CHAPITRE 27 …

Evénements éclairants

Edward avait vécu - ou peut-être - souffert inhabituellement depuis qu'Isabella Swan avait déménagé dans la maison en face de chez lui. Mais ce samedi se présentait beaucoup mieux que le précédent.

Bien qu'ils aient tous les deux commencé de la même manière, avec Edward dehors et presque nu, au moins aujourd'hui il était resté de son côté de la rue et avait tenu une conversation quasiment normale, avec un sourire sur le visage et la participation de sa bite avait été négligeable. Un pyjama en flanelle avec un journal devant la braguette était un peu plus discret qu'un pantalon en soie. Tout cela était une nette amélioration en comparaison du samedi précédent… là il était en train de la ramener à la Luna Nueva pour qu'elle puisse récupérer son camion.

Edward était certainement prêt à aider une voisine dans le besoin. Ensuite il avait pensé que son samedi allait directement le conduire en enfer quand il revint de sa douche et qu'il trouva Bella en train de l'attendre à côté de son ordinateur fermé. Il avait complètement oublié cette chose dangereuse qui était restée là, ouverte… ouverte avec sa récente recherche… son espionnage à peine dissimulé.

Heureusement elle n'avait pas espionné. S'il savait quelque chose à son sujet c'est qu'elle était honnête et aurait admis l'avoir fait. Et elle le lui aurait reproché parce qu'elle n'était pas timide.

Pourtant elle semblait rougir pour tout le reste. Et Edward trouvait ça un peu troublant, ça l'embrouillait, c'était plutôt divertissant et aussi intriguant.

Il avait été heureux de voir la casquette Asshole II. Visiblement elle avait un bon sens de l'humour et n'était plus en colère contre lui pour la lui avoir offerte. Ça avait été encore plus évident quand il était monté lui aussi dans la voiture avec sa propre casquette. Elle avait rit et elle n'avait même pas sourcillé quand il lui avait dit qu'elle ressemblait encore plus à un abruti cool une fois qu'elle avait ajouté ses lunettes.

Bella Swan était différente.

Il lui faut une catégorie pour elle seule.

Il repensa à cette première idée qu'il avait eue d'elle, qu'elle était habile… quand elle lui avait jeté la casquette en lui disant : "Si elle te va si bien tu n'as qu'à la mettre!" C'était ça qui l'avait décidé à aller lui acheter une casquette Bitch à plus de deux cent dollars et de la laisser devant sa porte pensant qu'elle verrait de l'humour là-dedans. Par la suite il avait regretté. Avec l'histoire du paillasson sa tentative s'était transformée en une farce cruelle. Il n'avait pas eu l'intention de blesser ses sentiments. Elle n'était certainement pas une garce. Et elle était peut-être seulement la plus douce des abruties d'avoir espionné chez lui. A présent ils semblaient en être tous les deux au même point et étaient assez à l'aise pour admettre qu'ils étaient aussi abrutis l'un que l'autre.

Le trajet vers la Luna Nueva avait été très divertissant et agréable. Ils avaient suscité les regards étonnés des autres conducteurs. La Vanquish attire toujours les regards. Après tout c'est une voiture de sport rare, racée et impressionnante. Mais quand elle était ouverte par un jour de soleil et transportait deux personnes portant la même casquette Abruti avec des lunettes noires, le spectacle prenait une autre dimension. Et Bella s'était laissé porter par le courant – appréciant ce moment à sa façon, en disant les choses ironiquement.

Ouais … ça avait été impayable.

Ensuite après avoir accompagné Bella jusqu'à son camion, il l'avait salué avec un sourire, ce qu'elle avait fait elle aussi, ensuite Edward s'éloigna de bonne humeur ce samedi là.

Peu de temps après il s'arrêta sur le parking d'une boutique spécialisée dans les éclairages. Il posa sa casquette sur le siège passager à côté de lui. Les chances d'être bien servi en portant une casquette de ce genre ne semblaient pas très bonnes. Il referma le toit de sa voiture, la verrouilla et se dirigea dans le magasin.

