Note : Voilà un extrait de je ne sais pas trop quoi, sans contexte véritable. Je ne sais même pas si c'est compréhensible pour quelqu'un qui n'est pas dans ma tête mais je voulais le poster pour le conserver parce que malgré tout, je l'aime bien.
Mal et Carlos
Amitié / Violence
Le poing de Mal s'abattit en plein sur son estomac. Pas assez puissant pour réellement faire des dégâts, mais avec suffisamment de force pour lui couper le souffle et le faire tomber à genoux, les mains sur le ventre et une grimace de douleur sur le visage.
— Relève-toi, ordonna sèchement son amie en se tenant devant lui, forte et dominante.
— Je ne veux plus...
— Debout. Maintenant.
Il grimaça à l'ordre sec et brutal, mais ne bougea pas pour autant. Il ne pouvait plus encaisser. Pas volontairement en tout cas. Si elle voulait le frapper davantage, elle devrait le faire alors qu'il était par terre.
— Carlos.
La voix de Mal était impérieuse, et il savait qu'il devait obéir. Lâchant son ventre, il posa ses mains sur le sol, ses doigts s'enfonçant dans la terre poudreuse autour d'eux.
— Je veux arrêter, prononça-t-il dans un souffle désespéré.
La réaction fut immédiate. Comme un écho au coup précédant, le pied de Mal s'abattit contre lui avec violence, heurtant ses côtes. Carlos gémit mais parvint à résister à l'envie de se recroqueviller sur lui-même.
— Mal, s'il-te-plaît...
Il n'osa pas lever la tête pour la regarder en face, mais il pouvait sentir son regard agacé posé sur lui alors qu'elle l'observait, méprisante et supérieure. Il était à sa merci. Elle aurait pu lui faire n'importe quoi, et ils le savaient tous les deux.
— Tu es pathétique, déclara-t-elle au bout d'un moment, les lèvres pincées. Tu n'as même pas essayé.
Sur cette accusation froide, elle se détourna de lui, s'éloignant de plusieurs mètres alors qu'il expirait de soulagement. Après quelques secondes d'hésitation, craignant qu'elle change d'avis, il finit par se mettre debout avec difficulté, grimaçant à la douleur qui se manifesta dans presque l'intégralité de son corps. Lentement et avec précaution, il se mit à marcher dans la direction que Mal avait prise, et alla s'asseoir juste à côté d'elle, sur un muret délabré.
— Je suis désolé, murmura-t-il, ses doigts se serrant autour des briques abîmées.
Mal laissa échapper un grognement et fronça les sourcils, mécontente.
— C'est toi qui es venu me supplier pour que je le fasse, fit-elle remarquer d'un ton frustré. Tu avais dit que tu voulais apprendre à te défendre, mais tu n'as même pas tenté de me frapper une seule fois. Tout ce que tu as fait, c'est encaisser mes coups.
Carlos baissa la tête et se mordit la lèvre.
— Je pensais vraiment que je pouvais...
— Pourquoi ? le coupa-t-elle brusquement. Tu crois que ça m'amuse ? Que je prends plaisir à te frapper ?
— N-Non ! protesta Carlos. Je voulais...
— Tu voulais quoi ? Mesurer jusqu'où j'irai ? Vérifier que j'étais capable de le faire ? Si tu veux être passé à tabac, il y a des centaines de personnes sur cette île qui sont prêtes à le faire ! T'avais pas besoin de venir me trouver.
Carlos serra les poings, son cœur battant la chamade dans sa poitrine. Il se rappelait l'expression de son amie lorsqu'il lui avait demandé ce service. La surprise, l'incompréhension, la trahison aussi. Elle avait refusé immédiatement. Mais il avait insisté, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle craque et qu'elle lui assène le premier coup de poing. Puis tous les suivants. C'est lui qui l'avait voulu. Être frappé, et pouvoir riposter. Subir une attaque sans être tétanisé par la peur. Apprendre à se défendre et s'endurcir. C'était simplement ça qu'il avait voulu. Mais il n'était pas parvenu à répliquer. Même avec Mal, il avait été faible et pathétique. Et maintenant, elle pensait qu'il s'était servi d'elle, qu'il avait juste fait ça pour se moquer d'elle.
Il aurait voulu lui expliquer. Il aurait voulu lui faire comprendre qu'il l'avait choisie elle parce qu'il lui faisait confiance. Parce qu'il savait qu'il n'aurait pas été en danger avec elle. Jay n'aurait pas pu. Evie encore moins. Mal était la seule qu'il savait capable d'être brutale sans être dangereuse. Mais elle ne le savait pas. Elle ne le comprenait pas, et Carlos ne pouvait pas lui expliquer, parce qu'il ne pouvait pas admette qu'il était encore plus faible que ce qu'il imaginait.
Alors, les yeux rivés au sol, il ne prononça pas un mot, et le point de Mal s'abattit une nouvelle fois dans son ventre, rempli de rancœur et de colère.
— Va te faire foutre Carlos, cracha-t-elle avant de le planter là.
Et peut-être que de leur affrontement, ce n'était pas Carlos qui se retrouvait le plus blessé.
