.

… CHAPITRE 12 …

Il est temps de poster

Au moment où Bella atteignit sa porte avec sa nouvelle casquette Asshole à la main, les larmes avaient finalement débordé, elle s'était sentie humiliée mais elle le méritait. Comme si ça n'avait pas été suffisant de se rabaisser aussi bas que de fouiner dans chaque recoin de la maison et de la vie d'Edward … il lui avait acheté un cadeau. Certes c'était une casquette Asshole mais c'était un cadeau qui lui convenait parfaitement et il ne le savait même pas. Elle avait trahi sa confiance et il avait fait quelque chose de gentil pour elle. Cela rendait son geste d'autant plus douloureux. En fait il n'était pas du tout l'Abruti qu'elle pensait qu'il était.

Elle s'assit sur le canapé posant la boite et son contenu, qui lui convenait parfaitement, sur la table devant elle. Elle était une horrible personne qui n'avait aucune limite. Elle était stupide. Elle était idiote... elle était… une abrutie. Elle essuya les larmes sur ses joues et se pencha en avant pour sortir la casquette de sa boite et l'examiner. Elle était semblable à celle qu'elle avait accroché sur sa … jetée sur lui. Identique à celle qu'il portait quand il l'avait saluée. Elle repensa à lui dans sa Vanquish, l'autre jour, casquette sur la tête et lunettes d'aviateur, il l'avait salué avant de disparaitre en rugissant. Elle ne put s'empêcher de sourire un peu, en se rendant compte combien elle avait été idiote.

Il n'était pas méchant. Il n'était même pas radin. D'une certaine manière il avait un tempérament arrogant.

Il avait cherché sur internet pour en trouver une et il l'avait commandée.

Elle attrapa la boite et l'examina.

Il avait payé plus cher pour avoir la livraison rapide.

Elle sentit les larmes monter de nouveau.

Merde Bella! Si la casquette te va…

Elle posa la casquette sur sa tête. Elle décida qu'elle la porterait pour le reste de la journée. Ce serait une forme de pénitence, ça lui rappellerait ce qu'elle était vraiment.

Assise dans le salon avec sa casquette Asshole sur la tête, elle repensa à sa matinée et à ce qu'elle avait fait chez ce pauvre Edward qui ne se doutait de rien. Il l'avait rencontré juste quelques jours avant et l'avait jugée assez fiable pour lui confier les clés de sa maison. Et elle, elle avait trahi cette confiance autant de fois que possible en fouillant chez lui.

Puis elle l'avait laissé planté là, dehors, complètement perdu sans doute, pour aller se réfugier chez elle avec cette casquette qu'il lui avait amenée et qui avait tout fait exploser. Elle s'était enfuie loin de lui mais elle ne pouvait pas échapper à elle-même ou à son remords. Elle essuya ses dernières larmes de honte mais la honte restait là quand même.

Elle n'avait aucune idée de combien de temps elle était restée assise, à se sentir si honteuse et pleine de regrets.

Elle remarqua que son ordinateur était posé sur la table, oublié depuis ce matin quand elle avait envoyé les photos à sa mère. Elle soupira profondément et tira l'ordinateur à elle pour se distraire en regardant ses mails.

Il y avait quelques nouveaux commentaires sur Au-delà des collines si vertes. Elle répondit rapidement. Mais l'email le plus important était celui de Star-Ho qui concernait la bannière qu'elle lui avait demandé de faire. Elle l'ouvrit et il la fit sourire. Et elle pouvait encore sourire…

De : stripedbeagleaol

A : B-the-Swangmail

Sujet : Voilà ta banniiiièèèère!

Le : 31 août 2010 à 11 h 10 : 29

Salut Bellybeans!

Satané fille va! Donne-moi un projet et je ne peux pas m'arrêter avant que ce soit fini! Tu sais que j'aime faire ça pour toi …. C'est ce qui me fait avancer BB! Désolé de ne pas l'avoir fait hier. C'était le bazar sur le site où je fais mes bannières! Mon compte a été perdu! Mais quand j'ai essayé de me réinscrire il m'a dit que mon compte existait déjà. *fronce les sourcils* Après plusieurs migraines et une pleine poignée de Tylénol plus tard… c'est fait!

Alors … va vite voir la bannière pour De la haine à la passion. J'ai trouvé la meilleure photo de Pat Robinson, tout irrité et morose! J'ai pensé que c'était parfait pour ton petit playboy hargneux. Il est SEXY en diable! Et ensuite la photo du centre… c'est chaud! Et tu peux aussi voir les autres que j'aie utilisées… mais je sais que tu n'as d'yeux que pour Ethan! *sourire connaisseur*

A bientôt BB!

*Star-a-Holic piétine anxieusement en attendant des nouvelles de bellybeans*

XOXO

Bella ouvrit la pièce jointe que Star-a-Holic lui avait envoyée et rigola un peu quand elle vit la bannière de la fic. C'était parfait. Et cette photo du milieu était WAOUH. Elle referma le dossier et envoya immédiatement la réponse.

DE : B_the_Swangmail

A : stripedbeagleaol

Sujet : Arrête de piétiner c'est star-ific

Le : 31 août 2010 à 02 h 06:33

Star-Ho!

Oh mon Dieu! Elle me plait! Je l'aime!

J'ai eu une journée bizarre et j'étais assez énervée jusqu'à ce que j'ouvre ton mail. Merci bb! Ça a remis le sourire sur mon visage. Je vole dans le cyberespace maintenant pour te prendre dans mes bras, te serrer fort et t'embrasser.

Sérieusement ma chère amie, je pense qu'elle est MERVEILLEUSE! Et j'adore cette photo de P-Robz en tant qu'Ethan! Il semble si en colère et tellement délicieux. *me pâme*

Beau travail. Je te donne un A+ pour ton projet et une quantité impressionnante d'extra crédits. Ouais!

XOXOXOXOXOXOXO

Je t'aime bb!

-belly

Elle se leva du canapé pour se préparer une tasse de thé.

