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CHAPITRE 43 …

Rendez-vous avec le destin

La soirée après la fin du barbecue avait été fort occupée pour Edward.

Après avoir accroché ses lumières et arrangé un rendez-vous pour le petit-déjeuner avec Bella par texto il avait lu la réponse de bellybeans à son message. Ensuite il était redescendu, débattant pour trouver une réponse appropriée qui n'en révèlerait pas trop puis il tapa cette réponse. Ensuite il s'était assis et s'était repassé l'après-midi et la soirée à réfléchir à tout ce qu'il s'était passé avec la fille belle et excentrique qui vivait en face de chez lui.

Son imagination erra, examinant et prévoyant chaque résultat possible qui aurait pu les conduire à une situation à la fois douce et impudique. Il était seulement un homme après tout.

Tout cela l'avait conduit à décider qu'il avait besoin d'une douche pas seulement pour se débarrasser de l'eau chaude du jacuzzi mais aussi parce que son imagination galopante s'était emballée… ainsi que le contenu de son pantalon. Et donc il entra sous la douche pour nettoyer son esprit salace qui était de retour de l'autre côté de la rue… imaginant la belle fille aux yeux bruns, aux lèvres pulpeuses, au corps à couper le souffle et à l'esprit envoûtant.

Dans l'œil de son esprit cette Bella était plus que disposée à l'aider à gérer sa tension sexuelle refoulée. Et donc avec ces pensées, ces caresses et cette imagination Edward obtint une éjaculation intense.

Deux fois.

Au moment où il sortit - d'une propreté irréprochable et les jambes ayant la consistance de la guimauve - en titubant de la salle de bain, il était certain de deux choses. Tout d'abord Bella Swan, réelle ou imaginée le rendait fou de désir. Et deuxièmement si son esprit et ses mains pouvaient faire cet effet sur son corps rien qu'à la pensée d'être avec elle – de toutes les façons possibles – la chose réelle le tuerait sûrement… si et quand ça arriverait… un jour.

Quelle glorieuse façon de jouir !

Il enfila un boxer propre et s'écroula sur le lit, tombant presque instantanément endormi complètement épuisé à cause de son état post-orgasmique.

Mais la nuit était loin d'être terminée et son imagination n'en avait pas encore fini avec Bella Swan.

Bien que profondément endormi Edward fit le même rêve vif qu'avant. Celui qu'il avait raconté à Bella, le pique-nique probable dans la prairie fleurie.

Mais cette fois-ci il y eut plus et ça semblait tellement réel.

Ça avait commencé comme avant, lui marchant dans la forêt constituée d'un enchevêtrement de branches et de racines. Il s'était dirigé vers les éclats de lumière du soleil pour finalement émerger. Il s'était arrêté à la lisière et avait regardé la jeune fille dans sa robe blanche étaler son plaid gris noir et bleu au milieu du champ de fleurs et de fraisiers sauvages. Elle avait posé le panier de pique-nique sur la couverture puis avait regardé au loin avant de s'asseoir et de se détendre dans la chaleur du soleil.

Cette fois il savait que c'était Bella. Il avait souri en la regardant assise au soleil ignorant encore sa présence. Elle avait enlevé le chapeau et secoué ses cheveux puis elle s'était tournée et l'avait vu. Elle avait souri et agité la main, la tendant vers lui, l'invitant à la rejoindre. Il avait avancé lentement dans la prairie, ne quittant pas son regard en marchant vers elle, avec un sourire sur le visage.

"Qu'est-ce que c'est ?" demanda la Bella du rêve. Il suivit ses yeux et regarda vers le paquet qu'il tenait à la main.

"C'est une surprise," répondit l'Edward du rêve en la rejoignant sur la couverture et en s'accroupissant pour s'asseoir face à elle. Il posa le paquet près de lui mais loin d'elle. "Mais je ne peux pas te le donner, il faut que tu le gagnes. Il y a un petit supplément," lui dit-il avec un sourire espiègle.

Bella du rêve rit. "Oh ! Et quel pourrait être ce supplément ?"

Il pinça les lèvres et la regarda avec amusement. "Eh bien qu'est-ce qui vaut la peine pour toi ? Comment es-tu curieuse ?" demanda-t-il.

Bella rit en se jetant sur lui, le surprenant, le faisant rouler sur le dos et l'obligeant à regarder le soleil brillant. Il lui sourit alors qu'elle lui montait dessus, ses mains saisirent ses hanches, fixant son entrejambe et il se sentit durcir. Son doux visage planant au-dessus du sien.

"Oui ! Ça c'est un pas dans la bonne direction !" lui assura-t-il, en la fixant et lui souriant diaboliquement en poussant ses hanches sous les siennes.

Bella tendit le bras et attrapa son chapeau, le remettant en place sur sa tête, faisant de l'ombre à ses yeux qu'il n'avait plus besoin de plisser. Il pourrait regarder plus facilement. Et il le fit avec une sorte… d'adoration. Elle était juste si jolie, suffisamment pour lui, elle lui convenait parfaitement.

Bella approchait ses lèvres d'Edward quand l'Edward réel s'était réveillé dans un parfait état de confusion.

Quoi ? Oh bon sang ? C'était seulement un rêve ? Putain d'enfer !

Le véritable Edward fut profondément déçu quand il réalisa que ça n'avait été qu'un rêve et que la Bella de ses rêves s'était volatilisée. Mais ensuite il réalisa qu'il savait exactement à quoi ce baiser rêvé aurait ressemblé. Et il ferma les yeux imaginant le baiser dans le garage, le soir précédent, avec Bella sur sa couverture de pique-nique au milieu de la prairie de ses rêves. Puis il roula sur Bella l'embrassant jusqu'au bout de son souffle en lui faisant l'amour.

Brusquement il ouvrit et se mit à cligner des yeux. Il resta complètement immobile au milieu de ses draps froissés.

Faire l'amour ?

Il essaya de se souvenir si ce concept était déjà apparu avant.

Non. Jamais.

Tout ce qu'il avait fait par le passé avec diverses participantes était différent. On aurait pu appeler ça avoir des rapports sexuels, coucher ou s'accoupler – tout ça était insensible et sans émotion. Et ce qu'il avait expérimenté était juste mécanique, bien exécuté certes et même pratiqué avec détachement.

