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… CHAPITRE 25 …
Quand ma réalité rencontre la fiction
Edward était à côté de l'évier et tapait des doigts incessamment, faisant passer son poids d'un pied à l'autre, soufflant d'irritation… euh… de mauvaise humeur. Il retourna l'ordinateur vers lui en attendant que le nectar soit passé avant de pouvoir se servir sa première tasse… elles allaient être nombreuses sans nul doute.
Alors qu'il attendait, la vapeur faisait encore du bruit, il relut le résumé de l'histoire de Bella, rageant et faisant lui aussi de la vapeur.
Quand il arriva à la dernière ligne sa voix monta d'un murmure énervé à un ton méchant en la lisant à haute voix.
"Ces deux opposés vont-ils jamais trouver un terrain d'entente et devenir amis… ou peut-être plus?"
Il s'arrêta une mini-seconde parce que cette ligne n'était pas vraiment parvenue jusqu'à lui la première fois qu'il avait lu le sommaire. Mais en suite il continua ses fanfaronnades.
"Sérieusement Bella, est-ce que tu as toute ta tête, femme?"
Il se tourna toujours en grommelant pour prendre la cafetière. Il attrapa une tasse dans le placard et se servit, en prit une gorgée trop rapidement qui brûla sa langue et son palais.
"Merde!"
Edward cracha dans l'évier. Puis il leva les yeux et prit une profonde inspiration pour se calmer en rinçant l'évier. Il fallait vraiment qu'il se calme.
Comment fait-elle pour me faire me sentir comme ça? Elle n'est même pas là!
Il saisit sa tasse de café bouillant et son ordinateur et alla s'assoir sur le canapé. Il posa sa tasse sur le pouf en cuir, étira ses longues jambes recouvertes de flanelle et posa ses pieds nus sur le pouf. Il tira l'ordinateur sur ses genoux et pendant un instant il inclina sa tête en arrière, l'appuyant contre le canapé fermant les yeux pour se recentrer.
Il prit une profonde inspiration.
Quelque chose sentait bon… léger et frais.
… Subtilement floral… innocemment doux… alléchant…
Il tourna la tête vers le parfum et ouvrit les yeux.
Oh putain…
C'était cette maudite veste avec laquelle il avait couvert Bella avant d'aller jusqu'à la voiture et puis dans la voiture jusqu'à la maison. Elle était posée sur le dossier du canapé près de sa tête. Et elle sentait toujours à elle… cette douceur légèrement florale.
Ça y est… tu es déconcentré!
Oups! Non… non… je ne le suis pas. Je suis toujours irrité!
Il leva une main et envoya valser la veste plus loin ressentant de la satisfaction quand il l'entendit tomber sur le sol derrière le canapé.
Là c'est miiiieux!
Il se concentra sur l'écran devant lui. Il fixa une fois de plus, pour faire bonne mesure, cette bannière étoilée à demi sordide avec ce jeune acteur britannique, un imposteur d'Edward Cullen, Patrick Robinson.
Bella a-t-elle remarqué que j'étais habillé comme ce gars qui me ressemble ce soir? Jésus… quelles étaient mes chances pour que je m'habille ainsi?
Qui aurait pu parier que nous soyons habillés comme des jumeaux avec cet Ethan-Vatefairevoir! Elle te veut comme protagoniste dans son histoire… antagoniste plutôt! Ou prota-anta-goniste! Ou… ou… putain c'est l'enfer… de l'agonie pure et simple.
Allez laisse tomber et commence à lire. Tout est quasiment de ta faute de toute façon. Si tu avais eu les idées en place ce premier matin, rien de tout cela ne serait arrivé. Et puis ce n'est pas comme si elle avait mentionné ton nom. Personne ne sait que c'est toi sauf Bella, et probablement Angela… et peut-être celle qui a fait la bannière… mais probablement personne d'autre.
Et puis, c'est toi qui as voulu savoir. Maintenant accepte les conséquences.
Il hocha la tête en réponse à cette constatation puis regarda l'écran, pas sûr de savoir où l'histoire était. Ensuite il bougea le curseur sur le titre et il réalisa que c'était le lien, cliquer dessus allait l'amener au bon endroit.
Il y avait un problème cependant. Il réalisa qu'il n'aurait aucune façon de savoir à quel point Bella l'avait fait ressembler au personnage du roman. Il avait les livres maintenant et avait prévu de les lire dès que possible mais il était bien trop agité pour passer les heures suivantes à lire un livre avant de commencer son histoire.
Il pensa qu'il pourrait regarder la version en film du premier livre en ligne, à la télé mais elle pouvait être différente du livre. La version écrite pouvait être plus proche de ce qu'elle écrivait, peut-être entre les deux, peut-être agrémentée des pensées et d'informations complémentaires.
Il pouvait trouver l'intrigue et la description des personnages pourrait être suffisante pour différencier Ethan-Vatefairevoir d'Edward-complétementfichu mais il ne pouvait pas supporter de passer du temps à lire autre chose alors qu'il était là probablement assis sur une poudrière.
Bien sûr, Edward ne savait pas qu'il était une bombe à retardement, sur le point d'exploser en lisant.
Tu veux savoir ce qu'elle a écrit et tu veux le savoir maintenant? Il te suffit de lire. Tu pourras faire des recherches plus tard.
Il cliqua sur le lien, arriva sur l'histoire et plus précisément sur la note de l'auteur.
oOoOoOoOo
De la haine à la passion
Note de l'auteur : Bien… cette fois-ci ce sera un peu différent.
"Je dirais que … jamais de la vie je n'aurai imaginé une situation telle que celle-ci!"
Vous n'allez pas aimer Ethan Collins au début de cette histoire mais laissez-lui une chance. Les gens peuvent changer et les personnages fictifs peuvent changer encore plus facilement. C'est la magie de la fiction.
Oui, les gens peuvent changer! Laisse-lui une chance… crois-le ou non… il y travaille… J'y travaille… bon, mon alter ego et moi y travaillons ensemble.
Tu vas perdre la tête si tu te mets à lire ça, tu le sais.
Edward soupira. Il se demanda tout à coup s'il avait des tendances schizophrènes. Mais il continua.
Je sais que ça va vous paraitre différent mais il y aura une fin heureuse pour Ethan.
Une fin heureuse pour Ethan?
Comme une fin heureuse pour toujours?
"Quoi… avec …MOI? Parlons-nous d'une fin Heureuse pour Edward?"
C'est un travail de fiction, idiot. Ne te laisse pas emporter. Ce sera sûrement un Edward ridicule de toute façon. En outre vous ne pouvez être que des amis et après ça, vous ne le serez probablement plus.
J'espère que vous aimerez cette lecture.
Ouais je suis à peu près sûr que ça va être aussi agréable qu'une visite chez le dentiste.
Faites-moi savoir ce que vous en avez pensé.
Il répondit à cette demande à voix haute.
"Tu veux savoir ce que j'en pense? Je pense que je me suis fait baiser! Je pense que tu aurais dû écrire sur un personnage totalement imaginaire, pas MOI!"
Il inspira profondément. "Bon allons-y," murmura-t-il en expirant.
Préface
Je n'avais jamais vraiment réfléchi à qui vivrait dans le voisinage. Et j'avais eu assez raison de ne pas le faire... car même si j'avais envisagé mes nouveaux voisins je n'aurai jamais pu imaginer quelqu'un comme lui.
Comme moi? Comment crois-tu que "je" sois? Tu ne me connais même pas!
Je fixai la rue étroite sans sourciller. Les vitres teintées de sa maison avait l'air de me regarder avec bienveillance.
Elle a commencé à m'épier dès le début! C'était une idée fixe!
Assurément ici c'était le bon endroit pour vivre, le bon endroit pour devenir propriétaire de sa première maison. Assez proche du travail et c'était un investissement intelligent. Cela devrait compter pour quelque chose.
Oui ce quartier est bien placé. Ça sera en ma faveur… depuis quand je veux vendre et partir après avoir lu cela?
Et peut-être changer de nom.
Et peut-être même me déguiser.
J'étais entrée dans l'allée de ma première maison il y avait deux matins de cela et j'avais rencontré mon premier voisin immédiatement en arrivant. Il s'était comporté comme un âne arrogant et paraissait être un jeune homme avec apparemment peu d'intérêt pour quelqu'un d'autre que lui-même.
La bouche d'Edward s'ouvrit. Puis il la ferma immédiatement et roula des yeux. Comment pouvait-il s'offenser de quelque chose qui était vrai?
Bien elle avait raison… J'ETAIS un âne arrogant. Mais j'y travaille! Enfer… C'est un projet en cours… JE SUIS le projet en cours!
Il était aussi sans doute le plus bel homme que j'aie jamais vu.
Ouais, je sais, on me le dit tout le temps. C'est juste les apparences. Regarde un peu en dessous et il y a beaucoup de laideur.
Mais le pense-t-elle vraiment? Ou parle-t-elle de son personnage?
De la pointe de ses cheveux ébouriffés, brillants et de couleur vieux cuivre jusqu'au bout de ses pieds nus il était l'incarnation de la beauté masculine. Son visage était de ceux qu'on ne voit que dans ses rêves. Sa peau était impeccable. Il avait un front large et lisse avec de beaux sourcils arqués et foncés qui encadraient deux profonds yeux verts avec des cils sombres et épais. La structure de son visage était comme ciselée : pommettes saillantes, nez bien dessiné avec une petite bosse qui le rendait plus charmant encore, une mâchoire très forte et très carrée, recouverte par une jeune barbe, des lèvres sculpturales qui semblaient fermes mais douces, elles devaient parfaitement savoir comment embrasser une femme. Tous ces traits combinés rendaient ce visage masculin attirant comme c'était inimaginable.
Putain de merde… "Ce visage masculin attirant comme c'était inimaginable?" Alors elle pense que je suis beau? Les femmes le font pour une raison quelconque… mais c'est juste un visage… un visage n'est rien… parfois c'est juste quelque chose derrière lequel on peut se cacher.
C'était très difficile de savoir en quoi cette description concernait Ethan Collins ou concernait Edward Cullen. Il fallait vraiment qu'il lise ses livres. Le problème étant qu'ils se ressemblaient terriblement. Lui et l'acteur se ressemblaient énormément. Et c'était l'acteur qui était censé être la base du personnage.
Edward n'était pas sûr que son visage soit ciselé, il était anguleux et il ne savait pas que son visage était "un de ceux que l'on ne voit que dans ses rêves" mais la couleur des yeux et des cheveux coïncidaient, il avait des sourcils arqués et foncés, des pommettes saillantes, une mâchoire très forte et très carrée, qu'il n'avait pas rasée en ce premier matin où il l'avait rencontrée. Son nez avait un petit défaut qu'on pouvait remarquer selon l'angle d'où l'on regardait. Et bien sûr il avait des pieds normaux… avec des ongles entretenus, pas d'orteil bizarre ou supplémentaire ou quoi que ce soit d'autre.