Elle était dans la cuisine attendant que l'eau bouille en repensant à son histoire. Elle avait terminé hier mais elle avait prévu de relire une dernière fois dans l'après-midi pour pouvoir l'envoyer à Angela aujourd'hui. Avec un peu de chance, en fonction de la rapidité d'Angela - et généralement elle était rapide – elle récupérerait l'histoire aujourd'hui et elle pourrait la poster ainsi que la nouvelle bannière, ce soir.

Ce qui était drôle c'était qu'Angela avait au départ suggéré à Bella d'écrire l'histoire comme une façon de régler ses comptes avec Edward à travers une fiction concernant Ethan Collins. La façon dont Bella et Edward s'étaient rencontrés était certainement très inhabituelle et serait un appât divertissant pour l'histoire. Il avait semblé être un connard de playboy parfait. Angela avait même utilisé cette expression. Elle lui avait dit qu'elle pourrait lui donner ce qu'il méritait dans l'histoire. L'idée avait été d'écrire une histoire drôle sur un Asshole Ethan dont Stella pourrait remettre les idées en place et lui pourrait s'améliorer en cours d'histoire. Mais Bella n'était plus sûre de comment faire parce que maintenant c'était elle qui avait besoin d'être remise à sa place et qui avait besoin de s'améliorer.

Edward n'était pas réellement la personne détestable qu'il avait semblé être ce premier matin. Elle se mit à penser à lui comme à quelqu'un de moins en moins détestable. Et oui, il était toujours un queutard, le facteur play-boy était toujours là mais il n'était pas que ça. Il avait vu l'intérêt de Jake pour sa voiture et il l'avait emmené faire un tour. Il avait aidé avec les meubles alors qu'il n'était pas obligé. Et un fils qui va manger avec ses parents ne peut pas être aussi mauvais que ça, pas vrai? En plus il avait fait un effort pour remplacer sa casquette quand il avait su que c'était un cadeau.

Bella en savait suffisamment sur lui pour réaliser qu'elle ne voulait plus se venger de lui. Elle ne voulait plus aller par-là à présent. Il ne méritait pas cela et elle ne se sentait plus aussi méchante. Elle prit sa tasse de thé, retourna au salon et s'installa avec son ordinateur portable, elle relut, histoire de changer un peu les choses.

Vers dix-sept heures quand elle eut terminé sa version définitive du premier chapitre elle fit un mail à Angela.

De : B_the_Swan

A : angelbabyaol

Sujet : De la haine à la chaleur - chapitre 1

Le : 31 août 2010 16 h 57 : 43

Hey Angie!

J'ai fini le premier chapitre. Il est plus introspectif que ce que j'avais pensé au départ. Je ne peux plus écrire de la façon dont nous avons discuté avant. Je ne pense pas qu'être méchante, mordante me corresponde … peut-être que dans la vie je peux l'être…mais pas dans une fic. Je préfère rester honnête par rapport aux événements actuels mais j'ai changé quelques petites choses… rien de primordial et qui va s'en plaindre? Personne ne connait ma vraie identité ou celle que les personnages représentent… Je sais que tu ne vas pas répéter mes secrets… J'en connais trop de vilains petits à ton sujet. Mdr

Merci ma chère bêta! Tu es mon héroïne!

Tu viendras vendredi soir ou samedi? Tu resteras jusqu'à dimanche ou lundi? Il me tarde de te voir et de te montrer mon chez moi!

Affectueusement,

B

Tout ce qu'elle pouvait faire maintenant c'était attendre qu'Angela renvoie le fichier, peut-être ce soir avec ses commentaires, questions et corrections pour la version définitive. En attendant elle se prépara à manger, macaronis au fromage avec des légumes à la vapeur. Elle prit un livre qu'elle lirait en mangeant, assise au comptoir de la cuisine.

Le livre qu'elle lisait était basé sur ce qui avait été une fic très populaire : Maitre de l'univers. Elle avait été retirée du site de fan-fic pour être publiée et devenir une vraie histoire dans un vrai livre. Bien sûr tous les noms avaient été changés dans cette fan-fic BDSM. Les principaux personnages n'en étaient plus Stella Brown ni Ethan Collins. Dans la version publiée ils étaient devenus Annabelle Schwarz et Sébastian Kinque mais Bella savait exactement ce qu'ils représentaient.

Elle lisait le premier des trois tomes de 50 Saveurs de Kinque. Le deuxième 50 apparences de Kinque allait bientôt sortir et l'avait déjà pré-commandé. Le troisième, Kinque…et "Plus", ne serait pas disponible avant un long moment mais elle le commanderait dès que possible.

L'histoire était érotique et romantique. Elle suivait les expériences et les défis d'une jeune diplômée universitaire, Annabelle Schwarz et celle de Sébastian Kinque, homme d'affaires énigmatique, sombre, abimé, bouleversant, convaincant. Les deux personnages principaux avaient entrepris un voyage de découverte de soi et vers la guérison expérimentant l'amour débridé, parfois attaché et passionné qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.

Bella aimait beaucoup cette histoire et elle pouvait la relire jusqu'à ce que ses yeux lui en fassent mal. Et ce qui était merveilleux c'est que l'auteur Jamie Ells avait elle-même écrit sa fan fiction basée sur la série Ecrit dans les étoiles mais avec le succès de son histoire et l'encouragement de ses lectrices elle était devenue un auteur. C'était merveilleux, pas vrai? Et il y en avait d'autres qui avaient suivi le même chemin. Bella se demandait si elle serait assez courageuse pour essayer de publier ce qu'elle écrivait.

Peu probable.

Plus tard dans la soirée pendant qu'elle préparait ses affaires pour son premier jour de réunions et de préparation à l'école le lendemain, elle reçut la réponse d'Angela concernant sa nouvelle histoire. Elle ouvrit immédiatement, anxieuse de savoir ce qu'Angela avait à dire.

De : angelbabyaol

A : B_the_Swan

Sujet : Bêta… qui rend l'univers des étoiles plus acceptable à tout le monde!

Le : 31 août 2010 20 h 36:04

Hey B!

