.

… CHAPITRE 8 ...

Départs

.

.

Edward Cullen aimait ses parents tendrement. Carlisle et Esmée Cullen avaient été ses plus fervents supporters pendant des années comme tous les bons parents le sont pour leur enfant. Ils étaient aussi très compétents pour rendre sa vie inconfortable - encore une fois comme tout bon parent est censé le faire. Alors le dîner chez ses parents avait été ce à quoi on devait s'attendre : son père avait fait griller des steaks et ses deux parents l'avaient mis sur le grill.

Ça commença assez innocemment somme toute, avec des boissons puis une visite au comptoir de la cuisine tandis que sa mère préparait la salade et son père la marinade pour les steaks. Ils avaient passé de bons moments à discuter de leur récent voyage à Paris où son père avait été brillant lors du symposium. Ses parents avaient transformé cette invitation en deux semaines de vacances bien méritées.

Il trouva les détails qu'il attendait : le chahut à l'aéroport international, leur séjour parfait dans leur chambre d'hôtel cinq étoiles et des repas fabuleux dans des restaurants luxueux, le bourdonnement des discours au symposium et un bref résumé de la vie de ce neurochirurgien qui était actuellement en instance de divorce parce qu'il sortait avec une femme plus jeune.

Pendant que la salade reposait et que les steaks grillaient, Edward écouta leurs aventures et regarda des photos de la Tour Eiffel, des boutiques et des cafés le long des Champs Elysées, l'arc de Triomphe, le Sacré Cœur en haut de Montmartre, Notre Dame de Paris, la promenade sur la Seine en bateau-mouche et l'immense jardin du Luxembourg. Ils avaient aussi passé pas mal de temps dans les musées les plus réputés de Paris : le Louvre, le musée d'Orsay et le centre Pompidou. Et bien sûr Carlisle et Esmée avaient ramené des souvenirs et des cadeaux dont un porte-clés, un livre sur l'histoire de Paris, quelques bijoux et des vêtements, plusieurs affiches d'art des musées et une réplique de près de deux mètres de haut de la Tour Eiffel.

Ils s'assirent tous les trois autour de la salade composée, de pommes de terres rissolées avec des champignons et des steaks grillés. C'est là que le vrai dîner commença. Son père, le maître du barbecue, commença assez vaguement tandis qu'ils attaquaient la salade.

"Alors et pour toi comment ça s'est passé? Nous ne t'avons pas laissé en placer une."

Edward sourit. "Oh je vais bien. Rien de bien nouveau à signaler."

"Tu es en forme? Pas de problème?"

"Ouais, je vais bien… pas de problème."

Sauf la panne de bite récente mais elle semble être passée, les choses se sont bien redressées.

Carlisle commença à couper son steak.

"Je suppose que tu es sexuellement actif…"

"Papa pour l'amour du ciel!" Et Edward commença à s'attaquer à son steak.

Carlisle continua à parler calmement. "Edward en tant que père et en tant que médecin je veux juste savoir…"

"Papa j'ai vingt-huit ans!"

Pour l'amour du ciel n'aborde pas ce sujet!

Ils restèrent là, à fixer leur assiette pendant un moment, les fourchettes et les couteaux à steak suspendus en pleine action avant d'être reposés. Edward prit son verre de vin et Carlisle s'essuya la bouche avec sa serviette. Edward secoua sa tête n'en croyant pas ses oreilles, il passa ses doigts dans ses cheveux. Carlisle soupira passant lui aussi ses doigts dans ses cheveux.

Esmée se racla la gorge, croisa ses mains sur ses genoux et laissa ses cheveux tranquilles. Elle leur fit un sourire rassurant à tous les deux.

"Edward, ton père et moi t'aimons beaucoup. Nous voulons juste nous assurer que tu es sensibilisé et que tu fais bien attention puisque tu es … actif… mais … ne cherche pas les … responsabilités."

"Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose s'il vous plait?"

"Tu sors toujours pas vrai?" lui demanda Carlisle.

Edward pinça l'arête de son nez et prit une profonde inspiration avant de parler le plus calmement possible. "Oui je sors. J'ai une vie sociale. Je prends toutes les précautions nécessaires. Je ne suis pas fou."

Esmée sourit de façon rassurante, tendant sa main pour tapoter les siennes.

"Nous le savons, chéri. Détends-toi. Nous ne voulons pas envahir ta vie privée, Edward."

"Merci j'apprécie réellement cela." Il pencha sa tête d'un côté à l'autre et haussa les épaules plusieurs fois pour essayer de détendre les muscles tendus dans son cou et ses épaules.

