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… Chapitre 60 ...
La Mam'versation
Un petit moment auparavant dans le patio pendant que Bella faisait un arrêt à la salle de bain…
Edward regarda l'écran du téléphone de Bella et vit des traits familiers sur la photo souriante d'une femme d'âge moyen avec les yeux bleus et les cheveux châtain clair. Même s'il ne reconnaissait pas le visage, ça coïncidait avec plusieurs photos dans la chambre de Bella et même s'il n'avait ni lu ni reconnu le nom sur l'écran, la sonnerie, Take me out to the Ballgame, était un bel indice, Edward se souvint de cette sonnerie qu'il avait entendue pendant le petit-déjeuner avec Bella, le lundi matin et il savait que c'était sa mère qui appelait.
Quand il était passé par la porte coulissante pour appeler Bella et qu'elle n'avait pas répondu, il était retourné au téléphone, incertain. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il savait que la mère de Bella pourrait la rappeler si elle ne répondait pas ou Bella la rappellerait quand ça lui conviendrait mais il savait aussi que sa mère vivait loin. Il se souvint qu'elle avait voulu répondre lundi matin et elle allait probablement sortir assez vite de la salle de bain, il prit le téléphone de sa base, jetant un coup d'œil au nom sur l'écran, avant de répondre.
"Euh allô ? Mme Dwyer ?"
"Euh. Oh je suis désolée. J'ai dû faire une… attendez. Quoi ? Oui c'est Renée Dwyer. J'essayais d'appeler ma fille… où est-elle ? Oh Seigneur est-ce que c'est… c'est vous … Edward ?!"
Il rigola, heureux t'entendre que la mère de Bella semblait s'attendre à ce que ce soit lui et se souvenait même de son prénom. Ce devait être une bonne chose, Bella avait dû la rappeler entre-temps et lui parler de lui.
"Oui Madame Dwyer. C'est Edward, Edward Cullen."
"Bien Edward ! Bonjour appelez-moi Renée. Je m'excuse, je n'y croyais pas quand vous avez répondu au téléphone de Bella. J'ai cru que je m'étais trompé mais son numéro est programmé sur mon téléphone. C'est impossible de faire une erreur avec un numéro programmé, non ?"
Elle paraissait amicale mais un peu dispersée.
"Je… euh… non, je ne pense pas, Mme…euh… Renée."
"Je ne pense pas non plus. Bon, c'est très bien que j'ai une chance de parler avec vous. Vous êtes chez Bella ou bien c'est elle qui est chez vous ? Pas que ça me regarde vraiment je suppose. Je ne voulais pas paraître curieuse."
Edward sourit pour lui-même. Il pouvait parfaitement imaginer sa mère poser la même question et donner ensuite la même excuse, voulant quand même obtenir cette information.
"Non c'est bon. Je suis chez Bella. Elle m'a invité à dîner."
"Oh pourquoi ne pas le dire ? Je ne voulais pas vous interrompre. Je rappellerai Bella demain ou elle me rappellera quand elle pourra. Il n'y a pas d'urgence, j'appelais juste pour qu'on bavarde un peu. Je vous laisse revenir à votre dîner."
"Non c'est bon. Vous ne nous interrompez pas. Nous faisions une pause avant le dessert. Et Bella est à la salle de bain, je suis sûr qu'elle va bientôt revenir."
"Oh bien d'accord. Si vous êtes sûr que je n'interromps rien…?"
"Sûr et certain," dit Edward en souriant.
"Bon alors parlez-moi de vous puisque je vous aie en ligne Edward ! Je dois m'excuser pour mon insistance mais Bella peut être un peu comme Charlie – c'est son père – réticente à s'ouvrir et à partager. Mais maintenant que j'ai une voix à mettre sur votre nom, je suis juste un peu plus curieuse ! Alors pourquoi ne pas me parler de vous et me dire ce que vous faites dans la vie et comme loisir."
