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… CHAPITRE 3 …
Puisque la casquette te va, mets-la!
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La casquette tomba.
BOUM – BOUM!
Edward était totalement embarrassé alors que la brise soufflait, enroulant son pyjama noir en soie autour de ses jambes.
Que venait-il juste de se passer?
Il se frotta rudement le visage avec ses mains se sentant aussi embarrassé que furieux. Il était gêné et en colère de son comportement et de celui de sa queue. Et il était bel et sacrément en colère contre cette fille.
Quel genre de file accroche une casquette à la bite d'un gars? Quel était son putain de problème? Bon autre celui qu'elle possédait un camion dans un sale état, complètement foutu et une casquette qu'elle n'avait eu aucun scrupule à accrocher à la queue dressée d'un étranger.
Il avait été sidéré autant par son geste que par son pénis.
Il ne s'était même pas rendu compte qu'il était dur pendant cet affrontement jusqu'il y a quelques instants. Et maintenant ça lui causait du stress.
Qu'est-ce que ça signifiait?
Peut-être que c'était parce qu'il avait été bien excité avec la rousse, deux fois, et qu'il n'avait pas pu finir. Puis elle l'avait encore mordu et on aurait pu penser que ça allait mettre le holà à toutes les choses concernant sa bite.
Mais non, apparemment pas.
Peut-être avait-il été dur tout le temps parce qu'il était dehors, ne portant presque rien et que la brise l'avait suffisamment saisi pour lui donner l'impression qu'il était excité alors qu'il était nu dans la rue. C'était érotique en quelque sorte, une exposition indécente, un outrage à la pudeur.
Est-ce que ça pourrait être ça? Suis–je un pervers?
Il ne pouvait certainement pas poser cette question à son docteur de père.
Putain.
Ce n'était pas parce qu'il était en colère, si? Suis-je pervers quand je me mets en colère?
Edward connaissait certains gars qui auraient pu être excités de se mettre en colère et de hurler à une femme mais il n'avait jamais fait partie de cette catégorie. Il n'avait jamais crié sur une femme avant. Il n'avait jamais rien fait de tout ça auparavant. Mais encore une fois ce n'était pas quelque chose dont il pourrait discuter avec son docteur de père.
Ce n'était pas ses vêtements c'était évident.
Elle n'était pas bien habillée. Elle était plutôt mal fagotée, certainement pas le genre de tenue qu'il trouverait assez excitante pour devenir dur. Il n'y avait absolument rien de séduisant concernant cet hideux, trop grand, et vert fané sweat-shirt marqué Forks High School et ce jeans trop grand qui appartenait sûrement à son petit-ami. Et en plus elle portait des … converses … des noires.
Alors bon sang, si ce n'était pas la fille… qu'est-ce que c'était?
Elle ne ressemblait en rien aux filles par lesquelles il était attiré habituellement. La plupart d'entre elles étaient grandes, avec de longues jambes, bronzées, manucurées et bien soignées… des filles à papa, des bombes avec des seins qui la plupart n'étaient pas vraiment à elle mais qui étaient portés bien en évidence.
Cette fille était un peu jeune, menue et à la peau pâle, un visage en forme de cœur et de grands yeux bruns qui l'avaient fixé, choqués alors qu'il l'insultait. Il était encore plus en colère quand il réalisa que c'était une fille, sûrement car il était encore plus furieux contre lui-même d'engueuler une fille… c'était quelque chose qu'il ne faisait pas normalement.
Il soupira et se frotta le visage rudement une fois encore.
C'était ses cheveux alors?
Il aimait les cheveux longs lâchés, bouclés ou raides peu lui importait. Et elle avait beaucoup de jolis cheveux, une riche brunette.
Mais d'abord il n'avait pas vu ses cheveux, ça ne pouvait pas être cela. Ils était rentrés dans sa casquette.
La casquette.
Putain…
Edward fixa le sol devant lui. Il se pencha pour ramasser la casquette rouge. Elle était tombée quand elle était partie en courant, en claquant la porte d'entrée. Et c'était alors que ça c'était calmé.
Il examina la casquette.
"Asshole.*"
Pourquoi quelqu'un avait-il une casquette avec ce mot bien en évidence? L'était-elle, connasse? Ou l'avait-elle juste pour la suspendre à la bite d'un gars si la situation devenait excitante.
Et la situation l'est devenue 'excitante'.