Bon début! J'ai adoré! Pas grand-chose à corriger. Et donc pas totalement ce que j'attendais. C'était presque comme lire quelque chose qui serait écrit dans un journal intime parce que c'est très personnel. Tu mets beaucoup de toi là-dedans, B, Houlà! C'est vraiment un voyage intime. Pas le genre de fan fiction pas vrai?

Il sera intéressant de voir comment les choses vont se poursuivre et jusqu'à quand tu vas pouvoir garder tout ça proche de la réalité. Tu ne peux rien prévoir … tu ne peux pas contrôler le "Ethan" de l'autre côté de la rue. (Je me demande combien de femmes ont essayé? Mdr) à moins que tu ne fasses parvenir un copie à Abruti donc il saura ce qu'il devra dire et faire ensuite. C'est peut-être juste ce dont il a besoin.

J'ai prévu d'arriver vendredi après le travail et de rester jusqu'à ce que tu en aies marre de moi.

Tu me manques! Bonne chance avec ton premier chapitre!

Angie

Bella lui répondit rapidement pour la remercier et ensuite elle relut son résumé, sa note, sa préface et le premier chapitre en reprenant les corrections d'Angela.

OOOOOOOOO

De la haine à la passion

Une fan fiction basée sur "Ecrit dans les étoiles"

de bellybeans.

Résumé : Nouvelle enseignante et écrivain en herbe Stella Brown déménage de la petite ville de Forks à la grande Seattle. Après une première rencontre horriblement gênante, elle trouve l'inspiration pour sa nouvelle fic dans le play- boy énigmatique et hargneux qui vit en face de chez elle. Elle ne peut pas le supporter, il ne peut pas la supporter. Ces deux opposés vont-ils jamais trouver un terrain d'entente et devenir amis… ou peut-être plus?

Catégorie : Ecrit dans les étoiles

Personnages : Stella, Ethan, 5156 mots.

oOoOoOoOoOO

De la haine à la passion

Note de l'auteur : Bien… cette fois-ci ce sera un peu différent. Vous n'allez pas aimer Ethan Collins au début de cette histoire mais laissez-lui une chance. Les gens peuvent changer et les personnages fictifs peuvent changer encore plus facilement. C'est la magie de la fiction. Je sais que ça va vous paraitre différent mais il y aura un Ethan heureux après. J'espère que vous aimerez cette lecture. Faites-moi savoir ce que vous en avez pensé.

Préface

Je n'avais jamais vraiment réfléchi à qui vivrait dans le voisinage. Et j'avais eu assez raison de ne pas le faire... car même si j'avais envisagé mes nouveaux voisins, je n'aurai jamais pu imaginer quelqu'un comme lui.

Je fixai la rue étroite sans sourciller. Les vitres teintées de sa maison avait l'air de me regarder avec bienveillance.

Assurément ici c'était le bon endroit pour vivre, le bon endroit pour devenir propriétaire de sa première maison. Assez proche du travail et c'était un investissement intelligent. Cela devrait compter pour quelque chose.

J'étais entrée dans l'allée de ma première maison il y avait deux matins de cela et j'avais rencontré mon premier voisin immédiatement en arrivant. Il s'était comporté comme un âne arrogant et paraissait être un jeune homme avec apparemment peu d'intérêt pour quelqu'un d'autre que lui-même. Il était aussi sans doute le plus bel homme que j'aie jamais vu.

De la pointe de ses cheveux ébouriffés, brillants et de couleur vieux cuivre jusqu'au bout de ses pieds nus il était l'incarnation de la beauté masculine. Son visage était de ceux qu'on ne voit que dans ses rêves. Sa peau était impeccable. Il avait un front large et lisse avec de beaux sourcils arqués et foncés qui encadraient deux profonds yeux verts avec des cils sombres et épais. La structure de son visage était comme ciselée : pommettes saillantes, nez bien dessiné avec une petite bosse qui le rendait plus charmant encore, une mâchoire très forte et très carrée, recouverte par une jeune barbe, des lèvres sculpturales qui semblaient fermes mais douces, elles devaient parfaitement savoir comment embrasser une femme. Tous ces traits combinés rendaient ce visage masculin attirant comme c'était inimaginable.

Il était mince, souple, sculpté. Il se présenta devant moi torse nu et je pus admirer ses épaules larges et ses biceps bien saillants, son torse et ses abdominaux aussi. Il avait une légère poussière de poils sur la poitrine et en bas de ses abdos, la ligne de poils se concentrait et rétrécissait en descendant sur son ventre plat au-delà de son nombril, montrant le chemin entre ses hanches minces et le V sculpté de ses muscles vers la seule chose qu'il portait : un pantalon de pyjama en soie noire.

C'était tout.

J'aurais dû me demander comment ce pantalon fragile et vaporeux ne glissait pas de ces hanches étroites sur ses chevilles. Mais il y avait une bonne raison à cela. Ce chef d'œuvre de physique masculin se tenait devant moi dans toute sa gloire. Cette incarnation éthérée de la virilité parfaite… arborait une érection scandaleusement évidente.

Je n'avais pas encore eu le temps de me focaliser sur ce fait et d'en être scandalisée parce que, pour une raison inconnue, il me criait une volée d'injures.

Qui était ce jeune homme – semblant appartenir à un autre monde – qui se comportait aussi odieusement?

Voulais-je vraiment le savoir?

Il ne s'était pas présenté. A la place il avait choisi de me submerger avec son beau corps et son attitude d'abruti.

Je me retrouvai complètement perdue face à cette beauté féroce, cette instabilité et cette excitation trop manifeste.

Ce fut mon premier matin à Seattle. Je venais d'arriver. Et je pensais déjà à repartir au plus vite.

Il y avait deux jours maintenant que je l'avais rencontré et je savais que mon nouveau voisin allait mettre ma patience et ma volonté à rude épreuve, repousser les limites de la décence, m'embrouiller, me désorienter grâce à sa perfection et à sa forte présence. Son apparence était déconcertante combinée à sa personnalité réelle.

