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… CHAPITRE 11 …
L'heure du bilan
Le lundi quand Edward arriva à Chicago il eut tout le temps d'aller au Ritz Carlton dans la tour Water et de s'installer dans sa suite avant le dîner. Il avait une réservation à dix-neuf heures trente au restaurant Deca juste à côté du hall de l'hôtel, au douzième étage. Deca avait une belle ambiance, en plein air, avec une vue magnifique sur la ville. C'était un endroit aéré et lumineux pour une réunion.
A dix-neuf heures il était au bar avec un verre d'excellent bourbon à la main. Ça avait été le préféré de son grand-père et ça permettait à Edward de se souvenir de lui.
Jason et Kate arrivèrent peu après dix-neuf heures. Ils avaient tous les deux des mallettes noires en cuir et étaient vêtus de costumes, tout comme Edward. Lorsque vous aviez affaire à autant d'argent il semblait approprié de s'habiller respectueusement et professionnellement. Jason Jenks avait été l'avocat du grand-père d'Edward pendant des années. Il était dans la fin de la soixantaine mais son visage était celui d'un homme beaucoup plus jeune. Kate Hart avait la trentaine, elle était une juriste aguerrie qui avait également travaillé avec son grand-père avant son décès, il y a trois ans.
Tous les trois prirent un verre et échangèrent quelques plaisanteries avant de s'asseoir à leur table. Ils étaient dans un coin un peu isolé bien que le son de la fontaine à proximité serve également à étouffer un peu plus leur conversation.
Autour d'un verre puis du dîner, du dessert et finalement du café ils discutèrent de l'encaissement des fonds accumulés en fiducie par le grand-père d'Edward. Son grand-père avait amassé une fortune grâce à diverses entreprises et investissements immobiliers et il avait mis en place un fidéicommis donnant procuration à Edward et le nommant exécuteur testamentaire. En conséquence, Edward faisait des voyages à Chicago plusieurs fois dans l'année pour des réunions comme celle-ci. Tout ce qui était discuté l'avait déjà été par téléphone, mail et même fax, Edward préférant mettre la touche finale en étant présent en personne, c'était quelque chose que lui avait appris son grand-père.
Vers vingt-deux heures, ils avaient tout réglé et Edward accompagna Jason et Kate pour leur dire bonsoir.
Peu de temps après Edward était de retour dans sa luxueuse suite, admirant la vue de Chicago de nuit quand on frappa à la porte. Il alla répondre et retrouva Kate. Elle portait toujours les mêmes vêtements, jupe crayon grise et un chemisier lavande mais elle n'avait plus sa veste. Un autre bouton de son chemisier avait été défait, ses cheveux relâchés, une crinière lâche de longs cheveux blonds bouclés avait remplacé le chignon impeccable et sa mallette avait été échangée contre un sac de voyage.
"Tu viens souvent ici?" demanda Edward en douceur en lui faisant un petit sourire.
Elle lui fit son petit rire rauque tandis qu'il prenait son sac et la faisait entrer et en suspendant le 'ne pas déranger' à la poignée de la porte.
"J'aimerai vraiment," ronronna-t-elle séduisante.
"Je suis sûr que nous aimerions ça tous les deux," répondit-il avec le sourire qui faisait tomber toutes les petites culottes.
Il n'avait même pas besoin de faire ce sourire. Les culottes ainsi que les boxers seraient par terre dans quelques minutes, le temps de verrouiller la porte et de laisser un chemin de vêtements jusqu'au lit moelleux.
Quelques heures plus tard après une quantité satisfaisante de manipulations orales ou manuelles et de bons soins, plusieurs séries de rapports sexuels avec pénétration dans diverses positions et tous les orgasmes allant avec, Kate tomba sur les oreillers à bout de souffle.
"Bon dieu Edward, tu es une putain de machine!"
Il rit à perdre haleine. "Une putain de machine ou une machine à baiser?"
Kate rigola comme une écolière.
"Les deux, ton corps est ferme de partout."
"Nous sommes pareils tous les deux alors."
Il sourit fatigué. "Bon je déteste décevoir."
"Tu ne déçois jamais, toi et ta machine à baiser donnez entière satisfaction."
Il sourit, à moitié endormi, en s'étendant sur son côté du lit et en reprenant son souffle. Il n'était pas du genre câlin après le coït. Il ne voyait pas réellement d'intérêt à ça une fois que c'était fini. Et bien sûr les femmes avec qui il venait de coucher semblaient l'accepter.
Edward bailla, fatigué et prêt à s'endormir. Mais Kate avait d'autres idées en tête. Elle voulait parler, elle avait quelque chose d'important à lui dire.
"Alors Edward tu sais que Garrett Sloan est devenu associé, n'est-ce pas?"
"Humm? Oh ouais…je le sais." Pourquoi est-ce si important, maintenant?
"Bon tu ignores aussi, alors, qu'il va se marier," dit-elle en se tournant sur le côté pour regarder le beau profil d'Edward.