Génial. Je fais des plaisanteries sur moi-même et ma queue maintenant. Et je me parle. De ma bite.
Peut-être qu'il faut que je prenne un rendez-vous avec Pops.
Il soupira et regarda vers sa maison. Il savait qu'elle ne reviendrait pas. Elle s'était enfuie. Il l'avait faite s'enfuir. Lui et sa queue avaient fait s'enfuir une fille.
Ça c'était nouveau.
D'habitude elles courent après ma bite et moi.
"Ne prends pas ça personnellement mon gars," murmura-t-il, en regardant son aine.
Et maintenant je parle à ma queue. A voix haute. Ça pourrait même dépasser les compétences de mon père.
Pourtant elle l'avait regardée avant de s'enfuir, il en était certain.
Son regard avait dérivé sur son visage et il en avait été vaguement conscient pendant qu'il criait et puis ses yeux étaient descendus sur son torse nu et son estomac. Elle avait rougi abondamment en voyant son excitation … comme si elle n'avait jamais vu quelque chose comme ça.
Il ne souvenait pas d'avoir vu une fille rougir comme ça avant, les filles avec lesquelles il sortait ne rougissaient pas. Elles avaient certainement déjà tout vu.
Lorsque la jeune fille aux cheveux bruns avait crié vers lui, son regard était toujours fixé vers la bosse de son pantalon et son visage était toujours en train de rougir.
Et c'est précisément à cet instant là qu'elle s'était enlevé la caquette et l'avait suspendue à son… beau membre. Qui ne pendait pas du tout.
Bada BOUM!
Merde!
Pourquoi s'était-elle enfuie comme ça, en laissant tourner le moteur de son camion, portière ouverte? Et putain qu'est-ce que c'était que cette tirade incompréhensible concernant les problèmes de son camion? Ça n'avait aucun sens. Bien sûr qu'elle n'avait pas les idées claires. Ou alors… il lui en manquait un grain.
C'était ça peut-être… une déséquilibrée… malade psychologiquement.
Peut-être que c'était elle qui avait besoin de l'aide de Pops.
Edward se pencha dans la cabine et tourna la clé de contact. Le camion belliqueux sursauta avant de s'arrêter tandis qu'Edward regardait vers la porte par où elle avait disparu.
Aucun signe de vie.
Et maintenant?
Il enleva la clé de contact. Il pensa poser sa casquette avec ses clés devant la porte puis sonner jusqu'à ce qu'elle se montre, ainsi il pourrait les lui rendre. C'est ce que ferait un bon voisin.
Visiblement c'était une nouvelle voisine qui arrivait. Du moins ça y ressemblait. Il regarda le lit dans le camion, il était recouvert d'un bâche. Il n'y avait pas moyen de savoir ce qui était caché là-dessous. Il ne devait pas y avoir de trop gros meubles.
OOh… elle ne serait pas un genre de squatter? Vivre dans un grand appartement vide avec juste un camion merdique et ce qu'elle aurait récupéré dans les poubelles?
Non c'était impossible. Elle n'aurait jamais pu passer le garde à la grille d'entrée, les systèmes de sécurité Volturi était bien connus pour leur efficacité.
Il débattit encore une minute avant de prendre sa décision.
Laisse tomber.
Elle avait agi comme une abrutie, il n'allait certainement courir après elle. Et si elle avait été gênée… et bien… ils l'avaient été tous les deux!
A-t-elle pensé que je n'étais pas gêné quand j'ai réalisé que je lui hurlais dessus alors que c'est… une fille… avec mon érection pointant vers elle avec emphase? Pense-t-elle que je ne me suis pas senti… ri-di-cu-le?
Putain.
Laisse-les… définitivement!
Il lança les clés sur le siège avant et posa la casquette par-dessus en les cachant. Elle n'avait pas de souci à se faire que quelqu'un veuille voler son camion. Un voleur ne pourrait pas faire dix mètres avant d'être trahi par les pétarades de l'engin qui alerteraient le propriétaire. Il ferma la portière et descendit l'allée pavée, pour retourner chez lui.
Il était à peu près à mi-chemin quand il leva les yeux juste à temps pour voir la rousse sortir de chez lui en claquant la porte derrière elle. Elle se dirigeait vers lui.
Elle le regarda bien en face. Elle était entièrement habillée, coiffée, collants et robe noirs et portait d'incroyables talons, ceux de la veille au club. Elle descendit l'allée et puis monta sur le trottoir.
