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... CHAPITRE 48 ...
Blockbusters – diplômes de fin d'études secondaires… … et sophomores girls
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Seattle… mi-juillet, neuf ans auparavant… Edward vient d'avoir dix-neuf ans…
Il y eut un léger coup contre la porte de la chambre.
"Edward ?"
Alice…
"Edward ?"
Va-t-en…
"Edward ?" La voix était douce mais insistante de l'autre côté de la porte. "Tu es là ?"
Où diable pourrais-je être, Alice ? Va-t'en maintenant.
Il y eut un autre petit coup de nouveau
"Edward je sais que tu es là !"
Alors pourquoi tu me demandes si j'y suis ? Seigneur… putain laisse-moi tranquille. Va faire les boutiques ou autre chose.
"Edward, puis-je entrer ?"
Edward soupira, posant son livre sur son ventre. "Je lis Alice," cria-t-il.
"Je veux juste parler," dit la voix de l'autre côté de la porte.
Il ferma les yeux. Il soupira. "Je ne veux pas parler, Alice. Je veux lire," répondit-il plus fort.
Il y eut un silence de l'autre côté. Et Edward reprit son livre.
Putain merci. Où en étais-je ?
Il venait juste de trouver l'endroit où il s'était arrêté quand il y eut un autre coup à la porte.
"Edward ?"
Oh pour l'amour du ciel, trouve-toi quelque chose d'autre à faire !
"Quoi Alice ?" dit-il avec irritation.
"Puis-je entrer ?"
"Non ! Je lis ! Trouve-toi quelqu'un d'autre à ennuyer !"
"Tu lis tout le temps. Et je ne suis pas là pour te déranger. J'ai une idée."
Edward posa son livre à nouveau sur son ventre. Il ferma les yeux et se pinça l'arête du nez entre le pouce et l'index. Il sentait un mal de tête arriver, ça c'était sûr.
"Alice, je veux juste lire sans être interrompu dans l'intimité de ma chambre. Est-ce trop te demander ? Je n'ai pas envie de parler !"
Il y eut un moment de silence et il reprit son livre mais son ennuyeuse sœur de seize ans parla à nouveau de l'autre côté de la porte.
"Tu ne dois pas parler. Je vais parler Edward. J'ai une idée. Tout ce que tu as à faire c'est de m'écouter."
Edward laissa tomber son livre sur le sol et roula d'exaspération, enfouissant son visage dans son oreiller et l'enroulant étroitement autour de sa tête avec ses avant-bras pour étouffer un gémissement de frustration.
"Laisse-moi entrer," chanta la voix d'Alice encore. "Ecoute simplement ce que j'ai à dire et ensuite tu pourras retourner à ta lecture."
"Putain Alice tu es tellement chiante ! Tu ne peux pas accepter non comme réponse pas vrai ?"
"Non. Laisse-moi entrer ou je vais dire à maman que tu jures et comme ça papa pourra te faire la morale on-t'a-mieux-élevé-que-ça."
Putain pourquoi ne peut-elle pas me laisser tranquille ?
Comment quelqu'un d'aussi petit peut-il être aussi férocement agressif ? C'est un chihuahua enragé.
"Ouvre cette porte," fit la petite voix insistante du chihuahua.
Edward eut soudainement une idée lumineuse.
"Je ne vais pas ouvrir la porte, Alice. Je suis nu. Je veux que tu partes. Maintenant laisse-moi tranquille."
"Bien essayé Edward mais tu m'as dit que tu lisais."
Merde, c'est vrai.
"Je lis… du porno. Et je me branle. Maintenant dégage."
"Edward je sais que tu es tout habillé. Et j'ai entendu le livre tomber sur le sol. Je doute sérieusement que tu fasses ça avec L'amant de Lady Chatterley. Maintenant ouvre cette porte."
Merde !
Edward saisit l'oreiller et le jeta de toutes ses forces contre le mur en balançant ses jambes sur le côté de son lit en se redressant. Il était inutile d'essayer de combattre. Elle avait assez de volonté pour rester là pendant des heures et insister… farouchement… donc il pourrait tout aussi bien en terminer avec ça. Il se leva, se dirigea vers la porte, la déverrouilla et l'ouvrit brusquement. Il repoussa avec colère ses longs cheveux ébouriffés et regarda vers elle à travers les verres de ses lunettes cerclées de noir.
"Quoi ?" souffla-t-il.
"Je te remercie de m'avoir ouvert. Je peux entrer ? "demanda-t-elle comme si elle n'avait pas passé les cinq dernières minutes à lui demander.
"Bien sûr, Alice, fais ce que tu veux. De toute façon c'est toujours ce que tu fais, tu n'as aucune limite, fais ce que tu veux et je vais essayer d'oublier le fait que tu sois dans ma chambre … malgré tout je n'ai aucune vie privée…"
"Merci !" bondit Alice avec un grand sourire, en sautant sur le lit d'Edward et s'asseyant, les jambes croisées, dans un mouvement gracieux. Elle tendit la main et tapota le lit. "Allez viens, installe-toi confortablement."
Il roula des yeux et s'affala lourdement sur son lit, espérant qu'Alice allait en tomber mais non.
"Bon alors voici mon idée," dit-elle en le regardant. "Deux mots. Ne dis rien tout de suite, il suffit d'y réfléchir, d'accord ?"
"Crache le morceau Alice, tu as toute mon attention." Edward ferma les yeux souhaitant qu'Alice ait une idée plus claire des limites de l'intimité de chacun et du concept de ce qu'est la vie privée. Alice sourit en ramenant ses genoux contre elle.
"Bon alors voici mon idée…" Elle fit une pose un peu théâtrale et après quelques instants elle parla enfin.
"On pourrait faire un road- trip."
Edward rouvrit les yeux et la regarda. Elle semblait vraiment très satisfaite d'elle-même.
"Qui ? On ?" demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Alice répondit avec un rire. Puis elle se ressaisit. "Non toi idiot ! Nous nous tuerions certainement tous les deux et puis maman et papa n'auraient personne pour s'occuper d'eux pendant leur vieillesse. Non je veux dire toi et tes copains, tu sais, Ben, Lee peut être DJ et … euh… James." Elle fit la grimace et haussa légèrement les épaules.
Il grimaça. "Tu sais je suis toujours désolé pour cela. Je savais que James t'aimait bien et quand tu as été d'accord pour sortir avec lui j'ai pensé que peut-être tu l'aimais bien toi aussi. Je n'ai pas réalisé que tu voulais juste sortir parce c'était une occasion de s'habiller. Je pensais que tu savais que tu lui plaisais." Edward secoua la tête. "J'aurais pu dire quelque chose… tu sais… avant le bal."
"Non, non, ça va. Pas de problème c'est passé. Et je pense qu'il croyait que je voulais avoir sa langue au fond de ma gorge…"
"Ouais un coup de genoux là où ça fait mal est un message convaincant."
"Bon, un gros paquet de non-s aurait dû été un message suffisamment convaincant."
"Eh bien ça aurait dû l'être." Il hocha la tête. Ce bal avait été une débâcle pour Edward et Alice… et Edward n'y était même pas allé…
"Quoi qu'il en soit Edward, je pense qu'au lieu de te morfondre dans ta chambre pour le prochain mois et demi avant que tu ne partes à Dartmouth, tu devrais sortir et faire quelque chose d'amusant. Fêter le fait d'en avoir fini avec les études secondaires."
"Tout juste."
"Tout juste, mon cul ! Tu as ton diplôme avec les félicitations !"
"Et cela fait partie du problème. Si j'avais été le deuxième de ma classe peut-être que les choses n'auraient pas été aussi mauvaises."
Alice secoua la tête. "Cette salope de sorcière blonde," siffla-t-elle. "Je la déteste. Elle a ruiné deux des rites de passage importants pour toi !"
"J'y survivrai Alice. Je suis juste prêt à avancer et à commencer l'université tu comprends ?"
"Ça ne t'a pas manqué de faire des choses avec des amis ?" demanda-t-elle doucement en fixant son frère, il avait un si beau visage et de beaux yeux verts, s'il arrivait à enlever ses lunettes et à arrêter de se cacher derrière sa tignasse hirsute.
"Alice je fais des choses avec mes amis."
"Pas comme tu en as l'habitude. Tu te caches dans ta chambre, tu lis, tu regardes la télé ou joues à des jeux vidéo depuis la remise des diplômes… et avant… en fait depuis ce bal, vraiment."
"C'est fini avec mes copains. James a peur que tu lui arraches la tête s'il vient me voir mais les autres sont venus. Je… je ne veux pas sortir, je ne veux pas rencontrer ces gens... Imagine que ce soit toi. Comment te sentirais-tu ?"
Alice tendit sa main et frotta son épaule. Elle lui sourit tristement. "Je sais. Je voudrai me cacher aussi."
"Tu vois ?" Edward ferma les yeux. "Dans un mois et demi je serai de l'autre côté du continent. Je prendrai un nouveau départ. Je pourrai être un Edward Cullen différent. Je ne connaîtrais pas une âme et personne ne me connaîtra non plus… ou Lauren Mallory…"
"Oh Edward !" soupira Alice plaintivement. "Ne vois-tu pas cela ? Tu laisses la victoire à cette sorcière blonde. Tu devrais sortir et faire des choses avec tes copains avant que vous ne vous sépariez pour aller dans différentes universités."
"Je sors pour aller travailler," répondit Edward obstinément.
Alice se laissa tomber sur le lit avec un accès de colère, se coucha à côté de lui, les yeux fixés sur le même plafond.
"Aller au travail à la Pizzeria d'Aro ce n'est pas sortir, tu ne sers même plus, tu es derrière, dans la cuisine à faire les pizzas. Et je sais que tu rentres et sors par derrière."
Edward ne pouvait pas le nier. Tout ce qu'elle disait était vrai.
