Romance/Fluff (ce truc est mielleux à l'excès)
Mal/Evie
Quand Evie était accaparée par une tâche, elle n'était pas facilement déconcentrée. Que ce soit de la couture, de la lecture ou de l'étude, elle plongeait tellement fort dans son travail qu'il était dur de capter son attention.
C'est pour cette raison qu'elle fut un peu déconcertée d'être tirée de son manuel de biologie alors qu'autour d'elle, aucun bruit n'avait retenti. Mais ce qui avait attiré son attention n'était pas un bruit, c'était autre chose.
Elle se sentait observée. Mais pas de manière négative ou malsaine, non. Simplement avec beaucoup trop d'intensité pour que cela passe inaperçu.
Clignant des yeux pour évacuer le brouillard de leçons sur les enzymes qui occupaient son esprit un instant avant, elle leva la tête pour parcourir la pièce du regard, et ses yeux s'arrêtèrent sur Mal, installée sur son lit, qui la fixait avec une expression étrange et un sourire adorateur sur les lèvres.
— Mal ? appela Evie, penchant la tête sur le côté avec curiosité.
— Est-ce que tu réalises à quel point tu es magnifique ?
Mal n'avait pas bougé d'un millimètre en prononçant ces mots, contemplant toujours Evie avec cette sorte de fascination dans les yeux, comme si elle la découvrait pour la première fois. Evie rougit malgré elle sous le compliment soudain et secoua la tête, comme pour le rejeter.
— Ne dis pas de choses stupides, répondit-elle. Je suis restée dans notre chambre toute la journée à étudier, je suis à peine maquillée et probablement décoiffée.
— Et ça te rend encore plus belle que tu ne l'es déjà.
La voix de Mal était différente de d'habitude, un peu lointaine, comme si elle s'était perdue à force de contempler Evie. Cette dernière leva les yeux au ciel, sachant qu'elle ne gagnerait pas le débat quand son amie était dans cet état, et tenta de retourner à sa lecture mais, cette fois, ce fut bel et bien un appel de Mal qui l'en tira de force.
— E. Je peux te montrer quelque chose ?
Les yeux teintés de curiosité, Evie se tourna à nouveau vers elle et la regarda, toujours immobile au milieu des draps, son sourire rêveur ayant fait place à un sourire plus typique de Mal, un sourire derrière lequel se cachait quelque chose.
— Viens ici, lui ordonna-t-elle doucement en tendant la main vers elle.
Evie obtempéra sans protester et quitta son bureau pour rejoindre Mal, glissant sa main dans celle qu'elle lui tendait dès qu'elle fut à sa portée.
La paume de Mal était, comme toujours, chaude et accueillante mais, cette fois, ses doigts ne se refermèrent pas par-dessus les siens, préférant la manipuler doucement pour la guider jusqu'à sa poitrine. Evie, bien qu'un peu surprise, se laissa faire et s'assit à côté d'elle alors que sa propre paume se retrouvait étalée sur le t-shirt de Mal, dans le creux exact où se situait son cœur.
Et bien, c'était une manière comme une autre d'étudier la biologie.
— Tu peux le sentir ? murmura Mal en plongeant ses yeux dans les siens, une étrange lueur animant leur vert envoûtant.
— Sentir quoi ?
Evie était sincèrement confuse, ce qui ne fit qu'étirer le sourire sur les lèvres de Mal.
— La manière dont mon cœur bat. Il ne battait jamais comme ça avant.
— Avant ? Sur l'île ?
— Avant de connaître.
Un silence s'installa entre elles, parlant à leurs places alors qu'Evie se sentait rougir sous le regard dévorant d'admiration que Mal était en train de poser sur elle. Elle sentit son propre cœur s'emballer alors que les mots se nouaient dans sa gorge, incapables de former une phrase cohérente. Mais elle n'en avait pas besoin, car Mal poursuivit sans attendre de réponse.
— Avant, je savais que mon cœur battait parce que c'était son rôle, tu sais ? Juste un organe parmi d'autres qui me maintenait physiquement en vie. Mais il n'était que ça. Un organe au rôle mécanique, qui ne ressentait rien, et j'étais persuadée qu'il ne ressentirait jamais rien. Et puis je t'ai rencontrée, et il a commencé à battre différemment. Tu es comme une baguette magique qui l'active au moindre de tes mouvements. C'était terrifiant au début, mais j'aime ça. J'aime sentir mon cœur battre plus fort à chaque fois que je pense à toi. J'aime comme il s'emballe quand je pose les yeux sur toi. J'aime cette impression d'en perdre le contrôle quand tu me souris, ou que tu me regardes. J'aime la manière dont il semble décoller à chaque fois que je te touche.
Evie ne répondit rien, noyée dans ses paroles, noyée dans la sensation des battements qui retentissaient contre sa main. Elle réalisa à peine que Mal avait approché son visage du sien, ses lèvres frôlant les siennes.
— Est-ce que tu sens ça, E ? C'est mon cœur qui bat pour toi, pour te dire à quel point je t'aime.
Et juste comme ça, les deux filles fermèrent les yeux alors que leurs lèvres s'unissaient dans un baiser.