Ils finirent de dîner, l'atmosphère restait un peu tendue, leurs couteaux à steak et leur conversation étaient au point mort.

"Alors as-tu rencontré quelqu'un Edward?" demanda Esmée après un moment.

"Non maman," dit Edward, avec un soupir résigné et le désir de se gifler d'avoir accepté cette invitation à dîner. "Je n'ai rencontré personne. Je ne veux pas de … responsabilités supplémentaires. Si vous attendez des petits-enfants il faudra que vous regardiez ailleurs. Je suis heureux de vivre ma vie comme ça. Je n'essaie pas de trouver quelqu'un pour une relation sérieuse."

"Oui et bien c'est souvent à ce moment-là que tu rencontres quelqu'un de spécial, lorsque tu t'y attends le moins," elle sourit avec espoir alors qu'il levait les yeux au ciel. "Alors encore personne chéri?"

Maintenant c'est l'instant idéal pour partir en courant vers les collines.

Il prit une profonde inspiration pour se calmer et fixa sa mère.

"D'accord maman qu'est-ce que tu veux que je te raconte? J'ai rencontré une nouvelle fille. Elle vient d'emménager de l'autre côté de la rue, hier. C'est ça que tu as envie d'entendre?"

"Comment elle s'appelle? Elle est jolie?" demanda Esmée, s'engouffrant dans la brèche sans même faire attention au ton qu'il avait employé pour lui répondre.

"Qu'est-ce qu'elle fait?" ajouta Carlisle, en piquant ses pommes de terre.

Edward ferma les yeux et se frotta le visage puis passa sa main dans ses cheveux et les serra dans son poing.

"Maman papa! Enfin je plaisantais! C'est flippant. Vous ne voulez pas me laisser tranquille si je ne vous donne rien!"

"Oh… alors pas de nouvelle voisine?" demanda Carlisle, semblant un peu perplexe en attrapant ses champignons.

Edward soupira. Il était soudain très fatigué. Mais très, très fatigué.

"Oui une nouvelle voisine. Ou voisins, devrai-je dire. Bella et Jake. Elle est enseignante, il est mécanicien. Ils ont mon âge ou peut-être un peu plus jeunes. Ils ont aménagé à la place des Randall."

"Ils sont donc arrivés hier?" Carlisle se pencha en avant et posa son coude sur la table le regard intéressé.

"Non Bella est arrivée hier. Jake est venu aujourd'hui."

C'est pas vrai… on dirait des vautours perchés sur la table de salle à manger.

Il n'avait pas le choix, il raconta l'histoire. Mais il sentait qu'il fallait qu'il omette des choses. Alors il leur dit à peu près tout… soixante et quinze pour cent des choses, en fait.

Il ne parla pas de la rousse dans son lit. Ça ressemblait trop au titre d'un livre pour enfant. Ou peut-être plus à celui d'un roman érotique. D'autre part il ne devait pas agiter sa vie sexuelle ouvertement. Ça le ramènerait seulement à la conversation précédente sur les précautions et les 'responsabilités'.

Il commença par les pétarades du camion. Ils trouvèrent ça assez amusant - bien qu'il ne l'ait pas vu ainsi sur le moment. Maintenant il pouvait voir tout le comique de la situation.

Il raconta comment il avait crié pour se faire entendre mais il oublia la partie où il l'insultait quand il croyait encore que c'était un homme. Sa mère voudrait juste lui laver la bouche avec du savon et son père lui dirait probablement un de ses "Edward, ta mère et moi t'avons élevé mieux que ça…"

Il oublia la partie sur l'érection très agressive dans son pyjama de soie. Ça lui aurait fait mal d'en parler devant sa mère mais son père aurait pu lui donner quelques conseils.

Il oublia également le moment où Bella avait accroché sa casquette sur son érection… vu qu'il avait déjà sauté cette partie. Ses parents seraient juste troublés par une casquette qui tient toute seule en l'air.

Il leur dit qu'il s'était retrouvé enfermé à l'extérieur de chez lui. Techniquement c'est Icky Vicky qui l'avait enfermé dehors et il ne le mentionna pas parce que ça l'obligerait à ramener la rousse dans le scénario et toujours cette fameuse conversation sur l'importance de l'utilisation régulière de préservatifs, tests et blablabla et blablabla.