"Quoi qu'il en soit," continua-t-elle, "Je pensais que tu pourrais demander à tes amis s'ils viendraient pour un voyage en voiture, tu sais pour une semaine ou juste quelques jours, juste pour t'éloigner. Aller à la montagne ou faire de la randonnée, ou près de la côte jusqu'à la plage, ou aller vers l'Oregon ou la Californie. Faire du tourisme, voir des films, faire du shopping, quelque chose, je ne sais pas quel genre de choses les garçons aiment faire."
Ils restèrent tous les deux tranquillement là pendant une ou deux minutes. C'était un signe positif pensa Alice. S'il ne discutait pas avec elle à ce sujet peut-être que finalement il allait envisager de le faire.
"Cela n'est pas une mauvaise idée, Pix," dit enfin Edward, repoussant ses cheveux de son front.
Alice tourna la tête pour regarder son profil. "Ce n'est pas une mauvaise idée. C'est une idée brillante !" Elle hocha la tête pour l'encourager quand il se tourna pour la regarder. "Tu sais tu n'es pas le seul qui soit intelligent dans la famille."
ooo O ooo
Ce soir-là il repensa à cette idée d'Alice et tout la rendait intéressante. Parce qu'il s'était caché et ça faisait de lui un vieux.
Pour être le plus intelligent de la promotion il avait été stupide. Et aveugle. Pas simplement des yeux parce que sa vision n'était pas très bonne c'est d'ailleurs pour quoi il portait des lunettes mais il avait raté tous les signes qu'il aurait pourtant dû remarquer.
Quel idiot. Comment ai-je pu être aussi aveugle ?
Il avait dû être trop occupé, le nez dans un livre, évitant d'interagir avec ceux qui l'entouraient parce qu'il ne savait juste pas comment faire. S'échapper dans les livres était beaucoup plus facile que de se connecter avec la plupart des gens de son âge. Pour Alice les interactions sociales paraissaient très simples. Elle avait toujours été un papillon social. Et lui une limace sociale.
Il était fatigué d'être Ed-weird.
Le surnom le suivait depuis longtemps. Avant ils avaient été plusieurs et il s'était fait des amis comme lui, d'autres parias qui avaient plus de cerveau que de compétences sociales. Mais l'augmentation du nombre des élèves dans les classes supérieures signifiait aussi une augmentation du nombre d'élèves "normaux" avec lesquels il ne s'entendait pas, des élèves qui éclataient de rire et se moquaient de lui dans son dos.
La plupart des gars de son âge harcelaient les filles et lui aussi était harcelé.
Putain qu'est-ce que c'était frustrant !
Et ça avait fini en apothéose à la fin de la dernière année. Il avait presque tenté de s'enfuir dès les premiers légers désagréments mais hélas ça n'avait pas été possible. Il était parvenu au dernier mois de ses études secondaires et il avait subi non pas un mais deux moments forts embarrassants qui avaient pris des proportions épiques – des proportions épiques et colossales pour sa vie de geek tranquille et timide lycéen.
Merci à toi, Lauren Mallory. Et merci encore Lauren Mallory.
Seigneur… que lui ai-je fait ?
Tu as craqué pour la mauvaise fille. Lauren Mallory est devenue la pire des garces.
Eh bien maintenant il le savait. Avec du recul il avait tout vu avec une clarté spectaculaire.
Lauren était sa partenaire de labo en biologie cette année. Le prof, M. Varner avait constitué les binômes par rapport à leurs capacités après leur avoir fait faire un test au début de l'année. Bien évidemment, Lauren Mallory n'aurait jamais choisi Edward comme partenaire de labo. Peut-être que si Ben Cheney avait été dans cette même classe à cet horaire, Edward et lui aurait pu être ensemble mais Ben avait ce cours l'heure précédente et Edward et Lauren arrivaient ensuite.
Lauren avait tout. Elle était populaire, jolie avec des cheveux longs et blonds et de grands yeux vert pâle. Elle avait une famille idéale et elle avait toujours le meilleur de tout. Elle était pom-pom girl et déléguée de classe. Bien sûr elle était brillante et impliquée dans une longue liste d'activités de toutes sortes.
Bref, Edward Cullen pensait qu'elle était éblouissante…
Jusqu'à ce qu'il découvre son vrai visage de vipère venimeuse.
Avec leurs deux cerveaux puissants ils finissaient rapidement leurs exercices de labo et étaient toujours les premiers de leur classe, ce qui leur laissait du temps pour travailler pour les autres cours, étudier ou lire. Le premier semestre se passa bien, ils étaient toujours occupés et avaient rarement des discussions plus personnelles. Mais au deuxième semestre Lauren avait un emploi du temps moins chargé et donc plus de temps libre et elle commença à s'habituer à la présence d'Edward. Elle commença à se tourner vers lui pour se distraire et lui faire la conversation.
Edward était très surpris que cette jolie fille populaire puisse lui montrer un intérêt quelconque et prendre le temps de réellement discuter avec lui. Il a commencé à attendre les séances de labo plus que tout autre cours. Lauren Mallory a commencé à occuper la première place dans ses rêveries hormonales et ses fantasmes nocturnes… ce qui dura plusieurs mois.
Maintenant il se rendait compte que c'était elle qui lui parlait plutôt qu'un véritable échange. Elle lui parlait beaucoup d'elle, ce qu'elle voulait, les buts et les aspirations qu'elle voulait atteindre et le genre de vie qu'elle voyait pour elle-même. En y repensant à présent, il réalisa que son but était d'être tout en haut, de se lier avec un homme brillant et de regarder ensemble vers ceux qui étaient au-dessous d'eux.
Mais il ne s'était pas rendu compte de tout cela avant qu'il ne soit trop tard.
Un certain jour, au début du mois de mai les lycéens recevaient leurs résultats, leurs relevés de notes, la liste de tous leurs cours, les diplômes et les crédits qu'ils avaient obtenus à ce jour y compris leurs progrès dans leur classe actuelle. Ces feuilles indiquaient aussi leur classement individuel par rapport aux autres élèves de leur promotion. Et c'était là, noté noir sur blanc : Edward Cullen était le numéro un sur une promotion de plus de cinq cent élèves et la feuille de Lauren Mallory la proclamait numéro deux.
Edward aurait dû voir sa réaction quand elle se rendit compte de cela mais bien sûr il ne l'avait pas fait. Le principal problème était qu'Edward avait développé un attachement intense mais non partagé pour Lauren Mallory en même temps qu'il était passé devant elle scolairement parlant. Et ce béguin était si intense qu'il ne vit pas qu'elle était devenue jalouse et méchante.
Lorsque plus tard ce même mois le bal se rapprochait Edward ne pensait demander à personne de l'accompagner. Le choix évident était de demander à une petite-amie mais bien sûr, il n'en avait pas… il n'en avait jamais eu… et il n'était même jamais sorti avec une fille. Et il ne connaissait pas de fille assez bien pour envisager de passer toute une soirée maladroite une première fois. Il aurait pu imaginer ou rêver d'y aller mais ces pensées n'étaient pas réalistes, il le savait. Mais quand la jolie Lauren Mallory avait abordé le sujet du bal, sa garde avait glissé inconsciemment.
"Alors Edward avec qui vas-tu au bal ?" demanda-t-elle timidement - ou peut-être sournoisement.
Il se retourna et la regarda, remontant ses lunettes sur son nez et passant ses doigts dans ses cheveux pour les enlever de devant ses yeux. Elle avait posé son menton sur ses mains jointes, son vernis à ongle rose scintillait. Il regarda ses grands yeux verts, très pâles, tout à fait incrédule. Ses lèvres roses étaient recourbées vers le haut dans un petit sourire timide.
"Euh… personne. Je n'ai… rien prévu," répondit-il en se sentant soudainement chaud, en se rendant compte qu'il était probablement en train de rougir.
"Vraiment ?" Elle cligna des yeux et battit de ses longs cils en souriant plus largement et en montrant ses petites dents nacrées. "Tu devrais y aller. Tout le monde y va. Tu devrais demander à une fille… même si vous n'y allez que juste comme des amis… tu sais… la fille avec qui tu veux y aller te dira juste oui." Ses cils battirent, en baissant les yeux modestement et elle mordilla sa lèvre inférieure entre ses petites dents nacrées.
Edward interpréta mal la situation. Ou peut-être pas, c'est ce qu'elle avait dû exactement prévoir. Les mots suivants furent bégayés et sortirent de sa bouche scellant son destin.
"Qu… quoi ? Que… Que veux-tu dire ? Tu veux aller… au bal… avec moi ?" demanda-t-il confus, incrédule et désespérément plein d'espoir, tout cela à la fois.
Elle semblait surprise et heureuse, souriant en posant sa main sur sa poitrine juste au-dessus de ses beaux seins dont Edward se disait qu'il ne fallait pas qu'il les regarde. "Est-ce que tu m'invites pour le bal Edward ?"
Edward était bien au-delà de l'excitation mais bon ça y était, alors il essaya de répondre. "Oui, je… je suppose que je suis en train de le faire, Lauren."
Lauren rigola et fit passer ses cheveux doux derrière son épaule. "Bien sûr Edward. Quel beau couple nous ferions, pas vrai ? Pourquoi ne viendrais-tu pas me chercher chez moi à vingt heures. Je m'habillerai en rose… tu sais… tu pourras trouver le petit bouquet assorti ainsi."
Edward ne put qu'acquiescer dans la stupéfaction absolue. Il était tellement stupéfait et stupide qu'il ne remarqua même pas le ton victorieux de son rire.
Il était secrètement ravi et hors de lui à la fois, se demandant comment diable il allait pouvoir passer une soirée entière avec cette jolie fille. Mais comme c'était elle qui menait toujours la conversation ce ne serait sûrement pas si mal.
Il avait de réelles inquiétudes pour la fin de la soirée. Attendait-elle qu'il l'embrasse ? Voulait-elle cela ? Ne le voulait-elle pas ? Comment pourrait-il le savoir ? Attendait-elle un baiser sur la joue ou un baiser sur les lèvres ? Bouche ouverte ou bouche fermée, langue ou pas ? Il ne savait absolument rien à ce sujet. Comment incliner sa tête ? Que faire s'ils l'inclinaient dans la même direction, faudrait-il recommencer…
Heureusement tout ce souci était inutile.
