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CHAPITRE 21 …

Une série d'événements stimulants

Le vendredi matin quand Edward se réveilla il se sentit comme de la merde. Mais une merde optimiste. Il n'avait pas bien dormi ce qui était la raison essentielle pour laquelle il se sentait dans un tel état mais comme il était resté éveillé pendant les petites heures de la nuit, réfléchissant à un plan B, il avait commencé à se sentir un peu plus optimiste. Et ce fut avec ce sentiment d'espoir qu'il sortit de son lit quand son réveil sonna.

Bien sûr il y avait aussi un sentiment de prudence. Il voulait arranger les choses avec Bella et il était certain que son plan B était assez bon mais il savait aussi qu'il ne fallait pas qu'il devienne trop proche d'elle. Ça ne se passerait pas bien. Mais il savait qu'il fallait qu'il arrange les choses entre eux.

Il décida d'échanger son footing matinal contre un entrainement dans sa salle de gym en regardant les informations à la télé, tout en faisant du vélo elliptique, des abdos puis soulever des poids pour ses bras, ses épaules et sa poitrine.

Lorsque les informations furent terminées il était sur le point de changer de chaine lorsque la présentatrice mentionna quelque chose concernant les films Ecrit dans les étoiles, plus précisément le volet intitulé Starfire Première partie. Il reposa la télécommande et regarda avec intérêt.

Elle décrivit des scènes et ricana parce que le film devait être hot, l'esprit d'Edward divagua ailleurs. Il traversa la rue pour aller dans la maison en face et vers l'ordinateur qui appartenait à sa curieuse petite voisine. Il pensa à ce site auquel elle contribuait. Et à cet instant il sut que son plan B était incomplet… il avait besoin de plus… alors il décida qu'il avait besoin de faire un arrêt à la librairie avant d'aller à Fawkes tout à l'heure.

Il arrêta son entrainement pour ce matin, éteignit la télé et alla directement sous la douche. S'il voulait aller au bureau, faire quelque chose, avoir le temps de s'arrêter à la librairie et aller à Fawkes avant le déjeuner, il fallait qu'il se dépêche.

ooo O ooo

Il arriva au travail avant huit heures et sa très efficace secrétaire, qui était déjà là, le salua quand les portes de Masen Entrepreneurial s'ouvrirent pour le laisser passer.

"Bonjour, M. Cullen. Bienvenue. C'était comment Chicago?" demanda-t-elle.

"Bonjour Makenna, c'est bon d'être de retour, je vous remercie. Chicago était…euh… plutôt instructif." Il pinça les lèvres et fronça les sourcils momentanément, perdu dans ces pensées négatives.

Sa secrétaire le regarda, confuse mais il n'ajouta rien, elle ne demanda pas. Elle savait que ce n'était pas son rôle. Elle lui tendit le courrier et les messages en continuant à lui parler.

"Sur votre bureau vous trouverez des contrats qui sont prêts pour la dernière lecture et votre signature, les portefeuilles les plus récents et les demandes de financement qui ont été triés en deux piles : les litigieux et les possibles, basé sur une avant-lecture."

Il hocha la tête en regardant les messages téléphoniques qui s'étaient entassés pendant la semaine, depuis qu'il était parti à Chicago et depuis mercredi. "D'accord," déclara-t-il écoutant et lisant simultanément. "Merci."

"Un café, M. Cullen?" demanda-t-elle, pendant qu'il se dirigeait vers son bureau qui donnait une vue spectaculaire sur le Mont Rainier.

"S'il vous plait," dit-il et il ouvrit la porte de son sanctuaire. "Oh…" dit-il, en faisant marche arrière. "Je déjeunerai tôt et j'ai un rendez-vous à dix-neuf heures donc je partirai vers dix-huit heures. Merci d'avoir continué à faire marcher la machine pendant mon absence."

Elle sourit et hocha la tête de reconnaissance. "Certainement Monsieur."

Edward trouva tout soigneusement arrangé dans son bureau. Makenna était sûrement aussi maniaque que lui. Elle était aussi beaucoup moins coureuse et bien mieux mariée que la jeune qu'elle avait remplacée. Il y avait un temps pour être coureuse et les jours ouvrables n'en faisaient pas partie.

Edward s'assit à son bureau et tourna son ordinateur. Makenna frappa et entra quelques minutes après, amenant une tasse de café fumante.

Edward était face à la porte et regardait son écran tandis qu'elle déposait son café sur son bureau.

"Autre chose, M. Cullen?"

Ses yeux quittèrent l'écran pour la regarder puis y retournèrent pour faire défiler ce sur quoi il était concentré. Il semblait être un peu distrait par son écran.

"Euh… oui… Alice commence l'année scolaire mardi et je voudrai lui faire livrer des fleurs… à l'école… mardi matin."

"Certainement monsieur. Des lys?" C'était une demande habituelle après tout.

"Oui des lys. Elle les aime toujours. Peut-être les beaux orange pour changer? Composition de luxe."

"Lys orange, composition de luxe, d'accord. C'est tout M. Cullen?"

Il était assis à contempler l'écran, le coude appuyé sur son bureau, son index caressant sa lèvre inférieure.

"Euh… non… je voudrai en envoyer un deuxième."

Makenna était complètement perdue. "Pour Alice?" demanda-t-elle, avec hésitation.

"Non… Il attrapa son bloc et inscrivit un nom de sa calligraphie fluide et soignée et le poussa sur le bureau vers elle. Ses yeux revinrent immédiatement à l'ordinateur et se posèrent sur l'écran.

Makenna ramassa le papier et lut à voix haute. "Isabella Swan."

Elle baissa les yeux vers son jeune et bel employeur. C'était très inhabituel. Il envoyait des fleurs à sa mère et à sa sœur à l'occasion et aux employés à diverses occasions tristes ou joyeuses. Mais à sa connaissance il n'avait jamais envoyé des fleurs à une autre femme, à moins qu'il s'en soit occupé lui-même… ce qui était tout à fait possible.

"Même adresse : l'école," dit-il en fronçant les sourcils en regardant son écran.

