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Chapitre 61

A part ce qui est évident …

Tôt le vendredi matin, quand l'alarme près du lit de Bella se déclencha il y eut un grognement et Bella attrapa son oreiller et le mit sur sa tête.

Les yeux d'Edward clignèrent et s'ouvrirent doucement à ces bruits irritant et irrité. Il fronça les sourcils à cette vision perturbante du joli corps de Bella privé de sa tête et couché à côté de lui. Il réalisa que le premier bruit qu'il avait entendu provenait de l'alarme et le deuxième de la bouche de Bella sous l'oreiller.

Il se releva sur le coude en souriant et s'étirant par-dessus son corps chaud et sans tête et tendit le bras pour éteindre l'alarme sur la table de chevet. Le son sous l'oreiller continuait et il l'attrapa et le posa sur le côté. Le grognement de Bella s'arrêta quand il enleva une mèche de ses cheveux de son visage et se pencha pour l'embrasser sur la joue.

"Je suppose que ça signifie qu'il est temps de se lever," dit-il en passant doucement sa main sur la peau douce de son dos jusqu'à la courbe de ses fesses.

Son grognement recommença. "Nooooon. Non, non, non, nooooohhhhnnn." Un œil vitreux s'ouvrit, cligna et se referma immédiatement. "Je me sens comme une crotte de chien qu'on aurait écrasée," fit sa voix contre le matelas.

Edward rigola doucement et lui donna une tape sur les fesses. "Pour moi tu ne ressembles pas à une crotte de chien écrasée - je pense que tu es douce et adorable."

Le coin de la bouche de Bella se souleva en un sourire ensommeillé vers son gentil copain.

Elle tourna la tête un peu plus vers lui, en ouvrant les deux yeux cette fois. "Oh ma tête…oh là là."

Il s'approcha pour masser sa tête. "Ma pauvre Bella," l'apaisa sa voix. "J'aurais dû faire plus attention à combien nous buvions hier soir. Est-ce que tu as de l'ibuprofène ?"

Elle hocha la tête, en grimaçant au mouvement. "En bas. Dans le tiroir, sous la machine à café," marmonna-t-elle, s'asseyant difficilement et massant ses tempes douloureuses avec ses doigts.

"Reste là. Je vais t'en chercher. J'en prendrai pour moi aussi. Pourquoi n'irais-tu pas te doucher ? Ça te réveillerait et ça te remettrait les idées en place."

Elle opina et Edward sortit du lit, cherchant des yeux ses vêtements et chaussures qui étaient éparpillés sur le sol jusqu'à ce qu'il trouve son boxer. Il le mit et alla en bas en repensant à ce qu'il s'était passé après le pique-nique.

oooOOOooo

Après que Bella ait demandé à Edward de rester, ils terminèrent leur deuxième bouteille de vin et finirent de ranger rapidement le pique-nique. Mais en entrant dans la maison Edward trouva que Bella semblait plus calme que d'ordinaire. Et il pensa même qu'elle était un peu ailleurs après tout le vin qu'ils avaient bu mais elle était plus pensive que contente.

Edward sentit ses yeux sombres sur lui pendant qu'elle rangeait les restes et qu'il éteignait les lumières, pliait le plaid et fermait.

Il commençait à se demander s'il n'aurait pas dû garder toute cette histoire pour lui.

Il avait raconté tout ce désastre lors du bal de promotion à Alice. Et quand ses parents avaient voulu savoir comment ça s'était passé il leur avait raconté à contrecœur. Et bien sûr toute cette histoire s'était répandue partout les jours et les semaines qui avaient suivi, atteignant son point culminant le jour de la remise des diplômes. Mais depuis la fin horrible de cette dernière année d'études secondaires, Edward n'avait jamais partagé cette histoire avec personne d'autre. Jusqu'à aujourd'hui.

Ses yeux allèrent jusqu'à ceux de Bella et il y avait une ride qui s'était formée entre ses sourcils froncés.

"Bella… ça va ?" demanda-t-il doucement, en lui frottant le dos.