Il était la Belle et la Bête dans une apparence attirante et exaspérante.

Je savais que si je n'avais jamais accepté ma première mission d'enseignement ici, à Seattle, je n'y serai pas en ce moment, assise dans mon nouveau chez moi, regardant sa maison vide, tenant les clés de son château dans ma main. Il était parti pour quelques jours et m'avait demandé de récupérer ses journaux et son courrier, je restais assise là, méditant sur toutes les façons de me jouer de lui.

Bien qu'il me fasse me sentir irritée et indignée, je ne pouvais pas regretter ma décision de venir ici. J'avais accepté le boulot dont je rêvais et à présent j'étais propriétaire de la maison de mes rêves.

Je n'y pouvais rien si je vivais dans la même rue qu'Ethan Collins et ça pourrait bien s'avérer être un cauchemar.

Je suis Stella Brown et ceci est mon histoire…

OOOOOOOOO

Chapitre 1 : premier affrontement

"Stella" étoile en italien, choisi par ma mère, dans une tentative d'exotisme et d'originalité.

"Brown," le mot anglais pour la couleur de la boue et de la saleté, donné par mon père, pour me garder fermement ancrée dans la réalité.

"Stella Marie Brown"… mon nom depuis ces presque vingt-quatre dernières ennuyeuses années. Et "Marie" bien sûr utilisé très rarement comme c'est souvent le cas avec les deuxièmes prénoms.

Ce qu'ils disent doit être vrai… que les contraires s'attirent. Mon père, le shérif Carl Brown a toujours été un homme sur qui on peut compter. Il n'est certainement pas très démonstratif et c'est sûrement ce qui a fait partir ma mère au fil du temps. Rhonda, ma mère, a toujours été frivole et volage, décalée et douce et c'est ce qui probablement attira mon père au début. Elle était le feu de sa glace. C'est pour cela sans doute que la relation était condamnée dès le départ. Le feu fait fondre la glace et l'eau en se réchauffant éteint le feu. Finalement il ne resterait plus rien, seulement une vapeur fugitive qui s'évaporerait. En effet la réalité est que neuf ans après leur mariage, Rhonda et Carl se séparèrent. Comme si rien n'avait existé.

Il ne restait que moi, le résultat d'un mariage un temps heureux mais qui avait échoué et s'était terminé par un divorce. A partir de huit ans j'avais fait des allers-retours entre leur vie et leur maison pour les vacances. Le reste du temps je vivais avec ma mère agitée, peu importait où était la maison.

Ce fut cette année-là que j'avais vraiment commencé à lire par plaisir. Je trouvai beaucoup de joie dans les livres. C'était une évasion merveilleuse à un moment où le bonheur ainsi que la sécurité faisaient défaut et où j'étais en proie à la douleur et au doute. Les livres étaient un merveilleux endroit où me réfugier alors qu'il n'y avait pas beaucoup de merveilleux dans le monde réel.

Après la désintégration du mariage de mes parents, alors que je vivais une vie nomade avec ma mère, mes amis les plus proches que je gardais d'une année sur l'autre étaient ceux que je connaissais à travers les livres. Ces personnages de fiction restaient toujours là, avec moi, même si ma propre famille ne le faisait pas.

La merveilleuse découverte que je fis vint après : ces personnages de fiction pouvaient aussi sortir de leur livre. Quand je les connaissais suffisamment bien, je pouvais les prendre de leur histoire et les faire participer à des histoires de mon cru. Je pouvais les prendre avec moi pour vivre des aventures, peu importe où ma mère et son dernier intérêt nous conduisait.

Son intérêt l'avait conduite à un jeune homme, un sportif, un homme dont les rêves impliquaient encore plus de mouvements et de changements. Bill Wyler était une étoile montante en ligue mineure mais sur le point d'être appelé en ligue majeure. Mais cela impliquait de nombreux voyages. Et puisque Rhonda était sa fan la plus passionnée, bien sûr elle voulut le suivre. Alors, comme un joueur sorti de sa base pour courir, je suis partie et déménageais vivre avec mon père dans l'état de Washington, la même année ma mère s'installa en Floride.

Je n'avais jamais montré de tendances extravagantes comme je supposais que ma mère s'y attendait. C'était à prévoir puisque j'étais calme, timide, rat de bibliothèque depuis toujours. Je suivais les règles et faisais ce qu'on me disait de faire. Les bonnes notes semblaient aller de pair avec ce comportement.

Quand j'ai eu seize ans, après avoir vécu plusieurs années avec mon père j'ai commencé à penser à mon avenir. Mes camarades pensaient que j'avais perdu la tête entre un cours de biologie et un d'anglais quand je leur fis pat de mon idée de devenir professeur d'anglais. Ils ne pouvaient pas comprendre comment quelqu'un pouvait se condamner à passer le reste de sa vie à l'école secondaire avec des élèves, comme nous, en étant obligés d'assister aux cours.

Je haussais les épaules et ensuite je gardais ça pour moi. J'aimais lire, écrire et peut-être que je pourrai encourager ces intérêts chez d'autres. Les livres avaient été mes amis à l'école primaire. La littérature et l'écriture sont devenues mes passions à l'école secondaire. Je suis diplômée de l'université de Washington en littérature britannique et en création littéraire et j'y suis encore revenue deux ans pour apprendre le métier d'enseignante pour les élèves du secondaire.

Et à présent je suis prête et j'ai tout ce qu'il me faut, prête à embarquer sur la voie que j'aie choisie et à commencer ma vie.

La semaine dernière j'ai rangé ma vie dans des cartons et des sacs, arrachant mes racines qui était dans ma maison d'enfance près de la côte. On m'avait proposé un poste à temps plein comme professeur d'anglais et je ne pouvais pas refuser ce travail. Je serai finalement mademoiselle Brown fraichement sortie de l'école, aspirante écrivain le soir et fière résidente de mon nouveau chez moi à Seattle, état de Washington.