"N'importe quel type de fleurs? Des roses peut-être? "Elle était curieuse au sujet de la destinataire… cette Isabella Swan… se demandant s'il allait lui donner quelque chose.

"Non!" Ses yeux rencontrèrent les siens. Il réalisa qu'il avait répondu trop vivement parce que sa voix s'adoucit alors qu'il continua. "Non pas de roses… définitivement pas." Il la regarda un long moment de plus souhaitant qu'elle ne lui pose pas plus de questions puis retourna à son ordinateur.

Makenna sourcilla se sentant un peu perdue. Visiblement ce n'était pas un geste romantique. Un instant il resta bouche bée devant son écran puis il se mit à sourire en tournant l'écran vers Makenna. Et elle réalisa soudain qu'il cherchait des compositions florales depuis le début.

"C'est ça… ce que je veux." Son sourire s'élargit, il était ravi de sa trouvaille.

"Ça monsieur? Vous êtes sûr?" Elle le regarda dubitative, se demandant à quoi il pensait de vouloir commander quelque chose comme ça. "Monsieur, c'est… très inhabituel," dit-elle finalement.

"J'aime ce qui est inhabituel… et inhabituel est parfait pour cette situation. Seulement savez-vous comment s'appellent ces fleurs, elles ressemblent à des marguerites sauf celles qui sont au milieu et qui sont de couleur brune?"

Elle réfléchit un moment. "Je pense qu'elles pourraient être appelées Les yeux bruns de Susan."

Ses yeux s'écarquillèrent et il rayonna comme s'il avait touché le jackpot.

"Encore mieux. Commandez donc des yeux bruns de Susan à la place des marguerites et composition de luxe aussi. Et ils peuvent même rajouter plus de fleurs. Il hocha la tête et retourna l'écran vers lui, content de sa trouvaille et de sa décision.

"Bien alors," répondit Makenna un peu incertaine. "Et le message? Le même que pour Alice?"

Le message habituel pour Alice était : "Bonne chance pour la rentrée. Plus que neuf mois avant l'été." C'était toujours ce message idiot qu'il lui envoyait depuis qu'elle était à Fawkes juste après qu'elle ait obtenu son diplôme.

"Oh… euh… non…" Edward reprit le bloc et regarda l'écran, réfléchissant pendant un moment et ensuite il commença à écrire rapidement. Il arracha la feuille bloc et la tendit à Makenna. Elle lut le message à voix haute pour s'assurer que c'était exactement ce qu'il voulait :

"Bella,

Ce n'est pas rouge et ce n'est pas une Chevrolet mais je pense que la référence est claire. Meilleurs vœux pour ce premier jour, première semaine dans ta nouvelle carrière.

Edward"

Elle regarda vers Edward pour s'assurer que c'était bien ce qu'il souhaitait. Il hocha la tête et chassa ses inquiétudes. C'était un homme intelligent, il devait savoir ce qu'il faisait… peu importe ce que c'était.

"Je m'en occupe dès à présent," l'assura-t-elle. "Dites-moi si vous avez besoin d'autre chose." Elle quitta le bureau, la composition florale inhabituelle dans la main, se demandant pourquoi un homme enverrait cette composition - le bouquet était arrangé dans un petit pick-up Ford bleu des années 1948 - à une femme.

ooo O ooo

Un peu avant onze heures Edward attendait à la caisse de la librairie. La fille derrière le comptoir était très lente. Elle en termina enfin avec le client devant lui, en lui remettant un grand sac et en lui faisant un grand sourire puis se tourna vers Edward qui posa ses achats sur le comptoir.

"Avez-vous trouvé tout ce que vous cherchiez?" demanda-t-elle, en battant des cils.

"Oui je vous remercie." Il tourna la tête pour ne pas qu'elle s'aperçoive qu'il roulait des yeux. Attirer l'attention de façon excessive pouvait être ennuyeux parfois.

"Vous devez être de type sensible," dit-elle, en commençant à encaisser. Doucement. En battant des cils. Souriant à pleines dents.

Les sourcils d'Edward s'agitèrent. "Je suis désolé?"

Ditzlina* regarda vers les quatre livres et les quatre affiches qu'Edward avaient empilés sur le comptoir.

"Habituellement ce sont les femmes qui achètent ce genre de choses." Elle fit signe vers les quatre livres Ecrit dans les Etoiles.

"Ah… hein… ils sont pour ma fiancée," mentit-il avec désinvolture en souriant poliment à la jeune fille.

Evidemment qu'il n'était pas fiancé… eh bien… il y avait la fiancée de fiction… celle qu'Edward mentionnait chaque fois qu'il était dans ce genre de situation. Il avait appris qu'il ne fallait pas qu'il dise ma femme. Avant qu'il s'en aperçoive les femmes regardaient ses mains et remarquaient qu'il n'avait pas de bague au doigt. Il avait aussi appris qu'il ne fallait pas qu'il dise ma petite-amie. Apparemment ce n'était pas assez permanent pour en décourager certaines. Mais "ma fiancée" était plus efficace, le juste milieu… ça ne lui demandait pas de porter une bague et ça paraissait être plus définitif, vous étiez sur le point de vous marier avec quelqu'un. Peu importe que ce ne soit pas vrai.

"Oh…" son sourire faiblit en entendant Edward lâcher le mot en F. "Eh bien je suis sûre qu'elle va en profiter." Sa voix était beaucoup moins haletante.

Edward sourit et hocha la tête pianotant sur le comptoir. Il était réticent à répondre car ça allait la ralentir et il était assez pressé.

"Vous voulez un paquet cadeau?" demanda la fille, après avoir fini.

Il hurla presque, 'Seigneur non!' Mais arriva à dire. "Non merci. Un sac sera suffisant. A moins que vous n'ayez un tube pour mettre les posters?" Il lui fit un sourire encourageant mais il s'inquiéta immédiatement qu'elle doive aller dans l'arrière-boutique pour en trouver un. Ça pourrait bien prendre des heures.

