-Usopp-san !

La voix stridente de Pudding donna envie à Usopp de se jeter dans une fosse avec des lions enragés n'ayant rien bouffé depuis six mois tout en étant muni d'une ceinture d'explosifs. Il avait espéré ne pas la croiser, mais comme d'habitude, le destin était contre lui. Qui avait eu la brillante idée de bâtir le lycée juste à côté de l'université, hein ?! Il se le demandait bien !

Avec un sourire un peu crispé, il se tourna vers elle en remontant son sac sur son épaule.

-Pudding, quel bon vent t'amène ?
-Comment va Sanji-kun ?
-Eh bien, toujours aussi directe.

Il ricana d'un air gêné. Il ne chercha pas à cacher son malaise ; il n'était pas dur pour elle de le comprendre, de toute façon.

-Il va bien.
-Je l'ai vu ce midi, lorsque je suis allé manger au Baratie. Il avait l'air si abattu...
-Il a...quelques problèmes avec sa famille, en ce moment...
-Ça ne serait sûrement pas arrivé s'il sortait avec moi.

Elle soupira de manière dramatique, et Usopp rêva secrètement de lui arracher ses cordes vocales pour les exposer au musée du corps humain.

-Mais bon, il ne semble pas vouloir comprendre à quel point tu lui es néfaste.
-Je sais bien que je ne suis pas parfait, mais je fais de mon mieux !
-Tu auras beau faire de ton mieux, Usopp, tu ne feras jamais assez pour Sanji-kun.

Elle secoua la tête d'un air hautain, et le brun serra les poings. Il en avait vraiment assez de son horrible caractère. Sanji avait beau lui être destiné, elle s'obstinait à vouloir les séparer, et il craignait qu'elle ne finisse pas y arriver. Destin ou pas, son Sanji pouvait tout à fait décider de vivre avec elle. Ce qu'il ne saurait bien sûr pas supporter.

-Usopp, tu ferais vraiment mieux de le laisser partir.
-Laisse-nous donc tranquille, Pudding.
-Je veux Sanji-kun, et je l'aurais envers et contre toi !
-Oi !

Les deux jeunes se tournèrent vers celui qui venait de s'exclamer, et qui n'était autre que Luffy. Le plus petit était visiblement en colère, et il vint se placer entre Usopp et la jeune femme.

-Arrête d'interférer dans leur relation ! Ils s'aiment, et tu ne peux rien y faire !
-Tout ça ne te regarde pas, Luffy.
-Bien sûr que ça me regarde ! Ce sont mes amis !

Il hocha la tête et entraîna Usopp sur le chemin du retour. Zoro lui manquait, et il ne voulait pas perdre plus de temps à discuter avec elle. Usopp jeta un bref regard à la châtaine et suivit son meilleur ami.

-Merci Luffy...
-Ne te retiens pas, la prochaine fois. Dis-lui clairement ce que tu ressens.
-Bah, ça servira qu'à m'attirer des problèmes...
-Peut-être, mais en attendant, elle arrêtera de venir te faire chier.

Usopp baissa la tête, et retira doucement son poignet de la poigne de son ami.

-Comment fais-tu pour tenir le coup avec Zoro ? Je veux dire...ça ne t'arrive jamais d'être jaloux quand des Alphas ou des Bêtas lui tournent autour ?
-Bah si, évidemment que je le suis. Mais Zoro ne leur a jamais accordé la moindre attention.

Il haussa les épaules et sourit innocemment.

-C'était couru d'avance qu'ils n'avaient aucune chance avec lui.
-Ah.
-Mais ne t'en fais pas, Usopp ! Sanji est fou de toi, il te quittera pas, même pour une belle femme comme Pudding !
-Bizarrement, la fin de ta phrase me rassure pas plus que ça.

Luffy lui donna une grande tape dans le dos, qui manqua d'envoyer voler Usopp.

-Urgh !
-Cesse donc de t'inquiéter inutilement !
-Facile à dire pour toi !
-L'amour, c'est le plus beau sentiment du monde ! Sanji et toi êtes un couple solide, et vous saurez résister à toutes les épreuves, tu verras !

"J'arrive pas à croire qu'il arrive à paraître aussi convaincant, lui qui va se retrouver accidentellement père à 17 ans..." pensa Usopp en soupirant face aux paroles diaboliquement naïves de son ami. "Enfin, il a raison ! La prochaine fois, je me défendrai !"


-Encore un, soupira Dragon.

Il fit signe à ses hommes de bloquer la ruelle dans laquelle ils se trouvaient actuellement, et après un bref regard à Sabo, il se pencha vers la personne recroquevillée contre le mur.
Il s'agissait d'une jeune femme, tremblante de tout son corps, qui avait l'air perdue et effrayée. Pour lui, aucun doute : elle a été victime d'une tentative de viol. Heureusement, la personne qui a contacté la police est intervenue à temps.

