ils devaient payer pour leurs crimes. Harry voulait faire partie de ceux qui poursuivraient la traque. Devenir Auror était son souhait depuis qu'on lui avait posé la question en cinquième année et cela n'avait pas changé malgré les épreuves qu'il avait surmontées ces derniers mois.
Il était dans ses pensées quand deux hiboux Grand-Duc tapèrent contre la vitre. Arthur haussa les sourcils, ne reconnaissant ni l'un, ni l'autre. Il ouvrit la fenêtre et prit les missives. Hermione se chargea de les nourrir afin qu'ils effectuent leur voyage de retour. L'une était adressée à « Harry James Potter, le Terrier, Loutry Ste Chaspoule » et l'autre à « Mr et Mrs Weasley, le Terrier, Loutry Ste Chaspoule ».
Ils ouvrirent les deux simultanément et les lurent silencieusement, chacun ayant des lecteurs clandestins par-dessus leurs épaules. Les yeux parcouraient, ligne après ligne, un sourire naissant sur leurs lèvres et leurs traits se détendant manifestement. La lettre émanait du Ministre lui-même. Ils étaient convoqués au Ministère en vue d'une restitution. Il n'était pas précisé quoi mais tous savaient de quoi Kingsley parlait. Il souhaitait seulement faire preuve de prudence. Dès lors que les journaux seront au courant, il sera difficile de se cacher constamment.
Ils se pressèrent de terminer leur repas, l'engloutissant plus qu'autre chose puis se mirent en route pour le Ministère. Une fois sur place, il semblait que ce dernier était encore plus encombré que le matin-même. Rapidement, ils furent repérés par deux Aurors qui les amenèrent directement au bureau du Ministre. Une fois sur place, ils rencontrèrent Andromeda Tonks, que Harry, Ron et Hermione ne connaissaient pas encore. Elle tenait dans ses bras un nourrisson dont Molly s'approcha comme si ce dernier était de sa propre famille. Mrs Tonks laissa le bébé à Mrs Weasley et releva la tête vers Harry. Ce dernier ne s'attendait pas à rencontrer aussi tôt la mère de Dora, cette femme qui avait perdu son mari, sa fille et son gendre dans la même guerre. Celle qui avait été reniée par sa famille du fait de son alliance avec un Né-Moldu. Celle qui ressemblait tant à ses sœurs, Narcissa et Bellatrix.
Elle hocha la tête en signe de salutation, que Harry lui rendit. Il avança vers elle, désirant se présenter en bonne et due forme.
- Ce qu'on disait est vrai : tu ressembles beaucoup trop à ton père. J'espère que tu n'as pas pris ses traits d'esprit.
Harry sourit à cette entrée en matière, reconnaissant bien là le flegme des Black.
- Je suis désolée pour tout ce que vous avez enduré, Mrs Tonks, dit Harry.
Elle le regarda attentivement, semblant le sonder jusqu'au fond de son âme. Harry aurait pu se sentir déranger par cette introspection mais cette femme avait une aura imposante. Un mince sourire s'étira sur les lèvres de Mrs Tonks avant d'ajouter :
- Nous avons tous connu des pertes, tu le sais plus que quiconque.
Et elle se tourna vers son petit-fils qui babillait dans les bras de Mrs Weasley.
Ils trépignèrent d'impatience chacun à leur manière. Hermione longeait les étagères avec une curiosité débordante, Ron mangeait les bonbons à disposition sur la petite table basse, Harry tripotait nerveusement sa baguette dans la poche de sa cape, Arthur serrait et desserrait ses doigts autour de la main de sa femme qui tentait de se ventiler sans grande réussite.
Kingsley arriva, encadré de ses gardes du corps habituels. Les sorciers déjà présents dans le bureau froncèrent les sourcils, ne voyant pas leur famille et leurs amis. Quand tous furent dans la pièce, les sorciers passèrent devant le Ministre et un sortilège sembla s'éteindre lentement. On pouvait voir des cheveux reprendre leur couleur naturelle, des barbes reprendre leur place, des yeux changer de teinte.