"Oh bien sûr… nous en avons quelques-uns ici!" Elle se baissa sous le comptoir, dévoilant l'essentiel du contenu de son chemisier. Elle se redressa en battant des cils et Edward lui arracha presque le carton des mains.

"Parfait." Il posa brusquement deux billets de cent dollars sur le comptoir et commença à rouler rapidement les posters tandis qu'elle finissait d'encaisser. Elle compta minutieusement sa monnaie et la lui remit ainsi que ses achats, elle le remercia et lui fit un grand sourire pour terminer.

Edward sprinta pratiquement hors du magasin. Arrivé à sa voiture il posa le sac dans le coffre et roula les siens dans le tube avec les autres. Il ferma le coffre et grimpa dans la voiture, posant soigneusement le tube sur le siège passager à côté de lui.

Et puis il démarra pour Fawkes.

ooo O ooo

En marchant sur le parking vers le bâtiment des langues il fit attention de ne pas croiser Alice. C'était la dernière chose qu'il voulait, avoir à lui expliquer pourquoi il portait des posters à Bella. Heureusement il rentra dans le bâtiment sans rencontrer personne.

En s'approchant il vit que la classe d'Alice était vide, elle devait être en réunion. Il soupira de soulagement et se tourna vers la classe de Bella puis se sentant étrangement nerveux, il se redressa et approcha de la porte ouverte.

Elle était là près d'un classeur de rangement, dans une jupe grise serrée avec un pull gris foncé, portant une grande pile de papiers dans ses bras. Elle n'avait pas la moindre idée qu'il était là et il regarda rapidement autour de la classe, heureux de constater qu'elle n'avait pas eu le temps de trouver de nouveaux posters. Ses yeux glissèrent sur sa petite silhouette aux prises avec la pile de papier qu'elle essayait de ranger dans le tiroir. Il réalisa qu'il ferait mieux de lui faire savoir qu'il était là avant de lui faire peur. Et il frappa.

Elle dit qu'elle arrivait en luttant avec ses papiers. C'est alors qu'il aperçut une paire de chaussures gisant sur le sol près de son bureau. Il tendit le cou vers ses pieds et vit…

Des pantoufles lapin roses?

Il rit presque à haute voix mais se mordit les lèvres à la place. Elle s'offenserait. Les chaussures sur le sol avaient de hauts talons. Elle devait être mal à l'aise supposa-t-il. Les pantoufles étaient pratiques. Non… il ne se moquait pas d'elle… c'était juste qu'elle était toujours rafraichissante et d'une manière inattendue… et parfois avec de l'humour.

Le tiroir du classeur se referma et elle se tourna avec un sourire sur le visage. Mais elle recula instantanément en le voyant et se cogna contre le placard, le regardant choquée et méfiante.

Non… n'aie pas peur… seigneur, n'aie pas peur.

Merde qu'est-ce que j'ai encore fait?

Il lui demanda s'il pouvait entrer et elle lui répondit immédiatement qu'Alice était en réunion. Mais il n'était pas là pour voir Alice. Il ne voulait pas voir Alice. Il ne voulait pas qu'Alice le voie. C'était la dernière chose qu'il voulait.

Il expliqua qu'il était là pour la voir elle. Pour s'excuser.

Elle se serrait dans ses bras à nouveau. Et ça le mettait mal à l'aise.

Il s'excusa et elle s'excusa aussi. Et finalement elle se détendit et vint vers lui. Ce changement le rendit plus optimiste.

Il lui expliqua qu'il avait été un imbécile. Que la casquette Asshole qu'elle lui avait balancée lui convenait parfaitement. Il essaya aussi de lui dire qu'il ne voulait plus être un abruti. Et il admit avoir lui aussi regardé un peu partout chez elle et dans les sacs qu'elle avait amenés dans sa classe. Son petit sourire atténua le poids qu'il sentait sur sa poitrine depuis la nuit dernière. Et puis il ne put pas résister… il mentionna ses pantoufles roses stupides et dit qu'il les avait vues dans un des sacs le jour précédent.

Elle rougit de honte et ça la rendait encore plus vulnérable. Bien sûr, il la mit à l'aise en reconnaissant que c'était bien pratique d'avoir des pantoufles à enfiler quand tu portais de talons hauts toute la journée.

Ainsi leur conversation se poursuivit et Edward put se détendre en même temps qu'elle.

Quand finalement il lui demanda de tout recommencer depuis le début, elle accepta. Puis ajouter que la troisième fois serait la bonne sembla résonner pour elle et ensuite elle sembla vouloir elle aussi repartir à zéro.

Ça le rendit heureux, plus qu'il ne l'aurait cru et complètement soulagé.

Il lui donna les affiches, lui expliquant d'où elles provenaient et comment il lui semblait qu'elles pouvaient lui être utiles. Elle avait l'air un peu confus au début mais elle sembla les apprécier.

La conversation passa aux loisirs. Elle rougit quand elle mentionna ses passe-temps mais c'était un rougissement gêné… aussi bien pour elle que pour lui. Il savait ce qu'elle devait penser de lui et de ses satanés passe-temps et il n'était pas content de cela… mais c'était quelque chose qu'il ne pourrait jamais effacer, même s'il le voulait. Il se sentit mal à l'aise quand elle le regarda. Il se demanda à quoi elle devait penser mais il n'osa pas lui demander parce… peut-être n'aimerait-il pas la réponse? A la place il la fit se concentrer sur les posters... et la possibilité qu'elle soit une fétichiste de Pâques avec ses pantoufles lapin et son bocal de Jellybeans.

Les jellybeans.

Elle pâlit et devint méfiante à nouveau.

Pourquoi?

Ça n'avait été qu'une association de mots.

Elle lui expliqua que son père les appelait ainsi… encore aujourd'hui… il y avait quelque chose d'autre et il fut incapable de mettre le doigt dessus.