En effet Edward savait comment embrasser une femme. Il avait bien pratiqué et les gémissements qu'il entendait d'habitude indiquaient un haut niveau de compétence. Vraisemblablement Ethan avait aussi ces compétences puisque des millions de femmes de par le monde convoitaient son personnage, rêvant d'un peu d'action lèvres et langues glissantes comme elles les avaient lu dans les livres et vu à l'écran. Mais comment pouvait-on embrasser un personnage fictif… c'était au-delà de la compréhension.
Il prit une gorgée de son café encore fumant. Il était difficile de trouver son goût maintenant que ses papilles avaient été brûlées mais il servirait encore son but, le garder bien éveillé pendant qu'il lisait.
Et en parlant de lecture…
Il était mince, souple, sculpté. Il se présenta devant moi torse nu et je pus admirer ses épaules larges et ses biceps bien saillants, son torse et ses abdominaux aussi.
C'est moi qui suis souple ou c'est Ethan? Je ne suis pas un lourdaud c'est certainement dû à toutes ces leçons de danse… Eh bien c'est maman qui le voulait… et peut-être qu'à long terme c'est une bonne chose... tout le monde peut le voir. Au moins je ne suis pas totalement bizarre. Et être sculpté… elle m'a bien regardé ce premier jour… c'est vrai que j'étais presque nu, alors elle n'a pas eu vraiment le choix. Mais je travaille à mon physique. Et puis de nouveau Ethan n'est probablement pas décrit comme un gars grassouillet. Il est probablement Monsieur Parfait avec un corps parfait parce qu'il est un gars parfait. Ça ne doit juste être que le reflet de son caractère.
Il avait une légère poussière de poils sur la poitrine et en bas de ses abdos, la ligne de poils se concentrait et rétrécissait en descendant sur son ventre plat au-delà de son nombril, montrant le chemin entre ses hanches étroites et le V sculpté de ses muscles vers la seule chose qu'il portait : un pantalon de pyjama en soie noire.
C'était tout.
Oh ma putain de vie! Il a fallu qu'elle mentionne mon putain de pyjama! Mon connard de pyjama en soie noire? Enfer!
"C'était un cadeau de Noël de ma mère!" annonça Edward avec emphase à son ordinateur. "Papa en a eu un rouge et moi j'ai eu le noir! Elle l'a même acheté à Sak's sur la 5e avenue!"
Merde… Bella doit penser sûrement que je l'ai acheté à Playboy 'r'Us! Elle doit penser que je suis un crétin imbu de lui-même!
Il grogna et ferma les yeux, tapant sa tête contre le dossier du canapé une fois encore. Il envisagea d'avoir une conversation avec Bella dans laquelle il lui expliquerait la provenance de ce pantalon de pyjama, un cadeau de Noël, qui était parti en fumée sur le foyer dans son patio le jour où ils s'étaient rencontrés mais ce serait difficile de placer ça dans une conversation ordinaire.
Un moment plus tard il pencha la tête en avant et vers le bas et souleva le bord de son sweat jusqu'à sa poitrine et contracta ses abdos. Il inspectait ses muscles là. Oui son ventre était dur… tous ces abdos qu'il avait faits quotidiennement avaient eu raison de son petit ventre légèrement grassouillet.
Il contemplait les poils sur sa poitrine et sa ligne de poils qui descendait vers le bas dans son pantalon en soie.
Je ne suis pas poilu, si? Parce que ça c'est dégoûtant. Quelques poils c'est normal. Sauf si tu n'aimes pas les poils. Certains gars s'épilent. Devrais-je le faire? Je me rase un peu ici et là mais m'épiler … Seigneur ça parait tellement douloureux! Je vais considérer me raser ici et là … mais m'épiler? Je vais simplement considérer qu'une légère poussière de poils est quelque chose de positif. Acceptable. C'est moins douloureux de cette façon.
Si j'avais du poil dans le dos c'est sûr que je le ferai.
Bon sang pourquoi je pense aux poils dans le dos que je n'ai pas?
Edward s'assit et but un peu plus de son café. Peut-être était-il en train d'halluciner. Heureusement le café arrivait à le garder concentré. Il se rendait compte qu'il partait dans toutes les directions. Il reposa sa tasse et continua la préface.
J'aurais dû me demander comment ce pantalon fragile et vaporeux ne glissait pas de ces hanches étroites sur ses chevilles.Mais il y avait une bonne raison à cela. Ce chef d'œuvre de physique masculin…
Ce chef d'œuvre de physique masculin? Tiens c'est nouveau ça…
… se tenait devant moi dans toute sa gloire…
Waouh… toute ma gloire? Edward roula des yeux d'embarras.
… Cette incarnation éthérée de la virilité parfaite…
On m'a déjà dit que je ressemblais à un modèle mais éthéré?
… arborait une érection scandaleusement évidente.
Ses yeux sortirent presque de leurs orbites et sa mâchoire s'ouvrit sous le choc.
"Non!" rugit-il.
"BON DIEU! Elle a parlé de ma QUEUE?" Ses bras en tombèrent d'incrédulité.
Immédiatement il se leva et commença à arpenter furieusement. Du séjour au salon. Du salon au séjour. Du salon…
"OhmondiuohmondieuohmondieuohmonDIEU! POURQUOI? POURQUOI?" Il fulminait en se dirigeant vers le séjour puis dans le salon.
Bien sûr il n'obtint de réponse ni dans une pièce ni dans l'autre.
En marchant il joignit ses mains au-dessus de sa tête. C'était un geste vague, une faible précaution contre la menace que sa tête allait exploser ou qu'il la perde en essayant de gérer le poids de ce qu'il venait de découvrir. C'était tout simplement trop.
Un bruit grave sortit de sa poitrine et il retourna finalement vers le canapé y tombant lourdement. Puis après un moment il s'affala de côté sur la pile de coussins qui était dans le coin du canapé.
"Merde! Elle a écrit sur ma putain d'érection? Ne me dis pas qu'elle a tout raconté de cette première rencontre!" Les coussins contribuèrent à étouffer son cri. Et ses gémissements silencieux ultérieurs. Et puis les gémissements à peine audibles.
C'est de la calomnie!
Non la calomnie c'est verbal. Ici c'est écrit.
Eh bien alors c'est de la diffamation!
Non. Elle n'a pas insulté ta bite.
Il se figea pendant que cette pensée parasite dansait dans sa tête. La simple pensée de Bella , de sa bouche et de sa bite, littéralement, pas au figuré… provoqua une secousse et une tension conséquente dans son pantalon de pyjama en flanelle.
Magnifique. Laisse ton esprit loin de ça et ta queue de sa mauvaise langue. Essaie et reste concentré. Techniquement c'est sur la bite d'Ethan-Vatefairevoir et pas la tienne qu'elle écrit. Et il n'y a de calomnie d'aucune sorte ici… tant qu'elle ne fait que raconter son point de vue sur ce qu'il s'est passé samedi dernier.
Mais elle diffame le personnage.
Elle diffame le personnage, peut-être mais c'est un Ethan Collins de fiction, pas toi, tant qu'elle n'a pas mentionné ton nom. C'est totalement anonyme.
Est-ce que ça peut être considéré comme diffamatoire?
Euh…non. Mais TOI tu as tout foutu en l'air pendant des années. C'est toi qui a foutu la merde…
Mais j'ai essayé d'arranger les choses!
Personne ne te donnera le bon dieu en confession juste après quatre jours! Mais continue comme ça. Et peut-être que bientôt tu recevras la juste récompense pour cette horrible première matinée.
Edward s'assit, le dos droit et poussa un profond soupir, sa grosse veine sur le front pulsait et battait de colère. Sa main frotta son visage et ensuite passa dans ses cheveux emmêlés, rabattant toutes les mèches en arrière puis les remettant en place avant de se laisser aller et de passer sa main de sa nuque à son cou. Il remit l'ordinateur portable en place, obligé et déterminé à continuer à lire ce qu'elle avait écrit.
Juste le temps de mâcher mes récompenses arrosées de sauce karma.
Je n'avais pas encore eu le temps de me focaliser sur ce fait et d'en être scandalisée parce que, pour une raison inconnue, il me criait une volée d'injures.
"Je criai pour que tu m'entendes, avec le boucan infernal que faisait ton camion!"
Et aussi parce que tu étais en colère d'avoir été interrompu avec ta bimbo rousse.
Edward se figea en grimaçant alors qu'il repensait à ce matin-là et son rencard de la nuit précédente. La fille dans son lit, il ne s'était même pas préoccupé de son nom. Une fois de plus il se sentit dégoûté de lui-même. Il se demanda comment se serait passée cette journée pour lui ou pour sa nouvelle voisine s'il s'était réveillé tout seul ce matin-là.
J'ai été un putain d'idiot.
Oui, c'est vrai. Laisse un peu de mou à cette pauvre Bella. C'est juste la façon qu'elle a eu de pouvoir gérer ces choses pendant cette première rencontre bizarre. Et n'oublie pas… c'est totalement anonyme… personne ne sait que c'est toi. Personne ne sait que c'est elle… elle n'a pas donné son vrai nom, elle a juste dit qu'elle en avait un…
Elle est vraiment rafraichissante et différente, tu sais?
Edward freina ses pensées rebelles et se força à se concentrer à nouveau sur ce qu'il lisait.
Qui était ce jeune homme – semblant appartenir à un autre monde – qui se comportait aussi odieusement?
"C'était ton voisin abruti, qui foire tout, bientôt fou."
Voulais-je vraiment le savoir?
Probablement pas. Ça aurait été mieux si nous n'étions pas amis… ou simples connaissances ou peu importe ce que c'est.
Il ne s'était pas présenté. A la place il avait choisi de me submerger avec son beau corps et son attitude d'abruti.
Edward relut cette ligne avec un grognement. Il connaissait des gens qui avaient un comportement merdique. C'était vraiment une ligne géniale… une dont il pourrait se servir. Ensuite il réalisa qu'il appréciait les commentaires de Bella concernant son comportement d'âne.
Il retourna à l'écran et continua à lire la préface.
Je me retrouvai complètement perdue face à cette beauté féroce, cette instabilité et cette excitation trop manifeste.
Ouais, qui s'attend à trouver dans la rue un lunatique presque exhibitionniste, attirant et fou enragé?
Ce fut mon premier matin à Seattle. Je venais d'arriver. Et je pensais déjà à repartir au plus vite.
Edward grogna. Avait-il été vraiment si terrible pour elle?
Mais il connaissait déjà la réponse à cette question.
Tu l'as été. Elle avait juste des problèmes avec sa voiture, imbécile! Personne ne peut prévoir que sa voiture va lui créer des problèmes espiègles.
Il soupira profondément.
