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… CHAPITRE 2 ...

Un nouveau chapitre de sa vie

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Lorsque Bella Swan se réveilla très tôt le samedi matin, sa première pensée fut la perspective de commencer un nouveau chapitre dans sa vie. Sa deuxième fut de la curiosité, regarder sa boite mail pour voir si elle avait reçu quelques commentaires sur le dernier chapitre de "Au-delà des collines si vertes", sa troisième et réellement la plus pressante était qu'elle avait envie d'aller aux toilettes. Et la quatrième tandis qu'elle s'asseyait : c'était aujourd'hui qu'elle aussi partait pour "Au-delà des collines si vertes."

Forks est censé être le coin le plus humide des Etats-Unis et il a cette végétation verdoyante et abondante pour prouver que c'est vrai. Seattle est un peu plus colorée mais Bella tenait à s'éloigner des collines si vertes et commencer quelque chose de nouveau.

Mais d'abord il fallait qu'elle vérifie ses mails.

Quand elle eut finit à la salle de bain, elle revint dans sa chambre tout en brossant ses cheveux emmêlés.

Il y avait trois nouveaux messages. Deux commentaires. Le troisième était un e-mail de Jake. Elle ouvrit le premier commentaire. C'était une lectrice fidèle. Son pseudo résumait bien ses commentaires : ils étaient courts et agréables. D'habitude c'était "Chapitre super! J'ai adoré chaque mot!" Cette fois-ci elle avait changé.

Commentaire de : ShortandSweet

Message : BELLE fin! J'ai aimé chaque mot!

Au moins Bella avait des majuscules, un mot différent et un point d'exclamation supplémentaire cette fois.

Elle sourit et tapa immédiatement la réponse standard pour ShortandSweet.

Réponse : bellybeans

Message : MERCI SHORTY! Tu es si concise mais j'adore avoir de tes nouvelles! Merci d'avoir lu.

Le second commentaire était de quelqu'un dont elle n'avait jamais entendu parler avant, qui profitait sans jamais se manifester, jusqu'à présent. Mieux vaut tard que jamais, pensa-t-elle. Et évidemment elle avait un penchant pour le personnage principal de la série Written in the stars, l'énigmatique et inaccessible beauté envoûtante d'Ethan Collins.

Oui, Ethan hantait beaucoup l'imagination ou les rêves de ses fans. Bella pouvait en attester.

Commentaire de : Hot4EC

Message : Totalement génial! J'ai adoré cette histoire, je les ai aimés. Désolé, je ne laisse pas beaucoup de commentaires mais je devais te le dire cette fois. Je ne peux pas attendre ta prochaine histoire qui mettra Ethan en vedette parce que je suis totalement…

Hot4EC!

Réponse : bellybeans

Message: Merci de laisser un commentaire, Hot4EC et de me laisser savoir que tu as apprécié – Je ne sais pas ce que je vais écrire ensuite. J'ai quelques idées en vrac mais rien n'accroche vraiment. Peut-être que quand la vraie vie sera à nouveau là je retrouverai l'Ethan-inspiration… Merci pour le commentaire.

-bellybeans

On frappa soudain à la porte puis Bella entendit la voix de Charlie.

"Bells? Tu es réveillée?"

"Oui papa! Je serai là dans une minute. Je m'habille."

C'était un mensonge en quelque sorte mais elle était sur le point de le faire. Licence créative et tout ça.

"Je ne vais pas te laisser partir l'estomac vide aujourd'hui," cria-t-il à travers la porte. "Que penserais-tu d'un sandwich œufs-bacon?"

"Merci, un petit-déjeuner de papa me parait vraiment génial!"

"Il sera prêt dans pas longtemps."

Elle entendit le bruit de ses pas le long du couloir puis dans l'escalier tandis qu'elle ouvrait son dernier mail, celui de Jake.

De : BlackAttack

A : B-the_Swan

Sujet : Tu t'en vas

Date : 26 août 2010 - 23 : 37 : 58

Hey B!

Je n'ai pas voulu te réveiller. Pensé que tu serais allée au lit tôt. Bonne chance pour ton voyage demain. Devrait pas y avoir trop de circulation, appelle-moi pour me dire que tu es bien arrivée. D'accord? Et appelle si tu penses à autre chose dont tu aurais besoin et je pourrais te l'amener. On se voit dimanche.

Affectueusement jb

Elle lui envoya une réponse immédiatement.