"Ah ouais? C'est bien pour lui." Il avait les yeux fermés et son esprit commençait lentement à s'endormir pour la nuit.
"Ouais… il va se marier…"
Vraiment qu'est-ce que j'en ai à faire qu'il se marie?
"…et moi aussi."
Quoi?
Il rouvrit les yeux. Quoi? Il se tourna et regarda Kate complètement perdu.
"Tu vas te marier?" Son cerveau essayait désespérément de mettre les choses ensemble.
"Avec Garrett oui. Nous sommes fiancés." Elle sourit, contente de l'effet de son annonce.
"Tu es fiancée à Garrett?" répéta-t-il, tout à fait réveillé à présent, comme dans un univers parallèle bizarre où ce serait bien d'avoir une liaison juste avant le mariage de la personne qui allait en épouser un autre.
Putain de bordel…?
Kate hocha la tête d'un air satisfait. "Oui Edward je vais épouser l'un des associés. Personne ne le sait. C'est la raison pour laquelle je ne porte pas la bague - merde tu aurais pu la voir. C'est énorme – de toute façon nous faisons attention pour éviter un scandale au bureau. Je devrais sûrement partir. Quoi qu'il en soit, je pense que ce soir a été probablement notre baise d'adieu." Elle sourit d'un air conspirateur dans le noir.
Seigneur… nous avons baisé de six façons différentes et maintenant elle m'annonce ça?
Alors nous avons allègrement commis …. L'adultère? Ou le pré-adultère? Ou le quasi-adultère?
Ce que nous avons fait n'a même pas de nom.
Merde… Ils ne sont même pas encore mariés et elle le trompe déjà?
Et elle imagine que ce soir est notre baise d'adieu, "probablement"?
Probablement?
Seigneur…
Ça devrait être notre dernière baise … pas notre baise d'adieu?
"Edward? Qu'en penses-tu? Tu ne dis toujours rien."
Elle faisait une moue boudeuse en attendant qu'il lui dise… quoi? Que pourrait-il lui dire? Qu'il voulait revenir en arrière et reprendre ce qu'il s'était passé ce soir. Il ne voulait pas être mêlé à ce genre de choses, il y avait été mêlé malgré lui.
On s'était servi de lui.
"Je ne sais pas quoi dire." Il ne savait vraiment pas. Il se sentait dégoûté de lui-même… avec elle… de ce dans quoi il avait été impliqué.
"Et tu ne vas pas me féliciter?" l'incita-t-elle timidement.
Il fronça les sourcils. "Félicitations… je suppose." Il était ébranlé.
"Je te remercie. Je savais que tu serais heureux pour moi. Je voulais te le dire ce soir… je ne voulais pas gâcher les choses et te le dire plus tôt." Kate lui tapota l'épaule et après quelques instants, elle bailla de contentement et se réinstalla pour dormir.
Edward ne pouvait pas dormir. Il resta là, couché dans le noir, pendant un bon moment. Son estomac se tordait et il ne voulait pas être couché là, avec elle. Il écouta jusqu'à ce qu'il entende sa respiration régulière puis il se leva et alla dans la salle de bain, se regardant dans le miroir et n'aimant pas du tout ce qu'il vit.
Ce n'était pas qu'il soit jaloux. Ce n'était pas ça du tout. Il n'avait pas plus de sentiments pour Kate qu'il n'en avait pour les autres avec lesquelles il couchait. Il ne connaissait pas Garrett Sloan du tout. Il n'avait juste pas prévu de participer à ce genre de chose et il se sentait très mal. Il n'aurait jamais envisagé d'avoir une liaison avec une femme mariée, peu importe combien elle était séduisante. Et tant que ça le concernait c'était exactement la même chose pour une femme fiancée.
Elle s'était servie de lui.
Elle ne lui avait rien dit. Et bien sûr il n'avait eu aucun moyen de le savoir. Il avait une très bonne relation avec Kate et c'est sûr, il en avait bien profité mais à présent ça l'énervait. Il était en colère lorsqu'il entra dans la douche et frotta chaque partie de son corps au beau milieu de la nuit. Il était énervé tandis qu'il s'essuyait et se mettait un jeans et un t-shirt. Il était énervé quand il s'assit sur le canapé dans sa suite, en se servant toujours le même bourbon et il était encore énervé mardi matin après que Kate se soit réveillée et se prépare à aller travailler.
Edward lui dit qu'il fallait qu'il annule leurs projets pour la soirée et qu'il fallait qu'il rentre à Seattle le lendemain, un jour plus tôt que prévu. Kate avait ri quand il lui avait dit qu'il s'était senti utilisé. Elle lui fit remarquer qu'ils n'étaient pas si différents tous les deux. Il se servait des femmes - qu'il le veuille ou non - et qu'elle avait apprécié leurs jeux entre les draps autant que lui. Ils s'étaient servis l'un de l'autre.
"J'ai passé une soirée géniale, Edward!" lui dit-elle à la porte. "Ne sois pas en colère." Elle lui donna une petite tape. "Qui sait il y aura peut-être une prochaine fois…?" Elle lui sourit.
