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… CHAPITRE 15…
Encore plus dans le noir …
Ça avait été un jour étrange pour Edward, rempli de surprises, de révélation et de réalisation. Ajouté à cela la panne d'électricité et l'invitation impromptue à un dîner aux chandelles, ça devenait encore plus étrange.
ooo O ooo
Après avoir couru ce matin et n'avoir trouvé ni Jake ni Bella chez eux, il était rentré chez lui pour se doucher et s'habiller. Il avait plusieurs choses à faire bien qu'il ne soit pas censé être rentré de Chicago hier.
La sœur d'Edward, Alice, était rentrée hier de deux semaines de vacances à Hawaï avec Rosalie Hale, une amie du travail, qu'elle connaissait depuis l'année dernière. Alice était à l'école Fawkes aujourd'hui où elle travaillait et Edward avait quelque chose pour sa salle de cours, un souvenir que ses parents lui avaient ramené de Paris. Il lui envoya un petit texto pour savoir quand est-ce il pouvait passer.
Hey Pix : j'ai quelque chose pour toi
De papa et maman. De leur voyage. Puis-je passer
Dans la journée ou demain?
Il venait juste de sortir la vanquish du garage quand il sentit la vibration de son téléphone dans sa poche de pantalon. Il le sortit et regarda l'écran. C'était la réponse d'Alice.
Aloha et bonjour! Tu peux venir
cet a m ou demain a m. Demain matin j'ai des réunions…
Qu'est-ce que tu m'amènes?
Edward sourit et envoya un texto rapide avant de partir.
Je passerai cet a. m. Mam et Pa ont rapporté
un vieil homme prénommé Pierre.
Ils ont pensé que ça ferait bien dans ta classe.
Quand il arriva à la grille, il sentit son téléphone vibrer à nouveau et regarda le message en rigolant.
Hahaha. C'est malin. A plus
Le premier arrêt d'Edward ce matin était à la banque. Quelques fonds venant de Chicago avaient été transférés sur les comptes de Seattle mais Edward avait un compte séparé qu'il devait gérer.
Alice, bénie soit-elle, dépensait sans retenue. Elle était une fashion victime et une obsédée. L'argent glissait entre ses mains presqu'aussi vite qu'elle le gagnait. S'il n'y avait pas de mesures restrictives, sa maison toute entière serait décorée par cet hideux et hors de prix plaid burberry ou autre chose et elle serait fauchée.
Après la banque, Edward fit un deuxième arrêt dans la société indépendante géré par son ami James Sully. James et Edward étaient copropriétaires de la maison d'édition Stellar mais Edward était un partenaire silencieux qui avait aidé financièrement au lancement de la société. Edward et James se connaissaient depuis l'école secondaire et étaient restés en contact au cours des années. James - comme Edward - avait été très brillant, quelque peu ringard et maladroit. Et comme Edward il s'était complètement métamorphosé pendant son séjour à l'université.
La longue tignasse de cheveux souvent sales qu'il avait portée en queue de cheval, s'était maintenant raccourcie, ce qui attirait l'attention des femmes sur ses yeux bleus lumineux. Les femmes étaient attirées par ses yeux et son sourire canaille quand ils n'étaient pas occupés à admirer son corps mince et musclé. Et il était devenu joueur dans la dernière décennie. Ils se rendaient tous les deux 'à la chasse' épisodiquement le vendredi ou le samedi soir, à la recherche d'un bon moment et d'un peu d'action. C'est ce qu'ils avaient d'ailleurs fait le week-end précédent lorsqu'Edward avait levé Victoria-Tori-pas Vicki.
Aujourd'hui Edward passait par Stellar pour déposer un manuscrit à James. Il avait réussi à le voir pendant une accalmie et ils étaient sortis pour déjeuner ensemble. En partageant des sandwiches et des thés glacés dans un bar sportif local, Edward s'assit et l'écouta raconter ses derniers exploits. Edward n'avait rien à offrir, après sa prise de conscience post-Kate et ses remords inquiétants des jours précédents. Il se sentit mal à l'aise en écoutant James. Il ne voulait vraiment pas l'entendre et ne voulait plus être ce gars non plus. Il éluda les questions sur son propre week-end et se pressa de terminer son repas.
Le déjeuner fini, ils se dirent au revoir et Edward savait qu'il devait appeler Tanya Denaliskaya et annuler leurs projets pour la soirée. Il sentait qu'il ne pourrait pas aller jusqu'au bout.
Quand il l'appela, elle ne répondit pas. Il se détesta de se sentit soulagé d'avoir évité cette conversation mais c'était sans doute moins grossier de cette façon. Il laissa un message en disant que quelque chose était arrivé et qu'il espérait qu'il était assez tôt dans la journée pour qu'elle puisse faire d'autres projets. Il ne lui dit pas qu'il la rappellerait, ce qu'il ne voyait pas vraiment arriver mais il ne voulait pas qu'elle se sente méprisée. Ce serait cruel de dire à quelqu'un qu'il ne vous intéresse plus, il préféra rester vague plutôt que de lui faire du mal. Ce n'était pas elle le problème après tout… c'était lui.
En fait il se sentit plus serein en partant vers l'école secondaire Fawkes, légèrement plus serein. Il savait que s'il n'avait pas eu ce comportement de connard, il n'aurait pas besoin de passer de coup de fil de ce genre à présent.
En arrivant à Fawkes Edward sortit la tour Eiffel de son coffre et se dirigea vers le bâtiment des langues. Il était déjà venu et il connaissait le chemin. Comme il entrait dans le bâtiment et se dirigeait vers la classe d'Alice, il entendit des voix et alla directement vers là.