Les Revenants avaient repris leur allure normale sous les yeux ébahis de leur entourage. Harry s'avança doucement vers ses parents, ne croyant toujours pas ce qu'il avait sous les yeux. Tonks et Remus s'approchèrent de Molly et prirent leur fils dans leurs bras. Fred, abasourdi par la vue de ses parents pleurant à chaudes larmes, les prit dans ses bras et les embrassa comme si sa vie en dépendait. Ginny et Ron s'ajoutèrent à l'embrassade sous le regard attendri du reste de la réunion.
- Je ne pensais certainement pas voir cette scène un jour mais je peux vous assurer que c'est la plus belle chose qu'il m'ait été donnée de voir depuis de nombreuses années, assura Kingsley.
Tous prirent conscience du manque d'intimité de ce rassemblement. Ils s'éloignèrent imperceptiblement, gardant tout de même le contact physique.
- Bien, maintenant que nous sommes tous présents, il est nécessaire que nous fassions le point.
Il laissa toutes les personnes présentes s'installer confortablement et reprit la parole. Robards fit son apparition, accompagné de Diggle et Jones.
- Les vérifications ont été faites et personne ne pourra nous reprocher d'avoir été si précautionneux. Maintenant, j'ai prévu de faire une conférence de presse devant des journalistes triés sur le volet. Je ne peux pas me permettre de choisir les journalistes comme pouvaient le faire mes prédécesseurs.
- Ces vérifications n'étaient pas nécessaires, vous aviez suffisamment d'informations, contra James.
- Effectivement, James. Toutefois, l'utilisation du Véritaserum oblige à un compte-rendu sous les regards effrayés des Revenants. Je ne rendrai pas ce compte-rendu public, rassura le Ministre, mais, dans l'intérêt général, il faut que tout le monde sache que ce compte-rendu est bel et bien existant.
- Comment allez-vous présenter ça ? demanda Harry.
- Je vais avancer l'hypothèse qui me paraît la plus entendable aux yeux de tous : la puissance du Survivant mêlée à la puissance de Voldemort a réussi un miracle que personne n'aurait cru possible. Il a fallu que les deux génèrent l'essence de leur puissance magique pour y parvenir. D'ailleurs, le Survivant a une nouvelle fois survécu au sortilège de la Mort.
- Et ensuite ? Se peut-il que Harry ait des ennuis auprès de la communauté sorcière ? demanda Lily.
- Il est possible que certains veuillent qu'ils reproduisent ce miracle pour leurs proches, on peut s'y attendre en tout cas. Il faudra peut-être se cacher quelques temps, admit Kingsley.
- Nous ferons ce qu'il faut pour assurer la sécurité d'Harry, assura Sirius.
- C'est avant tout votre sécurité qui est en cause, dit Robbards. Nous savons de source sûre que des Mangemorts se sont rassemblés mais nous ne savons pas encore où. Les maisons de Mangemorts connus ont toutes été fouillées de fond en comble.
- Avez-vous essayé la maison de Peter Pettigrow ? demanda Hermione.
Un froid fût jeté sur la pièce. James, Sirius et Remus, s'étaient tendus, l'éclat dans les yeux de Lily s'étaient fanés et Harry, Hermione et Ron étaient renvoyés dans les cachots des Malefoy le temps d'un souvenir.
- Nous ne sommes pas allés de ce côté-là. Les éléments en notre possession nous prouvent que Pettigrow vivait avec Voldemort au Manoir Malefoy.
- Vous n'avez pas pu vérifier un endroit que vous ne connaissiez pas, dit James.
- Quel endroit ? interrogea Robbards.
- Nous avions prévu un lieu connu de nous deux seulement, dit James en désignant Lily. Peter était notre Gardien du Secret et devait être isolé. Nous avions trouvé une petite maison en France, non loin de … Mince c'était quoi déjà ce nom imprononçable ? dit-il en regardant sa femme.