Ses préparatifs pour son rendez-vous l'étaient aussi.
La plaisanterie était pour Edward quand ce rendez-vous s'avéra n'être… rien du tout.
Edward se pointa chez Lauren le soir du bal quelques minutes avant l'heure. Il sortit de sa Volvo tenant la petite boite contenant le bracelet fleuri et rose qu'il lui avait acheté. Il lissa ses cheveux et se frotta le visage, arrangea sa cravate et poussa ses lunettes sur son nez.
Il sortit de la voiture et leva les yeux pour voir Lauren Mallory dans sa robe rose devant sa porte. Cela aurait été très bien mais elle était au bras du bel athlète Connor Davis. Il remarqua à peine Katie Marshal, sa meilleure amie avec Austin Marks juste derrière eux.
L'esprit d'Edward s'ébranla alors qu'ils s'arrêtèrent tous pour le regarder curieusement quand Lauren éclata de rire.
"Oh Edward tu n'as pas pensé que j'étais sérieuse, si ?" rit-elle. "J'y vais avec Connor ! Tu n'as pas compris que je plaisantais ?" Lauren passa son bras autour de Connor. Et puis ses yeux se mirent à briller et elle dit la seule chose qui aida Edward à comprendre tout cela. "Tu es le plus intelligent Edward ! J'ai vraiment pensé que tu avais compris que je plaisantais !"
Edward se tenait, là, immobile, la regardant avec horreur, réalisant qu'il avait été l'objet d'une blague cruelle.
Katie commença à ricaner. Austin et Connor firent de même, échangeant des regards les uns avec les autres et se poussant du coude.
"Désolé Ed, tu seras seulement la cinquième roue du carrosse, tu sais," dit Connor en riant, en accompagnant Lauren à sa voiture.
Edward aurait souhaité que le sol s'ouvre et qu'il y tombe ou alors être foudroyé sur place. Au lieu de cela il prit sa voiture et s'enfuit rapidement. Il conduisit sur l'autoroute vers l'ouest, pendant une demi-heure, ressassant ce qu'il venait de se produire, avant de faire demi-tour pour rentrer chez lui. Il jeta le petit bouquet bracelet à la poubelle en passant entre le garage et la maison.
Il n'y avait personne, comme il s'y attendait et il en était content. Il savait que ses parents étaient chez les Gérandy et Alice était allée au bal avec James. Elle l'avait appelé deux fois mais il n'avait pas répondu et ne l'avait pas rappelé. Elle se demandait probablement où il était passé et pourquoi il n'était pas au bal et pourquoi c'était Connor Davis qui était au bal avec la fille qui était supposée être avec Edward.
Alice avait été choquée d'apprendre qu'il allait au bal avec Lauren mais Alice était encore jeune et Edward pensait qu'elle n'y connaissait rien. Il se disait à présent qu'il aurait mieux fait d'écouter sa sœur instinctive parce que c'était lui celui qui n'y connaissait vraiment rien.
Arrivé dans sa chambre, il retira ses chaussures et son smoking, roulant tout ça en boule au fond de son placard et se changea dans un pantalon de sport et un t-shirt. Il se laissa tomber sur son lit et s'évada dans ses jeux vidéo.
Il se vengea ainsi pendant deux heures quand il entendit la porte d'entrée claquer. Il entendit des pas légers faire du bruit dans le hall d'entrée puis Alice frappa à sa porte.
"Edward ?" l'appela-t-elle avec hésitation.
"Ouais ?"
"Tu vas bien ?"
"Ouais."
"Puis-je entrer ?"
Il soupira. "Oui."
Il put la sentir le regarder en ouvrant la porte mais il ne quitta pas des yeux son écran.
Qu'est-ce que ça doit faire d'avoir un frère qui est un idiot absolu ?
"Que s'est-il passé ?" demanda doucement Alice, en s'asseyant sur le bord du lit en déplissant son chemisier.
Edward déglutit. "Et bien… j'ai dû mal comprendre. Lauren y est apparemment allée avec Connor Davis.
Tu les as probablement vus là-bas. Je suppose que c'était une plaisanterie et que je ne me suis rendu compte de rien."
Alice sembla stupéfaite. "Oh Edward… je suis désolée." Tout à coup elle se pencha, s'appuyant contre son torse, le serrant très fort et y posant sa tête.
"Je savais que c'était une garce. Je ne pouvais pas te le dire. Je suis tellement, tellement désolée Edward."
Il leva la main et lui tapota doucement le dos. "Merci Alice." Il la regarda. "Pourquoi es-tu rentrée si tôt ?"
Elle se redressa en roulant des yeux. "Oh Seigneur nous aurions mieux fait de rester à la maison tous les deux ce soir !"
Les yeux d'Edward s'écarquillèrent. "Pourquoi, que s'est-il passé ?"
"Grr !" Alice mit sa tête entre ses mains. "James et moi n'attendions pas la même chose de cette soirée… Je pensais aller au bal avec le copain de mon frère… copain tu sais," Il hocha la tête. "Je pensais passer un bon moment. Je veux dire comme tous ceux qui y vont, tu comprends ?"
Il hocha la tête une fois de plus.
"Eh bien James a pensé que j'y allais parce que je l'aimais, lui… ce qui n'est pas le cas… je ne l'ai jamais vu de cette façon." Alice fit une grimace et frissonna.
"Que s'est-il passé ? Qu'a-t-il fait ?" demanda Edward, en se redressant pour regarder sa sœur avec inquiétude.
"Oh… je suis tellement stupide ! Il m'a demandé si je voulais sortir pour me promener dehors et j'ai dit 'bien sûr' parce que j'ai vraiment pensé que c'est que nous allions faire. Mais une fois dehors James est devenu un chien tout excité et la chose suivante que j'ai su c'est qu'il essayait d'enfoncer sa langue au fond de ma gorge. J'ai dit non mais il continuait à insister, j'ai dit non une fois ou deux encore et bon, comme j'ai vu qu'il n'y avait rien à faire, je lui ai donné un coup de genou dans les boules."
"Oh putain," dit Edward en gémissant involontairement en serrant ses jambes à la pensée d'un coup de genoux dans les parties sensibles. "Tu plaisantes, pas vrai ?"
"Non. Il a soufflé et s'est attrapé les parties, est tombé sur les genoux et a juré et marmonné. Quand finalement il a réussi à me prêter attention, je lui ai demandé de me ramener à la maison. Voilà pourquoi je suis ici maintenant."
Edward cligna des yeux. "Qu'a-t-il dit ?"
"Que j'avais bien fait. Que voulais-tu qu'il dise ? Il m'a raccompagnée et s'est excusé et puis il m'a dit qu'il croyait que je l'aimais, je l'ai remis en place en lui disant que quand je disais non et bien c'était NON." Elle se tourna vers son frère. "Je ne veux pas que tu te mêles de ça. Je veux dire vous êtes amis tous les deux et c'était une méprise… un assez gros malentendu… mais il n'a pas mis sa langue au fond de ma gorge et je vais bien, d'accord ?"
Edward hocha la tête, incertain. "Tu es bien sûre ?"
"Oui j'en suis sûre Edward. Il n'a rien tenté d'autre, je te le dirais si c'était le cas. Mais sache-le… s'il essaie de t'embrasser et que tu ne veuilles pas, tu pourras toujours t'en débarrasser facilement en lui donnant un coup de genou dans les roustons."
Edward rigola et regarda sa joyeuse petite sœur. "Je garderai ça en tête. Merci Pixie."
Un peu après minuit quand Esmée et Carlisle Cullen rentrèrent chez eux après leur soirée chez les Gérandy ils furent surpris de trouver Edward et Alice déjà à la maison. Ils étaient tous les deux installés sur le lit d'Edward en pyjama, en train de partager du pop-corn et de rire à leur horrible bal de fin d'année en regardant Carrie, qui faisait partie de la collection de films d'Edward.
Le dimanche l'histoire d'Edward et de sa fausse invitation s'était déjà répandue partout. Leurs amis les appelaient pour les interroger sur toutes ces rumeurs qu'ils avaient entendues. Edward avait passé la journée à réfléchir à ses options et à parler avec son père sur la meilleure façon de gérer toute cette terrible situation.
Il était impossible pour Edward de changer ses horaires de cours juste à la fin de l'année. S'il quittait les cours à ce moment de l'année il perdrait tous ses crédits ce qui ferait chuter vertigineusement son classement. C'était sûrement ce que Lauren avait espéré faire mais il ne voulait pas qu'elle ait cette satisfaction, il avait prévu de rester avec elle en tête du classement.
Lauren sembla surprise qu'Edward vienne en cours le lundi. Elle s'excusa pour ce malentendu mais Edward savait que tout ça était faux.
Ce dernier mois il fit ce qu'il devait et ne lui parla plus que seulement si c'était absolument nécessaire et quand il était en labo de bio. Il resta occupé en lisant, refusant de se laisser entrainer dans une conversation quelconque car il n'y avait plus rien à discuter. Il ferait froid en enfer le jour où il se laisserait ressentir quelque chose pour elle ou une autre fille quelconque qui pourrait lui faire du mal.
Ces dernières semaines avaient été difficiles. Bien sûr personne ne voulait croire que Lauren s'était conduite de la sorte. Plus personne ne chuchotait quand Edward passait dans les couloirs son nez dans un bouquin mais les dommages étaient faits.
Un jour de la mi-juin, un peu avant l'anniversaire de ses dix-neuf ans Lauren sévit à nouveau.
Comme elle était déléguée de classe et la deuxième de la promotion, elle prononça le discours d'ouverture lors de la cérémonie de la remise des diplômes. Elle salua les diplômés rassemblés là, leurs familles et leurs amis, les enseignants et les dignitaires de l'école et du district. Son discours, "Comment les souvenirs façonnent notre avenir" avait été bien accueilli même si Edward ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle s'adressait sournoisement et secrètement à lui, en lui faisant certaines observations dans ce discours.