C'était très illuminé… c'était le moins qu'on puisse dire.

"Bienvenue à Twi-Lighting," dit l'homme chauve d'âge moyen quand il passa la porte. "Puis-je vous aider pour quelque chose?"

"J'aimerai voir ce que vous avez pour éclairer un patio," répondit-il. "Je recherche des guirlandes décoratives. Pour une fête."

"D'accord. Suivez-moi." Il fit le tour du comptoir, guidant Edward avec un signe du bras, parlant, pendant qu'ils se dirigeaient dans un autre endroit du magasin.

"Nous avons tout un choix de guirlandes : en corde, clignotantes, tropicales, animaux, oiseaux, poissons, insectes de toutes sortes. Nous en avons en papier, en tissu, de toutes les formes, des lumières plus rustiques en bois ou en métal, des plus haut de gamme, élégantes comme avec des motifs floraux, étincelantes. Y a-t-il quelque chose qui vous intéresse plus particulièrement?"

"Non pas vraiment. Je suppose que je vais voir ce qui va attirer mon œil…"

Le vendeur fit signe à Edward d'entrer dans une nouvelle pièce, les murs étaient sombres et le plafond très haut. Exposées sur toute la hauteur des murs, à intervalles réguliers, étaient disposées toutes sortes de lumières.

Le vendeur éteignit la lumière principale pour ne laisser que l'illumination des guirlandes.

"Ça vous donnera une meilleure impression ainsi," expliqua-t-il. "Ce sont les lumières fantaisie."

Edward regarda les formes en plastique. Il y avait des palmiers, des coquillages, des flamants roses, des papillons, des oiseaux, des animaux de la ferme, des reptiles, des chopes à bière, des verres à margarita, des camions de pompier, des bottes de cow-boy et d'autres choses bizarres.

"Vraiment? Les gens achètent des lumières en forme de cochon!" dit-il avec un petit rire.

"Vous seriez surpris de voir ce que les gens achètent," sourit le vendeur. "Y a-t-il quelque chose qui vous tape à l'œil?"

"Non je ne pense pas que ce soit ici."

Le vendeur changea d'éclairage une fois encore. "Conceptions florales, couleurs perle et bijou, mini-boules de discothèque, mini abat-jour en organza."

"Non ce n'est pas vraiment mon style. Mais je verrai bien ma sœur acheter celles avec les perles."

Le vendeur rit. "Ne les oubliez pas… peut-être pour Noël ou à l'occasion d'un anniversaire..."

Edward hocha la tête en souriant alors qu'un autre pan de mur s'éclairait.

"Ici ce sont les lanternes standard : ce que les gens imaginent quand ils pensent à des lanternes chinoises," expliqua le vendeur, "papier et tissus variés, une seule couleur, multicolore, tissus et papiers imprimés."

"Et celles-là, sont-elles en papier?" demanda Edward en montrant une guirlande à environ mi-hauteur du mur.

"Non, en fait elles sont en plastique très fin mais rigide qui y ressemble beaucoup. On peut aller en voir de plus grandes. Elles sont derrière nous, là, il les lui montra du doigt. "Elles sont vendues séparément… ce n'est pas une guirlande, vous les accrochez ici ou là, dans les branches d'un arbre, où vous voulez. Elles vous intéressent?" Il montra deux guirlandes avec des lanternes en forme d'étoile avec des découpes décoratives.

Edward hocha la tête. "Pensez-vous que les blanches soient séduisantes…?"

Le vendeur le regarda avec un froncement de sourcils. "Séduisantes?"

A présent Edward se sentait mal à l'aise mais il hocha la tête.

Comment pourrait-il comprendre ce que je veux lui dire?

"Je pense que les blanches sont innocentes," déclara le vendeur avec un haussement d'épaules, pas séduisantes."

"Peut-être que les multicolores sont plus joyeuses… ludiques," suggéra Edward en sentant son visage chauffer. Honnêtement il se sentait comme un idiot à présent. Pourquoi le vendeur ne pensait-il pas que les blanches soient séduisantes? Les lumières qu'il avait dans son spa étaient blanches et clairement séduisantes. On le lui avait souvent dit.

