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... CHAPITRE 5 ...
De mal en en pis … comme si c'était imaginable
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Quand Bella eut fini d'écouter sa chanson et terminé de danser face à sa fenêtre, elle s'écroula dans son lit, se sentant bien mieux que de toute la journée. Elle était contente d'avoir appelé Angela et d'avoir suivi ses suggestions. Avoir mis M. Pantalon en soie sur l'air de M. le Frimeur avait grandement allégé son humeur et l'avait fait rigoler. Et la perspective de donner une leçon à l'Abruti de l'autre côté de la rue, en le décrivant comme le pauvre playboy Ethan Collins dans la fan fiction Written in the Star, bien … c'était juste inestimable. Bella tomba endormie avec Edward Cullen en tête, la vengeance au cœur et un sourire sur les lèvres.
Ce fut la première nuit où elle fit un cauchemar avec Edward Cullen.
Elle se réveilla le lendemain après une nuit agitée, tremblante et troublée. Son cœur battait la chamade, sa bouche était sèche et ses paumes moites. Elle savait que si elle avait léché ses paumes, sa bouche ne serait plus tout à fait sèche mais qui fait cela? Elle se leva et alla dans la cuisine chercher une bouteille d'eau fraîche.
Tandis qu'elle était dans la cuisine, en train de boire son eau, des bribes de son cauchemar revinrent la hanter jusqu'à ce que le rêve l'envahisse à nouveau.
ooo O ooo
Il faisait nuit. Les étoiles brillaient. Elle était assise dans la Bit mobile à côté d'Abruti lui-même. La voiture était décapotée et le vent soufflait dans ses cheveux. Le scénario n'était pas familier. Elle n'avait pas la moindre idée d'où ils allaient. Elle tenta de jeter un coup d'œil à Abruti derrière le volant. Ses cheveux ne bougeaient pas dans le vent, il portait la casquette. Et il portait aussi un nouveau pyjama noir et en soie, rien …. Pas de t-shirt, ni de chaussures, ni de chaussettes.
Il doit avoir froid.
Ses lèvres ciselées étaient serrées, ce qui ne faisait qu'accenteur le creux de ses joues, entre ses pommettes hautes et une forte mâchoire carrée, terminée par la peau du cou recouverte d'une épaisse barbe. Il semblait mécontent, c'était le moins qu'on puisse dire, sa colère était à peine sous contrôle et Bella savait qu'elle était sa cible.
"Arrête de me regarder!" grogna sa voix autoritaire tandis qu'il fiait la route droit devant eux.
La respiration de Bella resta bloquée dans sa gorge. Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle le fixait.
Sa tête se tourna et son regard froid se posa sur elle.
"Yeux vers le sol!" ordonna-t-il froidement.
Merde! Il m'a dit d'arrêter et moi je continue! Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi?
Elle baissa les yeux tandis que la voiture poursuivait sa route. Elle fut surprise par ce que ses yeux découvrirent sur ses genoux. Ses mains étaient jointes, ses doigts entrelacés et ses poignets étaient étroitement liés par un cordon noir.
Quoi?
Puis elle regarda plus bas et remarqua ses pieds… Ses chevilles étaient aussi liées par un cordon noir!
Putain! C'est quoi ce bordel!
Sa bouche s'ouvrit et elle se tortilla un peu, sur le point de demander à Abruti pourquoi ses poignets et ses chevilles étaient attachés. Mais l'avertissement la fit taire.
"Reste tranquille!"
*Soupir*
"Finis de danser! Et ne pense même pas à chanter sinon je te fouette!"
Quoi? Oh mon dieu!
Son estomac se contracta tandis qu'ils accéléraient, elle dans le siège passager, attachée, vers une destination incertaine et lointaine dans un paysage étoilé et inconnu.
ooo O ooo
Bella sortit de la transe induite par son cauchemar et se retrouva debout dans sa nouvelle cuisine, saine, sauve et seule, les poignets et les chevilles libres.
"Seigneur! Quelle sorte de rêve était-ce?" se murmura-t-elle, en rassemblant ses pensées et en passant sa main sur son front.
Evidemment les événements de la journée précédente avaient lourdement pesé sur son esprit. Et cela ne servait qu'à l'énerver davantage contre Abruti.