A : BlackAttack

Sujet : Tu es merveilleux

Date : 27 août 2010 05 : 25 : 18

Salut Jacob!

Tu as raison - j'étais au lit à 21 heures! C'est sûr je t'appellerai quand je serais arrivée. Merci beaucoup de faire ça pour moi. Tu es merveilleux! A dimanche.

Affectueusement Bells.

Le temps passe vite réalisa-t-elle. C'est vrai que quand tu t'installes devant l'ordinateur quelquefois il faut une force surhumaine pour t'en détacher. Elle l'éteignit, le ferma et le rangea dans son sac pour le prendre.

Elle s'habilla rapidement, rien d'extravagant, juste un vieux t-shirt fané du lycée et un jeans de garçon déchiré qui était neuf et qui n'avait jamais appartenu à un garçon. Elle se sentait particulièrement à l'aise dans ce pantalon et c'était la raison pour laquelle elle l'avait acheté.

En enfilant ses chaussettes elle pensa que l'industrie textile était vraiment audacieuse de faire des jeans boyfriend. Pensaient-ils vraiment qu'une femme pouvait dépenser son argent dans un pantalon trop grand et trop long pour faire croire qu'il appartenait à un petit-ami plus grand, plus gros et visiblement généreux? Evidemment ça avait été conçu pour se sentir petite et mince? Elle rit en se demandant si tous ces petits-amis qui soit disant prêtaient leur pantalon, attendaient qu'on leur rende la pareille et qu'on leur procure le pantalon de leur petite-amie.

Elle n'avait pas vraiment le temps d'y réfléchir plus sérieusement. Ses chaussures étaient attachées et Charlie l'appelait d'en bas. Le petit-déjeuner était prêt.

Après un petit-déjeuner rapide et après avoir écouté tous les conseils de Charlie, une légère étreinte et un bisou sur la joue pour dire au revoir, Bella grimpa dans son vieux Chevrolet pour le long trajet vers Seattle. Sur le siège à côté d'elle il y avait son sac, son ordinateur, un thermos de café et sa tasse et le nouveau spray au poivre que Charlie venait de lui mettre entre les mains il y avait un instant. Elle n'avait pas roulé des yeux, elle savait qu'il le faisait par amour.

"Sois toujours prudente, Bells. Prends bien soin de toi, dans la grande ville."

"Je le ferai, papa. Je t'aime."

"Je t'aime aussi. Tu ferais mieux d'y aller. Fais attention en conduisant et n'oublie pas de m'appeler."

Elle sortit de l'allée et lui fit au revoir de la main, elle ne put s'empêcher de penser combien il était un père protecteur et aimant. Tout ce que vous voudriez trouver chez un homme. Eh bien il faudrait qu'il soit aussi follement attirant et un dieu du sexe pour commencer. Bien sûr elle ne pensait pas à son père de cette façon… Ce serait grave.

Le trajet vers Seattle fut long et monotone. Normalement il fallait quatre heures avec son vieux Chevy qui était réticent à rouler à plus de 80 km/h. Au-delà il commença à cliqueter, à vibrer. Quatre-vingt était plus sûr, il lui suffisait de rester sur la voie de droite, à l'abri des démons de la vitesse qui changeaient si souvent de voie.

Environ une quinzaine de minutes avant d'arriver, le camion commença à faire des bruits occasionnellement. Il ronronnait tranquillement puis on n'entendait plus rien et ensuite il émettait un éclat très bruyant, comme s'il se mettait à péter en quelque sorte. Et il n'y avait rien de pire que de conduire un camion qui avait des gaz.

Elle appela Jake immédiatement et lui parla en conduisant avec le haut-parleur, se demandant à voix haute si elle devait s'arrêter pour lui décrire la façon dont le camion lâchait des salves d'artillerie de temps en temps.

BOUM - BOUM!

Comme ça!

"Ah oui, celui-là je l'ai bien entendu d'ici!" dit la voix de Jake dans le haut-parleur. "Ne t'inquiète pas Bells," dit-il. "Tu es presque 'arrivée. J'y jetterai un coup d'œil demain. Ne gaspille pas tes sous en l'amenant au garage. Une fois que tu seras arrivée, évite juste de t'en servir. Il s'agit soit d'un problème dans le collecteur d'admission ou alors dans le système d'échappement, ça provoque un déséquilibre dans le rapport air/carburant. C'est peut-être une entrée d'air ou la sonde à oxygène à remplacer ou à régler mais il est possible aussi qu'il faille changer le filtre à carburant."