Mon père avait prévu de m'aider pour mon déménagement mais à la fin il n'avait pas pu. Il ne pouvait pas prendre de congé… pas qu'il y ait une criminalité excessive dans les collines et les petites villes du Nord-ouest Pacifique… mais il venait d'y avoir une épidémie de varicelle qui avait affecté ses collègues. Et il était l'un des rares à y avoir échappé et à pouvoir garder le poste.

Mais je n'étais pas vraiment inquiète, je pouvais compter sur mon copain et ami de toujours Jethro Brick.

Jethro et moi serions amis pour toujours. Nous avions toujours été là l'un pour l'autre. Je savais que je pouvais toujours compter sur lui pour me sauver. Et je devais l'être assez régulièrement…

La conversation que nous avions eue quelques jours plutôt repassa dans ma tête.

"Sérieusement Stelly, tu as besoin de quelqu'un pour te protéger. Ça ne me gêne pas de faire ce travail… mais à moment donné les voisins vont commencer à jaser. Léandra me l'a fait remarquer. C'est une bonne petite-amie pour moi… mais il faut vraiment que tu te trouves quelqu'un. Nous ne pouvons pas être un trio pour toujours. Les gens vont se demander si nous faisons ménage à trois… bien que je ne tire aucun bénéfice de cet arrangement … comme ils pourraient le supposer."

"Jethro c'est dégoûtant! Ne fais pas l'âne!" Je tapai dans son bras et un sourire apparut sur son visage en un instant.

"Mais je plaisante enfin," grommela-t-il en se frottant la blessure imaginaire sur son biceps bombé. Comme si je pouvais faire le moindre dégât sur son corps musclé.

"Eh bien je ne plaisante pas. Si tu veux m'aider, aide-moi. Mais ne me ridiculise pas, ne m'accable pas. Et ne sois pas grossier. Tu sais que je te rendrai ça quand le moment viendra."

"Je sais," dit-il. "Tu le feras et tu me feras passer un sale quart d'heure aussi. Désolé d'avoir plaisanté. Tu peux compter sur moi. Tu le sais."

"C'est ce que j'espérais. En même temps quand j'aurai trouvé l'homme de mes rêves tu vas me manquer. Tu n'auras plus que Léandra et elle n'aime pas trop être chouchoutée. Tu ne seras plus quoi faire J."

"Peut-être que je viendrai chez toi avec l'homme de tes rêves," il agita ses sourcils et me fit un autre de ses sourires charmeurs.

Je roulai des yeux.

"Et nous en reviendrons à ce ménage à trois? J je ne pense pas, deux gars me paraissent moins intéressants pour toi que deux filles. Et en plus l'un des deux serait toi… ça pourrait être répugnant."

"Je pense que mon tour est venu de te taper à présent, Stelly,"Il sourit. En me regardant ranger des choses dans un carton.

"Des promesses, des promesses qui ne m'excitent pas du tout… " dis-je benoitement "Tiens J, rends-toi utile et ferme ce carton. Et ensuite tu peux l'emmener dans ma voiture."

"Tu sais que tu vas vraiment me manquer, pas vrai?" demanda-t-il d'une voix plus douce et plus grave à présent, tout en fermant le carton.

Je m'arrêtai et le regardai en hochant la tête incapable de dire quoi que ce soit avec une boule dans la gorge tout à coup. Il me prit dans ses bras dans une étreinte d'ours, celle qu'il faisait si bien.

Ça c'était le jeudi. Emballer et charger, des sourires et des rires. Mais les rires étaient doux amers. Jethro avait été constamment là pour moi depuis des années, comme tous les personnages de fiction de mes livres. Mon meilleur ami allait vraiment me manquer.

Mon père participa aussi après être rentré du travail le vendredi. Il fit rentrer tout ce qu'il put dans le SUV, mon Chevrolet Equinox pour mon départ à Seattle le lendemain matin. Tout le reste serait chargé dans un petit camion de déménagement tôt le dimanche matin. Jethro le conduirait à Seattle dimanche et m'amènerait le reste de mes affaires chez mon nouveau chez moi et m'aiderait à m'installer.

Ce samedi matin je me comportais joyeusement et presque indifféremment. J'avais vraiment hâte de commencer ma nouvelle vie à Seattle. Mais je pensais aussi à mon père. J'allais lui manquer. Il n'était pas démonstratif et certainement pas collant… et je savais que la maison serait bien vide quand je ne serais plus là.

Pas que je ne l'ai pas laissé avant… je l'avais fait… depuis l'université. Mais il savait que je reviendrai toujours pour un week-end ou les vacances et l'été. Cette fois-ci c'était différent. Nous savions tous les deux que je viendrai pour le voir mais nous savions que ce serait juste une visite. Ce ne serait plus ma maison ...

Mais ces choses arrivent. Les enfants grandissent et trouvent leur voie. Ils commencent leur vie et prennent leur envol.

J'entrepris le voyage vers Seattle le samedi matin sans aucun réel problème… jusqu'aux derniers vingt-cinq kilomètres. l'Equinox commença à toussoter brusquement, de petits couinements puis ça s'amplifia. Ça continua, s'allongeant progressivement jusqu'à ce que j'atteigne enfin ma destination finale… mon nouveau chez moi. Ma maison.

A partir de là tout s'enchaina.

Je me suis garée dans l'allée. Il y a eu un grincement et un bruit strident... le sifflement de la courroie du ventilateur ou quelque chose de ce genre puis le moteur s'est mis à faire des bruits encore plus intempestifs. Je me suis assise là, à écouter ces bruits, me demandant ce qui n'allait pas, n'ayant aucune idée de comment remédier à ce problème, ni où aller pour que quelqu'un s'en occupe. Je coupai le moteur et enlevai la clé.

Je vis qu'il faisait du vent dehors, j'ouvris la boite à gant et en sortis la casquette que je rangeais là. Relevant mes cheveux, je les retins et posai la casquette en place. Je sortis de la voiture me dirigeant vers ma porte d'entrée avec quelques affaires. Je déverrouillai la porte de la maison et entrai.