Quand elle termina sous les applaudissements, elle se tourna pour quitter l'estrade et hésita avant de se retourner vers le micro, se rappelant qu'elle avait oublié de dire quelque chose. Elle sourit doucement en regardant vers Edward.
"Oh et Edward ? C'était vraiment un stupide malentendu !" rit-elle doucement, crachant son venin de jeune fille méchante sous une sincérité apparente. "Je ne veux sûrement pas que ce souvenir du bal façonne ton avenir."
Les joues d'Edward étaient en feu en entendant les rires et les ricanements de certains. Il ne pouvait pas croire qu'elle ait eu le culot de le mettre en avant lors de la cérémonie de la remise des diplômes. Pire encore, il savait que les élèves devraient maintenant expliquer tout cela à leur famille ou à leurs amis qui n'étaient pas encore au courant de sa stupidité mortifiante… ou de sa stupide crédulité… selon que la personne était un membre de l'équipe de Lauren ou de celle d'Edward.
Malheureusement étant le premier de sa promo il devait prononcer le discours d'adieu. Et il était complètement paniqué en se dirigeant vers l'estrade en chapeau et robe de cérémonie, en arrangeant ses cheveux et ajustant ses lunettes. Il se concentra sur le fait que de toute façon il en avait fini avec Lauren Mallory à présent. Il persévéra dans son discours sur "Notre avenir est ce que nous en faisons." La foule applaudit ses mots quand il eut fini et il poussa un soupir de soulagement en quittant l'estrade. Il avait hâte de quitter cet endroit et de laisser toute l'expérience du mois dernier derrière lui. Il était prêt à aller de l'avant et à abandonner son personnage ici.
ooo O ooo
Vers la mi-juillet, le jour qu'après Alice soit venue le voir pour lui suggérer de faire un voyage en voiture, Edward alla trouver ses parents et ses amis avec cette idée. Les Cullen furent d'accord et bien que Lee Stevens et DJ Garrett ne puissent pas y aller, James Sully et Ben Cheney furent d'accord. Le voyage fut organisé et le projet mis en place.
Ils allaient partir pour dix jours. Ils conduiraient la Volvo d'Edward puisque c'était la voiture la plus neuve et la plus fiable des trois. C'était aussi la plus rapide mais Edward ne l'avait pas fait remarquer à ses parents.
Le premier jour ils conduiraient toute la journée du Yosemite Park jusqu'en Californie où ils resteraient quelques jours. Ensuite ils iraient à San Francisco chez l'oncle et la tante de Ben. Puis ils remonteraient vers le nord, s'arrêtant à Portland en Oregon pour deux nuits. Ils passeraient les deux derniers jours le long de la côte de la péninsule Olympique, état de Washington, campant une nuit sur la plage avant de terminer et de rentrer à Seattle.
ooo O ooo
Une semaine avant leur départ Edward reçut deux choses intéressantes au courrier : un paquet de l'université de Dartmouth et une lettre d'un dénommé Emmett McCarty.
Esmée Cullen attendait avec enthousiasme de voir le visage de son fils dans la cuisine pendant qu'il déballait le paquet et qu'il regardait à l'intérieur. Il y avait trois sweats à capuche gris, deux grands pour homme et un pour femme, taille moyenne tous avec Dartmouth imprimé en vert sur la poitrine.
"Je les ai commandés," lui dit Esmée, en souriant à l'expression heureuse sur le visage d'Edward.
"Eh bien celui-ci ne m'ira jamais, " lui dit-il, en tendant le plus petit à sa mère en riant.
"L'un de ceux-là est pour papa," dit-elle, en en récupérant un. "Nous avons pensé faire un peu de publicité pour où notre fils va à l'université."
"C'est génial maman. Merci." Edward passa le sweat-shirt par sa tête et lissa le tissu gris puis il réajusta ses lunettes alors qu'Alice rentrait dans la cuisine.
"Qu'est-ce qu'il se passe ?" demanda-t-elle, en ouvrant le frigo pour prendre une bouteille d'eau. Elle s'assit à la table de la cuisine.
"Qu'en penses-tu Alice ?" demanda Edward, en se mettant la capuche et en montrant fièrement le sweat à sa sœur.
"Oh très belle déclaration de mode, Edward !' Elle hocha la tête avec appréciation. "Ça dit je suis cool mais je suis à l'Ivy League…* et je suis un peu froid."
"Je n'arrive pas à me faire à cette idée qu'un de mes enfants rentre à l'université," dit Esmée, en le regardant
fièrement. "Je suis trop jeune pour avoir un fils aussi âgé." Edward lui fit un sourire éblouissant et ensuite alla la serrer dans ses bras quand il s'aperçut qu'elle avait les yeux humides.
"Tu vas tellement nous manquer Edward," dit Esmée, en le serrant plus fort. "Tu es le premier à quitter le nid." Edward rigola en la serrant et en roulant des yeux tandis qu'il souriait à Alice par-dessus la tête de sa mère.
"Je ne suis pas encore parti maman, alors ne soit pas aussi excitée. Et tu as ton autre oisillon ici requérant toute ton attention." Il sourit à Alice qui lui tira la langue.
"J'appellerai et vous enverrai des mails et je rentrerai à la maison pour les vacances d'hiver avant même que tu aies le temps de t'apercevoir que j'étais parti," dit-il pour la rassurer.
Esmée s'écarta, séchant ses yeux et hochant la tête. "Je le sais Edward je suis trop émotive. Elle lui sourit.
"Vas y ouvre la lettre et découvrons qui est Emmett McCarty." Elle regarda son visage alors qu'il commençait à lire la lettre.
"On dirait bien que cet Emmett McCarty va être mon colocataire à Dartmouth. Il fonça légèrement les sourcils. "Je me demande bien comment il a su ça, lui."
"Il a dû recevoir ça de l'école," dit Esmée.
"Oui mais pourquoi ne l'ai-je pas reçu alors ? Par ordre alphabétique je suis avant lui."
"Peut-être qu'ils ne le font pas de cette façon et qu'ils ne sont pas encore arrivés à toi."
"Ha ha très drôle Alice !"
"Alors que dit-il ?" demanda-t-elle, ignorant son petit air renfrogné et faisant signe vers la lettre avec sa bouteille d'eau.
Il regarda la lettre, passa une main dans ses cheveux en lisant. "Hein ? Il vit ici, état de Washington… à Olympia ! Et il sait que je suis de Seattle."
Il tourna l'enveloppe. Il n'avait pas regardé l'expéditeur avant.
"Eh bien peut-être que vous pourrez faire le voyage ensemble ?" suggéra Esmée.
Il secoua la tête. "Non il dit qu'on aurait pu mais il part pour Houston au Texas pendant six semaines, il va travailler avec son cousin au ranch de leur grand-père."
"Quoi d'autre ?" demanda Alice.
"Il a pris les mêmes matières que moi... et ce qui l'intéresse c'est… " Il fit une pause et ses yeux s'écarquillèrent en lisant. "Bordel !"
Esmée haleta. "Langage Edward !"
"Désolé maman ce type est un sportif accompli." Il revint à la lettre en lisant à voix haute. "Ecoutez ça… football américain, baseball, basketball, volley-ball, football, natation, tennis, lutte, golf, hockey, course et cyclisme… et c'est tout. Rien d'autre que du sport ! Oh attend… et il dit aussi qu'il s'intéresse à la nutrition et à la musculation." Edward laissa tomber la lettre sur la table d'exaspération. "Putain, qu'a-t-on vraiment en commun avec ce type ?!" lâcha-t-il.
"Edward ! Langage !" lui rappela-t-elle sèchement.
"Désolé. Mais sérieusement, maman la seule chose que nous ayons en commun est que vous venons du même état et avons les mêmes matières !"
"Oh bon sang Edward…. Ce n'est pas comme si tu n'avais jamais rien fait de ta vie entière ! Et je suis sûre qu'il aime d'autres choses que les garçons de ton âge apprécient aussi… les jeux vidéo, la télé, la musique, les films…"
"Peut-être que c'est une bonne chose Edward," suggéra Alice, en haussant les épaules. "Tu as dit que tu voulais un nouveau départ – que tu voulais être un autre Edward Cullen - alors peut-être que ce gars va te donner cette chance. On ne sait jamais. Il est aussi intelligent que toi puisqu'il va à Dartmouth. Je peux voir que ça va très bien se passer."
"Alice a raison, Edward," dit Esmée, en hochant la tête. "Tu ne l'as jamais rencontré. Vous serez nouveaux tous les deux, commencerez l'université et comme tu le dis, vous avez les mêmes matières - vous iriez en cours ensemble. Laisse-lui une chance peut-être deviendrez-vous amis ?"
Edward hocha la tête mais ne sembla pas tout à fait convaincu. "Je suppose… nous verrons."
Esmée ouvrit un tiroir et prit un feutre indélébile. "Enlève ce sweat, Edward. Je vais les passer à la machine d'abord."
Pendant qu'Edward enlevait son sweat Esmée inscrivit un CC sur l'étiquette de celui de Carlisle. Sur le sien elle inscrivit un EC sur l'étiquette.
"Maintenant je n'ai plus à m'inquiéter de les mélanger quand je fais la lessive." Elle sourit puis rangea le marqueur dans le tiroir, le referma avant de se diriger vers la buanderie avec les trois sweat-shirts.
ooo O ooo
Tôt le matin, presqu'à la fin du mois de juillet, la Volvo était prête pour le départ dans l'allée des Cullen, brillante et propre et bourrée à craquer de matériel de camping. Edward dit au revoir à Alice encore endormie puis sortit avec ses parents avant de leur dire au revoir.
"Fais attention."
"Toujours maman."
"Les gars gardez un œil les uns sur les autres et restez loin des ennuis."
"Nous le ferons maman."
"Et s'il vous plait n'oubliez pas de nous donner de vos nouvelles."