- Strasbourg, répondit Lily avec un fort accent anglais.
- Oui voilà, Strabsbourgue. Ce logement nous appartient toujours. Je suis sûre que les gobelins pourraient retrouver l'adresse, elle a dû être mise dans notre coffre après notre mort.
- En parlant de votre coffre, vos baguettes s'y trouvent. Vous pourrez les récupérer en laissant Harry y aller pour vous couvrir pour le moment. Concernant le logement, nous allons étudier cette piste, il faudra qu'on en discute rapidement ensemble, dit Robbards.
Ron toussa bruyamment, attirant sur lui regard de l'ensemble de la pièce.
- Je ne suis pas sûr que les gobelins apprécient qu'on se pointe à nouveau à Gringotts de sitôt…
Harry et Hermione blanchirent à vue d'œil sous l'œil de leurs familles, lesquelles n'étaient pas tous au courant de l'affaire.
- En effet, il faudra certainement vous plier à des vérifications bien plus longues qu'un simple Véritasérum, sourit le Ministre avec indulgence. Toujours en lien avec votre sécurité, il faut déterminer un logement temporaire que nous protégerons d'éventuelles intrusions, ajouta Kingsley.
- Il est évident que toutes ces personnes sont les bienvenues au Terrier, s'exclama Molly.
- Nous vous sommes très reconnaissants, Molly, répondit Tonks. Mais nous serions trop nombreux chez vous et nous pouvons tout aussi bien vivre chez maman quelques temps, dit-elle en regardant sa mère qui approuva d'un signe de tête digne.
- Le Square Grimmaurd est également une autre option, ajouta Harry. Nous l'avons un peu utilisé au début de nos recherches, il faudrait le remettre en état avant tout.
- Excellent idée ! s'écria Sirius. On pourra faire des farces à cette bonne vieille Walburga, elle doit être rouillée d'avoir été seule aussi longtemps.
Il éclata d'un rire semblable à un aboiement de chien qui était contagieux au milieu de toute cette tension. Il fût décidé que les Potter et Sirius iraient au Square Grimmaurd, Tonks et Remus chez Andromeda et Fred chez ses parents. Harry se sentit tiraillé entre deux maisons, entre deux familles.
Ce sentiment l'assaillit sans qu'il ne le comprenne. Il voulait plus que tout être avec ses parents. Il voulait profiter de leur présence non pas pour rattraper le temps perdu car il était conscient que ce dernier ne pouvait être regagné. Toutefois, il espérait construire de nouveaux souvenirs avec eux, discuter de cette année qu'ils avaient passée ensemble, de l'histoire de leur famille, de leur rencontre, de leurs années à Poudlard, tout ce dont il n'avait pu profiter auparavant. Mais, dans le même temps, leur présence constante l'angoissait. Il avait toujours dû prendre des décisions seul, déterminer dans l'urgence ce qui devait être fait pour le bien de tous en s'oubliant le plus souvent. Et, plus la présence de ses parents s'imposait dans sa réalité, plus cette angoisse lui dictait sa façon de penser. Il fallait qu'il se concentre pour ne pas laisser sa magie exploser comme la veille. Il était dans un univers qui n'appartenait qu'à lui ce qui le fit décrocher de la conversation qui se déroulait. Ses yeux regardèrent le vide un long moment, ne fixant aucun point. Un brouillard s'étendit dans son esprit, l'étourdissant momentanément. Lily le remarqua et s'arracha à la conversation, posa ses mains sur ses joues pour que son regard se fixe sur son visage.
Harry reprit conscience avec la réalité à cette sensation. Ses émeraudes se posèrent sur ceux de sa mère, y lisant tout l'amour qu'elle lui portait et toute l'inquiétude qu'elle pouvait ressentir actuellement. Elle lui murmura les mots d'une mère, les mots rassurants qu'elle aurait aimés lui dire à chaque moment de doute, de peur, de crainte. Il s'accrocha à ces mots pour ne pas exploser.