La différence entre ses expériences précédentes et ce qu'il pouvait imaginer avec Bella dans ses rêves - et après ses rêves semblait extraordinaire, même si cette expérience n'était qu'imaginée en grande partie.

Une heure et une autre douche pour-apaiser-son-désir plus tard, le vrai Edward était debout dans l'impasse de Stardust Lane. Son attitude désinvolte, appuyé contre le côté de son Aston Martin, démentait son sentiment intérieur de nervosité. Il attendait anxieusement. Il était excité et impatient de passer du temps avec Bella, juste tous les deux sans ingérence extérieure ni encouragement d'aucune sorte.

Il espérait que personne ne choisisse ce moment pour arriver dans la rue, se demandant pourquoi ce grand diable de connard restait là, avec sa putain de voiture de sport, bloquant le bout de la rue… ils penseraient sans doute qu'il avait perdu l'esprit.

Tu sais bien que tu le fais… au moins un peu… si ce n'est complètement. Elle te rend idiot en quelque sorte.

Ouais je sais. Génial ? Elle va sourire… peut-être rire. Donc, ça en vaut la peine.

Il entendit sa porte d'entrée se refermer. Un instant plus tard Bella apparut dans son allée cherchant quelque chose dans son sac. Edward étouffa un rire en la voyant avec sa casquette Asshole. Ses yeux glissèrent rapidement sur son corps, virent son sweat à capuche et son t-shirt en dentelle dépasser, un short en jean qui révélait des jambes bien toniques qu'il avait déjà remarquées hier soir et de petites sandales plates. Elle était mignonne et décontractée comme il l'avait prévu, elle n'était pas du genre à trop s'habiller pour attirer l'attention.

Un certain nombre de femmes du passé d'Edward n'aimaient pas monter dans la Vanquish quand elle était découverte. Ça les décoiffait. Mais Edward vit que Bella avait pris la casquette dans l'espoir de rouler en décapotable. C'était agréable de voir sa prévoyance et ça lui plaisait. Il la regarda mettre ses lunettes de soleil. Au moment où elle leva les yeux et le repéra, elle s'arrêta et se mit à glousser de petits rires mignons. Le sourire d'Edward devint arrogant.

Yep… donc allons-y. Ça en vaut la peine ! Merde c'est juste un tel plaisir de la voir !

"Eh bien tu ne t'appelles pourtant pas Monsieur Littéral !" le héla-t-elle ne descendant son allée. "C'est une bonne chose que je ne t'ai pas dit de venir me chercher devant ma porte !"

Edward haussa les épaules et lui sourit en retour. "Je ne sais pas. Tu n'es pas très lourde et je t'ai déjà portée…"

Elle sourit et secoua la tête, Edward l'imagina rouler des yeux mais il ne pouvait pas voir ça derrière ses lunettes. Soudain elle fit une pause et leva ses deux mains comme le ferait un agent de la circulation.

"Attends ! Ne bouge pas !" Elle fouilla dans son sac et en sortit son téléphone, tapotant l'écran avant de le lever au niveau de son visage. Edward réalisa qu'elle le prenait en photo. "Souris à trois !" l'appela-t-elle.

Evidemment cet ordre le fit sourire.

"Un… Deux… Trois !" Elle prit la photo et examina le résultat, rangeant finalement le téléphone à sa place en marchant dans la rue pour arriver là où Edward l'attendait. Il la regardait.

"Bonjour," lui sourit-elle.

"Bonjour Bella." Sa voix était une caresse de velours, il se décolla de la voiture et l'escorta du côté passager, sa main posée confortablement au bas de son dos.

"Alors quoi cette photo ?" s'enquit-il, en lui ouvrant la portière.

Ce fut le tour de Bella de sourire. "C'est si rare de savoir à l'avance qu'on va partir avec un abruti !' dit-elle benoitement.

Edward rit bruyamment à son audace et sourit vers la casquette perchée sur sa tête. "Eh bien… c'est là où je dis : on peut se reconnaitre ainsi. "

"C'est vrai… tu marques un point !"

"Attends un instant ! Moi aussi !" Avec amusement il sortit son téléphone de sa poche, il tira Bella contre lui et appuya sa tête contre la sienne, tendit le bras devant, tenant son téléphone face à eux.

"Souris à l'appareil Bella, "dit-il malicieusement, en prenant deux photos d'eux rapidement avec leurs casquettes assorties. Il regarda le résultat et se pencha pour les lui montrer.

"Celle-là sans aucun doute," dit-elle en montrant la deuxième et leurs visages souriants.

"Je suis totalement d'accord," répondit-il, pendant qu'elle montait dans la voiture. "Tu as définitivement le sourire de l'Abruti sur la seconde," sa voix était basse et soyeuse et ça envoya un délicieux frisson dans la colonne vertébrale de Bella, la faisant rougir. Il lui sourit en refermant la portière.

"Et tout à coup… tu rougis."

Sais-tu combien un truc aussi innocent qu'un rougissement peut-être tellement putain excitant ?

Bella souffla un petit rire. "Oh mon dieu, Edward, je ne rougis pas !"

Edward s'arrêta et se pencha dans la voiture, son sexy visage souriant planant au-dessus d'elle.

"Tu es trop. C'est trop génial," murmura-t-il, juste avant de se pencher et de lui donner un rapide baiser sur les lèvres, avant de s'éloigner en souriant.

Alors qu'il se déplaçait autour de la voiture, Bella prit une grande inspiration pour se calmer et mettre sa ceinture de sécurité.

Calme-toi simplement et pâlit ! C'est stupidement embarrassant ! Pas de rougissement à cause de sa voix !

Mais c'est cette voix ! Comment fait-il ça ? Et bon en même temps il aime ce rougissement… il l'a dit hier soir.

Bon bien alors il va passer les meilleurs moments de sa vie avec toi ! Pourquoi il aime ça d'ailleurs ?

Ne me le demande pas ! Je n'en sais rien !

Attends une minute… il a dit que j'avais un sourire sexy ? S'est-il déjà regardé dans un miroir ?

"Tu as faim ?" demanda Edward, en interrompant ses pensées et en montant du côté conducteur, la regardant avec un sourire sexy.

Bella cligna des yeux. "Oui, en fait."

De toi.

"Bien et tu as envie de quelque chose en particulier ?" demanda-t-il.