Les affiches qu'il avait amené de chez lui … onze en tout… lui plurent. Et bien sûr elle connaissait tout. Il les connaissait parce qu'il les avait lus pour des lectures obligatoires et il s'en souvenait assez bien. Il avait cherché à l'époque pour se les procurer. Puis il avait admis être un rat de bibliothèque et un monstre des mondes imaginaires transportant toujours avec lui Harry Potter ou les livres de Tolkien, elle avait souri simplement… en tant que diplômée d'anglais, ils avaient sûrement des atomes crochus quand il s'agissait de lecture.

Sa réaction face aux posters qu'il venait d'acheter avait été meilleure qu'espéré. L'expression sur son visage… elle était évidemment une grande fan de ces fictions… Il lui dit qu'il était en train de chercher un livre quand il les avait vues, ce qui n'était pas tout à fait vrai… il était allé les chercher exprès pour elle … mais elle n'avait pas besoin de le savoir. Et bien sûr, il avait acheté les quatre livres simplement parce qu'il voulait savoir pourquoi ils étaient aussi intéressants pour elle et que ça éclairerait une partie de sa personnalité.

Tout semblait aller bien jusqu'à ce que le dégingandé Dorkie fasse son apparition pour voir si Bella était prête à aller déjeuner.

Il se tenait là, bouche bée à regarder Bella, puis revint sur Edward, puis à nouveau sur Bella. C'était tout à fait compréhensible, elle méritait qu'on bave pour elle. C'était drôle… Edward avait vu tous types de femmes dans tous types de vêtements sexy … et sans vêtements sexy… mais il y avait quelque chose à propos de Bella dans sa petite jupe, son chemisier et son cardigan sage qui était… chic et joli et en fait… plutôt sexy.

Et sûrement que Dorkie l'avait remarqué aussi.

Et maintenant il voulait la sortir pour aller déjeuner.

Edward réalisa que ces pensées lui disaient qu'il fallait qu'il l'aide à accrocher ses affiches et passer du temps avec elle à bavarder, simplement rester avec elle un peu plus. Il fit un effort pour dire qu'il allait partir, qu'il était juste passé poser les affiches et qu'elle pouvait aller à son rendez-vous.

Mais ce n'était pas un rendez-vous lui expliqua-t-elle, en levant les yeux vers lui. Ils y allaient à quatre car ils n'avaient pas d'autre option. Edward sentit immédiatement la tension entre ses épaules se dissiper.

ooo O ooo

"Euh… tu as mangé?" Les yeux de Bella s'écarquillèrent comme si cette question la surprenait elle-même et elle rougit une fois que les mots furent sortis de sa bouche.

Le front d'Edward se plissa, s'interrogeant sur sa question.

"Non, je vais prendre quelque chose en chemin, il faut que je retourne au bureau," répondit-il.

Elle serra ses mains l'une contre l'autre et resta là à se tordre les doigts.

"Est-ce que tu veux… je veux dire… tu sais… tu veux te joindre à nous? Je suis sûre que ça leur est égal…" Sa voix s'affaiblit et elle fit un geste vers la porte par laquelle M. Dorkie était sorti.

Edward sourit doucement à son invitation hésitante.

"Oh, non… mais merci. Ça te donnera une chance de connaitre les gens avec qui tu vas travailler. J'ai tout un tas de travail qui m'attend au bureau avant que la journée soit finie. C'est très gentil cependant. Mais je pars avec toi si ça ne te dérange pas?"

"Bien sûr." Elle hocha la tête et attrapa son sac. "Et je suppose qu'il faut que je remette les bonnes chaussures," dit-elle en regardant ses pieds.

Edward rigola. "Ouais, je pense que ça en ferait pas mal réagir certains."

Elle sourit, enfila ses chaussures et jeta les pantoufles dans le placard. Ils allèrent jusqu'à la porte, Edward passa devant et ouvrit pour elle. Elle ferma et ils quittèrent le bâtiment des Langues et des Arts.

Ils étaient sur le point de se séparer, Bella se dirigeant vers l'entrée et Edward vers le parking, il se souvint qu'il avait apporté autre chose qu'il avait l'intention de lui donner.

"Attends. J'allais presque oublier… Je voulais te donner autre chose…"

Sa main glissa dans la poche de son pantalon. Bella rougit et détourna les yeux ne voulant pas regarder dans cette zone pour le voir attraper quelque chose parce qu'il était possible que ça fasse exploser sa tête. C'était assez difficile de rester près de lui comme ça, dans ce beau costume, sentant le prédateur et merveilleux comme il était, ressemblant à quelque chose sorti tout droit de l'imagination d'une fille. Il pouvait être très troublant.

"Tiens," dit-il en sortant sa main de sa poche et en lui tendant son poing fermé. "Je voulais te donner ça… pour que tu les gardes pour moi." Il avait le sourire comme s'il riait d'une bonne blague. Ses yeux pétillaient tandis qu'il tenait sa main en l'air attendant d'en déposer le contenu dans celle de Bella.

Lentement, avec incertitude elle leva la main paume vers le haut et Edward lâcha…

La petite tour Eiffel.

Merde!

Ça signifie quoi?

Ses yeux étaient apeurés.

"Pourquoi? Je ne comprends pas. C'est une blague?" balbutia-t-elle, confuse, en regardant l'objet inoffensif qui était dans sa main. Ses joues brûlaient alors qu'elle commençait à ressentir de la colère et être blessée.

Tout ça pour en arriver là?

Edward s'approcha soudain en réalisant qu'il avait commis une erreur. Sa main prit rapidement la sienne, enveloppant ses doigts autour du porte-clés et la maintenant bien en place dans la sienne.

"Non ce n'est pas une blague. S'il te plait ne le prends pas mal Bella. Ce n'est pas ce que je voulais." Ses yeux cherchèrent les siens. "Je suis… je suis sérieux. Hier soir, j'ai pensé qu'une fois de plus je m'étais enfermé dehors. Et … j'hésite à en cacher une dehors… et ça prend une éternité à un serrurier pour arriver … t'emprunter l'échelle est une autre possibilité…" Il s'arrêta la regardant penaud, "… alors j'ai pensé simplement que je te demanderai de garder celle-là pour moi."

