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… CHAPITRE 20 …

Coïncidences et plan B

C'était officiel. Edward avait été bel et bien baisé.

Ou peut-être le problème était là. Il ne l'avait pas été du tout. Pas au sens littéral.

Il ne l'avait pas été depuis lundi soir… quand il l'avait bel et bien été encore et encore par Kate Hart…

Quel désastre ce fut.

Il fallait en passer par là. Ce fut une putain de catastrophe. Littéralement!

Certes! Pouvons-nous passer à la suite?

Comment était-ce arrivé? Peut-être que c'était simplement ces maudites fraises au Cointreau et chantilly?

Bien essayé perv-ward, tu sais bien qu'il y a plus que cela.

Mais je ne la connais pas!

Ça peut changer.

Si! Ça doit être ainsi! Elle est hors de portée! A quoi tu penses? Evidemment tu ne penses pas… et les conséquences? Elle vit de l'autre côté de la rue! Elle travaille avec Alice! Ce serait désastreux!

Sois juste son ami. Il n'y a rien de mal à être son ami. Elle pourrait avoir besoin d'un ami… quelqu'un qui ne lui crie pas dessus et ne l'accuse pas à tort pour la faire se sentir pire que ce qu'elle se sent déjà.

Merci. Comme si je ne me sentais pas déjà assez con.

Peut-être qu'au lieu de porter Abruti tu ferais bien de te faire tatouer ce mot sur le front.

Merci. Voilà une idée fabuleuse.

Tu en as de meilleures?

Oui… j'ai un plan B.

Il faut que je voie ça.

Va te faire foutre.

Je ne peux pas… tu ne me veux pas.

Débrouille toi avec!

Edward roula sur lui-même et regarda l'heure depuis son lit dans ses draps et sa couette en satin. Il était plus de deux heures du matin.

Ces draps ne sont pas si glissants que ça… Doux et lisses mais pas glissants.

Doux et lisses… tu es toujours un sacré connard.

Ok! D'accord! J'achèterai une autre housse et des draps! Va au diable!

Edward avait regardé l'heure de nombreuses fois cette nuit-là. Le temps passait lentement. Le sommeil lui échappait continuellement. Il discutait sans cesse avec sa conscience, le sommeil le fuyait et le temps passa. Il soupira et se retourna pour la nième fois cette nuit… aujourd'hui… ce matin… ce putain de peu importe quand.

Il finit par s'endormir en comptant les fils qui formaient la trame des draps de coton égyptien.

ooo O ooo

Lorsque Bella se réveilla le vendredi matin elle était très soulagée. Même si elle n'avait pas beaucoup dormi, elle avait tourné et retourné une grande partie de la nuit. Elle avait rêvé un peu aussi. Eh bien il serait peut-être plus exact de dire qu'elle avait cauchemardé une grande partie de la nuit.

Comme si elle avait besoin que son subconscient lui rappelle que ce qu'elle avait fait été mal.

Le rêve avait commencé de façon assez familière. Elle marchait dans une maison. Pas la sienne… celle-là avait du carrelage couleur ardoise et des comptoirs en granit foncé et était décorée dans les tons de bleus, de gris et de noir, un peu comme le ciel par une nuit sans étoile. Dans son rêve elle était seule et errait dans des chambres élégamment meublées jusqu'à ce que finalement elle rencontre une porte verrouillée dans un couloir de l'étage.

Elle retint son souffle quand sa main atteignit la poignée mais elle savait que c'était verrouillé… mais de façon inattendue… la porte s'ouvrit. Bella entra furtivement dans la pièce, ce qui permit à ses yeux de s'habituer au manque de lumière. La pièce était très peu meublée avec un plancher en bois sombre et quelques appliques qui donnaient une légère lumière contre les murs teintés en bleu. Elle haleta quand elle comprit.

Oh Seigneur! Je suis dans la Chambre bleue de la luxure!

Tout à coup la porte se ferma derrière elle. Elle se retourna et juste là se tenaient non seulement Edward Cullen mais aussi Ethan Collins et Pat Robinson mais aussi Sébastian Kinque, sorti de son roman – c'était celui qu'elle préférait. Apparemment tous les cinq avaient envahi le domaine de Sébastian même s'il ressemblait étrangement à celui d'Edward Cullen. Ou peut-être que ce dernier avait la même chambre bleue que celle de Sébastian Kinque. Ou alors la mère d'Edward, qui avait fait la décoration intérieure, avait aussi fait celle de Sébastian. Son esprit essayait de comprendre.

C'était intimidant.

Ils étaient intimidants.

Bella se sentit intimidée.

Elle les fixa, ils étaient appuyés contre le mur, torse nu, exhibant leur beauté sauvage, les pieds nus, paraissant plus que parfaits dans leurs vieux jeans délavés et déboutonnés. Bella réalisa que chacun d'eux tenait un instrument de châtiment excepté Edward Cullen.

Sébastian tenait une cravache dans une main et tapait doucement dans son autre main. Ethan tenait un fouet qu'il faisait siffler en l'air. Pat avait un battoir qu'il faisait claquer sur sa cuisse. Edward ne tenait rien mais il pliait et dépliait son poing et Bella compris qu'il pourrait taper avec sa main nue.

Putain de merde!

Bella réalisa qu'elle était prisonnière. Ses poignets et ses chevilles avaient été attachés à un banc à fouetter, bien que personne ne l'ait ligotée, elle l'était simplement…

"Isabella," déclara Sébastian Kinque d'une voix glaciale. "Tu as trahi ma confiance. J'ai besoin de te contrôler, tu t'es comportée de façon inconsidérée."

Bella tressaillit.

Oh Seigneur! Je ne t'ai rien fait à toi!

"Tes agissements sont indignes d'une auteur de fan fiction," grogna Ethan Collins.

Bella cligna des yeux et eut le souffle coupé.

Je n'ai encore rien écrit à ce sujet…

"Tu es une vilaine fille… vraiment une vilaine fille," déclara Pat Robinson avec son accent britannique. Et ensuite il rigola.

Bella ne put s'empêcher de sourire.

Si mignon! Et son accent!

"Tu as épié ma vie!" lâcha Edward Cullen. "Qu'est-ce que je vais faire de toi?"

Bella fronça les sourcils et se décida enfin à dire quelque chose.