Il frappa sur l'encadrement de la porte ouverte et vit Alice en train de parler à un enseignant qui lui tournait le dos et était juste derrière Alice qui était assise au bureau d'un élève et regardait dans un classeur de rangement. Alice leva les yeux quand elle entendit frapper.
"Hey tu m'as trouvée!" dit-elle bruyamment. "Ooooh! C'est pour moi?" Sa voix monta dans les aigus quand elle vit la réplique de la tour Eiffel dans les mains d'Edward et elle courut pratiquement vers lui, toute excitée.
Il hocha la tête en réponse à sa question et en souriant à sa jeune sœur. Elle s'excitait très vite pour la moindre chose. Quelquefois on aurait dit une enfant.
La tour était plutôt encombrante et Edward la changea de côté. Il y eut un bruit dans la pièce… des papiers qui glissent et un juron puis un bruit sourd sur le sol. La tête d'Edward se tourna à ce bruit.
Et là … il y avait Bella Swan.
Bella?
Ici?
Dans une classe de Fawkes?
Discutant avec sa sœur?
C'est quoi ce bordel?
"Bella?"
C'était vraiment la chose la plus stupide à demander. Bien sûr que c'était elle. C'était évident. N'importe qui pouvait dire que c'était Bella et son petit corps tout en courbes, ses longs cheveux souples châtains, ses yeux bruns expressifs et son teint de porcelaine. Mais c'était juste surprenant… inattendu… de la voir ici. Complètement surréaliste. Complètement différente de la voisine qu'il connaissait, jolie avec son chemisier bleu foncée et sa jupe fauve. Elle avait été en quelque sorte transportée ici. Pour venir à Fawkes. Où sa sœur enseignait. Et elle lui parlait. Et Edward réalisa que ses pensées tournaient en rond dans sa tête comme des poulets sans tête. S'il fallait qu'il se mette à parler, il allait bafouiller donc c'était une bonne chose que sa bouche reste fermée… Mais elle était grande ouverte et il devait ressembler à un merlan frit.
Merde. Je dois ressembler à un parfait imbécile.
"Edward?" demanda Bella. Elle était, évidemment, toute aussi surprise que lui à en juger la lueur rose qui se répandit sur son visage et son cou et disparut sous son joli chemisier bleu. Elle fit quelques pas hésitants dans sa direction.
Bon ça me parait évident que je ne suis pas le seul surpris.
Bien que je ne rougisse pas.
Pourquoi elle rougit?
Et jusqu'où arrive ce rougissement?
Fais attention à tes pensées, petit pervers.
"Bella?" fit la voix déroutée d'Alice quelque part à proximité et Edward se rappela tout à coup que sa sœur était ici aussi.
Oh l'enfer… Alice.
"Bella." Elle hocha la tête en réponse à la question d'Alice avant de rougir encore plus abondamment, ses yeux ne quittant jamais Edward.
"Edward…" interrompit de nouveau Alice. Sa voix était forte, c'était un avertissement.
Bien sûr Edward remarqua le ton. Vous devriez être sourd pour ne pas l'entendre. Et juste au cas où il n'aurait pas compris, ses yeux lançaient des éclairs. Ou des talons aiguilles. Ou même des talons aiguilles munis d'éclairs.
Oh dieu du ciel, tue-moi!
"Alice…" il se retourna pour la regarder. Ils pouvaient être deux à se fixer.
Ne me crée pas de problème.
"Bon il y a quelque chose d'important qui m'échappe là," dit Alice. "Bella, tu connais Edward?"
Le ton de sa voix… comme si c'était un crime de me connaitre? Seigneur! Suis-je aussi terrible?
Oui. Oui, tu l'es Cullen.
Putain... c'est vrai. Je le suis. Je suis un connard à la vie dissolue.
"Oui," répondit Bella et ça ne prit qu'une seconde à Edward pour réaliser qu'elle n'était pas d'accord avec ce qu'il pensait de lui - qu'il était un connard à la vie dissolue - puisqu'elle disait à Alice qu'elle le connaissait.
"Oh Edward… non … " gémit Alice.
"Non?"
"Non" quoi?
Et elle gémissait? Comme si… quoi? J'étais le rebut de l'humanité? Comme si je n'avais pas le droit de connaitre cette femme?
Arrête ça! Je peux être poli avec l'une de mes voisines Alice!
"Tu travailles ici?" demanda Edward, ignorant sciemment sa sœur ennuyeuse. Il ne put empêcher le ton amusé de sa voix parce ce qui aurait imaginé que Bella travaillait ici? Jake avait dit que Bella enseignait mais Edward n'avait pas pensé à lui demander où ni quoi.
Alors qu'enseignait-elle? Une langue étrangère? L'anglais?
"Oui," répondit Bella. "Je commence aujourd'hui." Elle semblait perdue. C'était habituel. Il se demanda si elle savait qu'Alice était sa sœur.
Probablement pas. Pourquoi le saurait-elle? Pourquoi s'en soucierait-elle, Cullen?
"Edward, comment connais-tu Bella? Et est-ce que je veux vraiment le savoir?" Sa voix était accusatrice et débordait de dégoût.
Fais chier Alice laisse-moi un peu de répit! Et arrête avec ce regard assassin!
"Alice ce n'est pas ça. Bella est ma voisine."
Elle n'est pas l'une de mes… mes… mes satanées bimbos.
Putain de vie.
"Elle vient d'emménager," continua-t-il.
Elle est arrivée avec son grand imposant copain… avant qu'il la laisse.
Pourquoi l'aurait-il quittée? Qu'est-ce qui ne va pas chez lui?
Et qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez Alice?
Comme si tu ne le savais pas… crétin.