Putain elle plaisante?
"Non Kate. Il n'y aura pas de prochaine fois. Je ne ferais plus jamais ça. Et je ne l'aurai pas fait non plus cette fois si je l'avais su."
"Alors je suppose au revoir, alors." Elle le regarda avec nostalgie.
"Ouais… au revoir Kate. Bonne chance à vous deux."
Dieu sait que vous en aurez besoin…
"Au revoir Edward! " souffla-t-elle en lui envoyant un baiser et elle partit.
Il ferma la porte et resta là, à la regarder un moment, passant ses mains dans ses cheveux.
"Putain!"
Il alla vers le canapé pour essayer de dormir un peu. C'était sûr qu'il n'allait pas aller dormir dans ce lit. Ça le rendait malade rien que d'y penser. Le bourbon devait à voir quelque chose à voir avec son état mais il n'y avait pas que cela.
Edward n'avait jamais été amoureux. Il en était certain. La chose la plus proche qu'il ait eue, était une relation pendant ses études secondaires qui avait fini en vrai désastre. Il avait rapidement dressé des murs pour se protéger, pour que quelque chose comme ça ne se reproduise jamais. A part cette fois-là ... il n'y avait rien eu.
Bien sûr des dizaines de femmes s'étaient jetées à ses pieds après qu'il soit devenu ami avec Emmett et qu'il l'ait pris sous son aile. Il avait soigneusement entraîné son corps pour être attirant, il avait travaillé sur ses compétences de communication et développé une certaine confiance en soi - plus que nécessaire - et ensuite il avait appris à pratiquer et à faire plaisir à une femme dans son lit alors elle voudrait faire la même chose pour lui. Mais aucun de ces… accouplements… n'avait jamais servi à autre chose qu'à se divertir et qu'à obtenir une gratification sexuelle.
Cependant quand il s'agissait de mariage, Edward était plutôt vieux jeu. Il croyait au mariage, même s'il n'était pas concerné. Ses grands-parents, la mère de sa mère et son beau-père, Elizabeth et Edward Masen – même si ça avait été un second mariage - étaient mariés depuis près de quarante ans quand elle était morte.
Enfin Edward s'assoupit et dormit un peu sur le canapé de sa chambre d'hôtel. Il faisait des rêves bizarres comme se perdre dans une forêt. La forêt était un endroit sombre, un peu ennuyeux et il y faisait froid. Et il lui semblait que peu importe la direction qu'il prenait, combien de temps il marchait, il n'arrivait pas à en sortir, il ne trouvait pas son chemin dans l'enchevêtrement des arbres et des branches qui le touchaient, les racines tordues sur le sol et l'odeur de décomposition.
Il se réveilla quelques heures plus tard, soulagé de constater que ce n'était que de mauvais rêves et qu'il n'était pas perdu dans la forêt, il se prépara et quitta l'hôtel. Il fit le tour de la ville par l'autoroute avec la Mercedes qu'il avait louée pour le séjour. Après s'être arrêté au fleuriste il arriva finalement, se gara et entra dans le cimetière pour sa visite habituelle quand il venait à Chicago, l'endroit où il était né et sa maison d'enfance.
Il avait acheté trois bouquets et il les déposa sur les tombes de ses grands-parents, Edward Anthony Masen Senior et Elizabeth Anne Masen. Il posa le troisième bouquet sur la tombe de l'oncle qu'il n'avait jamais connu, Edward Anthony Masen Junior, un garçon qui était mort à l'âge de dix-sept ans… le demi-frère de sa mère et le seul fils de son grand-père.
Il s'assit les jambes croisées dans l'herbe dans le calme du cimetière. Il pensa aux gens qu'il aimait. Il pensa à son grand-père intraitable en affaire, qui avait eu un faible pour une mère célibataire aux cheveux couleurs bronze et aux yeux verts. Edward avait épousé Elizabeth et il avait élevé la jeune Esmée comme si c'était sa fille. Il pensa également au fils de ses grands-parents qui avait disparu si jeune. Les parents d'Edward, Esmée et Carlisle s'étaient rencontrés ensuite, pendant que Carlisle faisait son internat en neurochirurgie et il avait été impliqué dans la bataille que menait son oncle contre une tumeur du cerveau… une bataille qu'il perdit. Les parents d'Edward se marièrent quand il eut finit son internat et deux ans plus tard Edward naissait à Chicago et fut appelé comme son oncle qu'il n'avait jamais connu. C'était étrange mais la famille disait combien il lui ressemblait quand il était bébé, les mêmes cheveux cuivrés, les mêmes yeux verts qu'il avait hérités du côté de sa grand-mère Elizabeth.