Il y avait deux jours maintenant que je l'avais rencontré et je savais que mon nouveau voisin allait mettre ma patience et ma volonté à rude épreuve, repousser les limites de la décence, m'embrouiller, me désorienter grâce à sa perfection et à sa forte présence. Son apparence était déconcertante combinée à une réelle personnalité.
Il était la Belle et la Bête dans une apparence attirante et exaspérante.
"La Belle et la Bête? " hoqueta Edward. "Eh bien voici des nouvelles pour toi, bébé… tu es un petit lot attirant et exaspérant toi aussi! Nous avons tous les deux des problèmes de comportement et on ne peut rien y faire!"
Wouah, c'est quoi ça! Qu'est-ce que tu racontes Cullen?
C'est juste une façon de parler.
Je pense que nous devrions discuter davantage de cela.
Je n'ai pas le temps là… je suis occupé à lire.
Je savais que si je n'avais jamais accepté ma première mission d'enseignement ici, à Seattle, je n'y serai pas en ce moment, assise dans mon nouveau chez moi, regardant sa maison vide, tenant les clés de son château dans ma main. Il était parti pour quelques jours et m'avait demandé de récupérer ses journaux et son courrier, je restais assise là, méditant sur toutes les façons de me jouer de lui.
Elle avait mes clés… elle a écrit ça quand j'étais parti… lundi ou mardi.
"Seigneur! Son expédition chez moi c'était juste pour la recherche! Elle va écrire sur… mes habitudes putain! Et elle envisageait de me faire des farces? Eh bien merde, cette histoire de fan fiction gagne le premier prix! C'est Emmett qui serait fier!"
Bon dieu… il ne doit jamais savoir pour ça!
Bien qu'il me fasse me sentir irritée et indignée, je ne pouvais pas regretter ma décision de venir ici. J'avais accepté le boulot dont je rêvais et à présent j'étais propriétaire de la maison de mes rêves.
Je n'y pouvais rien si je vivais dans la même rue qu'Ethan Collins et ça pourrait bien s'avérer être un cauchemar.
Un cauchemar? Pour moi, peut-être, pas pour toi! Je suis sûr que tu n'es pas assise dans ton salon, à pas d'heure, dans la nuit, en train de lire une fan fiction qui parle de toi et de ta bite!
C'est une fille, Edward… elle n'en a pas… elle a…
Je sais! Je ne suis pas stupide! C'est simplement… elle ne peut pas réellement penser que c'est un cauchemar… que je suis un cauchemar? Si? Elle voit vraiment les choses comme ça? Ce soir c'était bien… bon, avant que je ne devienne pas fan de fan fiction, la partie ne concernant pas la fiction. Nous nous sommes tous bien amusés. Elle a aidé à une blague très drôle et elle s'est amusée, elle a beaucoup ri, c'était vraiment mignon.
Nous avons vraiment besoin d'avoir une discussion sérieuse concernant certaines de tes pensées, Cullen.
Je vais te débrancher que je puisse lire.
Je suis Stella Brown et ceci est mon histoire…
Je me demande combien de tes lectrices réalisent que tu ES vraiment Stella Brown et que c'est vraiment TON histoire.
Et apparemment la mienne aussi.
oOoOoOoOo
Chapitre 1 : Premier affrontement
"Premier affrontement? Il va y en avoir d'autres?"
Il y en a déjà eu deux. C'est toi qui es parti après son honnêteté le soir du dîner.
Ça m'a choqué qu'elle m'épie.
Bien et tu fais quoi là en ce moment? Tu fouines aussi.
Non, non… je fais des recherches. Comme elle. Je n'écris pas un exposé incendiaire.
Peu importe. Tu voulais savoir des choses sur elle, ce qu'elle écrit, donc tu trouves la lecture mais si tu lis, essaie de rester calme et de gérer ça.
"Stella" étoile en italien, choisi par ma mère, dans une tentative d'exotisme et d'originalité.
Maman aussi "c'était écrit dans les étoiles?" sourit Edward à sa plaisanterie sur toute cette chose.
"Brown," le mot anglais pour la couleur de la boue et de la saleté, donné par mon père, pour me garder fermement ancrée dans la réalité.
Boue et saleté? Edward renifla un rire. J'ai compris… les pieds sur terre, ancrés dans la réalité. Mais le brun est chaleureux… une couleur réconfortante et après tout c'est la couleur de tes yeux si expressifs ainsi que celle de ta crinière.
"Stella Marie Brown"… mon nom depuis ces presque vingt-quatre dernières ennuyeuses années. Et "Marie" bien sûr utilisé très rarement comme c'est souvent le cas avec les deuxièmes prénoms.
Ah égalité! Je n'étais Edward Anthony que quand j'avais des problèmes mais ça n'est pas arrivé souvent.
Edward continua à lire ce qui concernait les parents de Stella, un pli apparut sur ses traits pendant qu'il lisait. Après neuf ans de mariage ils avaient divorcé. Après l'âge de huit ans elle avait été partagée entre ses parents les étés et elle restait avec sa mère le reste du temps.
Est-ce que c'est aussi la vie de Bella? Ses parents sont divorcés?
Wouah… quel changement de vie pour une petite fille. Assez grande pour comprendre ce qu'il se passe mais pas assez pour réellement comprendre le pourquoi. Et un enfant de cet âge se sent fautif au moins en partie. Je ne peux même pas imaginer… nous avons toujours été une famille très unie. Et puis changer d'endroit sans arrêt, incapable d'avoir des amis, vivant avec un seul parent… les enfants ont besoin de plus de stabilité que ça non?
Edward se rendit compte qu'il avait arrêté de lire. Il retrouva où il en était et poursuivit.
Ce fut cette année-là que j'avais vraiment commencé à lire par plaisir. Je trouvais beaucoup de joie dans les livres. C'était une évasion merveilleuse à un moment où le bonheur ainsi que la sécurité faisaient défaut et où j'étais en proie à la douleur et au doute. Les livres étaient un merveilleux endroit où me réfugier alors qu'il n'y avait pas beaucoup de merveilleux dans le monde réel.
Edward relut ce paragraphe plusieurs fois en caressant sa lèvre inférieure avec son doigt, en comprenant son existence solitaire alors qu'elle n'était qu'une enfant. Il chassa l'image qu'il avait d'elle quand elle était revenue chez lui pour lui déposer ses affaires devant sa porte. Il s'imagina une jeune Isabella s'étreignant elle-même, se perdant dans un livre pour trouver un peu de réconfort.
Eh bien trouver un peu d'évasion n'est pas une chose inhabituelle. Beaucoup de gens le font.
Edward pouvait bien comprendre cela.
Il avait toujours été un lecteur et quelqu'un qui savait qu'il avait souvent préféré lire qu'avoir des activités physiques. Il avait été un enfant très intelligent, il apprenait vite et maitrisait les choses facilement. Il se serait beaucoup ennuyé s'il n'avait pas pu se tourner vers les livres. Il finissait ses devoirs rapidement puis se tournait vers son dernier livre en cours pendant que les autres élèves travaillaient encore. Le temps qu'ils terminent et Edward était plongé dans ce qu'il lisait, oubliant totalement d'échanger avec les autres. Et ce garçon intelligent avait été perçu par ses pairs comme un rat de bibliothèque, obsédé par ses études.
En pendant ses études secondaires quelqu'un l'avait une fois surnommé Edweird* et ce cruel surnom lui avait collé à la peau, bien sûr ce genre de chose suit souvent une personne… puisque c'était les mêmes élèves que lui dans les mêmes classes au cours des années. C'était difficile de lutter contre quelque chose comme ça et plus difficile encore de trouver quelques amis ayant des intérêts similaires ou qui aimaient lire, parce que c'est précisément ce qu'Edward faisait habituellement.
Le point culminant de cette période Edweird était arrivée à la fin de ses études secondaires avec plusieurs événements connexes et embarrassants, impliquant la seule personne pour qui il avait craqué et qu'il n'avait jamais eue. Heureusement deux mois plus tard il partit pour Dartmouth, de l'autre côté du pays et c'est là qu'Edward avait vu le bout du tunnel Edweird.
Il s'était retrouvé dans la même chambre qu'Emmett McCarty, un camarade qui ne jugeait jamais, toujours de bonne humeur, un festival de camaraderie à lui seul. Edward avait soudainement eu une nouvelle chance de se bâtir un autre lui et de rattraper le temps qu'il avait perdu avec les autres. Emmett était un entraineur merveilleux, il avait été au propre et au figuré le coach personnel d'Edward.
Le résultat fut un succès, tant du point de vue des études qu'au point de vue personnel, il se sentirait toujours redevable envers Emmett de l'avoir incité à sortir et à retrouver une confiance en lui quand il était avec les autres. Ç'avait d'ailleurs été pour cette raison qu'il s'était associé avec Emmett et l'avait aidé à mettre en place son travail rêvé à Gymerica Elite. Les intentions d'Edward étaient de vendre sa part à Emmett à un moindre coût. Edward avait déjà grassement été payé par cette énorme récompense qu'était leur amitié.
Même encore aujourd'hui sous ses extérieurs attirants et sa réussite spectaculaire, le solitaire Edweird avec ses livres existait toujours mais il ne le savait même pas. Et maintenant penser à cette jeune Bella cherchant refuge dans les livres trouvait un écho familier en lui. Et le sachant, son enfance solitaire l'affectait. Il chassa ces pensées et continua à lire.
Après la désintégration du mariage de mes parents, alors que je vivais une vie nomade avec ma mère, mes amis les plus proches que je gardais d'une année sur l'autre étaient ceux que je connaissais à travers les livres. Ces personnages de fiction restaient toujours là, avec moi, même si ma propre famille ne le faisait pas.
La merveilleuse découverte que je fis vint après : ces personnages de fiction pouvaient aussi sortir de leur livre. Quand je les connaissais suffisamment bien, je pouvais les prendre de leur histoire et les faire participer à des histoires de mon cru. Je pouvais les prendre avec moi pour vivre des aventures, peu importe où ma mère et son dernier intérêt nous conduisaient.
C'est donc de là que vient son intérêt pour l'écriture… prendre ces personnages et créer ses propres histoires avec eux. Et ensuite elle a réalisé qu'elle pouvait elle-même créer ses personnages et leur faire faire ce qu'elle voulait.
Comme dans cette histoire où elle a fait un personnage de toi… vraisemblablement un personnage de dessin animé.
Son intérêt l'avait conduite à un jeune homme, un sportif, un homme dont les rêves impliquaient encore plus de mouvements et de changements. Bill Wyler était une étoile montante en ligue mineure mais sur le point d'être appelé en ligue majeure. Mais cela impliquait de nombreux voyages. Et puisque Rhonda était sa fan la plus passionnée, bien sûr elle voulut le suivre. Alors, comme un joueur sorti de sa base pour courir, je suis partie et déménageais vivre avec mon père dans l'état de Washington, la même année ma mère s'installa en Floride.