Je me décidai à appeler Jethro qui était mécanicien. Il pourrait sûrement me donner une idée de ce qu'il se passait. Et après quelques minutes d'explications et d'imitation de bruits pour qu'il comprenne, il m'assura que ça pouvait attendre le lendemain, qu'il arrangerait ça lui-même.

Je ressortis et déplaçai ma voiture pour faire de la place au camion de livraison qui devait venir dans l'après-midi. Je posai les clés sur le siège passager et restai assise là un moment, dans l'indécision. Puis je me penchai pour attraper un sac et un carton qui étaient posés par terre et sortis de la voiture avec difficulté en appuyant malencontreusement sur la fermeture automatique près de la poignée, en poussant la portière avec ma hanche. Dès que ce fut fermé je réalisai que les clés étaient à l'intérieur. Je saisis la poignée et tirai fort, comme si c'était une erreur à laquelle on pouvait remédier aussi facilement.

Et c'est alors que tout se déchaina.

J'avais réussi à mettre l'alarme alors que mes clés étaient enfermées à l'intérieur, posées innocemment sur le siège passager.

L'alarme a commencé à rugir.

A klaxonner.

A tousser. A biper.

Alternativement, sans jamais s'arrêter.

Et fort, incroyablement fort.

Fort et strident…

Et tout ce qui existe entre les deux.

Je restai là, pétrifiée et assourdie par le bruit, je réalisai finalement que j'avais une clé de rechange cachée quelque part sur la voiture.

Si seulement j'arrivai à me souvenir où.

Je posai mes affaires et commençai à ramper, regardant et tâtonnant sous le pare-chocs avant alors que la voiture continuait à mugir. Je ne suis pas sûre de savoir pendant combien de temps ça dura mais je pris soudain conscience de quelque chose. Il y avait deux grands pieds devant moi. De beaux pieds avec de beaux ongles, ces pieds semblaient appartenaient à un homme. Pieds nus, sans chaussettes ni sandales.

A cet instant ma main se posa sur une petite boite. Je sortis de là-dessous et me relevai, tenant la petite boite dans ma main et faisant face au propriétaire des pieds. Il criait fort pour couvrir le bruit de l'alarme, en agitant ses mains pour accentuer son propos mais je ne comprenais simplement pas pourquoi il était aussi mécontent.

"Hey abruti! C'est quoi ce putain d'enfer que tu nous fais toi et ta putain de merde de voiture casse-baise?"

Jamais dans ma vie personne n'avait craché sur moi autant d'insanités. J'étais stupéfaite. Mais ce n'était pas simplement l'attaque verbale qui me laissait sans voix. C'était aussi son visage, en colère et rouge avec une veine proéminente qui battait sur son front et ses yeux verts brillants qui lançaient des éclairs. Il avait l'air vicieux en gesticulant furieusement et crachant ses jurons.

Les mots qui suivirent sortirent avec surprise à en juger l'écarquillement de ses yeux.

"Putain de merde! Tu es une fille!"

"Oui, je suis une fille!" lui criai-je.

Je ne comprenais pas pourquoi ça avait de l'importance mais avec le vacarme de l'alarme qui continuait je n'arrivais pas à réfléchir clairement. Ou alors parce que ses mots suivants n'avaient pas plus de sens.

"Je ne me doutais pas que tu étais une fille! Comment étais-je supposé le savoir?"

Son visage était à quelques centimètres du mien, il criait et exigeait des réponses à des questions que je ne comprenais même pas. Je n'avais aucune réponse pour lui. J'étais trop distraite par la couleur inhabituelle de ses cheveux, son absurde beau visage avec des caractéristiques remarquables ainsi que son corps fin, dur et musclé, ses larges épaules, penché vers moi, sur moi, empiétant sur mon espace et essayant de me submerger par sa présence.

Et submergée je l'étais.

C'était le plus bel homme que j'aie jamais vu… et il était presque nu, à toutes fins utiles. Il n'était pas seulement pieds nus, il l'était aussi jusqu'à la taille presque de la taille aux pieds… il portait un pantalon soyeux qui ne dissimulait rien de son état d'excitation… il aurait tout aussi bien pu être transparent car il n'arrivait à rien cacher.

J'étais complètement perdue, n'ayant jamais été confrontée à une situation de ce genre. La combinaison entre sa voix hurlante et sa tirade méchante, sa beauté sauvage et son érection évidente, la cacophonie de cette alarme, tout ça m'énervait et me gênait comme jamais je ne l'avais été. Mon rougissement intense ne servit qu'à aggraver tout ça. Et pourtant je réussis à parler, je ressentis le besoin de me reprendre mais je dus crier aussi pour me faire entendre.

"Que veux-tu dire par 'Comment étais-je supposé savoir que tu étais une fille'?" Je commençais à être indignée par son attitude agressive. "Quel est ton problème?" ajoutai-je réalisant que je regardais en bas, hypnotisée par la déformation inattendue mais impressionnante de son pantalon. Je n'avais jamais vu rien de pareil. Et je réalisai combien c'était inapproprié de ma part de regarder cette partie intime donc je me forçai à me tourner vers son visage, le fixant dans les yeux, rouge comme une betterave.

Ses yeux verts flamboyants changèrent, ce fut léger et fugitif mais je le vis quand même. La colère vacilla pour seulement une fraction de seconde vers une incertitude plus calme. Et puis l'incendie reprit encore plus fort.

Il recommença à crier à nouveau mais mon attention alla vers une fenêtre dans la rue et capta un mouvement. Une belle femme enveloppée dans un drap de lit nous fusilla du regard. Elle avait la peau ivoire et une crinière de cheveux roux ardents, il était évident qu'elle attendait qu'il revienne. Je compris soudain la raison de son excitation et sa colère due à mon interruption même si ça avait été involontaire de ma part.

"Quel est mon problème?" cracha-t-il. "Ta voiture et toi êtes mon problème. Arrête cette foutue alarme!"

"Tu penses que j'ai fait ça exprès? " criai-je consternée, en commençant à jouer sur la boite pour essayer de l'ouvrir et récupérer ma clé de secours.