Le grand-père d'Edward l'avait choyé toute son enfance. Même après que la famille Cullen ait déménagé à Seattle, il retournait à Chicago chaque été et souvent pendant les vacances. Son grand-père avait passé beaucoup de temps avec lui, il l'emmenait parfois au travail, lui expliquant ce qu'il faisait, lui apprenant, lui transmettant ses paroles de sagesse. Le jeune Edward était très intéressé et à la fin il avait suivi les traces de son grand-père avec un intérêt pour les affaires et les investissements que son grand-père lui avait inspiré. C'était une chose dont ses parents et grands-parents étaient fiers.
A présent Edward pensait à lui et il se demandait comment sa famille pouvait être fière de lui à cet instant de sa vie, s'ils le connaissaient vraiment. Il ne sentait pas vraiment fier de lui. Il se dégoûtait. Ce qu'avait dit Kate avait fait mouche. Elle avait raison.
Il se servait des femmes.
Pourquoi n'avait-il pas su que Kate était intéressée par Garrett Sloan? Ou même qu'elle sortait avec lui? Ou qu'elle avait prévu d'épouser le pauvre idiot?
Mais la vérité c'était qu'Edward ne connaissait pas vraiment les femmes avec qui il couchait. Pas vraiment. Il connaissait leurs positions sexuelles préférées et comment les exciter et comment obtenir d'elles ce qu'il voulait pour lui. Mais il ne les connaissait pas. Il ne prenait pas de temps pour cela. Leurs intérêts lui étaient inconnus.
Ce n'était vraiment que du sexe. Peu importe comment … mais le but c'était ça.
Il fut soudain fatigué de tout ça et de lui-même.
Plus tard ce soir-là, après avoir passé l'après-midi au cimetière puis plus tard à sa maison d'enfance où ses grands-parents avaient vécu, Edward retourna au Ritz Carlton. Il dîna dans sa suite, pas grand-chose, et ensuite regarda la télévision qu'il ne voyait pas vraiment. Quand il s'endormit enfin, il refit le même rêve que plus tôt dans la journée. La même forêt, aussi sombre et impénétrable qu'avant, elle se refermait sur lui, étouffante et oppressante et dont on ne semblait pas pouvoir s'échapper.
Edward retourna à Seattle le lendemain, soulagé de rentrer chez lui.
Il appela Emmett depuis l'aéroport pour lui dire qu'il était rentré et qu'il n'aurait pas à retourner chez lui pour s'occuper des poubelles.
"C'est bon. Ta voisine, Bella, les aura rentrées. Elle m'a dit que ça ne lui posait pas de problème, elle habite juste à côté. Elle semble être une chic fille. Petite Swan est un fan des Mariners."
"Tu lui as parlé? Attends, qui est petite Swan?"
Il y eut une pause avant qu'Emmett ne réponde.
"Tu m'as demandé d'aller la voir pour qu'elle me fasse rentrer. Ça impliquait qu'il fallait que je lui parle Edward. Avec des mots, tu comprends. Et oui c'est petite Swan… son nom de famille est Swan."
"Oui, évidemment que tu lui as parlé. Mais… tu as parlé assez longtemps pour savoir qu'elle est fan des Mariners?"
"Oui on est restés ensemble un petit moment. Elle a relevé ton courrier et ton journal pendant que je sortais la poubelle et ensuite on a regardé les Mariners, les Rangers les ont malmené un moment. Elle a fait un tour dans ta librairie personnelle aussi, avant de rentrer chez elle pour dîner."
"Elle a fait ça?"
"Oui c'est probablement un rat de bibliothèque comme toi. Elle a passé au moins une heure à regarder tes livres. Quoi qu'il en soit je suis resté jusqu'à ce que le match soit fini puis j'ai fermé. J'ai pioché dans tes Rainiers aussi, je t'en rapporterai un pack la prochaine fois que je passerai."
"Ne t'inquiète pas à ce sujet. Ecoute je dois y aller. Merci d'avoir trouvé Bella et d'avoir sorti la poubelle."
"Pas de problème! Tu aurais fait la même chose pour moi!"
"Oui c'est vrai. On se parle bientôt, Em."
"Très bien. Dis bonjour à petite Swan de ma part."
Edward rangea le téléphone dans sa poche et se dirigea vers sa voiture avec sa valise.
Petite Swan.
Tu ne connaissais même pas son nom en entier.
Tu n'as pas pris le moindre temps d'ailleurs.
Tu es un putain de connard.
Mais vraiment tu le fais très bien.
Quand il arriva chez lui, il rentra dans le garage et amena ses affaires à l'intérieur. Il traversa la pièce principale et regarda le comptoir de la cuisine. Il y avait son courrier, ses journaux bien rangés et la petite tour Eiffel à côté. Il prit le trousseau et le rangea dans sa poche, pensant que Bella l'avait oublié là, plus tôt. Il y avait aussi le colis sur le comptoir. Sa commande était arrivée. Mais à côté il y avait une autre boite. Edward s'approcha.
"Mais qu'est-ce que c'est…?" dit-il à voix haute dans la maison vide.
C'était une boite de … biscuits? Et il y avait un post-it collé dessus.