- Ne te pose pas ces questions maintenant, mon chéri. On a toute une vie pour les créer ces souvenirs.
Harry resta interloqué jusqu'à ce que James intervienne.
- Ta mère a toujours eu la merveilleuse mais parfois fâcheuse habitude de cerner les gens avec brio. Je pense que tu viens d'en faire les frais, mon fils, dit-il en riant légèrement malgré sa propre inquiétude quant à leur futur.
Harry se détendit et reprit la conversation en cours. Cette dernière tournait désormais autour de la stratégie à adopter pour dévoiler leur retour. Hermione était favorable à l'appel de leur ancien camarade, Lee Jordan, qui avait fait des merveilles pendant la guerre pour communiquer à la radio avec les résistants. Il se chargerait de retransmettre l'interview radiophonique du Ministre.
- Nous avons convenu qu'il fallait faire une annonce de masse à travers la Gazette pour qu'un maximum de nos concitoyens soient sur la bonne fréquence ce jour-ci.
- Quand aura lieu cette interview ? demanda Arthur.
- Lundi prochain, soit dans quatre jours. D'ici là, vous devrez vivre cachés, personne ne doit connaître votre existence. Je vais faire placer des Aurors au Terrier parce qu'il est évident que Harry vit là-bas, tout le monde le sait. En ce qui concerne les autres lieux, le Square est déjà incartable et votre demeure n'est pas connue du grand public, Mrs Tonks. Mais si vous le désirez, je ferai le nécessaire.
- Ca ira, Monsieur le Ministre, je suis bien entourée et certainement pas sans défense, répondit Andromeda.
- Bien, dans ce cas, vous allez reprendre le Polynectar pour ressortir et vous rendre dans vos logements respectifs.
Molly s'avança vers les Potter pour les prendre tous les trois en aparté.
- Je comprendrai que vous ne souhaitiez pas être séparés, commença Molly, un trémolo dans la voix. Tu sais que le Terrier sera toujours ta maison, Harry, si tu le souhaites. Il en va de même pour vous deux, ce serait un plaisir de vous recevoir chez nous. Nous avons suffisamment de place pour tout le monde.
- C'est gentil, Molly, répondit James. Nous vous serons éternellement reconnaissants pour ce que vous avez fait pour Harry. Mais Sirius…
- Ne voudra pas venir au Terrier ? ajouta Arthur en les rejoignant. Je n'en suis pas si sûr. La cohabitation avec sa mère s'est mal passée la dernière fois. Il pourrait vouloir gagner quelques jours de répit.
- Et, nous pourrions gagner quelques jours pour apprendre à nous connaître avec Harry, dit Lily en regardant son fils.
James était sceptique sur le choix de Sirius mais se rangea à l'avis de sa femme. Il avait hâte de pouvoir discuter avec Harry de Quidditch, de Poudlard, de Ginny, de sa famille. Et il se doutait que son fils aurait besoin d'eux dans les jours à venir.
Sirius ne s'offusqua pas mais demanda à rentrer chez lui tous les soirs ce que chacun accepta. Il laisserait les Potter au Terrier mais comprenait bien leur besoin d'essayer de construire ce cadre familial si longtemps délaissé.
Tous rentrèrent au Terrier, hormis les Tonks-Lupin, pressés de revoir leur fils, en passant par les cheminées. Une fois sur place, Fred reprit rapidement ses habitudes, sous l'œil averti de Molly qui voyait ses jumeaux s'extasier de leurs retrouvailles. Hermione et Ginny s'éclipsèrent dans leur chambre, ayant manifestement bien des choses à se dire. Ron échangea un regard avec Harry. Ils estimèrent que le temps était bon aller voler quelques temps, laissant les adultes entre eux. Le couple Weasley invita les Potter à s'installer. Ils parlèrent des conditions de leur détention. Ils avaient été bien traités, nourris, soignés. On les avait mis au courant des derniers évènements, on leur avait parlés de Harry et de son périple.