Il leur raconta ses nombreuses tentatives infructueuses pour rentrer chez lui et sa brillante idée d'aller emprunter l'échelle des Randall qui appartenait à présent à ses nouveaux voisins. Ils l'avaient plaint mais ils avaient un peu ri de lui. Il reconnut que c'était très drôle maintenant qu'il n'était plus en situation et que ses blessures étaient en voie de guérison. Si vous l'aviez lu dans un livre ou vu dans un film vous trouveriez certainement que c'était ridicule et vous auriez ri aux éclats.

Il raconta comment Bella lui avait lancé sa casquette Asshole quand il avait ramené l'échelle et ses mots "Puisque cette casquette te va, mets-là!" et ça porta souci à sa mère.

"Edward tu n'as pas pensé à remercier cette pauvre fille? Tu es parti sans rien lui dire? Comment peux-tu être aussi malpoli envers quelqu'un que tu ne connais pas du tout?"

"Edward!" intervint son père, "Ta mère et moi t'avons élevé mieux que ça!"

Et merde, personne ne l'avait vu arriver.

"Je sais, je sais, j'étais en colère. Je ne voulais pas rendre les choses encore pires en ouvrant ma gueule ou en disant quelque chose d'inapproprié."

"Pourquoi a-t-elle une casquette comme ça?" se demanda Esmée à haute voix.

"Je ne connais pas toute l'histoire. C'est un cadeau de son petit-ami mais je pense que c'est une sorte de plaisanterie, quelque chose comme ça. Je ne le savais pas sur le moment."

"Fiston il faut que tu ailles t'excuser. Et la remercier pour t'avoir prêté l'échelle. Tu lui as rendu la casquette au moins?"

"Euh non, non pas vraiment. Je l'ai gardée. Mais je lui en ai acheté une autre."

"Une avec Asshole écrit dessus?" tenta Esmée. C'était étrange d'entendre ce mot sur dans la bouche de sa mère. Ça le faisait paraître très vulgaire.

"Euh non. " La voix d'Edward était calme quand il parla. "C'est Bitch qui est brodé dessus."

Ses parents se redressèrent et le fixèrent, bouche bée et complètement perdus par cette réponse.

"J'ai pensé qu'elle lui plairait," ajouta-t-il rapidement. "J'ai vu qu'elle la portait."

Ils continuèrent juste à le regarder, sans voix et complètement hébétés par ce jeu.

Edward se racla la gorge. "Elle est un peu différente je pense. Au moins de ce que j'en ai vu en un jour et demi… Un genre de fille… piquante. Son copain me l'a dit. Et puis j'ai remarqué qu'elle chantait et qu'elle dansait dans sa chambre devant sa fenêtre. Je suis sûre qu'elle chantait une brosse à cheveux en main."

Esmée regarda Carlisle. Un tas de préoccupations sur le visage. Carlisle lui renvoya son regard avant de s'éclaircir la voix pour parler.

"Tu sais parfois la maladie mentale peut se manifester par des comportements étranges."

Il hocha la tête. Mais il ne put arrêter le rire qui jaillit de ses lèvres.

"Je ne pense pas qu'elle soit malade mentalement papa, je pense qu'elle est juste différente. Son copain Jake m'a dit qu'elle était bizarre parfois mais il l'a également décrite en termes très positifs, il a dit que c'était une véritable amie et qu'elle avait bon cœur. Qu'elle était très intelligente. Tu sais les gens intelligents peuvent être un peu bizarres parfois." Esmée lui sourit chaleureusement. C'était le sourire d'une mère aimante.

"Oui on sait cela, les gens intelligents apprennent à gérer leur excentricité avec le temps."

Il hocha la tête en rougissant un peu et en souriant en coin.

"Et le jeune homme, Jake? Il est beau… et normal?" demanda Carlisle pour poursuivre la conversation.

"Oui il est tout ce qu'il y a de plus normal. Il est très protecteur pour sa bizarre petite-amie. Et très intéressé par les voitures. Il est venu jeter un coup d'œil à la Vanquish et je lui ai fait faire un petit tour. Il savait tout de la voiture. Et quand nous sommes revenus je les ai aidés à décharger certains meubles, les plus gros, Jake est un grand gaillard musclé du genre d'Emmett mais Bella est assez menue. J'ai pensé que mon aide serait la bienvenue."

Ils acquiescèrent pour montrer qu'ils comprenaient.

"Et ça a été très aimable à toi Edward," dit Esmée. "Je suppose que les choses ont pris un départ étrange mais à la fin, ils seront peut-être très charmants. C'est bien de savoir qu'il y a quelqu'un de ton âge dans ce quartier. Je me demande comment ils peuvent faire s'ils sont tous les deux si jeunes, lui mécanicien et elle enseignante."

