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… CHAPITRE 9 ...
Réalité et idées fausses
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Quand Edward avait sonné à la porte de Bella et de Jake il essayait encore de formuler ce qu'il voulait dire à Bella. Il se trouvait dans une situation délicate et une partie de ses excuses se feraient au nom de son pénis. Il n'avait jamais dû faire cela avant.
Il avait compris que Bella n'en avait rien dit à Jake car étonnamment il n'avait pas pris de coup de poing au visage lors de leur rencontre. Et il était certain à présent que ça ne se passerait pas bien avec ce grand gaillard de Jake, qui avait lui aussi sans doute, un pénis et des érections qui étaient logiquement beaucoup plus acceptables pour Bella.
Si on peut le dire.
Le camion de déménagement était parti. Edward espérait que Jake était allé le rendre. L'autre possibilité c'était qu'il l'ait déjà fait et qu'il soit revenu et ait rentré sa voiture au garage. Il ne pouvait pas savoir si Jake serait là pendant qu'il s'excuserait auprès de Bella ou s'il espérait qu'il n'y serait pas. Edward avait passé en revue tous les scénarios possibles avant et il espérait vraiment ne pas avoir à en passer par là ce matin.
Il entendit la sonnette retentir à l'intérieur et un instant plus tard la porte s'ouvrit sur Bella. Elle portait un short coupé en jeans et un débardeur noir et la première chose qu'elle fit c'est de lui demander s'il était… quoi? Une fraction de seconde plus tard il se rendit compte qu'elle le saluait en fait. C'était une drôle façon de saluer quelqu'un mais il commençait à être habitué à ses façons inhabituelles.
Elle avait l'air d'avoir chaud et semblait un peu énervée alors quand il l'avait saluée en réponse, il lui avait demandé si elle allait bien et lui avait dit qu'elle était un peu rouge. On aurait dit que quelque chose n'allait pas. Elle avait du mal à le comprendre, elle restait concentrée sur sa bouche et ça semblait la perdre complètement, la déconnecter, l'étourdir.
Mais tout à coup elle se ressaisit. Elle croisa ses bras sur sa poitrine, ce qui agrandit son décolleté mais il fit semblant de ne rien avoir remarqué. Et son fichu caractère était de retour quand elle lui demanda pourquoi il était là.
Ça y était… il était temps qu'il s'excuse, pour lui et le comportement de sa bite.
Et il fallait aussi continuer à ignorer son décolleté.
Quand il en arriva à la partie concernant les excuses - ce qui incluait de parler de son excitation qui avait encore aggravé les choses - il n'était pas du tout sûr de savoir quoi dire. Elle était une étrangère après tout, qui plus est, une étrange étrangère parfois et il ne voulait pas l'offenser davantage. Alors il avait fait un geste vague vers son aine et avait évité d'en parler plus précisément.
Il s'était senti rougir et il ne le faisait pas souvent. Mais il avait vu qu'elle avait immédiatement compris de quoi il parlait et à quoi correspondait son rougissement. Il était aussi content de n'être pas plus rentré dans les détails parce que c'était déjà suffisamment embarrassant.
Elle avait croisé ses bras plus fort et ça avait agrandi un peu plus son décolleté, vers lequel il ne devait pas regarder, le remarquant toutefois et ainsi que le soutien-gorge rose. Il attira son regard presqu'immédiatement et il était presque sûr qu'elle ne se doutait de rien, dieu merci. Elle regardait vers le bas, hochant la tête et acceptant ses excuses, à son grand soulagement, lui disant que c'était bon et que "ces choses arrivent parfois."
Ces choses arrivent?
Parfois?
Quel genre de vie mène cette fille?
Est-ce que des hommes l'abordent en pyjama de soie, viennent l'engueuler alors qu'elle est déguisée en garçon et se retrouvent dans une situation embarrassante sans raison évidente?
Est-elle au courant que son soutien-gorge lui fait coucou?
Ainsi que son décolleté.
