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… CHAPITRE 13 …
Pas ce à quoi on pourrait s'attendre
…
Au moment où Edward réalisa que son oreiller sentait la fraise, il bondit hors de son lit. Non qu'il ait quelque chose contre l'odeur des fraises. Au contraire il la trouvait très agréable et réconfortante et… plutôt innocente. Mais la pensée que quelqu'un… une fille qu'il connaissait à peine… avait été dans son lit, à son insu jusqu'à présent, le choqua complètement et le laissa abasourdi.
Il le fut encore un peu plus quelques secondes après quand il s'élança hors de son lit si vite qu'il en a perdit l'équilibre et trébucha contre sa table de chevet. Instantanément elle se mit à faire un bruit… un bourdonnement… et quelques secondes plus tard s'y ajouta un bruit sourd.
C'est quoi ce bordel...?
Il ouvrit le tiroir du haut de sa table de chevet mais il n'y avait rien que des choses ordinaires là, du lubrifiant, de la lotion, des préservatifs et un masque pour dormir. Sous le masque il y avait une petite paire de menottes rembourrées dont il se servait parfois pendant ses activités de chambre juste pour pimenter un peu les choses. Il fronça les sourcils en les voyant. Tout à coup elles l'énervaient pour une raison inconnue… et il se souvient que la raison était lui-même. Mais le bourdonnement continuait. Il referma ce tiroir et ouvrit le deuxième, se reculant terrifié et révulsé en voyant ce qu'il découvrit.
"MERDE! OH SEIGNEUR! C'EST QUOI…?"
Il cria choqué, en fixant avec horreur dans le tiroir un pénis énorme qui était apparemment détaché mais voulait attirer l'attention, fonctionnant tout seul, se tortillant, un zombie en quelque sorte, qui avait une volonté propre, vivait par lui-même… aucun corps n'en voudrait.
Il se calma une seconde plus tard en réalisant que ce n'était pas un vrai pénis mais une imitation presque parfaite, terriblement grande et d'aspect vraiment naturel, un sex toy. Il resta là sans respirer, le cœur battant, regardant vers le bas, la danse dégoutante et perverse de ce gigantesque pénis de couleur chair avec ses boules qui ondulaient rythmiquement.
"Seigneur! … COMMENT? POURQUOI…? QUOI…? QUI…?"
Ses yeux s'écarquillèrent sortant presque de leurs orbites tandis qu'il aspirait fortement.
"Oh putain!… BELLA? PAR L'ENFER… COMMENT DIABLE AS-TU PU?" Les yeux d'Edward commençaient à lui faire mal tellement ils étaient écarquillés et la peau de son crâne tirait. Il réalisa qu'il avait mis ses mains dans ses cheveux, tirant et empoignant de grandes mèches. Il s'efforça de se détendre et laissa tomber ses bras pour en envelopper son torse nu, se serrant très fort, si bien que ses mains étaient dans la chaleur et la sécurité de ses aisselles. Il se tenait là dans les affres de son désarroi, dégoûté, luttant pour arriver à une sorte de conclusion au sujet de cette découverte bizarre.
BON DIEU!
Que le ciel LUI vienne en aide!
Il se mit à arpenter la chambre lorgnant le tiroir ouvert qui contenait la bite et ses couilles qui se convulsaient. Il s'arrêta subitement.
Seigneur… si jamais elle espère trouver un gars qui correspond à ÇA…
Oh doux Jésus… tu ne crois pas que Jake…?
Non…! Par l'enfer personne ne peut vraiment être aussi…
Edward défit rapidement son cordon de pantalon et jeta un coup d'œil, comparant ce qu'il voyait là, inerte, avec l'objet vibrant dans le tiroir.
Non c'est juste impossible.
Diable, il faudrait un pantalon avec une troisième jambe pour caser ça…
Il recommença à faire les cent pas, n'arrivant pas à appréhender ce qu'il y avait dans son tiroir et jusqu'où tout ça avait conduit ses pensées. Il s'approcha prudemment de la table de chevet, levant la jambe pour refermer le tiroir avec le bout de ses orteils, restant à distance, comme si l'énorme phallus allait soudainement être catapulté hors du tiroir et se jeter sur lui, bourdonnant et se tortillant furieusement. Une fois le tiroir refermé, il entendait toujours les bourdonnements et les vibrations, il tendit la main et saisit son téléphone sur la table.
Il tapa un numéro préenregistré et attendit deux sonneries qu'Emmett décroche.
Emmett?
EMMETT!
OH? MERDE? EMMETT ET BELLA…?
"Yo Cullen!" explosa joyeusement la voix à l'autre bout du téléphone.
"Oh seigneur Emmett!" dit-il la voix frénétique. "Merde… écoute… Je viens de trouver… Il y a cette chose… Je ne peux même pas le croire… je déteste avoir à te demander ça mais…"
Il y eut des rires rauques à l'autre bout de la ligne, des éclats de rire tonitruants qui étaient si forts qu'Edward dut éloigner le téléphone de son oreille. Il attendit ce qui lui sembla être une éternité jusqu'à ce qu'Emmett reprenne le contrôle et arrête de rire, peu importe ce qui avait provoqué cette réaction. Le rire commença enfin à diminuer et Edward recolla le téléphone à son oreille tandis que ses yeux allèrent vers le tiroir qui vibrait offensivement.
"Emmett écoute j'ai besoin de savoir si tu…"
"Alors tu l'as trouvé?" lui demanda-t-il tout excité. Mais avant qu'Edward puisse répondre il continua à parler. "Je savais que tu le trouverais! Putain Edward tu aurais dû t'entendre! C'était trop, vraiment trop … drôle…" Emmett recommença à rigoler et à éclater de rire tandis qu'Edward attendait avec le téléphone loin de son oreille pour la deuxième fois.