Elle cligna des yeux, regardant sa main autour de la sienne et son merveilleux visage. Il semblait être parfaitement sincère. Elle fut étonnée qu'il ait pensé à ça.

"Tu es sérieux…?" arriva-t-elle enfin à dire, en le regardant.

"Oui. Je te les donne… je te fais confiance." Il haussa les épaules et fit son petit sourire en coin. "En cas d'urgence. Au cas où il faudrait que tu récupères mon courrier ou des documents si je dois partir. D'accord? Tout ça est derrière nous à présent. Je veux vraiment un nouveau départ."

Elle hocha finalement la tête et murmura un 'd'accord'.

"Bien." Edward poussa un petit soupir de soulagement et puis sourit en regardant de son visage à ses mains s'apercevant brusquement qu'il tenait toujours sa main. Il la relâcha et l'enfonça dans sa poche, très heureux qu'Alice n'ait pas fait son apparition juste à ce moment-là.

Ce qui lui rappela…

"Hey, il fallait que je te demande si Alice t'a invitée pour le barbecue dimanche?"

Le visage de Bella rosit de nouveau, elle regardait dans son sac, rangeant la petite chaine dans une poche et elle de répondit façon hésitante.

"Euh oui, elle a invité tout le monde ce matin."

"Tu veux venir?" demanda-t-il, en passant ses doigts dans ses cheveux.

Bella mordilla sa lèvre. "Euh… j'ai une amie qui vient ce soir. Elle va rester tout le week-end, je ne pense pas…"

"Tu peux l'amener aussi… Vous pouvez venir passer un moment. C'est juste en face tu sais. Tu pourras passer du temps avec tes nouveaux collègues. Emmett sera là aussi? Tu le connais."

"D'accord," dit Bella en hochant la tête. "Je vais demander à Angela, je verrai ce qu'elle me dira, on n'a encore rien prévu."

"Bien." Il la regarda et soupira. "Eh bien je ferai bien d'y aller et de te laisser aller déjeuner. "'Il sourit.

Elle lui rendit son sourire. "D'accord. Encore merci pour les affiches, Edward. Elles sont formidables. Je vais les mettre en place après déjeuner." Elle hésita avant d'ajouter, "Je suis contente que tu sois passé."

Il sourit et opina. "Je le suis aussi. Je suis content qu'elles te plaisent. A bientôt Bella. Bon après-midi."

"Au revoir Edward. Toi aussi."

Il se tourna et alla vers le parking pendant que Bella ouvrait la porte du bureau. Elle lança un dernier regard à sa silhouette qui traversait le parking, la brise soulevait ses cheveux. Il envoya ses clés de voiture en l'air et les rattrapa de la même main. Ça lui parut un geste enfantin, insouciant.

Ce vendredi matin s'était avéré bien meilleur qu'aucun d'eux n'aurait pu le prévoir.

ooo O ooo

Mike Newton attendait près de la porte à l'intérieur du bureau. Il lui fit signe.

"Hey Isabella! Eric a dû passer un coup de téléphone pour le journal de l'école… Il y a eu un mélange avec les dates ou je ne sais quoi. Il va arriver. Et Jessica dit qu'elle va nous retrouver à la voiture, nous pouvons donc aller les attendre là-bas."

"D'accord, c'est très bien… Je pense que je vais attraper une vieille paire de chaussures dans mon camion… mes pieds sont morts," grimaça-t-elle, en sortant du bureau.

Ils se dirigèrent vers le camion de Bella en bavardant sur l'état actuel de l'équipe de foot.

"Oh waouh…" le bavardage de Mike se transforma en crainte. "Quelle belle voiture…"

Bella suivit son regard et vit la Vanquish qui grondait. Elle sourit.

Tu penses que la voiture est belle… tu devrais voir le conducteur…

Elle fut curieuse tout à coup.

"Euh… à propos du barbecue qu'Alice organise avec son frère… tu le connais?"

"Non. J'ai toujours eu l'impression qu'ils ne s'entendaient pas trop mais peut-être que je me trompe." Il haussa les épaules. "C'est sûrement un garçon charmant… je veux dire Alice est très gentille… alors il ne peut pas être mauvais, pas vrai?"

Bella murmura son accord.

Non il ne peut pas être complètement mauvais. Je pense qu'il pourrait être bien mieux que ça.

"Oh le voilà," dit-elle en changeant de sujet pendant qu'ils s'approchaient de son camion.

"Tu conduis un bon vieux classique…" déclara Mike avec un sourire.

"Une pièce de collection!" lui dit-elle d'un sourire moqueur. Mike rigola.

Elle déverrouilla la portière côté conducteur et posa son sac sur le siège. Elle se pencha par-dessus le siège et retourna rapidement la casquette Bitch pour que l'inscription ne soit plus visible. Puis elle attrapa sa paire de converses noires. Ils n'allaient pas du tout avec sa tenue mais au moins la couleur était assortie.

Elle se redressa et commença à changer de chaussures.

"Tu mets celles-là?" demanda Mike en fronçant les sourcils. "Ça va ruiner ton look." Il la balaya du regard de la tête aux pieds.

"Elles sont confortables! C'est l'heure de la pause là. Mes orteils étaient trop serrés et j'ai des ampoules." Elle posa sa chaussure sur le siège.

Mike regarda derrière elle.

"Quelle est l'équipe sur ta casquette Isabella?" demanda-t-il avec intérêt.

"Quoi?" demanda Bella, perdue par son étrange question.

"Là, la casquette de baseball…" Il fit un signe de tête dans la cabine. "Hier je t'ai dit que mes parents possédaient un magasin d'articles de sport?" Elle hocha la tête. "Eh bien," continua-t-il. " Nous vendons cette marque de casquette au magasin."

Bella se tourna pour voir ce qu'il regardait, la casquette Bitch.

Oh non ne me dis pas…

"Alors quelle équipe? Tu joues?" demanda-t-il.

"Oh non! C'est juste pour tenir mes cheveux quand je conduis," dit-elle rapidement, contente que la casquette soit tournée de l'autre côté. Elle ne voulait pas avoir à lui expliquer ça, comment elle avait eu cette casquette.