Bella se concentra sur le mouvement de ses lèvres pendant qu'il parlait… ces lèvres l'avaient embrassée un instant auparavant.

Oui, une part de tarte à Edward, s'il vous plait !

"Euh… pas vraiment. Mais il fait si beau… peut-être pourrions-nous aller quelque part où il y a une belle vue ?" demanda Bella avec espoir.

Tu sais la vue sera à la table. Tu n'auras qu'à le regarder lui. Et ensuite il te surprendra en train de le regarder.

Et tu rougiras. Ensuite il fera un commentaire. Et tu rougiras un peu plus. Et lui sourira un peu plus. Et puis…

Merde… la ferme !

"Une belle vue ?" Edward pinça les lèvres que Bella observait discrètement derrière ses lunettes. Il était en train de chercher un endroit où ils pourraient aller. "D'accord, nous allons aller en ville," dit-il avec un clin d'œil en démarrant la voiture.

"Musique ou pas ?" demanda-t-il en ralentissant pour tourner.

"Bien sûr." Elle hocha la tête. "Tout me convient."

"Ici," dit-il en prenant son iPod de la petite étagère sur le tableau de bord. "Je te laisse t'en occuper. Trouve quelque chose que tu aimes. Ça se branche ici," dit-il en montrant l'endroit sur la console. Il lui tendit l'iPod et Bella regarda son visage de profil.

"Hum… voyons ce que tu écoutais en dernier," suggéra-t-elle en branchant l'appareil sans regarder. Quelques secondes plus tard, un morceau doux instrumental sortit des haut-parleurs, la surprenant. Ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait. Bien sûr elle ne savait pas qu'il pensait à elle en écoutant Little Wing la nuit dernière dans son lit.

"C'est vraiment très joli," fit-elle remarquer après un moment, se tournant légèrement de côté pour pouvoir le regarder. Il hocha la tête et fit signe à Félix, à la grille d'entrée alors qu'ils sortaient sur la route principale.

"Ça me parait familier," commenta Bella en fronçant légèrement les sourcils, en essayant de comprendre pourquoi.

Edward la regarda. "C'est Little Wing. C'est un morceau de Jimi Hendrix, peut-être c'est pour ça que tu as reconnu la mélodie. D'habitude c'est joué plus vite et il y a des paroles aussi." Edward haussa les épaules.

"Différents musiciens ont repris ce morceau mais j'aime vraiment cette version instrumentale."

Bella hocha la tête en écoutant la douce mélodie continuer. Elle était certaine de ne jamais avoir entendu ça avant mais il y avait toujours ce quelque chose familier. Ensuite quelque chose d'un peu bizarre la frappa… la musique avait un côté latin qui lui fit penser à Phœnix en Arizona.

Ils venaient juste de s'arrêter à un feu rouge et Edward la regarda. Bella regardait droit devant et mâchonnait sa lèvre. Son front était plissé entre le haut de ses lunettes et la visière de sa casquette. Edward s'approcha plus, appuyant son bras sur le dossier de son siège et caressa doucement son décolleté avec son pouce. Bella se retourna et le regarda avec surprise.

"Qu'est-ce qu'il se passe dans ta tête ?" demanda-t-il, en inclinant sa tête pour la regarder d'un air interrogateur.

"Désolée. J'essaie juste de comprendre pourquoi il me semble que je connais ce morceau. Qui joue ?" demanda-t-elle finalement.

"Euh son nom est Ottmar Liebert mais tu n'en as probablement jamais entendu parler…"

"Oh Seigneur, c'est ça !" hurla-t-elle en tapant sur sa cuisse. "Pas étonnant que ce soit si familier !"

Edward la regarda d'un air incrédule. "Tu connais ce guitariste ?" Elle plaisantait certainement.

"Oui !" Elle hocha la tête avec insistance. "J'ai toute une de mes playlists qui lui est dédiée mais pas ce morceau. Je ne l'avais jamais entendu avant… mais c'est sûr c'est lui."

Le feu était passé au vert et les voitures commencèrent à avancer. Edward était assis là, incrédule, secouant la tête, un drôle de sourire recourbait ses lèvres.

"Comment diable une jeune femme de vingt ans aurait une playlist de musique de flamenco espagnole ? Je veux dire je joue de la guitare acoustique ou électrique et je peux apprécier un bon guitariste, mais pourquoi tu connais cette musique ? Ça me parait si étrange."

Bella sourit. "Eh bien tout d'abord j'ai presque vingt-quatre ans et non vingt. Et qu'est-ce que l'âge a à voir avec ça de toute façon ? Je connais cette musique depuis ma première année de l'école secondaire. Et il y a une bonne raison – alambiquée certes - que je connaisse cette musique Edward."

"Pourquoi ça ne me surprend pas que la raison soit alambiquée ?" réfléchit Edward, avec un sourire. "Eh bien, nous allons entendre ces raisons. Je suis sûr que je peux suivre, alambiqué ou non. Vas y, "ordonna-il en s'arrêtant à un autre feu rouge et il se tourna pour la regarder pendant qu'elle expliquait.

Bella se racla la gorge. "Euh… eh bien je me souviens de t'avoir dit hier soir, que j'avais vécu à Phœnix avec ma mère avant de déménager à Forks pour vivre avec mon père." Il hocha la tête et Bella poursuivit. "Ce guitariste," elle fit un geste vers le haut-parleur," vit en Arizona ou au Nouveau Mexique, je ne me souviens pas exactement où mais là-bas on entend ce genre de musique dans les restaurants, les galeries, ce genre d'endroits."

Il hocha la tête. "Alors tu l'as entendu et tu as aimé. Ce n'est pas si compliqué."

"Hum… il y a plus que cela. Ma mère est celle qui aimait l'écouter. Tu devrais savoir… ma mère saute sur tout ce qui est nouveau et intéressant spécialement si c'est artistique. Quoi qu'il en soit elle a entendu cette musique quelque part et a acheté quelques CD. Je venais juste de commencer l'espagnol à treize ans et elle pensait que cette musique était susceptible de m'inspirer. Alors entre vivre dans le sud-ouest et apprendre l'espagnol, ma mère est devenue fan du nouveau son Flamenco. Elle passait ces cd tout le temps et en faisait des copies avant que je parte vivre avec mon père. Euh… ma mère et moi avions l'habitude de mettre cette musique très fort et de danser dans la maison en faisant les chœurs … alors Ottmar Lieber est ma playlist quand je fais le ménage."