"Oh vraiment?" railla la voix d'Alice. "Et toi aussi tu y es allé?"
Merde c'est le comble! Comment peut-elle me juger de la sorte?
Edward était prêt à répliquer à sa sœur désagréable quand Bella prit la parole.
"Je suis désolée de vous interrompre mais comment vous connaissez-vous tous les deux?"
"Alice est ma sœur cadette qui est toujours prompte à critiquer les autres et j'insiste sur ce point."
Tiens prends ça Alice!
"Et Edward est mon grand frère," ajouta Alice. " Et il manque de bon sens. Et j'insiste là-dessus aussi."
Oh putain un peu de répit! Un putain de peu de répit tout de suite!
Edward entendit un bruit de pas derrière lui et se retourna pour voir arriver un enseignant assez grand et filiforme. Il avait à peu près le même âge que lui, avec de longs cheveux foncés et des lunettes.
"Hey Isabella!" sourit le maigrichon, en regardant dans la salle de classe. Edward fronça les sourcils.
Isabella?
"Désolé de vous interrompre," ajouta-t-il en direction d'Edward et d'Alice, avant de retourner son sourire éclatant vers Bella. "Je pensais venir voir comment ça allait, voir si tu avais besoin de quelque chose." Le gars dégingandé jeta un coup d'œil dans la salle de Bella. Quelque chose lui fit penser à un labrador, ni un chien adulte ni un chiot mais plutôt un chien adolescent avec de trop grands pieds et de trop longs membres. Bon les labradors n'ont pas pour habitude de porter des lunettes.
"Waouh!" s'exclama le gars dégingandé. "La rumeur disait vrai. Victor Mason n'a rien laissé derrière lui!"
Edward fronça les sourcils intensément.
D'accord nous parlions avant que tu ne te montres… qui que tu sois d'ailleurs.
Par l'enfer qui est ce Victor Mason?
"Non pas vraiment," lui répondit Bella. "Du moins pas les choses qui étaient assez petites pour passer par la vitre de sa portière." Elle sourit et l'intrus rit. Et Edward serra sa mâchoire.
Qu'est-ce qu'elle raconte?
Et sans dec' qui est ce type?"
Sait-il pour le grand baraqué… euh… Jake?
Oh mon dieu… faites que ce gars tout maigrichon ne soit pas la raison pour laquelle Bella l'avait appelé abruti hier!
"J'ai peut-être un ou deux posters pour toi. Je reviens très vite!" Le gars partit en souriant. Il sautillait presque d'excitation.
Bon garçon… dégingandé … va chercher!
"Oh ce serait génial, Eric. Merci!" sourit Bella.
Edward regarda - Eric - l'intrus s'éloigner dans le couloir. Il tourna la tête puis regarda Alice à nouveau et il vit qu'elle essayait de percer un trou dans sa tête avec son regard laser désapprobateur.
Quoi? Ce gars était ennuyeux!
Alice se tourna vers Bella et lui lança un sourire grand, heureux …et faux. "Tu peux nous excuser pour quelques minutes! Mon frère et moi avons besoin de parler!" Et sur ce Alice poussa Edward dans le couloir. Edward regarda Bella en s'excusant par-dessus la tête d'Alice, en roulant des yeux, avant de disparaitre dans la classe de français.
Parfait Bella doit penser que je suis un abruti complet.
Elle sait déjà que tu es en est un.
Oh… d'accord.
ooo O ooo
Edward et Alice avaient toujours été très proches. C'en était même parfois bizarre cette façon dont ils semblaient se comprendre bien qu'ils soient si différents. Edward avait toujours veillé sur sa jeune sœur, pour le meilleur ou pour le pire et elle veillait sur lui. Souvent pour le pire d'ailleurs.
Dans leur jeunesse Alice avait toujours été un papillon social et très amical et Edward l'étudiant sérieux, timide et un peu bizarre. Il l'avait aidé avec les maths et la géométrie et elle avait essayé de l'aider à s'épanouir socialement. Mais il y avait eu une série d'évènements mortifiants à la fin des études secondaires d'Edward qui avait renforcé sa mauvaise estime de soi suivie par le début de l'université de l'autre côté du continent, il avait rencontré Emmett McCarty, sûr de lui et turbulent, pour finalement amener Edward Cullen à changer complètement.
Au moment où il finit l'université, il était devenu beaucoup plus assuré et très beau. Le timide et maladroit geek avait disparu, enfoui au plus profond de l'apparence attirante qu'il s'était fabriquée. Cependant cette apparence était à double tranchant. Le côté positif c'était que les portes et les jambes des filles qui avant étaient fermées, étaient toutes grandes ouvertes. Mais le côté négatif c'était qu'il savait qu'il était invité à cause de son apparence. Il n'avait jamais cherché à développer de relation sérieuse avec l'une de ces femmes et leurs jambes écartées, en raison de leur intérêt superficiel pour lui mais elles étaient suffisamment confiantes en elles pour se jeter sur lui. Sa beauté exceptionnelle les intimidait toutes sauf les plus agressives et assurées.
Alice au cours de ses études avait pensé avoir trouvé l'amour de sa vie, un étudiant français, doux et débonnaire nommé Laurent Brandon. Malheureusement elle s'était mariée avec lui avant de découvrir qu'elle n'était pas l'amour de sa vie. Tout ce qui lui plaisait c'était son compte en banque prometteur. Laurent se transforma en un coureur de jupons, alimentant sa dépendance sexuelle sous le nez d'Alice. Le mariage avait été court, le divorce rapide et Alice avait choisi de garder son nom de femme mariée comme un rappel pour ne plus jamais tomber follement amoureuse d'un autre Laurent Brandon.
