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… CHAPITRE 41 …
Deuxième partie du premier baiser
"Ne t'inquiète pas. Toute la soirée j'ai moi aussi été au bord de l'évanouissement Bella."
Edward leva la tête en entendant un léger bruit de pas dans l'allée. C'était Angela. Elle s'arrêta brusquement à l'entrée du garage avec une expression d'inquiétude sur le visage en voyant Edward assis par terre tenant Bella sur ses genoux. Elle ne pouvait pas voir le visage de Bella puisqu'il n'était pas tourné vers elle.
"Que s'est-il passé ? Tout va bien ?" demanda-t-elle en hésitant.
Edward sentit Bella grincer des dents. Il regarda sa nouvelle gêne sur son visage. Sa bouche se recourba à un coin et il lui fit un clin d'œil et répondit à Angela.
"Bella… est tombée… mais ça va." Il sentit son corps se relaxer légèrement et il pinça sa hanche.
"Oh !" Angela hocha la tête. "A-t-elle besoin de quelque chose ? De glace peut-être ?"
"Non, j'ai réussi à l'attraper à temps. Merci quand même," répondit-il.
"D'accord. Alors je vais juste aller à l'intérieur, B." Elle hésita, attendant confirmation que c'était la bonne chose à faire.
Bella hocha la tête contre Edward et parla par-dessus son épaule. "Ça va Angie. Ça va aller." Ils entendirent la porte d'entrée se refermer un moment après.
"Merci," dit Bella en regardant Edward. "C'était assez proche de la réalité."
Il haussa les épaules. "Tu vas bien ?" Sa voix était amusée mais gentille.
"Oui. Je suis très bonne pour me mettre dans l'embarras avec toi. Ça commence à devenir familier et réconfortant."
Il rigola. "Et ici je pense que je suis le seul à avoir cette expérience." Il l'aida à s'asseoir mais continua à la tenir. Il n'était pas prêt à la laisser partir.
Elle se botta mentalement les fesses malgré ses mots réconfortants. Ça avait été un doux baiser. Pas comme l'un des précédents de sa maigre collection de baisers. Et pourtant ça avait fini avant même d'avoir commencé.
Comment peux-tu être aussi pathétique ? Qui s'évanouit pour un baiser. Il ne va certainement plus essayer.
"Tu dois penser que je suis une idiote." Elle prit sa tête entre ses mains. Elle ne vit pas le sourire sur son visage.
"Non je ne le pense pas." Sa voix était douce et apaisante. Le bout de ses doigts faisait des cercles dans son dos.
"Je pense que tu es… intéressante… intelligente… et divertissante… et peut-être juste un peu ridicule." On entendait son sourire dans sa voix. "Mais la plupart du temps… je pense… que tu es… plutôt belle."
Elle avait l'air d'hésiter mais elle vit l'expression sincère sur son visage. Son rythme cardiaque accéléra. Son expression commença à changer comme il regardait vers elle. Ses yeux brillaient un peu dans la lumière faible et son regard tomba sur sa bouche. Le regard intense revint sur son visage et la respiration de Bella resta coincée dans sa gorge.
Putain… il est sérieux…
Et PUTAIN… il s'apprête à m'embrasser à nouveau ! Ne merde pas cette fois-ci Isabella Marie !
"Respire, Bella," dit Edward calmement, avec amusement quand son visage s'approcha du sien. Il la tira plus près et la tourna légèrement. "Ne bouge pas," l'avertit-il, en penchant sa tête mais en ne lâchant pas ses yeux en s'approchant.
Il s'arrêta. "Et ne t'évanouis pas," murmura-t-il, avant que ses lèvres la touchent pour la seconde fois, bougeant doucement sur les siennes alors qu'elle était dans ses bras. Il recula après un instant.
"Quand je dis ne bouge pas, je ne veux pas dire ça littéralement," rit-il quand elle expira un souffle irrité sachant qu'il était accompagné d'un rougissement.
Bella passa résolument ses bras autour de son cou et participa plus pleinement.
"Voilà qui est mieux," dit-il, en faisant son sourire en coin contre ses lèvres, en se penchant à nouveau pour les embrasser.