Les analogies avec le baseball étaient bonnes mais ce qu'elle écrivait avec plus d'impact que comment elle l'écrivait.
Sa mère a trouvé un petit ami et a perdu une fille. Comment cela pouvait-il être gratifiant?
Je me demande si elles sont toujours en relation. Au moins Bella a dû trouver un peu plus de stabilité en allant vivre à Forks avec son père. Elle devait avoir quoi douze, treize ans peut-être? Une période difficile pour tous les enfants… même quand vous avez une vie de famille solide.
Je n'avais jamais montré de tendances extravagantes comme je supposais que ma mère s'y attendait. J'avais toujours été plus comme mon père : réaliste et les pieds sur terre. Simplement une façon polie de dire que j'avais toujours été ennuyeuse et quelconque. Tout comme mon nom, j'ai toujours été brune… ni vibrante ni extrême mais basique et fiable…
Edward ne put s'empêcher de rire.
Pourrait-elle se considérer encore plus mal?
Tu ne te vois pas très clairement Bella. Tu n'es ni laide ni ennuyeuse. Tu es exactement le contraire des deux. Il n'y a pas eu un seul moment d'ennui depuis que tu es arrivée ici samedi dernier. Et tu es très agréable pour les yeux que tu t'en rendes compte ou pas… demande juste aux hommes autour de toi, ils le voient tous alors que tu n'en as pas conscience. Etre dépendant n'est pas une mauvaise chose c'est un trait admirable qui manque chez la plupart des gens.
C'était à prévoir puisque j'étais calme, timide, rat de bibliothèque depuis toujours. Je suivais les règles et faisais ce qu'on me disait de faire. Les bonnes notes semblaient aller de pair avec ce comportement.
Tout cela semble si familier… elle était tellement comme moi. Je me demande si elle était plus sociable que moi ou si elle se sentait comme un étranger avec les autres. Elle n'était probablement pas aussi mise à part que moi.
Quand j'ai eu seize ans, après avoir vécu plusieurs années avec mon père j'ai commencé à penser à mon avenir.
J'avais donc raison elle devait avoir démangé à Forks quand elle avait environ treize ans et c'est là que Jake était devenu son petit-ami. Et si elle est restée, avec son père elle doit avoir eu au moins quelques amitiés qui se sont développées au fil des ans … comme avec Jake.
Edward sourit en lisant ce qui concernait sa décision de devenir enseignante. Ses camarades de classe avaient pensé qu'elle était folle.
Ils ne pouvaient pas comprendre comment quelqu'un pouvait se condamner à passer le reste de sa vie à l'école secondaire avec des élèves, comme nous, en étant obligé d'assister aux cours. Je haussais les épaules et ensuite je gardais ça pour moi. J'aimais lire, écrire et peut-être que je pourrai encourager ces intérêts chez d'autres.
Les amis d'Edward auraient aussi pensé qu'elle était folle de vouloir être professeur au secondaire. Ce n'était certainement pas pour tout le monde mais Alice adorait ça et Bella allait probablement le faire aussi. Dieu seul sait qu'il ne pourrait jamais faire ça… sa tension monterait trop haut, trop vite. Mais Bella pouvait probablement le faire.
Et qui plus est, elle avait une collection de posters pour susciter leur intérêt.
Les livres avaient été mes amis dès l'école primaire. La littérature et l'écriture sont devenues mes passions à l'école secondaire. Je suis diplômée de l'université de Washington en littérature britannique et en création littéraire et j'y suis encore revenue deux ans pour apprendre le métier d'enseignante pour les élèves du secondaire.
"Waouh!" murmura Edward. Il se souvenait de leur conversation pendant la panne d'électricité jeudi soir. Elle lui avait raconté exactement la même chose alors qu'ils discutaient de son nouveau travail, où elle avait fait ses études et ce qu'elle avait étudié.
"Tu ne caches rien, hein… c'est vraiment toi, Bella. Tu écris vraiment ton histoire."
Edward s'arrêta un instant alors que les mots de son résumé repassaient dans sa tête. "Ces deux opposés vont-ils jamais trouver un terrain d'entente et devenir amis… ou peut-être plus?" Il se retrouva en train de se demander si elle s'attendait ou espérait vraiment quelque chose de lui. Quelque chose dont il n'était pas capable. Quelque chose qui ne serait probablement pas une bonne idée et qui pourrait certainement la laisser blessée.
Et à présent je suis prête et j'ai tout ce qu'il me faut, prête à embarquer sur la voie que j'aie choisie et à commencer ma vie.
Et à mettre la pagaille dans la mienne.
Il prit une profonde inspiration et laissa échapper un long soupir.
La semaine dernière j'ai rangé ma vie dans des cartons et des sacs, arrachant mes racines qui était dans ma maison d'enfance près de la côte. On m'avait proposé un poste à temps plein comme professeur d'anglais et je ne pouvais pas refuser ce travail. Je serai finalement mademoiselle Brown fraichement sortie de l'école, aspirante écrivain le soir et fière résidente de mon nouveau chez moi à Seattle, état de Washington.
Oui c'était définitivement Bella Swan dans cette histoire. Elle était la nouvelle enseignante d'anglais, aspirante écrivain de fan fiction et le soir, elle ruinait la réputation de ses nouvelles connaissances.
Il continua à lire son déménagement. Son père n'avait pas pu l'aider, il n'avait pas pu se libérer de son travail.
Mais je n'étais pas vraiment inquiète, je pouvais compter sur mon copain et ami de toujours Jethro Brick.
Jethro Brick? C'est Jake? Il a été son petit-ami il y a neuf ans. Elle a dit que c'était un ami proche maintenant il semblerait qu'il soit comme un frère pour elle.
Jethro et moi serions amis pour toujours. Nous avions toujours été là l'un pour l'autre. Je savais que je pouvais toujours compter sur lui pour me sauver. Et je devais l'être assez régulièrement…
Donc il est son chevalier en armure brillante. Elle a besoin de protection mais il est si loin. Qui va la protéger ici, si elle a besoin de quelqu'un régulièrement? Elle n'a personne ici? Si?"
Tu sais quand tu n'es pas occupé à être un âne, tu peux être un très bon protecteur. Tu l'as d'ailleurs déjà été ce soir quand tu l'as ramenée, elle et son amie, chez elle.
C'est juste être un bon voisin.
D'accoooord.
Tout à coup Edward se sentit un peu agité. Il prit sa tasse de café et la vida de son café froid à présent froid. Il fit glisser son ordinateur sur le canapé, se leva et s'étira, prit sa tasse vide et se dirigea vers la cuisine pour la remplir.
De retour dans le séjour il remarqua sa veste de cuir qu'il avait snobée et oubliée sur le sol. Il se pencha et la ramassa, son téléphone tomba. Il posa la veste sur le dossier du canapé et se baissa pour récupérer le téléphone. Il regarda l'écran et vit qu'il était éteint, il fallait le mettre à charger. Il devait être éteint depuis qu'il avait demandé à Bella de l'aider pour la blague d'Emmett puis après lui avoir montré son jeu avec ses mots et ceux d'Alice énervée.
Le souvenir d'un petit moment de la soirée passa dans ses pensées quand il avait montré le texto à Bella, elle avait fait un geste pour lui prendre son téléphone mais il ne l'avait pas laissée faire pour ne pas dévoiler leur conversation clandestine. Le résultat avait été qu'elle avait pris sa main dans la sienne sous la table pour lire le petit texte. Sa main était petite et chaude. Il observait son profil et il y vit le rose envahir son visage. Il s'était senti un peu chaud lui-même puis il s'était rendu compte qu'il devrait détourner le regard s'il ne voulait pas attirer l'attention des autres.
Edward cligna des yeux en regardant ce même téléphone dans sa main seule maintenant, il retourna à la cuisine et le posa dans le chargeur.
Il retourna au canapé et s'assit à nouveau, confortablement avachi dans les coussins. Il installa son ordinateur sur ses genoux. Il capta le léger parfum floral et regarda vers sa veste prenant un moment pour se pencher vers elle et inhaler un peu plus profondément.
Il revint à l'écran et retrouva l'endroit où Stella/Bella avait commencé à parler de Jake le sauveteur.
"Sérieusement Stelly, tu as besoin de quelqu'un pour te protéger. Ça ne me gêne pas de faire ce travail… mais à moment donné les voisins vont commencer à jaser. Léandra me l'a fait remarquer. C'est une bonne petite-amie pour moi… mais il faut vraiment que tu te trouves quelqu'un. Nous ne pouvons pas être un trio pour toujours. Les gens vont se demander si nous faisons ménage à trois… bien que je ne tire aucun bénéfice de cet arrangement … comme ils pourraient le supposer."
Edward souffla d'irritation. "Putain d'enfer? Quel est ce putain d'excité? C'est une conversation réelle ça? Il lui a vraiment dit ça? Dis-moi qu'il ne t'a pas dit ça!"
Bien sûr il n'obtint pas de réponse. Il resta dans le silence à siroter son café chaud.
Tu as définitivement besoin que quelqu'un te protège. Laisse cet idiot à sa petite-amie, Bella.
"Jethro c'est dégoûtant! Ne fais pas l'âne!" Je tapai dans son bras et un sourire apparut sur son visage en un instant.
Bon boulot. Tape-le une fois encore pour moi.
"Mais je plaisante enfin," grommela-t-il en se frottant la blessure imaginaire sur son biceps bombé. Comme si je pouvais faire le moindre dégât sur son corps musclé.
Oh rien n'est moins sûr Jake. Ça ressemble vraiment à une description de Grand Costaud.
"Eh bien je ne plaisante pas. Si tu veux m'aider, aide-moi. Mais ne me ridiculise pas, ne m'accable pas. Et ne sois pas grossier. Tu sais que je te rendrai ça quand le moment viendra."
Dis-lui, Bella. Ne te laisse pas faire. Ne laisse personne te traiter de la sorte… jamais.
"Je sais," dit-il. "Tu le feras et tu me feras passer un sale quart d'heure aussi. Désolé d'avoir plaisanté. Tu peux compter sur moi. Tu le sais."
"C'est ce que j'espérai. En même temps quand j'aurai trouvé l'homme de mes rêves tu vas me manquer. Tu n'auras plus que Léandra et elle n'aime pas trop être chouchoutée. Tu ne seras plus quoi faire J."
L'homme de tes rêves c'est seulement un homme fictif pas vrai? Ce gars nu, au milieu de la bannière est sans visage.
Euh… je pense que c'est peut-être supposé être toi… si le titre et le sommaire veulent dire ce qu'ils semblent dire. Je pense au "ou plus" qu'elle a mis dans le sommaire.
Une sensation de nervosité soudaine traversa le corps d'Edward mais il l'écrasa immédiatement.