Il oublia sa dernière pensée en méditant sur les implications de ce qu'elle avait dit plus tôt. Bien sûr des choses comme des hommes qui l'aborderaient vêtus d'un pyjama en soie, lui hurleraient dessus alors qu'elle est déguisée en homme et qui se retrouveraient à passer des moments difficiles pour des raisons inavouables étaient des choses qui pourraient certainement lui arriver. Elle était plutôt attirante, plus que ce qu'il avait imaginé en fait. Elle était petite, mince mais avec des formes, avec ces longs cheveux souples châtains et ces grands yeux bruns. C'était plutôt normal pour un homme de la trouver attirante et de réagir physiquement, sans même le réaliser d'ailleurs, ils avaient été pris dans une série de circonstances bizarres et bruyantes au-delà de tout contrôle.
De ça il était sûr.
Edward savait aussi que c'était inapproprié de réagir ainsi en sachant qu'elle avait un petit-ami… un grand gaillard de petit-ami avec de grandes mains qui feraient des poings puissants et dangereux. Donc ça ne pouvait arriver que contre son gré…. Ou alors juste parce qu'il voyait son décolleté. Et son soutien-gorge rose.
Il pourrait regarder quand elle regardait ailleurs par advertance...
Et son soutien-gorge rose…
C'est un mot ça par 'advertance'?
Non probablement pas.
Pourquoi est-ce si déroutant d'être près d'elle?
Ce n'est pas comme si tu n'avais jamais vu de décolleté avant?
J'ai vraiment besoin de baiser moi.
Il réalisa soudain que les yeux de Bella étaient posés sur sa braguette.
Mais … enfin?
Ses yeux revinrent aux siens immédiatement et elle rougit encore plus furieusement que quelques instants auparavant.
Il y eut une réponse saccadée dans le boxer d'Edward qu'il essaya de cacher, en changeant de position et en mettant sa main dans sa poche. Il n'avait pas besoin de devoir s'excuser une seconde fois d'être dur devant elle, spécialement en sachant que son petit-ami et ses poings ne devaient pas être très loin.
Elle regardait vraiment ma bite?
Bien sûr, pourquoi non?
Non! Non, non, non! Tu veux mourir ou quoi?
Désolé! Non je suis juste … confus.
Dans un effort pour faire avancer la conversation, Edward garda les yeux rivés sur le visage de Bella et évita tout ce qui était sous son menton et ensuite il la remercia.
Bella parut perplexe pendant un moment, rougissante et sans voix, jusqu'à ce qu'il lui explique qu'il la remerciait de lui avoir prêté l'échelle. Elle avait l'air surprise mais soulagée et se mit à rire et Edward se souvint dans un flash que Jake lui avait dit quelque chose au sujet de son comportement parfois bizarre. Il attribua ses regards en biais vers sa queue, son rire étrange et plus généralement sa conduite bizarre à une concentration excentrique qui la rendait confuse.
Elle était vraiment différente des autres femmes qu'il connaissait… bibliquement ou autrement…
A la fin elle parut bien accepter ses excuses et c'est à ce moment-là qu'il prit la liberté de lui demander si elle ou Jake pourrait récupérer son courrier et son journal pendant quelques jours. Il réalisa qu'il ne les connaissait vraiment ni d'Adam ni d'Eve mais il avait oublié de demander à quelqu'un d'autre pendant le week-end. Aujourd'hui c'était lundi matin et ses voisins habituels étaient injoignables, partis ou alors étaient déjà au travail, il était plutôt coincé pour le moment.
Ça avait l'air de s'être bien passé pour l'instant, elle était ouverte et détendue, son visage n'était pas hostile et elle l'écoutait. Elle ne l'avait pas interrompu, elle n'avait pas crié ni rien jeté – pas de casquette. Elle n'avait pas soufflé ni piétiné ni claqué la porte. Il avait semblé qu'elle soit sur le point d'accepter sa demande. Mais pour une raison quelconque à la minute où il avait eu Kate au téléphone, elle avait semblé redevenir une personne différente… une personne plus lunatique ou blessée.
Elle avait retrouvé l'état dans lequel il la connaissait.