Que faisait-elle là?
A la grande surprise d'Edward il se rendit compte qu'elle n'allait pas vers lui. Elle tourna à droite et commença à s'éloigner de la maison, de la rue. De lui.
Que diable? Où allait-elle?
C'est là qu'il vit qu'elle avait son sac.
Quoi? Non!
Il commença à traverser la rue un peu plus vite, un peu plus péniblement, essayant de se dépêcher pour mettre un terme à cette nouvelle bêtise.
"Attends, hey attends!"
Merde c'était quoi son nom? Veronica? Victoria? Vicki?
"Vicki, attends une minute!"
La rousse s'arrêta brusquement et se retourna vers lui, son regard lançait des éclairs.
"C'est Victoria ou Tori pas Vicki! Je le te l'ai répété la nuit dernière! Deux fois! Mets-toi bien ça dans la tête! De toute façon ça n'a plus d'importance Edwin. Tu n'as aucune raison de m'appeler par le bon ou le mauvais prénom. Tu n'as plus aucune raison de m'appeler… du tout! Retourne à ta petite plouc. Elle semblait captiver ton intérêt."
Sur ce elle fit demi-tour s'éloignant d'Edward. Il n'y avait aucun moyen qu'il puisse la rattraper. Elle volait sur ses longs talons vertigineux et lui ressentait comme des coups de couteaux sous ses pieds ou des bris de verres, clous rouillés ou lames de rasoir qui étaient apparemment utilisés pour le pavage de cette foutue rue.
Il regarda sa silhouette s'éloigner pendant un moment tandis que son front se plissait.
Edwin? Elle l'avait appelé Edwin?
"Tori! Où vas-tu? Je peux te raccompagner! Je vais m'habiller et sortir la voiture!"
"Oublie ça Ed…mund!"
Edmund? Elle n'a pas vraiment fais ça, m'appeler Edmund? Si?
"Victoria comment vas-tu rentrer chez toi?"
A présent elle était assez loin, elle allait tourner au coin sur Moonlight. Elle allait vite malgré ses imposants talons. Elle ne regardait même pas en arrière, elle se tourna et lança par-dessus son épaule :
"J'ai appelé un taxi! Il vient me chercher à la grille. Adieu ED… gard!"
Edgard maintenant… c'est Edgard?!
Seigneur tout puissant… ce n'est pas comme si je l'avais appelée par un prénom complètement faux. Vicki est bien un surnom pour Victoria, n'est-ce pas?
Vicki… Attendez qu'avait-elle dit à propos de Vicki? Merde…je n'avais écouté qu'à moitié à l'époque. Vicki… Vicki… la poisse? Non ce n'étais pas ça. Vite Vicki, Pas mal mais non c'était autre chose…. Vicki qui lèche? C'est pas faux mais c'est pas ça, Vixki qui suce… Hummm… oh ouais! Ouais! Gnangnan Vicki! C'était ainsi que les enfants l'avaient surnommée à l'école primaire!
Enfin… Remets-toi. Si tu as pu encaisser "Bizarre Ed" à l'école secondaire, tu peux sûrement encaisser "Icki Vicki" c'était il y a vingt ans.
Trop sensible.
Tu dois développer une peau plus épaisse dans ce monde et apprendre à de protéger des blessures.
Peut-être devrai-je lui envoyer des fleurs?
Non. Jamais de la vie.
Edward changea de direction et alla vers chez lui, son pantalon de pyjama noir flottant et claquant au vent.
ooo O ooo
Bella avait tout vu de l'échange.
Elle était assise là, appuyée contre la porte d'entrée quand elle réalisa qu'elle n'entendait plus le moteur de son engin tourner ni tousser. Elle sortit à quatre pattes du salon, resta baissée et hors de vue pour regarder par la grande fenêtre près de l'entrée. Tassée dans le coin, là où elle ne pouvait être vue, elle avait été surprise par le fait que la portière de son camion était fermée à présent.
Il a dû éteindre le moteur et fermer la portière. Et mes clés? Génial… il les a probablement jetées dans les buissons pour se venger de moi et de mon camion.
Elle avait regardé Abruti furieux commencer à marcher précautionneusement et péniblement dans la rue vers l'appartement opposé au sien. Ça paraissait évident que la route faisait mal à ses pieds nus… il ronchonnait et faisait une pause de temps en temps pour frotter la plante de son pied contre sa jambe opposée.