"Je ne voulais pas envahir ta vie. J'étais simplement curieuse. Je suis terriblement désolée…. Je souhaiterai pouvoir revenir en arrière."

"Silence!" dirent les quatre dieux grecs à l'unisson tandis qu'ils s'avançaient vers elle, brandissant leurs instruments de torture.

Oh Seigneur!

"Je pense que tu en as assez vu," dit Sébastian en sortant une cravate de sa poche arrière et en la tendant à Edward Cullen.

Edward s'approcha et la passa devant ses yeux, s'en servant comme d'un bandeau, couvrant ses yeux, il la serra pour la maintenir en place.

"Vilaine, vilaine," entendit-elle P-Robz rigoler quelque part derrière elle.

Elle était couchée là, les yeux bandés, tirant sur ses liens, attendant la punition imminente, puis il y eut un autre son… pas un murmure, mais un bip. Un bip incessant.

Bella cligna des yeux. Le bandeau avait disparu. Son alarme bipait et les quatre dominants spectaculairement attirants avaient disparu. Elle était seule et elle n'était plus dans la chambre bleue. Plus attachée sur un banc. Elle était couchée dans son lit et c'était vendredi matin.

Oh merci! Je suis saine et sauve!

Le biiip continua tandis que Bella restée allongée là. Elle prit une profonde inspiration et se fit à l'idée qu'elle était seule et qu'il était vendredi matin, il fallait qu'elle se lève et qu'elle se prépare pour aller travailler.

Seigneur! Je suis bel et bien folle!

En sortant de son lit elle dut bien l'admettre, elle allait devenir folle, être attachée dans la chambre bleue de la luxure pour une éternité avec ces quatre délicieux et attirants mecs seraient une façon agréable de partir.

Bon excepté pour leurs caprices dégoûtants.

Et la correction potentielle.

Elle était dans la salle de bain en train de se sécher les cheveux, elle se regarda dans le miroir. Elle semblait un peu fripée et éteinte. Elle était fatiguée et elle avait des cernes sous les yeux. Bien sûr personne ne paraitrait en bonne forme s'il avait passé la nuit dans le grand lit avec Edward Cullen, Ethan Collins et P-Robz. Et à présent Sébastian Kinque s'était aussi invité dans ses rêves amenant avec lui ses instruments de torture. Elle roula des yeux à son inconscient hyperactif et finit de se sécher les cheveux.

En une heure, elle fut habillée et prête à aller travailler. Elle portait une paire de nouveaux talons qui étaient un peu plus hauts que ceux qu'elle portait habituellement pour travailler. Ce serait une bonne journée pour se casser la figure avec de nouveaux talons, elle n'allait pas être dans son assiette pour terminer la préparation de ses cours pour la semaine prochaine. Les talons noirs soulignaient sa jupe grise bleue pâle et le chemisier gris et noir imprimé qu'elle portait avec un cardigan gris foncé.

Ça irait bien avec la maison d'Edward Cullen… réalisa-t-elle.

Ensuite elle se donna une claque mentale pour ses pensées ridicules et descendit pour se faire une tasse de café et manger un morceau avant de partir pour l'école.

Ses yeux se posèrent sur la boite de céréales Lucky Charms en pensant à sa mère écervelée et fantasque. Renée avait toujours été d'avis que ces petites guimauves pourraient un jour rendre sa vie magique. Bella pourrait certainement utiliser toute l'aide dont elle aurait besoin pour l'obtenir, alors elle en versa dans son bol et ajouta du lait. Ils flottèrent au début, il était clair qu'il y avait plus de lunes et d'étoiles que du reste.

Peu importe ce que ça pouvait signifier.

Elle continua de déjeuner et quand elle leva les yeux vers l'horloge elle fut surprise de constater qu'il était déjà plus de sept heures.

Oh non non! Je ne peux pas être en retard.

Elle quitta son tabouret et jeta ce qu'il restait dans son bol… elle avait mangé autant de Charms qu'elle avait pu dans un effort de rendre sa journée meilleure. Elle remplit son thermos de café et de crème, attrapa son sac à main, éteignit la lumière en se dirigeant vers la porte.

En se rapprochant de son camion, elle regarda de l'autre côté de la rue et vit que la lumière était allumée à l'étage en face. Edward devait faire sa gym à domicile travaillant probablement à garder son beau physique pour attirer les bimbos.

Elle glissa sur son siège et posa son sac à main à côté de la casquette Bitch qui était restée là depuis quelques jours. Elle aurait voulu ranger le sac sous le siège et la casquette dans la boite à gant mais elle préférait vraiment sortir du quartier sans se faire remarquer par les voisins … qui pouvaient faire de l'exercice ce matin. Elle démarra le Chevy, recula dans son allée et partit sur Stardust Lane, laissant la casquette là où elle était.

Quand elle entra dans le bureau, Shelly Cope faisait une annonce dans le haut-parleur les informant, qu'il y aurait une réunion du personnel très brève mais obligatoire dans la salle des professeurs qui commencerait rapidement à huit heures.

Elle entendit une voix familière derrière elle.

"Bonjour Isabella!"

Elle se retourna et vit Mike Newton et Jessica Stanley et elle les salua.

"Nous n'étions pas censés avoir une réunion ce matin, pas vrai?" demanda Jessica.

"Non pas que je me souvienne. Stewart a dû oublier de nous dire quelque chose hier," dit Mike avec un haussement d'épaules en parlant du principal Greene.

Ils se dirigèrent vers la salle des professeurs. Quelques-uns étaient déjà assis. Elle regarda vers où elle s'était assise hier. Alice était là avec Jasper Whitlock. Sa tête était penchée, il regardait le livre ouvert devant lui. Le coude d'Alice était appuyé sur la table, son menton posé dans sa main, lui souriant doucement pendant que ses lèvres bougeaient. Il semblerait que Jasper lise à voix haute.

Bella suivit Jessica et Mike et s'approchèrent de la table. Alice les regarda.

"Bonjour!" Elle était rayonnante. Bella se demanda quel pourcentage de ce sourire leur était adressé ou était la conséquence de la présence de Jasper Whitlock.

"Bonjour, mesdemoiselles et monsieur*!" offrit Jasper de sa voix trainante. Il avait l'air sacrément heureux lui aussi, appréciant sa leçon de français à en juger par le sourire qu'il arborait et le livre de français tome 1 qui était posé sur la table. Il jeta un coup d'œil à Alice et elle lui fit un signe approbateur. "Alice m'aide à dépoussiérer mon français. Je ne me souviens plus de grand-chose et ma prononciation n'est pas terrible – elle a toujours été assez horrible d'ailleurs."