Alors tandis qu'Edward vivait ses expériences et allait avec toute une variété de femmes avec lesquelles il ne partageait rien d'autre qu'une aventure… Alice bâtissait une forteresse autour de son cœur pour se protéger contre des hommes qui étaient en tout point semblables à lui.
Edward ne faisait pas étalage de sa vie devant Alice ou ses parents. Pourtant ils étaient conscients qu'Edward avait … une vie sociale bien remplie. Il était particulièrement difficile pour Alice de faire face à l'absence de sentiments d'Edward. Il lui avait assuré qu'il était toujours honnête en disant à toutes ces femmes qu'il n'était pas intéressé par autre chose de plus permanent et qu'il ne recherchait - comme elles - que le plaisir. Alice se disait qu'il sortait et couchait avec une foule de femmes futiles. Elle savait toutefois ce que certaines de ces femmes espéraient un jour : prendre la forteresse imprenable du cœur de son frère, le faire changer d'idée et devenir enfin la femme d'Edward Cullen.
ooo O ooo
Edward traversa le couloir et fut poussé à l'intérieur de la salle de cours d'Alice, il savait qu'il méritait sa colère. Il était irrité et il savait d'où provenait sa réaction en comprenant qu'il connaissait Bella. Il connaissait rarement les femmes… ça ne l'intéressait pas vraiment. Ça le lui fit comprendre et il reconnut que c'était vrai. Pourquoi Alice semblait-elle penser que c'était différent parce que c'était Bella? Parce que c'était plus ou moins vrai… toutes ces femmes qu'il connaissait… c'était des femmes avec qui il avait couché.
Alice referma la porte de sa classe et se tourna vers lui.
"Edward tu ne peux pas faire ça!" s'exclama-t-elle en levant les mains.
"Qu'est-ce que tu veux dire par tu ne peux pas faire ça? Je ne peux pas faire quoi exactement?" Il savait ce qu'elle voulait dire mais il se sentait batailleur après l'épisode embarrassant dans la classe de Bella.
"Ne me prends pas pour une idiote, Edward! Putain mais à quoi tu penses?" La voix d'Alice était forte et accusatrice.
"A quoi je pense? Je pense que tu es une emmerdeuse qui me juge trop vite." Edward se dirigea vers le bureau d'Alice et posa la réplique de la tour Eiffel. Quand il se retourna vers elle, Alice attendait les bras croisés sur sa poitrine.
"Edward! Elle enseigne avec moi!"
Il roula des yeux. "Je ne le savais pas Alice. Je n'avais pas la moindre idée qu'elle travaillait ici," dit-il espérant que son ton calme l'apaiserait.
Ça ne fonctionna pas.
"C'est ta voisine, bon dieu! Et en plus elle travaille avec moi! Nous allons la voir tous les deux tous les jours! Tu ne peux pas t'impliquer avec elle!"
"Alice… Je ne suis pas impliqué avec elle."
"Tu ne peux pas faire ça! Tu le sais, pas vrai? C'est une enseignante, qui vient de finir ses études. C'est une gentille fille naïve et je veux qu'elle soit mon amie. Ce n'est pas une de tes agressives mannequins ou filles à papa pourrie gâtée. Tu ne veux pas la poursuivre de tes assiduités!"
"Je ne le fais pas Alice! Grands dieux je la connais à peine. Et je n'avais pas la moindre idée qu'elle travaillait ici, avec toi. Mais là n'est pas la question, je ne la poursuis pas. Oui c'est une fille bien mais elle n'est pas mon type."
Un sourire aiguisé apparut sur les lèvres d'Alice.
"Pas ton type? Edward ton type c'est tout ce qui a un vagin!"
Edward rougit, espérant vraiment que Bella ne pouvait pas entendre cette conversation de là où elle était.
"Oh seigneur, Alice? Juste à cause de ce que tu as vécu, tu crois que je fais pareil avec toutes les femmes. Non. Et ce n'est pas comme si je couchais avec toutes les femmes qui croisent mon chemin. Bella est ma voisine. Et je la connais simplement parce qu'elle habite de l'autre côté de ma rue."
"Elle est célibataire? Elle vit seule?" Elle plissa les yeux en regardant Edward prudemment.
"Euh… je ne suis pas sûr. Il y avait un copain avec elle dimanche mais je ne l'ai pas revu depuis et je pense qu'il s'est peut-être passé quelque chose entre eux, quelque chose qui l'a mise en colère. Je voulais lui demander mais je n'en ai pas eu l'occasion."
Alice sourcilla au ton inquiet de sa voix. "Bon, bien sûr, elle est hors de portée si elle a un copain. Et s'ils ont rompu ce ne sont pas tes affaires de toute façon, Edward. Si elle est célibataire tu ne vas pas la poursuivre. Tu ne peux pas, elle est hors d'atteinte."
Il frotta son front et prit une inspiration profonde pour se calmer. "Alice c'est simplement une connaissance."
"Et tes connaissances se transforment souvent en coup d'un soir, Edward!"
La main d'Edward passa dans ses cheveux, il s'assit en soupirant sur le bureau d'un élève. Tout d'un coup il se sentit fatigué et perdu.
Alice tira un bureau près du sien, prit une chaise et le regarda.
"Edward qu'est-ce qu'il y a?" demanda-t-elle gentiment.
"Rien je te dis," Alice entendit la frustration dans sa voix.
"Non, pas avec Bella, qu'est-ce qui ne va pas sinon? Tu n'es pas toi-même. Pendant toute cette conversation tu n'as pas été agressif concernant tout ce que je t'ai dit. Ça ne te ressemble pas… tu es plus coriace d'habitude… tu es plus tranquille. Alors qu'est-ce qu'il y a? Que se passe-t-il?" Elle croisa ses bras, s'accouda sur le bureau et attendit.