Qu'est-ce qu'il est emmerdant parfois…
"Mais putain de quoi tu parles? " demanda Edward impatiemment, se demandant si Emmett s'était repris car il semblait pouvoir éclater de rire à tout moment.
"Tu as trouvé King Dong pas vrai?" Il recommença à rire.
Quoi?
"Mais qu'est-ce que tu racontes, Emmett? Tu parles du…?"
"Du méga pénis que j'ai mis dans ton tiroir porno? Oui mec!"
Quoi?
Oh merci mon dieu!
"C'est TOI qui as mis cette chose, là? Mais il a servi?"
"Bien sûr que c'est moi qui l'ai mis! Qui ça pourrait être d'autre? Ta femme de ménage, Gianna?" Rires. "Et non il est neuf… il est tout frais sorti de son emballage. Comment serait-il possible de se servir de cette chose?"
C'est bien ce que je pensais.
Edward s'assit au bord de son lit, soulagé. Puis il sursauta en pensant à Bella qui était venue dans son lit. Mais il se rassit plus délicatement en passant sa main sur son visage.
"Tu es un putain d'âne, Em," souffla Edward avec un petit rire soulagé. "J'ai cogné contre ma table de chevet et j'ai entendu ce bourdonnement…"
"Ça marche? Il s'est déclenché? Vraiment? C'est hilarant! Je l'ai programmé espérant qu'il se mettrait en marche. Merde, vraiment?" Il se remit à rire une fois encore.
"Oh oui il s'est mis en marche, enfoiré. J'ai regardé dans le tiroir du haut en me demandant d'où provenait ce bruit puis dans le deuxième… Merde! Tu aurais dû me voir sursauter et m'entendre crier! C'est la chose la plus agressive que je pense jamais avoir vue!"
Plus de rires, suivis par "Oh merde Edward c'est impayable… J'espérai bien qu'il se mette en marche à un moment donné… Merde qu'est-ce que j'aurai aimé voir ta tête quand tu l'as trouvé!"
"Merde, Em… tu n'as pas la moindre idée de combien je suis soulagé de savoir que c'est toi qui l'a mis là!"
"Un prêté pour un rendu, Eddie! C'est pour quand tu as mis ces pinces à seins vibrantes dans mon lit quand tout le monde était chez moi pour mon anniversaire!"
Edward rit en se souvenant. "C'était très drôle pas vrai?"
"Ouais, NON! Tu as essayé de convaincre ma grand-mère de 78 ans que c'était des écouteurs?"
Edward commença à rigoler encore quand la voix d'Emmett se transforma en une voix de femme âgée. Il connaissait déjà l'histoire mais c'était drôle de revivre ce moment.
"Emmy, je viens de me mettre au lit et je viens de trouver ces petites choses. Je pense que tu les mets pour dormir. Qu'est-ce que c'est?"
"Comme si j'étais censé savoir que Nana McCarty passait la nuit et dormait dans ton lit? Je pensai t'aider à décourager cette fille un peu folle, Tia. Elle était bien décidée à t'épouser et tu avais trop peur d'elle pour essayer de la jeter. J'ai pensé qu'elle changerait d'avis si elle pensait qu'une autre fille avait oublié ces petites ventouses dans ton lit."
Edward éclata de rire à cette image. Il pouvait entendre Emmett rire à l'autre bout de la ligne.
"Bon je suppose que nous sommes quittes à présent," dit finalement Edward. "Je suis juste soulagé de savoir que c'est toi qui a mis cette… horreur … dans mon tiroir et que ce n'est pas…" Il se tut brusquement et ferma les yeux pour arrêter ce qu'il allait dire.
"Qui?"
"Peu importe."
"Qui?"
"Ça n'a pas d'importance!"
"Allez! Crache le morceau, Ed! De quoi tu parles? Qui croyais-tu que c'était?"
Edward savait qu'Emmett n'allait pas laisser tomber. Il ferait mieux de lui dire. Il pinça l'arête de son nez en parlant calmement comme si ça allait rendre cette conversation moins bizarre.
"J'ai, euh, j'ai pensé que c'était … Bella."
"PETITE SWAN?" hurla Emmett dans le téléphone.
"Ouais, je sais … c'est…"
"Putain, tu imagines cet énorme engin! Comment peux-tu penser ça d'elle?"
"Je sais…"
"Merde Edward, cet énorme toy pourrait même tuer une petite chose comme elle!"
"Je sais, j'ai juste…"
"Enfer, cette chose lui arriverait jusqu'à l'œsophage…"
"Arrête Emmett…"
"Ce serait comme baiser avec un putain de cheval!"
"Emmett! Putain tu vas la fermer! Je sais! Je n'ai pas besoin d'avoir ces images dans ma tête, merci!"
"Et pourquoi tu pensais que ça pouvait être elle alors?"
"Parce qu'elle est venue dans mon lit."
"Alors… quoi… tu dis qu'elle était dans ton lit, elle a vu ta bite et elle a pensé que tu étais monté comme un cheval, alors elle t'a acheté un vibro géant? Là franchement, tu te surestimes Edward…"
"Va te faire voir Emmett, je ne suis pas comme ça et non elle n'a rien vu du tout… je ne la connais quasiment pas. Je veux dire, elle a été dans mon lit … mais je n'y étais pas."
"Ça veut dire quoi ça, elle était dans ton lit et tu n'y étais pas?"