Jake aurait pu lui dire n'importe quoi c'était du chinois pour elle. Mais Jake étant particulièrement doué avec la mécanique et savait de quoi il parlait. Cependant Bella avait reconnu des mots mais ils n'avaient aucun sens pour elle.

"D'accord Jake je te fais confiance. Il faut juste que j'arrive à mon appartement alors je ferai bien d'avancer. Mais au moins tu sais déjà que je serai arrivée. Si tu parles à Charlie ne lui dis surtout pas que j'ai un problème avec mon camion. Ça ne servirait qu'à l'inquiéter."

"D'accord, Bella, mes lèvres sont scellées. A demain!"

"Au revoir Jake." Elle mit fin à l'appel et elle s'arrêta devant la grille du complexe Skyline Townehomes.

Tandis qu'elle attendait là, le moteur au ralenti, un grand garde baraqué de sécurité sortit de sa guérite. L'autocollant au coin inférieur droit de la fenêtre indiquait que la sécurité était assurée par les Volturi. Bien sûr, son camion eut un énorme raté juste à ce moment-là.

BOUM-BOUM

Instinctivement le grand garde sauta en arrière avant de rougir puis revint pour lui parler.

"Bonjour, désolé," dit-il penaud. "Votre engin m'a fait sursauter. Je suis Félix." C'était indiqué sur son badge. "Que puis-je faire pour vous, mademoiselle?"

"Bonjour. Je suis Isabella Swan, 1917 Stardust Lane. Je n'ai pas encore ma carte pour entrer."

Félix regarda la liste qu'il tenait dans sa main et demanda à voir son permis de conduire. Ensuite il nota l'immatriculation de son camion puis entra dans sa guérite, consulta l'ordinateur et revint en tenant une petite carte en plastique avec une piste magnétique d'un côté et un code barre de l'autre.

"Voilà votre carte, Mlle Swan. Vous avez tout ce qu'il faut à présent. Passez simplement le code barre face au petit écran," dit-il, en montant le petit appareil. "La grille s'ouvrira automatiquement pour vous."

Bella remercia le garde, scanna la carte devant le lecteur et passa par la grille qui s'ouvrait pour descendre la rue. Elle tourna à droite puis à gauche et une fois de plus à droite. Son appartement était au bout de la rue de Stardust Lane à droite.

Le nom de la rue la faisait sourire. C'était le même nom que dans le premier tome de Written in the stars*, la saga et aussi les films. Des quatre tomes, Stardust, Starlight, Starshine et Starfire*, c'était le premier tome qui aurait toujours sa préférence. C'était l'histoire des débuts hésitants, d'un amour hautement improbable entre le riche et bel Ethan Collins et la quelconque Stella Brown. Stella Brown était son héroïne… sa marque personnelle d'héroïne.

Finalement peut-être que c'était le nom de la rue qui l'avait faite se décider pour cet endroit.

BOUM-BOUM! Bada-BOUM!

Bon sang! Ça ne va jamais s'arrêter?

Bella s'arrêta pour regarder la façade de l'immeuble. Chaque duplex était exposé au soleil avec son toit noir bordé de blanc et avait sa propre allée, petite mais qui menait à un double garage. Selon la position vers la droite ou à la gauche du garage il y avait un petit passage qui conduisait à l'entrée qui était abritée par un auvent au toit noir. Elle s'arrêta là et se gara dans la rue admirant sa première maison. Bon… c'était un duplex. Elle était propriétaire à présent et aurait un crédit à payer tous les mois jusqu'à ce qu'elle soit vieille et décrépie, presque morte. Mais il n'y avait aucune raison de s'inquiéter pour cela à présent. Il y avait tellement de choses positives auxquelles penser…

BOUM!

Merde! Pourquoi n'avait-elle pas pensé à éteindre le moteur? Encore trop occupée à rêvasser…

Elle tourna le contact, le cliquetis cessa, faisant hoqueter le moteur et elle regarda nerveusement par la vitre. Personne dans les environs. Heureusement son camion envahissant n'avait pas trop perturbé le voisinage. Il était presque dix heures malgré tout, certainement que plus personne ne dormait. Elle observa pendant un moment et il lui sembla apercevoir du mouvement derrière des rideaux à l'étage, sûrement un rideau qui se remettait en place mais quand elle regarda plus précisément le rideau semblait à sa place et tout paraissait calme.