La porte de l'autre côté de la rue s'était ouverte et une rousse en était sortie, claquant la porte derrière elle. C'était la femme que Bella avait vue avec un drap enroulé autour d'elle derrière la fenêtre, en haut. Elle avait pensé que c'était peut-être Mme Abruti. Maintenant cependant elle pensait en voyant comment elle l'avait regardée, furieusement, et comme elle regardait l'abruti, elle réalisait que ça devait être sa petite-amie et que cette érection imposante devait avoir été pour elle.
Elle était habillée comme si elle sortait de discothèque certainement pas comme on s'habille pour la journée et elle portait des talons très pointus et inconfortables pour marcher.
Elle a commencé à se ressaisir, souriant un peu quand elle comprit qu'elle allait assister à un défilé de la honte de proportions épiques. Ça incluait peut-être une bagarre dans la rue. Elle s'était reculée et s'était assise et elle tendit son bras pour écarter légèrement le rideau. Il n'y avait pas moyen qu'elle manque ça. C'était inestimable et il fallait qu'elle en profite.
De sa cachette elle l'avait entendu demander à la rousse de l'attendre. La femme s'était arrêtée brusquement et s'était tournée vers lui en criant en colère. Bella en avait entendu chaque mot aussi clair que le tintement d'une cloche puisque la rousse était tournée vers elle.
"C'est Victoria ou Tori, pas Vicki!" avait-elle crié. "Dieu, je te l'ai dit la nuit dernière! Deux fois! Rentre-le dans ta tête,"
Bella avait commencé à rire en entendant ces quelques premiers mots.
Donc… non… même pas sa petite-amie… juste un coup d'un soir… une conquête… et Abruti ne connait même pas son prénom. Spectaculairement classique, Abruti!
"En fait, Edwin, peu importe."
Edwin? Alors le prénom d'Abruti c'est Edwin? Il ne ressemble pas du tout à un Edwin.
Mais Victoria-Tori-Vicki n'en avait pas fini.
"Ça n'a plus d'importance que tu m'appelles par le bon ou le mauvais prénom. Il n'y a aucune raison que tu m'appelles… du tout!"
Hah! Dis-lui, vas-y petite-amie! Vas-y ma belle!
Bella s'enserrait un peu plus fort dans ses bras tandis que la rousse continuait.
"Retourne à ta petite plouc! Puisqu'il semble qu'elle ait piqué ton intérêt!"
QUOI?
Bella haleta. Elle faillit s'étouffer. Elle commença à tousser, puis les larmes montèrent à ses yeux tellement c'était suffocant.
"Plouc? Moi … ça va pas? Vicki, salope!
Quand elle eut essuyé les larmes de ses yeux et qu'elle fut en mesure de respirer et de voir à nouveau, Viki la salope s'était bien éloignée d'Edwin l'abruti. Il l'appelait encore lui disant qu'il allait la ramener si elle attendait un peu.
"Oublie ça Ed- mund!" hurla Vicki la salope sur un ton venimeux.
Alors quoi c'était Edwin ou Edmund?
"Victoria comment vas-tu rentrer chez toi?"
Bella ne pouvait plus voir Viki la salope. Elle était trop loin à présent, elle avait tourné au coin de la rue et disparu de la vue de Bella. Mais ses mots lui parvenaient encore par la fenêtre ouverte.
"J'ai appelé un taxi! Il m'attend à la grille. Au revoir, Edgard!"
Bella avait commencé à rire mais elle mit rapidement la main devant sa bouche pour ne pas qu'Edward Edmund Edgar l'Abruti l'entende. Maintenant elle avait compris de quoi il s'agissait. Elle réfléchit un moment et réalisa que le vrai nom de son voisin devait être Ed quelque chose. Elle en déduisit que ça devait être Edward. Ça paraissait logique d'après ce qu'avait dit Vicki la salope. Edwin, Edmund et Edgard était des prénoms anciens, Edward semblait plus commun et plus agréable.
Elle se releva, elle avait une chance d'aller à son camion quand elle vit que l'Abruti était reparti vers sa porte d'entrée.
Et il semblait être enfermé dehors.
Elle le regarda tandis qu'il commençait à cogner sur la porte d'entrée avec les deux poings, alternant l'un puis l'autre puis les deux. Il semblait crier une fois de plus, elle ne pouvait pas entendre ce qu'il disait. Attendez… Si elle pouvait… il venait juste de se retourner et il agitait ses bras et Bella put discerner un "putain" définitif sur ses lèvres … bon sur sa bouche entière, puisqu'il semblait l'avoir hurlé.