Il l'avait envahie… bon techniquement c'est elle qui l'avait envahi mais c'était lui qui était venu envahir son espace personnel. Il avait envahi ses pensées toute la journée d'hier et comme si cela ne suffisait pas, il avait envahi son sommeil dans des rêves de domination et l'avait laissée désorientée et de mauvaise humeur ce matin.
Elle prit deux résolutions. D'abord elle ne boirait plus de soda allégé ni ne mangerait de chips au fromage avec de la sauce ranch si tard le soir. Et ensuite elle allait arrêter de lire des fics avec Dom Ethan et soumise Stella. Ça commençait visiblement à lui monter à la tête.
Ces histoires étaient agaçantes bien sûr et si en plus vous n'aviez pas beaucoup d'expérience dans ce domaine ni dans tout ce qui concerne le sexe… Ce qui ma foi décrivait assez bien Bella. Bien sûr elle avait eu des rendez-vous. Bien sûr elle avait eu un petit-ami ici ou là. Mais jamais pour très longtemps et jamais pour très loin...
Elle n'avait pas encore exploré toutes les bases. La première bien sûr et la deuxième aussi mais ensuite tous les joueurs avaient disparu. Ou peut-être était-ce elle qui était partie. Ou était-elle restée coincée entre la seconde et la troisième base. Elle n'avait jamais pris le cornichon et n'avait jamais touché celui de quelqu'un. Personne pour passer la troisième base et ça c'était toujours fait en solitaire… personne n'était venu dans son assiette jusqu'à présent.
Elle se savait assez vieille et manquant d'expérience sexuelle à 24 ans. Cependant ça ne l'avait jamais gênée. Ce n'est pas comme si elle voulait se préserver. Si la bonne personne arrivait, ça irait vite, toutes les bases seraient passées et le point serait marqué. Mais jusqu'à présent personne ne l'avait suffisamment intéressée pour en arriver jusque-là. Et elle n'avait jamais voulu avoir de rapports juste pour pouvoir dire qu'elle l'avait fait. Donc elle ne l'avait pas fait.
Mais elle avait tout lu à ce sujet, absolument tout et elle gardait toute cette connaissance pour s'en servir avec quelqu'un de spécial un jour. Et cette personne spéciale ne la ferait pas se sentir comme une imbécile à cause de son inexpérience. Elle était certaine que ce serait une expérience cosmique et que ses fans l'encourageraient depuis les tribunes.
Elle regarda l'heure sur le four à micro-ondes et vit qu'il était près de dix heures. Jake serait ici dans une heure environ. Il était temps de se lever vraiment, faire son lit et se rendre présentable, s'habiller pour la journée et prendre un bon petit-déjeuner.
Après s'être préparée elle revint dans la cuisine et se servit un bol de Lucky charms avant de se souvenir qu'elle n'avait pas de lait. Elle envisagea de sauter dans son camion pétaradant pour se rendre à la petite épicerie à 800 mètres environ. Mais elle n'avait aucune envie de déranger Ken et Barbie dans la maison des rêves en face. Ils devaient probablement être très occupés à l'horizontale quelque part dans son appartement ou même à la verticale d'ailleurs. Enfer, Abruti pouvait même avoir des endroits inclinés où ils pourraient faire leurs tours de passe-passe. Elle ne voulait pas le mettre dans l'embarras.
Elle décida finalement de sortir pour voir si l'un de ses voisins était dehors. Peut-être qu'elle pourrait simplement emprunter un bol de lait… à un voisin, excepté Abruti bien sûr. Il serait encore capable de cracher dedans. C'était sûrement le genre de choses qu'il aimait faire. Mais elle avait vu un couple plus âgé deux entrées plus bas. Il lui avait souri pendant qu'elle déchargeait son camion dans l'après-midi. Elle avait aussi remarqué un homme d'âge moyen qui rentrait sa voiture dans le garage d'à côté mais il n'avait vraiment montré aucun signe d'intérêt.
Bella décida d'espérer le meilleur et peut-être rencontrer un nouveau voisin. Elle alla vers sa porte d'entrée et la déverrouilla, l'ouvrit et reçut le plus grand choc de sa vie. Bon le second plus gros. Le plus gros avait été Abruti lui-même par la portière de son camion ouverte, crachant des jurons sur elle.