Alice rigola en souriant. "Ta prononciation est très bien. C'est un mélange parfait de lycée en France et de gentleman du sud."

Il cligna des yeux et lui sourit timidement en retour.

Jessica prit une chaise de l'autre côté de la table, Bella s'assit entre Alice et Jessica. Eric Yorkie fit son apparition un instant plus tard, les rejoignit et se trouva une chaise pour s'assoir à leur table.

"Rosalie arrive. Elle m'a dit de lui garder une chaise. Avez-vous vu Tyler Crowley ce matin?" demanda-t-il. Tout le monde fit signe que non avec la tête. Eric haussa les épaules. "Bon, on devrait lui garder une chaise aussi juste au cas où il veuille venir avec nous quand il arrivera."

Jasper se contorsionna et attrapa une chaise libre derrière lui et la fit glisser de l'autre côté. Il semblerait que personne ne puisse s'asseoir entre Alice et lui.

Rose arriva. "Bonjour. J'ai raté quelque chose?" demanda-t-elle, en attachant ses cheveux en une épaisse queue de cheval.

"Non. Rien encore," répondit Eric, en regardant autour de la salle qui se remplissait.

"Oh!" dit Alice en se penchant en avant, en regardant les membres du groupe comme si subitement elle se souvenait de quelque chose. "J'allais oublier! Je voulais que vous veniez à notre fête annuelle pour la rentrée, ce dimanche. Qu'en pensez-vous? Vous êtes disponibles?" Elle regarda autour de la table dans l'expectative.

Jessica, Mike, Rosalie et Eric dirent immédiatement qu'ils étaient d'accord. Bella regarda vers Jasper. Il semblait hésiter comme elle. Alice le remarqua et donna d'autres explications en les regardant.

"J'ai toujours fait ça. Vous savez, on se retrouve avant d'être complètement perdus dans le travail? Mais d'habitude c'est à la fin du mois d'août. Comme Rose et moi étions à Hawaii je n'ai pas pu le faire. Mais j'ai pensé que si nous faisions ça dimanche, tout le monde pourrait venir. Si des personnes avaient des projets pour la fête du travail, lundi, ils pourraient quand même venir…"

"Oh ça me parait bien Alice, tu peux compter sur moi," accepta Jasper.

"Bella?" demanda Alice là regardant plus précisément.

Bella sourit. "Bien sûr. Ça me parait bien. Puis-je amener quelque chose?"

Rosalie ricana. "Est-ce que tu crois qu'Alice fait la cuisine? Elle sait faire les cocktails de façon spectaculaire et organiser les fêtes mais quand il s'agit de nourriture, chacun apporte la sienne."

Alice tira la langue à Rose.

Mike, Jessica et Eric semblaient vouloir s'étouffer de rire et mordre leur langue, Rosalie semblait dire la vérité, décida Bella.

"Merci Rose, tu es une experte en cuisine aussi." Alice se tourna vers Bella. "Oui amène quelque chose." Elle les regarda puis s'adressa à tout le monde de nouveau. "Vous pouvez amener ce que vous voulez. Ne vous inquiétez de quoi, on fera un barbecue, steak et poulet. Amenez l'apéritif et les plats d'accompagnement."

"A quelle heure faut-il qu'on vienne?" demanda Mike.

"Vers quinze heures je pense que ce serait bien. Oh et je vous donnerai l'adresse et le code pour passer la grille."

"On sait où tu habites, Al," dit Rosalie. "Sauf Bella et Jasper."

"Oh! On ne fait pas ça chez moi cette fois-ci. Je ne l'ai pas dit?" demanda-t-elle innocemment. "Ce sera chez mon frère. Nous organisons cette petite fête ensemble. Il fait toujours un barbecue pour la fête du travail. Mais ne vous inquiétez pas, je vous donnerai tout ce qu'il faut à l'heure du déjeuner." Alice sourit et regarda autour de la table. "Sauf toi," elle sourit à Bella. "Puisque tu vis là-bas."

Bella crut qu'elle allait vomir ses Lucky Charms. Bon juste les charms … elle aurait dû manger plus de ceux qui portaient chance… comment se faisait-il qu'elle ait autant la poisse?

Chez Edward? Merde… comment vais-je pouvoir me sortir de cette situation?

Angela!

"Tu sais quoi Alice? J'ai complètement oublié… j'ai une amie qui vient pour le week-end. Elle ne partira pas avant lundi soir. J'ai bien peur de ne pas pouvoir venir."

"Amène ton amie! Plus on est mieux c'est! Je t'assure qu'il n'y a aucun problème."

Oh si, il y a un problème. Je serai là-bas… et Edward aussi.

Bella allait trouver une nouvelle excuse mais le principal Greene prit la parole.

"Si je peux avoir votre attention s'il vous plait!" Il attendit un moment. "Je ne vous retiendrai pas longtemps. Je voulais vous donner une mauvaise nouvelle. Et aussi une bonne." Il regarda dans la salle, tout le monde attendait tranquillement.

"Je vous ai présenté Tyler Crowley hier, le nouveau professeur de science qui prenait la suite de Bob Banner. Quelques-uns d'entre vous ont eu le plaisir de lui parler et commencer à apprendre à mieux le connaitre." Les yeux du principal s'arrêtèrent plus longuement à la table où était Bella avec les enseignants les plus jeunes. "Malheureusement Tyler n'a pas eu de chance la nuit dernière, il est à présent au centre médical universitaire de Washington…"

Tout à coup des murmures s'élevèrent dans l'assemblée et le principal continua.

"Tyler a eu un sérieux accident de la circulation hier soir. Apparemment il a perdu le contrôle de son van, a percuté un autre véhicule avant de quitter la route et de heurter un transformateur, il s'est s'arrêté contre un talus du côté de Skyline Drive…"

La bouche de Bella s'ouvrit.

Putain de merde… la panne!

Alice se pencha vers Bella. "Hey c'est juste à côté de chez vous!"

Bella ne put qu'acquiescer, bouche ouverte et yeux écarquillés.

"Le pauvre gars," dit Jessica, en saisissant l'avant-bras de Mike Newton.