Edward soupira, pressé de partir. "Oui maman." Il la serra dans ses bras avant qu'elle puisse ajouter quoi que ce soit d'autre. Il donna une accolade virile à son père et grimpa dans la voiture. Carlisle se pencha pour l'observer en lui disant cette phrase qui deviendrait sa préférée : "Sois prudent, Edward, vas-y doucement."
Edward leva les yeux au ciel mentalement.
Jamais entendu ce conseil paternel avant.
"Bien sûr papa."
Et il passa prendre Ben et James afin de commencer ce voyage de dix jours de route…
…
oooOooo
Quelques jours plus tard, fin juillet il y a neuf ans… Bella a presque quinze ans… et Edward dix-neuf… et sur la route…
Le téléphone sonna en bas. Bella pouvait l'entendre de sa chambre.
Non…
"Bella ?" Charlie l'appelait d'en bas.
Pas encore…
Des pas lourds montent l'escalier.
"Bells chérie ?"
S'il te plait je veux juste lire et essayer de m'évader.
Il y eut un très léger coup à la porte. Elle l'entendit se racler la gorge mais la voix resta toujours rauque.
"Tu fais la sieste Bells ?"
Comment pourrais-je répondre si je la faisais, papa ?
Il y eut un autre petit coup.
"Bella ? Tu es là ?"
Oui. Encore quelques pages. J'ai presque fini. Laisse-moi terminer.
Le coup fut plus fort cette fois. "Bells. Jake est au téléphone. Il veut te parler." Il eut une pause. "Encore." Sa voix paraissait déconcertée.
Elle soupira. Jacob Black était son copain… son petit-ami… non, plus vraiment. Hier il était redevenu son copain… elle l'espérait… s'il arrivait à comprendre qu'elle ne voulait pas être sa petite-amie.
Il n'y avait pas moyen de se cacher ici décida-t-elle. Elle retourna son livre ouvert sur son lit. Il y avait beaucoup de chance qu'Orgueil et Préjugés ait la même fin que les trois fois précédentes, non ? Et il y avait beaucoup de chances que Bella et Jake aient la même conversation pour la troisième fois. Bella sauta de son lit et alla ouvrir la porte.
"Je suis désolée, Char… Papa, j'étais complètement plongée dans mon livre." Elle fit un signe vers le livre posé sur son lit.
"Ça va. Je pensais bien que soit tu lisais soit tu t'étais endormie. Tiens…" Il tendit le téléphone. "C'est Jake." Il souleva un sourcil curieux. "Tu sais que c'est la troisième fois aujourd'hui… !"
"Je sais papa. Euh merci." Elle hocha la tête et lui prit le téléphone. Charlie resta là, à la porte, maladroitement. Il ne semblait pas savoir quoi faire. Il la regarda, incertain, voulant lui être utile.
Elle fit un geste avec le téléphone." Je le redescendrai en fait."
"D'accord. Oui Si tu as besoin de moi… je serai…" Sa moustache se crispa comme il faisait un signe de tête vers le bas de l'escalier.
"Bien sûr papa. "Elle fronça les sourcils en rentrant dans sa chambre, fermant la porte et écoutant le bruit des pas de Charlie s'éloigner dans l'escalier. Elle se coucha sur son lit et posa le téléphone contre son oreille.
"Salut Jake."
"Salut. Ecoute Bella ? Je… je n'y arrive pas. Nous avons toujours été bien ensemble, nous passons toujours de bons moments. Tu me dis que tu t'inquiètes pour moi et… tu sais bien que je m'inquiète pour toi aussi." La frustration et la douleur étaient évidentes dans sa voix.
Bella soupira et ferma les yeux. Tout ce qu'il disait était vrai. Elle se préoccupait de lui mais pas de cette façon là. Mais elle ne l'avait pas réalisé jusqu'à ce qu'elle accepte d'être sa petite-amie parce qu'elle n'avait pas vu ça arriver et… bon ? Elle était trop bête et maladroite. Elle n'avait pas voulu le blesser. Mais maintenant qu'ils étaient ensemble tout cela était devenu bizarre. Et elle réalisa qu'il fallait qu'elle essaie de mieux lui expliquer.
"Jake je me préoccupe pour toi, beaucoup. Tu as raison, nous passons de bons moments ensemble. Je pense que c'est génial, mais…"
"Bella je sais que c'est stupide de dépendre de nos pères pour qu'on puisse se voir tu sais ? Je n'y peux rien si on ne vit pas près l'un de l'autre et si je ne peux pas encore conduire…"
"Jake ce n'est pas ça." Elle posa sa main sur son front. "Ce n'est pas ça qui est important."
Pourquoi faut-il que ce soit aussi difficile ? Comment font les autres filles ?
"Il y a un autre gars qui te plait ou quelque chose comme ça ?" Sa voix était basse et prudente.
"Non ! Je te l'ai déjà dit, ce n'est pas ça. Seigneur je ne connais personne d'autre."
"Bella tu es allée en cours à Forks toute cette année. Comment peux-tu dire que tu ne connais personne d'autre ?"
Maintenant il était prêt à se plaindre à n'importe quel sujet pensa-t-elle.
"Bien sûr je connais les garçons de ma classe mais tu sais comment je suis. Je ne suis proche de personne. Je me sens comme si j'étais une curiosité : la fille du chef de police. Ils me voient tous les jours descendre de la voiture de fonction de Charlie. Ça doit être intimidant non ? Je suis sûre qu'ils pensent tous…. 'Tu ferais mieux d'y réfléchir à deux fois avant d'être ami avec cette fille…"
Elle entendit un petit rire de l'autre côté de la ligne et réalisa qu'elle l'avait fait rire. Finalement elle rit aussi. Quand elle se remit à parler sa voix était plus douce.
"Sérieusement je ne sais pas ce que j'aurai fait sans toi cette année, Jake. Tu m'as beaucoup aidée tu sais ?"
"Oui c'est pourquoi je ne comprends pas que tu ne veuilles pas être ma petite-amie. Je veux dire… ça fait tout juste un mois… tu pourrais me laisser juste un peu plus de temps, Bells."
Bella roula sur le côté, attrapa son oreiller et le serra contre elle. Il ne comprenait pas… elle lui avait laissé une chance. Cette relation entre eux était… bizarre. Elle ne se sentait pas comme si elle avait gagné quelque chose, il lui semblait plutôt qu'elle avait perdu quelque chose.
"Jacob, écoute tu es mon meilleur ami. Tu l'es vraiment. Et je ne veux pas perdre ça. J'estime beaucoup ton amitié et j'espère que tu apprécies la mienne. Je n'éprouve pas les bons sentiments pour continuer dans cette voie, continuer à faire ça. Je veux que nous restions amis… mais je ne peux pas être ta petite-amie, tout simplement."
"D'accord, je l'ai compris. Tu veux la perfection et je ne suis pas la perfection."
Bella grogna. "Tu es parfait, Jake ! Tu n'es simplement pas… parfait pour moi. Et pour être parfaitement honnête je ne sais même pas ce mon parfait devra être. Et peut-être que j'en ai pour des années avant de le savoir."
"Bon, j'espère que tu reconnaîtras ton parfait le jour où tu le rencontreras." A présent il boudait.
Bella soupira. "J'espère que tu trouveras aussi ta parfaite un jour Jake… mais ce n'est pas moi."
"Peu importe, Bella. Je suppose que je ne peux pas te faire changer d'avis."
"Non Jake, tu ne peux pas. Je suis désolée. Vraiment. Honnêtement je ne veux pas te faire souffrir."
Il soupira. "Ecoute. Il faut que j'y aille. Je te verrai, euh… à un moment donné."
"D'accord. Au revoir Jacob. On se parle bientôt ?"
"Oui, au revoir Bella."
Bella appuya sur le bouton pour terminer la conversation et se recoucha sur le lit pendant un moment. C'était pénible d'avoir blessé Jake de cette façon.
Elle pensa à sa propre mère : une femme un peu volage, changeant souvent de relation. Comment avait-elle géré tout ça ? Elle avait donné son cœur si facilement puis l'avait repris et foulé celui des autres. Quand Renée avait été sur le point de se marier avec Phil Dwyer l'été précédent, Bella lui avait demandé comment elle savait que c'était le bon.
"Comment sais-tu que cette relation ne va pas se déliter comme les autres ?"
Renée avait souri et attrapé la main de Bella dans la sienne en la tenant fermement. Elle savait que cette question avait sa racine dans la rupture entre elle et le père de Bella.
"Eh bien chérie il n'y a jamais de garantie réelle mais être avec Phil est différent, tu sais ?!" avait dit ou demandé Renée. Bien sûr, Bella n'en savait rien du tout.
"Que veux-tu dire, c'est différent ?"
"Eh bien tu sais que j'ai aimé ton père et je le fais toujours," Renée sourit en levant la main pour ranger une mèche rebelle du visage sceptique de sa fille. "Mais si je suis honnête je ne pense pas que Charlie et moi avions assez en commun. Je me préoccupe des autres aussi, cependant ce genre de relation n'est pas suffisant. Je pense que dans ma tête je me disais que ça pouvait marcher avec chacun d'entre eux. Mais bien sûr ça n'a jamais été le cas."
"Mais avec Phil je n'ai jamais eu cette pensée parce qu'être ensemble, être un nous c'était juste facile, il n'y a aucun travail à faire pour que ça fonctionne. Être avec lui c'est naturel et sans effort… comme savoir faire une chose innée, je pourrai le faire les yeux fermés.
Et il n'y a pas nécessairement d'intérêt particulier. Phil n'est certainement pas intéressé par tout ce qui me plait et moi je ne vis pas pour le baseball mais nous partageons tous les deux cet amour de l'aventure et une volonté de transformer nos vies en quelque chose d'excitant, de nouveau et de stimulant. Je pense que c'est ce qui fait que nous nous entendons si bien – comme si nous étions un et tant que nous sommes heureux, nous entendons bien."
Bella était toujours couchée dans son lit, le téléphone à la main après cette conversation avec Jake, elle se demanda si sa mère avait finalement rencontré le parfait pour elle en Phil Dwyer, ça faisait juste un an qu'ils étaient mariés.