Edward haussa les épaules. "Je n'ai pas demandé ça ne me regarde pas."

"Non bien sûr, je me demandai à quelle classe elle enseignait?"

"Oh je ne sais pas. Nous n'avons pas beaucoup parlé. Je ne suis resté qu'un petit moment pour faire avancer les choses je devais me doucher et partir pour venir ici."

"Eh bien je suppose que tu le sauras bien assez tôt. Tu devrais les inviter pour l'apéritif ou manger pour apprendre à les connaître."

"Oui, je le ferai probablement. Peut-être la semaine prochaine après que je sois revenu de Chicago."

"Tu as préparé tes affaires?"' demanda Carlisle.

"Non je pensais le faire ce soir ou demain matin. Mon vol est à midi."

"Et tu rentres jeudi c'est ça?" demanda sa mère.

"Oui dans l'après-midi."

"Tu penses passer par le cimetière tant que tu es là-bas?" demanda Carlisle.

Il hocha la tête. "Bien sûr! Je pense que j'irai et que j'y porterai quelques fleurs."

"Ne raconte pas à tes grands-parents que tu as acheté une casquette brodée Bitch à une parfaite étrangère. Ils se retourneraient dans leur tombe et se demanderaient comment ils t'ont élevé."

Edward rigola. "Okay je n'en ferai pas mention."

Plus tard ils le raccompagnèrent jusqu'à la voiture. Ils lui donnèrent le tube de posters, la réplique de la tour Eiffel et d'autres cadeaux et souvenirs qu'ils mirent dans le coffre de la voiture. Esmée le serra dans ses bras et l'embrassa sur la joue et Carlisle lui tapa dans le dos et ébouriffa ses cheveux.

"Bon voyage fiston. Appelle-nous quand tu es de retour." Carlisle passa son bras autour d'Esmée et Edward monta dans sa voiture.

"Je le ferai, merci pour le dîner. C'était parfait."

Il allait refermer sa portière lorsque sa mère l'interpella.

"Et je t'en prie, excuse-toi auprès de ta voisine et remercie-la pour t'avoir prêté l'échelle."

"Oui je le ferai. J'aurai déjà dû le faire. Et merci pour les cadeaux," dit-il en regardant dans le rétroviseur.

"Avec plaisir, on t'aime," son père hocha la tête, aux mots de sa mère.

"Moi aussi," dit-il avant de refermer le portière, de démarrer et de le leur faire un geste de la main avant de s'éloigner.

Oui il les aimait. Malgré leur indiscrétion. Ils ne faisaient que leur travail. Et maintenant il devrait prendre un comprimé pour le mal de tête à cause de toute cette discussion pendant le dîner.

Quand Edward arriva dans sa rue, il regarda vers chez sa voisine mais il pensa que c'était trop tard pour aller présenter ses excuses à Bella à cette heure. L'appartement était dans l'obscurité sauf le séjour. Il pouvait voir la lumière bleuâtre de la télévision. Evidemment Bella et Jake regardaient la télé ou un film probablement blottis ensemble, profitant de leur bonheur domestique dans leur nouvelle maison. Comme il rentrait chez lui il sentit un étrange coup de solitude mais il se reprit et monta pour faire ses bagages.

Il s'arrêterait demain pour s'excuser, avant de partir pour Chicago.

ooo O ooo

Lorsque Bella se réveilla le lundi matin après un autre rêve alléchant sur le trio des dieux du sexe turgescent, tout ce qu'elle pouvait faire était de rester là et d'essayer de rassembler ses idées et de reprendre son souffle. Elle sut instantanément que cela n'avait été qu'un rêve. Si Ethan Collins, Edward Cullen et Pat Robinson étaient vraiment tous dans le même lit queen-size en même temps, nus et palpitants, le monde serait certainement sur le point d'imploser.

Ethan Collins était couché derrière elle, il avait saisi ses fesses et les pétrissait avec ses mains aux longs doigts tandis que ses lèvres embrassaient et jouaient le long de sa nuque et de ses épaules, envoyant des frissons le long de sa colonne vertébrale. Edward Cullen était face à elle, l'embrassant comme s'il n'y aurait pas de lendemain, sa langue faisait une sorte de tango de l'amygdale avec la sienne tandis que ses mains aux longs doigts taquinaient ou caressaient ses seins. Pat Robinson n'était nulle part en vue mais il y avait une bouche au sommet de ses cuisses et elle pouvait sentir les doigts de quelqu'un sonder son point chaud, alors ça devait être lui parce que Bella n'avait vu personne d'autre se joindre à la fête. D'ailleurs elle ne l'aurait pas nécessairement remarqué. Partout où elle regardait, il y avait de beaux corps longilignes, des pénis tendus et palpitants et des visages sexy à la mâchoire carrée… magnifiques. Elle était tellement distraite et elle profitait tellement que la comète de Halley aurait pu traverser sa chambre qu'elle ne l'aurait pas remarquée.