"Pendant que j'étais parti. L'autre soir je suppose. Ou la nuit d'avant? Je n'en sais rien."
Il y eut un silence complet à l'autre bout de la ligne.
"Hé Emmett écoute… Il faut que je te demande… sois honnête… Bella et toi vous avez… tu sais… l'autre soir…?"
"Mais ça va pas! Qu'est-ce que tu délires? Est-ce que tu t'entends? Je ne la connais même pas! Et je suis sûr et certain que je ne ferais pas ça dans ton lit. Merde… Tu es complètement malade Edward! Va te laver la bouche au savon rien que pour y avoir pensé!"
"Désolé… Je ne fais que réfléchir à voix haute pour essayer de comprendre tout ça. Elle a vu que tu mettais ça dans ma chambre?"
Emmett souffla. "Tu crois que je veux vraiment qu'une fille me voit mettre cet énorme engin dans la chambre d'un autre mec pour qu'elle pense que nous sommes tous les deux… Non attends… j'ai attendu qu'elle soit partie puis je suis retourné à la voiture pour aller le chercher. Mais attends… retour en arrière… Je ne suis plus… qu'est-ce qui t'a fait penser qu'elle a été dans ton lit pendant que tu étais absent? Tu suggères que des filles vont dans ton lit même quand tu n'es pas là…?"
"Non je voulais juste dire… Je peux sentir son odeur sur mon oreiller."
Il y eut un bref silence avant qu'Emmett réponde.
"C'est un peu effrayant. Tu veux dire l'odeur de son… excitation… ce genre d'odeur?"
Edward roula des yeux et se tapa le front.
"Non! Tu as vraiment les idées mal placées. Son shampoing. Je lui ai parlé aujourd'hui et j'ai senti cette odeur de fraise, je lui ai parlé de cette odeur que je sentais et elle m'a dit que c'était son shampoing. Ce soir quand je me suis mis au lit je pouvais sentir cette odeur à nouveau. Exactement la même chose. Sur mon oreiller."
"Bizarre," reconnut Emmett.
Ne m'en parle pas.
Edward acquiesça bien qu'Emmett ne puisse pas le voir. "Tu comprends? Je veux dire, elle était dans mon lit… sans y être invitée… c'est bizarre."
"Tu es bien sûr que ce n'est pas quelqu'un d'autre que tu sens, quelqu'un de la semaine dernière? Irina? Elle était chez toi samedi soir, pas vrai?"
"Non ce n'est pas elle, cette odeur est très légère. Irina a un parfum puissant on dirait qu'elle verse tout le flacon. En même temps Gianna a fait la lessive lundi après que je sois parti et c'est depuis."
"Peut-être que Gianna a changé de lessive ou d'assouplissant?"
"Non je viens de tout racheter la semaine dernière… elle utilise toujours les même produits."
Ils restèrent silencieux pendant un moment. Soudain une idée traversa la tête d'Emmett.
"Tu penses qu'elle est venue avec un gars dans ton lit?"
Edward bondit de son lit comme s'il était en feu. Cette idée ne lui était même pas venue à l'esprit.
"Oh c'est dégoûtant! Je n'ai même pas pensé à ça!" Il regarda son lit avec dégoût.
"Regardes-y de près, il doit y avoir des poils, " dit Emmett tranquillement. "Je déteste dire ça mais tu dois le faire."
"Putain non! Je dors sur le canapé cette nuit!"
"Regarde, ça suffira, d'abord les oreillers et ensuite tire les couvertures et vérifie l'intérieur.
Edward le fit, il regarda d'abord son côté du lit là où était l'oreiller parfumé à la fraise, puis de l'autre côté en grimaçant.
"Alors?" demanda la voix d'Emmett.
"Non pas de poils. Absolument rien. Dieu merci!"
"C'est une bonne chose alors. Je suis diablement sûr que tu ne voudrais pas trouver des poils de pubis d'un autre gars dans ton lit!"
Edward en vomit presque de dégoût.
"Ouais tu as raison," dit-il enfin, espérant qu'Emmett allait garder ses pensées pour lui.
"Sens l'autre oreiller pour voir s'il sent comme l'autre," suggéra Emmett et il attendit.
Edward se pencha, se rapprochant de l'autre oreiller à la recherche d'une odeur.
"Non ça sent le frais, comme l'assouplissant."
"Alors elle devait être seule."
"Oui c'est bien ce qu'il me semble."
Emmett resta silencieux, probablement en train de réfléchir. Edward resserra la prise de son téléphone contre son oreille. Quelque chose commençait à émerger mais l'idée n'apparaissait pas encore clairement. Puis tout d'un coup ça le frappa. Il se remit à penser à toute la conversation qu'il avait eue avec Bella tout à l'heure… ses larmes à propos du remplacement de sa casquette, les mots qu'elle lui avait dits sur elle-même et ce qu'il avait pensé.
"Comment allait-elle l'autre soir quand vous étiez là?" demanda-t-il finalement.
"Qui petite Swan?"
"Non idiot, Gianna." Edward roula des yeux encore. "Bien sûr que je te parle de petite Swan! Je veux dire… Bella. Comment elle t'a paru?"
"Elle était très gentille. Elle est un peu timide ou réservée mais elle est gentille… genre la gentille fille d'à côté. Ou plutôt la fille de l'autre côté de la rue, dans ton cas."
"Elle n'avait pas l'air en colère?"
"Non."
"Et a-t-elle parlé de son copain, Jake?"
"Non pourquoi?"