Leurs bouches bougeaient ensemble, arrêtant, recommençant parfaitement ensemble.
Il fut un peu surpris quand ses lèvres s'entrouvrirent sans sollicitation. Il fit volontiers de même, la pointe de sa langue cherchant la sienne. Et quand la sienne rencontra le velouté de celle de Bella… de façon inattendue elle n'était plus timide. Il fut encore plus surpris quand elle le tira vers elle, l'encourageant. Et Edward commença à se perdre dans ce baiser.
C'était exactement la même chose que lorsqu'ils avaient dansé. Ce ne pouvait pas être plus parfait. Leurs langues se déplaçaient intuitivement ensemble, coulissant, caressant, donnant et prenant. Il n'aurait pas pu mieux diriger que ça se faisait naturellement… son baiser était le parfait contrepoint du sien. Mais il se rendit compte que ce n'était pas simplement la mécanique du baiser qui commençait à lui faire perdre la tête c'était ce baiser qui était spectaculairement différent. Le 'qui' l'embrassait ne l'avait jamais inquiété avant mais à présent cela faisait toute la différence.
La main de Bella bougea de son épaule vers son cou. Il sentit le bout de ses doigts sur les cheveux dans sa nuque. Et puis il sentit le grattement de ses ongles contre la peau sensible de son crâne. Cette sensation le fit frissonner au plus profond de lui-même.
Elle aurait pu tout aussi bien mettre cette même main directement dans son pantalon vu la façon dont ça l'alluma. Il la tira plus fermement, la serrant un peu plus contre lui, la serrant dans ses bras, pressant son petit corps doux contre le sien, sa hanche appuyée contre son érection croissante et inconfortable. Il souffla un gémissement dans sa bouche et frotta sa langue de façon insistante contre la sienne, laissant le moment et ses sentiments prendre le meilleur de lui… jusqu'à ce qu'elle fasse un petit bruit.
Bella était presque à bout de souffle mais elle prenait des notes mentales de tout ce qu'il se passait. Il y avait tellement de choses qui arrivaient, il fallait qu'elle fasse attention au cas où tout ceci ne se reproduirait plus.
Ce baiser était merveilleux et elle voulait en marquer chaque aspect dans sa mémoire : la beauté de son visage, le petit sourire en coin sur ses lèvres et la chaleur dans ses yeux quand il s'était penché. Elle écouta le bruit de sa respiration et de ses baisers. Elle inhala l'odeur de ses vêtements et de son grand corps chaud et très masculin. Elle sentit les longs bras forts la soutenir et sa grande et douce main sur son visage qui faisait bouger sa tête pendant le baiser.
Sa langue était douce et aussi ferme contre la sienne, explorant d'abord puis augmentant la pression avec la sienne. Elle sentit sa main tomber de son visage à sa hanche, la rapprocher de lui, puis contre sa hanche et elle sentit la pression de…
Ohmondieu ! Il est dur ! Il est si du r! A moins que ce soit son téléphone ?
Par l'enfer que diable ferait son téléphone de face et au milieu de son pantalon Bella ? Et personne n'a de téléphone de cette forme… une banane… ou une banane plantain… dans ce cas.
Bordel! C'est … son pénis a des proportions de plantain ! Bordel de merde !
Ne t'évanouis pas ! Ne t'évanouis pas ! Ne t'évanouis pas ! Continue de l'embrasser ! Il aime ça autant que toi visiblement !
Putain de merde ! Il vient de ronronner ! Ou de grogner ! Dans ma bouche!
NE T'EVANOUIS PAS PUTAIN, Isabella Marie !
La Volvo patinait, dérapait, faisait des queues de poisson sur le parking, allait perdre le contrôle en filant dans la nuit. D'une certaine manière la bite d'Edward avait détaché sa ceinture de sécurité et essayait de sortir du siège passager pour aller dans le siège du conducteur, pour attraper le volant, dans l'intention d'établir un nouveau record de vitesse ou de moins de gagner l'Indy 500*. Edward savait qu'il fallait qu'il ralentisse. Ce serait une lutte mais il devait, lui et son co-pilote, reprendre les commandes.
Et il réussit à peine.