Il s'était excusé de devoir prendre l'appel et elle semblait aller bien mais à la minute où il eut fini il se retourna pour la regarder, pour écouter la réponse à sa demande ou si elle avait des questions mais elle avait soufflé et sifflé comme un petit tigre une fois de plus… un chaton en colère. En tous cas elle le faisait passer par l'enfer.
Elle avait mal interprété la raison pour laquelle il lui avait présenté ses excuses en l'accusant d'avoir besoin d'elle pour lui rendre service.
Puis elle lui avait dit qu'elle ne faisait pas partie de ses bimbos.
D'où diable cela sortait-il?
Bien sûr qu'elle n'est pas l'une de mes bimbos!
Euh… ce ne sont pas des bimbos d'abord. Ce sont de petites-amies.
Bon, non… pas vraiment… ça impliquerait une sorte de continuité… quelque chose comme des… rendez-vous.
Ça impliquerait donc qu'on sorte… quelquefois… qu'on reste à la maison.
Donc les femmes que je voie sont plutôt des... amies.
Des amies avec des avantages.
La plupart d'entre elles ne sont pas des amies cependant… elles sont… elles sont… des compagnes de coït…
… et quelques-unes sont des… aguicheuses provocantes… oui.
Et merde.
C'est décevant.
Bella s'était traité de garce elle-même, évidement à cause de la casquette.
Au départ pourquoi ai-je acheté cette casquette ridicule pour elle?
Certes il avait d'abord pensé à elle comme à une garce mais il n'avait jamais vraiment eu l'intention de blesser ses sentiments et c'était ce qu'il semblait se passer à présent. Quelque chose en elle semblait intelligent et il avait pensé qu'elle avait pris ça avec le sens de l'humour. Ça avait été une sorte de prêté pour un rendu.
Prêté rendu… prêté… décolleté… soutien-gorge rose.
ARRETE AVEC ÇA! Putain mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi?
Il faut que je m'envoie en l'air!
Elle semblait penser qu'il l'avait accueillie grossièrement ou quelque chose comme ça en intégrant le paillasson rouge au cadeau de la caquette Bitch. Ce fut pure coïncidence. Pas étonnant que son opinion sur lui soit aussi mauvaise. Elle pensait vraiment qu'il était un connard. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Ça aurait été stupide, plus stupide que de lui offrir une casquette Bitch sur une intuition, pensant qu'elle avait un sens de l'humour plutôt décalé.
En fait je suis le plus gros abruti de tous les temps.
Et ce serait vraiment à broder sur une casquette de baseball.
Alors il s'excusa pour tout cela parce qu'il ne voulait pas qu'elle ait une opinion aussi mauvaise de lui et il ne voulait pas heurter ses sentiments, il ne put pas s'empêcher de voir qu'il avait vraiment mal démarré sa relation avec ce couple.
Et simplement avec ça, son comportement avait de nouveau changé. Elle avait accepté de lui rendre service, de récupérer journaux et courrier, de les rentrer chez lui, sur le comptoir de sa cuisine. Mais sa voix était plate. Elle semblait complètement dépourvue de toute personnalité. Edward était préoccupé parce qu'elle ne semblait pas aller bien, elle ne semblait pas être elle-même, il n'arrivait pas à lui faire dire ce qui n'allait pas et puis tout à coup elle lui avait dit qu'il fallait qu'il parte.
Ses changements d'humeur lors de cette courte conversation lui faisaient ressentir comme un coup de lapin. Au départ elle était de bonne humeur et à la fin il était resté choqué et se sentait tout aussi incertain comme il l'avait été au départ. Il n'arrivait tout simplement pas à la comprendre, il n'arrivait pas à la déchiffrer. Pour terminer elle lui avait souhaité bon voyage. C'était beaucoup plus agréable que va au diable! Mais il soupçonnait que c'est ce qu'elle aurait préféré lui dire, elle avait été polie mais étrangement soumise.
Et il l'avait quittée, il se sentait confus et préoccupé, il ressentait encore une fois cette nervosité en traversant la rue et en rentrant chez lui.
Il savait qu'elle le regardait. Il pouvait sentir ses yeux sur lui.