"Quoi qu'il en soit…" reprit le principal Greene après que les murmures se soient calmés, "… je voulais que vous sachiez qu'il est entre de bonnes mains et qu'il nous reviendra en parfaite santé mais il a une commotion cérébrale et quelques fractures. Il ne pourra pas retravailler avant un bon moment. Shelly Cope a commandé des fleurs et une carte circule… si vous voulez la signer…"

"Ensuite je voulais vous dire - et c'est la bonne nouvelle - que nous avions trouvé un remplaçant rapidement puisque les cours démarrent mardi." Le principal se retourna et fit signe à quelqu'un.

Un homme assez jeune se leva et s'approcha de l'estrade. Il avait les cheveux noirs, des cheveux hérissés, des yeux en forme d'amande, derrière des lunettes noires à la monture audacieuse. Il se retourna et regarda l'assemblée tandis que le principal se raclait la gorge pour faire les présentations.

"Oh! Seigneur…" murmura Alice en fixant le jeune homme.

"Bon et bien je voulais vous présenter…"

"Ben Cheney!" lâcha Alice avec un petit cri aigu.

"…Ben Cheney," confirma le principal en regardant vers Alice puis vers Ben. "Je vois que quelqu'un vous connait déjà, Ben."

Ben regarda vers la table et fit un sourire éclatant. "Alice. Alice Cullen?"

Alice sourit et hocha la tête. "Oui mais c'est Alice Brandon, mais oui!" Le principal s'éclaircit la voix et Alice le regarda.

"Stewart, désolée! Je ne voulais pas vous interrompre!"

"Ça va Alice," dit-il avant de reprendre. "Alors je voulais aussi vous dire… Ben est diplômé de l'université de Washington et il travaillait dans le privé sur la côte est avant de décider de poursuivre sa formation en tant qu'enseignant. Il vient de revenir à Seattle. Ben reprendra les classes de Tyler Crowley pour un bon moment. Donc souhaitons la bienvenue à Ben Cheney." Le principal Greene tendit la main et Ben la serra, il le remercia et fit signe au personnel qui applaudissait poliment.

"Voilà j'ai fini," dit-il en s'adressant aux employés. "Le reste de la journée vous appartient, faites ce qui doit être fait pour préparer la journée de mardi quand les élèves arriveront. Bonne journée!"

La plupart des enseignants restèrent à leurs tables probablement en train de digérer les nouvelles concernant Tyler Crowley et son accident.

Bella remarqua que Jasper faisait grise mine alors que Ben Cheney venait vers eux. Alice se leva quand il approcha et le serra brièvement dans ses bras.

"Alors, Alice Brandon, hein?" dit-il avec un grand sourire. "Tu es mariée?"

"Euh oui," répondit-elle. "Malheureusement. Et je suis divorcée mais c'est une bonne chose. J'ai juste gardé le nom." Elle se tourna et le présenta au groupe.

"Ben, je veux te présenter Isabella Swan, Eric Yorkie, Jessica Stanley, Mike Newton, Rosalie Hale et Jasper Whitlock." Elle donna les noms en faisant le tour de la table pendant que Ben serrait les mains et disait bonjour. La main d'Alice resta posée sur l'épaule de Jasper et elle ajouta. "Ben était un copain de mon frère pendant les études secondaires."

Une expression de soulagement passa sur le visage de Jasper.

"Edward sait-il que tu es ici?" demanda-t-elle à Ben après qu'il eut salué tout le monde.

"Non tu sais, nous n'avons plus eu de relation après. Alors il vit par ici? Que fait-il? Est-ce que ce geek s'est marié aussi?"

"Oui il vit ici, mais tu vas avoir du mal à le reconnaitre. Il fait beaucoup de choses et il les fait vraiment bien. Et non, il n'est pas marié mais je suis sûre que ma mère espère qu'il tombera sur la bonne fille un jour ou l'autre." Alice sourit en regardant Bella et les autres.

Ben sourit en retour. "Bon il a toujours été très timide. Il va probablement devenir l'un de ces vieux célibataires, peut-être qu'il se réveillera sur le tard."

Bella fronça les sourcils. Elle se demandait si Ben parlait vraiment du même Edward Cullen que celui qu'elle connaissait. La version de Ben ne ressemblait pas du tout à celle qui vivait de l'autre côté de chez elle… et qui ne lui parlerait plus pour le reste de sa vie.

Alice sourit. "Oh tu vas être surpris. Il est sorti de sa coquille depuis ce temps-là. En fait nous aimerions bien qu'il y retourne dans sa coquille. Je pense qu'elle lui manque un peu ces derniers temps." Une fois de plus les yeux d'Alice se posèrent sur Bella mais s'éloignèrent rapidement.

Maintenant Bella se demandait si Alice avait deux frères qui se prénommaient Edward.

"Et toi Ben, es-tu marié?" demanda Alice.

Ben sourit. "Non je suppose que je vais me réveiller sur le tard aussi. Je n'ai pas rencontré la bonne sans doute…"

Alice hocha la tête et son visage s'illumina. "Hey… je ne sais pas si tu as des projets pour dimanche mais Edward et moi organisons une petite fête ensemble… un barbecue… et nous serons tous là." Elle montra le groupe autour de la table. "Si tu veux, tu peux venir? Je suis sûre qu'Edward sera heureux de te revoir et tu pourras voir d'autres collègues." Elle sourit, pleine d'espoir.

Ben regarda le groupe puis Alice. "Oui j'aimerai bien. Ça me plait bien de revoir Edward et d'apprendre à connaitre les autres."

"Génial, je te donnerai toutes les indications tout à l'heure. Je viendrai te voir dans ta classe."

"Merveilleux Alice. Je dois y aller et commencer à voir ce qu'il y a faire avec le directeur du département des sciences. On se voit plus tard. Ravi de vous avoir tous rencontrés!" Il fit un signe de la main et s'éloigna.

Les enseignants commencèrent à quitter la salle pour se diriger vers leur classe. Le petit groupe se leva enfin aussi.

"Bella? Qu'est-ce que tu as prévu pour déjeuner?" demanda Mike Newton en poussant sa chaise.

"Oh il faut absolument que nous allions déjeuner tous ensemble!" renchérit Jessica avant que Bella puisse dire quelque chose.

"J'en suis," accepta Eric avec enthousiasme. "Nous n'avons pas souvent la chance de manger à l'extérieur."