NON! Ça ne peut pas être moi! Eh bien, fictivement, peut-être mais certainement pas littéralement! Lis et tais-toi enfer, tu n'aides pas du tout.
"Peut-être que je viendrai chez toi avec l'homme de tes rêves," il agita ses sourcils et me fit un autre de ses sourires charmeurs.
Je roulai des yeux.
"Tape-le de nouveau, Bella." Il tapa sur son ordinateur. "Un bon coup dans les noix!"
"Et nous en reviendrons à ce ménage à trois? Je ne pense pas, deux gars me paraissent moins intéressants pour toi que deux filles. Et en plus l'un des deux serait toi… ça pourrait être répugnant."
Edward en resta bouche bée. Mais en arrivant à la dernière ligne il réalisa qu'elle venait de plaisanter pour aller juste un peu plus loin que lui.
"Je pense que mon tour est venu de te taper à présent, Stelly," Il sourit, en me regardant ranger des choses dans un carton."
"Ne pense même pas à une fessée, sale type."
Stelly? Est-ce que Jake l'appelle Belly? Comme bellybeans? Sait-il que bellybeans est son pseudo?
Tout à coup il écarquilla les yeux.
Putain de merde! Est-ce qu'il lit?
S'il le fait c'est probablement une bonne chose qu'il vive loin.
Ouais, non merde.
"Des promesses, des promesses qui ne m'excitent pas du tout… " dis-je benoitement "Tiens J, rends-toi utile et ferme ce carton. Et ensuite tu peux l'emmener dans ma voiture."
"Tu sais que tu vas vraiment me manquer, pas vrai?" demanda-t-il d'une voix plus douce et plus grave à présent, tout en fermant le carton.
Oui c'est sûrement une bonne chose qu'il vive aussi loin.
Pourquoi ça Cullen?
Euh… eh bien comme ça, sa petite-amie n'a pas besoin de se demander s'il se passe des choses entre eux.
Euh euh. Bien sûr.
Je m'arrêtai et le regardai en hochant la tête incapable de dire quoi que ce soit avec une boule dans la gorge tout à coup. Il me prit dans ses bras dans une étreinte d'ours, celle qu'il faisait si bien.
Elle aime les étreintes d'ours…
Edward se sentit agité une fois de plus. Il se demanda s'il était possible qu'il y ait plus que de l'amitié entre Bella et Jake. Peut-être Jake avait-il vraiment une petite-amie, ce personnage Léandra qui était mentionné, et Bella lui avait dit qu'il n'y avait pas de petit ami dans le décor pour elle, mais peut-être s'intéressait-elle encore à Jake de cette façon? Elle s'intéresserait à lui bien qu'il soit impliqué avec quelqu'un d'autre? Et qui avait rompu avec l'autre et pourquoi? Sûrement qu'elle n'était plus intéressée par le même genre de personne.
Ça c'était le jeudi. Emballer et charger, des sourires et des rires. Mais les rires étaient doux amers. Jethro avait été constamment là pour moi depuis des années, comme tous les personnages de fiction de mes livres. Mon meilleur ami allait vraiment me manquer.
C'est son meilleur ami.
Peut-on vraiment avoir un meilleur ami du sexe opposé et n'être pas allé plus loin?
Peut-être que c'est déjà allé plus loin mais ça n'ira pas plus loin… à présent.
Edward n'avait jamais vraiment eu d'amis proches. Et aucun d'eux n'avait été des filles. Alice et lui avaient toujours été proches mais elle était sa sœur et c'est différent. Non, les filles étaient trop déconcertantes, il était trop peu sûr de lui et trop timide quand il était près d'elles, incapable de se lier d'amitié avec le rôle qu'occupait le sexe.
Ses études jusqu'à l'université avaient été un long chemin.
Puis finalement peut-être pas.
Il soupira et continua.
Mon père participa aussi après être rentré du travail le vendredi. Il fit rentrer tout ce qu'il put dans le SUV, mon Chevrolet Equinox pour mon départ à Seattle le lendemain matin. Tout le reste serait chargé dans un petit camion de déménagement tôt le dimanche matin. Jethro le conduirait à Seattle dimanche et amènerait le reste de mes affaires à mon nouveau chez moi et m'aiderait à m'installer.
Exactement ce qu'il s'est passé… bon excepté pour le Chevrolet Equinox. Stella en conduit peut-être un mais Bella conduit un Chevrolet en passe de rendre l'âme. Alors que la vraie Stella conduit un Chevrolet Equinox? Est-ce que ça reprend l'histoire originale. Ou est-ce qu'un Equinox serait la voiture dont rêve Bella?
Edward ricana en y pensant. N'importe quelle voiture ferait l'affaire comparée à ce camion cauchemardesque qu'elle conduit. Peut-être était-elle trop gênée par son camion qui marchait mal pour l'inclure dans son histoire.
Elle y a bien mis ma queue dysfonctionnante mais pas son camion? Est-ce vraiment juste?
Ce samedi matin je me comportais joyeusement et presque indifféremment. J'avais vraiment hâte de commencer ma nouvelle vie à Seattle. Mais je pensais aussi à mon père. J'allais lui manquer. Il n'était pas démonstratif et certainement pas collant… et je savais que la maison serait bien vide quand je ne serais plus là.
Alors elle est proche de son père, elle s'inquiète qu'il soit seul. Mais si elle dit qu'il n'est pas très démonstratif, ne lui a-t-il pas donné assez d'attention? Est-ce que c'est pour ça qu'elle s'étreint si souvent?
Et est-ce pour ça qu'elle apprécie les câlins d'ours de Jake?
En a-t-elle besoin?
Pas que je ne l'ai pas laissé avant… je l'avais fait… depuis l'université. Mais il savait que je reviendrai toujours pour un week-end ou les vacances et l'été. Cette fois-ci c'était différent. Nous savions tous les deux que je viendrai pour le voir mais nous savions que ce serait juste une visite. Ce ne serait plus ma maison ...
Non, elle habite ici à présent en face d'un cinglé presque nu comme comité d'accueil.
Mais ces choses arrivent. Les enfants grandissent et trouvent leur voie. Ils commencent leur vie et prennent leur envol.
Edward sourit.
Oui Bella, même les cygnes déploient leurs ailes et quittent le nid.
Il fronça les sourcils en continuant à lire. Au lieu de pétarader comme l'avait fait le Chevrolet croulant, l'Equinox dans l'histoire de Bella faisait un sifflement de courroie de ventilateur alors qu'elle arrivait dans le quartier.
L'Equinox ne pétarade pas? Il couine? Elle a changé cet aspect de l'histoire mais elle s'est quand même sentie obligée d'y mettre mon érection. Elle ne pouvait vraiment pas dire que ma bite était molle et invisible?
Je vis qu'il faisait du vent dehors, j'ouvris la boite à gant et en sortis la casquette que je rangeais là. Relevant mes cheveux, je les retins et posai la casquette en place. Je sortis de la voiture me dirigeant vers ma porte d'entrée avec quelques affaires. Je déverrouillai la porte de la maison et entrai.
Allez Bella… dis-le tel que c'est… c'est la casquette Asshole.
Ma casquette Abruti à présent. Mais je t'en ai acheté une pour la remplacer.
C'est mignon… nous avons les mêmes casquettes.
Ferme-la … putain.
Je me décidai à appeler Jethro qui est mécanicien. Il pourrait sûrement me donner une idée de ce qu'il se passait. Et après quelques minutes d'explications et d'imitation de bruits pour qu'il comprenne, il m'assura que ça pouvait attendre le lendemain, qu'il arrangerait ça lui-même.
Donc elle a appelé son chevalier en armure une fois de plus et il va venir sur son destrier et monter dans son camion de déménagement … pour venir la sauver.
Edward continua à lire l'arrivée de Stella/Bella. En réalité le camion était resté un bon moment à faire du bruit dans le quartier. Elle n'avait peut-être pas eu de bonne raison de ne pas l'éteindre. Dans l'histoire Stella avait enfermé les clés à l'intérieur de sa voiture, ce qui avait accidentellement déclenché l'alarme. Ce qui suivait c'était la recherche des clés de rechange cachées sous la voiture pendant que l'alarme retentissait.
Je ne suis pas sûre de savoir pendant combien de temps ça dura mais je pris soudain conscience de quelque chose. Il y avait deux grands pieds devant moi. De beaux pieds avec de beaux ongles, ces pieds semblaient appartenir à un homme. Pieds nus, sans chaussette ni sandale.
"De nouveau les pieds nus? Beaux pieds, beaux ongles? Aurait-elle un problème de fétichisme avec les pieds?"
A cet instant ma main se posa sur une petite boite. Je sortis de là-dessous et me relevai, tenant la petite boite dans ma main et faisant face au propriétaire des pieds. Il criait fort pour couvrir le bruit de l'alarme, en agitant ses mains pour accentuer son propos mais je ne comprenais simplement pas pourquoi il était aussi mécontent.
"Hey abruti! C'est quoi ce putain d'enfer que tu nous fais toi et ta putain de merde de voiture casse-baise?"
Edward écarquilla les yeux, la bouche bée, choquée.
Lui avait-il vraiment dit ça?
Je pense que ce sont tes mots exacts, oui.
Mais quel putain d'abruti tu as été!
Oui et c'est un miracle qu'elle ne l'ait pas dit de suite. Ou qu'elle t'ait attaqué avec une bombe au poivre comme on l'aurait fait avec un assaillant lambda.
"Je pensais que c'était un mec! Un mal élevé qui se moque de déranger! Je ne savais pas que c'était une fille!"
Et je lui ai crié dessus. Je n'avais jamais fait ça avant. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi?
Jamais dans ma vie personne n'avait craché sur moi autant d'insanités. J'étais stupéfaite. Mais ce n'était pas simplement l'attaque verbale qui me laissait sans voix. C'était aussi son visage, en colère et rouge avec une veine proéminente qui battait sur son front et ses yeux verts brillants qui jetaient des éclairs. Il avait l'air vicieux en gesticulant furieusement et crachant ses jurons.
Edward était stupéfait par ses mots. Il avait était conscient de sa veine qui battait, quelque fois elle ressortait. Et il était rouge aussi quand il était en colère et savait qu'il faisait des moulinets avec ses bras à l'occasion quand il était extrêmement agité. Mais il n'avait pas réalisé qu'il l'avait bouleversée autant et peut-être même effrayée en ce premier matin, avec son comportement et ses mots.
Au moins elle avait parlé dans un effort pour le remettre à sa place.
Il baissa la tête, plein de remord à son comportement ridicule, maintenant qu'il voyait la situation de son point de vue. Bon enfin du point de vue de Stella/Bella.
Les mots qui suivirent sortirent avec surprise à en juger l'écarquillement de ses yeux.
Quel éclat Cullen!
"Putain de merde! Tu es une fille!"
"Oui, je suis une fille!" lui criai-je.