Elle le regarda avec surprise, ses pensées étaient ailleurs mais elle hocha la tête et murmura un doux mais pas très convaincu "ouais". Mais quelques instants après pendant qu'ils montaient l'escalier pour aller dans sa chambre elle s'arrêta brusquement et se tourna face à lui. Ils étaient séparés par une marche, leurs yeux au même niveau. Ses bras se posèrent sur ses épaules et ses mains glissèrent dans ses cheveux pour s'arrêter sur sa nuque, tirant sa bouche vers la sienne. Elle l'embrassa férocement, elle était légèrement ivre.

"Hummm…. Que me vaut ce baiser ?" lui demanda-t-il d'une petite voix quand elle se recula assez et posa sa tête contre son front, le bout de ses doigts s'enfonçant dans ses cheveux derrière sa tête et caressant sa nuque.

Elle soupira, son souffle passa sur les lèvres humides d'Edward. "Comment a-t-elle pu te faire ça ?! Je suis TELLEMENT en colère contre cette putain de garce ! Tu n'avais rien fait pour mériter ça !"

Les yeux d'Edward s'écarquillèrent. Bella avait laissé échapper quelques jurons l'autre soir dans la douche mais c'était à cause du sexe. Il essaya de se souvenir s'il avait déjà entendu Bella jurer dans une conversation mais il était sûr de ne l'avoir jamais entendue. Ses bras s'enroulèrent autour de sa taille et il la tira contre lui. Son sourire toucha ses lèvres et sa joue, sa mâchoire et resta appuyé contre son cou, l'embrassant jusqu'à l'oreille.

"Bella c'était il y a des années," murmura-t-il. "Ne laisse pas Lauren Mallory ruiner notre soirée, d'accord ?" Il recula pour lui faire son sourire en coin, en penchant la tête jusqu'à ce qu'elle finisse par opiner.

"Désolée." Elle leva la main pour caresser sa joue avec le dos de ses doigts en fixant ses beaux yeux verts. "Cette fille démoniaque n'a pas la moindre idée de ce qu'elle a raté," dit-elle doucement, en se penchant pour l'embrasser à nouveau. Edward sourit au sourire sincère qu'elle lui faisait et puis se recula. "Tu es parfait et je pense être très chanceuse de le savoir," murmura-t-elle, en serrant sa main dans la sienne et se tournant pour finir de monter l'escalier.

Mais elle s'arrêta et se retourna juste avant d'arriver en haut. Elle lui fit face. Ses bras se posèrent sur ses épaules et ses mains sur sa taille. Les lèvres d'Edward s'ouvrirent dans l'attente et il la regarda se demandant ce qu'elle avait à dire à présent.

"Je…. euh… j'ai prévu une surprise… pour… allez, demain… mais je voulais t'en parler maintenant," dit-elle, les yeux baissés en tripotant un bouton de sa chemise.

"Ah oui ? Quoi ?" Son sourire s'élargit, la curiosité piquée. Il tendit son bras pour ranger une mèche de cheveux derrière son oreille.

"Je ne pourrai pas aller au match avec toi," dit-elle fermement en le regardant, ses yeux bruns sur les siens.

La bouche d'Edward s'ouvrit. Il essayait de comprendre comment c'était possible. C'était une mauvaise surprise. Vraiment.

Il fronça les sourcils. "Je ne comprends pas… Je pensais que nous allions manger puis…"

"Je veux dire que je ne peux pas y aller avec toi… Nous y allons toujours mais on se retrouvera là-bas. A l'école…" Elle hocha la tête à ses propres mots et recommença à tripoter le bouton de la chemise d'Edward.

"Ah !?" Edward se sentit soulagé mais ensuite il fronça les sourcils à nouveau. "Je ne comprends pas, c'est ça la surprise ? Elle n'est pas très bonne."

Bella fit un petit rire. " Je m'explique mal. Je veux dire… je reviendrai pour te retrouver au barbecue, à l'école. "J'ai un ... euh… rendez-vous chez… le médecin… plus tard dans l'après-midi." Elle le fixa, le regard perçant et un peu trouble aussi.

"Pourquoi ? Qu'est-ce qui ne va pas ?" demanda-t-il anxieux soudain. Si Bella avait des problèmes de santé ce serait une surprise encore plus merdique que ce qu'il avait pensé.

Bella rigola en voyant son expression inquiète. Il ne savait pas. Elle rougit légèrement, les yeux étincelants en se penchant plus près, ses lèvres effleurant son oreille, la chatouillant quand elle chuchota. "C'est un rendez-vous pour choisir… un moyen de contraception… pour moi… pour nous." Elle se recula et le regarda, ses yeux brillant légèrement et elle sourit confiante, conspiratrice et… contraceptive.