Finalement il donna un grand coup de pied dans la porte puis attrapa son pied et le massa en sautillant sur l'autre pendant quelques secondes. Il tapa dans la porte une fois de plus pour faire bonne mesure puis baissa les yeux sur lui-même conscient qu'il avait quitté la maison dans son doux et sexy pantalon de soie noire.
Bella le regarda alors qu'il peinait en passant près du parterre de roses puis il traversa la petite cour qui conduisait à sa porte d'entrée. Il resta là, les mains sur ses hanches un moment, regardant vers la fenêtre à l'étage. Ensuite il regarda par terre en secouant la tête et en passant sa main dans sa chevelure emmêlée mais sexy. Et dans un soudain sursaut d'énergie, Abruti partit sur son trottoir tourna à gauche et commença à faire le tour de son immeuble.
Bella soupira. C'était bien sa chance. Elle sortit en regardant prudemment vers ou Abruti avait disparu puis se dirigea furtivement vers son camion. Elle ouvrit la portière du côté du conducteur et fut surprise d'y découvrir la casquette infâme posée sur le siège. Elle la prit délicatement par la visière, ne voulant pas toucher la partie qui avait été en contact avec sa… chose… et voilà... il y avait ses clés, posées dessous!
Oh!
Finalement il n'était pas complètement irrécupérable. Il ne les avait pas jetées dans un buisson par dépit.
Elle risqua un coup d'œil furtif vers la résidence d'Abruti mais il n'était plus en vue.
Peut-être était-il rentré par la porte coulissante de l'autre côté mais elle était en hauteur et le mur était rugueux, en parpaing et il faudrait une échelle si c'était comme derrière chez moi.
Bella se dirigea vers son camion et commença à défaire la corde qui retenait la bâche bien en place. Elle tira sur un coin de la bâche et sortit un grand sac en plastique rempli de la nouvelle literie et de serviettes. Un autre sac qui contenait les oreillers qu'elle avait achetés pour son lit, qui devait être livré aujourd'hui, elle fit demi-tour et partit avec ses sacs et la casquette, posant tout ça au pied de l'escalier qui menait à l'étage.
Elle se tourna pour repartir pour un autre voyage mais s'arrêta brusquement en voyant le spectacle par sa porte d'entrée ouverte.
L'abruti attendait. Fulminant. En effervescence.
Juste. Là.
Bella n'avait jamais vu personne d'aussi furieux. Ses yeux étaient noirs et dangereux. Il respirait vite par ses narines dilatées et ses dents étaient serrées. Elle pouvait voir les muscles de ses mâchoires se contracter furieusement.
La respiration de Bella resta coincée dans sa gorge. Sa vie défila devant ses yeux.
Ensuite elle remarqua les abrasions rouges le long de ses abdos spectaculaires et musclés et sur ses côtes. Elles n'étaient pas là avant. Et pas non plus la déchirure au genou de son pyjama noir en soie. Et ses pieds nus étaient sales à présent et ses orteils droits étaient légèrement écorchés.
Elle le regarda jusqu'à rencontrer ses yeux. Quand elle parla c'était juste un murmure.
"Que vous est-il arrivé?"
Elle regarda ses sourcils se froncer un instant et pensa qu'il était perplexe, évaluant sa question. Quand il répondit sa voix était faible et contrôlée. Elle pouvait tout juste l'entendre.
"Que m'est-il arrivé?" Il prit une profonde inspiration et répéta sa question, plus fort cette fois. "Que m'est-il arrivé?"
Elle hocha la tête ayant trop peur de dire quelque chose.
"Tu es arrivée. Toi et ton incroyable, vieil et bruyant, pourri, tas de pétarades bêtes arrivés. C'est toi qui es venue ici, brisant la tranquillité, rendant ma matinée de pire en pire jusqu'au cauchemar absolu, sorti tout droit des entrailles de l'enfer!" Son discours était devenu deux fois plus fort et saccadé jusqu'à ce qu'il crache et pulvérise les derniers mots.
Bella cligna des yeux, stupéfaite. Et elle ne put pas s'en empêcher, la prof d'anglais en elle fit son apparition.
"C'est sûrement une hyperbole," murmura-t-elle.
Il grogna en levant les yeux au ciel. Puis il recommença à parler dans un grognement plus contrôlé.