Edward évita de croiser son regard et secoua la tête. Alice tendit sa main et la posa sur son bras.
"Dis-moi Edward. Tu peux me le dire. Tu as toujours été là pour moi. Je suis là pour toi, aussi, tu le sais."
Il soupira longuement avant de passer une fois de plus sa main dans ses cheveux et il la regarda dans les yeux. "J'ai merdé, j'ai tout gâché!"
"Pourquoi, que s'est-il passé?" L'expression d'Alice s'adoucit tandis qu'elle regardait son frère avec intérêt. Il n'était plus lui-même, c'était vrai décida-t-elle.
Cet Edward, assis sur le bureau à côté d'elle, semblait complètement perdu. Ce n'était plus Edward le playboy confiant et satisfait de lui-même. Quelque chose en lui semblait plus proche du jeune, maladroit et timide Edward, celui qu'Alice aimait et qui lui manquait. Il était toujours là sous la surface, insaisissable. C'était Edward avec son âme.
Il inspira profondément et souffla, ses joues se creusant légèrement quand il le fit. Ensuite il raconta à Alice ce qu'il s'était passé à Chicago… avec Kate. Pas tous les détails sordides, bien sûr, mais qu'elle s'était servie de lui, et comment ça l'avait fait se sentir, et comment il se sentait à présent. Bien sûr, c'était encore pire en le racontant à Alice considérant l'expérience qu'elle avait eu avec Laurent Brandon.
Quand il eut fini, Alice lui dit ce qu'il savait déjà… qu'il avait été un participant involontaire, que c'est Kate qui était à blâmer, pas lui. Mais le fait était là, il n'avait jamais pris le temps de connaître toutes ces femmes, parce qu'il ne voulait pas encourager une relation. Et il fallait bien l'admettre, certaines d'entre elles n'étaient pas très agréables… lui non plus d'ailleurs. Et ça le gênait à présent. Ça le dégoûtait. Avoir dû écouter James l'avait énervé et mis mal à l'aise puisqu'il avait toujours été comme lui.
Alice serra son bras et le frotta un peu. "Je suis vraiment désolé de ce qu'il t'est arrivé." Elle le regarda avec sympathie et elle lui fit un petit sourire rassurant. "Peut-être… peut-être que c'était le choc qu'il te fallait pour te réveiller. Peut-être que tu as besoin d'une pause, tu sais, peut-être que tu es capable de tout autre chose. Tu risques de te surprendre toi-même."
Edward acquiesça et se força à lui sourire. "Je ne sais pas Alice… peut-être que tu as raison."
"Bien sûr que j'aie raison," dit-elle avec conviction et un sourire optimiste. "Tu es un bon gars à l'intérieur. J'aurai juste souhaité que tu le laisses se montrer un peu plus… il me manque."
Il hocha la tête et ensuite regarda la grande pendule sur le mur.
"Il faut que j'y aille. Je te laisse travailler. Je suis sûr que tu as des choses à faire pour tes cours."
Alice sourit et repoussa le bureau, donnant de l'espace à Edward pour qu'il se lève.
"Merci de m'avoir amené Pierre," dit Alice en montrant la tour Eiffel sur son bureau. "Elle fait joli dans ma classe, peu importe son âge."
Edward sourit enfin un petit peu. "Pas de problème. Et … merci de m'avoir écouté Alice." Il frotta sa nuque, se sentant apparemment mal à l'aise.
Elle sourit et haussa les épaules. "Quand tu veux Edward." Elle fit une pause. "Je suis désolée d'être aussi méchante."
Edward rigola et secoua la tête. "C'est bon Pix. Je comprends complétement."
Il alla vers la porte et était sur le point de tirer sur la poignée quand il se tourna vers Alice en fronçant les sourcils.
"Dis Alice qui était ce gars tout à l'heure?"
Alice s'arrêta de sourire. "C'était Eric Yorkie. Je pensais que tu le connaissais sinon je t'aurai présenté. Il enseigne l'anglais comme Isabella. C'est un gars gentil, ses élèves l'appellent Monsieur Dorkie* dans son dos." Elle haussa les épaules et avec un petit sourire satisfait elle ajouta. "Ça doit être assez juste comme surnom."
Les yeux d'Edward cherchèrent les siens mais elle n'ajouta rien de plus. Il hocha la tête et sourit légèrement au surnom.
"On se voit plus tard, Pix," dit-il en ouvrant la porte.
"Au revoir Edward. Prends soin de toi."
Il hocha la tête et quitta la classe d'Alice. Il ne se sentait pas particulièrement optimiste.
Mais Alice l'était.
Elle se détourna de la porte fermée et poussa un petit cri excité.
Pendant ces quelques secondes où Edward était arrivé dans la classe d'Isabella Alice avait remarqué quelque chose. C'était son expression quand il avait cherché Isabella…Bella… dans la pièce. C'était le regard le plus doux qu'Alice l'avait vu porter sur une fille. Il y avait de la curiosité au lieu de l'estimation ordinaire.
Evidemment au début Alice s'était dit qu'elle se trompait. Elle avait supposé qu'elle se trompait, qu'il avait déjà couché avec elle. Mais vu la façon dont il s'était indigné et son regard furieux, elle avait eu le sentiment qu'il s'indignait pour Isabella et pas seulement pour lui-même.
Il y avait eu aussi un demi-sourire amusé quand il lui avait demandé si elle travaillait ici. Ce n'était pas le sourire qu'il faisait habituellement quand il cherchait à attirer une femme. C'était différent, quelque chose de doux, quelque chose qu'on voyait rarement sur le visage d'Edward Cullen quand il interagissait avec une femme.