"Je vois ce que vous voulez dire," dit le vendeur. "Les multicolores sont gaies et pour une fête… c'est ça que vous recherchez?"

"Exactement." Edward opina de soulagement. "Je pense que je vais prendre celles-là. Quatre comme celles-là et voyons cinq des plus grosses, celles qui se vendent à l'unité." Il montra les grandes étoiles au-dessus et derrière lui.

"De quelles couleurs les voulez-vous?

"Une verte, une bleue, une orange, une jaune et une turquoise?"

"D'accord monsieur, je vous prépare tout ça et je reviens au comptoir avec dans quelques minutes."

Quinze minutes plus tard Edward était dehors, de retour à sa voiture avec deux grands sacs de la boutique des lumières.

Et c'est là qu'Esmée Cullen appela son fils.

Il la salua en rangeant les sacs dans le coffre.

"Salut maman!"

"Salut Edward. Tu es … occupé?" demanda sa mère prudemment.

Pourquoi dit-elle ça comme ça. Comme si ce mot avait un mauvais goût?

Elle le disait toujours ainsi. Si elle l'appelait au travail, elle n'employait pas ce ton douteux. Et puis quand il était au travail il était occupé. Non, Edward avait remarqué que ce ton de reproche lui était réservé les week-ends et le soir. Mais peut-être c'est parce qu'il était souvent occupé les weekends. Avec des bimbos.

Oh! Putain...!

"Je fais juste quelques courses…" répondit-il, "… pour le barbecue, demain."

"Oh… est-ce que je te dérange? Je te rappellerai."

"Non ça va, on peut parler."

Il ouvrit la portière conducteur et s'installa confortablement, ouvrant la vitre et passant son coude par l'ouverture.

"Ton père et moi étions chez les Gérandy hier soir et j'avais laissé mon téléphone à la maison. Et quand nous sommes rentrés j'ai vu que tu avais appelé."

Edward sourit. Une fois par mois ses parents retrouvaient le docteur et Mme Gérandy, ils étaient amis depuis des années.

"Alors tu as eu mon message?" demanda-t-il. "Alice a invité quelques collègues puisqu'elle n'a pas pu faire sa fête de pré rentrée. Je lui ai dit que ça allait."

"Oui j'ai eu ton message et j'ai déjà parlé avec Alice jeudi soir. Elle m'a raconté son voyage à Hawaï avec son amie, Rosalie. Elle m'a dit qu'elle voulait faire les deux choses à la fois. Je suis contente que ça puisse fonctionner. C'est très gentil à toi Edward. Je souhaiterai qu'Alice et toi fassiez plus de choses ensemble…"

Edward leva les yeux au ciel. C'était devenu le mantra de sa mère.

"Je sais maman," dit-il en soupirant. "Et écoute… nous faisons quelque chose en semble, nous organisons un barbecue, demain."

Comment pourrait-il lui expliquer que ses amies et Alice ne s'entendaient pas bien? Ça ne pourrait lui attirer que des ennuis. C'était les bimbos qui avaient toujours été le problème. C'est d'ailleurs sûrement pour ça que sa mère souhaitait qu'il fasse plus de choses avec Alice. Il lui apparut que maintenant – depuis qu'il était devenu allergique aux bimbos - ils pourraient plus faire de choses ensemble… puisqu'ils avaient des amis en commun, comme le cousin d'Emmett, Jasper et … Bella.

Edward savait qu'il n'était pas vraiment censé voir Bella, selon la logique d'Alice et il pourrait certainement le comprendre puisqu'elles travaillaient ensemble et puisque Bella vivait juste en face de chez lui. Mais peut-être que ce serait bien de faire des choses en groupe… comme la nuit dernière à la Luna Nueva… Alice aurait pu en profiter hier soir… même si Edward aurait apprécié un peu moins.

Brusquement Edward réalisa qu'il divaguait et il essaya de se reconcentrer sur ce que sa mère lui disait.