Edward ne répondit rien parce qu'il réfléchissait un moment pour savoir quelle serait la question suivante.
"A quelle heure est-elle partie?"
"Vers dix-neuf heures peut-être. Elle a dit qu'elle rentrait pour préparer à manger. Elle n'a rien dit du genre 'nous ' préparer à manger ou 'préparer à manger pour mon copain et moi', rien du tout. Et elle est allée vers la porte puis elle est partie."
"Et tu n'as vu personne d'autre près de chez elle? Un grand gars costaud bronzé avec des cheveux noirs?"
"Non pas âme qui vive. Et pas de voiture dehors non plus. Pourquoi à quoi tu penses?"
"Je ne sais pas trop… Peut-être qu'ils se sont disputés ou quelque chose. Juste une impression que j'aie eue quand je lui ai parlé tout à l'heure. Elle était énervée pour une raison quelconque."
Edward n'allait pas mentionner le fait qu'il l'avait faite pleurer. Il n'allait pas parler de la casquette Asshole qu'il avait remplacée. Pas plus que de ce désastreux premier jour quand elle était arrivée et qu'il avait été un abruti fini, réagissant trop, simplement parce que son camion faisait un boucan infernal.
"Et pourquoi tu ne lui as pas demandé qu'est-ce qui n'allait pas?" se demanda Emmett puisque Edward ne disait plus rien.
"Non… je n'ai pas pris le temps. Elle est rentrée brusquement, elle était assez énervée."
"Tu penses qu'ils se sont disputés après que je sois parti de chez toi? Tu penses qu'elle a dû partir de chez elle et qu'elle est allée chez toi?"
"C'est ce que je me demande."
"Pauvre petite Swan… énervée… avec personne vers qui se tourner."
"Ça y ressemble pas vrai?"
"Tu aurais dû la réconforter?"
"Je ne sais pas…. Je n'ai pas décidé. Si elle est dans une mauvaise passe je déteste rendre les chose encore pires."
"Elle a peut-être simplement besoin d'avoir des amis."
"Ouais." Edward passa sa main dans ses cheveux. Toute cette situation le déconcertait.
"Ecoute Emm je dois te laisser. Il faut que je dorme. Est-ce que tu veux que je te ramène ton énorme machin?"
"Non tu peux le garder."
"Ouais merci."
Emmett rit. "C'est à ça que servent les amis! Bon et bien bonne chance avec cette petite Swan. C'est un mystère… Boucle d'or? Elle s'est assise sur ton canapé, elle a dormi dans ton lit, je parie qu'elle a même gouté à ton porridge aussi."
Edward rigola. " Oui peut-être qu'il m'en manque."
"C'est quoi d'abord du porridge?"
"Je n'en sais rien et honnêtement je m'en fous."
"Je vais aller chercher sur gOogLe."
"Fais donc ça, Emmett bonne nuit."
"A plus tard mec."
Edward reposa son téléphone sur la table de chevet et ensuite ouvrit le tiroir du bas. Le vibromasseur fredonnait encore joyeusement et se tortillait. Il l'attrapa, vaguement dégoûté de le tenir et l'éteignit. Il le laissa tomber dans le tiroir en décidant qu'il s'occuperait de ça demain. Il n'allait certainement pas le garder. Peut-être qu'il le ramènerait chez Emmett dans l'avenir. C'était une idée…
Il regarda son lit à nouveau un moment et alla vers sa commode, il attrapa un t-shirt pour mettre avec son pantalon de pyjama. Il était presque sûr qu'aucun gars étrange ne s'était couché dans son lit mais il ne voulait pas prendre de risque.
Il s'approcha de son lit, prit l'oreiller et le retourna. Ensuite il rabattit la couette, grimpa dans le lit et éteignit la lumière. Il se coucha la tête sur l'oreille sentant l'odeur fraiche de la lessive. Après quelques instants il se rassit et remit l'oreiller de l'autre côté.
Ouais.
Ça sent bon la fraise.
Pendant les quelques minutes suivantes il resta là à réfléchir, essayant de décider comment gérer toute cette chose 'invitée surprise' dans mon lit. Il décida d'aller de l'autre côté de la rue, demain matin, sous prétexte d'emprunter quelque chose, des œufs ou du lait, une clé à molette selon qui répondrait à la porte. Il pourrait peut-être se rendre compte de la situation entre eux deux et avoir une idée de ce que diable il s'était passé pendant qu'il était absent de chez lui.
Et sur cette décision il s'endormit.
Il tomba dans un sommeil assez profond. Et quand il se réveilla le lendemain matin il se rendit compte qu'il avait bien mieux dormi que les deux nuits précédentes. Il se rendit compte qu'il serrait son oreiller. Il ouvrit les yeux et fut content de constater qu'il était seul et qu'il avait câliné son oreiller comme un jouet en peluche.
Qu'est-ce que c'est que ça encore?
Il se rappela des fragments d'un rêve. Le même qu'avant seulement ça allait mieux et il ne se sentait plus aussi mal.
C'était toujours la même forêt noire et épaisse, toujours le même fouillis de branches dont il essayait de s'extirper. Cette fois la forêt s'était un peu éclaircie. Il s'était dirigé vers une tache lumineuse plus claire au loin, se rapprochant de plus en plus de la lisière de la forêt. Le soleil brillait là-bas dans cette zone plus ouverte. Il s'arrêta et regarda la prairie devant lui. Mais il avait peur de s'avancer dans cette zone à découvert, préférant suivre la ligne des arbres. La prairie était recouverte d'herbe et de petites plantes vert sombre. Ces plantes avaient de petites fleurs blanches, les seules fleurs dans la prairie et de ci de là étaient disséminés des points de couleur…un vibrant et brillant rouge. Il respira et attrapa dans l'air chaud cette odeur qu'il reconnut instantanément…
Les fraises des bois…
Je suis en train de perdre la tête.