Ce sourire doux s'était effacé en partie aussitôt qu'Eric Yorkie était venu voir si Isabella avait besoin de quelque chose. Alice ne se souvenait pas qu'Edward n'avait jamais rencontré Eric auparavant. Un moment, elle avait pensé les présenter mais elle était trop occupée à observer la réaction d'Edward. Elle avait vu le froncement de sourcils et l'irritation sur son visage grandir alors qu'Isabella et Eric discutaient et Alice avait été surprise quand elle s'était rendue compte que ça pouvait être le signe d'un sentiment de … jalousie.
Ça allait être très intéressant. Surtout à la lumière de ce qu'Edward avait vécu pendant son voyage à Chicago. Alice connaissait Kate. Et elle en savait suffisamment pour deviner qu'elle était une sacrée dévoreuse. Mais cette fois après cet échec, Kate avait juste donné une chance à Edward sans même le savoir.
Si Alice pouvait tenir Edward à l'écart de Bella assez longtemps, il aurait le temps de se rendre compte qu'il tenait à cette fille et il pourrait se laisser une chance de ressentir quelque chose de réel … et peut-être de tomber amoureux. Mais il fallait qu'il y travaille pour changer. Peut-être que Bella elle-même le ferait travailler. Un défi serait une bonne chose. Il fallait qu'il s'en convainque.
Alice se posa la question du petit-ami de Bella. Edward pensait qu'elle avait un petit-ami. Et plus tôt dans la journée, pendant le déjeuner, Rose avait mentionné que leur groupe sortirait ensemble les vendredis soir puisqu'ils étaient tous célibataires. Bella avait semblé intéressé. Il avait bien semblé à Alice qu'il n'y avait aucun petit-ami dans les parages.
Mais peut-être était-ce bien qu'Edward le croie.
Ça ajouterait encore au défi.
ooo O ooo
Quand Edward passa par la classe de Bella en sortant de celle d'Alice, il jeta un coup d'œil à l'intérieur et vit que c'était vide. Il était sur le point de partir quand il changea d'idée et fit demi-tour pour rentrer dans la salle. Il décida d'attendre quelques minutes pour voir si elle revenait. Ce serait mal poli de partir sans lui dire au revoir, pensa-t-il, et il voulait s'excuser pour la dispute entre lui et sa sœur un peu plus tôt.
Il resta là un moment et regarda dans la pièce. C'était complètement nu. Si elle venait d'être diplômée elle ne devait pas encore avoir grand-chose pour personnaliser la classe. Il remarqua les deux posters enroulés sur son bureau et il les déroula pour voir. Ça devait être M. Dorkie qui les avait amenés. L'un expliquait les parties du dialogue. Et l'autre représentait William Shakespeare. Aucun des deux ne semblait vraiment intéressant pour des élèves. Il se demanda ce que valait M. Dorkie comme enseignant. Ou autrement.
Edward contourna le bureau de Bella et regarda par la fenêtre, il remarqua deux grands sacs posés sur le sol. L'un rempli de livres probablement pour ses cours. Il regarda dans l'autre sac. Il y avait toutes sortes d'affaires : des bouteilles d'eau, une brosse, un miroir, de la crème, des mouchoirs en papier, un bocal, peut-être un … pull noir, puis autre chose de rose et en peluche plus bas mais il ne pouvait pas voir ce que c'était et il se demanda s'il y avait autre chose en dessous. Il y avait un flacon d'aspirine et quelques sparadraps et il se demanda, avec un sourire, si Bella pensait que ses élèves allaient lui donner mal à la tête.
Sur son bureau en plus des posters il y avait un ordinateur portable. Il était ouvert et Edward regarda l'écran. C'était un site qu'il ne connaissait pas… quelque chose appelé Star-lighted. L'écran de fond était intéressant. C'était un dégradé de noir qui devenait bleu foncé puis s'éclaircissait graduellement vers le bas de l'écran. Il y avait des étoiles qui scintillaient. C'était un ciel de nuit du crépuscule à la nuit étoilée.
Edward restait là à regarder l'écran avec une main sur sa hanche. Tandis qu'il regardait ce qui était écrit en haut, son autre main frotta son menton. Puis son doigt passa sur sa lèvre inférieure et il réfléchit à ce qu'il lisait. Juste sous le gros titre Star-lighed il y avait une série de liens dans une fonte plus petite : Accueil, Forums, Auteurs, Catégories, Titres, recherche, Top dix, Parcourir, Aide, Mon compte et Logout. En dessous il y avait un message général.
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Edward se rendit brusquement compte qu'il mettait probablement son nez dans quelque chose qui pouvait être personnel et il s'éloigna. Il se tourna et regarda par la fenêtre en réfléchissant à ce qu'il venait de lire. C'était un site de fictions, de fan fiction. Il savait ce que c'était mais il se demanda si elle était sur le site pour lire ou pour écrire. Mais il n'eut pas trop de temps pour se poser la question… il entendit un petit soupir et se tourna pour voir Bella rentrer dans sa salle.
Il lui sourit, se demandant si elle trouvait bizarre de le voir là. Il s'excusa de l'avoir obligée à assister à cette dispute avec Alice plus tôt. Bella ne savait pas qu'Alice était sa sœur, lui expliqua-t-elle. Elle semblait nerveuse et avait enroulé ses bras autour d'elle. Il ne l'avait jamais vu faire ça auparavant. Ils discutèrent quelques minutes et Edward lui expliqua pour la tour Eiffel, la raison de sa visite en fait, Bella lui avait demandé s'il était francophile. Ce mot l'avait fait sourire. Bella était une fille intelligente, il pouvait le dire. Bien sûr, elle était professeur d'anglais.