Il regarda attentivement, c'était des cookies aux pépites de chocolat. Faits maison.
C'est ta chance d'être un peu moins con Cullen!
Il prit le colis et la boite de biscuits et se dirigea vers l'escalier avec ses bagages.
ooo O ooo
Bella se tenait là, dans la chambre d'Edward, appuyée contre le mur, elle avait serré ses bras autour d'elle, après avoir entendu la voix d'Edward en bas qui disait, "Mais qu'est-ce que c'est?" Ses yeux allèrent jusqu'à la fenêtre, réfléchissant sur un moyen de s'en sortir mais il s'agirait d'une chute d'un étage. Ça ne se terminerait pas bien. Son regard alla sous le lit mais le cadre en bois descendait trop bas. Son cul était trop gros pour se glisser là dessous. La porte du placard ferait trop de bruit si elle l'ouvrait pour se cacher à l'intérieur. Elle pourrait dire qu'elle était montée car elle avait entendu un bruit mais ses talents d'actrice la trahiraient et ça ne fonctionnerait pas. Elle était simplement prise, sans espoir de pouvoir s'en sortir.
Merde! En parlant de bruit… ce satané vibroziminator se remit soudain à fonctionner?
Nerveusement elle regarda vers la table de chevet, croisant les doigts, désespérant que les coups qu'elle avait donné sur la table n'aient pas permis à cette chose de garder le silence jusqu'à ce qu'elle puisse sortir d'ici.
Si… elle pouvait sortir d'ici.
Toutes ces choses passèrent dans sa tête tandis qu'elle était là en attente, tremblante comme une feuille, debout dans ses bottes, ou euh… ses sandales.
Les pas d'Edward se déplaçaient, se rapprochant du bas de l'escalier. Cela faisait plus de vingt ans que Bella ne s'était pas fait dessus. Bien sûr elle était toute petite mais s'il y avait une situation où elle pourrait faire dans son pantalon c'était bien celle-là. Elle ferma les yeux, se mordit la lèvre et pensa à la seule chose qu'elle pouvait faire dans ces dernières secondes qui lui restaient…
Notre père qui est au cieux
Que ton nom soit sanctifié que ton règne vienne, que ta volonté soit faite
Dans le repaire d'Abruti comme dans tout autre lieu de cet univers paumé
Envoyez-moi aujourd'hui un moyen d'évasion
Pardonne-moi mes offenses
Et le fait que j'ai espionné alors que je n'en avais pas le droit.
Et ne me soumets pas la tentation
Et laisse-moi sortir de cet enfer en un seul morceau
Amen
Bella cligna des yeux. Puis cligna des yeux à nouveau.
Où est-il? Il devait bien être arrivé en haut à présent.
C'est à ce moment-là qu'elle entendit une chose incroyable… les pas avaient dépassé l'escalier et se dirigeaient plus loin sur le carrelage, vers la porte d'entrée. Elle retint son souffle, le cou tendu, écoutant attentivement le pêne dormant tourner et les pas d'Edward sortir de la maison et la porte se refermer derrière lui.
Quoi?
Il avait quitté son repaire?
IL AVAIT QUITTE SON REPAIRE!
Elle s'effondra à genoux, posant ses mains sur son cœur battant.
Oh alléluia!
Oh merci mon dieu, doux Jésus, Marie et Joseph et tous les anges des cieux… soyez bénis! Merci, merci, merci! Oh seigneur merci! Je promets de ne jamais me remettre dans une situation pareille!
Elle se releva et courut sur la pointe des pieds à la fenêtre pour espionner.
Edward était là, en jeans noir et t-shirt bleu marine, il se dirigeait vers chez elle. Une main dans sa poche et dans le bras opposé empilés l'un au-dessus de l'autre, la boite de biscuits et le colis livré par Fedex.
COURS!
Elle sprinta vers la porte jetant un regard pour s'assurer que le lit était en parfait état et sortit de la chambre. Elle dévala l'escalier, faillit trébucher sur les bagages d'Edward qu'il avait laissés au pied des marches. REFLECHIS! Réfléchis, réfléchis, réfléchis! Que vas-tu lui dire? Allez!
Oh… oui! Oh mon dieu, oui!
Elle s'arrêta un instant à la porte d'entrée, l'ouvrant lentement et prenant une grande inspiration, pour la ralentir ainsi que son rythme cardiaque. Elle essuya la sueur qui perlait sur son front tandis qu'elle regardait Edward s'approcher de son allée. Elle passa ses mains sur son visage et ses doigts dans ses cheveux pour s'arranger. Elle prit plusieurs inspirations et parla fort pour s'assurer que sa voix était claire.
"OK … Bella… ta vie dépend de tes talents d'actrice, et ils peuvent être terribles, respire et essaie d'agir normalement."
Elle respira profondément et ensuite ouvrit la porte, marchant dans le soleil, enroulant ses bras autour d'elle pour se donner du courage.