En pensant aux mots de sa mère, Bella savait qu'être la petite-amie de Jake pour le mois passé n'avait pas été ni facile ni sans effort et ça n'était ni bien ni naturel. En revanche être son amie l'était. Elle espérait pouvoir vivre ça à nouveau.
Elle sortit du lit et se dirigea vers l'escalier pour remettre le téléphone à la cuisine où Charlie était en train de nettoyer son arme de service.
"Ça va Bella ?" demanda-t-il quand elle entra. "Oui, c'est juste… Jake et moi… Bon… on est un peu…"
"Je sais Bella." Il ne dit rien de plus et hocha simplement la tête en regardant ce qu'il faisait, nettoyer et huiler les différentes parties de son arme.
Bella le fixa choquée.
Il savait ?
Comment savait-il ?
Ils ne s'étaient jamais tenus la main ou… embrassés… comment avait-il fait ?
"Ça va lui passer," ajouta Charlie. "Laisse-lui un peu de temps. Il comprendra que tu n'as pas voulu le blesser."
Les yeux de Bella se radoucirent en regardant son père aimant et taciturne nettoyer son arme qui n'en avait probablement pas besoin.
Ces paroles de sagesse venaient d'un homme qui n'était sorti avec personne depuis que sa femme l'avait quitté il y avait une douzaine d'années. Et peut-être qu'il n'avait pas surmonté ça, peut-être qu'il avait encore besoin de temps mais au moins il savait que Renée n'avait pas voulu lui faire de mal.
"Merci papa." Elle traversa la pièce et remit le téléphone sur sa base et le regarda. "Je t'aime."
"Je t'aime aussi Bells," dit-il d'un ton bourru en la regardant. "Toujours."
ooo O ooo
Quelques jours plus tard, le premier samedi du mois d'août Bella était assise dans le salon en train de lire après que Charlie soit parti travailler. Il était presque dix heures du matin et elle attendait que les Clearwater arrivent.
Harry et Sue Clearwater étaient des amis de son père. Ils vivaient sur la réserve Quileute comme la famille de Jacob Black mais Harry était un ancien de la tribu. Sue était infirmière à la clinique de Forks et ils avaient deux enfants : Seth qui avait dix ans et Leah qui en avait quinze. C'était une amie assez proche de Bella bien qu'elles n'aient pas beaucoup en commun, Leah était plutôt un garçon manqué mais elle était assez agréable.
Les Clearwater allaient à Port Angeles passer l'après-midi et la soirée et ne rentreraient que tard. Ils devaient aller voir quelques amis de la famille qu'ils connaissaient à cause du travail d'Harry avec des groupes de jeunes.
Leah avait invité Bella mais cette dernière se demandait si Charlie avait aidé à mettre tout cela en place. Il avait dû penser que ce serait une chance pour elle de se distraire et de sortir de la maison au lieu de se morfondre.
Elle entendit le bruit familier du camion d'Harry à l'avant de la maison et posa les Hauts de Hurlevent sur la table basse. Elle ramassa son sac, vérifiant bien qu'elle avait son portefeuille et l'argent que Charlie lui avait donné pour la journée et se précipita par la porte. Elle salua Harry et Sue en montant dans le siège arrière de la cabine du camion.
"Pourquoi ne te mettrais-tu pas entre Seth et Leah ?" suggéra Mme Clearwater. "Tu pourras faire tampon et nous aurons un voyage beaucoup plus agréable." Les yeux noirs de Sue scintillaient et Bella lui sourit en retour.
"Ça c'est sûr, Sue."
"Je ne vais plus pouvoir le toucher," dit Leah diaboliquement en tendant le bras pour embêter son petit frère pendant que son père démarrait.
"Maman !" cria Seth, "Leah vient de me taper ! Sans raison !"
"Leah ne commence pas avec lui, s'il te plait," supplia Sue.
"Allez Bella, il va falloir que tu fasses mieux que ça !" dit Harry en rigolant. Il regarda dans le rétroviseur, posant ses yeux doux sur Bella coincée entre ses deux enfants. "Si mes deux enfants ne peuvent pas garder leurs mains pour eux tu leur files une tape sur le museau."
Bella rigola. "Je vais garder ça en tête, Harry."
"Tu fais ça et je te casse la main, Bella," l'avertit Seth avec joie.
"Et ensuite Seth je te mordrai pour venger mon amie !" sourit gentiment Leah.
"Ça pourrait devenir long, dur et douloureux," dit Sue en regardant par-dessus son épaule et en faisant un clin d'œil à Bella.
"Heureusement tu es infirmière, Sue," répondit Bella. "Peut-être que je vais pouvoir faire la sieste après tout, en espérant me réveiller quand nous serons arrivés à Port Angeles."
Ils gloussèrent tous et partirent. Bella se sentait plus légère que depuis une semaine, depuis qu'elle avait rompu avec Jake. C'était agréable d'avoir de la distraction.
ooo O ooo
Ils arrivèrent à Port Angeles une heure plus tard. Sur la banquette arrière tout le monde était intact, sans os cassé ni marque de morsure. Harry gara le camion près d'une petite maison blanche à côté d'une église. Une grande femme était dehors en train d'arroser des buissons de roses. Elle se tourna et fit un signe de la main avec un grand sourire sur le visage tout en arrêtant l'eau.
"Voilà Mme Weber," déclara Leah à l'intention de Bella, en hochant la tête vers la grande femme mince qui montait le perron et appelait quelqu'un à l'intérieur de la maison.
En chemin Bella avait tout appris des Weber. Le révérend Jonathan Weber et sa femme Hannah avaient trois enfants. Les jumeaux Joshua et Isaac avaient neuf ans et leur fille Angela, quatorze ans comme Bella. Les Clearwater avaient été invités à passer la journée avec les Weber parce qu'Harry travaillait avec le pasteur sur l'organisation des activités de groupes de jeunes adolescents ou enfants sur la réserve.
Alors que Bella et les Clearwater descendaient du camion, deux jeunes garçons identiques déboulèrent de la maison en hurlant leur enthousiasme. Ils tombèrent instantanément sur Seth qui les rejoignit dans la joie. Un instant plus tard un homme très grand avec des lunettes et une adolescente qui lui ressemblait firent leur apparition.
"Et voilà Angela et son père," déclara Leah, en saluant la grande fille mince qui leur fit signe de la main en leur souriant timidement.
Bella fut présentéeà tout le monde et ils allèrent dans la maison. Mme Weber avait préparé des plateaux de charcuterie et de fromage, du pain frais en tranche avec des condiments pour les sandwichs, des bols de salade de pomme de terre ou de macaroni sur le comptoir de la cuisine. Il y avait aussi deux carafes de limonade et une assiette de biscuits à l'avoine.
Lorsque tout le monde eut garni son assiette ils se rassemblèrent dans la salle à manger pour s'asseoir autour d'une grande table. Les Webers étaient amicaux, incluant Bella dans la conversation et lui posant des questions quand elle semblait un peu trop tranquille.
Après le repas les garçons allèrent jouer dehors et les filles dans la chambre d'Angela.
"Tu dois aimer lire !" fit observer Bella, en entrant dans la chambre bien rangée avec ses murs jaune pâle et ses meubles en osier. Angela avait une énorme étagère près du pied de son lit remplie de rangées et de rangées de livres.
"Oui j'adore lire," dit-elle avec un sourire timide. "L'anglais est ma matière préférée."
"Oh ? A moi aussi," répondit Bella en commençant à regarder le titre des livres. "J'en ai lu la plupart," murmura-t-elle en s'agenouillant et en les parcourant.
"Et bien si tu en trouves un que tu veux lire, je te le prête. Je les ai déjà tous lus. Ceux qui sont sur les deux étagères du bas je souhaite les garder mais les autres vont sûrement être donnés à la bibliothèque. Tu peux prendre ceux que tu veux."
"Tu as déjà les quatre Harry Potter qui sont sortis," remarqua Bella. "Je les ai tous aussi. Je suis impatiente d'avoir le prochain."
"Oh et moi aussi ! Euh ! … tu as lu celui-là ?" demanda Angela, en montrant un livre de poche sur une étagère.
"C'est nouveau mais je l'ai déjà lu." Elle le lui tendit.
"Non je ne l'ai pas lu celui-là," répondit Bella en prenant le livre et en regardant Stargirl de Jerry Spinelli. Elle le retourna pour lire le résumé. "Il t'a plu ?" demanda-t-elle à Angela.
"Ouais. Le personnage principal est une sorte d'excentrique mais…" Angela fit une pause et sourit timidement en haussant les épaules et fronçant un sourcil, "… ne le sommes-nous pas tous un peu ?"
"Parle pour toi, Angela !" dit Leah avec un air menaçant et un rire.
Bella rigola et sourit en retour à Angela. "Bien toi et moi avons beaucoup de choses en commun. Je prendrai le livre si ça ne te dérange pas. Tu es sûre que tu ne veux pas que je te le rende ?"
"Non pas de problème, tu peux le garder."
"Merci Angela. C'est dommage que tu vives aussi loin, on pourrait s'échanger tout un tas de livres ou autres choses. Je suis sûre d'avoir plein de livres que tu n'as pas."
Leah était étendue sur le couvre-lit vichy jaune et blanc. Pendant que les deux filles regardaient les livres, elle regardait les CD qui étaient posés sur la table de chevet près du lecteur d'Angela.
"Il y a une possibilité que la famille d'Angela déménage à Forks l'été prochain," fit remarquer Leah, en levant les yeux des CD.
"Vraiment ?" demanda Bella en regardant vers Angela avec intérêt.
Elle hocha la tête. "Mon père pense remplacer le Révérend Teague quand il partira l'année prochaine. Il pourra s'occuper des groupes de jeunes avec le père de Leah et il dit qu'il veut que mes frères grandissent dans une ville plus petite."
"Alors tu irais à l'école secondaire là-bas," demanda Bella.
Angela hocha la tête. "Oui pour mes deux dernières années."