Mike hocha la tête et attendit que Bella ferme la portière et la verrouille.

Il rigola tout à coup tandis qu'il repartait vers sa voiture.

"Quoi?" demanda Bella en le regardant.

"Ça me rappelle… une histoire assez drôle… Je travaillais chez mes parents la semaine dernière… je les aide l'été, tu sais?" Elle opina. "Bon ce gars s'est pointé, il était pressé. Il voulait acheter ce genre de casquette, une bleue juste comme celle que tu as dans ton camion."

Bella regarda au loin pendant que Mike bavardait. Elle vit Eric sortir du bureau mais il s'arrêta brusquement et regarda à l'intérieur comme si quelqu'un l'avait appelé.

"Quoi qu'il en soit," continua Mike. "Ce gars voulait une broderie. Mais il n'en voulait qu'une alors qu'on ne les brode que par douze. Alors il a payé pour la douzaine y compris la broderie mais il n'en voulait qu'une, peu importe le prix, il n'en voulait qu'une. J'ai pensé qu'il faisait partie d'une équipe et qu'il avait perdu la sienne, qu'il lui en fallait une pour la remplacer. Mais non… il a voulu qu'on lui borde Bitch."

Bella tourna la tête vers le visage souriant de Mike oubliant complètement Eric pour le moment.

"Bitch?" Elle étouffa le mot qui était sorti brusquement. Mike continua à marcher avant de s'apercevoir que Bella s'était arrêtée. Il revint en arrière, lui fit face en souriant.

"Ouais c'est bizarre non? Je veux dire ce n'est pas possible que ce soit le nom d'une équipe si? Et il voulait que ce soit du script, pas des caractères d'imprimerie et j'ai pensé que c'était … je ne sais pas … pas pour une fille… tu comprends?"

Le sourire de Mike s'agrandit. L'estomac de Bella se contractait. Mais elle lui fit un signe poli pendant qu'il continuait.

"Je lui ai dit qu'il fallait attendre deux jours pour que la commande soit prête. Il m'a dit qu'il n'avait pas deux jours mais seulement quinze minutes. Je l'ai déjà dit, il était très pressé pour une raison quelconque. Je lui ai expliqué qu'il y avait d'autres commandes avant qui étaient prioritaires. Alors il a ouvert son portefeuille et en a sorti cent dollars…"

"Un billet de cent?" couina Bella.

"Ouaip. Il m'a dit qu'il pariait que je pouvais le faire dans les quinze minutes. Il me soudoyait, il ne pariait pas là. Il voulait cette casquette à n'importe quel prix!" Il rigola.

"Alors… qu'est-ce que tu as fait?" demanda Bella, avec un sentiment d'angoisse tandis qu'ils s'arrêtaient devant un Ford Explorer couleur or.

"Ce que j'ai fait? Cent dollars lui ont donné la priorité. Je lui ai brodé sa casquette Bitch dans les dix minutes, empoché les cent dollars. Cette casquette lui a coûté plus de deux cent vingt dollars mais il n'a pas battu des cils, c'est pour te dire s'il la voulait."

"Waouh," dit Bella son estomac tanguait.

Mike appuya sur le bouton, sa voiture bipa et les lumières s'allumèrent en même temps que les portières se déverrouillaient.

"Je sais, à part waouh on ne peut rien dire. Je lui ai demandé si c'était pour la fille avec qui il avait rompu et il m'a répondu que c'était pour une fille qu'il ne connaissait pas."

"Ouais tu peux le croire? Alors je lui ai dit que je pensais que le message était un peu fort pour une personne qu'on ne connaissait pas."

"Et qu'a-t-il répondu à ça?" lui demanda-t-elle.

"Pendant une seconde il a semblé hésitant puis il a dit qu'il pensait qu'elle avait un bon sens de l'humour. Je lui ai donc souhaité bonne chance avec ça et il est parti. Tu imagines?" Sa voix se fit plus assurée tandis qu'il résumait cette histoire. "Je veux dire une fille pourrait prendre ça complètement de travers. Qui fait ce genre de blague en dépensant autant d'argent pour un total inconnu ?"

Bella le regarda, éberluée.

Edward Cullen fait ça!

Putain… deux cent trente dollars!

La voix de Jessica la tira de ses pensées.

"Hey vous deux! Désolé de vous avoir fait attendre! Hum… qui dépense autant d'argent pour une fille qu'il ne connait même pas? De quoi parliez-vous?"

"Oh me voilà les gars!" les salua Ben alors que Bella était encore sous le choc. "C'est une longue histoire,"' dit-il en rigolant.

"Alors raconte?" insista Jessica en souriant grandement à Mike, en poussant Bella pour la faire entrer dans la voiture. "Crache le morceau," dit-elle en faisant un grand sourire par-dessus l'épaule de Bella.

Ils grimpèrent dans la voiture. Eric et Bella s'installèrent derrière et Mike recommença à raconter l'histoire du mystérieux client qui avait acheté une casquette Bitch chez Newton Sporting Goods pour la somme de deux cent vingt dollars. Bella regardait par la vitre, se sentant malade.

Putain… deux cent vingt dollars!

Waouh! Ce gars est probablement très riche!" cria Jessica avec enthousiasme. "Alors qui était-ce? A quoi ressemblait-il?" se demanda Jessica, évidemment intriguée par ce mystérieux client.

Oh Seigneur… tu le verras dimanche… et il est très beau.

Mike s'éclaircit la voix et resta pensif un moment. "Tu sais… je ne me souviens pas de son nom, pourtant j'ai tenu sa carte de crédit, je devais être distrait. Mais… euh, il doit avoir autour de la trentaine…"

Non non non, il n'a que vingt-huit ans…

"Grandeur et poids moyens..." continua Mike.

Encore faux. Il est grand… plus que toi… et mince… et fort. Et … tu devrais le voir dans son costume bleu marine… ou dans un pantalon de pyjama en soie noir… sans chemise...