Edward exhala doucement. Il commença à sourire puis il s'arrêta. "Es-tu sûre ?" demanda-t-il, en cherchant ses yeux.

"Oui, je suis sûre que j'aie un rendez-vous…? Oui !" rigola-t-elle sottement à sa plaisanterie. Puis son expression devint plus grave bien qu'elle-même ne le soit pas. Sa voix était douce, rassurante et sincère quand elle continua, ses yeux bruns et chauds fixés sur lui. "Je suis sûre de toi ? OuiEdward je le suis. Suis-je sûre de vouloir faire l'amour avec toi ? Oui. Aussi. Je te veux. J'espérais peut-être demain soir… ou ce week-end… nous pourrions…"

Elle fit un petit bruit et les mains d'Edward se posèrent sur ses joues, prenant tendrement son visage en coupe, en l'embrassant pour la faire taire. Au début. Mais le baiser devint plus intense parce que sa surpriseses mots… avaient touché Edward plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Elle avait pris cette décision pour lui… parce qu'elle voulait faire l'amour avec lui… spécifiquement.

"Je te veux aussi Bella," murmura-t-il contre ses lèvres, en se reculant un peu pour regarder dans ses yeux. "Je veux simplement … que tu sois sûre..."

Elle lui sourit, ses yeux pétillaient. "Je le suis."

Edward passa ses bras autour d'elle, ferma les yeux et appuya son front contre le sien. Il la tint pendant un moment, se sentant incroyablement chanceux. Ensuite il soupira, redoutant l'autre partie de la conversation qu'il fallait qu'ils aient, c'était la partie dont il n'était pas particulièrement fier, sûrement ce dont elle s'inquiétait. Il se recula à nouveau pour la regarder.

"Bella… je ne veux pas que tu t'inquiètes que j'aie…" Il hésita en se léchant les lèvres. Sa bouche était brusquement devenue sèche. Avoir à dire à cette jeune fille douce et innocente qu'il était clean, le faisait se sentir sale. Il déglutit difficilement et continua bien qu'il ne puisse pas la regarder dans les yeux. "J'ai toujours pris mes précautions, Bella. J'ai toujours fait très attention. Et je viens de faire des tests, je suis clean." Ses yeux se levèrent enfin, incertains, pour la regarder. "J'ai … euh… les résultats du labo… si tu…"

Bella vit bien qu'il doutait de lui et elle lui prit la main fermement. Elle lui fit un sourire rassurant et secoua la tête. "Je n'ai pas besoin de les voir. Je te fais confiance Edward."

Et sur ce, elle le tira de façon décidée jusqu'en haut de l'escalier et ils entrèrent dans sa chambre, trébuchant légèrement comme elle le faisait toujours.

oooOOOooo

Edward trouva l'ibuprofène dans la cuisine, prit quelques comprimés dans sa main pour eux deux et attrapa deux bouteilles d'eau dans le frigo. Il revint là-haut et entendit le bruit de l'eau dans la douche de la grande chambre.

La porte de la salle de bain était entrouverte. Il la poussa doucement et il vit sa magnifique petite-amie nue par la vitre en verre, le visage tourné vers le jet d'eau, les yeux fermés. Il ouvrit la porte et Bella tourna la tête, ouvrant ses jolis yeux toujours bouffis pour le regarder.

"Tiens, amour," dit-il en lui tendant les comprimés et il lui en mit deux dans la bouche.

"Oh merki Ewaé," marmonna-t-elle.

"De rien !" Il sourit et ouvrit rapidement une bouteille d'eau et la fit passer par l'ouverture pour la lui tendre. Ensuite il prit les deux siens et les avala avec de l'eau. Il la regarda boire avidement, ses yeux sur son cou pendant qu'elle avalait et ensuite son regard revint sur son joli corps où l'eau de la douche ruisselait sur les creux et les courbes, à présent familières. Elle pouvait se sentir mal mais elle était toujours aussi incroyablement magnifique à regarder.

Elle ouvrit les yeux et tendit à Edward la bouteille presque vide. "Tu veux me rejoindre ?" lui demanda-t-elle.