Bella perçut qu'elle était là, rougissante à son propre rêve. Elle se ressaisit et se leva lentement du lit, chancelant vers la salle de bain pour une douche froide qui la réveillerait et lui permettrait de sortir de sa stupeur Dieux du sexe.

Une demi-heure plus tard, elle était dans la cuisine, en train de sortir les œufs, le bacon, le jus d'orange, le beurre et le lait du réfrigérateur. Elle confectionna quelques pancakes et testa si la poêle était assez chaude lorsque Jake arriva douché et torse nu, vêtu seulement de son short. Il s'installa au comptoir de la cuisine.

"Salut Jake. Bien dormi?"

"Génial. Ton ancien lit est très confortable, je ne m'en doutais pas." Il lui sourit diaboliquement en s'étirant.

"Bien maintenant tu peux dire à tout le monde que tu as dormi dans mon lit. Ce sera une conversation très intéressante quand tu seras de retour à Forks. Jusqu'à ce que ça parvienne aux oreilles de Léa."

Jake rigola tandis qu'il commençait à verser du jus d'orange dans les deux verres.

"Oh oui elle va me tanner si je répands cette rumeur. Et toi Bells? Comment as-tu dormi? Tu as fait de beaux rêves?"

"Oui j'ai vraiment bien mais vraiment bien dormi," elle soupira en repensant à toutes ces érections que ses rêves lui avaient apportées.

"Bella?" La voix de Jake était inquiète. "Tu vas bien? Tes paupières battent et tu es toute pâle et à présent tu rougis. Tu es sûr que ton thermostat interne fonctionne bien?"

"Non ça va," dit-elle en en essuyant les traces d'œufs sur le plan de travail. "Je vais bien. Sers-moi un café s'il te plait Jake."

Bella essaya de travailler aux pancakes, aux œufs au bacon sans laisser toutes ces pensées de corps masculins et de parties féminines envahir son cerveau. Elle mit le tout dans un plat et le posa sur le comptoir face aux tabourets et elle s'assit près de Jake.

"Alors puis-je faire autre chose pour toi avant de partir aujourd'hui?"

"Non Jake, je peux faire ce qu'il reste toute seule. Tu as déjà fait énormément. J'ai vraiment apprécié tout ce que tu as fait. Aider Charlie à charger mes affaires, les amener jusqu'ici, installer la télé, le lecteur de dvd et le home cinéma, installer les cadres, réparer le camion, venir faire les courses avec moi, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi. Tu es mon ami terriblement bricoleur."

"Tu as aussi oublié de dire que j'étais ton grand méchant petit-ami pour le mauvais Edward Cullen," dit-il en souriant.

"Oui ça aussi," Elle se pencha sur Jake et lui fit un gros câlin. "Merci."

Une fois le petit-déjeuner terminé ils débarrassèrent la cuisine, Jake rassembla ses affaires et se dirigea vers le camion de déménagement pour rentrer à Forks.

"Tu vas être bien ici toute seule?" lui demanda-t-il.

"Oui ça va aller. Je vais continuer à ranger la maison. Ça m'excite beaucoup d'avoir mon chez moi. Finalement j'aime beaucoup être adulte." Elle sourit fièrement. "Et j'ai une quantité de choses à préparer pour l'école avant que ça ne commence la semaine prochaine."

Il hocha la tête. "Tu auras tes élèves. Tu connais quelqu'un à l'école?"

"Pas vraiment juste le principal et quelques professeurs d'anglais. Ils sont tous plus vieux. Je ne me vois pas aller trainer avec eux après le travail. Mais je dois y retourner jeudi et vendredi donc je vais rencontrer d'autres personnes."

"Il y en aura sûrement des plus jeunes pour que tu puisses te faire de nouveaux amis." Jake hocha la tête en direction de l'appartement dans la rue. "Et il y a toujours Edward. Tu peux compter sur lui," lui sourit-il.

"Ouais," marmonna-t-elle renfrognée. "Je peux rejoindre son harem et peut-être qu'après quelques verres je ne remarquerai plus combien il est mal élevé et coureur de jupons."