"… n'ai pas réussi à te joindre hier soir quand nous sommes rentrés alors j'ai pensé que tu étais probablement … occupé."

Edward soupira.

Seigneur. Pas encore, pas de nouveau!

"J'étais avec Emmett hier soir," expliqua-t-il. "C'est là que j'étais quand tu m'as rappelé. Le restaurant était bruyant c'est sans doute pour ça que je n'ai pas entendu le téléphone sonner. Ensuite il était déchargé et j'ai oublié de regarder ensuite. Je ne me suis aperçu que tu avais appelé il n'y a pas longtemps."

Il y eut une légère pause avant qu'elle réponde.

"Ça ne te ressemble pas d'oublier de vérifier ton téléphone, Edward." Elle avait l'air un peu inquiet. "Habituellement tu le fais."

"Je sais. Je suppose que j'ai été très… occupé."

"Je vois," dit-elle à voix basse. Elle avait l'air tellement déçue.

Oh pour l'amour du ciel! Pas ce genre d'occupation!

"J'étais occupé mais seul, maman!"

Une fois que les mots furent sortis de sa bouche, il s'inquiéta qu'elle les comprenne de travers. Donc il tenta de clarifier une fois de plus.

"Je lisais, j'ai… euh… fait des recherches… des choses à rattraper."

Ça sera toujours mieux que de dire que tu traquais ta nouvelle voisine simple et attirante, sur un site de fan fiction… qui se trouve être la collègue de ta petite sœur et… que tu as découvert qu'elle écrit cette petite histoire drôle sur ton mauvais comportement et exhibe tes attributs.

Oui… je lisais, ça c'est une confession!

"Oh je vois!" Sa voix s'était sensiblement égayée…. Elle semblait plus compréhensive.

Cela avait du sens. Esmée Cullen avait toujours été une lectrice, elle disparaissait dans un livre pendant des heures. Aujourd'hui pourtant elle était presque toujours en train de lire quelque chose sur son kinDLe plutôt que dans un vrai livre.

Edward était certain d'avoir hérité d'elle son amour pour la lecture directement de son patrimoine génétique. Elle avait lu quantité de livres pour eux quand ils étaient enfants. Mais c'était Edward le plus intéressé, Alice était plus artistique, s'intéressant principalement au dessin et à la création. Mais Esmée Cullen était tout à fait un rat de bibliothèque et son fils avait suivi ses traces.

"Tu m'as demandé de faire ce gâteau au chocolat, Edward et je voulais savoir combien de personnes tu attendais. Peut-être faut-il que j'en fasse deux?"

"Euh… voyons… " Edward frotta sa nuque en réfléchissant à voix haute. "Alice m'a envoyé un texto me disant qu'elle avait invité sept personnes du travail… plus nous quatre, les amis habituels, les gens du travail et quelques voisins. Je dirai deux douzaines."

"Seigneur ça fait beaucoup de monde. Je fais faire deux gâteaux alors."

"Ce serait formidable maman. J'apprécie et tout le monde le fera aussi une fois qu'ils y auront goûté." Il pouvait presque entendre son sourire en le disant.

"Tu as invité tes nouveaux voisins? " Sa voix paraissait pleine d'espoir.

"Mes nouveaux voisins?"

"Ce jeune couple qui a emménagé en face de chez toi… où les Randall habitaient?"

"Oh Bella et Jake? En fait il n'y a que Bella. Jake était juste un ami qui l'aidait à déménager. Quoi qu'il en soit, oui elle est invitée."

"J'ai entendu qu'elle travaillait avec Alice. Quelle coïncidence!"

"Oh C'est Alice qui te l'a dit? Oui c'était une surprise. Je n'en avais aucune idée, elle travaille à Fawkes. Et Alice a été surprise de découvrir que c'est ma voisine. Nous avons découvert tout ça quand je suis allé lui amener la tour Eiffel à l'école, jeudi."

"Alice m'a dit qu'elle enseignait l'anglais."

"C'est vrai, c'est son premier emploi," répondit Edward.