Il rompit le baiser appuyant son front contre celui de Bella. Ses yeux étaient fermés alors qu'il calmait sa respiration haletante et sa libido qui faisait rage. Son cœur battait comme un tambour alors que la respiration haletante de Bella réchauffait son visage.
Il l'éloigna de son égoïste entrejambe et l'attira contre sa poitrine, tout contre lui.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?" demanda Bella d'une petite voix.
Il souffla un petit rire.
Ce doit être une blague !
"Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?"
Attends! Quoi? Elle ne plaisante pas ?
Il la fit reculer et baissa la tête pour la regarder.
"Tu es sérieuse, Bella ?" demanda-t-il incrédule.
Elle hocha la tête, incertaine. Il sourit et secoua la tête, la tirant contre lui une fois de plus, confortablement.
"Tu vois… c'est maintenant cette absurdité que je mentionnais plus tôt," dit-il. "J'ai presque perdu la tête et toi, tu t'inquiètes si tu as fait quelque chose de mal." Il souffla un autre petit rire, ce qui dut lui faire penser qu'il n'y avait rien qui était mal.
Comme la Volvo ralentissait pour se garer, Edward caressa les cheveux de Bella dans son dos. Elle écouta les battements de cœur d'Edward. Il battait rapidement, comme le sien. Elle le sentit poser sa joue sur le dessus de sa tête et elle sourit.
"Euh… je suis contente de ne pas m'être évanouie et de ne pas avoir raté ça," dit-elle après un moment. Elle sentit la vibration d'un rire silencieux dans sa poitrine avant qu'il parle.
"Hummm, hummm," ronronna-t-il d'assentiment. "Sans mentionner que ça aurait été particulièrement flippant et possiblement illégal que je t'embrasse comme ça quand tu étais inconsciente."
Elle rigola à ses mots. Il avait raison.
Après un moment il demanda : "Veux-tu qu'on aille petit-déjeuner demain ?"
Elle lui sourit au début mais ensuite fronça les sourcils. "Euh je ne pense pas pouvoir, Angela part demain. Je ne sais pas exactement quand mais je ne devrais probablement pas faire de projets."
Il acquiesça. "C'est vrai, j'avais oublié. Eh bien nous nous retrouverons plus tard dans la semaine après que tu aies commencé l'école d'accord ?"
Elle lui fit un sourire heureux. "J'aimerais ça."
"Je ferai bien de te libérer. Angela se demande probablement si tu vas bien ou si je t'ai fait quelque chose de terrible." Il l'aida à se relever de ses genoux et se leva.
"Merci pour aujourd'hui Edward. J'ai passé un très bon moment. Oh et je te remercie pour la playlist… euh… pour tout cela."
"Oh tu as vu ça ? Oui j'ai mis toutes les chansons. Tu peux toujours effacer ce qui ne te plait pas..."
"Non. Je les veux toutes. Tout m'a plu, vraiment. Maintenant il faut que je réécoute… ce sera une sorte de souvenir de la journée."
Edward sourit et l'embrassa sur le front en lui donnant une étreinte rapide.
"On se voit bientôt. Aie un bon premier jour de travail si on ne se voit pas demain."
"Merci Edward, bonne nuit." Elle le regarda s'éloigner dans l'allée. "Oh et merci pour mon bouquet d'étoiles !" l'appela-t-elle doucement.
Il sourit et se tourna pour lui faire signe de la main alors que le portail commençait à se fermer.
"C'était avec plaisir !" lui répondit-il.
En traversant la rue il regarda le ciel. Il semblait y avoir plus d'étoiles que d'habitude. Une phrase d'une chanson de l'après-midi traversa ses pensées et il la murmura avec un sourire sur le visage.
"Isabella Swan… you hit me like the sky fell on me."*
Il souriait toujours en rentrant chez lui. Ça avait été une journée d'enfer… la meilleure qu'il ait eue depuis longtemps. Peut-être la meilleure qu'il n'ait jamais eue…
…
*Les 500 miles d'Indianapolis : course automobile renommée et considérée par certains comme le plus grand spectacle de la compétition automobile. L'une des trois courses les plus prestigieuses au monde avec le Grand Prix de Monaco et les 24 heures du Mans.
* tu m'es rentrée dedans comme si le ciel me tombait dessus