Oui.

Bien sûr qu'il voulait. Il voulait être avec elle. Intimement. Doucement. Tendrement. Durement. Passionnément. A plusieurs reprises et de toutes les façons. Il s'était vu faire ça le week-end entier. Il voulait malaxer et tenir… comme il l'avait fait hier soir. Il voulait sa bouche et ses lèvres et sa langue sur ses endroits les plus intimes, goûtant et taquinant, la faisant basculer par-dessus le summum du désir tout comme il l'avait fait hier soir.

Et juste comme elle l'avait fait pour lui aussi.

Ses yeux qui s'assombrissaient se concentrèrent sur sa bouche.

Ses lèvres…

Cette langue…

Le souvenir de cette expérience lui envoya un frisson dans le dos. Soudain il fut droit comme un mât, son boxer prêt à s'envoler et il lutta contre le désir de se jeter sur elle.

Malheureusement rien ne lui laissait penser qu'elle était comme lui à cet instant, elle se déplaçait lentement et puis elle devait se préparer pour le travail, ses yeux ne pouvaient donc pas s'attarder avec envie sur les merveilles que faisait la bouche de Bella Swan.

Et ça c'était vraiment dommage.

Oh Seigneur… Putain…

Tu sais que tu rends ça juste encore un peu plus… difficile… pour toi, tu le vois ?

Plus difficile. Si intelligent. Mais tu as raison. Elle est vraiment trop tentante…

Eloigne-toi… de ta sexy mouillée et nue petite-amie, Cullen.

Bella fut un peu lente à réagir mais ses yeux furent attirés par le renflement évident de son boxer. "Oh !" lâcha-t-elle alors que ses yeux s'écarquillaient de compréhension. "Oh !" répéta-t-elle quand elle vit qu'il était gêné. Son visage rosit – non pas à cause de la chaleur de la douche mais à cause de l'excitation que lui provoquait la vision de sa virilité érigée et de la soudaine expression arrogante dans ses yeux assombris et pleins de désir.

Il sourit… de façon arrogante aussi. Et encore. "Oui Bella – oh !" il lui fit un clin d'œil salace. "J'irai juste me doucher chez moi plus tard. Et on se retrouve en bas quand tu auras fini." Il referma la porte en rigolant, et lui et son boxer noir distendu quittèrent la salle de bains… toute arrogance dehors.

Bella se lava en mode automatique, ses pensées excitées concernant son petit-ami sexy merveilleux et parfait et les merveilles que sa bouche et ses doigts et ses mains ainsi que son érection si imposante pouvaient faire.

oooOOOooo

Elle l'avait presque attaqué au moment où ils étaient arrivés hier soir dans sa chambre, lui arrachant presque ses vêtements et les jetant au sol n'importe comment. Bon, elle n'était pas la seule. Il avait quasiment fait pareil. Ensuite elle l'avait attiré vers le pied du lit, le poussant pour qu'il s'asseye avant qu'il puisse lui enlever sa culotte et son soutien-gorge. Ensuite elle était allée vers la fenêtre et avait senti ses yeux sur elle, elle avait allumé les grandes étoiles en papier et la chambre avait été soudainement inondée par leur éclat.

Bella ne savait pas bien d'où provenait sa soudaine confiance d'hier soir. C'était probablement une combinaison de choses : ses sous-vêtements qui la faisaient se sentir puissante, le coup de fouet du vin et de l'alcool dans lequel avaient mariné les fraises, ainsi que la lumière des étoiles et le regard noir de désir d'Edward quand elle s'était retournée vers lui. Elle l'avait poussé vite fait plus loin sur le lit et il s'était couché, la regardant avec le regard brûlant pendant qu'elle s'allongeait sur lui, pour s'asseoir sur lui… ou … sur sa longueur… se frottant lentement contre sa gloire.

Elle s'était dégrafé le soutien-gorge en le regardant, si incroyablement beau et apparemment captivé par chacun de ses mouvements, les yeux noirs, la bouche entrouverte. Les muscles de ses bras fléchissaient en accompagnant son mouvement contre lui, son torse sculpté bougeant à chaque respiration, ses hanches rencontrant les siennes. La friction était délicieuse. Les sons étaient électrifiants - ses inspirations sifflantes et ses expirations par à-coups, ses gémissements doux et ses plaintes de plaisir se fondaient dans les siennes, remplissant sa bouche alors que ses mains touchaient, prenaient en coupe et malaxaient.