"J'y vais moi aussi. Ce serait génial, je veux dire si ça se fait, tu sais."
"Au moins je connaîtrais quelqu'un," Angela regarda par-dessus ses lunettes et sourit à Bella.
Les filles restèrent dans la chambre d'Angela à écouter de la musique, parler de leurs écoles, de leurs familles et de leurs amis, des projets pour l'été et de l'année scolaire à venir. Avant qu'elles s'en aperçoivent le temps avait passé et la mère d'Angela vint frapper à leur porte.
"Les filles ? Prenez vos affaires. On va faire une promenade en ville avant d'aller manger."
ooo O ooo
Pendant ce temps… le même jour du mois d'août…
Edward, Ben et James passaient un agréable moment. Il leur était difficile de croire que c'était le dernier de leurs dix jours de voyage.
Les quinze premières heures de route entre Seattle et Yosemite Park avaient été horribles mais ils étaient enthousiastes. Edward et James avaient déjà campé ou fait de la randonnée mais pour Ben c'était la première fois.
Le premier jour ils avaient vu les séquoias géants à Mariposa Grove et ils étaient allés jusqu'à Glacier Point. Le deuxième et troisième jour ils les avaient passé dans la vallée, prenant des navettes pour faire de la randonnée et admirer les nombreux sites spectaculaires comme El Capitan, Half Dome, Yosemite Falls et Bridalveil Falls.
De là ils étaient partis pour San Francisco où la tante de Ben, Mai et son oncle Ji vivaient à Chinatown. Ils restèrent avec eux quelques nuits dans leur petit appartement. Ben, James et Edward étaient contents de leur hospitalité et de pouvoir laver quelques vêtements. Mai et Ji leur firent visiter la ville et ils y passèrent aussi beaucoup de temps tous seuls. Ils avaient pris le téléphérique, le ferry, visité le Golden Gate Bridge, l'Exploratorium et l'Académie des Sciences de Californie, Alcatraz et tout le front de mer y compris Fisherman Wharf, Pier 39 et Ghirardelli Square.
Ils avaient passé une journée et demie à Portland en Oregon. Edward et James étaient particulièrement intéressés par la librairie Chapter Indigo Books qui occupait une grande place en ville avec plus d'un million de livres en stock. Ben voulait aussi aller voir le Musée de la Science et de l'Industrie. Leur deuxième soir ils allèrent voir un film de second choix, le nouveau Austin Powers - celui qu'ils voulaient aller voir étant déjà complet.
Hier après-midi ils étaient finalement arrivés sur un terrain de camping de la péninsule Olympique de retour dans l'état de Washington. Ça avait été leur dernière nuit, ils avaient campé et avaient simplement voulu se détendre en regardant le coucher de soleil sur l'océan Pacifique juste à côté de La Push.
Le matin ils se levèrent et allèrent vers First Beach, prenant la chaleur de la journée ensoleillée d'août mais se refroidissant instantanément dans l'eau froide et cinglante.
De retour au camping ils se douchèrent, chargèrent la Volvo et finirent leur dernière journée de voyage. Ils allèrent vers la petite ville de Forks et décidèrent de s'arrêter à Port Angeles pour le dîner et peut-être même qu'ils essaieraient d'aller voir un film, celui qu'ils n'avaient pas pu voir le soir précédent. Ensuite, ils rentreraient directement à la maison, il fallait deux heures pour rejoindre Seattle, ça les ferait arriver aux alentours de minuit.
ooo O ooo
Vers dix-sept heures ce samedi…
Bella, Angela et Leah se promenèrent seules un peu dans Port Angeles promettant de retrouver les parents et les frères de Leah et d'Angela au restaurant pour le dîner. Elles rentrèrent et sortirent de différentes boutiques avant qu'Angela ne les entraîne à la Librairie l'Odyssey où Bella acheta un livre sur les légendes amérindiennes de la région.
A dix-sept heures trente elles retournèrent vers la Bella Italia, le restaurant préféré de la famille d'Angela. Il était sur First Street tout près du cinéma Lincoln. Ils rentrèrent et l'hôte essaya de les caser tous les dix dans un box en coin. Ensuite il leur tendit les menus.
Une fois qu'elle eut pris sa décision Bella referma le menu et regarda dans le restaurant. Il était décoré comme la plupart des restaurants italiens dans lesquels elle était rentrée. Elle pensa que ce serait bon parce que le restaurant était très fréquenté.
Plusieurs couples étaient installés et discutaient tranquillement. Il y avait de plus ou moins grandes familles bruyantes disséminées un peu partout, l'une avec un bébé qui pleurait et sa mère qui essayait de le calmer.
Quatre femmes bavardaient et rigolaient autour d'une bouteille de vin rouge à une autre table. Et près d'eux un homme plus âgé et bien habillé mangeait tout seul. Et près de la fenêtre trois garçons qui avaient l'âge d'aller à l'université venaient de s'installer, parlaient et rigolaient avec animation.
Quand la serveuse vint prendre leur commande, Bella demanda des raviolis aux champignons et un soda.
ooo O ooo
C'était Edward qui avait repéré ce restaurant italien. Et comme ils avaient été tous d'accord là-dessus, il avait réussi à trouver une place de parking un peu plus loin. Et ils retournèrent à pied vers la Bella Italia.
On les avait installés à une table près de la fenêtre et ils regardèrent leurs menus. Une fois leur décision prise et leurs menus fermés il n'avaient eu qu'à attendre que la serveuse revienne prendre leur commande. Après avoir reçu leurs boissons, ils commencèrent à attendre avec leur passe-temps ridicule. C'est James qui commença cette fois-ci.
"D'accord, allez… le vieux à la table tout seul là-bas à droite," déclara James, avec un léger hochement de tête.
Ben et Edward regardèrent le vieux monsieur puis se tournèrent vers James attendant. Après un moment James parla tranquillement, "Lisons les pensées de cet homme."
"Edna avait une allure d'enfer à la maison de retraite aujourd'hui mais Delia avait de bien beaux cheveux bleus. Betty est celle qui avait la meilleure mine, mais elle n'entend absolument rien. Et Carmelita est la plus exotique mais je ne comprends pas la moitié de ce qu'elle dit. Mildred triche quand elle joue au scraBBle mais elle est si mignonne quand elle le fait. Hummm… c'est probablement mieux que je reste célibataire - de cette façon je peux toutes les avoir."
Edward et Ben éclatèrent de rire et regardèrent autour d'eux cherchant un autre esprit à lire.
"C'est à moi," dit Edward avec un sourire. "Ce couple qui attend une place. On dirait leur premier rendez-vous. Oh et … c'est lui qui invite." Il s'éclaircit la voix et se pencha sur la table changeant le ton de sa voix à chaque fois qu'il changeait de personnage.
"Hum… je me demande combien vaut Brad…"
"J'ai emprunté pour que Tiffany puisse avoir une belle bouteille de vin pour dîner… et j'espère gagner ses faveurs sexuelles ce faisant."
"Encore trois heures et j'aurai fini ma journée. Ensuite à la maison je pourrai retrouver mon petit chat… Monsieur Piddles*."
Ben et James ricanèrent.
"Monsieur Piddle !" rit Ben.
"Tiffany est très sexy," fit observer James. "Mais Brad non. Je pense que ses chances sont aussi minces que son portefeuille." Il sourit et fit rire Edward et Ben.
"A toi, Ben !" dit James avec un sourire.
Ben regarda dans le restaurant. "D'accord vous voyez ce grand groupe dans le grand box au coin ? Deux couples de parents, trois petits garçons et trois filles ados ? Je commence par le graaaand papa à gauche."
Edward et James regardèrent vers le box très chargé et à la table sur le côté en sirotant leur boisson puis ils regardèrent vers Ben, attendant la suite.
"Le plus tôt nous sortirons d'ici, plus vite je pourrai aller jouer au basket."
Edward et James restaient là à fixer Ben, attendant davantage mais apparemment c'était tout.
"C'est tout Ben ? " James lança un regard à Edward avant de fixer Ben avec un regard désapprobateur. "C'est boiteux, Ben."
"Quoi ?! Le graaaand gars," soutint Ben. "Et ils sont bien une dizaine ! Les gars peuvent jouer contre les filles ! Ben savait que c'était inutile. Ils étaient meilleurs que lui et il était en train de s'enterrer tout seul.
"Ça craint, Ben." Edward secoua la tête. "Tu es une honte pour les liseurs de pensées d'Amérique." Ils rigolaient tous quand la serveuse leur apporta leur dîner.
Après avoir terminé leur repas, Edward, James et Ben marchèrent vers le Cinéma Lincoln qui affichait fièrement le film de science-fiction qu'ils avaient voulu aller voir à Portland : Signes de Night Shyamalan. Ils achetèrent leurs places pour la séance de dix-neuf heures et se baladèrent un peu en attendant que ce soit l'heure d'aller voir le film.
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En quittant la Bella Italia Angela demanda à ses parents si elle et ses deux amies pouvaient rester pour voir un film au lieu de rentrer à la maison pour le dessert avec les autres. Les Webers regardèrent les Clearwaters et acceptèrent. Sue sourit et Harry regarda sa montre.
"C'est bon les filles à condition que vous trouviez un film qui soit fini vers vingt et une heure quinze ou trente," dit Harry. "Ça nous donnera le temps de raccompagner Bella chez elle vers vingt-trois heures."
Les filles les remercièrent et se précipitèrent toutes excitées pour aller voir à quelle heure étaient les séances. Les adultes et les garçons suivirent à leur rythme. Après quelques minutes, Leah et Angela allèrent voir leurs parents avec le résultat tandis que Bella attendait derrière elles.
"Nous en avons trouvé un," dit Leah à son père et à celui d'Angela. "Signes commence à sept heures et quart et sera terminé à neuf heures et quart. Et nous sommes toutes d'accord pour aller le voir, il parait bien - c'est un film qui vient de sortir et il n'est interdit qu'au moins de treize ans."
"Très bien," dit Harry, en souriant aux trois jeunes filles.