"Je me demande à quoi diable tu pensais!" cria-t-il en réponse.

Mes yeux se tournèrent vers lui avec colère, la clé momentanément oubliée.

"Ma clé est enfermée à l'intérieur! Je ne peux pas l'arrêter. Tu penses que ça me plait t'entendre ça? Tu crois que ça me plait de rester là, à t'entendre hurler? Tu es un idiot! Tu es… tu es…"

L'inspiration me vient brusquement.

Je portais toujours la casquette de base-ball, une idiote de casquette pour blaguer, avec le mot Asshole brodé dessus. Je l'avais mise sur ma tête pour retenir mes cheveux avant de sortir de la voiture. C'était probablement pour ça que ce braillard avait été surpris de constater que j'étais une fille. Peut-être que s'il avait su que j'étais une fille il ne se serait pas mis dans cet état. Comme si tous ces jurons vers un parfait étranger étaient acceptables pour un homme. Evidemment ça n'avait pas d'importance que je sois une femme parce qu'à aucun moment il ne s'était excusé.

Je retirai la casquette de sur ma tête et pour une raison inconnue, pensai une seconde à le frapper avec. A la place je l'accrochai sur son membre en érection, proéminent et offert, en criant pour couvrir le vacarme de l'alarme.

"Tu es un connard absolu!" crachai-je finalement, me sentant victorieuse… juste pour un instant.

Mais je fus ensuite immédiatement mortifiée de me rabaisser à son niveau. J'étais encore plus horrifiée et gênée de ce que j'avais fait avec la casquette. J'avais envahi à mon tour sa partie la plus intime, en suspendant cette casquette à son excitation comme si j'avais le droit de le toucher à cet endroit bien que ce soit avec la casquette et pas avec ma main.

Je voulais disparaitre.

Je regardai son visage et je vis qu'il était aussi choqué que moi.

"Je ne peux pas croire que tu aies… suspendu ta casquette à ma …"

"Moi non plus!" l'interrompis-je de peur qu'il puisse choisir un mot qui allait sûrement finir de me tuer.

"Je suis désolée d'avoir interrompu les choses pour vous ce matin! Evidemment tu étais occupé… avec … ça!" Je montrai la casquette, "et elle" je fis signe vers la fenêtre vide en face.

Il restait là, me regardant bouche ouverte.

Mon rougissement était accablant. Je ne m'étais jamais sentie aussi embarrassée, bouleversée, aussi mal de toute ma vie.

J'ai fui, laissant tomber ma petite boite avec ma clé de rechange et laissant toutes mes affaires là, en courant me réfugier dans la maison. Je ne me suis plus occupée de l'alarme. Je ne voulais rien de plus que disparaître de sa vue et ne jamais le revoir.

Mais bien sûr que je le reverrai.

Je m'étais assise par terre juste derrière la porte d'entrée jusqu'à ce que ma voiture se taise enfin. Peut-être la batterie s'était déchargée… Ou le connard presque nu avait trouvé la clé que j'avais laissée dans la petite boite et avait appuyé sur le bouton, nous sortant de notre misère. Je partis dans le salon et me cachai dans l'ombre tandis qu'il s'éloignait lentement vers chez lui. La route était rugueuse et c'était évidemment douloureux pour ses pieds nus, quelque que soit la douleur, il la méritait sûrement.

Sa porte d'entrée s'ouvrit brusquement et une magnifique femme avec des cheveux roux flamboyant apparut. Elle était habillée et vu comment on pouvait comprendre qu'elle était dans sa tenue de la soirée de la veille. Elle claqua la porte et commença à marcher rapidement dans la rue sur ses très hauts talons.

Je bougeai pour me rapprocher un peu, curieuse de voir ce qui allait se passer entre eux. Je ne pouvais pas m'en empêcher, j'entrouvris la fenêtre pour pouvoir entendre.

Il l'appela du milieu de route et elle se tourna vers lui en colère. Il ne se souvenait pas bien de son prénom. Elle avait passé la nuit dans son lit et lui ne connaissait pas son nom. C'était presque comique quand elle lui répondit en hurlant, l'appelant par des prénoms les plus fantaisistes pour lui faire remarquer son indélicatesse. La rousse continua rapidement son chemin tandis qu'il continuait à crier après elle en vain. Il se rapprocha de la maison, de toute évidence irrité que ses projets aient été changés si rapidement.

Une puissance supérieure, le Karma peut-être, avait maintenant décidé de ruiner sa matinée… encore un peu plus. Il alla vers la porte d'entrée et fut incapable de l'ouvrir. Il commença à taper dessus en criant furieusement, en jurant et en agitant ses bras. Il tapa dans la porte avec son pied nu, puis il se mit à le masser, regrettant probablement son geste.

Je l'épiai, cachée dans mon salon, tandis qu'il traversait le parterre de rosiers pour atteindre sa fenêtre. Mais la fenêtre était fermée. Il regarda vers le haut, l'étage était trop loin. Il fit le tour pour sans doute trouver un autre moyen de rentrer chez lui.

Je sortis rapidement pour aller à ma voiture, surprise de retrouver mes clés, le sac et le carton que j'avais sortis et ma casquette posée sur le siège du conducteur de ma voiture redevenue silencieuse. Je pris le sac et le carton et les amenais à l'intérieur avec la casquette qu'il avait laissé sur le siège.

En faisant demi-tour pour faire un second voyage, j'ouvris la bouche et faillis m'évanouir. Debout devant ma porte c'était lui, le même jeune homme beau et en colère. Maintenant il était furieux, encore plus qu'avant et c'était moi qui était visée.

Son corps parfait était maintenant recouvert de coupures et d'égratignures, son pantalon déchiré, ses pieds boueux et il saignait. On aurait dit un animal sauvage blessé, sombre et dangereux, respirant difficilement. Il semblait tendu, prêt à attaquer. J'attendais qu'il me saute dessus d'un instant à l'autre.

"Que t'est-il arrivé?" demandai-je prudemment.