Bella était au-dessus d'Edward, l'embrassant rudement et après un certain temps elle commença lentement à embrasser, lécher et sucer de son cou à ses clavicules et vers sa poitrine. Ensuite elle descendit le long de son corps… pour arriver à son autre longueur. Edward se tendit légèrement, ses longs doigts et ses mains fortes la stoppant.

"Bella ?" Sa respiration était difficile et sa tête soulevée pour pouvoir la regarder. "Qu'est-ce que tu fais ? Où vas-tu ?"

Elle s'arrêta et enfin murmura doucement, "Je voulais juste essayer... quelque chose."

Elle vit ses narines se dilater. Et elle l'entendit déglutir. Et bien que sa respiration soit calme, elle pouvait voir le mouvement de sa poitrine. Sa bouche se remit en contact avec son corps, reprenant son chemin, de ses pectoraux à ses abdominaux. Et ses mains arrêtèrent sa progression une fois de plus.

"Bella…" sa voix était rauque. "Je ne veux pas que tu penses devoir…"

"Je sais que je ne suis pas obligée Edward… Je le veux aussi," dit-elle, en le regardant avant de rebaisser la tête pour suivre le chemin de poils qui conduisait au-dessous de son nombril, vers la Grande Tente en dessous.

Elle n'aurait probablement pas dû faire de commentaire. Elle aurait dû laisser tomber mais la consommation excessive d'alcool l'incita à être trop bavarde alors elle leva la tête pour ajouter, "Euh… je… j'ai essayé aujourd'hui, j'ai… je me suis entraînée…"

"Quoi ?!" cracha Edward. En un clin d'œil il s'assit, en poussant Bella sur ses genoux et en la fixant complètement choqué. "Tu t'es entraînée ? Avec qui ?" cria-t-il.

Elle cligna des yeux, complètement perdue. Il avait l'air absolument consterné et jaloux. Bella réalisa soudain ce qu'il avait compris et elle éclata de rire. Et puis comme elle n'arrivait pas à la fermer et à retenir les informations embarrassantes, elle lui expliqua beaucoup plus que nécessaire.

"Oh seigneur, je ne me suis pas entraînée avec un gars, Edward ! Je me suis entraînée avec un fruit ! J'ai pris une banane cet après-midi et ça m'a fait penser… Oh putain…" Elle s'arrêta et le regarda. "Est-ce que j'ai vraiment dit ça à voix haute ?"

Elle regarda le visage d'Edward passer de la consternation au soulagement puis à l'incrédulité stupéfaite… et ensuite il éclata de rire. Il essaya tant bien que mal de se retenir en mordant sa lèvre inférieure. Cela aurait pu fonctionner si Bella n'avait pas pensé à comparer sa queue à une banane et évidemment elle l'avait fait, ce qui fit tomber Edward sur lit dans une hystérie aussi irrépressible que soudaine.

"Edward !" lâcha-t-elle bien qu'elle se soit elle aussi déjà mise à rire de sa réaction à sa bêtise. "Edward, laisse-moi respirer !" cracha-t-elle, en tapant légèrement sur ses pectoraux. Elle roula des yeux en s'agenouillant au-dessus de son corps presque parfait qui s'agitait. Et malheureusement elle ne réfléchit pas une seule seconde aux mots suivants - embarrassants et horribles, qui allaient sortir de sa bouche ensuite.

"Je me suis entraînée parce que je ne veux pas être ridicule* !"

Evidemment au moment où cette exclamation sortit de sa bouche elle rougit à profusion. Edward s'arrêta de rire, ses sourcils remontèrent jusqu'à la racine de ses cheveux à l'incongruité de ses mots puis il reprit de plus belle. Bella se coucha sur lui cachant, son visage contre son torse pendant qu'il serrait contre lui sa petite-amie impayable dans ses bras, en riant de nouveau à ces mots imprévisibles et imprévus qui sortaient de sa bouche.

C'est un nouveau modèle de Renée Dwyer !

"Oh enfer," grogna-t-elle contre son sternum. "Juste. Ferme. Ta grande Bouche."