Jake éclata de rire. "Bella tu ne sais rien de lui!"

"J'en sais suffisamment," elle fit un signe de la main. "Pas intéressée le moins du monde."

"Il a une super voiture…" Jake souleva un sourcil essayant de faire un ton tentateur.

Elle leva les yeux au ciel. "C'est un connard dans une Bitmobile."

Jake se mit à hurler de rire en ouvrant la portière du camion. "Oh tu vas me manquer Bells! Tu as toujours le bon mot. Hey tu rentres pour ton anniversaire?"

Bella s'enserra dans ses bras. "Je ne pense pas. Ce sera trop tôt dans l'année scolaire. Je suis sûre que je serai encore très occupée à m'organiser."

"Alors on pourra venir le fêter ici. On pourra demander à Angela de venir aussi."

"Ça serait super. Mais pas de cadeaux! Venir serait le plus merveilleux des cadeaux. Si vous amenez des cadeaux je ne vous parle plus."

Il secoua la tête. "D'accord, d'accord tu peux être si peste parfois."

Elle fronça les sourcils.

"C'est Edward qui t'a dit ça?"

"Quoi?"

"Peu importe. Un dernier câlin pour me dire au revoir, Jake." Bella passa ses bras autour du grand corps et le serra dans ses bras il fit de même.

"Fais attention à toi B."

"Je le ferai. Toi aussi Jake. Fais attention en conduisant," lui dit-elle tandis qu'il rentrait. "Embrasse Léa pour moi mais bouche fermée. Je ne voudrai pas qu'elle reçoive un mauvais message. Et idem à mon père mais sois rapide, je ne voudrais pas non plus qu'il se fasse des idées…!"

Il rit et lui fit son magnifique sourire en hochant la tête. "Tu es si bizarre Bells. Au revoir!" Il claqua la portière et démarra, fit un grand demi-tour dans l'impasse avant de s'éloigner en lui faisant un signe de la main.

Quand elle rentra elle se servit un autre café et attrapa son ordinateur. Elle avait quelques nouveaux mails.

De : angelbabyaol

A : B_the_Swanagmail

Sujet : Mises à jour

Date : 29 août 2010 08:12:37

Hey B!

Tu me manques! J'ai hâte d'entendre la suite! Jake est-il venu? C'est bon? D'autres choses avec Abruti (Bitmachin si tu préfères, j'en ris encore) Je me demande si tu as commencé à réécrire tes essais et tes tribulations avec Bitmachin comme héros? ;-)

Est-ce que tu veux venir chez moi la semaine prochaine pour le barbecue?" Labor day* week-end! Et je ne travaille pas lundi. Youpi! Ou alors je peux venir te voir? Voir comment c'est chez toi? Pas très subtil hein?

Appelle-moi quand tu peux. Ou email. Ou texto.

Je t'aime

Angie

Bella lui envoya une réponse rapide.

De : B_the_Swangmail

A :angelbabyaol

Sujet : Mises à jour et il y en aura une!

Le 29 août 2010 à 09 : 25 :10

Hey Angie!

Tu me manques aussi mon amie!

Jake est venu, il a réparé mon camion et m'a aidé à faire de cet endroit mon chez moi. J'ai tout et tout est presque en place et j'ai eu mon premier invité!

Beaucoup de nouveaux développements avec Abruti (je l'aime! Je le hais!) Il reste le plus souvent un abruti mais il est venu nous aider à sortir les gros meubles du camion.

J'ai commencé à écrire. J'y travaillerai aujourd'hui. Je t'enverrai quelque chose ce soir ou demain.

Viens me voir le week-end prochain. On ira se promener et on pourra espionner Abruti/Bitmachin

Affectueusement,

B

Bella venait d'envoyer l'e-mail lorsque la sonnette retentit. Elle traversa la pièce et se dirigea vers la porte se demandant si Jake avait oublié quelque chose et était revenu. Mais quand elle ouvrit la porte elle n'était absolument pas préparée à ce qu'elle vit.

Edward Cullen était là, complètement ignorant de tout ce qu'il s'était passé cette nuit avec elle alors qu'Ethan et Pat étaient à proximité…

Il portait des chaussures noires, un pantalon de ville et une chemise blanche. Ses manches étaient retroussées et il avait une cravate noire, il était tiré à quatre épingles. Il était rasé de près, semblable à ce qu'il était hier matin et il sentait extrêmement bon.