Il avait ressassé et analysé tous ces événements et toutes ces conversations, en revenant chez lui et ensuite à l'aéroport. Puis il avait laissé tout cela de côté quelques instants et en patientant pour le départ il avait recherché quelque chose sur son portable et l'avait commandé en express. Mais immédiatement ensuite il redevint obsédé par cette histoire, même une fois dans l'avion. Il continua à réfléchir sur cette rencontre, assis en première classe, pendant tout son voyage à destination de Chicago.
Peu importe combien de fois il avait revu les choses, la logique de son comportement lui échappait. La seule conclusion à laquelle il parvenait c'était que cette jeune fille qui habitait en face de chez lui, était un cas désespéré. Dieu merci elle avait un petit-ami, quelqu'un qui la comprenait et se souciait assez d'elle pour avertir ses nouveaux voisins de ne pas dépasser les limites et de surveiller leurs manières. Espérons qu'il prenait soin d'elle, elle et ses sautes d'humeur, elle avait probablement besoin de la protection de quelqu'un… d'être protégée peut-être d'elle-même.
Bien malgré lui, Edward n'arrivait pas à comprendre pourquoi tout cela le préoccupait tellement. Il avait bien d'autres choses à penser pour occuper son temps.
Baiser par exemple.
ooo O ooo
Après avoir refermé la porte derrière Edward, Bella revint dans un recoin du séjour pour observer par la fenêtre de devant le coureur de jupons pendant qu'il marchait dans la rue. Il était penché en avant, sa main ratissait ses cheveux et il semblait perdu dans ses pensées.
Probablement pensait-il à baiser.
Bien, s'il était perdu dans ses pensées, ils étaient deux. De toute sa vie Bella ne s'était jamais sentie aussi confuse, mal à l'aise, irritable et paumée qu'auprès d'Edward Cullen.
Pourquoi ça?
Elle soupira en le regardant disparaitre chez lui. Elle prit sa tasse de café, la ramena à la cuisine, jetant le vieux café devenu froid et s'en servant un autre.
Tout à coup elle se sentit presque seule. A présent elle ne pouvait plus compter que sur elle-même. Forks était loin. Ses amis d'université s'étaient tous éparpillés. Jake était retourné chez lui dans sa famille. Angela était de l'autre côté de l'état en train d'aider sa tante à surmonter son veuvage. Et maintenant Bella ne pouvait pas passer son temps à espionner son attirant et décevant playboy de voisin. Il partait lui aussi hors de l'état, il devait avoir épuisé toutes les ressources en bimbos à Washington. Dieu merci il y avait quarante-neuf autres états…
Elle retourna au salon près de son ordinateur portable. Il était temps pour sa thérapie fan fiction. Elle décida de travailler un peu sur son histoire. On peut toujours passer du temps avec des personnages de fiction. Et si vous étiez celle qui écrit l'histoire alors vous pouviez leur faire faire ce que vous vouliez.
La première chose qu'elle fit fut d'envoyer un e-mail à son ami Star-Ho pour lui demander de faire une bannière pour la nouvelle fic.
C'était mieux de poster le premier chapitre avec sa bannière. Certains sites ne l'affichaient pas avec le titre de l'histoire mais elle était accessible à partir du profil de l'auteur en cliquant simplement dessus. L'image attirait parfois de nouveaux lecteurs, tout comme la couverture d'un livre peut attirer l'attention et faire ouvrir le livre. La bannière était importante.
De : B_the-Swangmail
A : stripedbeagleaol
Sujet : ça y est bannière, bannière, baaaannièèère!
Le 29 août 2010 - 10:03:21
Salut ma Star-Ho!
J'ai commencé ma prochaine fic Ecrit dans les étoiles! C'est une Stella / Ethan. J'espère que tu auras envie de me faire une bannière impressionnante puisque tu as fait les autres? *croise les doigts*
Voici le titre : De la haine à la passion.