"Je me demandais…" sa voix s'éteignit. Edward attendit. Après un moment il regarda son téléphone pensant peut-être qu'ils avaient été coupés. Mais non…

"Maman?"

"Désolée… je pensais juste…"

Il y eut une autre longue pause.

Penser quoi? Quel est donc le problème?

"Maman tu es toujours là?"

"Oui je suis là. Je me demandais… Edward dimanche dernier… quand tu es venu manger à la maison… tu nous as raconté que son camion était bruyant et aussi comment tu avais réussi à t'enfermer dehors et que tu avais été assez mal élevé avec elle quand tu étais allé lui emprunter son échelle?"

"Hum hum? " Son front se rida et il plissa les yeux.

Où veut-elle en venir?

Il serra son téléphone plus fort dans sa main. Il avait certainement été rude avec Bella, il avait été une bite complète… montré sa bite… plus ou moins. Mais bien sûr sa mère ne savait pas tout ça, après tout il avait omis certains aspects de l'histoire quand il la leur avait racontée. Il lu avait donné la version allégée pour les moins de treize ans.

"Je voulais m'assurer que tu avais pensé à la remercier," commença-t-elle à expliquer, "… et présenter tes excuses pour ne pas l'avoir fait plus tôt. Ce n'était certainement pas sa faute si tu étais enfermé à l'extérieur."

Oh c'était là qu'elle voulait en venir!

"Oui je l'ai remerciée et je me suis excusé."

"Ah bien. Donc vous êtes en bons termes?"

Edward fronça les sourcils.

Est-ce qu'être en bon terme est un synonyme d'être occupé?

Probablement pas. Elle m'aurait demandé si nous avions été occupés…

"Oui nous sommes en bons termes."

Il rit de lui-même et se demanda s'il devrait lui raconter qu'ils avaient fait un tour en voiture dans Seattle avec leurs casquettes Asshole assorties, parce que cela semblait indiquer clairement qu'ils étaient en bons termes. Il prit la casquette et la posa sur sa tête.

Ne lui dis pas. Elle va être perdue et juste après elle te dira qu'elle t'a élevé mieux que ça.

"Bien je suis contente." Sa voix semblait plus joyeuse… soulagée. "C'est resté dans ma tête Edward. Souviens-toi de mon texto jeudi soir… j'avais quelque chose de drôle à te raconter?"

"Bien sûr… je pensais que c'était pourquoi tu voulais que je t'appelle," répondit Edward ne l'écoutant qu'à moitié, en jetant un regard dans le rétroviseur pour vérifier son apparence d'Abruti. Il sourit en tirant la casquette plus bas sur son front. "Alors c'était quoi cette chose drôle que tu voulais me dire?" demanda-t-il.

"Eh bien, Edward, est-ce que par hasard tu pourrais savoir si Bella … écrit?"

o

o

o

Nooooooooon! Putain Tu n'es pas sérieuse là!

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o

o

Le petit halètement choqué qui s'échappa de sa bouche aurait pu être audible. Le frisson simultané qui parcourut sa colonne vertébrale, fit hérisser les poils de sa nuque. En fait même ses cheveux se dressèrent sur sa tête malgré la casquette, pas de la façon dont il les arrangeait habituellement en se servant de produits pour cheveux ou de ses doigts ou un sèche-cheveux. Non… c'était de la terreur pure… comme si le cuir chevelu se sentait trop petit.

Edward se redressa dans son siège puis se reprit et déglutit. Ou il essaya parce que sa bouche était sèche et c'était comme essayer d'avaler des boules de coton. Il se pencha en avant, passa une main sur son front en soulevant la visière et saisit une mèche de ses cheveux. Il espérait que sa voix semblerait normale mais ce fut un bêlement horrible qui sortit.

"Pourquoi tu me demandes ça?" bêla-t-il.

Assez normal comme voix?

"Eh bien je lisais quelque chose l'autre soir… une histoire … sur mon kinDLe… sur un site dont m'a parlée une amie il y a quelques jours."