Au bout de près d'une heure, James ne tenait plus en place. Il voulait sortir à l'air libre, voir son fils voler. Il s'excusa et sortit de la maison, tendant l'oreille pour déceler le bruit d'un balai qui vole. Son ouïe ne le trompa pas et il prit la direction de la petite colline. Une fois de l'autre côté, il put observer son fils avec une fierté non dissimulée. Ce dernier était bien meilleur que lui au même âge. Il n'hésitait pas à effectuer des feintes plus dangereuses les unes que les autres avec une maîtrise rare. Il sentit une présence à ses côtés et reconnut le parfum de sa femme. Elle s'installa et observa elle aussi son fils, quoiqu'un peu plus tendue que son époux en voyant les risques que ce dernier prenait.
- J'ai peur, James.
- Moi aussi, Lily Jolie. De quoi as-tu peur, toi ?
- De ne pas être à la hauteur. De ne pas réussir à être une mère pour Harry. J'ai l'impression qu'on m'a volé tant d'années que je ne pourrai jamais devenir la mère que j'aurais dû être. Et toi ?
- De ne pas être capable de vous protéger une nouvelle fois, surtout depuis que j'ai appris que Harry était certainement plus puissant que nous deux réunis. Même si nous n'y pouvions rien, notre mort reste un échec pour moi.
- A ce que je vois, nous n'avons pas réglé nos satanés névroses d'avant notre mort. J'ai l'impression d'avoir la même conversation que ces dizaines de fois pendant ma grossesse.
- Tu as raison, rit James.
Ils regardèrent devant eux et virent un nouveau balai dans les airs. Ils reconnurent Ginny qui s'était joint à eux. Hermione arriva près d'eux et s'assit, regardant ses meilleurs amis évoluer dans les airs.
- Tu ne voles pas, Hermione ? demanda Lily avec étonnement.
- Non, je préfère le plancher des vaches, dit-elle sous le regard ahuri de James et le rire prononcé de Lily.
- Jolie expression moldue, reconnut la jeune rousse.
Un silence tendu s'étendit entre eux trois que Hermione choisit de briser au bout de quelques minutes.
- Ne vous en faites pas pour Harry, il est plein de ressources.
- Pourquoi dis-tu cela ? demanda James.
- Ca fait sept ans que je le connais. Au début, rien n'était supposé nous rapprocher, tout nous opposait à vrai dire. Et puis, un jour, il s'est mis en danger pour me sauver. Harry a toujours pensé aux autres plus qu'à lui-même. C'est pour ça que nous étions là, Ron, moi et maintenant Ginny, pour lui rappeler qu'il a le droit de prendre soin de lui. Je crois que maintenant, il a compris. Il n'aura peut-être pas les mots pour vous le dire, mais il a envie d'être avec vous. Laissez-lui juste un peu d'espace.
- Merci, Hermione, dit Lily. Je vois que vous êtes très proches.
- Harry est comme un frère pour moi. Celui qui vous protège mais qu'il faut parfois réfréner parce qu'il agit plus vite qu'il ne réfléchit. Alors oui, nous sommes très proches.
- Nous n'avons pas pu reparler de cette Pierre, Hermione, dit Lily en fixant la brune.
Hermione tourna la tête vers la femme rousse à ses côtés et sourit doucement. La ténacité était décidément un trait de famille.