Je ne veux pas trop t'en dire, ma chère, parce que je sais que tu auras envie de lire l'histoire sans savoir ce qu'il va se passer mais voici un bref résumé :
Stella Brown déménage de sa petite ville vers la grande Seattle et finit par se retrouver à vivre dans la même rue qu'Ethan Collins. Elle est surbookée pour commencer sa nouvelle vie d'enseignante. Lui est un playboy arrogant. Stella ne peut pas le supporter. Ethan ne peut pas la supporter. Dans ces conditions peuvent-ils tomber amoureux?
Tu peux inclure tout ce qui est habituel dans la bannière : Stella, Ethan, Everett McCoy, Roxanne Hardy, Justin Walker et Alexa Collins. Ils vont tous avoir un rôle dans l'histoire.
Quoi qu'il en soit, dis-moi ce qu'il en est!
A bientôt ma chère!
-bellybeans
Alors qu'elle allait se mettre à relire ce qu'elle avait fait la veille, elle vit qu'elle avait un nouveau message et cliqua dessus.
De : angelbabyaol
A : B_the_Swangamil
Sujet : mises à jour
Le 29 août 2010 - 10:02:17
Salut B!
Félicitations pour ton premier invité! Compte sur moi pour être le second… le week-end prochain!
Je ne peux pas attendre pour avoir des nouvelles d'Abruti à la casquette. Il ne peut pas être un abruti complet s'il vous a aidé avec les meubles, j'attends de pouvoir espionner abruti à la casquette avec toi. Peut-être pourrions-nous refaire sa déco avec du papier toilette ou des œufs au milieu de la nuit? Juste une suggestion. Lol
Il me tarde de savoir où tu en es.
Affectueusement
Angie.
Bella rigola en pensant qu'Angie ne savait pas qu'elle avait les clés d'Edward, les clés du repaire d'Abruti. Elle pourrait décorer son intérieur avec du papier toilette pendant qu'il était absent. Ou faire son lit en portefeuille. Probablement qu'on ne s'attendait pas à ce qu'une enseignante de vingt-quatre ans fasse cela. Ses futurs élèves la tiendraient sûrement en haute estime, quant à Edward il se décomposerait, crierait et pesterait probablement, il la menacerait peut-être d'une… érection?
Elle soupira alors que des bribes des rêves de la nuit précédente réapparaissaient dans sa tête puis elle les enfonça profondément dans les recoins sombres de son esprit qu'ils ne devraient jamais quitter. Ces pensées avaient été beaucoup trop puissantes en ce début de matinée.
Ethan, Pat et Edward avaient été extrêmement puissants … et ils n'étaient pas restés cachés dans les recoins sombres…
Assez! Stop!
Elle cliqua sur mes documents et afficha le début de son histoire. Elle relut ce qu'elle avait tapé et décida qu'elle n'était pas contente de ce qu'elle avait fait la veille. La journée avait été longue et elle devait être fatiguée.
Elle décida de modifier un peu la note de l'auteur et d'ajouter une préface semblable à celle du premier livre de la série Ecrit dans les étoiles. Elle ajouta et supprima des choses. Ses doigts volèrent sur les touches, mettant en place son arrivée à Seattle et sa première rencontre avec Edward Cullen.
Quand elle eut terminé la préface, elle bougea et se mit à relire. Après avoir relu, corrigé et modifié plusieurs fois elle se sentit enfin satisfaite de cette préface. Elle travaillerait sur le premier chapitre plus tard. Elle s'étira et regarda l'heure.
Seigneur!
Il était déjà treize heures!
Très étonnant de voir combien le temps passait vite quand elle écrivait. Elle pouvait écrire, lire, relire, réécrire et relire. Avant de s'en être rendu compte une heure était passée. Ou peut-être deux ou trois. Ou même plus. C'était très facile de se laisser aller dans ce monde imaginaire. Cependant cette fois-ci, ce monde n'était pas si imaginaire que cela.
Il fallait qu'elle fasse une pause. Quelquefois après une pause elle voyait les choses différemment, trouvait des erreurs ou pensait à une meilleure façon de dire les choses. Elle se décida à quitter son canapé et à prendre une grande tasse de café à la cuisine, laver la cafetière et peut-être aller courir un petit moment dehors.