Edward rigola. Renée Dwyer allait droit au but.
Les yeux d'Edward étaient sur Bella qui revenait vers lui dans le patio. Elle voulait savoir à qui il parlait, vu qu'elle avait remarqué que c'était son téléphone qu'il tenait dans sa main mais il lui fit signe de patienter pendant qu'il donnait ses "stats" à Renée.
"Alors voyons voir, j'ai vingt-huit ans, yeux verts, cheveux bruns roux, un mètre quatre-vingt-deux, quatre-vingt-deux kilos. J'investis dans des capitaux-risque et je possède quelques entreprises locales. Je paie mes impôts, ne m'occupe pas de drogue, n'ai jamais été condamné, arrêté ou soupçonné de quoi que ce soit - pas que j'ai commis le moindre crime. J'aime lire, écouter de la musique et jouer du piano et de la guitare. Et récemment j'apprécie de passer beaucoup de temps avec votre merveilleuse fille."
Il fit un sourire à Bella en lui disant 'C'est ta mère'.
Mais Bella, en plein désarroi, voulut récupérer immédiatement le téléphone en sifflant, "Ohmondieu quelle mauvaise idée !"
Edward tapa sur sa main. Elle ne devrait pas s'en faire autant, il était confiant, il pouvait parfaitement tenir une conversation avec la mère de sa petite-amie. Et il continua d'écouter ce que Renée disait à l'autre bout de la ligne.
"Bien vous semblez être un bon gars, Edward ! J'aime bien avoir un visage à mettre à côté du reste. J'ai déjà demandé à Bella de m'envoyer une photo mais… bon je pense qu'elle a été réticente à vous le demander. Peut-être pouvez-vous faire ça pour moi ? Une photo pour satisfaire ma curiosité de mère ?"
"Bien sûr je serai heureux de faire ça pour vous, Renée !" dit Edward, en hochant la tête. Il leva les yeux et vit Bella qui avait couvert sa bouche avec ses deux mains comme si elle étouffait un cri silencieux. Il secoua la tête avec amusement et lui envoya un petit baiser en lui souriant.
"Je dois bien le dire… vous paraissez parfaitement charmant. Edward. Poli et bien élevé ! Vous paraissez équilibré et semblez parfaitement réussir, aussi, vous devez être un jeune homme intelligent."
"Merci j'aime penser que je le suis." Il fit un sourire éblouissant à Bella. Ça c'était la cerise sur le gâteau.
"Alors je me demandais juste… avez-vous couché avec ma fille ?"
Il en avala presque sa langue.
Il avait sûrement arrêté de respirer. Ça… ce n'était plus la cerise sur le gâteau.
Il se raidit pour faire bonne impression mais la mère de Bella ne pouvait pas voir ça et il déglutit en réfléchissant avant de parler… ou alors pour avaler la cerise sur le gâteau… qui ne l'était plus…
"Euh… je suis désolé ? Quoi ?" Les mots sortirent difficilement et ses yeux allèrent sur le visage de Bella.
Mais il était toujours dans sa main. Elle massait ses tempes et secouait la tête de consternation. Elle savait évidemment que la conversation allait prendre cette direction.
"Sexe, sexe Edward. Couchez-vous ensemble ?"
La voix de la mère de Bella n'était ni accusatrice ni exigeante. C'était une 'agréable conversation' et Edward se demanda si c'était normal. Et il fut reconnaissant tout à coup de n'avoir pas couché avec Bella parce qu'il s'imaginait devoir admettre cela avec sa mère à présent.
Heureusement elle ne parla pas d'être nus...
"Euh non ! Non madame." Il regarda Bella et essaya de lui faire un sourire rassurant mais c'était difficile parce qu'il se sentait très mal à l'aise.
