Note : Parfois j'ai l'impression de me perdre dans mes histoires (ou projet d'histoire :p ) trop longues, et j'ai juste envie d'écrire un truc simple, rapide et mignon. Voilà le résultat..Lisez-le comme se déroulant dans notre monde et profitez de la stupidité mignonne à l'état pur x)


Fluff/Romance

Mal/Evie


— C'est encore loin ?

Sentant que les doigts de Mal se laissaient aller, trop endormis pour s'accrocher aux siens, Evie raffermit sa prise autour de la main de sa compagne, la tirant avec gentillesse mais fermeté.

— Encore trois rues, Mal. Tu te rappelles quand même où tu habites ?

— Je suis pas sûre, marmonna celle-ci en se frottant les yeux. Pourquoi on...s'arrête pas juste ici ? Il y a un banc.

Elle pivota, prenant la direction du banc en question - qui semblait étonnamment confortable pour un banc public - mais dommage pour elle, Evie lui tenait toujours la main et la stoppa net.

— Mal, tu ne vas pas dormir sur un banc.

— Pourquoi pas ? Tant que je peux me coucher dessus...

Elle refit une tentative pour s'avancer vers le banc, mais à nouveau elle se fit arrêter dans son élan par Evie qui la tira vers elle un peu plus sèchement que la première fois.

— Allez Mal, un peu de courage. Bientôt tu seras dans ton lit.

Avec autant de résistance qu'une poupée de chiffon, Mal se laissa emporter et trébucha sans le vouloir, entrant en collision avec Evie.

Evidemment, cela la fit rire et elle étreignit sa petite amie avec une passion redécouverte.

— Tu as raison, marmonna-t-elle en se blottissant contre Evie. Les bancs c'est nul. Je veux dormir sur toi.

Evie la repoussa du mieux qu'elle put, partagée entre l'amusement et l'exaspération.

Jay, le meilleur ami de Mal depuis l'enfance, avait invité cette dernière à faire une soirée jeux vidéo la veille. Soirée qui avait débordé sur la nuit et s'était prolongée jusqu'au matin, comme toujours quand ces deux-là restaient sans supervision. Mais si Jay avait l'habitude de dormir peu et pouvait supporter les nuits blanches sans problème, pour Mal, c'était une tout autre affaire.

— J'aime comme tu es douce, annonça cette dernière en continuant à se coller à Evie pour la câliner, sans se préoccuper du fait qu'elles étaient au milieu du trottoir. Tes cheveux sont doux, et tes doigts, et tes lèvres, et ton nez, et ton menton, et aussi tes joues et tes pieds.

— Mal, tu délires, il faut que tu dormes.

— Ooooh, et ta voix ! Elle est si douce ta voix, et ton sourire aussi. Et tes yeux. Mais c'est parce que ton sourire est dans tes yeux.

Elle s'interrompit, fronçant les sourcils de confusion face à ses propres paroles, et Evie rit doucement. Mal était adorable, mais si quelqu'un les abordait, il allait penser qu'elle était saoule ou sous l'influence de drogue. Comment faisait-elle pour se mettre dans un état pareil juste en étant fatiguée ? Elle était pire qu'une enfant.

— Allez Mal, l'encouragea-t-elle en se remettant à marcher. Encore un petit effort et tu pourras dormir.

— Mais je veux pas dormir, j'ai faim. J'ai envie de marshmallows. Et de moutarde. Des marshmallows à la moutarde.

Alors qu'elle se mettait à rire toute seule, amusée par ce concept, Evie accéléra le pas, décidant de la laisser divaguer.

Elles parvinrent finalement à atteindre la maison de Mal sans incident majeur, et Evie fut soulager de constater que ses parents étaient absents. Ça faisait un obstacle en moins entre Mal et son lit.

— Enlève tes chaussures et monte te coucher, ordonna-t-elle en ouvrant la porte d'entrée.

A moitié endormie, Mal dodelina de la tête et se laissa tomber lourdement sur le sol pour retirer ses baskets. Evie la regarda se débattre avec ses lacets un instant, puis laissa échapper un nouveau soupir et s'agenouilla près d'elle pour l'aider dans cette tâche qui semblait être au delà de ses capacités actuelles. Cela sembla beaucoup amuser Mal qui profita que leurs visages soient à la même hauteur pour lui voler un bisou.

— Mal, grogna Evie. Ce n'est pas le moment.

— C'est toujours le moment.

— Sauf maintenant, rétorqua Evie en l'aidant à se remettre debout. Allez, dans ta chambre, et je ne veux plus avoir de nouvelles de toi pendant au minimum quatre heures, compris ?

La bouche de Mal s'ouvrit d'indignation.

— Tu ne restes pas avec moi ? demanda-t-elle avec une voix qui hurlait à la trahison.

— Pour dormir en pleine journée ? Non merci.

Mal fit la moue, visiblement dévastée par cette découverte.

— Viens au moins me border ? quémanda-t-elle en battant innocemment des paupières.

Evie sourit, le cœur fondant d'amour face à cette vision, mais ne céda pas.

— Pas la moindre chance, refusa-t-elle en lui tapotant gentiment le nez. Je te connais, et tu vas passer les trente prochaines minutes à réclamer des câlins et à refuser de fermer les yeux.

— Mais je veux des câlins.

— Mal, non.

— Eviiie ! geignit-elle en tapant du pied par terre, image parfaite de l'enfant épuisée qui faisait un caprice.

— Va dormir, ordonna Evie en la poussant gentiment en direction des escaliers. Et évite de t'endormir sur une des marches.

Mal s'appuya sur la rambarde, prête à s'écrouler de fatigue là où elle était, et adressa un dernier regard suppliant à Evie.

— Un bisou ? réclama-t-elle sans avoir la force de constituer une phrase complète.

— Juste un bisou, lui accorda Evie en s'approchant d'elle et en lui offrant son dû. Et maintenant, au lit !