Physiquement elle ne faisait pas grand-chose, elle était si maladroite et mettre un pied devant l'autre était l'une des choses les moins dangereuses qu'elle pouvait faire. Elle monta dans sa chambre, prit sa brosse à cheveux micro et releva ses cheveux en queue de cheval. Après avoir enfilé des chaussettes et mis des chaussures, elle descendit, verrouilla la porte d'entrée et mit sa clé dans sa poche.
Une voiture s'arrêta devant la maison d'Edward. Elle pouvait voir une femme à l'intérieur. Bella fronça les sourcils, pensant qu'Edward était déjà parti depuis longtemps puisqu'il avait dit que son vol était à midi. Peut-être la femme ne savait-elle pas qu'il allait vers une autre conquête, dans un autre état. Elle sortit de la voiture pendant que Bella faisait quelques étirements en regardant du coin de l'œil.
Cette femme ne semblait pas respecter les normes habituelles d'Edward. Elle était un peu moins mince et semblait plus âgée et elle n'était pas habillée de façon provocante comme celles que Bella avaient vu entrer et sortir du repaire d'Abruti. Elle portait des tennis, un jeans large et un t-shirt. Elle ouvrit le coffre de la voiture elle en sortit un tablier et le mit, ensuite elle prit un seau avec des bouteilles de produit d'entretien, Bella roula des yeux. Au moins abruti était un abruti propre et avait un repaire propre… et une femme de ménage.
Bella finit ses étirements et partir courir alentour. Il n'y avait personne d'autre dans la rue mais quand elle s'éloigna elle vit quelques personnes. Elle fit un grand tour dans le voisinage, visitant chaque rue. Elle ralentit jusqu'à se mettre à marcher pour revenir enfin vers Moonlight Way, puis sur Stardust Lane.
Elle vit que la voiture de la femme de ménage était toujours garée au bord du trottoir de la maison d'Edward et qu'un camion de la poste livrait le courrier dans la rue. Bella regarda le camion passer devant chez elle puis continuer son chemin pour finalement faire demi-tour à la fin de la rue et s'arrêter devant la boite aux lettres d'Edward.
Probablement le dernier numéro d'un de ses abonnements à un magazine porno.
Plus tard elle regarda par la fenêtre et vit que la femme de ménage était partie. Elle prit le trousseau de clés d'Edward en décidant qu'elle allait faire son devoir de bonne voisine pour la journée. Elle quitta sa maison et se dirigea vers la sienne, débattant encore des véritables raisons d'Edward. Il avait été assez gentil pour aider un peu avec les meubles et ce matin il avait présenté ses excuses en lui expliquant un peu plus et il avait fini par la remercier pour le prêt de l'échelle.
Mais ensuite il avait demandé une faveur! Quelle arrogance!
Il lui avait expliqué qu'il n'avait pas tourné le paillasson intentionnellement.
Ouais mais il s'était interrompu pour prendre un appel. Mal élevé!
Kate… pas nécessairement une bimbo…peut-être quelqu'un pour le travail… de la famille… une amie… pourquoi toujours lui prêter de mauvaises intentions! Pourquoi est-ce important de savoir qui est Kate? Sa vie privée ne me regarde pas.
Non mais se rend-il compte que toutes les femmes sont prêtes à sauter de n'importe quelle hauteur quand il leur demande?
Probablement qu'il le sait et probablement qu'elles le font…
Mais pas moi.
Non tu ne le fais pas. Tu l'as fait attendre une minute toute entière avant d'accepter de lui rendre service.
Oh tais-toi stupide voix intérieure! D'ailleurs… je n'avais ni le souffle coupé ni rien.
Bien… garce.
Bella était arrivée à la boite aux lettres d'Edward. Elle l'ouvrit et prit ce qu'il y avait à l'intérieur : des publicités, une carte postale de Paris, des publicités, un catalogue de gadgets ménagers haut de gamme. Il avait ramassé son journal plus tôt, donc elle se dirigea vers la porte d'entrée. Elle regarda le trousseau, la première clé semblait être pour le verrou et ensuite l'autre pour la porte elle-même.