Le deuxième plus grand choc était là, devant sa porte, juste à côté de son paillasson rouge.
C'était une casquette de baseball avec un mot brodé devant 'Bitch'. [garce]
Elle faillit s'évanouir sous le choc. Ensuite elle claqua la porte d'entrée comme si la casquette était de la vermine sur le point de faire effondrer la maison ou de l'attaquer. Elle se tenait près de la porte, s'étreignant pour se protéger. Ensuite elle alla dans le salon marmonnant pendant une minute entière. Elle s'approcha de la porte d'entrée avec prudence et jeta un coup d'œil par le judas… Mais la casquette était toujours là. Elle ouvrit la porte avec prudence et la fixa.
"Garce!" dit-elle.
Bella sortit, remarquant que le paillasson avait été bougé, il était tourné vers elle et non plus en direction du visiteur qui était susceptible d'arriver. Elle fronça les sourcils jusqu'à ce qu'un éclair de compréhension la traverse.
Oh. Seigneur! Il m'envoie un message! "Bienvenue… Garce!" Quel genre d'abruti fait ça. Mon Abruti fait cela. Oooooh… Edward Cullen… tu es un tel connard!
Elle donna un coup de pied dans la casquette. Elle s'envola quatre mètres plus loin et retomba face à elle. La narguant. Insistant et l'appelant garce.
Elle retourna à l'intérieur et claqua la porte une fois de plus. Elle arpenta le salon une autre minute complète, marmonnant pour elle-même puis ressortit. Elle resta là, près de la casquette regardant l'appartement interdit de l'autre côté de la rue. Tout était tranquille. Les rideaux fermés. Pas de signe de vie.
"Va te faire voir!" cria-t-elle en direction de l'appartement.
Le bâtiment qui abritait Abruti et son appartement.
Le bâtiment où Barbie était probablement en train de s'agiter sur une surface horizontale, verticale ou inclinée.
Abruti… qui m'appelle Garce… Je vais te montrer ce qu'est une garce.
Elle prit la casquette, tourna les talons et marcha dans la maison.
Elle l'observa dans sa main. Il ne s'était pas moqué d'elle. Elle était douce. Bleue. Lumineux, bleu royal. Et la broderie était blanche. Tout comme la sienne. Mais alors que la casquette Asshole était brodée en caractère d'imprimerie, la casquette Bitch était brodée en manuscrit.
Très féminine, jolie ou presque.
Quoi?
Où l'avait-il trouvée? Où peut-on trouver cela, en avait-il en réserve pour les filles qui passaient par là?
Elle savait bien d'où venait la casquette Asshole. Jake l'avait commandée en ligne après qu'ils soient allés à un concert ensemble, ici, à Seattle. Bella avait été intriguée par un les paroles d'une chanson qui parlait d'une fille qui portait une casquette sur laquelle était écrit Asshole. C'était une chanson sur les fans du groupe et apparemment l'un des fans dans le public portait cette casquette. Alors Jake lui avait trouvé la même et l'avait commandée. Et maintenant Abruti Cullen l'avait. Et Bella était devenue la propriétaire pas très fière d'une casquette Bitch.
Son téléphone vibra dans sa poche, elle en fit tomber la casquette pensant qu'elle devait avoir, en quelque sorte, mordu sa hanche. Puis elle réalisa que c'était son téléphone qui sonnait.
Elle le sortit de sa poche. C'était Jake. Il était déjà là, devant sa porte.
Jake! Alléluia!
De la normalité.
Ensuite une idée traversa la tête de Bella pendant qu'elle rangeait son téléphone dans sa poche.
Jake…
Hmmm…
Elle ramassa la casquette et la posa sur sa tête. Un sourire diabolique se posa sur son visage tandis qu'une autre pensée traversait son esprit.
Elle me va bien Edward Cullen! Et je la mets!
oooOooo
Hier après-midi Edward avait fait une halte rapide - mais importante - au magasin de sport de Newton, en chemin vers le port de plaisance, avant de retrouver Irina Sergeyevna Denaliskaya pour un après-midi et un dîner à bord du yacht de papa. Irina était au bout du quai, près de l'endroit où le bateau était ancré en attendant qu'Edward arrive, quelques minutes en retard.