C'est donc ça qu'elle lit sur son satané kinDLe? Elle lit des fictions Star Lighed? Oh bien. Seigneur!

"Quel genre de site?" Bien sûr il le savait déjà. C'était idiot de le demander.

"Bon… un site de fan fiction…" il y avait un léger embarras dans sa voix. "Mais je ne préfère pas dire lequel."

Ne sois pas embarrassée. Ces livres ne sont pas seulement pour les adolescentes. … je les lis aussi maintenant. Je suis même la vedette de l'une de ces histoires… bien que tu le saches sûrement.

"Tu ne croirais pas combien il y a d'histoires sur ce site Edward. Des milliers…"

La tête d'Edward reposait dans sa main, ses longs doigts massant ses tempes.

117 486 histoires pour être exact, enfin jeudi soir.

"Quoi qu'il en soit cette amie m'a recommandé une nouvelle histoire et j'ai commencé à la lire…"

"Quel est le titre de cette histoire?"

"Je ne devrai probablement pas te le dire Edward. Tout est fait pour que ça reste anonyme tu sais."

"Je suppose que tu as raison."

Mais permets-moi de faire une folle supposition… "De la haine à la passion " de bellybeans. Avec un Ethan Collins dans son pantalon en soie, cadeau de noël.

"Il y a juste un chapitre à ce jour… c'est une WIP…"

"Un fouet?" il cligna des yeux ne comprenant pas pourquoi wip.

"Un WIP c'est un travail en cours. Une histoire inachevée… mais dans ce premier chapitre, les personnages vivent dans la même rue, l'héroïne, nouvellement enseignante, avec un nouvel emploi vient d'emménager dans ce quartier. Elle avait des problèmes avec sa voiture et son voisin se présente, se met à lui hurler dessus. Elle le décrit comme très attirant… il portait un pantalon de soie noir… et puis elle remarque qu'il est…"

Evidemment sa mère s'arrêta un instant pour trouver le terme approprié.

Edward recula, redoutant ce qu'il allait entendre. Son estomac se souleva et il pouvait sentir la tension dans les épaules et lui nouer le cou. Il bougea sa main et atteignit le levier pour régler l'inclinaison du siège. C'était le genre de nouvelle que tu devais attendre couché pour ne pas te blesser en cas d'extrême mortification.

"Eh bien… elle remarque … qu'il est excité… … physiquement…"

Merde. Ma. Putain. De. Vie.

Il posa sa main sur ses yeux bloquant toute vision, ce qui rendit ce qu'il entendait encore plus percutant et douloureux.

"… Et je t'avais à l'esprit, Edward, pendant tout le temps que je lisais, imaginant les personnages des livres et des films dans ce que je lis… mais alors l'un des personnages est apparu avec cette casquette, avec ce mot cousu au dessus de la visière…"

Edward bougea sa main et regarda le siège à côté de lui, la caquette Asshole avait été posée là avec la broderie blanche qui le ridiculisait… il se sentit comme sil allait vomir mais il essaya de ravaler tout ça. Avec quelques boules de coton…

Ne dis rien.

Tu veux lui mentir.

C'est mieux que d'admettre devant ta mère que tu un perdant idiot connard abruti.

"Quel était ce mot?" Il prit la casquette et fixa le mot en attendant sa réponse.

"C'est le mot…"

Sa voix s'arrêta avant de dire la vulgarité. Les lèvres d'Edward articulèrent silencieusement le mot en même temps qu'elle.

"… Asshole."

Esmée Cullen ne parlait jamais vulgairement même si elle pourrait juste avoir une bonne raison de commencer dès maintenant car son fils était un putain de perdant, idiot et abruti. Et même s'il savait ce qui allait arriver il ne put pas éviter le sifflement involontaire quand son souffle se coupa.

"Vraiment," demanda-t-il. Sa voix était presque un cri. Il se racla la gorge et répéta. "Vraiment?"

Putain, vas-y, tue-moi maintenant.