Elle ouvrit sa portière et elle était sur le point de descendre quand elle remarqua qu'il y avait une légère brise. Elle chercha distraitement à son poignet où elle gardait un élastique pour attacher ses cheveux. Mais il n'était pas là. Elle tendit le bras pour chercher la casquette de baseball que Jake lui avait donnée pour plaisanter et qui était cachée dans la boite à gants. Une casquette rouge vif avec un mot brodé sur le devant en blanc. Elle releva les yeux fit tournoyer ses cheveux sur le dessus de sa tête puis enfonça sa casquette par-dessus pour les emprisonner.

Ça fera l'affaire. C'est mieux que les cheveux indisciplinés volant dans tous les sens pendant que je travaille à décharger, me faisant ressembler à un épouvantail.

Elle prit son sac, son ordinateur, son thermos et son spray au poivre puis se dirigea vers la porte et entra pour la première fois dans sa première maison. Le bruit de ses pieds se répercutait sur le carrelage de l'entrée dans la maison vide. Elle alla dans la cuisine et posa les choses sur le comptoir. Elle regarda dans son sac, cherchant son élastique mais ne trouva rien alors la caquette allait rester là.

Quand elle fit demi-tour pour retourner au camion elle réalisa qu'elle avait pris la place du camion qui allait lui amener sa nouvelle chambre et le canapé pour le salon. Elle retourna à son sac, reprit les clés et alla dehors pour changer son camion de place et le garer de l'autre côté de la rue.

Elle mit la clé dans le contact une fois de plus et fut remerciée par une bruyante pétarade du moteur! Ça la fit sursauter et sa main frappa son siège à côté d'elle tandis qu'elle disait avec véhémence.

"Ferme là!"

Elle sortit de l'allée et fit un grand demi-tour dans la rue pour garer le camion devant son allée.

BOUM – bada BOUM!

"J'ai dit la ferme!" hurla-t-elle et c'est à ce moment-là qu'elle réalisa qu'elle s'était mise trop près, il faudrait plus de place au camion de livraison pour rentrer. Elle changea la vitesse, recula et déplaça le véhicule de plusieurs mètres.

Pendant ce temps dans la maison d'en face et complètement à l'insu de Bella, Edward avait violemment ouvert la porte d'entrée. On pourrait penser qu'une porte ne se claquait violemment qu'à la fermeture mais non là elle avait claqué en s'ouvrant, faisant très probablement un trou dans le Placoplatre avec sa grande poignée décorative.

Il se mit à marcher devant chez lui, serrant les poings, en faisant de dangereuses armes, en commençant à hurler.

"Hey! Toi! Oui toi, connard!"

Bien sûr le conducteur du camion était tout à fait inconscient de ce qu'il se passait, le moteur grondait bruyamment, toussait et pétaradait. Edward pouvait voir l'homme assis sur le siège avant, casquette de baseball vissée sur la tête, perturbant complaisamment la paix de l'ensemble du quartier, putain!

Edward réalisa – trop tard – qu'il avait quitté sa maison vêtu seulement de son pyjama noir en soie. Il était torse nu. Se pensées tourbillonnaient tandis qu'il sortait de son allée et marchait dans la rue pavée vers le camion de ses cauchemars, pieds nus.

Attends un peu… "Merde!" … que je mette mes mains sur toi… Aïe! Espèce d'idiot… "Merde!" … ruiner ma matinée parfaite… " Aïeee " et me forcer… "Bon sang!" … à traverser… "Enfer!" … cette maudite rue pavée…"ahhh!" … les pieds nus…" Putain!" … jusqu'à ce qu'ils soient foutus et déchiquetés… "Putain!"

Il arriva près du camion rouge, tout près de l'échappement qui lâcha brusquement deux explosions à faire arrêter votre cœur, suivis par les pensées pour saluer l'idiot derrière le volant.

BOUM-BOUM! Bada BOUM!

Putain d'enfer!

Oh, je vais t'éclater la tête à la seconde où tu sortiras de ce camion, connard!

Bella était juste sur le point de crier, "Est-ce que tu vas t'arrêter par l'enfer?" quand elle réalisa que quelqu'un frappait contre sa portière, la faisant sursauter.

Les cris et les coups d'Edward sur la portière avaient été inutiles. Le mec restait là dans son camion l'ignorant complètement. Il ne pouvait même pas le voir à cause des reflets de la vitre. Il faudrait qu'il lui ouvre lui-même la portière afin de pouvoir l'atteindre.