Le Queen of Andaman* est un yacht luxueux, classique et élégant presque comme un ketch*. Le père d'Irina, Sergueï Nilolayevich Denalisky, devait certainement savoir ce qu'il faisait lorsqu'il l'avait acheté. Ce yacht à l'ancienne mesurait 41 mètres de la proue à la poupe avec deux grands mâts. L'extérieur en était blanc brillant avec une riche cabine en acajou et l'intérieur était somptueusement décoré en acajou et tissu rouge et brocart d'or. Il devait bien lui avoir coûté une dizaine de millions de dollars. Mais il pouvait bien se le permettre.
Sergueï était sûrement la raison principale pour laquelle Edward voyait Irina. Il était toujours intéressé par ce que le vieil homme avait dire.
Sergueï avait deux filles, Irina et Tanya toute les deux dans les vingt-cinq ans. Et Edward les voyait toutes les deux, pas en même temps bien sûr - il faisait des rêves sauvages à ce sujet - mais il les voyait par intermittence. Ce n'était pas non plus son idée. Sergueï Denalisky n'avait pas de garçons. Et Edward pensait que peut-être ça ennuyait le vieux Sergueï. Edward avait le sentiment que Sergueï cherchait à s'acheter le fils qu'il avait toujours voulu. Quelqu'un avec qui il pourrait partager la connaissance d'une vie passée à apprendre l'industrie du transport, les investissements des entreprises et le développement immobilier.
Edward était tout ouïe quand il partageait son sens des affaires.
La plupart du temps Irina et Tanya roulaient des yeux d'ennui.
Les filles avaient un accent russe exotique et ressemblaient à des top modèles. Elles étaient tous les deux très attirantes. Irina avec ses cheveux longs, raides, blond platine et Tanya avec sa coupe courte carrée et élégante. Elles avaient toutes les deux les yeux bleus, de petits nez parfaits, une peau bronzée parfaite, de longues jambes galbées et un corps qui défiait la gravité et qui semblait trop beau pour être vrai et ne l'était probablement pas.
Edward s'était fait un devoir de faire savoir à Sergueï, Irina et Tanya qu'il ne se voyait pas s'installer d'ici un moment. Il ne voulait pas leur donner de faux espoirs ou de fausses impressions, il était très ouvert à ce sujet. Edward posait immédiatement les limites dès qu'il sortait avec une femme. Il voulait qu'elle sache dans quoi elle s'engageait en le fréquentant. Elle ne l'aurait pas… au moins au sens matrimonial du terme. Il était prêt à les sortir, à dîner et à coucher. Il veillait à ce qu'elles profitent du bon temps avec lui. Mais il ne voulait pas s'engager. C'était impossible puisqu'il avait toujours habilement évité d'avoir une véritable relation avec une femme.
L'après-midi à bord du Queen of Andaman avait été parfait. Le soleil brillait et l'air salé était frais et sain, l'eau était relativement calme avec quelques petites vagues. Edward et Irina avaient passé l'après-midi allongés sur des chaises longues, flirtant et prenant le soleil, buvant de la vodka Elit Stolichnaya de temps en temps pendant qu'ils voguaient.
"Edvaarrd, tu es un peu tendu, non?" ronronna la voix d'Irina. "Tu parais distant. Tu veux que je te masse? Irina va te faire sentir mieux, oui?"
"Bien sûr, bébé. Un message semble parfait. Je suis un peu tendu. J'ai eu une matinée stressante."
Il roula sur le ventre et la sentit monter à cheval sur lui en se tortillant sur son cul. Elle se pencha au-dessus de lui, ses seins fermes l'effleurant. Il se demanda un moment si elle allait le masser avec ses seins voluptueux.
Pas vraiment une bonne idée.
Puis il réalisa qu'elle s'était penchée pour attraper l'huile solaire. Elle commença à la répandre sur ses épaules puis son dos, frottant et caressant sensuellement avec ses bras longs et forts et ses doigts agiles.
"Tu as un trrrès beau dos, Edvaarrd. Très musclé. Et ta peau… si pâle. On dirait un magnifique marrbrre."
Elle se pencha un peu plus près de son oreille cette fois. Il sentit son souffle chaud tandis qu'elle murmurait.
"Plus tard ce soir, Irina te fera un massage spécial, oui?"