Mike n'avait pas l'air de partager son enthousiasme mais Bella ne voulait pas déjeuner seule avec Mike Newton. Non… elle voulait le décourager.

"Déjeuner en groupe me parait bien," répondit-elle enfin. "Et les autres?" Elle regarda Alice, Rose et Jasper dans l'espoir qu'ils participent aussi.

"Euh…" Rose fit une grimace. "J'essaie toujours de rééquilibrer toutes les calories que j'ai stockées à Hawaii. Je pense que je ne déjeunerai pas mais irait plutôt les dépenser à l'heure du repas."

Bella se demanda où Rosalie cachait cette graisse qui semblait tellement la dégoûter.

"Je ne peux pas…" dit Alice. "J'ai une réunion des dirigeants du club à l'heure du déjeuner et ensuite une autre réunion avec l'association pour les activités para scolaires."

"Je ne peux pas non plus," dit Jasper d'une voix trainante. "On m'a forcé la main pour être conseiller du club et ensuite pour aider à l'association." Ses yeux brillaient en regardant Alice. "Mais ça comprend le déjeuner et la bonne compagnie, je ne peux pas me plaindre. "

Alice rougit et sourit. La chose entre eux semblait avancer dans la bonne direction…

"D'accord donc je suppose que nous serons quatre pour déjeuner dans le monde des adultes," déclara Mike. "Rendez-vous devant l'entrée à midi, on prendra ma voiture."

Une fois d'accord ils partirent chacun dans une direction différente pour le reste de la matinée. Bella vers le bâtiment des langues avec Alice, Eric et Jessica.

"Donc Alice… à propos de dimanche…" commença Bella… mais elle ne put rien faire d'autre parce qu'Alice l'enlaça et la tira contre elle.

"Tu viens. Ça sera bien. J'ai juste un bon pressentiment à ce sujet."

"Tu as un bon pressentiment… à propos de … quoi?" demanda Bella perdue.

J'ai un mauvais pressentiment moi… retour sur la scène du crime.

"J'ai un bon feeling pour ce barbecue… ce sera amusant. Et si tu détestes vraiment et bien tu habites juste en face non?" Elle sourit de toutes ses dents en regardant Bella, celle-ci hocha la tête. Tu n'as même pas besoin de la voiture. Tu viens et tu amènes ton amie… quel est son nom?"

"Angela. Angela Weber."

"Angela. Elle passera un bon moment. Toi aussi. C'est promis."

Bella se força à sourire. Bien sûr elle ne pouvait rien dire de ce qu'il s'était passé à Alice. Il fallait simplement qu'elle trouve une autre excuse, prétendre être malade par exemple.

Bella passa le reste de la matinée à travailler sur le plan de ses cours et le matériel qu'il lui fallait. Elle fit de nombreux voyages dans le bureau principal pour faire des photocopies et pour voir tout ce qu'il y avait là-bas.

Après deux heures ses pieds lui faisaient mal dans ses nouvelles chaussures. Heureusement elles avaient les vieilles pantoufles roses. C'était le moment parfait pour les mettre et il n'y avait personne pour se moquer d'elle dans le coin. Il fallait vraiment qu'elle trouve autre chose de plus mettable pour la fin de la journée. Elle enleva ses talons et soupira de soulagement en agitant ses orteils dans ses pantoufles. Et ensuite elle prit quelques bonbons dans le bocal sur son bureau.

Elle était près du meuble de classement, en train de ranger les photocopies qu'elle avait faites plus tôt pour que tout soit prêt quand elle en aurait besoin, quand quelqu'un frappa contre sa porte ouverte.

"Oui, je vais être à vous," dit-elle par-dessus son épaule en luttant pour garder la pile de papiers stable et ouvrir en même temps le mécanisme du tiroir pour tout y ranger. Enfin elle y arriva et réussit à y déposer les papiers. Elle se tourna en souriant et en refermant le tiroir.

Elle sursauta et recula quand elle vit la silhouette mince dans l'embrasure avec une main ratissant ses cheveux.

Putain de merde!

Que fait-il là?

Il était très beau. Non. Encore plus que ça. Il était phénoménalement spectaculaire. En costume. Pas un pantalon, une chemise et une cravate mais un magnifique …

Costume

Bleu

Marine

Rayé!

GAh!

Ses yeux verts paraissaient turquoises et méfiants. Et ils étaient cernés. Ses sourcils épais se touchaient presque, bien que son front soit lisse. Il avait l'air inquiet. Bella vit qu'il déglutissait avant de parler.

"Puis-je entrer?" demanda-t-il de sa voix douce et basse, le ton prudent que vous prendriez si vous parliez à un animal sauvage.

"Alice a dû aller à une réunion," lâcha Bella en tirant son cardigan autour d'elle et en faisant un pas en arrière cognant contre le classeur de rangement.

Il écarquilla les yeux et le froncement de sourcils disparu momentanément. Et le malaise réapparut.

"Je le sais… et je ne suis pas ici pour voir Alice."

Merde il est venu pour me parler de cette action judiciaire qu'il entend lancer contre moi!

Il changea de pied d'appui et regarda un moment comme s'il avait du mal à se souvenir de ce qu'il voulait dire. Bella le vit se lécher les lèvres puis il la regarda.

"Je suis venu te voir…"

Bella attendit.

Merde! Je le savais! C'en est fini de mon travail!

"Je suis venu pour m'excuser," continua-t-il. Sa main tomba dans la poche de son pantalon. Bella entendit le tintement des clés. Elle l'avait déjà entendu avant. Peut-être que c'était nerveux.

Il n'est pas nerveux. Pourquoi le serait-il?

Attends… s'excuser?

"Quoi?" dit-elle perdue, tandis que les mots arrivaient à son cerveau.

Pourquoi donc devrait-il s'excuser?

Il hocha la tête. "Je veux m'excuser. J'ai été imbuvable hier soir." Il s'arrêta et regarda derrière lui dans le couloir puis se retourna vers elle.

"Ecoute, je peux entrer?"

Bella hocha la tête prudemment et Edward entra un peu dans la classe.

"Ça te dérange si je ferme la porte?" demanda-t-il en faisant signe de la tête vers la porte en question.

Bella cligna des yeux et après un instant elle hocha la tête. "Non, tu peux la fermer."