La portière s'ouvrit brusquement, prenant Bella par surprise.

Et encore ce ne fut rien comparé à la litanie de jurons violents qui s'ensuivit et qui stupéfia absolument Bella quand elle se retourna pour sortir de la cabine.

"Hey connard! Dégage avec ton putain de camion de fils de pute, bloqueur de queue!"

Bella vacilla hors de la cabine, levant les yeux et se trouvant face à la source de ces cris et pour voir ce qui n'allait pas avec cette personne qui hurlait à pleins poumons.

Le jeune homme instable, debout juste à côté de la portière du conducteur et crachant des invectives avait le visage rouge et respirait difficilement tandis qu'il continuait à cracher ses mots vicieusement. La veine de son front palpitait tellement il fulminait. Soudain ses yeux s'écarquillèrent de surprise, il criait toujours mais regarda plus attentivement.

Au milieu des cris Edward réalisa deux choses :

Tout d'abord il remarqua que le gars qui sortait du camion était plutôt menu, 1 m 68 tout au plus.

La seconde chose était que le gars était … une fille.

BOUM-BOUM!

Putain de merde! Ce gars est une fille?

Complètement pris au dépourvu par cette nouvelle, Edward continua à hurler par-dessus le bruit du moteur.

"Tu es une fille!"

"Oui je suis une fille!" cria-t-elle en réponse.

Pourquoi diable cela serait-il si important? Et pourquoi je n'ai pas éteint cet engin?

"Je n'avais pas la moindre idée que tu étais une fille! Comment aurais-je pu le supposer?"

Bella en resta la bouche ouverte, complètement perdue.

Quoi?

Elle avait levé les yeux sur son visage au moment où elle avait posé le pied par terre. Et dans cette fraction de seconde elle avait remarqué plusieurs choses au sujet de cet homme qui continuait à lui crier après, à quelques centimètres du visage.

Cet agité était absolument magnifique, avec un reflet si inhabituel dans ses cheveux qu'elle se demanda si c'était le résultat d'une quelconque teinture. Il avait d'épais sourcils bien arqués qui encadraient ses yeux d'un vert lumineux spectaculaire, bordés de longs cils. Son nez était droit mais avec une légère bosse qui lui donnait du caractère. La forme de sa bouche, quand elle n'était pas déformée par ses cris, était adorable malgré le flot d'insultes qui en coulait abondamment. Il n'était pas rasé et ses poils recouvraient sa forte mâchoire et descendaient sur son cou, s'éclaircissaient sur son torse nu et soulignaient la beauté spectaculaire de ses épaules sculptées, de ses bras, de ses pectoraux et de ses abdominaux.

Ses yeux étaient descendus, suivant ce chemin parfait de poils, toujours plus bas jusqu'à… Oh. Mon. Putain! De dieu! Alors oui, ses cheveux… sur sa tête… devait être de couleur naturelle si on s'en référait aux reflets de ceux de son…

Bella remarqua qu'il portait un pantalon de pyjama… noir… peut-être en soie, attaché à la taille…non, non, trop bas, sur les hanches… et il n'était juste retenu que par… parce que sa…

Putain de merde! Il bande! .vache il bande! Et pas qu'un peu!

BOUM-BOUM!

OH. Putain. La. Vache. Pourquoi n'ai-je pas vu qu'il était en érection? ? Et qu'il est en train de me parler, dehors en plein jour, avec cette… chose… juste … là!

Le pantalon qui tombait presque ne laissait rien à l'imagination, il n'y avait pas vraiment grand-chose à imaginer. Elle pensa que rougir allait la tuer. Elle pouvait sentir la chaleur monter et elle se demandait si son cerveau allait frire et se brouiller en raison de son extrême embarras et de la rougeur brûlante qui en résultait. Elle lutta pour rassembler ses idées et se racla la gorge dans une tentative de paraître aussi normale que possible malgré la situation. Il fallait qu'elle crie encore pour se faire entendre par-dessus le bruit du camion qui tournait toujours pour une quelconque et ridicule raison.

"Que voulez-vous dire quand vous dites, comment pouvais-je savoir que c'était une fille?!" Quel est votre putain de problème!?" cria-t-elle pour lui répondre, parlant plus ou moins vers son érection.

Elle réalisa l'inconvenance d'avoir une conversation avec cette partie de lui et elle força son visage rouge betterave à regarder ses yeux furieux, exquis mais perplexes.