"Oui, vraiment et dans l'histoire, elle lui jette la caquette et lui dit puisqu'elle te va si bien, mets-là! Ce qui m'a frappé, parce que je me suis souvenu que tu m'as raconté comment ta voisine a fait exactement la même chose donc j'ai pensé que c'était quelque chose que les jeunes faisaient…que ça sortait d'un film ou d'une histoire, d'une émission de télé ou autre chose. C'est donc pour cela que je t'ai envoyé ce message jeudi soir."

"Mais pendant que j'étais là en train de lire et de rire bêtement parce que c'était assez drôle à imaginer, subitement cette histoire m'a paru familière. Et comme j'étais sur le point de raconter ça à ton père, il sort son pantalon de pyjama en soie rouge du tiroir et commence à le passer…"

Visuel, vraiment génial, maman… papa nu, en train d'enfiler son pantalon sexy rouge.

"Et c'est là que j'ai compris. J'ai été certaine que cette histoire était écrite par ta voisine, Bella et il semblerait que ce soit toi, Edward. Ce qui n'est vraiment pas très flatteur. Pas du tout même." Son ton était plein de reproche et désapprobateur à présent.

Edward éloigna son téléphone, le posant contre sa cuisse, sinon le grognement qu'il voulait faire serait entendu de l'autre côté.

Non ce n'est pas flatteur. Mais vrai. Mais je travaille sur ça.

Ses pensées couraient tandis qu'il remit son téléphone à son oreille.

Règle ce problème. D'une manière ou d'une autre… gère ça.

"Edward tu es là?" demanda la voix de sa mère.

Il soupira.

"Oui je suis là. Ça m'a pris par surprise."

Son ton était-il assez innocent?

Sa mère s'éclaircit la gorge avant de continuer. "Oh et j'ai oublié de mentionner? Il avait une invitée… une… jeune femme rousse…"

Ouais ouais ouais. Il était occupé, toujours occupé parce qu'il utilisait les femmes de façon dégoûtante.

Il interrompit sa mère. Il n'en pouvait plus…. D'ailleurs il savait que la situation s'était arrangée… ou qu'elle s'améliorait du moins. Dieu seul savait comment les choses allaient évoluer dans le chapitre deux de De la haine à la passion.

"Maman?"

Mens entre tes dents.

"Je ne sais pas quoi te dire. D'après ce que j'en sais elle peut écrire. Je veux dire si elle enseigne l'anglais… elle peut écrire comme loisir."

Très bien. Continue tes conneries.

"Alors tout ce que j'ai lu c'est vraiment passé entre vous?" Sa voix était presque devenue suppliante. Elle ne voulait pas croire que j'étais le pervers décrit dans ce chapitre.

"Mam'?!" Sa voix se voulait rassurante. "Tu sais que les écrivains se servent de leur expérience, bien sûr ils créent et embellissent et changent les choses… c'est pour cela que ça s'appelle une fiction. Je vous ai raconté ce qu'il s'était passé. Elle a pris cette situation et en a fait autre chose… sûrement pour la rendre plus intéressante et divertissante, elle l'utilise comme source d'inspiration, tu comprends? C'est connu."

"Et tu es vraiment en bons termes avec cette fille Edward?"

"Oui. Elle est très gentille. Nous avons parlé plusieurs fois depuis samedi dernier. Je l'aime bien."

"Tu l'aimes bien?" Sa voix paraissait incrédule maintenant. Et vraiiiment pleine d'espoooir.

Merde!

"Oui bon tu sais … oui. C'est vrai. Elle est … aimable. Et si c'est un de ses passe-temps, nous ne devrions pas interférer. D'accord?"

"Je suppose que tu as raison, mon cher."

"Elle se sert de son vrai nom?" demanda-t-il en sachant parfaitement bien qu'elle ne le faisait pas.

"Non… elle a un pseudonyme. Et elle ne met pas ton nom non plus… tu es l'autre personnage principal du chapitre. Je t'ai reconnu en lisant simplement entre les lignes."

Edward hocha la tête en se frottant le visage avec sa main.

Quelles étaient les putain de chances que cela se produise? Ma propre mère…

Au moins je le sais maintenant. Ça c'est fait.