Edward ne put s'en empêcher. Il lui dit qu'il ne voulait pas rire avant qu'elle ait fini de dire ce qu'elle avait à dire. C'était tellement inattendu et drôle, comme beaucoup de choses qui sortaient de sa bouche.

"Tu avais promis de ne pas rire !" lui rappela-t-elle alors que le feu changea et que la Vanquish traversa l'intersection.

"Je ne ris pas de toi Bella… je ris avec toi ?" essaya-t-il, sans succès, d'arrêter son rire.

"Je ne ris pas !" dit Bella en croisant ses bras sur sa poitrine. Mais en voyant son sourire – c'était contagieux et inévitable - elle commença à rigoler avec lui.

"Je suis désolé," dit Edward finalement. "Je peux imaginer le tableau de petite Bella, le chiffon à poussière dans une main et les castagnettes dans l'autre, dansant le flamenco et faisant le ménage en même temps."

Bella ricana. "Bon n'exagère pas. Tu sais bien que je ne suis pas une bonne danseuse."

Edward secoua la tête. "Oh fais-moi confiance Bella, tu es une danseuse."

Little Wing s'acheva et Edward enleva le iPod et regarda Bella.

"D'accord, écoutons quelques morceaux de ta playlist de ménage. Je suppose que tu époussètes et que tu passes l'aspirateur… peut-être même plies le linge… ou laves la vaisselle. Allons," invita-t-il en faisant claquer ses doigts deux fois avec espièglerie. "Tu as ton iPod ?"

Bella fouilla dans son sac avec un sourire et le sortit, l'agitant devant Edward. Elle trouva la bonne playlist et le brancha dans la prise.

"Ce premier morceau est Snake Charmer. L'un de mes préférés."

"Charmeur de serpent ?" lui demanda Edward, avec un petit ricanement, ses lèvres se courbant dans ce demi-sourire sexy alors qu'il l'observa un instant avant de se tourner à nouveau vers la route.

Les lèvres de Bella se séparèrent. Elle leva ses yeux au-dessus de ses lunettes et secoua la tête avec un air de reproche. "Oui charmeur de serpent. Quoi Edward ? Tu es encore au collège ? Ne me dis pas que tu souffres du syndrome de l'esprit mal placé." Ses sourcils se soulevèrent. Edward lui retourna son sourire et rigola.

"En fait… Bella… avant je pensais avoir quelque chose d'un serpent mais quand tu t'es montrée dans le quartier… il suffit de voir de quelle façon tu m'as charmé. Ce sont des pensées pures. Je pense qu'il serait plus vrai de dire que c'est toi qui as les idées mal placées. C'est toi qui fais des insinuations."

Tu y vas fort Cullen ! Elle te sort de tes vilaines pensées et tu le retournes contre elle !

Ouais regarde ce rougissement ! Putain ! C'est trop mignon !

Vrai. Ne la fais pas se sentir mal à l'aise. Tu ne veux pas la repousser.

Oh merde ! Tu as raison ! Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?

Edward regarda au-dessus de ses mains posées sur ses genoux. Il tendit sa main et détacha ses mains tirant la gauche vers lui, posant le bras sur la console centrale, en prenant sa main dans la sienne il lécha ses lèvres et parla.

"Je veux juste te taquiner Bella. Si je vais trop loin… remets-moi les idées en place, d'accord ?" Les yeux de Bella allèrent jusqu'à la main d'Edward sur la sienne puis à son visage. A son expression elle pouvait voir qu'il était sérieux. Elle hocha la tête.

"Je sais… ça va Edward," dit-elle doucement. Elle sentit sa main se relâcher un peu, glissant et ses doigts enlacèrent les siens. C'était une sensation très agréable.

"C'est la musique parfaite pour un trajet en voiture par un jour ensoleillé… tout en portant une casquette Abruti bien sûr," fit-il remarquer.

"Hum hum. Parfait pour faire la lessive," convint Bella avec un petit sourire quand la chanson toucha à sa fin.

"La suivante c'est Thru the trees / cloudless sky*" dit-elle un instant plus tard. "Pas de sous-entendu mais ça convient bien pour le temps qu'il fait aujourd'hui. C'est une chanson parfaite pour faire la poussière puisque tu te le demandes probablement," ajouta-t-elle avec un sourire ironique.

Il hocha la tête et lui sourit alors qu'ils atteignaient l'autoroute mais ses mots déclenchèrent les souvenirs du rêve qui l'avait réveillé ce matin et le fait qu'il avait effectivement marché à travers les arbres pour atteindre un ciel sans nuage pour retrouver Bella dans la prairie. En écoutant cette chanson il s'interrogea sur la possibilité du destin ou alors de simples coïncidences… et il se demanda si les rêves pouvaient vraiment devenir réalité.

Ils ne parlèrent pas beaucoup sur l'autoroute. Le vent rendait la conversation difficile. Edward était plongé dans ses pensées et Bella profitait de la grande main chaude qui tenait la sienne, les longs doigts la caressaient occasionnellement.

"J'aime beaucoup ta playlist," dit Edward à la seconde où le morceau prit fin. Le trafic s'intensifia et ils ralentirent un peu ce qui facilita la conversation. Edward décida qu'il devrait probablement télécharger ces morceaux.

"Ensuite ? De la musique pour passer la serpillère…" suggéra-t-il.

Elle rit alors que le morceau suivant commençait. "Je pense que tu vas beaucoup aimer celui-là. Il y a de la guitare électrique puis il y a aussi de l'acoustique - c'est très joli. Et ça devrait aller bien pour passer l'aspirateur en supposant que tu veuilles le faire vite. C'est Reachin Out 2 U : todos bajo la misma luna, ce qui signifie…"

"Tous sous la même lune ?" compléta Edward avant qu'elle ait pu finir la phrase.

Bella le regarda avec surprise. "Tu parles espagnol aussi ?!"

"J'en ai fait quatre ans aussi et je suis allé en vacances à Mexico plusieurs fois mais je ne m'en sers pas souvent. Je me souviens d'un peu de vocabulaire et de quelques phrases pour parler mais ma grammaire est rouillée."

Elle hocha la tête et sourit. "La mienne n'est pas terrible non plus."