Il essaya de lui parler, mais il comprit rapidement que sa voix grave l'effrayait. Il avait, à vrai dire, l'habitude de ce genre de choses. Sabo s'approcha à son tour, et avec un sourire et un ton rassurant, engagea la conversation.

-Mademoiselle, est-ce que ça va ?
-Je...je ne sais pas...je...
-Ne vous en faites pas, nous allons prendre soin de vous.
-M...merci...
-Acceptez-vous de nous accompagner au poste afin que l'on puisse vous prendre en charge ? Ne vous inquiétez pas, nous allons prendre soin de vous.

Elle hocha lentement la tête, et il lui tendit une main pour l'aider à se relever. Il la conduisit jusqu'à un médecin, qui l'emmena à une voiture en lui posant quelques questions pour s'assurer de son état.
Sabo se releva, et se tourna vers son supérieur.

-On va tenter de l'interroger quand elle ira mieux. Elle pourra peut-être nous apporter des éléments nouveaux pour l'enquête.
-Ça m'étonnerait. Si le gars qui s'en est pris à elle et effectivement celui qui a commis tous les autres crimes, il se serait mieux camouflé que ça. Là, elle a sûrement eu affaire à un nouveau qui ne connaît encore rien à l'organisation de la bande.
-Certes, mais ça ne coûte rien d'essayer.

Dragon hocha la tête, même s'il restait peu convaincu du succès de cette entreprise.
Avant de partir, il fouilla la zone, mais une fois de plus, il ne trouva rien qui lui permettrait d'en savoir plus sur ses cibles. Avec un grognement mécontent, il ordonna le retrait à la base, et toutes les troupes partirent.


-Mes amis, dit dramatiquement Nami, la situation est grave.

Du regard, elle fit le tour de l'assemblée réunie autour de la petite table du salon de Franky et Robin : il y a bien sûr le petit couple, Brook, Reiju et elle-même. Ils avaient matière à discuter, raison pour laquelle elle avait organisé cette réunion d'urgence.

-Pourquoi chez-moi, demanda Franky.
-Pour les gâteaux, répondit Brook.
-Hein ?
-Les cookies sont prêts, déclara Robin en posant le plateau sur la table.

Ils se servirent tous immédiatement alors qu'elle prenait place à côté de son époux.

-Alors Nami, de quoi devons-nous parler ?
-Ça me paraît évident : du bébé de Zoro et Luffy.
-Est-ce un problème, demanda Reiju.
-Eh bien...non, pas vraiment, enfin...

Elle soupira et appuya sa tête sur l'une de ses mains.

-Je suis heureuse pour eux, évidemment. Mais nous ne devons pas oublier que Luffy n'a que 17 ans. Et Zoro en a 19. C'est tôt pour avoir un enfant.
-On ne peut le nier, en effet. Mais ils sont sûrs d'eux.
-Le mieux que nous ayons à faire, c'est de les soutenir.

Nami acquiesça, mais elle n'était malgré tout pas tranquille.

-J'ai peur que ça ne soit pas suffisant...
-Ça le sera, la rassura d'un sourire Robin. Nous allons tous faire de notre mieux, et cet enfant grandira parfaitement bien.

Ils s'exclamèrent tous d'une joyeuse voix, chassant les inquiétudes de la rousse sur ce sujet.
Reiju se rapprocha un peu de la table afin de réclamer l'attention.

-J'ai quelques questions à vous poser...
-Qu'y a-t-il ?
-Vous n'êtes pas sans savoir que Sanji et moi nous voyons peu...dites-moi, comment est-il avec vous ?

Ils se jetèrent tous un regard, et Franky prit la parole.

-Avec nous, il a l'air heureux. Et je ne doute pas qu'il le soit.
-Dieu merci...
-Mais ce n'est un mystère pour personne qu'entre sa famille, Pudding et Usopp, il a du mal à tout gérer.

La rose hocha tristement la tête. Elle savait tout des conflits entre Sanji et le reste de sa famille. Il avait eu le malheur de naître Oméga, et de plus, la seule personne qui lui permettait de se sentir vivant, libre et épanoui, n'était absolument pas accepté par les Vinsmoke. Il y avait de quoi vouloir tout foutre en l'air. Mais son fête était trop fier pour demander de l'aide ou se confier, et elle ne doutait pas qu'Usopp et lui parlent peu de sujet, tout du moins, peu sans s'engueuler.

-N'y a-t-il rien que l'on puisse faire pour l'aider ?
-Le soutenir, ça s'arrête là. Si on s'oppose à Judge, on ne fera que lui attirer plus de problèmes.
-On pourrait au moins tenter de raisonner Pudding !
-On a tous déjà essayé. Elle est presque plus butée que Zoro...