"Oh je peux te l'assurer, ce n'était pas une hyperbole et je n'exagère pas le moins du monde."
La pensée qu'il devait être assez intelligent s'enregistra dans le cerveau de Bella. Il n'avait pas réfléchi pour comprendre quand elle avait utilisé le mot "hyperbole' comme d'autres abrutis l'auraient fait.
"J'ai besoin de ton échelle," dit-il sèchement refrénant sa colère.
Bella le regarda complètement perdue.
"Je n'ai pas d'échelle."
"Dans le garage. Les Randall l'ont laissée quand ils sont partis. J'en ai besoin. Maintenant."
Elle fronça les sourcils.
Oh.
Un peu de politesse ne serait pas superflue non plus. Je me demande quelles étaient les chances que les Randall laissent une échelle dans le garage.
Abruti la fixait et Bella chassa ses pensées de sa tête.
"D'accord… Je…" Elle montra vaguement un endroit derrière elle, lui faisant comprendre qu'elle allait ouvrir le portail du garage de l'intérieur.
Bella passa par l'escalier, devant la salle d'eau puis tourna à droite dans le séjour face à la cuisine puis tourna de nouveau à droite dans le petit couloir qui conduisait à la buanderie dans le garage. Elle appuya sur le bouton pour faire ouvrir le portail automatique.
Il commença à se soulever et elle vit les pieds boueux et ensanglantés d'Abruti, son pantalon en soie claquait dans le vent et était déchiré au niveau de ses genoux, son entrejambe qui était redevenu normale, son torse légèrement poilu mais égratigné, puis son cou gracieux et attirant mais le visage toujours menaçant encadré par ses fabuleux cheveux sexy.
Leurs regards se rencontrèrent puis le sien se fixa sur l'échelle. Sans un mot ses yeux revinrent sur elle et ça semblait clairement dire : tu vois je te l'avais dit! Il se dirigea vers l'échelle et l'attrapa sans ménagement, se retourna et il partit en grandes enjambées traversant le garage puis l'allée, ses biceps tendus, les muscles de ses épaules et de son dos contractés à cause du poids de l'échelle. L'échelle le gênait, il ne pouvait pas se retourner.
"Ne… ferme pas."
Bella resta là à baver à la vue de son magnifique dos tandis qu'il s'éloignait.
Evidemment il avait essayé de grimper au mur pour rentrer chez lui. Et évidemment c'était trop haut. Ce faisant il avait marché dans la boue, s'était fait mal aux orteils et écorché les genoux et le torse en s'accrochant pour grimper. Et il lui mettait tout ça sur le dos, la blâmant pour la matinée de merde qu'il venait d'avoir.
Quel abruti colossal!
Bella retourna à l'intérieur, ramassa la casquette et revint au garage, la déposa dans le lave-linge. Elle lui laissait une chance supplémentaire.
Il avait disparu de l'autre côté du bâtiment en face, il allait essayer de conquérir le mur en moellon.
Elle sortit par le garage et alla à son camion pour récupérer sa valise à roulettes où étaient rangées ses chaussures, ses sacs à main et ses ceintures. Elle prit une lampe dans l'autre main et retourna chez elle en rentrant par le garage.
Elle posa le tout et revint à son camion, regardant dans la rue à la recherche d'Abruti. Mais personne. Elle souleva le carton rempli de vêtements et le posa au sol puis le tira jusqu'au garage. Elle fit de même avec le deuxième et le troisième. Ensuite ce fut le tour du carton d'ustensiles de cuisine.
Alors qu'elle revenait au garage, elle leva les yeux et vit Abruti sortir de chez lui avec l'échelle, toujours avec ce même pantalon mais cette fois-ci avec des sandales aux pieds. Il mit moins de temps à traverser la rue. Elle baissa les yeux pendant qu'il s'approchait du garage et elle vit que ses pieds n'étaient plus sales et que le bas de son pantalon était mouillé.
Elle allait lui dire quelque chose mais il avait dû s'en apercevoir parce que son regard lui fit comprendre qu'elle ferait mieux de se taire. Il posa l'échelle à sa place et repartit, sortant du garage sans un mot.
Elle en resta bouche bée.
Rien? Pas même un merci, juste pour être poli? Putain quel abruti!