Edward l'entendit à peine. La chanson avait commencé et elle lui rappela son rêve une fois de plus. Bella lui avait tendu la main une fois qu'il avait fait son chemin à travers les arbres. Elle lui avait fait signe de le rejoindre sur cette couverture au sol, il se racla la gorge après un moment.

"Donc tu as appris l'espagnol à l'école je suppose ?" demanda Edward.

"Oui quatre ans comme toi. Et bien cinq si je compte la classe d'initiation avant."

"Eh bien… ¿Por qué no jugamos à la damas chinas, Isabel ?" lui demanda Edward. Bella le fixa, déconcertée un instant.

"Tu viens de suggérer que nous jouions aux dames chinoises ?" demanda-t-elle en gloussant.

Edward sourit avec reconnaissance. "Bien Bella ! Ta connaissance de l'espagnol est impressionnante. C'est l'une des phrases dont je me souviens, qui bien que totalement inutile reste coincée dans ma tête depuis mes quatre ans d'espagnol."

"Je serai très heureuse de jouer aux dames chinoises avec toi Edward."

Bella sourit à son joli profil alors qu'ils se dirigeaient vers le centre-ville. Edward était un homme d'une beauté étourdissante. Elle l'avait pensé dès les premiers instants qu'elle l'avait vu. Mais voir Edward heureux était un bonheur absolu. Parler et passer du temps avec lui était aussi exaltant que délicieux, pourtant c'était étrangement facile et confortable.

"Celle-là c'est quoi, toute ces insinuations en -ish?" demanda Edward, en hochant la tête vers les hauts- parleurs alors qu'une autre chanson débutait et qu'ils s'approchaient de leur sortie.

"Désolée aucune. C'est Isla del Sol," dit-elle en jetant un regard à l'iPod. "C'est la préférée de ma mère."

"Ile du soleil," réfléchit Edward.

"Après avoir quitté mon père et en quittant Forks ma mère a vécu en Californie, en Arizona et en Floride. Visiblement elle cherche le soleil."

Il hocha la tête en se demandant si une puissance supérieure essayait de tourmenter son esprit. Ce rêve de la jeune fille sur la couverture de pique-nique était comme une île ensoleillée au milieu d'une mer de fraises et de fleurs sauvages. Il devait arrêter d'être obsédé par ce rêve et comment toutes ces chansons semblaient s'y rattacher d'une manière ou d'une autre. Mais il faudrait qu'il ait cette playlist. Pour l'écouter le soir. Ou peut-être ça encouragerait ce rêve à revenir.

Il tourna et chercha un endroit où se garer sur le parking du Pike Place Market.

"Ou allons-nous ?" demanda Bella alors qu'Edward avait repéré une place et se garait.

"J'ai pensé que nous pourrions aller à Lowell ?" C'est touristique mais le petit-déjeuner est correct et la vue est très belle d'en haut. Tu voulais une vue, non ?"

Elle hocha la tête. "Ça me va, je n'y suis jamais allée. Etudiante j'avais un budget plutôt serré, je ne sortais pas souvent manger à l'extérieur."

Il hocha la tête, se demandant si elle était sortie souvent quand elle était à l'université… et avec qui… et combien de fois. Il savait que c'était une conversation dans laquelle il ne pouvait pas se lancer à cause de ce qu'elle lui demanderait en retour. Cette conversation pourrait très bien la faire fuir très loin, au-delà des collines…

"Nous allons sûrement devoir attendre un peu pour avoir la place près de la fenêtre mais ça ne me dérange pas si ça ne te dérange pas."

"Non ça va."

Edward referma le toit de sa voiture et ils enlevèrent leurs casquettes. Il y aurait une bonne chance d'avoir un mauvais service avec deux casquettes de la sortesur la tête. Personne ne veut avoir à s'occuper d'un couple d'abrutis pas vrai ?

Edward fit le tour pour ouvrir la portière de Bella mais elle était déjà en train de sortir. Il passa son bras autour de son épaule pendant qu'ils remontaient la rue pour aller au restaurant. Elle resta en retrait quand il s'approcha de l'hôtesse pour lui demander un siège près de la fenêtre, là-haut. Elle ne put pas entendre ce qui se disait mais elle vit quelque chose dans son langage corporel qui lui fit comprendre que l'attente serait longue.

Mais alors qu'elle le regardait, il se pencha vers l'hôtesse lui montrant visiblement quelque chose et lui souriant. L'hôtesse semblait à peine consciente des autres clients derrière Edward, elle était bien trop occupée à battre des cils pour être en mesure de les voir clairement de toute façon. Bella roula des yeux intérieurement.

Edward se tourna et revint vers l'endroit où était Bella, près des autres clients qui attendaient pour une table. Elle secoua la tête comme il s'approchait.

"Quoi ?" demanda-t-il innocemment.

"C'est tellement injuste."

Il fronça les sourcils. "Qu'est-ce qui est injuste ? Qu'est-ce que tu racontes ?" Mais elle secoua la tête.

Il lui fit signe de s'asseoir à un endroit vide à l'extrémité d'un banc mais il se ravisa et la tira en arrière. Il s'assit et la tira vers lui, en tapotant sa cuisse pour qu'elle s'y assoie. Elle hésita en le regardant. Il sourit, la tirant plus près de lui.

"Allez viens, tu n'as qu'à faire comme si c'était le sol de ton garage," murmura-t-il. Elle se sentit rougir.

C'est précisément ça le problème ! Je serai assise près de ta virilité même si elle est sage pour l'instant. C'est une simple bosse moins importante que la turgescence en titane d'hier soir.

Oh mon dieu… je regarde ça ! Juste face à lui !

Elle regarda son visage mais il regardait par terre. Elle fit semblant de chercher quelque chose dans son sac juste pour essayer de cacher sa rougeur brûlante. Soit il n'avait pas remarqué qu'elle regardait là ou bien il y était habitué.

"Merde," dit-il en la regardant, en se demandant pourquoi elle avait rougi. "J'ai faim mais j'ai promis de ne pas mordre." Il sourit et Bella s'assit à moitié sur ses genoux, posant son bras sur son épaule, les doigts enroulés autour des cheveux sur sa nuque. Il frissonna et releva la tête, faisant frotter sa tête contre sa main. Elle réalisa qu'elle l'avait chatouillé par inadvertance et elle sourit grattant légèrement sa nuque.