Je ne comprenais pas pourquoi ça avait de l'importance mais avec le vacarme de l'alarme qui continuait je n'arrivais pas à réfléchir clairement. Ou alors parce que ses mots suivants n'avaient pas plus de sens.
"Je ne me doutais pas que tu étais une fille! Comment étais-je supposé le savoir?"
Elle a dû penser que j'étais un malade mental! Je m'attendais à un gars mal élevé et au lieu de ça c'était une jolie jeune fille… avec de grands yeux bruns… qui me regardait… en rougissant et en haletant … ses lèvres formant un o de surprise…
Edward fit une pause et il la revit dans ses souvenirs.
Hehoooo! Allez Cullen… tu es assis là fixant le vide. Tu lis ou quoi?
Edward se reprit et retourna à l'écran.
Son visage était à quelques centimètres du mien, il criait et exigeait des réponses à des questions que je ne comprenais même pas. Je n'avais aucune réponse pour lui. J'étais trop distraite par la couleur inhabituelle de ses cheveux, son absurde beau visage avec des caractéristiques remarquables ainsi que son corps fin, dur et musclé, ses larges épaules, penché vers moi, sur moi, empiétant sur mon espace et essayant de me submerger par sa présence.
Un petit sourire surpris fit son apparition sur les lèvres d'Edward.
Tu étais en train de me dévisager! Je le savais! On faisait ça tous les deux. Tu ne l'as simplement pas réalisé et ça m'a pris aussi un peu de temps pour que je m'en aperçoive.
Et submergée je l'étais complètement.
Tu n'étais pas la seule… j'étais complètement ébranlé.
C'était le plus bel homme que je n'avais jamais vu…
Vraiment? Elle pense vraiment que je suis le plus bel homme qu'elle ait jamais vu? Elle ne le fait certainement pas. Ce doit être un trait de caractère de Stella qui décrit Ethan et ça n'a rien à voir avec moi. Elle ne s'est jamais comportée avec moi comme les autres le font toujours. Et elle n'a jamais rien dit comme les autres le font… mais pourquoi l'aurait-elle fait? Est-elle ce genre de femme?
Edward devait vraiment y réfléchir. En tenant compte de son expérience, les femmes pouvaient être classées en trois grands groupes : les chasseuses, les craintives, les intouchables.
Les premières étaient agressives. On pouvait les subdiviser en deux groupes : les dominantes et les prédatrices sexuelles. Les premières cherchaient la durée, un petit-ami voir un mari. Il fallait qu'il convienne, argent et physique. Edward les excluaient immédiatement. Comment pourraient-elles s'intéresser à lui sans rien vraiment connaître de lui? Elles le dégoûtaient.
Le deuxième sous-groupe c'était ses bimbos, celles qui lui faisaient savoir qu'elles étaient prêtes, désireuses et... euh… ouvertes… à la fois au propre au figuré… à sauter dans un lit avec lui. Elles étaient attirantes, confiantes et voulaient des relations sexuelles avec un homme tout aussi confiant. C'était des femmes excitées qui voulaient du sexe excitant avec un homme excitant. Généralement elles ne souciaient pas s'il avait quelque chose dans la tête tant qu'il avait un préservatif dans sa poche et une grosse bite dure à mettre en dessous. Elles ne recherchaient ni la conversation, ni un engagement, ce qui avait toujours très bien fonctionné pour lui. Bon… jusqu'à récemment.
Ensuite il y avait les craintives. Ce sont les femmes qui n'ont pas confiance en elles ou peut-être en lui et probablement à juste titre. Ou alors elles sont trop submergées par lui parce qu'elles sont silencieuses, d'habitude s'il leur dit quelque chose, elles l'évitent presque totalement. Et bien sûr il les laisse tranquilles plutôt que de s'imposer et d'essayer de cultiver quelque chose avec elles.
Le troisième groupe sont les intouchables, les femmes avec qui il n'y a rien à faire, au moins dans le sens sexuel parce que les contre-indications sont trop nombreuses. Les femmes mariées ou dans une relation, Edward ne veut pas servir de dépannage. Bien sûr Kate serait rentrée dans cette catégorie s'il avait su pour son mariage imminent. Ce groupe comprend aussi les collègues, les jeunes en dessous de l'âge légal et les plus âgées. Des liaisons avec des membres de ces groupes serait mal avisées, illégales… ou tout simplement malades.
Donc voilà les trois groupes.
Dans lequel penses-tu que Bella irait?
Edward cligna des yeux à cette idée parasite, sortie de nulle part.
Hummmm…. Je ne sais vraiment pas.
Eh bien réfléchis! Elle défie ce classement. Elle n'est pas agressive, elle ne s'est pas jetée sur toi et ne le fera probablement pas. Elle n'est certainement pas une bimbo. Mais elle n'est pas vraiment timide… elle rougit adorablement ce qui pourrait indiquer qu'elle l'est, timide, mais encore elle peut dire ce qu'elle pense, te jeter une casquette et te remettre en place si l'occasion se présente. Elle n'a jamais été mariée, n'est pas dans une relation et elle n'est pas l'une de tes collègues. Elle n'est pas si jeune et elle n'est définitivement pas trop vieille.
Ouais… et alors?
Alors peut-être qu'elle est parfaite.
Ouais… je veux dire, NON! Non! Non, non, non, non, non… elle appartient simplement au groupe numéro quatre!
C'est un très petit groupe ça. Une seule personne? Juste Bella?
Tu sais quoi? Je vais simplement continuer à lire à présent.
Il était presque nu, à toutes fins utiles. Il n'était pas seulement pieds nus, il l'était aussi jusqu'à la taille presque de la taille aux pieds… il portait un pantalon soyeux qui ne dissimulait rien de son état d'excitation… il aurait tout aussi bien pu être transparent car il n'arrivait à rien cacher.
D'accord j'admettrais cela. C'est difficile de cacher cette chose, érection ou pas. Mais je n'étais pas nu… je ne suis pas un fou furieux, pas un pervers. Je n'y peux rien si mon cerveau était trop saturé pour s'occuper de mon joystick.
J'étais complètement perdue, n'ayant jamais été confrontée à une situation de ce genre.
Oui, j'étais complètement perdu aussi. Ce n'est pas une de mes habitudes de me promener dehors en pyjama et d'avoir ce genre de conversation avec des gens que je ne connais pas.
La combinaison entre sa voix hurlante et sa tirade méchante, sa beauté sauvage et son érection évidente, la cacophonie de cette alarme, tout ça m'énervait et me gênait comme jamais je ne l'avais été.
Edward se recula un peu fermant les yeux aux images. Il se massa les tempes avec les doigts d'une main.
Je sais… je souhaiterais pouvoir reprendre ma tirade. C'était horrible.
Après un moment il soupira et continua la torture.
Mon rougissement intense ne servit qu'à aggraver tout ça. Et pourtant je réussis à parler, je ressentis le besoin de me reprendre mais je dus crier aussi pour me faire entendre.
"Allez vas-y Bella, donne-moi ce que je mérite."
Euh… merci? Ses sourcils bougèrent ensemble. Je suppose.
Je n'avais jamais vu rien de pareil.
Attends…
Quoi?
Du tout?
Il fronça les sourcils.
Elle n'a jamais vu quelque chose comme ça… une érection? Son froncement s'accentua encore. Elle a rougi comme une folle après tout.
Etait-elle sérieuse?
Il relut ses mots, décidant qu'elle parlait de toute cette situation surréaliste… un fou furieux courant dans le voisinage en pantalon de pyjama, crachant des insanités et avec une sympathique érection.
Ouais … ce n'est pas si courant. Peu importe qu'elle ait dit qu'elle n'ait rien vu de semblable auparavant. Cette merde n'arrive pas tous les jours.
Merci mon dieu… tu aurais pu être condamné pour attentat à la pudeur et tes parents t'ont mieux élevé que ça.
Et je réalisai combien c'était inapproprié de ma part de regarder cette partie intime donc je me forçai à me tourner vers son visage, le fixant dans les yeux, rouge comme une betterave.
Tu étais un adversaire horrible et arrogant, la pauvre. Et tu te réjouissais de sa gêne… admets-le. C'était juste cruel!
Elle avait les yeux sur ma bite! Je pensais qu'elle allait continuer sa tirade ou faire un commentaire suggestif sur mon état!
Mais non elle ne l'a pas fait.
Non… les femmes que je fréquente auraient fait un commentaire salace. Elles n'auraient certainement pas rougi comme si elles n'avaient jamais vu ça, toutes ont déjà vu ça. Elle, elle est discrète et c'est une qualité plutôt fascinante chez elle … elle n'est pas comme les autres.
Elle ne fait jamais ce que tu attends qu'elle fasse.
Non jamais, elle très difficile à comprendre.
Bon maintenant tu la comprends. Peut-être que tu vas t'améliorer.
J'essaie.
Ses yeux verts flamboyants changèrent, ce fut léger et fugitif mais je le vis quand même. La colère vacilla pour seulement une fraction de seconde vers une incertitude plus calme. Et puis l'incendie reprit encore plus fort.
Je ne comprenais pas sa détresse évidente. On m'avait déjà engueulé mais aucune femme n'avait jamais rougi de colère contre moi comme ça avant. Et à un moment donné je me suis senti mal pour elle… Je réalisai que je m'étais trompé, que je l'avais mal jugée. Et puis je me sentis gêné et en colère contre moi-même… Je me retrouvais encore plus sur la défensive et le lui faisait payer.
Il recommença à crier à nouveau mais mon attention alla vers une fenêtre dans la rue et capta un mouvement. Une belle femme enveloppée dans un drap de lit nous fusilla du regard. Elle avait la peau ivoire et une crinière de cheveux roux ardents, il était évident qu'elle attendait qu'il revienne. Je compris soudain la raison de son excitation et sa colère due à mon interruption, même si ça avait été involontaire de ma part.
"Oh mais c'est pas vrai! Je n'arrivais même pas à me souvenir de son nom! Je n'étais pas excité à cause d'elle! Je l'étais à cause de t…!"
Edward ferma sa bouche. Il se redressa les yeux écarquillés et figé.
Un instant plus tard il se leva en prenant sa tasse, alla dans la cuisine et jeta le reste du café froid dans l'évier. Il ouvrit un placard et prit un gros verre taillé. Il alla dans un autre placard et en sortit du bourbon et s'en versa une rasade. Peut-être un peu plus.
Il était là dans la cuisine, appuyé contre le comptoir en granit regardant le liquide ambré qu'il faisait tourbillonner dans son verre.
Tu cherches un peu de courage dans ton verre Cullen? Tu as peur de quelque chose?
Il leva les yeux en portant le verre à ses lèvres, captant les senteurs de caramel et de vanille avant que l'élégante douceur fumée caresse sa langue.
Après quelques instants il se ressaisit et retourna sur le canapé prêt à continuer à lire la version de l'altercation devant son nouveau chez elle.
