Note : Cet OS contient de légers éléments de Descendants 3, mais aucun véritable spoil. Libre à vous de savoir si vous voulez le lire ou pas :)
Note 2 : Leur âge n'est pas précisé dans le film, mais pour tous les OS que j'écrirai sur elles, sauf mention contraire, je considère que Celia et Dizzy ont environ 13 ans
Dizzy et Celia
Amitié / Fluff
Ça avait été une longue journée pour Dizzy. Une journée fabuleuse, incroyable, merveilleuse, au-delà de ses rêves les plus fous, mais néanmoins longue et fatigante. Jamais elle n'aurait pu imaginer à quel point Auradon était un endroit coloré, lumineux, rempli de magie et de grands espaces. Jamais elle n'aurait pu se douter que la nourriture pouvait avoir autant de saveurs, ni que tant d'odeurs délicieuses pouvaient se mélanger dans l'air. En l'espace de quelques heures, sa vie avait été chamboulée et elle avait accumulé les découvertes et les émerveillements, les petits bonheurs et les grands sourires.
Et pourtant, malgré cette longue journée remplie d'émotions, Dizzy était incapable de dormir. Allongée dans son nouveau lit – incroyablement doux et confortable – elle fixait le plafond de la pièce depuis un long moment, repassant dans sa tête tout ce qu'elle avait vu et découvert aujourd'hui. Elle voulait graver chaque instant, chaque souvenir, pour pouvoir les raconter à sa mère et sa grand-mère lorsqu'elle retournerait leur rendre visite. Elle voulait être sûre de ne rien oublier, et de pouvoir se remémorer les moindres petits détails de cette journée.
Et peut-être qu'au fond d'elle, elle avait peur de fermer les yeux et de découvrir que tout cela n'avait été qu'un merveilleux rêve lorsqu'elle se réveillerait.
— Celia, tu dors ? chuchota-t-elle à travers l'obscurité de la pièce.
Elle connaissait déjà la réponse à cette question. Dans le lit voisin, elle pouvait entendre sa camarade de chambre s'agiter dans tous les sens en quête d'une position acceptable, déplaçant constamment les oreilles et les draps tellement plus nombreux que ce dont elles avaient l'habitude.
C'était les deux filles qui avaient demandé à partager une chambre. Evie leur avait laissé le choix pour les vacances, leur disant que de toute façon elles seraient colocataires à la rentrée, exactement comme Mal et elle l'avaient été. Elles avaient répondu la même chose, sans hésiter. Elles voulaient dormir dans la même pièce. L'idée d'avoir une chambre rien qu'à elle était inconcevable pour Dizzy, qui était habituée à dormir sur son vieux matelas dans un coin de la cuisine. Et puis savoir que Celia était là, à quelques mètres seulement, ça avait quelque chose de réconfortant.
— Non, grogna celle-ci. Ce lit est beaucoup trop mou et ces draps sentent beaucoup trop bons et c'est juste trop...
— Bizarre, compléta Dizzy à sa place en se redressant dans son lit, cherchant à distinguer la silhouette de son amie dans l'obscurité.
C'était peine perdue, d'autant plus que ses lunettes étaient sagement posées sur sa table de nuit et que même en pleine lumière, elle aurait été incapable de voir quoi que ce soit.
— J'ai peur que tout disparaisse si je m'autorise à arrêter d'en profiter, confessa-t-elle d'une petite voix.
— Dormir est une perte de temps quand il y a encore tellement de trucs qu'on a pas testé ! s'écria Celia en se mettant brusquement debout dans son lit, envoyant un de ses oreillers par terre. Je veux faire quelque chose !
— Mais Evie nous a dit de dormir ?
Celia sauta hors de son lit et alla joyeusement actionner l'interrupteur, illuminant la pièce sans prévenir. Dizzy cligna des yeux, éblouie, et tâtonna à côté d'elle pour s'emparer de ses lunettes.
— On a essayé, on a pas réussi. C'est pas notre faute, lui fit remarquer son amie avec un sourire malicieux.
Une fois ses yeux acclimatés à la lumière, Dizzy parcourut leur chambre du regard. La pièce était encore un peu étrangère, mais elle avait été meublée avec soin et attention par Evie et cela se ressentait, lui donnant aussi un côté réconfortant. Les yeux de la jeune fille se posèrent sur la commode près de la bibliothèque, et elle laissa échapper l'information qui lui brûlait les lèvres.
— Je crois que j'ai vu des sortes de jeux là-dedans, avoua-t-elle en pointant le meuble du doigt. Mais je ne sais pas si...
Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Celia avait déjà ouvert le premier tiroir de la commode, écarquillant les yeux de surprise en y découvrant de multiples boîtes de jeux de société. Sur l'île, il arrivait que des boîtes similaires arrivent, en bien mauvais état, dans lesquelles la plupart des pièces manquaient et les règles avaient disparu. Mais ces boîtes-ci ? Elles étaient flambant neuves, n'ayant probablement jamais été ouvertes et elles étaient rien qu'à elles.
— Viens Dizzy on va les essayer !
Influencée par la voix excitée de son amie, Dizzy laissa finalement de côté ses dernières hésitations et sortit de son lit, rejoignant Celia en sautillant. Une fois à sa hauteur, un immense sourire s'étala sur son visage alors qu'elle découvrait les multiples boîtes à peine aperçues un peu plus tôt dans la journée.
— Il y en a tellement ! couina-t-elle joyeusement. Comment on va choisir ?
— On ne choisit pas ! On les fait toutes !
oOoOoOo
— Il me semblait bien les avoir entendues cette nuit, mais je pensais qu'elles ne faisaient que discuter...
Se tenant côte à côte dans l'embrasure de la porte, Mal et Evie prenait la pleine mesure du spectacle qui les attendait dans la chambre de leurs deux petites protégées. La pièce était sens dessus-dessous. Plusieurs boîtes de jeux de société étaient grandes ouvertes, disséminées un peu partout alors que tous les pions, cartes, jetons et dés étaient étalés partout sur le plancher. L'ensemble des draps et coussins avaient quitté les lits pour se retrouver par terre, et un tas de couvertures dans un coin semblait témoigner de l'existence d'une cabane qui s'était écroulée. Pour une raison mystérieuse, le matelas de Celia avait aussi été déplacé et mis à la verticale contre son lit, dont le sommier était laissé à nu. Et au milieu de tout ce bazar se trouvaient Dizzy et Celia, endormies n'importe comment et directement sur le sol, des oreillers serrés contre elles, les lunettes de travers pour l'une et les cheveux encore plus hirsutes que d'ordinaire pour l'autre.
— Quel désordre, soupira Evie.
Mal ne put retenir un petit rire amusé.
— En seulement une nuit, elles ont fait fort, commenta-t-elle sans parvenir à dissimuler la touche de fierté dans sa voix. Tu veux qu'on les réveille pour leur faire ranger tout ça ?
Les yeux d'Evie parcoururent à nouveau la pièce. Cette même pièce qu'elle avait passé plusieurs heures à ranger et à organiser pour la rendre aussi accueillante que possible. Une pièce encore impeccable quelques heures plus tôt, et qui semblait à présent avoir été traversée par un ouragan.
— Non, murmura-t-elle alors que son regard s'arrêtait finalement sur les deux filles endormies et qu'un élan de tendresse grimpait en elle. Laissons-les se reposer.
Un peu de désordre ce n'était pas bien grave. Au contraire, c'était la preuve que Dizzy et Celia pouvaient encore avoir des instants d'enfance et d'insouciance, et c'était tout ce qu'elle leur souhaitait.