De l'autre côté de la rue, Edward était devant sa porte d'entrée la tête baissée. Sa main libre posée sur l'encadrement comme il l'avait fait le lundi quand il était venu pour s'excuser et lui demander de récupérer son courrier et ses journaux. Evidemment il avait sonné et il attendait qu'elle lui réponde. Elle regarda tandis qu'il levait la main pour sonner à nouveau.
Jusqu'à présent il ne savait pas qu'elle fouinait chez lui quand il y était arrivé.
Si ça pouvait continuer comme ça.
Il dut décider qu'elle n'était pas chez elle parce qu'il se retourna et repartit tête baissée, apparemment perdu dans ses pensées.
Bella était sur le point de dire quelque chose quand il releva la tête.
"Oh, tu es là!" lui sourit-il timidement.
Sois naturelle Bella, dis quelque chose d'ordinaire.
"Tu es rentré en avance."
Quel choix!
"Ouais, je … euh…" Il fronça les sourcils quand ils se rencontrèrent au bout de l'allée puis secoua la tête comme pour chasser des pensées désagréables. "Je n'ai pas voulu rester un jour de plus."
"Oh," elle hocha la tête essayant de comprendre pourquoi il avait l'air si perdu.
Son front se plissa tandis qu'il la dévisageait.
"Tu étais chez moi?"
Allez Bella applique-toi! On y est! Ta maison, ton travail, tes relations avec ta famille, tes amis et ta vie entière en dépendent.
"Oh… oui … j'ai rentré ton journal…" elle fit un geste par-dessus son épaule en se tournant un peu, regardant vers chez lui.
Et puis je me suis cachée dans ta chambre, fouillant dans ton armoire à pharmacie, essayant ton eau de toilette, me suspendant dans ta douche, examinant ton sordide tiroir, écoutant le vibroziminator, et j'allai continuer par chercher tes pantalons de pyjama en soie et même tes sous-vêtements et probablement, selon toute probabilité, j'allais essayer tes vêtements.
"Je ne t'ai pas vue," répondit-il suspicieux maintenant.
Dis-lui pour les plantes. Allez à voix haute… ça va marcher, il suffit de le dire!
"Je…euh… j'arrosais tes plantes." Elle serra ses mains en les tordant légèrement et en baissant les yeux, incapable de lui mentir en face.
Ce n'est pas un mensonge … je l'ai fait après tout. Il n'a pas besoin de savoir que c'était il y a presqu'une heure.
Tu encourages ses pensées à l'induire en erreur là, c'est aussi bon qu'un mensonge
"Quelles plantes?"
Elle le regarda avec surprise, s'enserrant dans ses bras une fois de plus. Il fronçait les sourcils à nouveau, la regardant, perplexe.
"Euh … sur ta terrasse? " Elle regarda vers chez lui parce qu'elle n'arrivait pas à le regarder droit dans les yeux.
"Tu devais être dehors alors c'est pour ça que je ne t'ai pas vue. Merci… pour les plantes, je veux dire. Et pour mon courrier et les journaux aussi."
Elle serra ses bras autour d'elle plus fort et fixa ses pieds, un sentiment terrible grandissait au creux de son estomac.
"De rien," marmonna-t-elle, dégoûtée d'elle-même.
"Tu vas bien?" lui demanda-t-il brusquement.
Leurs yeux se trouvèrent. Ses sourcils étaient toujours froncés et sa tête était légèrement penchée de côté tandis qu'il l'observait. Il semblait inquiet.
Non ça ne va pas. Je suis une vilaine personne. Je suis une idiote stupide et une espionne et maintenant une menteuse en plus.
"Oui ça va, pourquoi?" demanda-t-elle.
"Tu es un peu pâle," ses yeux se plissèrent.
Elle ricana. "Je le suis toujours un peu."
"Plus que d'habitude alors," son sourire fut bref.
C'est alors qu'elle remarqua qu'il paraissait fatigué. Il avait des cernes sous ses yeux. Il n'était pas rasé, même si elle avait remarqué qu'il ne se rasait pas toujours, comme ce premier matin.
"Non ça va," répéta-t-elle, se demandant qu'est-ce qui n'allait pas pour lui. Il ne semblait pas aussi arrogant que d'ordinaire.
La tête d'Edward se leva brusquement et il regarda autour de lui en fronçant les sourcils une fois de plus en humant l'air.
"Tu sens ça?"
Oh merde! Le prédateur! Il sent cela! Je suis morte.
"Je ne sens rien," mentit-elle en passant ses mains derrière son dos éloignant l'odeur de son nez subtil. A vrai dire elle ne sentait rien mais qu'est-ce que ça pouvait être d'autre?
"Je sens la fraise."
"Oh," dit-elle soulagée. "Ce sont sûrement mes cheveux, mon shampoing est parfumé à la fraise."
"Oh!" il secoua la tête et se concentra sur elle à nouveau. "Je pensais que j'étais en train de délirer."
Elle lui sourit faiblement.
Non… c'est moi qui suis en train de perdre la tête. Il revient chez moi…pour espionner dans un placard … sans aucun doute.