"Dis-moi ce qui est injuste," dit-il en posant sa main sur sa hanche, pour la maintenir confortablement en place.

"C'est évident que tu as ébloui l'hôtesse."

"J'ai quoi ?" Ses yeux s'écarquillèrent de surprise.

Les yeux de Bella allèrent vers ceux de l'hôtesse qui étaient maintenant plissés.

"Il m'a semblé que tu éblouissais l'hôtesse avec ta personnalité pétillante et ton regard bien viril. J'ai pensé que tu essayais de la charmer pour que nous puissions avoir une place aussi vite que possible. Mais elle semble effectivement un peu moins coopérative maintenant que je suis installée sur tes genoux."

Edward sourit à Bella. Il ne pouvait pas se soucier de l'hôtesse. "Est-ce que je t'éblouis avec ma personnalité pétillante et mon regard viril ?"

Bella rougit et leva les yeux. "Je suis sûre que tu éblouis chaque femme que tu rencontres avec ta personnalité pétillante et ton bon regard viril !"

Ce n'était pas vraiment une réponse mais cela suffirait. Il lui fit son petit sourire sexy puis jeta un coup d'œil à l'hôtesse.

"Tu penses que je dois lui faire un clin d'œil pour faire bonne mesure?" murmura-t-il doucement.

"Non !" Bella gifla légèrement son épaule.

Edward rit et regarda Bella avec une étincelle dans les yeux. "Je lui ai simplement dit que nous aimerions nous asseoir près de la fenêtre et je lui ai glissé vingt dollars pour l'effort qu'elle allait faire."

"Tu l'as soudoyée ?"

Edward plissa ses lèvres un instant. "Hum… je vais appeler ça une… incitation financière. Ça et puis je suppose que je l'ai éblouie. Mais j'ai fait tout ça pour que tu puisses avoir une belle vue."

"Alors c'est bien," lui sourit-elle. Elle sentit Edward lui tapoter la hanche.

Ils se retrouvèrent bientôt assis à la meilleure table du restaurant. Le ciel était bleu et sans nuage et l'eau du fleuve étincelait de soleil. Les bateaux étaient éparpillés sur l'eau.

Ils commandèrent du café et du jus d'orange à une serveuse attentive du nom de Chelsea et ils commencèrent à regarder le menu. Edward sortit son téléphone et regarda l'écran.

"Un message d'Alice," dit-il. "Je suis censé la retrouver pour un déjeuner tardif cet après-midi. Nous allons… euh… nous occuper… de ses affaires financières."

Totales conneries. Elle veut du scoop concernant Bella et son alter ego bellybeans.

Je ne peux pas le dire à Bella.

Euh… Bonjour ? Pourtant tu vas devoir à moment donné.

Mais pas avant que j'ai eu la chance de pouvoir parler à Alice d'abord ! Oui tu ferais bien de t'assurer de parler de ses finances à Alice aussi. Tu ne veux pas mentir à Bella non plus.

Oui ! Maintenant fous-moi la paix, j'ai mieux à faire qu'à me justifier auprès de toi !

Bella sourit. "Tu aides Alice avec son argent ?"

"Oui, Alice peut dépenser chaque centime qu'elle a, si je lui laisse tout son argent. Je veux simplement qu'elle soit indépendante plus tard, je ne veux pas avoir à la supporter plus tard parce qu'elle n'aura pas mis de l'argent de côté pour sa retraite …" Edward lui sourit parce que ça la fit rire et puis il regarda le menu à nouveau.

"Qu'est-ce qui te tente ?" demanda Edward après quelques minutes, ses yeux verts brillants regardant par-dessus le menu.

"Euh… j'hésite beaucoup. Les tacos me plaisent bien mais les crêpes aux bleuets aussi…"

"Pourquoi tu ne prendrais pas les deux ?" lui suggéra-t-il.

"Non ! Ça fait beaucoup trop de nourriture… Qu'est-ce que tu vas choisir ?" lui demanda-t-elle.

Il revint au menu. "Je pensais commander moitié crêpes aux bleuets moitié tacos." Ses yeux brillaient au-dessus de son menu et il haussa ses sourcils.

"Vraiment… tu es prêt à partager avec moi ? "demanda Bella pleine d'espoir. "Mais ces deux choses ne vont pas ensemble !"

"Et c'est d'ailleurs pour cette raison que je ne suis pas même surpris que tu veuilles ces deux choses à la fois. Bien sûr qu'on va partager !"

Edward rit et haussa les épaules en la regardant. "Regardez ce visage, comment pourrai-je te refuser quelque chose ?"

Chelsea la serveuse très attentive revint avec leurs boissons, donnant à Edward des informations précieuses concernant la crème, le sucre, le sucre allégé à l'autre bout de la table… juste au cas où ils ne les auraient pas vus. Puis elle prit leur commande et babilla sur le fait que le petit-déjeuner de tacos était son préféré aussi.

"Puis-je te demander quelque chose ?" dit Edward en remuant son café, une fois qu'ils furent seuls.

"Bien sûr, quoi ?" Elle le regarda tout en enlevant son sweat-shirt. Les yeux d'Edward furent attirés par ses épaules nues et le décolleté de dentelle bleue de son haut blanc.

"Euh je suis juste un peu curieux, tu parlais de ta mère avant… hier soir tu as dit que tu étais allée à Forks parce que ta mère s'était remariée ?"

Elle hocha la tête. "Phil jouait en ligue mineure mais il a été échangé aux Suns de Jacksonville. Je savais que ma mère voudrait pouvoir voyager avec lui, elle a toujours envie de voir du monde. Et c'était tout simplement mieux pour moi de venir ici vivre avec mon père pour mes études secondaires et puis ensuite l'université qui arriverait. Et ça m'a donné la possibilité de me rapprocher de mon père."

"Alors vous êtes encore proches avec ta mère ?" demanda Edward. "Je veux dire… si ça ne te dérange pas que je te pose la question ?"

Bella sourit à l'inquiétude qu'elle voyait dans ses yeux et qu'elle entendait dans sa voix. Elle savait que son expérience avec ses parents était normale comparée à la sienne.