Edward plaisanta un peu sur sa classe vide. Elle avait froncé les sourcils au début mais ensuite elle avait souri, se rendant compte qu'il la taquinait. Et sa répartie l'avait surpris. Elle avait l'esprit vif. Il s'était douté qu'elle avait le sens de l'humour mais il n'en était pas certain mais en fait il ne savait vraiment pas grand-chose sur elle.
Il l'observa un moment et était sur le point de lui demander pour Jake quand la voix d'Alice retentit dans la pièce les interrompant. Edward se sentit comme s'il avait été surpris en train de faire quelque chose qu'il n'aurait pas dû après la discussion avec Alice. Il s'excusa rapidement et dit au revoir à Bella ainsi qu'à Alice, quitta l'école et rentra chez lui.
ooo O ooo
Edward alla dans la cuisine et commença à fouiller dans le tiroir, cherchant une lampe de poche qu'il gardait là.
L'électricité était partie il y avait un petit moment et quand il sortit, il entendit Bella de l'autre côté de la rue, appeler et demander ce qu'il se passait. Ils se retrouvèrent au milieu de la rue et il lui expliqua la raison probable de la panne et la mit en garde contre l'intersection dangereuse juste de l'autre côté. Et ensuite alors qu'il rentrait chez lui, Bella l'avait interpellé en lui criant ce simple mot poulet.
Bella était déconcertante et Edward était complètement perdu.
Quand il lui demanda pourquoi elle l'appelait ainsi, elle s'était pliée en deux pour rire. C'était le son le plus beau mais Edward ne comprenait pas. Puis elle s'était rapprochée et avec de petits rires dans la voix, elle lui avait annoncé qu'elle avait préparé du poulet. Edward ne sut pas vraiment que faire de cette déclaration mais ensuite elle lui demanda s'il aimait le poulet… elle l'avait invité à venir partager son repas.
Il vit ses bras enroulés autour d'elle et il se demanda si elle avait froid ou si elle était nerveuse. Il commençait à comprendre qu'elle faisait ça quand elle avait des doutes. Il voulait accepter le dîner et avoir la chance de la connaître un peu mieux mais il n'était pas sûr à cause de sa propre insécurité. Alors il lui demanda si elle était sûre. Et elle lui dit que oui, elle l'était, donc il accepta.
Les avertissements d'Alice lui passèrent par la tête…mais merde… c'était juste un repas avec une voisine… ce n'était pas comme s'ils sortaient ou autre chose. C'était partager un repas. Par nécessité… dans une certaine mesure. Ça n'était pas mal. Ensuite il pensa à comment il pourrait contribuer et ce à quoi il pensa en premier c'était du vin. Il espérait que ce n'était pas mal. Ce n'était pas comme s'il voulait la faire boire. La dernière chose à laquelle il pensa avant de disparaitre dans l'obscurité de sa maison c'est qu'ils n'allaient pas pouvoir se voir. Il rappela Bella en lui demandant si elle avait des bougies mais tout ce qu'elle avait c'était une lampe de poche alors il lui dit qu'il allait en amener.
Edward était certain à cent pour cent qu'Alice le frapperait si jamais elle apprenait ce qu'il s'était passé. Ils étaient sur le point de manger chez elle, dans l'obscurité, à la lueur des bougies en buvant du vin de sa réserve personnelle, alors qu'Alice venait tout juste de lui conseiller de rester loin de Bella. Mais enfer ça ne ressemblait pas du tout à ça, il ne poursuivait pas Bella. Il ne la connaissait même pas. Il ne savait pas grand-chose d'elle… mais ce serait une bonne occasion de faire un peu connaissance. C'était sa voisine. Et c'était parfait de faire connaissance avec ses voisins autour d'une petite cocotte de poulet.
Avec du vin.
Merde. Alice ne doit jamais savoir.
Sa lampe de poche dans sa main, il prit un sac en tissu et alla dans sa chambre récupérer les bougies. Il les mit dans le sac avec le petit plateau qui amplifiait la lumière et le briquet. De retour dans la cuisine il jeta un coup d'œil dans le frigo noir et choisit une bouteille de chardonnay – du vin blanc – à la demande de Bella. Et il prit un tire-bouchon aussi. Satisfait maintenant qu'il avait tout ce dont il avait besoin, il ferma, quitta la maison et traversa la rue.
Il frappa à la porte d'entrée et attendit un instant avant d'entendre des pas et voir la lueur d'une lampe de poche, la porte s'ouvrit. Bella était là. Il sourit et tendit sa main libre vers Bella qui paraissait troublée.
"Bonjour," dit-il de sa voix calme assez musicale. "Mon nom est Edward Cullen. Je… ne pense pas avoir eu la chance de me présenter correctement samedi matin et je voudrai commencer de la bonne façon."
Bella fut complètement surprise mais apprécia ce geste agréable. Elle tendit sa main, attendant qu'il la serre et ses longs doigts prirent sa main dans la sienne chaude, beaucoup plus grande et ils se serrèrent la main.
La bouche de Bella s'assécha à ce contact et elle savait qu'elle était supposée répondre cependant il était difficile de penser à quoi dire en regardant sa main dans la sienne. De plus il y avait une sensation étrange, presque électrique, entre eux. Elle retira sa main pour essayer de formuler une phrase cohérente.
"C'est… euh… agréable de te rencontrer Edward Cullen. Je suis Isabella Swan," sourit-elle.