Sauf pour une chose…

"Nous ne devons pas en parler tu sais." Sa voix était calme et logique. "Elle a le droit d'avoir un côté créatif tant qu'elle ne mentionne pas mon nom. Tu dois faire comme si tu ne savais rien de tout cela. Elle serait probablement très gênée si elle savait que tu lis une de ses histoires, d'accord?"

"Bien sûr… je ne dirais rien… je veux juste que tu sois gentil avec elle, Edward. Je veux savoir que tu as été gentil avec elle." Elle fit une pause attendant sa confirmation.

"Je le suis… nous sommes … amis. Tu verras… elle sera là demain. Elle ne viendrait pas chez moi si elle ne pouvait pas me supporter pas vrai?"

"Je suppose que tu as raison… c'est juste… ton comportement a été tellement horrible dans ce premier chapitre et ton père et moi t'avons élevé mieux que cela…!"

Et voilà!

Edward leva les yeux au ciel.

"Garde bien en tête que 'mon comportement' dans ce chapitre n'a pas exactement été le même que dans la vraie vie. Et je suppose que nous n'avons plus qu'à attendre et voir comment la fic va continuer… ou peut-être tu ne devrais plus lire… ce serait le mieux."

"Tu as sûrement raison. Ecoute… Edward je ferai mieux de te laisser. Je sais que tu as des choses à faire pour demain. Je suppose que je rencontrerai Bella demain et je pourrai me faire une idée par moi-même, je verrai comment se comporte mon fils avec sa nouvelle voisine."

"Exactement," sourit-il, il commençait à voir le bout du tunnel.

"Bon, ton père et moi sommes impatients. Je suis anxieuse de la rencontrer. Appelle-moi ce soir ou demain si tu as besoin d'autre chose d'accord?

"Bien sûr maman. Merci. Et ne t'inquiète pas pour l'histoire… tu es probablement la seule à savoir qu'il s'agit de moi…

Calme-toi, oui, ça t'a presque pété à la figure.

"Je suppose que tu as raison… est-ce que tu as parlé de tes aventures de ce samedi avec quelqu'un d'autre?"

"Non. Personne. Juste Papa et toi."

"Bien mes lèvres sont scellées donc je suppose qu'on a terminé."

"Je le crois aussi."

"A demain Edward. Je t'aime."

"D'accord maman. Je t'aime aussi. Au revoir."

Il rangea le téléphone et resta là quelques instants dans son siège incliné, essayant de comprendre comment il avait surmonté cette épreuve. Il ne pouvait pas vraiment se plaindre… il avait fait son lit… c'était devenu sordide … et il n'avait plus d'autre choix que de mentir. Tout ce qu'avait fait Bella s'était attirer l'attention sur lui.

Ou putain d'enfer.

Il soupira et passa sa main dans ses cheveux.

Habituellement Edward était plus indifférent et détaché auprès des femmes, capable de se montrer sous son meilleur jour. Mais dès le début Bella avait fait pétarader et péter son monde bien organisé et compartimenté, elle avait complètement détruit toute apparence de calme et de sérénité. Il se sentait constamment en déséquilibre et en question. Il se sentait comme un adolescent dégingandé et maladroit qui n'avait aucune idée de ce qu'il faisait. Il avait du mal à la comprendre. Et juste au moment où il pensait qu'il la comprenait, elle faisait quelque chose de complètement inattendu. Le résultat étant qu'il n'était jamais sûr de ce qu'elle pensait et n'avait aucune idée de ce qui allait se passer ensuite.

Edward se rassit et arrangea son siège. Il démarra et sortit du parking du magasin d'éclairage se dirigeant vers l'épicerie.

Peut-être que les choses n'iraient plus aussi mal à présent. Il fallait juste qu'il aide à garder le passe-temps de Bella secret. Et aussi qu'il évite qu'elle découvre que des gens qu'elle connaissait… ou qu'elle allait bientôt rencontrer… avait des indices sur ce qu'elle écrivait.

Mais ce serait simple. Après tout ils n'étaient que trois dans la confidence.