Au moins tu n'es pas en train de traverser la praire au ralenti.
Edward repoussa son oreiller sur le côté et se leva. Il passa à la salle de bain et attrapa un short et un tee-shirt, des chaussettes et des chaussures pour aller courir, il en avait bien besoin.
Courir l'avait toujours aidé à se vider la tête. Et il en avait extrêmement besoin en ce moment après cette débâcle avec Kate, la réalisation qu'il vivait comme un âne, ce rêve récurrent, Bella bouleversée et sa casquette puis la découverte qu'elle avait été dans son lit. Et par-dessus tout il était supposé sortir avec Tanya demain soir et il n'en avait plus vraiment envie.
Tanya Denaliskya… la sœur d'Irina.
Tu sors avec des sœurs, Cullen.
Ce n'est pas comme si ça avait une importance… crétin.
En sortant de sa chambre il récupéra le téléphone et vit qu'il avait un texto qu'Emmett qu'il avait envoyé hier soir.
Tu ferais bien de vérifier tes stocks!
Le porridge c'est des flocons d'avoine! Mdr!
En passant il jeta un coup d'œil dans la rue. Pas de voiture ni de camion dans l'allée mais ils pouvaient être dans le garage. Il sortit. Il ne courrait pas très longtemps et s'arrêterait en revenant, là il était encore trop tôt.
Mais quand il revint après une course de cinq kilomètres, il n'y avait personne ni dans la maison, ni dans la rue. Ni Jake ni Bella ne répondirent. Et ses questions restèrent sans réponse. Le mystère resta un mystère. Il ne pouvait plus s'y attarder, il avait du travail et quelques courses à faire.
ooo O ooo
Lorsque Bella se réveilla le mardi matin, elle se doucha, se sécha les cheveux et s'habilla. Aujourd'hui elle commençait son nouveau travail, avec des réunions, des choses à organiser mais elle savait que c'était important de paraître professionnelle. Elle enfila sa nouvelle jupe kaki et un chemisier bleu marine et finit son look avec des sandales à lanières à talons bas et un cardigan crème. Rien qui n'en révèle trop, mignon mais pas trop jeune. Elle se regarda dans le miroir et décida que oui, elle ressemblait bien à une enseignante.
Elle prit une tasse de café rapidement, alluma son ordinateur et vérifia ses commentaires sur le chapitre qu'elle avait posté. C'était une façon amusante et excitante de commencer sa journée. Le premier était d'une nouvelle lectrice, de toute évidence une grande fan de Pat Robinson. Ça la fit pouffer de rire.
Commentaire de : Iloveethan
Message : J'aime bien les antécédents de Stella… lectrice et imaginer des histoires avec des personnages qu'elle a connu dans les livres… maintenant prof d'anglais et aspirante écrivain. J'ai adoré l'histoire du pantalon en soie qui ne laisse rien à l'imagination. Pourquoi P-Robs n'en a-t-il jamais essayé – pour nous? Et le porte-casquette improvisé … et bien nous savons maintenant que c'est Ethan qui a la bite mais Stella a les couilles! LOL merci pour l'avoir écrit!
Le deuxième commentaire était plus court mais Bella reconnut le pseudonyme. C'était quelqu'un qui n'avait commenté qu'une fois à la fin de Au-delà des collines si vertes, qui avait sûrement attendu que l'histoire soit finie pour la lire. Peut-être que Stargazer91 commenterait plus souvent à présent même si l'histoire était en cours. Elle alla voir le profil de Stargazer91 mais il n'y avait aucune information personnelle. Ce n'était pas bien parce que le commentaire l'intriguait.
Commentaire de Stagazer91
Message : Quelle première impression! Pauvre petite Stelly… la nouvelle voisine sait comment faire son entrée! Et Ethan… ce mec a de sérieux problèmes : pyjama noir en soie? Le salut de l'érection? Pétant un câble parce qu'il est enfermé dehors, mdr
La casquette Asshole sur la queue d'un abruti, classique, petite Stelly! Mdr il me tarde de lire la suite. Merci!
Malheureusement Bella n'avait pas le temps de lire les autres commentaires ou d'y répondre. Il fallait qu'elle parte vraiment travailler. Elle prit son sac, son ordinateur et deux sacs de fournitures pour sa classe, les amena dans son camion et partit pour son premier jour de travail un peu après sept heures.
Le parking de Fawkes High School avait beaucoup de places vides quand Bella arriva aux alentours de sept heures trente mais des voitures arrivaient régulièrement. Elle se gara à côté d'une Porsche jaune et attrapa ses affaires, s'extirpa de son camion et le verrouilla. Elle se dirigeait vers le bâtiment principal quand elle entendit une voix qui l'appelait derrière elle.
"Bonjour!"
Elle se tourna et vit un jeune homme dégingandé aux cheveux noirs qui essayait de la rattraper. Il venait de quitter sa Toyota Prius verte et la fermait par-dessus son épaule avec la télécommande.
"Bonjour," répondit Bella en s'arrêtant pour l'attendre. Elle serra son ordinateur portable pour l'empêcher de glisser.
"Tu dois être une de nos nouvelles enseignantes. Besoin d'aide?" demanda-t-il en montrant le sac de Bella dont la lanière était en train de glisser sur son coude.
