J'ai fouillé un peu mes vieux dossiers et je suis retombée sur ce truc ridiculement court et mignon que je ne me rappelle même pas avoir écrit. Comme le relire m'a fait sourire, je vous le partage.

Juste vite fait un petit contexte : imaginez un univers où Evie est constamment enfermée chez elle et n'a aucun contact avec le monde extérieur à part quand sa mère l'y autorise :)


— Je pensais que tu aimais le thé ?

Evie pencha légèrement la tête sur le côté, sincèrement confuse, alors que Mal plissait le nez de dégoût à cette idée.

— Je n'ai jamais aimé le thé, E. C'est répugnant.

— Mais, Mal... Tu es venue prendre le goûter chez moi tous les dimanches sans exception depuis qu'on se connaît. Ma mère n'arrêtait pas de complimenter ta ponctualité et ton assiduité pour une activité aussi...mondaine. Je pensais que tu venais parce que tu adorais le thé ?

Mal éclata de rire, ce qui était la dernière des réactions auxquelles Evie s'attendait, et ça la rendit encore plus perplexe.

— Mal ? insista-t-elle, légèrement vexée de ne pas comprendre.

— Tu pensais vraiment que je venais pour le thé ? répondit finalement son amie en la regardant droit dans les yeux. Vraiment Evie ? Que je m'infligeais une heure en compagnie de ta mère, à l'écouter radoter sur les bonnes manières, les attitudes des jeune filles, l'importance de l'éducation et les bons partis à se trouver uniquement parce que j'aimais le thé ?

Evie resta silencieuse un instant, ne sachant quoi répondre et toujours incapable de comprendre l'amusement qui pétillait dans le regard de son amie, légèrement moqueur mais affectueux.

— C'était pour les gâteaux ? tenta-t-elle finalement d'une petite voix, se sentant ridicule et stupide.

Cette fois, Mal se contenta de lui sourire d'un air attendri face à une telle naïveté et se leva du lit pour s'approcher d'elle.

— Non E, ce n'était pas pour les gâteaux non plus. Bien que ses tartelettes à la fraise étaient particulièrement délicieuses, ce n'était pas ma source de motivation numéro un.

— Pourquoi alors ? couina Evie, le cœur battant fort alors que le visage de Mal n'était plus qu'à quelques centimètres du sien.

— Pour toi. J'ai bu des litres et des litres de thé uniquement parce que c'était le seul moyen que j'avais trouvé pour continuer à te voir.

Et lorsque les lèvres de Mal touchèrent celle d'Evie, celle-ci ne put s'empêcher de se dire qu'elles avaient un peu le goût des tartelettes à la fraise, mais en mille fois meilleur.