Elle alla au lave-linge et récupéra la casquette puis elle partit en courant dans l'escalier de devant après lui. Elle envoya la casquette comme un frisbee et elle le percuta au milieu du dos. Il s'arrêta et se retourna, regarda la casquette puis Bella choquée.
"Puisque cette casquette te va si bien, mets-la abruti!" hurla-t-elle.
Elle tourna les talons et rentra, appuya sur le bouton pour fermer le portail et claqua la porte du séjour derrière elle.
Voilà!
ooo O ooo
Environ une heure et demie plus tard le camion de livraison arriva avec les nouveaux meubles de Bella. Les livreurs avaient déjà déchargé son nouveau canapé, il était grand et en forme de U avec une méridienne pour étendre ses jambes à une extrémité. Elle pourrait bien s'imaginer se reposer là, à regarder la cheminée par la grande baie à côté d'elle, à lire des livres ou des fan fictions, ou à écrire la sienne sur son ordinateur portable. Ça allait être le paradis!
Elle repartit à l'extérieur pour regarder les hommes descendre sa nouvelle chambre.
Elle était dans la petite cour regardant sa nouvelle commode lorsqu'elle entendit un bruit dans la rue. Le portail du garage d'Abruti se levait. Il fit son apparition, fraîchement douché, il avait encore les cheveux mouillés. Ses doigts passèrent dans ses cheveux à plusieurs reprises. Dans sa main gauche il portait un sweat à capuche gris. Il portait un jeans étroit et délavé, un tee-shirt noir en V et des converses noires.
Bella regarda ses pieds qui portaient exactement les mêmes chaussures.
D'accord… alors il avait bon goût en matière de chaussures. Tout ne pouvait pas être mauvais.
Elle l'observa discrètement pendant qu'il allait récupérer le journal du matin qui gisait dans l'allée depuis quelques heures. Il ignora complètement Bella et le camion de livraison et retourna à ses affaires dans le garage.
Elle lui tourna le dos ne voulant pas qu'il la surprenne en train de l'observer. Elle était curieuse de savoir quel genre de voiture il conduisait mais elle n'allait pas regarder. Au moins ce n'était pas un vieux Chevrolet.
Elle se concentra sur les livreurs qui déballaient ses tables de chevet.
Soudain un moteur rugit dans la rue, derrière elle. Elle refusa de se retourner. Elle entendit le grondement profond approcher et se rendit compte qu'il sortait du garage et était dans l'allée. Bien qu'elle veuille regarder, elle ne se l'autorisa pas.
Jusqu'à ce que le bruit du moteur rugisse plusieurs fois plus près, dans la rue à présent. C'était comme un défi, il voulait qu'elle se retourne.
Elle ne put pas s'en empêcher. Elle le fit. Et regarda.
Putain de merde.
Abruti portait des lunettes de soleil, des Wayfares semblait-il. Il était assis derrière le volant d'une grosse voiture de sport, noire et décapotable. Elle en savait suffisamment concernant les voitures pour le savoir. Il l'avait ouverte. C'était une voiture magnifique avec évidemment un énorme moteur, à en juger la puissance du grondement. Ça lui rappela la Batmobile.
Il n'est sûrement pas un super héros comme Batman. Il a surtout une bite colossale.
C'était une Bitmobile, décida-t-elle et la bitmobile quitta juste le bitgarage.
Abruti la fixa avant de prendre quelque chose sur le siège du passager. La bouche de Bella s'ouvrit quand elle le vit poser la casquette Asshole sur sa tête. Il sourit – un sourire en coin – et la salua avec ses deux longs doigts sur la visière et ensuite il appuya sur l'accélérateur, rugissant dans la Stardust Lane.
Bella resta là, bouche bée à cause de la voiture ou d'Abruti mais aussi de son audace.
Ses yeux tombèrent sur la plaque d'immatriculation personnalisée, à l'arrière de l'élégante et puissante voiture de sport noire qui disparut au coin de la rue avec un dernier rugissement.
ECULLEN
Abruti avait un nom.
Edward Cullen.
…
.Asshole : trou du cul, connard, enfoiré, - je n'ai pas encore décidé ce que j'allais choisir car cette histoire de casquette va durer un certain temps… et va rebondir… ;-) mais Abruti me plait mieux J
.Les surnoms de Victoria sont très difficiles à traduire ça ne rend rien
Vicki sticky : la poisse
Hickey Vicki : qui suce
Quickie Vicki : rapide
Licki Vicki : qui lèche
Icki Vicki : gnangnan