"Oh bien. Non alors. Oh bien. Quand vous le ferez, promettez-moi d'être tous les deux intelligents. J'ai essayé de dire à Bella combien il était important d'être prudent. Je sais que c'est une fille intelligente et elle est très mûre d'habitude mais je sais combien c'est facile de tout oublier à ce moment-là. Alors je veux juste que vous sachiez prendre les bonnes décisions et être prudents."
Edward hocha la tête. Mais c'était plus des hochements de tête répétés, rapides presque spasmodiques.
"Bien sûr, Mme D… euh… Renée. Nous le ferons certainement… je veux dire oui… vous comprenez. Euh… écoutez ce fut un réel plaisir de parler avec vous Renée. Bella est là maintenant." Ses yeux allèrent à Bella qui était anxieuse à l'idée de récupérer cette débâcle.
"Merci Edward. Ce fut un plaisir de parler avec vous aussi. Faites attention ! Et prenez bien soin de mon bébé !"
"Ce sera fait. Au revoir." Il posa le téléphone dans la main de Bella en murmurant. "Je vais ouvrir cette deuxième bouteille de vin maintenant."
Elle le regarda s'éloigner très rapidement. Elle posa le téléphone contre son oreille.
"Maman ? Bonjour. Qu'est-ce que… ?" Bella n'alla pas plus loin dans sa question. Renée avait démarré au quart de tour.
"Hé chérie ! J'ai pensé t'appeler pour savoir comment ça se passait à l'école et pour voir si tu voyais Edward. Evidemment que oui ! Imagine combien j'ai été surprise d'avoir l'opportunité de lui parler ! Oh et il semble être poli et gentil et évidemment il réussit très bien. Et c'est très gentil à lui de plaisanter avec moi et me dire des choses sur lui… Et cette voix ! Seigneur ! Bien sûr je peux seulement imaginer le visage qui va avec. Il m'a dit que vous dîniez ensemble et je ne voulais vraiment pas vous interrompre mais il a dit que vous faisiez une petite pause avant le dessert. Alors que lui as-tu préparé Bella ?"
Elle cligna des yeux, essayant de récapituler tout ce que sa mère lui avait dit afin de lui répondre. Brièvement.
"L'école se passe bien et Edward et moi avons un pique-nique dans le patio – sandwiches et tout le reste…"
"Avec ces bonnes sauces que tu sais faire, tu lui as fait un sandwich, Bella ? Et vous mangez dehors, il ne fait pas un peu froid ? Un pique-nique convient pour un jour ensoleillé… je suppose qu'un pique-nique à la fraîche est l'excuse parfaite pour se blottir et créer un peu de chaleur."
Bella roula des yeux. "Edward m'a offert un panier de pique-nique pour ma pendaison de crémaillère et j'ai voulu m'en servir ce soir et oui il commence à faire un peu frais… Ecoute maman puis-je te rappeler plus tard ? Je ne peux pas laisser Edward attendre. Demain est une journée très longue. Je vais à un match à l'école mais je pourrai t'appeler pendant le week-end est-ce que ça irait ?"
"Oui bien sûr ! C'est parfait chérie. Passe une bonne fin de soirée avec Edward et on s'appelle ce week-end - et tu pourras tout me dire concernant la fin de ce dîner ! Je t'aime, Bella et je suis très heureuse pour toi, bébé !"
"Merci maman. Je t'aime aussi. On se parle ce week-end. Au revoir !"
Elle raccrocha et regarda Edward qui était dans la cuisine en train de verser du vin dans leurs verres.
"Sers-m'en un double," soupira-t-elle.
Edward rit. "Alors deux doubles qui marchent !"
Edward s'était attendu à avoir cette conversation sur son pénis avec son père mais il ne s'attendait certainement pas à discuter de ça avec la mère de Bella. Et sûrement pas à la première conversation avec elle. Au moins ils n'étaient pas face à face... il aurait eu une attaque. Mais maintenant il comprenait parfaitement la propension de Bella à dire des choses inattendues quelquefois. C'était évidemment un trait qui lui était venu par héritage…