Malgré elle, Reiju laissa échapper un soupire de dégoût. Elle adorait Usopp et haïssait Pudding, et c'était déjà le cas avant même que son frère ne lui annonce ses sentiments pour le brun. Elle trouvait la jeune fille arrogante, prétentieuse, et stupide. Elle ne l'avait jamais souhaitée pour Sanji et ne le lui souhaiterai jamais. Mais l'autre était tenace, et elle craignait qu'un jour, elle commette un acte irréparable.

-Tss, ce que je la déteste.
-Sanji n'est pas méchant. Il ne blessera pas Usopp, peu importe ce que Pudding tentera.
-Ce serait bien qu'il voit quel être abjecte elle est en réalité ! À chaque fois, elle se fait passer pour un ange quand il est là. Et Usopp n'ose rien lui dire !

Reiju hocha la tête aux propos de Nami. Mais malheureusement, ils ne pouvaient pas faire grand chose, sinon s'assurer qu'elle ne fasse rien d'horrible.

-Le plus important, déclara Robin, et nous ne devons pas l'oublier, ce qu'en tant qu'amis, nous nous devons d'être présents pour eux en toute circonstance. Quand ils auront besoin de nous, nous agirons sans hésiter, c'est la meilleure façon de protéger leur amour.

Tous hochèrent la tête, et trinquèrent pour sceller ce serment.


-Usopp, appela Sanji, tu es là ?
-Dans ma chambre ! Tu peux venir !

Le blond se débarrassa de ses chaussures dans l'entrée, salua Yasopp en passant devant le salon, et rejoignit son petit-ami dans sa chambre. Lorsqu'il entra, il sourit automatiquement au brun et ferma la porte derrière lui.

-Ça a été le lycée, demanda-t-il en allant l'embrasser.
-Comme d'habitude, les profs stressent pour l'examen de fin d'année. Et toi ?
-C'était assez tranquille. En dehors des étudiants à midi, on n'a pas eu trop de clients.

Usopp se remémora les quelques mots de Pudding une heure plus tôt, et il fit la moue. Sanji ne le remarqua pas, et prit place sur le lit du brun, qui lui-même était posé sur sa chaise de bureau.
Les mains serrées anxieusement, Usopp engagea la conversation.

-Dis Sanji...
-Oui ?
-Est-ce que...ça va ? Je veux dire...enfin tu vois...

Le blond haussa un sourcil, penchant légèrement la tête sur le côté.

-Que veux-tu dire ?
-Bah tu sais...au quotidien, en ce moment...ça va ?
-Oui, ça va. Qu'est-ce qui te prend, aujourd'hui ?
-Oh rien c'est juste que je...euh...

Il détourna le regard, gêné. Mais bon, il n'avait pas le choix ; il devait lui dire.

-J'ai vu Pudding tout à l'heure...elle a dit que ce midi, tu n'avais pas l'air bien...
-Tu t'es encore disputé avec elle.
-C'est pas ma faute ! Elle me cherche aussi...et puis d'abord, on s'est pas disputé ! On a discuté, c'est tout !

Le Vinsmoke soupira et se pencha un peu en arrière, s'appuyant sur ses mains.

-Tu n'as aucune raison de t'inquiéter, Usopp. Je vais bien, je suis à toi, Pudding n'est pas méchante, j'emmerde mon père et mes frères : tout va bien dans le meilleur des mondes.
-Sanji, comment peux-tu dire ça ?! Tes engueulades avec ton père sont de plus en plus fréquentes, et ça joue sur ton bien-être, ça se voit ! Pourquoi ne te défends-tu pas ?!
-Je n'en vois pas l'intérêt. Il peut dire ce qu'il veut, je m'en fiche.
-Pas moi !

Usopp se leva de son siège et prit place à côté du blond, qui s'était redressé.

-Tout ce qui t'arrive avec ta famille, ce n'est bon ni pour toi, ni pour nous.
-Tu recommences...
-Je suis sérieux, Sanji ! Tu esquives toujours la conversation, mais ça ne change rien !
-Je te l'ai déjà dis : si je ne veux pas coucher avec toi, ce n'est pas à cause de ma famille ! Je ne me sens juste pas encore prêt !

Il grinça des dents : il détestait quand la conversation prenait cette tournure.

-Je préfère que tu me marques d'abord. Ça me mettra en confiance et alors je pourrais...
-La marque ne changera rien, Sanji. Ce qui te bloque ne se résoudra pas quand je te marquerais. Et d'ailleurs, tu sais pourquoi je ne veux pas.
-C'est stupide ! C'est avec toi que je veux faire ma vie, alors pourquoi attendre ?!

Usopp secoua la tête et se détourna pour ne pas regarder Sanji dans les yeux.