"Quel est mon problème?" cracha-t-il. "Ta voiture et toi êtes mon problème. Arrête cette foutue alarme!"
"Tu penses que j'ai fait ça exprès? " criai-je consternée, en commençant à jouer sur la boite pour essayer de l'ouvrir et récupérer ma clé de secours.
"Je me demande à quoi diable tu pensais!" cria-t-il en réponse.
Mes yeux se tournèrent vers lui avec colère, la clé momentanément oubliée.
"Ma clé est enfermée à l'intérieur! Je ne peux pas l'arrêter. Tu penses que ça me plait t'entendre ça? Tu crois que ça me plait de rester là, à t'entendre hurler? Tu es un idiot! Tu es… tu es…"
L'inspiration me vient brusquement.
Je portais toujours la casquette de base-ball, une idiote de casquette pour blaguer, avec le mot Asshole brodé dessus.
Oh mon dieu. Dites-moi qu'elle ne l'a pas fait. S'il vous plait dites-le-moi.
Edward commençait à s'inquiéter, sachant sans aucun doute où cela allait les mener. Mais il ne pouvait pas s'en aller il ne pouvait pas ne pas lire. Ses mots étaient comme un rouleau compresseur, fonçant sur lui et l'entrainant dans un univers parallèle ou du moins dans sa version de cet univers.
Je l'avais mise sur ma tête pour retenir mes cheveux avant de sortir de la voiture. C'était probablement pour ça que ce braillard avait été surpris de constater que j'étais une fille. Peut-être que s'il avait su que j'étais une fille il ne se serait pas mis dans cet état. Comme si tous ces jurons vers un parfait étranger étaient acceptables pour un homme. Evidemment ça n'avait pas d'importance que je sois une femme parce qu'à aucun moment il ne s'était excusé.
Edward grimaça. Il ne s'était pas excusé avant dimanche… ou peut-être lundi.
Je retirai la casquette de sur ma tête et pour une raison inconnue, pensai une seconde à le frapper avec.
Putain. de. Vie. Elle va le faire.
A la place je l'accrochai sur son membre en érection, proéminent et offert, en criant pour couvrir le vacarme de l'alarme.
Ouaip elle l'a fait, tout juste. Sur mon membre en érection offert? Il fronça les sourcils en regardant cette phrase sur l'écran. Sa bite était passée d'impressionnante à offerte en pas du tout longtemps.
"Tu es un connard absolu!" crachai-je finalement, me sentant victorieuse… juste pour un instant."
"Je le suis et tu le sais."
Mais je fus ensuite immédiatement mortifiée de me rabaisser à son niveau. J'étais encore plus horrifiée et gênée de ce que j'avais fait avec la casquette. J'avais envahi à mon tour sa partie la plus intime, en suspendant cette casquette à son excitation comme si j'avais le droit de le toucher à cet endroit bien que ce soit avec la casquette et pas avec ma main.
Edward gémit tandis qu'un petit frisson d'électricité parcourut son corps. Mais il se dissipa rapidement. Il reprit son verre de bourbon, espérant que cela l'aiderait.
Tu ne te rabaisses pas c'est moi qui t'ai entrainée là.
Je voulais disparaitre.
Je regardai son visage et je vis qu'il était aussi choqué que moi.
"Je ne peux pas croire que tu aies… suspendu ta casquette à ma …"
"Moi non plus!" l'interrompis-je de peur qu'il puisse choisir un mot qui allait sûrement finir de me tuer.
Je ne t'aurais probablement pas tuée mais tu aurais sûrement rougi. Et te serais évanouie.
"Je suis désolée d'avoir interrompu les choses pour vous ce matin! Evidemment tu étais occupé… avec … ça!" Je montrai la casquette, "et elle" je fis signe vers la fenêtre vide en face.
Il restait là, me regardant bouche ouverte.
Mon rougissement était accablant. Je ne m'étais jamais sentie aussi embarrassée, bouleversée, aussi mal de toute ma vie.
Je me sentais exactement comme ça moi aussi. Et j'étais en colère. Contre tout. Y compris moi-même et mon indécence.
J'ai fui, laissant tomber ma petite boite avec ma clé de rechange et laissant toutes mes affaires là, en courant me réfugier dans la maison. Je ne me suis plus occupée de l'alarme. Je ne voulais rien de plus que disparaitre de sa vue et ne jamais le revoir.
Je ne savais pas ce que j'étais supposé faire. La poursuivre pour m'excuser? J'étais tellement humilié par tout ça et mes réactions. En même temps tu n'allais pas me répondre et revenir pour continuer comme ça. Tu ne voulais plus me revoir.
Mais bien sûr que je le reverrai.
Edward grogna légèrement. Ils s'étaient vus tous les autres jours, sauf le mardi, depuis son arrivée.
Je m'étais assise par terre juste derrière la porte d'entrée jusqu'à ce que ma voiture se taise enfin. Peut-être la batterie s'était déchargée… Ou le connard presque nu avait trouvé la clé que j'avais laissée dans la petite boite et avait appuyé sur le bouton, nous sortant de notre misère. Je partis dans le salon et me cachai dans l'ombre tandis qu'il s'éloignait lentement vers chez lui. La route était rugueuse et c'était évidemment douloureux pour ses pieds nus, quelque que soit la douleur, il la méritait sûrement.
Ça y est, elle m'épie! Je le savais! J'ai senti son regard dans mon dos!
Edward secoua la tête. Et il commença à rire un peu parce que, vraiment, c'était tellement risible. Toute cette matinée avait été si farfelue… une blague cosmique moche et de loin supérieure à tout, même Emmett McCarty ne pouvait envisager d'en faire une pareille.
Il grimaça en commençant à lire ce qui suivait.
Sa porte d'entrée s'ouvrit brusquement et une magnifique femme avec des cheveux roux flamboyant apparut. Elle était habillée et vu comment, on pouvait comprendre qu'elle était dans sa tenue de la soirée de la veille. Elle claqua la porte et commença à marcher rapidement dans la rue sur ses très hauts talons.
Je sais… je sais… La rousse méritait mieux, elles méritaient toutes mieux bien qu'elles le sachent ou pas à ce moment-là.
Je bougeai pour me rapprocher un peu, curieuse de voir ce qui allait se passer entre eux. Je ne pouvais pas m'en empêcher, j'entrouvris la fenêtre pour pouvoir entendre.
Epier et écouter maintenant. Pourquoi ne suis-je pas surpris?
Il l'appela du milieu de route et elle se tourna vers lui en colère. Il ne se souvenait pas bien de son prénom. Elle avait passé la nuit dans son lit et lui ne connaissait pas son nom.
Je sais … que puis-je dire? J'étais un connard complet. Je le sais. Mon modus operandi commençait à tomber en lambeaux. Et tu peux en témoigner.
Edward sirotait son bourbon en continuant à lire son comportement embarrassant lié au départ de la rousse.
Une puissance supérieure, le Karma peut-être, avait maintenant décidé de ruiner sa matinée… encore un peu plus. Il alla vers la porte d'entrée et fut incapable de l'ouvrir. Il commença à taper dessus en criant furieusement, en jurant et en agitant ses bras. Il tapa dans la porte avec son pied nu, puis il se mit à le masser, regrettant probablement son geste.
Enfantin et caricatural. Comme dans les dessins animés.
Je l'épiai, cachée dans mon salon, tandis qu'il traversait le parterre de rosiers pour atteindre sa fenêtre. Mais la fenêtre était fermée. Il regarda vers le haut, l'étage était trop loin. Il fit le tour pour sans doute trouver un autre moyen de rentrer chez lui.
Je sortis rapidement pour aller à ma voiture, surprise de retrouver mes clés, le sac et le carton que j'avais sortis et ma casquette posée sur le siège du conducteur de ma voiture redevenue silencieuse. Je pris le sac et le carton et les amenait à l'intérieur avec la casquette qu'il avait laissée sur le siège.
Je ne pouvais pas vraiment laisser ton camion allumé avec la portière ouverte alors je l'ai éteint. Et j'ai rendu ta casquette. Je me suis dit que ton vieux camion était en sécurité. Qui volerait un Chevrolet mourant?
En faisant demi-tour pour faire un second voyage, j'ouvris la bouche et faillis m'évanouir. Debout devant ma porte c'était lui, le même jeune homme beau et en colère. Maintenant il était furieux, encore plus qu'avant et c'était moi qui était visée.
Bien sûr que j'étais furieux. J'avais été un idiot et le destin était en train de me botter le cul. Et évidemment la seule personne qui avait une échelle c'était toi. Pourquoi ça? Quoi de mieux qu'un bon retour sur la scène du crime pour apporter la preuve de ta totale idiotie avec tes écorchures et tes égratignures partout sur le corps.
Tu as bien dû te moquer de moi. Et cette pensée m'a énervé encore davantage.
Son corps parfait était maintenant recouvert de coupures et d'égratignures, son pantalon déchiré, ses pieds boueux et il saignait. On aurait dit un animal sauvage blessé, sombre et dangereux, respirant difficilement. Il semblait tendu, prêt à attaquer. J'attendais qu'il me saute dessus d'un instant à l'autre.
Seigneur… tu me décris comme une sorte de prédateur assoiffé de sang.
"Que t'est-il arrivé?" demandai-je prudemment.
La question sembla le prendre au dépourvu. Sa voix était si basse quand il grogna finalement une réponse.
Je grogne? Je grogne? J'ai fait ça?
"C'est toi qui est arrivée. Toi et ta satanée voiture!" Ses paroles se déversèrent comme un torrent de colère. "Tu es venue ici troubler la paix, rendant ma matinée infernale, la faisant passer du cauchemar à l'enfer!"
Edward n'arrivait pas à croire qu'il ait été aussi fou. C'était bien ce qu'il avait fait et il avait essayé de le lui mettre sur le dos.
Et puis il s'arrêta se rappelant ses mots après cette dernière tirade. Elle ne l'avait pas écrit mais il se les rappelait vraiment.
"C'est sûrement une hyperbole."
Il renifla… puis il rit à voix haute car qui réagit de cette façon face à un étranger dingue? Elle est différente c'est vrai. Il ne connait personne comme elle : une surprise constante. Son esprit ne travaille pas comme ceux des autres.
J'étais stupéfaite et perplexe. Il était évident qu'il n'avait pas pu rentrer chez lui en passant par derrière et il n'avait réussi qu'à se faire mal. Mais devait-il m'en blâmer pour autant? Il ne pensait quand même pas que j'avais ruiné sa matinée à dessein. Ne réalisait-il pas que ce n'était pas la matinée que j'avais espérée?
Edward sourit à ces mots. Oui je suppose que non.
"J'ai besoin de ton échelle!" C'était un ordre pas une demande. Et ça m'exaspéra car je n'avais pas d'échelle. "Elle est dans ton garage, tes prédécesseurs l'on laissée là. J'en ai besoin. Maintenant!"