Elle allait insérer la première clé et elle observa la petite tour Eiffel sur le trousseau puis elle regarda la photo sur la carte postale. La Tour Eiffel elle-même. Elle fut tentée de lire la carte mais elle savait que ça ne se faisait pas, elle ne pouvait pas profiter de l'occasion pour être indiscrète. Alors elle résista.
Quand elle entra sa mâchoire se décrocha, elle resta un moment dans l'entrée. Il y avait une table avec une troisième tour Eiffel, une réplique de presque soixante-dix centimètres de haut.
"La troisième fois c'est un signe, " murmura-t-elle.
C'est un signe des dieux.
Ils veulent que je lise la carte.
Elle la retourna et Bella remarqua l'élégante écriture qui semblait féminine et elle souffla. Mais elle s'arrêta et regarda la dernière ligne, celle de la signature.
"Nous serons probablement rentrés quand tu recevras cette carte. On t'aime, maman."
Oh Bella tu es une idiote!
Oui c'est vrai mais … j'avais raison c'était bien l'écriture d'une femme!
Bella continua à avancer dans le calme de la maison. Il faisait sombre avec les rideaux tirés mais elle regarda partout en avançant, elle ferma la porte, regardant vraiment pour la première fois l'intérieur du repaire.
C'était magnifique.
Magnifique et masculin.
Tout comme lui.
Et ça sent… on dirait le citron.
Bella s'arrêta en réfléchissant à ce que pouvait signifier cette odeur de … citron. C'était soit une indication de ses activités sexuelles sordides, si tu en crois les fans fictions, ou alors la femme de ménage avait utilisé des produits parfumés au citron….
De toute façon ce parfum était enivrant et écrasant et il semblait parfaitement convenir au résident de cette maison.
Bella se secoua et avança.
Il semblerait que ce soit le même plan que chez elle mais les matériaux étaient différents. La maison semblait avoir été décorée par un professionnel. Les murs étaient doux, d'un gris tourterelle presque bleu mais pas tout à fait. Le sol de l'entrée était en pierre naturelle grise charbon. Elle alluma la lumière et remarqua que la pierre brillait par endroit en concentrant la lumière. En traversant le salon elle nota la moquette épaisse gris moyen, un canapé noir et crème en cuir, des fauteuils club, des tables en verre et en acier et…
Oh mon Dieu…
Il y avait un beau piano à queue dans le salon, noir, élégant et tellement… sexy.
Putain de merde… Edward joue du piano?
Ou peut-être qu'il fait l'amour dessus?
Ensuite elle remarqua trois guitares qui étaient suspendues au mur comme une œuvre d'art.
Oh mon Dieu… Un abruti musical! C'est tellement … inattendu! Waouh…
Et toutes ces œuvres d'art, seigneur…
La pièce était impeccable, très peu mais magnifiquement décorée, des peintures sur les murs, des sculptures sur les tables, une pile de livres sur la table basse. Chaque chose à sa place. Elle se demanda si tout cela était dû à la femme de ménage ou à Edward qui serait alors un maniaque de la propreté.
Bella aborda l'escalier pour aller à l'étage mais avant elle jeta un coup d'œil à la salle d'eau en bas. Les murs étaient gris foncé avec les mêmes carreaux étincelants avec des nuances gris foncé et bleu pâle. Le miroir au-dessus du lavabo était encadré par des carreaux en verre blancs, gris et bleu pâle.
La cuisine était le rêve de tout cuisinier. C'était son rêve à elle : inox, appareils haut de gamme, lisses et brillants. Les comptoirs en granit noir mélange de noirs et de gris, de bleus irisés qui s'accordaient parfaitement au sol en pierre de la porte d'entrée. Les placards étaient crème avec quelques façades en verre bleu laiteux. Trois tabourets en inox et cuir noir faisaient face au comptoir du petit déjeuner.