-Si je te marque, Sanji, tu seras enchaîné à moi. Ton père ne voudra plus de toi, tu n'auras plus de famille. Et même si je ferai tout ce que je peux pour toi, tu n'auras pas la possibilité de revenir en arrière, et si tu regrettes, ce sera toute ta vie...je ne veux pas être celui qui scellera ton destin, pas avant d'être absolument sûrs que ce soit ce qu'il y a de mieux à faire...

Son ton abattu calma la colère de Sanji, qui regretta de s'être emporté. Il se plaça derrière son petit-ami, et passa doucement ses bras autour de son torse pour le serrer contre lui.

-Tu sais, j'ai déjà l'impression de ne plus avoir de famille. Mais j'ai le vieux, mes amis, ton père et toi. Je n'ai besoin de rien d'autre...
-Je sais bien...mais je pense que c'est trop tôt...
-Alors on attendra, ce n'est pas un problème puisque de toute façon, je ne veux que toi.

Il fit un sourire charmeur et embrassa tendrement les lèvres du brun, qui sourit et y répondit, rassuré.

Leurs soucis étaient loin d'être réglés, mais ils étaient ensemble, alors il voulait croire que ça irait.


Luffy dansait avec Chopper dans sa chambre, lorsque ses frères vinrent le voir. Il était content d'avoir un moment pour leur parler à tous les deux : ces instants privilégiés se faisaient rares entre le travail de Sabo, la vie de famille d'Ace et tout ce que Luffy avait à faire. Alors il chérissait précieusement ces retrouvailles.

-Alors Luffy, sourit Sabo en prenant place sur le lit. Il paraît que vous avez enfin trouvé la maison de vos rêves ?
-Oui, et on devrait emménager la semaine prochaine ! Je suis vraiment content, elle est super belle !

Il trépigna de joie, et dans ses bras, Chopper se débattait pour échapper à son étouffante étreinte.

-Ah mon frère devient un homme, pleurnicha Ace.
-Tu en fais trop, se moqua la blond.
-Gniagniagnia...
-Au fait Luffy, vu que Zoro et toi, ça devient sérieux...
-Bah, ça l'a toujours été.
-C'est vrai...mais, as-tu pensé à le marquer ?

Le plus jeune leva les yeux au ciel, puis secoua la tête.

-Non, je ne l'ai pas fais.
-Il va falloir que tu le fasses.
-C'est obligatoire ?
-Eh bien, disons que c'est mieux.
-Je sais pas si ça va convenir à Zoro.

Il s'assit en tailleur à côté de ses frères et caressa Chopper, qui ronronna sur ses genoux.

-Il risque de penser que je veux le priver de sa liberté, si je le fais.
-Pourquoi penses-tu ça ?
-Bah, il ne supportera pas la distance, ça veut dire qu'il ne pourra pas aller où il veut. Et en plus, tout le monde va savoir qu'il est à moi. Ça, ça me fait plaisir, mais peut-être que lui...

Ace posa une main sur sa tête et ébouriffa ses cheveux en souriant.

-Ça, tu ne pourras le savoir qu'en en discutant avec lui !

"C'est toi qui dit ça", pensa Sabo. "Avec tout ce que tu ne dis pas à Marco..."

-Ne t'inquiète pas, Luf ! Je suis sûr que Zoro a aussi envie de montrer à tous le lien qui vous unie. Tu te fais du mouron pour rien !
-Ouais, t'as sans doute raison...
-De quoi vous parlez, vous trois ?

Les trois jeunes hommes se tournèrent vers Dragon, appuyé contre la porte, qui souriait espièglement.

-Vous comparez vos relations ?
-Bah non, papa, tu vois bien que Sabo est là.
-Oi !
-T'énerve pas éternel célibataire, ricana Ace.
-Tss, vous alors !

Il croisa les bras et fit une moue boudeuse. Dragon éclata de rire, ce qui contrastait avec l'air impassible habituel qu'il avait lorsqu'il travaillait. Il vint agripper son fils, qui rit à son tour.

-Aller, faisons la fête ce soir ! En l'honneur du futur papa qui va bientôt nous quitter pour avoir son propre petit coin de paradis !
-Hahaha, tu sais papa, je ne serai pas si loin !
-Ah bon, s'étonna Ace.
-Bah oui, on va vivre au bout de la rue, juste à l'entrée de la forêt !
-Hein ?! Sérieux ?!
-Bah oui, c'est Zoro qui l'a trouvé, il a dit que ça rassurerait tout le monde si on restait dans le coin.

Ace reconnut que c'était une bonne logique, vu que Marco et lui l'avaient aussi utilisée lorsqu'ils se sont installés ensemble.
Dragon entraîna sa petite famille dans le salon, bien décidé à profiter des instants qu'il leur reste.