La question sembla le prendre au dépourvu. Sa voix était si basse quand il grogna finalement une réponse.

"C'est toi qui est arrivée. Toi et ta satanée voiture!" Ses paroles se déversèrent comme un torrent de colère. "Tu es venue ici troubler la paix, rendant ma matinée infernale, la faisant passer du cauchemar à l'enfer!"

J'étais stupéfaite et perplexe. Il était évident qu'il n'avait pas pu rentrer chez lui en passant par derrière et il n'avait réussi qu'à se faire mal. Mais devait-il m'en blâmer pour autant? Il ne pensait quand même pas que j'avais ruiné sa matinée à dessein. Ne réalisait-il pas que ce n'était pas la matinée que j'avais espérée?

"J'ai besoin de ton échelle!" C'était un ordre pas une demande. Et ça m'exaspéra car je n'avais pas d'échelle. "Elle est dans ton garage, tes prédécesseurs l'on laissée là. J'en ai besoin. Maintenant!"

Sans rien dire d'autre il se dirigea vers le portail du garage. Je rentrai et traversai la maison pour lui ouvrir me demandant ce qu'il se serait passé si j'avais refusé.

Pendant que le portail se relevait je l'observais, debout au soleil, féroce et défiguré par la colère, blessé mais encore parfaitement beau.

Il prit l'échelle et sortit du garage, les muscles de son dos se tendant tandis qu'il portait l'échelle.

"Ne ferme pas!" commanda-t-il par-dessus son épaule en s'éloignant.

Je repartis vers ma voiture continuant à décharger. Je récupérai la casquette sachant qu'il fallait que je la remette dans la boite à gant de la voiture.

Et quand je ressortis, je le vis revenir. Je m'arrêtai, la casquette à la main alors qu'il s'approchait de la maison, avec l'échelle, son torse musclé montant et descendant. Il me regarda en rentrant dans le garage pour y ranger l'échelle. Puis il fit demi-tour et sans un mot il partit : pas de merci, ni d'excuse, ni de présentation, ni de plaisanterie. Rien du tout.

Je restais là stupéfaite mais là il fallait que je réagisse. Je lui jetai la casquette alors qu'il s'éloignait, le frappant entre les omoplates.

Il se retourna et me regarda surpris alors que je laissais ma colère prendre le dessus.

"Puisqu'elle te convient si bien tu n'as qu'à la garder, connard!"

Sur ce je fermai le portail et me retirai dans la maison, le laissant méditer.

Plus tard dans l'après-midi, j'étais devant chez moi. Je vis le même jeune homme plus calme cette fois. Il apparut fraichement douché et portant des vêtements propres. Je ne voulais pas paraitre intéressée après le désastre du matin alors je l'ignorai autant que possible.

Mais ça devint impossible quelques instants plus tard quand un moteur se mit à rugir. Je refusais de tourner la tête quand j'entendis le ronronnement du moteur je savais qu'il me défiait, qu'il attendait que je me tourne et que je regarde. Alors je le fis.

La décapotable noire était comme lui… puissante, séductrice, inquiétante. Il était assis derrière le volant, calme et arrogant portant des lunettes de soleil et accélérant une fois de plus. Il me fixait, le coin de la bouche relevé, formant un petit sourire en coin puis tout à coup il posa la casquette Asshole sur sa tête. Son sourire s'agrandit tandis qu'il me saluait avec deux doigts longs et gracieux.

La voiture s'éloigna en rugissant et j'étais sûre de trois choses. D'abord mon voisin était un beau connard. Ensuite il y avait une partie de lui, et je ne savais pas laquelle, qui semblait aimer être un beau connard. Et pour finir après avoir aperçu sa plaque d'immatriculation je savais que le beau connard s'appelait ETHAN C.

Note de l'auteur : Ça y est vous l'avez… une rencontre très peu aimable entre Stella et bien sûr, Ethan. Merci d'avoir lu. –bellybeans.

OOOOOOOOO

Satisfaite des corrections apportées à ce premier chapitre, Bella se connecta au site, transféra la bannière, mit le résumé et posta le premier chapitre de sa nouvelle histoire. Elle se demanda comment il serait reçu par ses lectrices et combien de commentaires elle aurait. Mais elle devait attendre d'en avoir… on ne sait jamais vraiment à quoi s'attendre jusqu'à ce qu'on les reçoive.

Il était un peu plus de vingt et une heure trente, il était temps d'aller au lit. Elle voulait s'assurer de passer une bonne nuit alors elle allait se coucher tôt. Elle prit la casquette Asshole et la posa sur la table à côté de son ordinateur. Elle éteignit la lumière puis monta à l'étage et alla dans sa chambre. Elle sortit son pyjama du tiroir et à ce moment-là elle se souvint du petit bout de tissu qu'elle avait récupéré sur la terrasse d'Edward. Elle le chercha dans sa poche et pensa le jeter dans sa poubelle mais elle décida de le garder et le rangea dans son tiroir à pyjama. Elle alla vers la fenêtre pour fermer les rideaux et ensuite elle pourrait se déshabiller.

Elle allait l'attraper mais regarda de l'autre côté de la rue et vit Edward à la fenêtre de sa chambre. Elle était sur le point de se cacher mais elle réalisa qu'il était trop tard, il l'avait déjà vue. Sa tête pencha sur le côté et il leva sa main pour lui faire un signe. Elle ouvrit la bouche de surprise mais elle lui fit un signe aussi.

Elle tira ses rideaux et resta là un moment, repensa à sa réaction dehors plus tôt, quand il lui avait donné la casquette Asshole. Il avait vu qu'elle pleurait. Elle se sentit idiote. Il devait sûrement penser que quelque chose n'allait pas chez elle. Bella ne put s'empêcher de se demander à quoi il pensait à présent.

Elle passa rapidement son pyjama, se lava le visage, se brossa les dents et finalement se mit au lit. Elle éteignit la lumière et s'installa dans son lit. Son bras était posé le poignet contre l'oreiller, près de son nez alors… elle put sentir le parfum, Prédateur.