Bella se sentit rougir jusqu'à la racine de ses cheveux à ses pensées.

A quoi tu penses Isabella Marie?

"… Et je crois me souvenir qu'il avait les cheveux en pagaille avec des reflets roux…"

Non ce n'est pas en pagaille mais … ébouriffés comme s'il sortait du lit. Et c'est une bonne chose.

Encore une fois à quoi tu penses Isabella Marie?

"… il paraissait beau en quelque sorte."

Euphémisme Mike. C'est un Adonis. Il est sculpté, la perfection glorieuse et virile.

Arrête de penser à son physique attirant! Comme si ça intéressait quelqu'un que tu le trouves parfait!

Mais il est venu avec des posters… et ses putains de clés!

Il essaie juste d'être gentil. Il a réalisé que tu travaillais avec sa sœur et il a juste voulu apaiser les choses pour qu'elles ne deviennent pas trop bizarres.

Putain… deux cent vingt dollars!

Je n'ai aucun vêtement qui coûte deux cent dollars!

Eh bien si… maintenant tu as la casquette Bitch.

Gah!

ooo O ooo

Le déjeuner fut surréaliste. Bella n'était pas vraiment là. Ou elle n'y était que par intermittence. La plupart du temps elle était perdue dans ses pensées, voyant des yeux verts tour à tour inquiets, fatigués, contrits, sincères et doux, amusés, pétillants, des costumes bleu marine, et ce parfum… et ses longs doigts enveloppés autour de sa main, la tenant, debout si près d'elle. Tout cela l'étourdissait.

Et puis il y avait les posters… et le porte-clés… et la casquette Bitch… celle qui avait coûté si ridiculement cher.

Elle se souvenait à peine du déjeuner… le commander ou le manger… à quoi ça avait goût… ou de la conversation avec Jessica, Eric ou Mike. A un moment Jessica lui avait demandé si quelque chose n'allait pas mais elle avoua se sentir un peu dépassée par le début de cette année. Cela sembla l'apaiser et ils acquiescèrent.

Vers la moitié du repas elle vérifia dans son sac pour voir si Edward lui avait bien donné le porte-clés mais il y était bien en sécurité dans la petite poche où elle l'avait mis pour ne pas le perdre.

Alors c'était vraiment arrivé?

Oui… et tu as les affiches et le porte-clés pour te le prouver.

Putain de merde.

Quand elle arriva à Fawkes elle retourna directement dans sa classe vers sa nouvelle collection d'affiches, réfléchissant à quelle sorte d'homme penserait à apporter ça en signe de gage de paix à une femme qui ne le méritait probablement pas. Elle pensa à qui devait être ce jeune homme pour posséder une telle collection… un lecteur avide… un rat de bibliothèque, comme elle, qui aimait l'univers fantastique d'un bon roman et qui aurait pu se sentir comme un étranger à l'école secondaire, ce qui de toute évidence n'était plus le cas. Ce jeune garçon était encore quelque part dans cet homme et cet homme méritait peut-être d'être connu… comme ami au moins. Parce qu'il semblait vraiment vouloir être son ami.

Elle passa une heure à décider où elle allait mettre les posters et ensuite les afficha. Quand elle eut fini, elle s'assit sur son bureau, dos à la fenêtre, regardant dans la pièce les posters qu'elle avait regroupés ensemble : Les Outsiders, Les Grandes Espérances, Roméo et Juliette et Stardust. Les autres étaient dispersés un peu partout sans ordre mais ces quatre lui parlaient et elle voulait qu'ils soient ensemble, elle pourrait les voir et réfléchir ainsi à l'homme qui les lui avait données.

Il n'était pas l'abruti qu'elle avait cru. Elle avait vu son côté vulnérable aujourd'hui, ce côté plus doux, plus gentil. Bien sûr elle l'avait entrevu, hier soir quand elle s'était évanouie et s'était retrouvée dans ses bras… et sur ses genoux. Mais aujourd'hui ce côté de lui avait quitté son travail, était allé acheter des posters, était venu à l'école jusque dans sa classe parce qu'il voulait s'excuser pour quelque chose qu'elle avait elle-même provoqué.

Pourquoi?

Ses yeux se posèrent sur l'horloge et elle fut surprise de constater qu'il était plus de quinze heures trente. Elle était restée là, à son bureau, pendant près d'une heure, perdue dans sa rêverie. Elle se rendit compte qu'elle était très absorbée par le mystère Edward Cullen. Peu importe les réponses qu'elle avait pensé trouver chez lui, ça ne l'avait finalement conduite qu'à se poser encore plus de questions. Et elle se sentait plus qu'un peu obsédée par Edward lui-même.

Stupide, stupide, idiote.

Vers seize heures elle rentra chez elle. Sa classe et elle-même étaient aussi prêtes que possible pour le premier jour d'école la semaine prochaine. Tout ce qu'elle pouvait encore faire à ce stade c'était attendre.

Quand elle passa sa porte d'entrée, elle retira ses converses et alla ranger ses talons dans sa chambre. Son lit avait l'air si accueillant. Surtout après la nuit agitée qu'elle avait eu, à se tourner et à se retourner. Elle se changea et prit un pantalon de pyjama et un sweat et décida de faire une courte sieste avant qu'Angela n'arrive.

Lorsque l'alarme retentit Bella fut désorientée mais ensuite elle se souvint qu'elle s'était couchée pour récupérer un peu avant qu'Angela n'arrive. Elle se leva et alla à la salle de bain pour se laver le visage et se réveiller un peu plus, avant de se rhabiller pour l'arrivée de son invitée.

C'était juste un dîner entre amies pas un concours de beauté et Angela était très simple. Alors Bella choisit un jeans skinny, un top ivoire agrémenté de dentelle auquel elle ajouta un chemisier à manche courtes, brun chocolat. Elle boutonna quelques boutons mais laissa le top apparent. Elle mit ses chaussures en cuir marron et retourna dans la salle de bain pour se brosser les cheveux et les attacher en queue de cheval. Ça conviendrait parfaitement pour un dîner mexicain et quelques margaritas avec une amie.