Hmmm… Ouais… Plus tard, Irina me fera un massage spécial… oui.
Il sourit simplement et ronronna de plaisir en fermant les yeux derrière ses ray-bans.
ooo O ooo
L'après-midi à la mer avait été formidable.
Le dîner à bord phénoménal.
La conversation avec Sergueï pendant le dîner avait été instructive.
De retour à la marina dans la soirée on pouvait dire que la journée avait été très réussie.
Malgré tous ses efforts Edward ne comprenait pas pourquoi - plus tard dans la nuit après qu'Irina soit rentrée avec lui, comme elle l'avait fait auparavant à plusieurs occasions - il n'était pas dans son assiette.
Lorsqu'ils arrivèrent à la maison il s'était senti observé, une fois de plus. Il fit un signe vers la maison du cas désespéré, sentant sans aucun doute cependant qu'elle avait les yeux sur lui et la fille qu'il ramenait. Il l'avait refait à nouveau brièvement, là-haut dans sa chambre pendant qu'Irina était dans la salle de bain, il l'avait saluée juste avant de fermer les rideaux.
Il ne la voyait pas mais il pouvait la sentir. C'était une chose étrange.
Les choses ne s'étaient pas bien passées dans l'heure qui avait suivi ces deux petits saluts. Peut-être était-ce le Karma qui revenait lui mordre le cul … ou la bite.
Peu importait qu'Irina et lui aient passé un après-midi et une soirée agréables ensemble à la mer. Peu importait les touchers sensuels et les massages au soleil, tout ce flirt. Peu importait qu'Irina ressemble à une strip-teaseuse chaude dans son petit short noir, ses bottes et son soutien-gorge parce que ce soir, quand ils entrèrent dans son grand lit aux draps en satin fraichement lavés, Edward se rendit compte qu'il ne pouvait pas roucouler. Vous ne pouvez pas roucouler avec une bite qui ressemble à … une nouille.
Ça ne lui était jamais arrivé avant.
Il avait été étonné et embarrassé. Il avait été bouleversé et mortifié. Et mou.
Irina avait été très compréhensive. Ce qui l'avait irrité encore un peu plus. Comme son accent le faisait pour la première fois. Il se demanda pour la première fois si c'était pour se donner un genre.
"Edvaarrd… ça va? Za arrive parfois aux hommes. Ce n'est pas ta faute!"
"Peut-être que c'est à cause de la vodka ou du soleil et de l'air marin," accepta-t-il, essayant de retrouver son équilibre. "Peut-être que je suis simplement fatigué."
"Oh bien sûr! Et quelque chose te stresse, bébé. Je le sens. Irina sait. Viens je vais te masser le dos."
Et c'est ce qu'elle avait fait. Elle lui avait fait son massage spécial. Dos et devant et toutes les parties entre. Elle avait vraiment des mains géniales. Mais ça n'avait servi à rien. Sa queue était HS. Avoir Irina dans son lit ne servait à rien.
Il ne pouvait pas et ça l'énervait.
C'était un échec épique de sa queue.
Et elle avait même vu les marques sur sa verge.
"Edvaardd, qu'est que c'est ça, sur ta queue? Une morrsurre?"
Putain de vie.
"Euh non je me suis fait mal plus tôt ce matin."
"Comment ça a pu arriver?" demanda-t-elle, inspectant minutieusement son membre flasque.
Blessure avec brosse à dent? Non. Soie dentaire? Non ça n'aurait pas coupé. J'ai laissé une rousse s'en approcher? Ça n'allait pas très bien se passer.
"Euh, j'ai laissé tombé mon rasoir électrique alors que je me rasais."
Les yeux bleus d'Irina errèrent sur sa mâchoire le long de son visage.
"Tu ne t'es pas rasé, Edvaarrd, tu es tout hirsute."
Oh putain c'est pas vrai! Moi et ma flemme!
"Non je voulais dire pendant que je voulais m'arranger là." Il regarda en bas vers son aine comateuse.
Irina passa ses doigts dans les poils pubiens nettement soignés.
"Oh pauvre chéri! Za a du fairre mal. C'est peut-être pour ça que ta bite ne veut plus fonctionner."