Il se tourna et ferma la porte doucement. Le bruit de la serrure fit remonter à la surface le rêve qu'elle avait fait cette nuit. Mais cet Edward était très différent de celui de son rêve. Il semblait perdu concernant ce qu'il fallait faire au sujet de sa voisine curieuse mais c'était un Edward doux et calme pas dominateur et en colère.

"Je voulais m'excuser, tu m'as invité à partager ton dîner… et aussi parce que tu n'avais pas à me raconter la vérité.. Tu aurais pu mentir mais tu ne l'as pas fait… et franchement… j'admire ton honnêteté. Tu as répondu à chacune de mes questions sans rien cacher du tout. C'est vraiment… très … inhabituel."

Bella sentit le rouge monter sur son visage.

Bien sûr que c'est inhabituel… je ne suis pas comme les autres.

Elle s'éclaircit la voix mais quand elle parla sa voix était tremblante.

"Tu n'as pas besoin de t'excuser. C'est moi qui dois le faire. Tu m'as fait confiance en me donnant les clés de chez toi et j'ai abusé… en espionnant comme je l'ai fait." Bella enroula ses bras autour d'elle et avança de quelques pas.

"Non… Je t'ai donné mes clés et tu as regardé chez moi, mes affaires… et j'ai fait de même quand j'ai aidé pour le déménagement. J'ai vu ta vie tout comme toi tu as vu la mienne. Ce n'est pas ta faute que…" Il sembla chercher les bons mots et soupira finalement. "Ce n'est pas ta faute si je vis comme je le fais. Comme un con. Je suis un abruti. J'étais un abruti mais j'essaie de ne plus l'être."

Ses lèvres se recourbèrent en coin. "Et voilà maintenant j'utilise abruti pour me décrire," ajouta-t-il en roulant des yeux.

Belle ne put s'empêcher de sourire en essayant de le retenir.

"Mais tu n'as pas regardé dans mes tiroirs," lui rappela-t-elle. "Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça… comme une harceleuse."

"C'est un peu bizarre mais si ça te fait te sentir mieux, j'ai regardé ce qu'il y avait dans tes sacs ici l'autre jour. Je sais ce que tu as amené de chez toi pour ici." Il haussa les épaules et fit quelques pas de plus vers elle. "Je dois admettre cependant que je n'avais pas réalisé que ces choses roses en peluche était des pantoufles." Il se mordit la lèvre pour retenir son sourire en regardant ses pieds.

Bella était horrifiée. Quelqu'un l'avait vue porter ses pantoufles lapin rose! Elle rougit d'embarras.

Il doit penser que je suis dingue.

Il le pensait déjà ça ne fait que le confirmer.

"Mes chaussures son neuves… inconfortables… talons trop hauts… là je suis bien mieux. Honnêtement je ne les mettrai pas pour travailler." Elle regarda vers ses pieds et ses pantoufles ridicules.

Edward haussa les épaules et s'approcha encore. "Ça ce doit pas être très confortable d'être en talons toute la journée pour enseigner. Avoir une paire de chaussons à mettre après les cours est une bonne idée."

Bella était soulagée. Il n'avait pas dit qu'elle était dingue. Pas à voix haute en tous cas… peut-être le pensait-il quand même?

"Et je voulais te remercier d'avoir ramené mes affaires hier soir," dit-il.

"De rien," dit-elle en se rapprochant de son bureau. "J'ai pensé que tu ne voudrais pas revenir de sitôt... voir… jamais."

Il soupira et regarda le sol de nouveau. Quand il releva la tête sa main alla sur sa nuque.

"Je t'ai vue quand tu es venue." Ses sourcils bougèrent à ce souvenir. "Je me suis demandé si tu allais sonner ou toquer et quand j'ai réalisé que je m'étais comporté comme un …" un petit rire ironique quitta ses lèvres. "Un abruti." Sa main se posa sur sa hanche ouvrant sa veste.

"Bella je sais que tu n'avais pas de mauvaises intentions… je sais que tu n'es pas un harceleur et que c'était simplement de la curiosité, c'est humain. Je pense que j'aurais pu faire la même chose. Et je suis désolé de ce que j'ai dit… Je sais que tu n'as pas dormi dans mon lit … je suis sûr que tu me l'aurais dit si tu l'avais fait…"

Bella haleta mais quand elle vit le sourire sur son visage, elle se rendit compte qu'il la taquinait et essayait de détendre l'atmosphère.

Elle se sentit rougir. C'était tellement difficile de le regarder quand il la fixait comme ça. Il était tout simplement magnifique et elle eut la nette impression qu'il pouvait lire ses pensées en ce moment même, et peut-être se moquait-il d'elle un peu et que c'est ça qui la troublait.

"Donc…" il s'arrêta et s'éclaircit la voix, "J'espérai que nous pourrions nous laisser – mutuellement – le bénéfice du doute et recommencer. Encore. Si tu es d'accord avec ça."

"De nouveau?" demanda-t-elle surprise. "Nous avons recommencé hier soir… et ça n'a pas très bien fonctionné." Elle se mordit la lèvre en le regardant avec prudence.

"Je sais… " Il haussa les épaules. "Peut-être que nous aurons plus de chance cette fois-ci, la troisième fois sera la bonne non?" Il fit son sourire de petit garçon en coin.

Bella le fixa en se demandant un instant si elle avait bien compris tous ses mots.

Peut-être que nous aurons plus de chance cette fois-ci, la troisième fois sera la bonne non?

Oh seigneur… "chance… les Lucky Charms" chanceux. C'est maman qui a raison!

"D'accord," souffla-t-elle, avec un léger signe de tête et un sourire prudent. "Peut-être aurons-nous de la chance cette fois!"

"D'accord," dit-il en hochant la tête. "Alors c'est un oui? Tu donnes ton accord pour un autre tour?" Il la regarda avec espoir, dans l'expectative, les sourcils froncés attendant une réaction.

Bella le regarda avec hésitation. "Je ne sais pas pourquoi tu le souhaites, mais oui… c'est un oui."

"Bien." Il sourit. Et puis il se souvint qu'il avait amené des choses… rien d'extravagant… simplement quelque chose, il l'espérait, qui serait utile.

"Euh, j'ai amené quelque chose," dit-il en montrant un long tube et en s'approchant du bureau.