De nouveaux rires sortirent de ses lèvres. "Je n'ai absolument rien dit !" protesta-t-il. "Je n'ai même pas dit un seul mot ! Ton raisonnement me semble un peu paradoxal, amour." Il rigola diaboliquement en attrapant sa tête pour l'embrasser sur le dessus.

"Vas y continue comme ça Edward," souffla-t-elle. "Pour voir le bénéfice de mon entrainement avec ma banane ou de mes recherches sur internet."

Il continua à rire.

Mais ensuite il s'arrêta brusquement. "Attends… sur internet ? Tu veux dire… du porno ?!"

"Non ! J'ai juste cherché sur G°°gle pendant que je faisais les biscuits ! On peut tout trouver sur Internet!"

oooOOOooo

Et avec cette partie de la conversation en tête, elle sortit de la douche enveloppée dans deux serviettes avec un air renfrogné quand elle jeta un coup d'œil au reflet dans le miroir.

Sérieusement Isabella Marie… qu'est-ce que cet homme doit voir en toi ? Tu es si absurde putain !

Un moment plus tard cependant un petit sourire apparut au coin de ses lèvres pendant qu'elle commençait à démêler ses cheveux mouillés.

Bien, c'était vraiment très drôle. Et tu avais bu. Et il semblait bien apprécier tes bêtises - il me semble me souvenir qu'il a employé le mot adorable, inestimable et même mignon.

C'est vrai.

Et il a même dit Oh Jésuuuuus Christ, Bellaaaaaah, hummmm. Il faut que tu arrêtes amour…. Et Bella ! Arrête ! Je ne vais pas pouvoir…. Oh seigneur…. ooooh Seigneur !

Ouaip. Et puis il y a eu cette série de grognements et de gémissements quand il s'est figé puis il s'est agité et a explosé et vraisemblablement il s'est trouvé mal un instant plus tard.

Bella se serra dans ses bras en souriant à son reflet.

Je pense qu'Edward a vraiment aimé mes compétences en banane. Et mes recherches sur le net.

C'est vraiment bien d'être capable de lui faire autant de bien !

Et c'est tellement mieux quand c'est réciproque.

Oui ! Seigneur, il est bon !

Amen, Isabella Marie ! Cette bouche magique qu'il a ! Putain ! J'ai vu les ETOILES ! Une constellation CULLEN tout entière !

C'est vraiment quelque chose qu'on peut dire en parlant d'un cullenlingus.

Bella avait vite besoin d'une distraction. Elle attrapa son sèche-cheveux et commença. Elle n'avait pas du tout de temps pour une seconde douche - froide - pour chasser ses pensées chaudes concernant son sexy petit-ami.

oooOOOooo

Edward était resté quelques temps à l'extérieur de la salle de bain, laissant Bella sous sa douche. Il ne put s'empêcher de sourire à sa réaction quand elle avait vu son érection et rigoler tout seul à ses grands yeux écarquillés. Mais sérieusement à quoi s'attendait-elle ? Bien sûr ses pensées retournèrent à la soirée précédente. Et aux événements qui avaient suivi… ceux qui allaient suivre… et ceux qui suivraient dans le week-end. Ce qui allait arriver en général. Et pour cette raison il se retrouva dans sa chambre, en train de fixer le lit, immobile et imaginant observer Bella comme il l'avait fait hier soir.

A la minute où il avait réalisé ses intentions la nuit précédente, il avait, bien sûr été excité mais il était sûr qu'elle n'avait jamais fait ce genre de choses à un homme avant. Il s'attendait à ce qu'elle soit hésitante dans sa tentative.

Il n'aurait pas pu davantage se tromper.

Apparemment il y avait tout un tas de choses qui pouvait s'apprendre avec une banane et une recherche en ligne.

Putain !

Elle l'avait à nouveau surpris, allant vers son aine avec envie. Son entrainement avec sa banane n'avait été rien d'autre que merveilleux.

Ses expériences précédentes ne pouvaient s'y comparer. C'était bien, physiquement mais c'était complètement vide émotionnellement. Il ne pouvait pas croire ce qu'une telle connexion avec quelqu'un, pouvait faire une aussi grande différence. Ça avait été plus et avait signifié bien davantage parce qu'elle était différente. Il le ressentait en lui et à ses actions. Elle était tout. Il avait dû faire beaucoup d'efforts pour ne pas la mettre sur sa poitrine ensuite, la tenir contre son cœur qui battait comme un fou et lui dire qu'il l'aimait plus que ce qu'il avait pensé humainement possible.