"Bon géographiquement non mais oui nous sommes proches. Maman est géniale. Elle me manque beaucoup. Elle est différente, elle aurait fait une hippie géniale mais elle est née trop tard. Je pense qu'elle a appris à faire tous les métiers en autodidacte. Mais elle est installée maintenant. Je pense qu'elle a finalement grandi quand elle a rencontré Phil. Elle est venue plus tôt cet été pour m'aider à chercher une maison et à acheter le salon et la chambre. Et je suis allée en Floride pour les vacances de printemps."

"Et tu t'entends bien avec son mari… avec Phil ?" demanda Edward.

"Oh oui. Il est très gentil. Il travaille pour les Marlins maintenant. Il s'est fait mal au bras il y a quelques années mais maintenant il est coach. Il m'aide à payer la maison. Il est six ans plus jeune que ma mère mais elle a toujours fait plus jeune que son âge. Je pense faire plus âgée qu'elle… pour certains aspects du moins."

"Et ton père ?" demanda Edward. "Comment est-il ?"

"Charlie ? C'est le genre 'sel de la terre' en personne. Il est taciturne mais c'est un père adorable. Il ne dit pas grand-chose. Avec lui tu n'as jamais la version complète, juste un résumé. Mais ça suffit. Il n'aime pas s'étaler. Pour lui le moins est un plus. Je pense qu'il a été reconnaissant que je ne sois pas la reine de Lycée. En fait j'étais assez facile pour un père célibataire."

Il hocha la tête et sourit, se demandant une fois de plus si cela signifiait qu'il n'y avait pas eu de nombreux petit-amis.

Chelsea apporta le repas, battant des cils vers Edward, lui demandant s'il avait besoin d'autre chose. Bella roula des yeux, se demandant si la jeune fille était pleine d'espoir qu'Edward lui dise : "Oui j'ai besoin de toi."

Pour le plus grand plaisir de Bella Edward ne remarqua rien.

Ils échangèrent la moitié de leur petit-déjeuner transférant trois tacos d'Edward vers Bella et la moitié de la pile de crêpes dans l'autre sens.

"Ça parait tellement bon !" Bella rayonnait en regardant la nourriture dans son assiette.

Edward sourit parce qu'il n'aurait jamais choisi ça de son propre chef mais ça lui était égal.

"Donc nous avons joué aux vingt questions sur mon enfance, Edward. Maintenant je veux en savoir plus sur toi !" dit Bella entre deux bouchées de crêpes. "Raconte-moi."

"Eh bien, tu sais déjà que je suis né à Chicago où mes parents se sont rencontrés. Nous avons déménagé à Seattle quand j'avais neuf ans et Alice sept parce que mon père a obtenu un emploi ici. Nous sommes revenus souvent à Chicago. Mes grands-parents - les parents de ma mère - nous avaient souvent pour Noël. Et nous y allions aussi en été. Plus nous grandissions plus nous y restions longtemps Alice et moi. Ma mère repartait pour être avec mon père mais je pense qu'elle voulait que nous grandissions en connaissant bien nos grands-parents… avant qu'ils ne partent."

Edward fit une pause pour prendre un taco avant de continuer et Bella fit de même.

"Quand nous étions jeunes ma grand-mère et Alice restaient à la maison à faire des pâtisseries et à coudre et j'allais travailler avec mon grand-père parfois. Je prenais un livre mais il me laissait faire des choses dans son bureau. Je pense que je lui rappelais beaucoup son fils tu sais, mon oncle Edward décédé quand il avait dix-sept ans ? " Elle hocha la tête.

"Même si Edward Masen était mon beau grand-père je pense qu'il voyait beaucoup de lui-même et de mon oncle en moi. Et j'ai développé une aptitude pour l'entreprise qu'il m'a aidé à la cultiver."

"C'est bien qu'il t'ait eu, Edward. Surtout en ayant perdu son fils. Ça l'a rendu probablement vraiment heureux que tu veuilles, en quelque sorte, suivre sa trace."

"Oh je sais qu'il le faisait." Il hocha la tête en la baissant pour prendre une autre bouchée de crêpes. "Et quand je suis allé à l'université à Dartmouth je ne rentrais pas à la maison l'été. J'allais en stage pour lui, travaillait avec lui à Chicago. J'ai beaucoup appris de lui et je pense qu'il me transmettait un peu de lui. C'était vraiment un homme bien."

"Et c'est sa voiture que tu conduis," dit Bella. Edward opina souriant et content qu'elle s'en souvienne bien qu'elle ait été un peu dans les vapes ce vendredi soir quand il le lui avait dit.

"Je me demande… aurait-il approuvé les casquettes ?" demanda-t-elle avec un petit sourire.

Edward rigola. "Tu sais il l'aurait probablement fait. Il pouvait être tordu, très, quand il s'agissait des affaires. Il aurait bien aimé en avoir une aussi."

"Donc tous tes grands-parents ont disparu ?" demanda Bella en sirotant son café.

"Oui malheureusement," répondit Edward. "La seule raison pour moi de revenir à Chicago est parce qu'il y a encore l'entreprise de mon grand-père. Les parents de mon père sont décédés il y a longtemps et mes deux parents n'ont ni frère ni sœur alors maintenant il ne reste que nous quatre dans la famille – cependant Emmett est une sorte de Cullen Honoraire." Edward sourit à Bella.

Bella sourit aussi. "Mes grands-parents sont tous partis trop tôt. C'est juste moi, mon père et ma mère… et Phil. Donc quatre nous aussi."

Chelsea l'attentive revint pour remettre du café dans la tasse d'Edward et repartit la tête presque dans les nuages en oubliant complètement Bella. Edward dut la rappeler, elle s'excusa mais il lui demanda de remplir la tasse de Bella.

Ils étaient en train de finir de manger quand le téléphone de Bella commença à sonner Take me out to the ball game*.

"C'est ta mère ?" demanda Edward avec amusement.

Elle hocha la tête en prenant son téléphone. "Ça te dérange si je réponds ? Je vais lui dire que je la rappellerai plus tard."

"Non vas-y Bella. Tu peux lui parler si tu veux. Elle vit loin de toi. Ça m'est égal, tu peux lui parler. Je vais en profiter pour répondre à Alice."

"Merci," articula Bella en répondant.

"Salut maman ! Ecoute est-ce que je peux te…"

Edward leva les yeux alors qu'il cherchait son téléphone. Il pouvait vaguement entendre le bavardage grinçant venant du téléphone de Bella alors qu'il tapait une réponse rapide à Alice, en acceptant son invitation ainsi que le lieu pour un déjeuner tardif. Il posa son téléphone puis se concentra de nouveau sur Bella.