"Tu as amené quelque chose pour moi?" demanda-t-elle, surprise, tandis qu'elle s'approchait aussi du bureau. "Qu'est-ce que c'est?" Elle n'avait pas encore remarqué le tube.

"Tiens regarde." Il s'avança en lui tendant le gros tube par-dessus le bureau. Elle était si proche de lui qu'elle pouvait sentir son odeur. L'odeur du prédateur. L'odeur de Prédator.

C'était au moins aussi bon que les Lucky Charms.

Elle prit le tube dans sa main et enleva le bouchon, le posa près du bocal à bonbons. Le tube contenait des posters bien enroulés. Elle regarda Edward surprise.

"Des posters?"

"Pour la classe… si tu les veux…" Il regarda autour de lui les murs toujours nus. "… pour mettre avec les autres."

Bella regarda les deux affiches pathétiques d'Eric qu'elle avait accrochées derrière le tableau blanc.

"Tu m'as amené des affiches?" demanda-t-elle à nouveau, incrédule.

Il hocha la tête et se frotta la nuque semblant lui aussi peu sûr de lui.

"J'étais une espèce de rat de bibliothèque à l'école secondaire et à l'université je suis devenu un vrai cinéphile. J'ai une collection d'affiches de cinéma surtout de celles qui ont été tirées de roman ou de la littérature classique. J'ai pensé que certaines d'entre elles conviendraient, pourraient aller dans une classe d'anglais pour un moment au moins… jusqu'à ce que tu aies le temps de trouver ce que tu veux vraiment afficher. Si les élèves réalisent que quelques films sont basés sur des livres peut-être que ça les incitera à penser que lire peut être intéressant. De toute façon elles étaient rangées dans mon garage."

"C'est donc ce que tu faisais hier soir dans ton garage?" dit Bella sans réfléchir. Elle mit sa main sur sa bouche, mortifiée. Mais c'était trop tard… elle l'avait admis involontairement : elle l'avait épié … encore.

Espionne

Edward la regarda les yeux écarquillés puis il éclata de rire.

Elle ne pouvait vraiment pas s'en empêcher? Elle se mit à rire aussi.

"J'aurais sûrement dû m'y attendre," il se frotta pensivement le menton.

"Je promets que ce n'était pas intentionnel!" dit-elle en rougissant. "Je suis montée pour me coucher et la lumière était allumée dans ton garage. Il devait être vingt-trois heures et je me suis demandée qu'est-ce que tu pouvais bien faire."

"Tu as besoin d'un passe-temps," plaisanta-t-il.

"J'en ai plein déjà," répliqua-t-elle, en sortant les posters du tube. "J'écris, je lis et bientôt j'aurais des tas de trucs à corriger et je n'aurais plus aucun temps pour être curieuse sur toi et tes passe-temps."

Elle rougit regrettant instantanément la façon dont elle l'avait dit, la façon dont il pourrait le prendre. Un silence inconfortable suivit ses mots ce qui la fit se sentir encore pire. Elle le regarda mais il ne voulait pas la regarder et elle pouvait voir sa mâchoire serrée.

"Ce que je voulais dire… c'est… tu as la musique, les livres et bien sûr tu es libre de faire ce que tu veux… et tu ne devrais pas t'inquiéter de ce que les autres pensent… et je rends cela encore pire en en discutant davantage. Alors je vais juste la fermer."

"Ne t'inquiète pas," dit-il en essayant de hausser les épaules. "J'ai de trop nombreux passe-temps et certains doivent cesser."

Bella étudia son doux visage, surprise par la vulnérabilité qu'elle y voyait.

Il tendit sa main pour l'aider à dérouler les posters pendant qu'elle déplaçait le bocal à bonbons sur le côté.

"Tu aimes bien Pâques?" lui demanda-t-il soudainement.

Elle cligna des yeux. "Quoi? Pourquoi tu me demandes ça?"

"Les pantoufles lapin, les jellybeans… tout ça me fait bien penser à Pâques."

Elle rigola. "Non non ... des pantoufles confortables que je vais d'ailleurs remplacer par quelque chose de plus approprié pour le travail et les jellybeans sont mes sucreries préférées… plus que les Twizzlers. J'achète assez de ces bonbons de Pâques pour en avoir toute l'année." Elle déboucha le bocal et le lui tendit. "Tu en veux?"

Il haussa les épaules. "Bien sûr, je prendrais quelques-uns de ces bellybeans."

Il en prit plusieurs et quand il releva les yeux il vit une expression stupéfaite sur son visage pâle.

"Qu'y-a-t-il?" demanda-t-il.

"Pourquoi… ce que tu as dit?" demanda-t-elle avec appréhension.

"Qu'est-ce que j'ai dit?" demanda-t-il, ne comprenant pas du tout sa réaction.

"Pourquoi tu les as appelés 'bellybeans'?"

"Eh bien tu sais…" expliqua-t-il, "jellybeans… Bella's beans… bellybeans… progression naturelle, juste un jeu de mots. Pourquoi? J'ai fait quelque chose de mal?"

Bella se ressaisit et chassa le malaise en s'efforçant de lui sourire.

"Non… non, ça m'a simplement prise au dépourvu. Euh... mon père les appelait toujours ainsi lorsque j'étais petite. En fait il les appelle encore comme ça. Désolée ce n'est rien… Ça m'a vraiment surprise de t'entendre les appeler comme ça aussi."

Il hocha la tête et regarda un instant avant de jeter les bonbons dans sa bouche puis de se concentrer sur les posters.

Le premier était Les Outsiders.

"C'est le premier poster que j'ai cherché quand j'étais dans le secondaire. Je me souviens avoir aimé le côté social, l'action et la tension quand nous l'avons lu en classe. Mais la chose qui m'a vraiment plu dans l'histoire c'est quand Ponyboy a décidé de dire ce qu'il s'était passé dans un devoir pour sa classe d'anglais et ensuite ce devoir est devenu un roman. Et dans mon cours d'anglais j'ai dû écrire quelque chose sur cette histoire et comment la relier à notre propre expérience. C'était un peu comme de l'art imitant la vie et la vie imitant l'art. J'ai pensé que c'était bien."

Bella sourit. "Oui, c'est toujours un bon roman populaire, spécialement pour les garçons. Difficile de croire que c'est une fille qui l'a écrit. Susan Hinton avait tout juste quinze ans quand elle a commencé à l'écrire. Et ila été publié quand elle a eu dix-sept ans."