"Oui merci." Elle lui tendit un des sacs et réajusta les autres. "Je suis nouvelle. Je suis Isabella Swan, j'enseigne l'anglais aux Freshman et aux Sophomore.*"
"Ravi de te rencontrer Isabella. Je suis Eric, Eric Yorkie j'enseigne l'anglais aussi. Et j'ai les Sophomore aussi et j'enseigne le journalisme… tu sais, le journal de l'école. Je suis les yeux et les oreilles de l'établissement…" Il sourit fièrement. "Je devrais probablement t'avertir, nous allons faire un article de fond sur nos nouveaux enseignants pour les présenter aux élèves."
Oh génial.
Bella hocha la tête poliment mais se sentit un peu dépassée alors qu'ils approchaient de l'accueil. Une petite jeune femme aux cheveux bouclés ouvrit à Eric tout en regardant Bella avec curiosité.
"Et voilà c'est reparti!" déclara-t-elle avec un sourire éclatant. "Comment s'est passé ton été Eric?"
"Oh tu sais, l'été est toujours trop court. Bonjour Jess, voilà Isabella Swan, elle remplace Victor Mason en anglais. Et Isabella voici Jessica Stanley, elle enseigne l'espagnol."
"Ravie de te rencontrer," dit Bella en souriant à la pétillante jeune femme tandis qu'ils rentraient dans le bureau.
Eric ouvrait la marche et se dirigea vers la secrétaire du principal, c'était une ruche, tous les professeurs devaient passer par là pour récupérer leurs clés et signer le registre de présence.
"Bonjour Shelly!" dit Eric à la femme la plus âgée derrière le bureau. "J'ai ramené une nouvelle depuis le parking." Sa tête se tourna vers Bella. Elle les regarda tous les deux à travers ses lunettes double foyer.
"Oh oui!" sourit-elle. "Bonjour Isabella. On s'est vues cet été quand vous êtes venue… Shelly Cope si vous avez oublié. Laissez-moi vous donner les clés pendant que vous signez. Peu importe les problèmes que vous rencontrerez, sachez que je serai comme … une mère poule."
Bella sourit et la remercia puis elle suivit le flot des enseignants vers la salle des professeurs. Le principal Greene se tenait à l'entrée de la salle saluant toute personne qui entrait là.
Il y avait une vingtaine de tables rondes dans la pièce. Les enseignants étaient debout ou assis, par groupe à bavarder de leurs étés. Au fond de la pièce il y avait une longue table avec des petits déjeuners. Jessica était à côté de Bella, lui expliquant qui était assis et ce qu'ils enseignaient, il n'y avait pas de table désignée pour chacun, c'était la force de l'habitude en quelque sorte.
"Tu peux t'asseoir avec les autres enseignants d'anglais mais tu n'es pas obligée. On rencontrera les autres profs plus tard de toute façon. En général les jeunes enseignants s'asseyent ensemble. Peut-être que tu devrais venir avec nous pour en rencontrer d'autres de ton âge?" Son expression était amicale et pleine d'espoir.
"Bien sûr ce serait génial," répondit-elle. "J'aimerai bien savoir qui fait quoi?"
"Eh bien je peux te présenter et te raconter les histoires les plus intéressantes." Jessica fit un grand sourire connaisseur. Bella décida de ne jamais avoir d'histoire que Jessica puisse raconter à quelqu'un d'autre.
Elles se dirigèrent vers la table près des fenêtres. Plusieurs places étaient déjà prises au vu des affaires qui avaient été déposées dessus. Eric parlait à un autre jeune homme aux cheveux noirs qui venait de les rejoindre. Bella posa ses affaires sur une chaise inoccupée. Et Eric lui tendit le sac qu'il tenait toujours, il fit les présentations.
"Isabella Swan, Jessica Stanley voilà Tyler Crowley. Il remplace Bob Banner pour les sciences."
"Oh mon dieu, pauvre chose!" Le visage de Jessica prit une expression de pitié.
Tyler et Bella froncèrent les sourcils en entendant les explications d'Eric.
"M. Banner avait pour habitude de donner un oignon comme récompense au binôme qui réussissait les TP. Il gardait toujours un sac d'oignons sous son bureau et ensuite il les peignait en doré. Visiblement il en a laissé avant de partir et personne ne les a trouvé avant la moitié des vacances…"
Tyler donna soudain l'impression d'avoir peur.
"Ouais, " continua Eric, "Tu devras faire quelque chose pour chasser toutes ces mauvaises odeurs..."
"S'il vous plaît dites-moi qu'il ne s'est rien passé de bizarre dans ma classe!" dit Bella en regardant d'Eric à Jessica.
"Oh tu n'as pas à t'inquiéter d'odeurs bizarres," rigola Eric. "Mais ce sera intéressant de voir ce qu'a laissé M. Mason. J'ai entendu des rumeurs disant que quand il était parti en direction de la Californie du sud pour sa retraite, il avait jeté des choses par la vitre de sa portière en conduisant. Visiblement il y en avait sur plusieurs kilomètres et il aurait eu une contravention à cause de ça."
Bella ne savait pas vraiment quoi faire de ce genre d'informations.
"Pourquoi quelqu'un ferait-il cela?" demanda Tyler.
Jessica rigola tandis qu'Eric expliquait. "Visiblement il avait cru prendre sa retraite plus tôt mais pour des raisons financières il a été contraint de rester. Les élèves vont être tellement heureux de te voir Bella."
"Wouah," murmura Bella. "C'est un peu effrayant. Tu es sûrement bien informé Eric."
"Je te l'ai dit… je suis les yeux et les oreilles de l'établissement."