Elle arrivait au bas de l'escalier quand on sonna. Elle se précipita sur son téléphone et regarda l'écran. C'était la grille.

Angela!

"Bonjour?" demanda Bella en décrochant.

"C'est moi! B!" la voix d'Angela était un peu métallique dans le haut-parleur.

"Salut Angela! La troisième à droite. Je vais dehors pour t'attendre. Tu verras mon camion."

"Ça va aller!" répondit-elle.

Bella tapa le code et entendit le bip d'ouverture. Puis elle sortit pour attendre Angela.

Elle vit la mini Cooper vert foncé arriver dans la rue quelques instants plus tard. Elle commença à agiter joyeusement ses bras et Angela lui répondit avec deux coups de klaxon. Elle se gara le long du trottoir et Bella alla à sa rencontre.

"Salut Angie! Tu es en avance. Je ne pensais pas que tu arrives avant dix-huit heures trente."

"B!" Angela sortit avec grâce de la voiture. "Oh ça fait du bien de te voir!" Elle tira Bella dans ses bras pour un gros câlin. "Les dieux m'ont souri… le trafic était fluide… les gens avaient dû sortir plus tôt à cause du week-end prolongé."

Elle relâcha Bella pour pouvoir regarder les environs. "C'est un beau quartier! C'est ici chez toi?" demanda-t-elle en regardant vers l'appartement de Bella.

"Voilà mon nid!" Elle se mit à rire en montrant sa maison comme une hôtesse de jeu télévisé.

Angela rigola. Puis elle se pencha en levant un sourcil provocant.

"Et où vit Monsieur Pantalon en Soie?"

Bella pencha lentement la tête et regarda ostensiblement vers l'appartement en face. Angela regarda par-dessus son épaule.

"C'est l'antre du prédateur?" sourit-elle. "Il est chez lui?"

Bella regarda. "Euh je ne pense pas. Mais je suis sûre que tu auras une chance de le voir à un moment ou à un autre ce week-end."

Dimanche.

"Il y a eu de nouveaux développement depuis la débâcle du dîner hier soir?" La préoccupation était évidente sur le visage d'Angela.

"C'est drôle que tu demandes, Angie… Il s'avère que j'ai eu une visite surprise au travail aujourd'hui." Bella sourit un peu timidement.

Angela fit un air choqué en saisissant le bras de Bella. "Lui?" murmura-t-elle finalement.

Bella hocha la tête.

Bella hocha la tête. "Tu ne voudras pas croire la gentille chose qu'il a faite pour moi. Rentrons tes affaires. Je te raconte en te faisant faire le tour de la maison."

Elles sortirent les bagages d'Angela et entrèrent dans la maison. Angela fit des ooooh et des aaaah en allant de pièce en pièce. C'était la visite de la maison mais aussi un compte-rendu de la rencontre qui avait eu lieu aujourd'hui, Angela posait des questions concernant la maison et la livraison spéciale d'Edward.

Elles arrivèrent enfin en haut et elles déposèrent les affaires d'Angela dans la chambre d'ami puis allèrent dans la chambre de Bella. Angela admira la nouvelle chambre et le grand lit puis elle alla vers la fenêtre.

"Edward a une voiture de sport noire, pas vrai?" demanda-t-elle en restant à côté de la fenêtre en regardant dans la rue. "Il y en a une qui vient de s'arrêter."

"Hum ouais," répondit Bella en se rapprochant de la fenêtre, priant dieu qu'Edward ne les voit pas l'observer toutes les deux. "C'est lui," chuchota-t-elle dans l'oreille d'Angela comme s'il pouvait l'entendre.

La voiture était garée dans l'allée. La portière du conducteur s'ouvrit et Edward en sortit gracieusement, il portait un attaché-case en cuir noir. Il portait toujours sa veste mais plus sa cravate. Il commença à l'enlever, faisant passer son attaché-case dans son autre main et enleva complétement sa veste.

"Il est grand," dit Angela tranquillement.

"C'est vrai," chuchota-t-elle à son oreille.

"Difficile de voir son visage… et maintenant il se tourne… il a de beaux cheveux."

"Oui c'est vrai aussi," acquiesça Bella.

"Il est drôlement bien bâti… et a un joli cul," murmura Angela.

"Hum hum," répondit Bella.

Angela se retourna et regarda brièvement son amie avec intérêt avant de se concentrer à nouveau sur l'homme en face.

Elles le regardèrent entrer chez lui par le garage, laissant le portail ouvert.

"Il a laissé ouvert… peut-être qu'il s'en va bientôt," observa Bella.

Angela se retourna pour voir Bella. Ses yeux s'adoucirent. "C'est vendredi soir, B tu te rends compte qu'il doit sûrement avoir un rendez-vous?"

Bella secoua la tête et s'agita sur ses pieds. Elle n'avait pas réalisé qu'elle était sur la pointe des pieds depuis qu'elle regardait par la fenêtre derrière Angela. Ses yeux s'écarquillèrent et elle sentit tout à coup un poids dans son estomac.

"Oh… je n'ai pas pensé à ça. Bien sûr tu as probablement raison… il doit sortir ce soir." Elle hocha la tête et sourit faiblement.

Les yeux d'Angela étaient emplis de compassion en regardant Bella. "Je veux dire… peut-être que non… mais…" Elle haussa les épaules et laissa la phrase sans fin.

"Oui… mais il sort probablement," convint doucement Bella en regardant la maison d'en face.

Angela haussa les épaules. "Nous ne savons rien avec certitude."

Elles restèrent là un moment à attendre. A regarder. Soudain Edward réapparut, avec un jeans foncé, une chemise à carreaux vert foncé et un t-shirt blanc avec un col en v visible sous sa chemise entrouverte. Il tenait une veste en cuir noire. Il ouvrit la portière et y entra, démarra.

La Vanquish rugissait au loin, Angela se tourna vers Bella en l'attrapant gentiment par les épaules.

"Allons-y B… allons boire quelques margaritas."

*Le prénom de l'une des sœurs de Cendrillon