"Alors tu as rencontré mon ami Emmett…" La main libre d'Edward ratissa ses cheveux en désordre. "Je suis désolé, Bella j'aurai pu lui demander de s'occuper de mes affaires. Je n'y ai pas pensé avant et je n'avais pas de moyen de te contacter."
"Oh non… Ce n'était pas un problème."
C'est moi le problème. J'ai des problèmes. Je suis une envahisseuse d'intimité.
Il la fixa un moment ne sachant pas s'il devait la croire ou pas. Il regarda vers chez lui.
"D'accord. Bon merci… oh et merci pour la poubelle aussi. Emmett m'a dit que c'est toi qui t'en étais occupée."
"De rien."
Il regarda les deux choses qu'il avait dans la main.
"C'est toi qui as fait ça? Ils sont pour moi?" Il tapota la boite contenant les biscuits qui était posé sur le colis avant de regarder Bella avec des yeux plein d'espoir. Quelque chose dans son expression lui fit penser à un petit garçon timide, plus du tout à un prédateur de jupons.
Elle le regarda curieusement.
"Euh… c'est pour ça que le post-it dit que : "ils sont pour toi – Bella."
Il fit un petit rire gêné et haussa les épaules.
"Je suppose que j'aurai dû prendre la note en considération. J'étais juste un peu … surpris."
"Emmett m'a fait visiter tes placards et il s'est plaint que tu n'avais pas de mal bouffe. Les cookies faits maison sont tellement meilleurs que les Avoy. J'en ai fait une fournée hier soir et comme je ne comptais pas tous les manger moi-même, j'ai pensé que je pouvais partager."
Il semblait peu sûr. "Je n'en ai pas fait depuis si longtemps. Merci."
Bella hocha la tête. "Bon je devrai probablement y aller…" elle fit signe vers chez elle.
"Attends, tiens ça c'est pour toi." Il fit passer la boite de biscuits dans son autre main et lui tendit le colis.
"Pour moi?" Elle récupéra le colis." Pourquoi? Qu'est-ce que c'est?"
Il haussa les épaules. "Ouvre et tu verras bien."
Mais elle n'y arrivait pas, l'adhésif ne voulait pas céder.
"Voyons prête!" dit-il soudain, lui tendant les biscuits et reprenant la boite. Il fouilla dans sa poche et sortit le porte-clés tour Eiffel et commença à scier la bande tout du long. Une fois que ce fut fait il lui rendit la boite et récupéra les biscuits.
Bella ouvrit et en sortit… une nouvelle casquette Asshole.
Quoi?
Elle se retourna vers lui mais les mots lui manquaient. La casquette disait tout. Elle pouvait sentir les larmes lui monter aux yeux.
"Je ne t'appelle pas Asshole," expliqua-t-il précipitamment. "C'est juste pour remplacer celle que tu m'as donnée."
Elle hocha la tête et baissa les yeux tandis que les larmes commençaient à couler. Elle ne pouvait pas croiser son regard, elle ne voulait pas qu'il la voie.
Edward n'avait aucune idée de ce qui lui passait par la tête mais il sentait qu'il avait complètement foiré encore. Il se pencha un peu, essayant de voir son visage mais elle regardait la boite et la casquette et ses cheveux l'empêchaient de voir. C'était tentant de tendre la main et de les faire passer derrière son oreille.
"Il faut que j'y aille," dit-elle d'une voix tremblante, en remettant rapidement la casquette dans la boite en se tournant et en se précipitant dans son allée.
"Attends!" dit-il en la poursuivant et en l'attrapant par le poignet tandis qu'elle atteignait sa porte.
"Ecoute laisse-moi m'expliquer."
Elle s'arrêta plus à la sensation de sa main attrapant la sienne, que pour ses mots. Elle tira sur son bras mais il ne la relâcha pas.
"Tu pleures?" Il était consterné, de toute évidence il l'avait bouleversée et il poursuivit rapidement en disant. "Bella je ne savais pas quoi acheter pour remplacer le cadeau de Jake, j'ai mis ta casquette pour courir, je ne peux plus te la rendre, elle est plein de sueur… je ne peux plus te la rendre alors j'ai cherché sur internet avec l'étiquette et j'en ai pris une neuve pour remplacer l'autre. Si je t'ai offusqué ce n'était pas mon intention."
"S'il te plait lâche-moi," pria-t-elle, à mots étouffés.
Il relâcha son poignet surpris de voir qu'il la tenait toujours et surpris par l'agonie et la défaite quand sa voix retentit.
"Je suis désolé," il ne savait pas quoi dire d'autre à la petite silhouette devant lui.
Elle leva les yeux et il vit les larmes évidentes dans ses grands yeux bruns, elle se mordait la lèvre. Elle lui fit un signe de la main et soupira longuement avant de parler.
"Non, c'est moi l'abrutie. Cette casquette me va très bien en ce moment… tu n'as pas idée de quel genre stupide d'abrutie je suis." Elle essuya ses yeux rapidement avec sa main et le regarda. "Il faut que … j'y aille Edward. Merci… de l'avoir remplacée." Elle montra la casquette.