- La Pierre que vous avez trouvée est la Pierre de Résurrection, l'une des trois Reliques de la Mort. Comme Harry vous l'a dit la dernière fois, le conte possède une base réelle et cette base se trouve être les trois objets créés par les frères Peverell. Autant la baguette de Sureau a traversé les siècles au gré des duels gagnés, autant la Pierre et la Cape d'invisibilité ont été léguées de génération en génération, comme ça a pu être le cas pour vous, James. Toutefois, seule la Cape se révèle être inoffensive. La Baguette est objet de convoitise et la Pierre peut rapidement vous rendre dépressif. Elle rend partiellement accessible des êtres chers sans que ces derniers fassent réellement partie du monde des vivants. Aussi, Harry a pris la décision de remettre la Baguette avec Dumbledore en espérant que son pouvoir s'éteindrait à sa mort et il a perdu la Pierre dans la Forêt dans l'espoir que personne ne la trouve. Il va falloir que nous la cachions. Il ne faut pas qu'elle soit retrouvée, elle a déjà fait assez de dégâts sur son passage.
- Qui a fait des dégâts ? demanda Ron, se posant à côté de sa petite amie.
Les trois joueurs de Quidditch se posèrent en haut de la colline. Ils parlèrent quelques temps des Reliques tandis que Harry tenait la Pierre dans sa main.
- Comment l'as-tu trouvée ? demanda-t-il à sa mère.
- Dans la Forêt Interdite, quand je me suis réveillée. J'ai trébuché dessus. Elle ne ressemblait à aucune pierre pouvant se trouver dans la Forêt. J'ai été intriguée, c'est vrai.
- Et dire que je pensais l'avoir bien perdue…
- Tu devrais essayer de la ranger, peut-être que ce serait plus efficace, dit Ron sur le ton de la plaisanterie.
- J'ai pensé à quelque chose à propos des Reliques et de votre retour, dit Harry. Ca me semble un peu tiré par les cheveux mais… Est-ce que ce ne serait pas une combinaison de plusieurs facteurs qui aurait entraîné votre retour ?
- Qu'entends-tu par là ? questionna Hermione.
- Je veux dire que Voldemort et moi nous sommes battus ce qui a généré une grande puissance, que j'ai marquée de mon empreinte magique les Reliques et, je me demandais si le fait que je sois le descendant de l'un des Peverell n'ait pas quelque chose à voir avec leur retour ?
Hermione réfléchit, de même que ceux qui les entouraient. Cela tombait sous le sens et rendait les Reliques encore plus dangereuses.
- Raison de plus pour cacher cette pierre alors, décida James. Il est plus prudent que personne ne tombe dessus.
- Nous allons devoir retourner à Poudlard dans ces cas-là, dit Harry.
- Où ça ? demanda Lily.
- Je … Euh… Il serait préférable que je ne vous dise rien pour que vous ne soyez pas tentés vous non plus.
- Mais, et vous quatre ? répliqua Lily.
- Nous avons déjà été confrontés à cette situation et l'objet que nous y avons caché n'a jamais été retrouvé et nous n'avons même jamais repensé à lui avant maintenant. C'est mieux comme ça, dit Ginny.
- C'était le … Livre de potions de Rogue, avec toutes ses annotations, ajouta Harry.
Hermione, Ron et Ginny hochèrent la tête. Lily et James ne comprirent pas de suite.
- Rogue y avait ajouté des formules de son cru, des formules de magie noire.
Les yeux de Lily semblèrent sortis de leurs orbites tandis que James serrait les poings.
- Je ne savais pas qui était le Prince de Sang-Mêlé et, un jour, alors que Malefoy voulait me lancer le Doloris, j'ai utilisé l'un de ses sorts… Il aurait pu mourir si Rogue n'avait pas reconnu son sort et était intervenu…
- Toujours est-il que c'était de la magie noire ! dit James. Rah … Ce serpent pourrit toujours la vie de ceux qui l'entourent.
- James, prévint Lily.
- Ah non, tu ne vas pas encore le défendre !
- Je vais me gêner ! Je te rappelle que c'est en partie grâce à lui si Harry est en vie et si Voldemort n'est plus de ce monde ! Ne l'oublie pas !
- Tu as raison, il y a des discussions qu'on aura avant et après notre mort. Les disputes aussi d'ailleurs.
Sur ces mots, James se leva et partit en direction du Terrier, laissant les plus jeunes immobiles en haut de la colline.