"Salut?" demanda Bella. Habituellement elle ne dirait pas ça comme une question mais elle se demandait ce qu'il faisait là. Elle était complètement prise au dépourvu de le retrouver devant sa porte. Et puis elle regarda sa bouche… cette bouche qui avait été si agressive et aussi si habile dans ses rêves. Elle se sentait toute étourdie.

"Salut! Tu vas bien?" demanda la Bouche. Cette bouche avait vraiment une belle voix.

"Hein?"

La bouche sourit incertaine. En coin. L'odeur sexy flottait et toujours.

"Je te demandai si tu allais bien. Tu as l'air un peu rouge." Les sourcils au-dessus de ses yeux s'agitèrent un peu.

Elle cligna des yeux alors que les mots faisaient leur chemin dans sa conscience troublée.

Ressaisis-toi!

Stupide, stupide rêve! Bouche parfaite, parfait. Ainsi que les yeux. Et les sourcils.

Isabella Marie Swan, tu es une idiote stupide, ressaisis-toi maintenant!

"Je vais bien. Pourquoi es-tu là?" demanda-t-elle d'un ton provocant, en croisant ses bras sur sa poitrine.

Il écarquilla légèrement les yeux et se racla la gorge en posant sa main sur le cadre de la porte. Son autre main alla dans ses cheveux, ses longs doigts ratissaient ses mèches désordonnées.

"Euh, je voulais te présenter mes excuses pour l'autre jour. J'ai été impoli. J'étais frustré et … bon… c'était juste une chose après une autre et ainsi de suite. Alors je suis désolé de tout ça et … et… je suis…" Sa main tomba de ses cheveux et sembla désigner son aine. "Je suis désolé pour ça aussi… tu sais…" sa voix s'affaiblit et il rougit légèrement puis il se racla la gorge. "Ce fut une bien triste façon de faire connaissance avec ma nouvelle voisine."

Les yeux de Bella s'écarquillèrent, elle était mortifiée et elle se sentit rougir furieusement quand elle se rendit compte à quoi il faisait allusion. Il faisait allusion à la verge de ses rêves! Ou bien l'un des pénis de ses rêves. Elle resserra ses bras de façon plus protectrice pour ne pas s'écrouler de gêne.

"Hum, ça va," dit-elle en évitant son regard. "Ce sont des choses qui arrivent."

Est-ce que ça arrive? Personnellement elle ne savait pas que ça arrivait.

Qu'allait-il se passer maintenant?

Elle jeta un coup d'œil vers son entrejambe puis ses yeux revinrent à lui, furieuse contre elle d'avoir juste regardé vers là. Elle se demanda pourquoi elle essayait de ne pas défaillir, c'était le moment parfait pour ça.

"Merci…" sa voix recommença tandis qu'il bougeait et mettait une main dans sa poche.

Elle ne comprenait pas.

"Merci…" d'avoir maté ton entrejambe.

"Pourquoi?" lâcha-t-elle.

"Pour m'avoir prêté l'échelle. J'aurai aussi dû le dire avant."

"Oh! Bien sûr!" Elle rit un peu aigu et puis mit sa main sur sa bouche.

Il hocha la tête la regarda curieusement en se demanda si tout tournait rond chez elle.

"Voilà Bella, je pars pour Chicago pendant quelques jours. Habituellement je demande à mes voisins d'à côté, Marie et Charles, de récupérer mes journaux et mon courrier jusqu'à ce que je revienne mais ils sont absents. Et Stefan le gars qui habite à côté de chez toi est assez douteux alors je me suis demandé si Jake ou toi voudriez bien faire ça pour moi? Je reviens jeudi…"

Avant que Bella puisse répondre le portable d'Edward sonna, il le sortit rapidement de sa poche en regardant l'écran.

"Désolé il faut que je le prenne, excuse-moi," dit-il en s'éloignant de quelques mètres et en lui tournant le dos.

"Salut Kate. J'allais t'envoyer un message. Mon avion décolle à midi et j'arrive à 17 h 30." Il fit une pause pour écouter. "Le Ritz Carlton. J'ai déjà fait nos réservations pour dîner vers 19 h 30." Il se tut une fois de plus avant de continuer. "Oui moi aussi! On se voit ce soir. Bye."

Il se retourna, un sourire sur le visage.

Bella se tenait face à lui, un air menaçant venait d'envahir son visage.

"Quelque chose ne va pas?" lui demanda Edward.

"Oui il y a quelque chose qui ne va pas! Qui ne va pas avec toi! Tu viens ici, sous couvert de me présenter des excuses mais c'est juste pour obtenir quelque chose en fait, tu veux en profiter. Tu t'es excusé dans l'espoir d'obtenir quelque chose de moi!"