Il hocha simplement la tête vaguement, souhaitant ne pas avoir à poursuivre cette discussion sur son dysfonctionnement. A la place il changea de sujet posant la question qu'il avait eu en tête pendant toute la journée.
"Irina, est-ce que tu sais ce qu'est une hyperbole?"
"Non, qu'est-ce que c'est? Une couleurr, non?"
Il grimaça regardant le visage parfait d'Irina.
Non, idiote… ce n'est pas une couleur.
"Non ce n'est pas une couleur. C'est une exagération utilisée comme figure de style."
"Je n'y comprends rien Edvaarrd."
Non, je m'en doutais figure-toi.
Irina avait finalement laissé tomber et elle s'était tournée de son côté pour dormir.
Juste après ça Edward alla aux toilettes. Au moins pour cet aspect, sa queue fonctionnait correctement. Il se regarda lui et son équipement défectueux dans le miroir de la salle de bain en se lavant les mains. Ensuite il quitta sortit doucement et se dirigea vers le lit où Irina dormait en ronflant un peu et en bavant sur son oreiller, bien installée, prenant toute la place.
Alors qu'il était sur le point de se remettre au lit, il eut de nouveau cette impression de picotements, de sensations de chatouillement dans le dos et la nuque. C'était sûr. Alors il retourna à la fenêtre, tirant sur le rideau légèrement pour regarder dehors.
Enfer?
Il fut stupéfait par ce qu'il vit de l'autre côté.
Mais putain, qu'est-ce qu'elle fait maintenant?
Le cas désespéré faisait des pas de danse excentriques et saccadés devant la fenêtre de sa chambre. Elle semblait chanter quelque chose comme si elle chantait dans sa direction. Ça l'énervait. Il se demanda si elle avait jeté un sort à sa bite, à cause de l'érection qu'il avait eue en sa présence le matin même et que là elle était juste en train de faire une danse de la victoire.
Il retourna à son lit, se sentant incertain et méfiant. Il resta là, longtemps, repensant à sa journée une fois de plus. Se demandant pourquoi toutes ces choses étranges lui étaient arrivées. Pourquoi sa queue fonctionnait parfaitement bien ce matin, au moment le moins opportun et était devenu complètement inutile quand il en avait le plus besoin? Elle fonctionnait parfaitement bien ce matin. Il avait la casquette pour le prouver.
La casquette…
Merde… La casquette!
Il jeta un coup d'œil au réveil près du lit. Il était un peu plus d'une heure du matin. Il regarda vers Irina. Elle était hors service, dormant comme un loir complètement étalée, prenant toute la place dans le lit. Il sortit du lit, prit le jeans qu'il avait porté plus tôt et descendit tranquillement au garage.
Il mit ses sandales et alla dans le coffre de sa voiture. Il récupéra la poche du magasin de sport et en sortit le contenu : une caquette bleue arborant fièrement le mot Bitch sur le devant.
Un sourire lui chatouilla les lèvres.
Il l'avait achetée ce matin en chemin vers la marina. Il était dans le rayon gigantesque des vêtements et l'avait choisie. Elle était d'un beau bleu vibrant. Il était allé demander de l'aide à un vendeur et avait expliqué ce qu'il voulait. L'homme aux cheveux blonds était lent et s'était gratté la tête derrière son comptoir en commençant à lui expliquer qu'ils ne pourraient faire la broderie que s'il prenait douze casquettes. Edward avait agité sa main.
"Très bien peu m'importe. Facturez-m'en douze."
"Je dois facturer douze broderies aussi alors."
"Très bien. Je paierai. Faites-le."
Ce mec pouvait-il vraiment être plus lent qu'une limace?
"Il y a un délai de deux jours pour que ça soit prêt. Revenez dans deux jours, mardi après-midi," l'informa la limace.
"Je n'ai pas deux jours. J'ai quinze minutes. Et j'en veux juste une. Je vais payer les autres mais je n'en veux qu'une seule." Edward le fixa.
"Je suis vraiment désolé mais j'ai d'autres commandes avant la vôtre et ce sont elles qui ont la priorité."
Edward soupira d'impatience en sortant son portefeuille pour en sortir un billet de cent dollars.
"Je vais parier cent dollars que vous pouvez me la faire en quinze minutes."
Edward glissa le billet sur le comptoir vers la limace qui avait maintenant les yeux écarquillés.