Ensuite ils se dirigèrent vers la table où étaient disposés des rafraichissements.
Une jeune femme qui portait des chaussures de sport, un pantalon de yoga blanc avec un sweat-shirt assorti attendait face à Bella. Ses cheveux blonds étaient attachés en une queue de cheval. Elle regarda par-dessus son épaule et remarqua Bella. Elle avait des yeux bleu foncé, presque violets. La grande blonde ressemblait à un mannequin et semblait un peu hautaine.
"Bonjour," dit-elle à Bella mais elle se détourna si vite que Bella n'eut pas le temps de répondre.
OOO-Kay. Je ne dois pas être assez bien pour elle.
Mais l'instant d'après Bella se rendit compte que la blonde essayait d'attirer l'attention d'une petite brune de l'autre côté. La blonde tira sur la manche de la robe vert émeraude que la fille portait. Elle parlait avec animation à un gars châtain clair. Il était jeune et était en tenue de sport, chaussures, polo blanc avec le logo de l'établissement brodé sur la poche de la poitrine.
"Al! Ici il y a une nouvelle!" La blonde se retourna enfin vers Bella. Elle semblait encore un peu indécise mais la jeune fille aux cheveux noirs regarda derrière elle et fit un magnifique sourire à Bella.
"Salut bienvenue à Fawkes! Je suis Alice Brandon." Elle tendit sa main à Bella. Elle était vive et complètement à l'opposé de l'attitude un peu guindée de la blonde et Bella ne put s'empêcher de lui sourire.
"Salut, je suis Isabella Swan. Je suis nouvelle enseignante en anglais."
"Et moi c'est Rosalie Hale," dit la blonde paraissant tout d'un coup plus amicale en offrant sa main à Bella. "J'enseigne l'éducation physique. Et Alice le français, elle enseigne aux quatre niveaux et dans les classes avancées."
"Et voilà le coach Newton," dit Alice en pointant son doigt derrière elle, montrant le gars athlétique qui les regardait avec intérêt. Il fit un signe de la main à Bella et la dévisagea de la tête aux pieds.
"Salut! Je suis Mike Newton, entraineur de football et de baseball et tout le reste comme Rosalie."
Le groupe avançait lentement, prenant au passage des assiettes en papier et des serviettes, remplissant des verres de café, ajoutant de la crème et du sucre, choisissant des fruits et des viennoiseries.
Quand Bella retourna à la table, elle retrouva deux des enseignants en anglais qui l'avaient reçue cet été, Dave Berty et Darleen Benjamin. Ils semblaient être à la fin de la quarantaine et étaient assis avec des enseignants plus âgés.
"Je pense qu'ils ont une liaison," dit la voix de Jessica à l'oreille de Bella. Elle lui fit signe en direction des deux enseignants. Bella roula des yeux sans que Jessica la voie. Ouais il fallait définitivement qu'elle garde sa vie privée pour elle.
Les affaires sur la table qu'elle avait remarquées en arrivant appartenaient à Alice, Rosalie et Mike. Et il ne restait plus qu'une seule place une fois qu'Eric, Tyler, Bella et Jessica se furent installés.
Le principal Greene monta sur la petite estrade. Il était huit heures quarante-cinq et la réunion allait commencer. Bella entendit une nouvelle voix derrière elle. Une voix trainante et douce.
"Il reste une place pour moi par ici?"
Bella se retourna et vit un autre enseignant, il s'adressait à elle puisque la place vide était entre Alice et elle. Il avait les cheveux courts, ondulés, châtain clair et des yeux bruns.
Pendant un instant Bella ne fut pas sûre de ce qu'il fallait qu'elle fasse. Elle semblait incapable de parler. Elle ne savait pas si le petit groupe était complet ou en attente d'une autre personne habituelle. Elle jeta un regard à la chaise vide puis à Alice qui avait l'air complètement perdue et Bella remarqua qu'elle enfonçait profondément ses ongles manucurés dans la cuisse de Rosalie.
"Bien sûr, prends la place," dit Bella, en poussant la chaise. Il prit la place et déposa ses affaires, Bella le regarda puis regarda Alice et enfin Rosalie cherchant de l'aide. Les yeux de Rosalie clignotèrent de compréhension.
"Alors tu es nouveau aussi," observa Rosalie enlevant doucement et discrètement les ongles d'Alice de sa cuisse.
"Oui madame," répondit-il. "Jasper Whitlock, sciences sociales et vous êtes…?" Il se pencha vers Rosalie et tendit la main pour serrer la sienne.
"Rosalie Hale, éducation physique et Alice Brandon, français."
"Est-ce Madame ou Mademoiselle?" demanda-t-il d'une voix trainante et douce, un sourire timide s'étalant sur son visage.
"Oui," souffla Alice ses yeux étincelaient.
Rosalie s'éclaircit la voix, essayant de sortir son amie de son trouble.
"C'est mademoiselle pour le moment mais ça devient Madame pour que les élèves soient plus respectueux. Sans cette appellation elle ressemblerait plutôt à une élève qu'à…"
Alice arriva enfin à s'extirper de son état et souffla.
"Merci Rose nous ne pouvons pas toutes être des amazones." Alice se retourna vers le nouvel arrivant. "Jasper c'est vraiment agréable de te connaitre et tu peux m'appeler Alice."
Tout le monde se présenta autour de la table alors que la réunion commençait.
Le principal Greene salua tout le monde et présenta les nouveaux membres du personnel, énuméra les procédures générales, les annonces concernant le calendrier ainsi que les événements sportifs. Après deux heures d'informations générales, la réunion générale se transforma en réunion par matière enseignée.