"Non ce n'est pas pour ça que je me suis excusé," il fronça les sourcils et rangea son téléphone.

Elle leva les yeux au ciel. "Je t'en prie je ne suis pas une de tes bimbos."

"Je n'ai jamais dit cela."

"Non c'est vrai, je ne suis pas une bimbo, je suis une garce!"

Edward pâlit. "Attends… ce n'est pas ce que je voulais dire avec la casquette."

"Bien sûr que si. 'Bienvenue Garce!'"

"Mais de quoi est-ce que tu parles?"

"C'est ce que tu as dit!"

"Je n'ai jamais dit ça!"

"Si bien sûr que si! Qui dit 'Bienvenue Garce!' à quelqu'un qu'il ne connait même pas?"

"Quand ai-je dit cela?"

"Quand tu as laissé la casquette et tourné le paillasson… pour qu'il soit dans le bon sens pour me transmettre ce message qui, certes, n'était pas verbal mais c'était clair et net, Edward!"

Il réfléchit pendant un moment en essayant de comprendre ce qu'il s'était passé dans la nuit du samedi et de le relier à ce qu'elle disait. Tout à coup il comprit.

"Attends tu fais erreur Bella! Je n'ai pas tourné le paillasson! J'ai trébuché dans l'obscurité et je suis presque tombé tête la première. Je l'ai juste remis en place. J'étais pressé, j'ai pensé que tu m'avais peut-être entendu et que tu allais sortir pour voir ce qu'il se passait. Je n'ai même pas pensé à regarder s'il était bien remis. Et pour la casquette… j'ai juste pensé... tu sais, tu m'as traité d'abruti alors j'étais… attends. Tu étais sérieuse? Tu penses vraiment que je suis un complet abruti?"

Bella le foudroya du regard.

"Tu as tout faux. Honnêtement je ne pensais pas t'offenser avec la casquette Bitch. C'est juste quand j'ai mis la tienne et que je t'ai saluée… je ne sais pas… je pensais …" Il haussa les épaules. "Je pensais avoir vu un peu d'amusement sur ton visage. J'ai pensé que te donner une autre casquette serait une sorte de prêté pour un rendu. Je me rends compte à présent que c'était de mauvais goût. Et je sais que ta casquette Asshole était un cadeau de Jake… mais je l'ai déjà mise et j'ai transpiré avec pour mon footing. Je ne peux plus te la rendre. Je suis vraiment désolé."

Il resta là un moment, attendant une réaction quelconque mais elle n'avait pas l'air de venir. Il soupira de défaite.

"Bon il faut que j'y aille. Il faut que je trouve un voisin qui serait prêt à …"

"Ça va."

"Quoi?"

"Ça va, je le ferai."

"C'est vrai?"

Elle hocha la tête.

"Tu es bien sûre?"

"Oui pas de problème."

Il sortit un trousseau de clé de sa poche. Une tour Eiffel miniature avec deux clés.

"Celle-ci c'est la porte et celle-là c'est le verrou. Tu es bien sûre que ça ne te dérange pas?"

"Non ça va."

Il fronça les sourcils, ça n'avait pas l'air d'aller en fait. Ça n'était jamais allé bien.

"Bien…"

"Où veux-tu que je te dépose les journaux et le courrier?"

"Oh… pourquoi pas sur le comptoir de la cuisine?"

"Tu ferais bien de partir sinon tu vas rater ton vol."

Edward plissa les yeux puis il hocha la tête. "D'accord, merci beaucoup. Je serai là …"

"Jeudi."

Il hocha la tête, enfonçant ses deux mains dans ses poches et la regarda, indécis. Il se demanda quel était le problème. Il s'était excusé. Il avait été sincère. Il ne comprenait pas cette fille. Il ne savait pas comment la prendre. Ses sautes d'humeur lui faisaient tourner la tête.

Il fit signe derrière lui puis fit demi-tour.

"C'est vrai je ferai mieux d'y aller. Merci encore. Je suppose qu'on se voit jeudi."

Bella acquiesça et ajouta, "Fais bon voyage!"

Il se tourna et descendit sur le trottoir pendant qu'elle refermait sa porte.

Les rêves de Bella lui avaient joué des tours ce matin.

Et Abruti allait sûrement réaliser ses rêves avec Kate ce soir.

Labor day : - la fête du travail : le premier lundi du mois de septembre

*Womanizer : Coureur de jupons vous pouvez aller écouter Britney Spears