Elle se retourna et se précipita à l'intérieur laissant Edward planté là, tout seul, au bout de l'allée, la regardant s'éloigner de lui. Il se sentit perdu et en colère contre lui-même, frustré par elle, encore un peu plus que les autres jours passés.
"Putain," marmonna-t-il pour lui-même puis il se tourna vers sa maison. "Putain de vie!" ajouta-t-il plus fort.
Il quitta l'allée de Bella et regagna péniblement sa maison. D'une certaine manière il l'avait bouleversée sans le vouloir. Mais ce qu'elle avait dit d'elle-même… qu'elle était une abrutie… le gênait.
"C'est moi l'abrutie. Cette casquette me va très bien en ce moment tu n'as pas idée de quel genre stupide d'abrutie je suis …"
Evidemment la casquette l'avait mise à vif. Mais il n'était pas sûr de bien comprendre pourquoi. Il lui avait expliqué qu'il avait voulu remplacer le cadeau de Jake mais ça ne valait pas qu'on se traite d'abrutie.
Pourquoi se traitait-elle d'abrutie?
Elle avait même partagé ses cookies… un abruti ne ferait pas ça.
Elle a cru que je n'acceptais pas son don de biscuits et que je me tournai directement pour lui rendre sa casquette Asshole…
Non c'est autre chose. Quelque chose de complètement différent.
Peut-être qu'elle a fait l'abrutie avec quelqu'un d'autre…
Oh merde!
Peut-être est-il arrivé quelque chose avec Jake.
Elle a dû faire quelque chose dont elle se sent coupable et en voyant la casquette… et puis moi qui l'aie mentionné… ça a dû le lui rappeler.
Bon… si elle a fait quelque chose de travers… elle n'est pas la seule…
Non elle n'est pas la seule mais bon sang, tu lui as rappelé qu'elle avait déconné et ça l'a faite pleurer.
Edward regarda sa montre. Il était juste quatorze heures. Il pensa à Emmett. "Il est dix-sept heures quelque part… on peut boire alors!"
Tu as tellement raison mon pote.
Edward se promena dans la cuisine et attrapa une bière dans le réfrigérateur.
"Fraîche arrogant Bastard." Parfaitement bien adaptée à la situation.
Il allait refermer le frigo quand il s'arrêta et prit le pack entier puis il se dirigea vers la terrasse pour profiter de la journée avec ses bières. Il s'assit là-bas, en pensant qu'il était vraiment un connard dans deux des grandes villes des Etats-Unis et ça seulement en deux jours.
ooo O ooo
Plus tard après avoir bu dehors et profité du soleil, il était rentré pour se coucher sur son canapé dans le salon, il resta éveillé, mal à l'aise d'avoir trop bu. Et pour une raison quelconque une de ses mains sentait son eau de toilette bien qu'il ne se souvienne pas l'avoir utilisée aujourd'hui… et pourquoi avait-il cette odeur sur sa main?
Il zappa pendant un certain temps puis il se leva et se décida à se faire un sandwich pour le dîner. Peu de temps après il monta à l'étage pour prendre une douche et peut-être qu'il lirait dans son lit un moment. Il était toujours à l'heure de Chicago*, épuisé par le manque de sommeil réparateur ces derniers jours et souffrant d'un léger mal de tête d'avoir bu six bières au soleil.
Après qu'il ait pris sa douche et sorti un pantalon de pyjama en coton, il alla à sa fenêtre pour l'ouvrir pour laisser entrer un peu d'air frais. Il remarqua la lumière de l'autre côté de la rue à la fenêtre de l'étage. Un instant plus tard, Bella fit une apparition. Elle ne chantait pas ni ne dansait, pensa-t-il avec un sourire amusé… Elle était sûrement venue pour fermer ses rideaux et elle leva les yeux et le vit.
Il se demanda si elle avait eu le même après-midi de merde que lui. Il ne s'était même pas autorisé à goûter un de ses cookies parce qu'il l'avait faite pleurer.
Elle avait l'air d'aller bien et peu importe ce qui l'avait chagriné elle allait mieux.
Il la regarda et lui fit un petit signe de main.
Elle parut surprise. Mais elle lui fit signe aussi avant de fermer les rideaux.
Edward alla dans son lit, repoussant la couette et se glissant dans ses draps doux. Il se détendit et laissa tomber sa tête dans ses oreillers, fermant ses yeux pendant un moment en respirant profondément.
Il respira une fois de plus. Ça avait un effet calmant sur lui.
Et de nouveau il inspira, tournant la tête sur son oreiller. C'était agréable.
Son oreiller sentait bon… comme cet après-midi quand il était dehors en train de parler à …
Il ouvrit les yeux brusquement tandis que ça le frappait.
Des fraises!
Putain!
Elle est venue dans mon lit!
…
*Il est deux heures de plus à Chicago