"Maman ou moi viendrons vous récupérer quand ce sera fini," dit le Pasteur Weber. "Amusez-vous bien les filles."
Les filles achetèrent leurs billets et attendirent à l'intérieur du cinéma.
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Edward, James et Ben étaient eux aussi dans la file d'attente et James donna un coup de coude aux deux autres.
"Regardez ce sont les trois filles de Ben qui jouent au basket." Il ricana et fit un signe de tête plus loin dans la file où Edward vit une fille avec une queue de cheval, une qui était plus bronzée avec des cheveux courts et une troisième plus grande avec des lunettes.
"Tu vois Ben ? Ça prouve seulement combien tu avais tort," ajouta James.
"Peut-être que les garçons et les pères jouent pendant que les mamans les encouragent ?" suggéra Ben.
Edward et James échangèrent un regard et rirent.
"C'est un peu mieux, Ben," le rassura Edward.
"Hey regardez. Tiffany et Brad sont là aussi." Ben regarda derrière eux plus loin dans la file d'attente qui était encore en train de s'allonger.
James rigola. "Les choses s'arrangent pour ce bon vieux Brad."
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A l'intérieur Bella, Leah et Angela allèrent acheter des choses à grignoter. Leah acheta un paquet de Very Bad kids, Angela choisit des bonbons à la menthe sans gluten et un soda aromatisé vanille, réglisse et autres plantes et Bella avait acheté des bonbons à la fraise et un soda. En chemin pour aller s'asseoir elle s'aperçut que le couvercle de sa boisson ne fermait pas bien. Il lui fallait un nouveau couvercle. Angela et Leah lui proposèrent de l'attendre.
"Non, allez-y, gardez-moi une place, " leur dit Bella. "Il me faut un nouveau couvercle. Je vous retrouverai là-bas."
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Quand Edward, James et Ben arrivèrent enfin dans la salle de cinéma ils allèrent aussi s'acheter des choses. Un soda pour James, Ben des bonbons à la menthe sans gluten et un soda boisson vanille, réglisse et autres plantes et Edward un soda et beaucoup de pop-corn pour tout le monde. Il y avait beaucoup d'attente pour le pop-corn donc James et Ben décidèrent d'aller dans la salle pour trouver des places.
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Bella y retourna tenant son verre mal fermé dans une main et ses bonbons et le couvercle avec l'autre. En s'approchant du comptoir elle reconnut les cheveux bruns rougeâtres du grand gars devant elle. C'est lui qui était installé près de la fenêtre au restaurant avec ses deux copains.
Une fois qu'il eut enfin récupéré son pop-corn et son soda, il rangea son portefeuille et se retourna. Il ne vit pas la jeune fille à la queue de cheval s'approcher derrière lui et sur sa gauche. Elle surgit de nulle part. Le pop-corn vola quand il la bouscula, la poussant légèrement alors qu'elle laissait échapper un cri suivi par une série de halètements choqués.
Edward horrifié regarda la jeune fille. Elle n'avait pas plus de treize ou quatorze ans, certainement pas aussi âgée qu'Alice. Mais ce n'était pas ça qui la lui faisait regarder avec horreur. Elle baignait dans son soda parce qu'il l'avait bousculée. Elle restait là, haletante essayant, d'écarter de sa poitrine son t-shirt froid, humide et ruisselant.
"Oh mon Dieu, je suis tellement désolé !" s'exclama Edward. "Je ne t'ai vue arriver. Laisse-moi…" Il prit le verre quasiment vide de sa main, le posa sur le comptoir alors que tout le monde s'arrêtait pour voir ce qu'il se passait. Il prit une poignée de serviettes en papier au distributeur.
"Tiens, peut-être je peux… " Sa voix s'affaiblit alors qu'il se retournait vers elle.
Qu'est-ce que tu fais idiot ? Tu vas frotter sa poitrine ?
"Euh, tiens…" dit-il en agitant les serviettes.
"Merci," marmonna la jeune fille choquée en levant ses grands yeux bruns. Elle rougit beaucoup en prenant la poignée de serviettes de sa main et en commençant à essuyer son t-shirt avec les serviettes qui se désagrégeaient. L'une des personnes qui tenait le stand offrit un petit chiffon propre mais ça n'était pas mieux.
Edward pouvait voir la couleur bleu pâle du soutien-gorge qu'elle portait à travers son t-shirt blanc comme si elle n'en portait pas. Il pouvait aussi facilement voir les petits mamelons pointer à travers son soutien-gorge à cause de la fraîcheur de la boisson. Il se sentait vraiment mal et il pouvait voir qu'elle était complètement mortifiée.
"Tu as un autre t-shirt ?" demanda-t-il en réalisant à quel point sa question était stupide une fois qu'elle eut quitté ses lèvres. "Je veux dire une veste ? Ou autre chose ? Tes amies en ont peut-être une ?"
"Non… Il faisait tellement beau aujourd'hui…" Elle s'étouffa en le regardant, serrant ses bras sur son corps pour protéger ses petits seins des yeux autour d'elle. Edward vit bien qu'elle était sur le point de pleurer.
"Tiens prends ça," dit-il en tirant rapidement sur son sweatshirt qui était noué autour de sa taille. Il ne savait pas pourquoi il l'avait pris mais heureusement qu'il l'avait et qu'il pouvait le lui offrir. Il voudrait bien que quelqu'un fasse de même si ce genre de chose arrivait à Alice.
Elle le regarda surprise. "Je ne peux pas prendre ton sweat !"
"Si tu peux. Il est très bien. Prends-le. Va te changer." Il hocha la tête vers les toilettes des femmes en lui donnant le sweat. Elle le prit avec hésitation. "Dépêche-toi, dit-il. "Le film va bientôt commencer."
Bella se sauva, enfonçant ses bonbons à la fraise dans son sac en s'en allant.
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Dans les toilettes elle prit du papier et le mouilla à l'eau chaude puis s'engouffra dans un box.
Oh. Mon. Dieu. Isabella Marie tu es un putain de désastre sur deux jambes !
Elle s'enleva rapidement son t-shirt trempé et son soutien-gorge, l'essora comme elle put, essuya les résidus collants sur son torse nu. Heureusement son pantalon avait été épargné il n'y avait que quelques petites éclaboussures.
Ce pauvre gars qui pense que tout cela est de sa faute !
Elle jeta les serviettes en papier, roula son soutien-gorge à l'intérieur de son t-shirt et les rangea à l'intérieur du sac en plastique avec son nouveau livre. Enfin elle passa le gros sweat par-dessus sa tête. Il était beaucoup trop grand pour elle. Il n'était pas sale mais fraichement lavé, c'était agréable et réconfortant comme un feu de joie près de l'océan.
Il a vraiment été gentil de me proposer son sweatshirt.
Elle se précipita pour retourner dans la salle, le garçon était toujours là, l'attendant pour y aller aussi. Il tenait son pop-corn dans le creux de son bras et deux boissons dans ses mains.
"Tiens une nouvelle boisson," dit-il en lui offrant un verre. "Soda non ?" demanda-t-il quand elle le prit.
"Oui merci mais tu n'avais pas à faire ça, ce n'était pas ta faute. Le couvercle ne fermait pas bien. "Elle fronça les sourcils. "Comment tu as su que c'était du soda ?"
"J'ai pu le sentir sur toi," dit-il avec un sourire en coin alors qu'ils se dirigeaient vers la salle.
"Oh !" Bella rougit et hocha la tête. "Écoute je ne vis pas ici mais l'une des filles avec qui je suis y habite. Je peux laisser le sweat chez elle et tu pourras le récupérer ?"
"Non je ne vis pas ici non plus," répondit-il. "Mais ne t'inquiète pas. J'en ai un autre à la maison." Edward lui ouvrit la porte. "Garde-le."
"Merci. Merci beaucoup."
Ils s'arrêtèrent un instant alors que le titre apparaissait sur l'écran. Leurs yeux s'ajustèrent à l'obscurité. Bella vit Leah et Angela au milieu du rang à gauche.
"Profite bien du film," murmura-t-elle, en se tournant pour les rejoindre.
"Oui, toi aussi," dit Edward en regardant la fille et le sweatshirt s'éloigner.
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Charlie était toujours debout et en attendant Bella il regardait du sport en espérant qu'elle ait passé un agréable moment à Port Angeles. Il fut content de voir une Bella joyeuse et plus bavarde que d'ordinaire rentrer à la maison peu après vingt-trois heures. Le sweatshirt de Dartmouth l'avait intrigué jusqu'à ce qu'elle lui raconte l'incident au cinéma.
Alors qu'il la regardait monter dans sa chambre il fut soulagé qu'elle ait passé une bonne journée, son humeur semblait s'être améliorée. Et Charlie était heureux de savoir qu'il y avait encore de bons gars quelque part, des gentlemen qui était prêts à faire une bonne action.
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Esmée attendait qu'Edward rentre à la maison. Elle lisait au salon espérant qu'il rentre bientôt de son voyage de dix jours. Elle fut heureuse de voir un Edward joyeux mais fatigué passer la porte d'entrée peu après minuit. Il lui assura que le voyage avait été génial et lui promit de tout lui raconter en détail demain mais il hésitait à lui expliquer le destin de son nouveau sweatshirt étant inquiet qu'elle soit fâchée. Mais après avoir entendu l'histoire elle ne dit rien.
Esmée sourit en regardant la démarche fatiguée de son fils quand il alla dans sa chambre. Il avait passé d'agréables moments et était rentré sain et sauf à la maison. Et Esmée était heureuse de savoir que Carlisle et elle avaient si bien élevé Edward, c'était un fils merveilleux et un gentleman. Un sweatshirt était un petit prix à payer pour avoir changé son humeur, spécialement après ce qu'il avait vécu à la fin de son année scolaire.
...
*L'Ivy League regroupe les 8 plus anciennes et les plus prestigieuses universités du nord-est des Etats-Unis
To piddle : faire pipi
Inattendu non ?
C'était retour vers le passé :)
Un seul chapitre cette semaine car il fait 24 pages / 12841 mots !