Tu as vraiment de bonnes manières, crétin.
Sans rien dire d'autre il se dirigea vers le portail du garage. Je rentrai et traversai la maison pour lui ouvrir me demandant ce qu'il se serait passé si j'avais refusé.
Pendant que le portail se relevait je l'observai, debout au soleil, féroce et défiguré par la colère, blessé mais encore parfaitement beau.
Non Bella… pas parfaitement beau… parfaitement affreux.
Il prit l'échelle et sortit du garage, les muscles de son dos se tendant tandis qu'il portait l'échelle.
"Ne ferme pas!" commanda-t-il par-dessus son épaule en s'éloignant.
Comment a-t-elle fait pour me supporter? J'ai été parfaitement imbuvable avec elle.
Tu as été une bite avec une bite.
Ouais. J'en suis bien conscient et tu n'as pas besoin de me le rappeler.
Je repartis vers ma voiture continuant à décharger. Je récupérai la casquette sachant qu'il fallait que je la remette dans la boite à gant de la voiture.
Et quand je ressortis, je le vis revenir. Je m'arrêtai, la casquette à la main alors qu'il s'approchait de la maison, avec l'échelle, son torse musclé montant et descendant. Il me regarda en rentrant dans le garage pour y ranger l'échelle. Puis il fit demi-tour et sans un mot il partit : pas de merci, ni d'excuse, ni de présentation, ni de plaisanterie. Rien du tout.
Je sais… putain d'idiot j'ai été. Je pensais que si je gardais ma grande gueule fermée ça m'éviterait de dire autre chose de stupide. Ma mère me giflerait si elle savait quel salaud j'avais été avec cette fille, sans le savoir. Elle m'a élevé mieux que ça.
Je restais là stupéfaite mais là il fallait que je réagisse. Je lui jetai la casquette alors qu'il s'éloignait, le frappant entre les omoplates.
Edward sourit légèrement en pensant à ces petits pas rapides qu'il avait entendus derrière lui. Il donnerait n'importe quoi pour revoir le replay de cette scène. Il la féliciterait pour cette action maintenant.
Il se retourna et me regarda surpris alors que je laissais ma colère prendre le dessus.
"Puisqu'elle te convient si bien tu n'as qu'à la garder, connard!"
Sur ce je fermai le portail et me retirai dans la maison le laissant méditer.
C'était un moment décisif même si Edward ne l'avait pas su. Mais cette image était restée claire pour lui.
Elle avait été absolument magnifique dans sa fureur quand il s'était retourné pour la voir. Elle respirait vite, sa poitrine montait et descendait, inspirant de colère. Ses yeux étaient noirs et brillants et ses joues rouges. Des mèches de cheveux encadraient son petit minois en forme de cœur mais furieux. Elle avait essayé de le remettre à sa place avec cette courte phrase. Et après avoir obtenu le dernier mot, elle s'était retournée et était rentrée chez elle, refermant la porte sur lui et sur toute communication.
Elle était magnifique.
Intelligente.
Et complétement perdue.
Il était resté devant son allée pendant quelques longues minutes, dérouté par cette tempête qu'il avait créée sans aucune bonne raison. Lui qui se piquait toujours d'être intelligent et sous contrôle et pourtant elle l'avait fait se sentir comme si tout cela n'existait plus, personne ne lui avait jamais ressentir ça auparavant.
Plus tard dans l'après-midi, j'étais devant chez moi. Je vis le même jeune homme plus calme cette fois. Il apparut fraichement douché et portant des vêtements propres. Je ne voulais pas paraitre intéressée après le désastre du matin alors je l'ignorais autant que possible.
Un petit sourire glissa sur les lèvres d'Edward en lisant.
"Allez, tu sais que tu veux m'espionner Bella."
Mais ça devint impossible quelques instants plus tard quand un moteur se mit à rugir. Je refusais de tourner la tête quand j'entendis le ronronnement du moteur je savais qu'il me défiait, qu'il attendait que je me tourne et que je regarde. Alors je l'ai fait.
Edward rigola. "Je te défies hein?"
La décapotable noire était comme lui… puissante, séductrice, inquiétante.
"Inquiétante?" Puissante et séductrice ça me parait bien mais inquiétante? J'espère que tu ne penses plus que je suis inquiétant? Je t'ai ramené saine et sauve jusque devant ta porte. Rien d'inquiétant en cela… sauf ta possible gueule de bois demain… enfin… aujourd'hui.
Il était assis derrière le volant, calme et arrogant portant des lunettes de soleil et accélérant une fois de plus.
Il se frotta la mâchoire.
Ouais malheureusement, calme et arrogant est devenu une seconde nature et tu as tendance à frapper directement là où ça me fait mal.
Il me fixait, le coin de la bouche relevé, formant un petit sourire en coin puis tout à coup il posa la casquette Asshole sur sa tête.
Tu m'as appelé ainsi alors j'ai pensé que je le méritais. Tu avais raison après tout.
Son sourire s'agrandit tandis qu'il me saluait avec deux doigts longs et gracieux.
Tu méritais bien que je te salue après tout ce que je t'avais fait subir. Et ton expression surprise et indignée était inestimable, je dois l'avouer. Et comme l'idiot que je suis j'étais parti pour aller t'acheter une casquette Bitch.
Edward gémit. Il pouvait à peine attendre pour savoir ce qu'elle avait pensé de cet épisode.
Dans tout cela il y avait quand même de l'humour, je ne suis pas sûr que tu l'aies vu sur le moment et je ne peux pas t'en blâmer.
La voiture s'éloigna en rugissant et j'étais sûre de trois choses. D'abord mon voisin était un beau connard. Ensuite il y avait une partie de lui, et je ne savais pas laquelle, qui semblait aimer être un beau connard. Et pour finir après avoir aperçu sa plaque d'immatriculation je savais que le beau connard s'appelait ETHAN C.
Ou Edward Cullen, abruti de grande envergure.
…
Note de l'auteur : Ça y est vous l'avez… une rencontre très peu aimable entre Stella et bien sûr, Ethan. Merci d'avoir lu. –bellybeans.
oOoOoOoOo
Quoi?
"Où est la suite?" demanda Edward à voix haute.
Il regarda l'écran, perdu. Il avait atteint la fin de la page. Il n'y avait rien d'autre. Il déplaça la souris pour revenir en haut de la page. C'était le premier chapitre réalisa-t-il. Mais où était le chapitre suivant? Comment se continuait l'histoire? En fait c'était la seule chose importante qu'il voulait savoir. Elle avait écrit sur le samedi mais le dimanche, le lundi et le reste de la semaine?
Il retourna au titre de la page, celle où il y avait la bannière. Au-dessus de la bannière il y avait le titre, le nom de l'auteur et le nombre des commentaires. En dessous il y avait le sommaire avec une liste des personnages. Ensuite le mot chapitres et on ne voyait que le numéro un et à côté le mot Complète et c'était non. En dessous il y avait la date de la publication et la date du dernier chapitre posté. Elles étaient identiques : le 31 août.
C'était mercredi… il y a trois jours… le jour où je suis rentré de Chicago. Elle a écrit une histoire sur moi au bout de cinq jours?
Non elle a écrit une histoire après un matin… ce premier matin. Evidemment c'était toute l'inspiration qu'elle pouvait gérer.
"Alors quoi? C'est tout jusqu'à ce qu'elle poste le chapitre suivant?" demanda-t-il à son écran. Qui resta muet.
Il fit défiler la page, regardant les bannières et lisant les sommaires et les statistiques de ses quelques autres histoires. Elles étaient toutes terminées. Il se demandant si d'autres étaient basées sur des voisins ou des amis. Peut-être y avait-il une histoire consacrée à Jake là-dedans qui sait? Il pourrait y revenir et la lire une autre fois.
Edward regarda l'horloge. Il était deux heures et demie. Il finit le bourbon et puis s'assit pour pouvoir étirer ses jambes, les pieds sur le pouf, un coude posé sur l'accoudoir, en tenant son front dans sa main, se massant les tempes du bout des doigts.
C'était difficile de savoir comment il se sentait à propos de tout cela. Il n'était pas en colère comme au début. Là encore il n'était pas trop heureux que des lecteurs puissent lire des choses au sujet de sa bite. Il essayait de se concentrer sur le fait qu'elle avait écrit ce chapitre il y avait quelques jours et qu'ils avaient quand même réussi à avancer, certes avec hésitation, vers quelque chose qui ressemblait à de l'amitié. Cependant elle continuait toujours à le déconcerter. Il n'avait pas eu la moindre idée qu'elle écrivait sur lui et c'était clairement la raison pour laquelle elle lui avait dit que ce qu'elle écrivait était confidentiel.
Pour sa défense elle n'avait fait que rapporter ce qu'il s'était passé et il ne pouvait pas être offensé. Elle avait expliqué ses sentiments mais ils étaient justifiés au vu de circonstances. Bien sûr elle n'avait pas utilisé les vrais noms. Même chose pour la plaque d'immatriculation, beaucoup de personnes avaient une plaque personnalisée.
L'inspiration devait bien venir de quelque part. Edward savait que c'était un fait bien connu que les écrivains écrivaient bien mieux sur ce qu'ils connaissaient ou s'ils avait soigneusement fait des recherches. Bien sûr Bella avait vécu cette situation et avait géré son comportement. Mais la vérité c'était que ces circonstances étaient si bizarres qu'elles pouvaient retenir l'attention du lecteur. Bella n'était pas idiote.
Il revint en haut de la page et cliqua sur le lien pour lire quelques commentaires qu'elle avait reçus. Juste par curiosité. Il y en avait trente-deux au total. Avant qu'il en ait lu la moitié il vit qu'il avait raison : les lecteurs pensait qu'Ethan était un âne et ils avaient aimé la chose avec la casquette, un porte-manteau en quelque sorte.
Fanputainfictiontastique
Dommage que tu ne puisses pas réécrire la vraie vie comme tu le souhaiterais.
D'accord.
C'est peut-être pourquoi tu écris sur la vraie vie dans une histoire! Tu peux revivre les scènes que tu n'aimes pas et changer le cours de l'action.
Edward se rassit brusquement posant ses pieds sur le sol. "… tu vas pouvoir orienter la suite de l'action…" murmura-t-il lentement en retournant ses mots dans son esprit, en levant une main pour frotter pensivement sa mâchoire un peu râpeuse. Il se pencha en avant lentement pour poser son verre vide et croisa ses bras sur ses genoux en fixant … ses pensées.
Après quelques instants il cligna des yeux puis centra l'ordinateur sur le pouf. Il retourna au chapitre un et fit défiler la page. Il passa ses doigts dans ses cheveux sauvages. Sa main droite retourna à l'ordinateur et il cliqua sur le bouton commentaire.
…
Weird : bizarre