"Et si c'est vrai…?" demanda la stupide limace à l'esprit lent, lorgnant le billet sur le comptoir avec envie.
Comme si ça n'était pas évident, idiot?
"La brodeuse récupérera la mise!" éclaircit Edward espérant n'avoir pas à faire un dessin pour lui faire comprendre.
"Je parie que vous allez gagner," dit la limace en prenant la casquette et en allant lentement dans l'arrière-boutique.
Huit minutes après il revient avec la casquette brodée empochant le billet de cent dollars.
"Alors c'est pour votre ex petite-amie, celle avec laquelle vous venez de rompre?" demanda-t-il curieux.
Edward secoua la tête.
"Non, je ne la connais même pas."
La limace fronça les sourcils en prenant la carte de crédit d'Edward.
"C'est un message sévère à donner à quelqu'un qu'on ne connait pas," déclara la limace.
Edward fit une pause une fraction de seconde, ressentant un léger pincement de doute puis il le repoussa.
"Je pense qu'elle a un bon sens de l'humour."
La limace fronça les sourcils mais n'avait plus rien à ajouter. Une fois la transaction finie, il lui rendit la carte de crédit et sa poche.
"Bonne chance avec ça," dit la limace tandis qu'Edward partait rapidement.
Presque douze heures plus tard et à approximativement une heure et demie du matin, avec la casquette à la main, une russe socialiste ronflante et bavant dans son lit et sa dysfonction érectile dans son pantalon, Edward se déplaça dans la rue et posa la casquette devant la porte du cas désespéré. Il trébucha sur le paillasson rouge et faillit tomber à plat en étouffant un cri. Craignant d'être entendu, il jeta le paillasson à sa place à la hâte et commença à courir dans la rue, souriant de ce qu'il avait accompli.
Le lendemain matin… Et bien toujours le même matin mais bien plus tard, Edward s'était levé et était parti courir sans réveiller Irina. Il avait fait en sorte de courir assez pour être en sueur et avoir l'odeur qui correspondait. Il voulait la dissuader de rester trop près de lui. Il ne voulait pas réitérer son manque de performance de la nuit d'avant. Il l'avait bousculée à la sortie du lit elle s'était mis une nouvelle tenue microscopique, il lui avait offert une boisson protéinée à emporter pour son petit-déjeuner mais elle avait refusé.
Il lui raconta une histoire abracadabrante, lui disant qu'il fallait qu'il aille chez ses parents. Ce n'était pas totalement faux. Il fallait qu'il y aille aujourd'hui. Mais pas avant seize heures pour dîner. Mais Irina n'avait pas besoin de connaitre les détails.
Et ce fut au moment où Edward sortait son Aston Martin noire qu'il aperçut le camion de déménagement qui tournait au coin de la rue.
"Edward attends! J'ai oublié ma casquette!" dit Irina soudainement.
Il arrêta la voiture là où il était, laissa tourner le moteur pendant qu'Irina sautait hors de la voiture et partait en courant dans la maison en passant par le garage.
Edward remarqua un éclair bleu royal du coin de l'œil et se retourna pour voir en face. Le cas désespéré venait de sortir de sa maison et se promenait dans son allée. Elle portait la casquette Bitch. Elle regarda Edward avec un petit sourire gentiment sinistre.
Le camion de déménagement arriva et s'arrêta juste face à son allée. Un mec très grand, à la peau foncée, très musclé avec des biceps saillants en sortit, il portait un short noir et un débardeur blanc. Ses vêtements semblaient sur le point d'exploser sur son corps rempli de muscles.
Irina rejoignit Edward puis il ferma sa portière.
En attendant le cas désespéré avec sa casquette Bitch avait rejoint le grand gars costaud au bord du trottoir. Elle sourit doucement à Edward avec ses deux doigts sur la visière et le grand gars la prit dans ses bras dans une étreinte d'ours.
Les yeux d'Edward s'écarquillèrent et il déglutit, mal à l'aise.
Ce doit être son petit-ami.
Ce doit être lui qui lui a prêté son jeans d'hier.
…
Andaman : îles situées dans l'océan indien
Ketch : voilier à deux mats dont le grand mât est situé à l'avant et le plus petit d'artimon à l'arrière