"Tu préfères Isabella ou Bella?" Il pencha la tête de côté et ses sourcils se rapprochèrent légèrement.
"Non je préfère Bella. Mes amis m'appellent Bella. Tu peux m'appeler Bella."
Elle resta là, à le regarder, il lui fit un petit sourire. Bella se demanda ce qu'elle était en train de faire. Alice l'avait mise en garde, lui avait dit de rester loin de lui et elle était là à le faire entrer pour dîner. Etait-ce vraiment une bonne idée d'inviter un prédateur chez soi, dans le noir et dans un espace confiné?
Non. Ce n'est pas une idée très intelligente… je n'arrive pas à croire que je discute à ce sujet. Peut-être que si tu lui donnes à manger il ne t'attaquera pas.
"D'accord alors … Bella." Edward sourit et fit bouger ses sourcils. "Alors… euh, tu m'invites à entrer?"
Dit le prédateur à sa proie…
Ohmondieu, Isabella Marie… Tu es une idiote! C'est ton voisin!
Elle sourit timidement. "Désolée, bien sûr, entre Edward."
Bella ouvrit la porte en grand et s'écarta du passage pour laisser entrer Edward. Il passa et elle referma la porte, le mouvement fit bouger l'air… et elle le sentit… c'était léger mais il y était.
Oh mon dieu… cette odeur… Prédateur. Si séduisant! Gah!
Edward se tourna attendant que Bella aille vers la cuisine, bien qu'il sache où la cuisine se trouvait puisque la disposition était la même que chez lui. Il inspira et le faisceau de la lampe de Bella éclaira son nez et ça donna quelque chose de bizarre.
"Ça sent drôlement bon," dit-il.
Exactement ce que j'étais en train de me dire.
Avec un sourire en coin il ajouta, "bien plus appétissant qu'une pizza surgelée."
Oh attends …il parle de la nourriture.
"Merci. C'est une recette très facile, pas très élaborée mais c'est bon. J'ai toujours pensé que ce genre de nourriture était très réconfortante." Bella entra dans la cuisine et Edward la suivit avec son sac de courses.
"J'espère ne pas t'avoir fait attendre trop longtemps."
"Oh non c'est parfait. Le plat est au four et je nous ai fait une salade en attendant."
Ohmondieu… ça fait bizarre d'utiliser nous, non?
"Du poulet avec du riz et une salade parait bien plus prometteur que ce que j'avais prévu! Merci de m'avoir invité."
"De rien c'est une recette pour quatre donc il y en a plus qu'assez pour nous."
J'ai dit nous de nouveau!
Bella avait déjà installé deux couverts au comptoir du petit-déjeuner. Edward posa le sac sur le comptoir et sortit la bouteille de vin et le tire-bouchon. Il commença à enlever le papier sur le bouchon découvrant le liège.
"Il y a deux bougies avec un petit plateau pour les poser si tu veux les sortir." Il lui fit un signe de tête vers le sac en commençant à enfoncer le tire-bouchon dans le liège. "J'ai mis un briquet aussi, je ne savais pas si tu avais des allumettes."
"Je dois sûrement en avoir mais je ne sais pas où je les ai mises, donc tu as bien fait."
Bella arriva au sac et attrapa le plateau. Elle le reconnut avec sa main tout de suite. Elle sentit la chaleur lui monter au visage et elle était reconnaissante qu'il ne puisse pas la voir.
Putain de merde!
L'a-t-il fait exprès?
Elle sortit les bougies, elle le savait bien, c'était les bougies qui sentaient le santal, riche et séduisant.
Et l'une d'entre elle était abimée.
Oh non.
Je suis morte.
Elle restait là complètement figée, tenant la bougie abimée, son cœur battait sauvagement dans sa poitrine.
Je suis morte. Je suis morte. Je suis morte. Je suis morte.
Tout à coup la voix douce d'Edward fut près de son oreille. "Quelque chose ne va pas… Bella?"
Non! Rien ne va! C'est sûr!
Elle lui fit un signe de tête, ayant peur de la tourner et de voir son air accusateur mais finalement elle dut regarder. Il regardait attentivement, le front plissé attendant sa réponse. C'était difficile de savoir exactement quelle émotion se dégageait de son expression car la lumière faible rendait les choses bizarres. Les ombres rendaient son visage diabolique… ses yeux noirs et brillants.
"Non ça va … parfait je suis juste…" Elle baissa les yeux vers la bougie abimée et les yeux d'Edward suivirent.
Sa main se posa sur la sienne et toucha la bougie qu'elle tenait, sentant la petite bosse. Le cœur de Bella battait, attendant son destin tandis qu'elle le regardait caresser la surface de la bougie.
"Oh elle est tombée," dit-il à voix basse.
Bella haleta et ensuite arrêta complètement de respirer. Ses yeux rencontrèrent les siens, se demandant s'il pouvait entendre le bruit que faisait son cœur.
Ouais une fouineuse l'a laissée tomber!
"Hmmm." Un grognement bas sortit de sa poitrine.
Oh mon dieu il sait!
Il s'approcha. Elle avait l'impression que son corps chauffait quand il fut tout près d'elle, son odeur fascinante se posant sur elle.
Je suis une fouineuse, je suis tombée sur tes bougies sexuelles, je les ai senties et tu sais que je suis coupable!
"C'est probablement Gianna ma femme de ménage," dit-il en allant chercher le verre de vin.
Bella aurait voulu sangloter… ou se mettre à chanter… ou rire hystériquement. Au lieu de ça elle tomba dans les pommes. Et avant de partir complétement elle entendit la voix surprise d'Edward…
"Merde! Bella?"
…
* Dorkie : nom affectueux que l'on donne aux jeunes chiots.