Mais ce n'était pas supposé se passer ainsi. Pas par rapport à tout ce qu'il avait lu. Pas après qu'une fille ait fait ça. Et même si vous étiez sûr à cent pour cent que cette fille était destinée à être l'amour de votre vie, ce n'était probablement pas le bon moment. Il pourrait sembler que ces trois petits mots aient été simplement induits par l'orgasme ou la reconnaissance pour l'acte en lui-même. Il ne voulait pas qu'elle pense cela en ce moment. Alors il avait ravalé ces trois petits mots, les gardant en sécurité au coin de son cœur et de sa tête pour un moment plus opportun – un qui semblait se rapprocher de plus en plus maintenant.

Plus tard dans la nuit pendant qu'il tenait sa copine qui dormait contre la chaleur de son corps, Edward se fit une promesse silencieuse pour lui et elle. Avant qu'il lui fasse l'amour demain soir, il lui dirait qu'il était amoureux d'elle. Irrévocablement. Et ensuite il pourrait lui montrer par ses actions combien il était amoureux et lui dire aussi souvent que possible ensuite.

Il entendit l'eau de la douche arrêter de couler et il réalisa qu'il était resté là, dans sa chambre, tout ce temps à train de se repasser la soirée précédente puis la nuit et les mots qu'il finirait finalement par lui dire ce soir. Il hocha la tête, décidé puis il s'habilla, fit le lit et récupéra les vêtements de Bella par terre. Il s'arrêta pour respirer cette odeur intoxicante sur sa jolie lingerie en dentelle bleu marine qu'elle portait hier. Ensuite il roula des yeux à sa probable perversion… et de nouveau le problème apparut dans son pantalon… il descendit quand le sèche-cheveu se mit en marche dans la salle de bain.

oooOOOooo

Quelques instants plus tard, dans la cuisine, il entendit des pas légers dans l'escalier et presqu'au même moment la voix de Bella.

"Est-ce que ça sent le bacon ? Tu m'as préparé le petit-déjeuner à nouveau ?! Miam !"

Edward rigola. "On dirait vraiment que quelqu'un va bien mieux." Il regarda par-dessus son épaule.

Bella semblait aller beaucoup mieux. Elle souriait, ses yeux étaient brillants et elle avait les joues roses. Elle était habillée confortablement pour aller travailler aujourd'hui, un jeans noir et un polo rouge avec une broderie dorée qui disait qu'elle appartenait à la communauté enseignante de Fawkes High School. Ses cheveux étaient attachés en queue de cheval, ce qui la faisait paraître plus jeune et le regard d'Edward s'adoucit. A ce moment elle lui rappela beaucoup la petite adolescente qu'il avait vue sur les photos – celle qu'il avait bousculée beaucoup d'années auparavant, dans un cinéma.

"Je me sens bien mieux," convint Bella. "Ces comprimés m'ont bien dopée. Et puis aussi la douche. Honnêtement je ne pensais pas avoir faim mais ça… c'était avant que je sente le bacon." Elle posa sa main sur son dos en le frottant légèrement comme il se retournait vers sa poêle.

Il hocha la tête à ses mots. "Beaucoup de gens ne jurent que pour un petit-déjeuner gras après une gueule de bois. Je ne sais pas vraiment si ça fonctionne mais c'est le moment d'essayer. J'ai vu le bacon au frigo alors j'ai fait du bacon avec des œufs sur du pain grillé."

"Ça me semble génial," dit-elle en se décalant pour verser du café dans son thermos et en rajouter dans la tasse d'Edward qui était posée à côté. " Tu sais, tu n'avais pas besoin de faire ça Edward. Je peux prendre une barre de céréale ou un fruit pour la route."

Il haussa les épaules. "Il semblerait que j'aime faire ça. J'aime te faire un vrai petit-déjeuner. Et j'ai le temps. C'est toi qui dois être au travail à sept heures du matin. Il y en a d'autres qui ne commencent pas avant neuf heures."

"Certains sont un peu grossier de le faire remarquer," sourit-elle, en ajoutant de la crème dans les cafés.