Elle souriait à sa nappe. "Je suis excitée. Je pense avoir tout préparé. Je suppose que je verrai ça demain." Elle sourit et regarda Edward en écoutant le bavardage grinçant.

"Non pas grand-chose aujourd'hui. Je suis juste en train de petit-déjeuner." Edward leva les mains pour dire 'mais diable de quoi es-tu en train de parler' et sembla offensé que ce petit-déjeuner ait été qualifié de pas grand-chose. Bella roula des yeux à son sourire en écoutant le bavardage de l'autre côté du téléphone.

"Hier je suis allée à un barbecue." Elle sourit à Edward en écoutant le bavardage grinçant. "Mon voisin de l'autre côté de la rue. Il est très gentil. Angela était là aussi pour le weekend et elle est venue avec moi. J'ai fait ma fameuse salsa, celle que nous aimons bien."

Après avoir écouté un peu plus Bella lâcha, "Son nom ?" Elle regarda vers Edward. Sa bouche se recourba en un sourire comprenant le sens de la question. Il prit sa tasse à café et en but. "Euh… mon voisin s'appelle… son nom est Edward." Edward hocha la tête avant de prendre une autre gorgée de son café.

Le bavardage devint plus fort et plus grinçant. Bella rougit, vivement. Oui il est vraiment très gentil," dit-elle à contre cœur dans le téléphone. "Ecoute maman… je peux… ? Laisse-moi juste…" Bella éloigna le téléphone de son oreille et le couvrit rapidement avec sa main de peur que quelque chose d'intelligible parvienne à Edward qui souriait béatement de l'autre côté de la table.

"Arrête ce sourire idiot," lui siffla-t-elle quand il commença à glousser. Il poussa son assiette et posa ses coudes sur la table, son menton sur ses mains jointes et regarda Bella avec un grand intérêt scintillant dans les yeux.

"Maman ! Maman !" répéta-t-elle dans le téléphone. Le bavardage grinçant était beaucoup plus fort. Elle enleva la paume avant de répondre : "Oui il est ici en ce moment. Je prends le petit-déjeuner avec lui."

Le bavardage reprit de plus belle. Et il était loin de tout bavardage téléphonique ordinaire. Mais il cessa brutalement Bella écoutait. Elle tourna la tête quelque peu, recherchant visiblement de l'intimité… inexistante puisqu'Edward était là.

Il prit une gorgée de son de café et regarda Bella pour trouver des indices. Les mots que siffla Bella à sa mère furent très clairs.

"Maman, je n'en sais rien, on n'a pas dormi ensemble !"

Edward s'étouffa avec son café.

"Je dois y aller maman. Edward s'étouffe. Je te rappellerai plus tard."

Rouge betterave Bella jeta son téléphone dans son sac à main et se leva de la table. Elle se faufila vers Edward, lui tapant dans le dos alors qu'il continuait à suffoquer et à expulser le café dans sa serviette. Bella était restée prête à continuer avant qu'il reprenne sa respiration.

Enfin il tourna son visage vers le sien, les yeux bordés de rouge à cause de sa toux. Elle leva les yeux et les rencontra.

"Au nom du ciel… qu'est-ce que ta mère t'a demandé ?" dit-il d'une voix inhabituellement rauque.

Bella leva les yeux au ciel. "Elle pensait que nous étions chez moi en train de déjeuner ensemble et elle se demandait ce que tu avais pensé de la literie qu'elle m'a aidé à choisir…"

"Oh !"

"Je lui ai dit que je n'en savais rien parce qu'on n'avait pas dormi ensemble."

"Ouais… oui j'avais… entendu… cette partie." Il hocha la tête, en se passant la main dans les cheveux et en se raclant encore un peu la gorge de temps en temps.

"Je dois aller aux toilettes," dit Bella. "Je serai bientôt de retour, d'accord ?"

"Bien sûr, tu veux plus de café ?" demanda-t-il.

"Une demi-tasse suffira. Merci," dit-elle en s'éloignant en direction des toilettes.

Il y avait une petite file d'attente : une jeune mère en jeans et débardeur avec sa petite fille qui chantait une chanson, une jeune femme avec une coupe de cheveux au carré, elle portait une robe blanche. Un box s'ouvrit, une blonde en sortit avec des sandales à talons hauts. Deux autres s'ouvrirent et Bella entra dans le plus proche.

Une fois fait elle sortit et alla au lavabo pour se laver les mains. La mère et la fille étaient toujours dans le box, Bella pouvait entendre la petite fille chanter. La blonde était encore au lavabo chassant l'eau de ses mains parfaitement manucurées. Elle se tourna pour s'essuyer avec une serviette en papier mais le distributeur était vide. Elle tapa sur le bouton du séchoir, la machine démarra et elle secoua la main furieusement dans l'air chaud.

Elle se tourna pour partir et vit que Bella la regardait, elle roula ses jolis yeux bleus.

"Ze déteste Zes Zéshoirrrs," dit-elle quand le bruit assourdissant s'arrêta et elle sortit de la salle de bain.

Bella se tourna vers la machine et se sécha les mains. Après quelques instants elle sortit. En se dirigeant vers la table, elle leva les yeux pour voir cette même femme debout avec la deuxième tournant le dos à Bella. La deuxième portait un haut rose et une jupe noire avec des talons hauts aussi. Ses cheveux étaient plus blonds cependant et rassemblés sur sa tête. Les deux femmes riaient et parlaient avec animation à…

Edward ?

Bella en trébucha presque sur ses pieds alors que ses yeux restaient rivés sur la scène face à elle. La main d'Edward ratissait ses cheveux. Il hochait la tête en essayant de sourire mais on aurait plutôt dit qu'il était malade.

Le regard frénétique d'Edward croisa celui de Bella qui était plissé vers les têtes blondes et il semblait complètement flipper.

Les deux femmes se retournèrent pour voir vers qui Edward regardait.

Immédiatement Bella remarqua qu'il y avait une ressemblance familiale entre la blonde avec le carré court et l'autre qui était …

Putain de merde !

La Barbie dominatrice…!

*A travers les arbres, ciel sans nuage

*Emmène-moi voir le match : Hymne non officiel du baseball.