Bella mit le poster de côté et regarda les suivants. Des souris et des hommes, Frankenstein, Roméo et Juliette, Great Expectations et Hamlet.

"C'est tout simplement parfait. Nous allons les lire avec mes classes. C'est merveilleux Edward."

Il haussa les épaules. "Je pensai me souvenir que j'avais lu tout ça à cet âge-là. Alors j'ai pensé qu'ils pourraient t'être utiles. Les prochains concernent Tolkien. J'étais un rat de bibliothèque et j'adorai ce monde fantastique." Une par une il fit glisser les affiches sur la pile déjà sur le bureau. La communauté de l'anneau, Les deux Tours, le Retour du roi.

"Et tu étais fan d'Harry Potter?" demanda Bella en voyant les deux affiches suivantes : Harry Potter à l'école des sorciers et La Coupe de feu.

Il sourit un peu timidement. "Ouais, j'ai tout lu. Je me trimballais ces gros livres à l'école et je me mettais à lire à chaque instant de liberté, je n'ai pas acheté toutes les affiches parce que j'ai grandi au fil des parutions."

Bella sourit et fit passer les posters sur l'autre pile et regarda ce qu'il y avait en dessus. Pendant un moment elle fut perdue.

"Celui-là est neuf. Tu n'as pas pu l'avoir… de ton époque."

"Non… euh… je l'ai acheté ce matin. J'ai pensé qu'il conviendrait parce que c'est un bestseller dont on a tiré un film récemment et qu'il est interdit au moins de 13 ans donc j'ai pensé que certains de tes élèves l'avaient peut-être vu…"

"Tu as sûrement raison," admit-elle.

Edward fit passer le poster De l'eau pour les éléphants, sur l'autre pile et regarda Bella qui regardait ce qu'il y avait dessous.

"Je les ai achetés ce matin aussi," dit-il.

Elle cligna des yeux et puis une expression plutôt respectueuse passa sur son visage.

"Oh Seigneur! Ils sont encore très populaires en ce moment. Oh les filles dans ma classe vont les adorer!"

Edward se sentit très content de lui-même et fut presque certain que quand Bella mentionnait les filles dans sa classe elle s'incluait dans ce groupe. Il avait eu le bon pressentiment. Bien sûr c'était basé sur des informations 'confidentielles' mais il n'allait pas le dire.

"J'ai pensé qu'elles pourraient convenir," dit-il. "La plupart des autres sont plus pour les garçons alors j'ai pensé que je pouvais trouver quelque chose pour les filles. Il y a une grande librairie juste à côté de mon immeuble. J'y suis allé pour chercher un livre et j'ai vu le poster De l'eau pour les éléphants et les trois autres."

Ces trois dernières affiches provenaient des trois premiers livres de la série populaire Ecrit dans les Etoiles : Stardust, Starlight, Starshine. Le quatrième et dernier Starfire avait donné lieu à un film en deux parties qui n'étaient pas encore sorties. La première partie sortirait en novembre et la partie 2, la dernière ne sortirait qu'à l'automne suivant.

"Edward ces affiches… c'est incroyable. Elles sont parfaites! C'est une bonne idée de mélanger les choses que les élèves peuvent déjà lire et les livres qu'il faut avoir lu. Ça pourrait susciter l'intérêt des élèves. Ce sera bien plus attirant que les parties du Discours ou Shakespeare bien sûr même si ces choses sont importantes pour l'anglais." Elle lui sourit mais après un instant son visage devint plus grave.

"C'est vraiment très gentil à toi d'avoir réfléchi à ce que tu pourrais faire. Je ne peux pas croire que tu sois allé fouiller dans ton garage tard hier soir pour les trouver pour moi et qu'ensuite tu en aies acheté d'autres ce matin. Et qu'ensuite tu aies quitté ton travail pour me les amener. Je ne mérite pas vraiment ça après ce que j'aie fait."

Il regarda dans ses yeux bruns pendant qu'elle fronçait les sourcils. Il aurait voulu lisser le petit pli et le v qui s'était formé là. Ou peut-être ranger ses mèches derrière son oreille. Il se demanda s'il en avait trop fait et l'avait mise mal à l'aise. Ce n'avait pas du tout été son intention.

"Je me suis senti mal d'avoir autant réagi et en y repensant je me suis demandé comment me faire pardonner. Je ne savais pas quoi vraiment faire. Ensuite j'ai pensé à ta salle de classe vide. Ce n'était pas très difficile pour moi de ressortir tout ça." Il fit un signe de tête vers la pile des affiches sur le bureau de Bella. "Elles étaient dans mon garage, en train de prendre la poussière et comme je l'ai dit, je suis allé à la librairie un peu plus tôt et j'ai vu celles-là… j'ai voulu que tu les aies … si tu les veux."

Bella était vraiment touchée. Edward était vraiment une bonne personne, comme Alice le lui avait dit. Il était là… quelque part sous le prédateur.

"Je peux vraiment m'en servir. Merci… merci beaucoup," dit-elle sincèrement et elle le remerciait vraiment et plus que pour les posters.

"C'est avec plaisir." Il sembla content voir même soulagé.

La porte de classe s'ouvrit brusquement et Eric Yorkie fit son apparition, regardant Bella et Edward puis Bella de nouveau.

"Désolé Isabella, je n'avais pas réalisé que tu étais avec quelqu'un. Tu es prête à aller manger?"

Elle regarda l'heure et fut surprise de voir qu'il était presque midi.

"Oui bien sûr Eric. J'arrive. On se retrouve devant l'entrée principale, d'accord?"

"D'accord, "répondit-il. "A tout de suite, Isabella."

Il partit en refermant la porte et Bella se retourna vers Edward. Pour une raison quelconque il fronçait légèrement les sourcils.

"Donc je te laisse tout ça," dit-il. "Je ferai mieux de te laisser aller à ton rendez-vous."

"Oh ce n'est pas un rendez-vous," dit-elle sentant la nécessité de lui expliquer. "Nous sommes quatre à aller manger à l'extérieur. Aujourd'hui le déjeuner n'était pas prévu. Je devais prendre les restes d'hier soir mais je les ai oubliés et je les ai laissés dans mon frigo."

Bella ne savait pas vraiment pourquoi elle lui expliquait cela mais l'expression d'Edward changea et cela semblait être une bonne chose qu'elle l'ait fait.

*En français