Mais une fois de plus un mouvement à la fenêtre de tout à l'heure attira l'attention de Bella. Une femme avec une masse de cheveux roux se tenait à la fenêtre le rideau à la main. Elle semblait distinguer un drap enroulé autour d'elle et elle fixait Bella pendant que l'excité continuait à lui hurler dessus. Il lui posait des questions et elle était presqu'incapable de se concentrer à cause de cette érection qui se tenait entre eux et la rousse qui attendait derrière la fenêtre de l'autre côté de la rue.

"Quel est mon problème?!" cracha-t-il finalement. "Quel est MON problème?! Ton camion est mon problème! Putain éteins moi ça!"

Les yeux de Bella se reposèrent sur les siens, le fixant. "Tu penses que je ne sais pas qu'il a des problèmes?! Tu crois que je me régale de le conduire alors qu'il fait ça?"

Bada BOUM!

"Pourquoi diable tu continues à le conduire alors qu'il fait ce bruit infernal! Il y a vraiment quelque chose de détraqué! C'est dangereux! Bon sang à quoi tu penses?!"

Elle ne pouvait plus. S'ils continuaient à crier ainsi elle ne pourrait plus, s'il restait là avec sa grosse… chose… dans son pantalon qui s'agitait et demandait leur attention. D'un mouvement fluide elle leva la main et s'enleva sa casquette relâchant sa crinière sauvage et accrochant la casquette… directement sur sa… gaule … parce que c'était par trop distrayant d'essayer de lui parler avec cette chose qui s'agitait face à elle.

L'excité fut réduit au silence, regardant vers le bas la casquette de baseball qui était maintenant suspendue à son membre viril. Il leva les yeux vers elle, bouche ouverte et yeux écarquillés sous le choc.

"Je n'arrive pas à croire que tu aies fait ça, accrocher ta casquette à ma…"

BOUM-BOUM!

Ils tressaillirent tous les deux mais Bella ne lui laissa pas placer un mot.

"Ecoute crétin, je ne peux rien faire aux pétarades de mon camion! Il s'agit soit d'un problème dans le collecteur d'admission ou alors dans le système d'échappement, ça provoque un déséquilibre dans le rapport air/carburant. C'est peut-être une entrée d'air ou la sonde à oxygène à remplacer ou à régler mais ce pourrait aussi être qu'il faut changer le filtre à carburant!"

C'est bien ça qu'a expliqué Jake hein? Qui sait? Ce n'est que du charabia de toute façon!

Cela dit la face de crétin était toujours là, bouche ouverte tandis que Bella continuait sa diatribe.

"Alors dégage de là! Je suis désolée d'avoir perturbé ta matinée! Visiblement tu étais très occupé … avec... ça!" Elle désigna vaguement la casquette en rougissant furieusement.

Elle fit demi-tour et rentra chez elle, en claquant la porte, totalement mortifiée et elle s'écroula par terre, tenant sa tête entre ses mains. Elle était complètement énervée contre les bites et les casquettes et les bites qui lui avaient pris sa casquette et elle ne voulait plus de cette casquette qui avait été accrochée à la queue de quelqu'un. Comment commencer cette conversation?

Oh. Seigneur.

C'était ainsi que commençait le nouveau chapitre de sa vie? Elle déménageait dans sa première maison, un appartement parfait et elle venait de quitter la rue où il y avait le plus bel homme qu'elle ait jamais vu et aussi le plus grand connard qu'elle n'ait jamais rencontré.

Cette casquette s'était trouvée là bien à propos, un cadeau idiot de Jake… une casquette de baseball rouge vif avec le mot Asshole écrit dessus en blanc. Eh bien l'excité d'en face pourrait juste la garder, ça lui allait bien c'était tout lui. Lui et sa bite méritaient cette casquette. Ils étaient deux bites. Dommage qu'elle n'en ait pas une autre afin que lui et sa queue soient assortis.

"Arrrgghhh!" cira-t-elle dans sa maison vide.

"Arrgghhh!" cria-t-elle à nouveau une minute plus tard quand elle réalisa qu'elle avait laissé la portière de son camion ouverte, avec la clé de contact et le moteur toujours en marche.

BOUM- badaBOUM!

...

Written in the stars : Ecrit dans les étoiles.

Stardust, Starlight, Starshine et Starfire / poussière d'étoile, lumière des étoiles, scintillement des étoiles, feu d'étoile