Bella passa le reste de la matinée avec ses collègues enseignant l'anglais, pour parler pédagogie et trouver des idées. On lui montra où se trouvaient toutes les choses dont elle aurait besoin et elle discuta avec les autres professeurs pour coordonner leurs leçons.
A l'heure du déjeuner elle était prête pour une pause. Toutes ces informations l'envahissaient et elle avait faim. Le déjeuner était fourni par les associations - parents d'élèves, enseignants … - et était servi dans la salle des professeurs. Bella se rassit avec le même groupe à la même table, écoutant plus qu'elle ne parlait.
A moment donné ils se mirent à parler de leur été. Jessica était allée au Texas, à Austin pendant quelques semaines. Jasper également pour un séjour en famille à Houston. Mike Newton avait aidé l'entraineur de l'équipe de football et avait travaillé les soirs et les week-ends au magasin d'articles sportifs de ses parents. Tyler était allé camper au nord de la Californie avec des amis. Rosalie et Alice étaient rentrées hier d'un voyage de deux semaines à Hawaï. Eric avait donné des cours d'été - c'est pour cela qu'il connaissait tous les ragots. Bella expliqua qu'elle avait préparé son déménagement pour venir à Seattle et qu'elle était arrivée samedi.
Ensuite les enseignants furent libres d'aller travailler dans leur salle de cours de treize à quinze heures. Bella partit avec Eric, Alice et Jessica vers le bâtiment des langues - anglais, français, espagnol. La classe de Jessica était au premier. Celle d'Eric était au bout du couloir en rez de chaussée. Bella et Alice étaient à côté, Bella salle 108 et Alice salle 109 juste de l'autre côté du couloir.
Alice disparut dans sa classe alors que Bella cherchait la clé. Elle entra, laissant la porte ouverte et alluma les lumières. Il y avait le bureau du professeur, deux classeurs de rangement, une armoire et ordinateur ainsi que les bureaux des élèves. Mais les murs étaient complètements nus. Victor Mason n'avait rien laissé derrière lui.
Il a tout pris?
Il n'a pas laissé une seule affiche?
D'accord… restons positive…
Ça ne pue pas l'oignon.
Et tu n'as pas encore regardé dans les classeurs ou le bureau.
Bella déposa ses affaires sur le bureau, l'ouvrit, regarda dans les tiroirs. Tout était vide. Bon, il restait un trombone dans le tiroir du bas mais à part ça rien.
Dans l'armoire il y avait des copies d'anciens manuels, des livres de lectures, des dictionnaires mais rien à afficher sur les murs. Dans les meubles de classement il y avait des documents mais c'était tout en vrac.
Les fournitures n'étaient pas un problème, elles étaient données par l'école. Mais elle aurait à acheter toutes les autres choses qui rendraient ses cours plus intéressants et lui rendrait la vie plus facile, comme des affiches, des organiseurs de tiroirs, des pots pour mettre les crayons, etc etc, sûrement les choses que Victor Mason avait envoyées valser par la vitre de sa voiture alors qu'il partit pour sa retraite.
Bella était contente d'avoir amené son ordinateur portable. L'ordinateur n'avait pas été installé, le technicien le ferait demain. Elle ouvrit son ordinateur et le fit démarrer. Puis elle rapprocha un bureau d'élève et commença à trier la pagaille dans les classeurs.
Elle avait été occupée pendant un certain temps quand il y eut un coup contre sa porte et elle se retourna pour voir Alice Brandon debout dans l'embrasure.
"Je venais voir… comment ça va Isabella?" Elle sourit mais son sourire s'effaça quand elle entra dans la salle et regarda dedans.
"Je suppose qu'il va falloir qu'on aille acheter des choses," dit Bella alors qu'Alice passait en revue les murs nus.
"Bon sang Victor n'a rien laissé?" Alice paraissait choquée. "Pourquoi n'a-t-il rien laissé? Il partait à la retraite!" Elle était indignée.
Bella secoua la tête se sentant mieux de voir qu'elle n'était pas la seule à être surprise. Elle se tourna vers son rangement et répondit.
"Peut-être qu'il voulait garder des souvenirs? Ou peut-être qu'il avait prévu de tout donner à quelqu'un d'autre?"
Alice alla près de Bella qui était assise en train de trier les fiches en vrac.
"Au moins il t'a laissé quelques choses là-dedans. Ces documents sont aussi conservés dans les dossiers du bureau du bâtiment ainsi tu peux faire tes copies de ce que tu veux. Je suis sûre qu'Eric Yorkie t'aidera aussi."
Bella hocha la tête. "Je sais mais je ne m'attendais à un tel désordre. Je ne laisserai jamais les choses dans cet état pour mon successeur."
Alice en convint.
Bella sortit une autre liasse de papier qui se répandit à moitié par terre. Elle se pencha pour ramasser et il y eut un autre coup à la porte.
"Hey tu m'as trouvée!" dit Alice vivement. "Ooooh c'est pour moi?" Sa voix se transforma en un cri excité tandis qu'elle quittait Bella pour se diriger vers la porte.
Bella se redressa et regarda par-dessus son épaule, bouche ouverte, prête à tomber en état de choc.
Juste sur le seuil tenant une réplique de la tour Eiffel, se tenait Edward Cullen.
…
*Aux Etats-Unis 'le lycée' compte quatre ans, les Freshman sont les premières années et ont 14 ans en moyenne et les Sophomore sont les deuxièmes années et ont 15 ans. Ensuite viennent les Junior puis les Senior.