Face à la cuisine une grande pièce élégante et pourtant accueillante et chaleureuse. Sur le mur face à la cuisine un grand téléviseur à écran plat avec un grand canapé couleur crème face à lui. Un grand pouf noir carré et en cuir et une grande table face au canapé puis un autre canapé perpendiculaire au premier. Un plaid doux, bleu pâle, gris et noir était plié sur le dossier. Quelques coussins assortis étaient disséminés sur les deux canapés. Dans le coin opposé il y avait un fauteuil gris qui paraissait très confortable avec des accoudoirs en bois et un petit pouf assorti. Un luminaire en inox était posé à côté du fauteuil orienté vers lui. Ce serait l'endroit idéal pour se pelotonner et lire, ce qui était une bonne chose parce que le mur entourant la télé était recouvert presque du sol au plafond d'étagères remplies de livres et de quelques pièces d'art pour la décoration.
Edward était un lecteur.
Un collectionneur d'art.
Sans parler d'un musicien.
Il vivait dans une maison modèle.
Qui diable est Edward Cullen?
Bella déposa le courrier sur le comptoir de la cuisine. Un objet à l'autre bout du comptoir attira son attention. C'était un petit calendrier avec plusieurs choses griffonnées à l'encre noire dans une audacieuse écriture débordante. Dans la case d'aujourd'hui : Chicago 11 : 55 Jason et Kate 19 : 30
Jason et Kate. Un couple.
Oh.
Sur la case du jeudi il y avait quelques mots : dép Chicago 11 : 57 Arr Seattle 02:26 Tanya D 19 : 00 dîner et film
Eh bien voilà. Tu ne perds pas de temps n'est-ce pas? Abruti. Retour en ville, retour au lit.
Et il doit y avoir plusieurs Tanya s'il doit rajouter l'initiale de son nom.
Ou alors D se réfère à la taille du bonnet de son soutien-gorge.
Bella souffla en regardant la case du vendredi d'avant. Pas de mention de Vitoria-Vicki-Tori. Ça devait être improvisé. Elle roula des yeux en lisant la case du samedi – 13:30 – Irina à la Marina.
Belle rime, Abruti.
Alors le nom de la dominatrice c'est Irina? Très exotique.
Pas de mention de la taille des bonnets, sûrement trop grands pour correspondre à une taille standard.
Sur le dimanche il y avait seulement Mam' & Pa' – BBQ 16 : 30
Bon d'accord, c'est un coureur de jupons certes mais aussi un bon fils puisqu'il fait des choses avec ses parents, il ne peut pas être complètement mauvais.
Sauf s'il est juste allé à leur barbecue pour récupérer son argent du mois.
Bella laissa le calendrier avec un petit soupir. Elle secoua la tête pour s'éclaircir les idées. Elle n'arrivait pas à savoir où était le problème. Bien qu'elle aurait voulu être irritée qu'il lui ait laissé cette casquette Bitch elle n'arrivait pas à lui en vouloir. Pourquoi en était-il ainsi? Personne ne l'avait jamais mise dans un état pareil… alors pourquoi lui? C'était juste un nouveau voisin. Il était libre de vivre sa vie comme il l'entendait. En même temps tous les hommes voulaient une belle voiture et de belles femmes? Pourquoi serait-il différent? Il vivait juste le rêve de tout homme.
Dans un duplex qui ressemblait à un appartement chic du centre-ville.
Elle jeta un dernier coup d'œil autour avant d'aller vers la porte d'entrée, la refermant et partant dans la rue dans un état second. C'était tout ce qu'elle avait pu encaisser pour sa première incursion chez lui. Elle pouvait tout gérer au niveau inférieur. Certaines choses avaient été inattendues et révélatrices. D'autres totalement attendues et même décevantes.
Pourtant en retournant chez elle, elle s'en voulait d'avoir été incapable de se hasarder plus loin… à l'étage. Elle avait été effrayée, elle se sentait comme un harceleur, elle avait peur qu'Edward sache qu'elle avait passé sa maison au microscope. Et pourtant… elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il se passait là-haut … et si le parfum des citrons était plus concentré à l'étage… dans la chambre d'Edward.
La chambre d'Edward…
Le repaire …
