Note : Voici un one-shot très court écrit sans contexte ni but particulier, juste pour le plaisir d'écrire du fluff (et de faire rougir Mal)


Romance / Fluff

Mal/Evie


— Pourquoi il y a tant de monde ici ?

Mal croisa les bras tout en lançant un regard noir à la foule qui les entourait, visiblement mal à l'aise alors qu'elle faisait la queue avec Evie. Cette dernière lui adressa un sourire compatissant, consciente qu'elle était peu habituée à se retrouver dans ce genre de situation.

Il ne fallait pas côtoyer Mal depuis fort longtemps pour réaliser qu'elle n'aimait pas les gens et que ses compétences en relations sociales avoisinaient le zéro. Elle n'était à l'aise et ouverte qu'en très petits comités, entourée par ses amis proches, qui se comptaient sur les doigts d'une main. Et la situation actuelle était à mille lieux de ça, puisqu'elle se trouvait dans une pièce immense, encerclée par des centaines d'inconnus et prise au piège d'un brouhaha particulièrement oppressant.

— C'est vendredi soir et il y a une promo sur les places de cinéma. Ce n'est pas étonnant que tout le monde veuille en profiter, répondit doucement Evie.

Mal fronça les sourcils et se renfrogna un peu plus.

— Et pourquoi est-ce que nous, nous sommes là ?

Evie laissa échapper un petit rire amusé.

— C'était ton idée, tu te souviens ? lui rappela-t-elle en penchant légèrement la tête sur le côté, ses yeux d'un brun caramel intense posé sur Mal.

Les sourcils de cette dernière se froncèrent encore plus, si c'était possible, et elle plissa le nez au souvenir. C'était effectivement son idée. La pire idée de sa vie. Rien sur terre ne justifiait de se mettre dans une situation pareille, de venir volontairement perdre son temps au milieu de la foule uniquement pour payer le droit de se faire enfermer dans une salle sombre, tout ça pour regarder un film stupide et inintéressant.

Absolument rien.

— On peut toujours partir si tu veux.

Rien, sauf une personne.

Le cœur de Mal rata un battement en voyant l'expression soucieuse sur le visage d'Evie et elle expira pour relâcher la pression, allant même jusqu'à sourire légèrement.

— Non, murmura-t-elle. Je veux être ici. Je veux partager ça avec toi.

— Tu es sûre ? Ça ne me dérange pas de continuer à regarder des films avec toi dans ton salon, il n'y pas besoin de forcément venir au cinéma.

Mal secoua la tête, déterminé à avoir le dernier mot.

— Tu mérites un vrai rendez-vous, E. On ne peut pas toujours rester enfermées chez moi parce que le reste du monde est stupide. Je veux t'offrir ça. Je veux t'emmener au cinéma, et au restaurant, et passer des bons moments avec toi, en public.

La manière dont le visage d'Evie s'illumina et l'expression de tendresse et d'adoration qui apparut dans son regard valaient honnêtement un milliard d'heures supplémentaires passées à attendre dans ce hall de cinéma bondé. Incapable de contenir son excitation et son plaisir, l'adolescente adressa un immense sourire à Mal et l'embrassa doucement sur les lèvres.

Ce fut un baiser rapide et discret, qui dura moins d'une seconde. C'était loin d'être leur premier baiser - elles en avaient partagés des biens plus longs, et bien plus intenses - mais c'était la première fois qu'elles s'embrassaient en public, loin du confort et de la protection du salon de Mal, ou de la chambre d'Evie.

Mal resta figée de stupeur, son cœur battant fort dans sa poitrine alors qu'elle était plus que consciente de la présence de tous ces inconnus autour d'elles. Des dizaines et des dizaines de personnes qui avaient vu ce baiser, et qui pouvaient à présent voir les doigts d'Evie glissés dans les siens. Sans qu'elle ne puisse le contrôler, elle sentit son visage tout entier se mettre à chauffer dans un mélange confus de bonheur, d'amour, de malaise, de gène et de fierté.

Une petite part d'elle souhaita se faire engloutir par le sol, pour disparaître et ne plus avoir l'impression d'être le centre de l'attention. Mais tout le reste de son corps et de son esprit ne changerait de place pour rien au monde, préférant rester ici, serrer ses doigts contre ceux d'Evie et écouter son rire qui résonnait à nouveau, merveilleux, doux et mélodieux. Avec tendresse, elle se pencha à nouveau vers Mal, mais plutôt que de prendre la direction de sa bouche, elle approcha ses lèvres de son oreille.

— Tu es adorable quand tu rougis comme ça, lui chuchota-t-elle.

Le visage de Mal ne fit que s'embraser davantage.