"C'est précisément la raison pour laquelle certains aiment faire le petit-déjeuner pour adoucir tout ça," sourit-il en coin, en posant les assiettes sur le comptoir et qu'il suivit Bella sur les tabourets.

"Eh bien je nous ferai le petit-déjeuner ce week-end alors," promit-elle, en lui souriant.

"Et j'en serai très content," répondit-il en s'asseyant à côté d'elle, en se tournant sur le tabouret qui était plus ou moins positionné entre ses longues jambes écartées.

"Hummm mmmm," fit-elle en appréciant la première bouchée et faisant glisser sa main libre sous la sienne qui était posée sur sa cuisse.

Il rigola la bouche pleine et serra sa main. "Hum mm."

Ils mangèrent tranquillement pendant un moment avant qu'Edward parle à nouveau. " Alors tu as des projets pour ce week-end ?"

Bella faillit avaler sa bouchée de travers mais elle essaya de l'avaler, ne toussant que légèrement. Elle le regarda en haussant un seul sourcil au-dessus de ses yeux chocolat, mordillant sa lèvre et rougissant.

Edward grogna du fond de la gorge, en enlevant sa main de sur la sienne et enroulant son bras autour de son dos pour la rapprocher de lui. Ses lèvres se posèrent sur la peau fine de son cou, juste sous son oreille et sa voix était pleine de désir quand il parla.

"Je veux dire à part ce qui est évident, amour."

Il l'embrassa de nouveau et la main de Bella alla caresser sa mâchoire piquante. Elle détourna son visage rouge de ses yeux noirs et étincelants et ses lèvres formèrent un sourire. Il semblait évident qu'ils savaient tous les deux ce qui était évident.

"Bien… mis à part ce qui est évident… Il faut que je me mette à chercher une voiture."

"Donc tu as décidé que tu allais vendre ton vieux pick-up ?" demanda-t-il, avant de prendre une autre bouchée de son sandwich.

Elle soupira. "Je ne pense pas vraiment avoir beaucoup le choix. Je ne m'attendais pas à avoir à acheter quelque chose si tôt mais je pense qu'avec l'argent et le temps que je vais dépenser pour le faire réparer, plus l'argent de la location c'est sûrement mieux d'essayer de vendre mon camion à un collectionneur qui prendra le temps de le réparer. Je récupérerai tout l'argent que je peux en obtenir et l'utiliser pour un acompte pour une voiture puis j'étalerai les paiements sur les prochaines années."

"Tu vas acheter une voiture neuve ?" demanda Edward.

"Non probablement pas. Si j'en trouve une d'occasion. Quelque chose de meilleur marché." Elle prit une autre bouchée de son sandwich.

Il hocha la tête en fronçant les sourcils. Il n'était pas bien sûr d'aimer cette idée qu'elle conduise un truc moins cher. Moins cher allait de pair avec ancien, petit, peu fiable et surtout… dangereux. Elle avait déjà conduit un truc dangereux qui avait presque explosé dans son garage.

Bella le regardait, se demandant pourquoi il fronçait les sourcils. Il était évident qu'il avait une idée et elle voulait la connaitre.

"Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de m'occuper de ça jusqu'à présent mais je pourrai le faire samedi matin en regardant dans le journal. Tu voudrais venir avec moi, tu sais, pour aller voir des voitures si j'en trouve?"

"Bien sûr, j'irai avec toi. Je n'ai rien de prévu… à part… l'évident bien sûr." Il lui fit son sourire en coin. Et bien que ça puisse paraitre cavalier, ses yeux montraient à Bella que pour elle et lui l'évidence signifiait bien la même chose et elle lui sourit en retour.

"Alors je suppose que tu peux demander à ton mécanicien… Alec ?" Il opina à sa question. "Tu peux lui dire que je le vends s'il peut trouver un restaurateur enthousiaste pour un Chevrolet de 1953. Ce serait bien de savoir que quelqu'un veut le réparer et je me sentirai mieux de la vendre."

Il sourit en hochant la tête. "Ok je le lui dirai."

Ils terminèrent de petit-déjeuner, rangèrent la cuisine et Bella rassembla ses affaires pour aller travailler.

"Je voudrai savoir quelque chose," dit Edward pendant qu'ils allaient dans l'allée. " Je me suis demandé… ton ami… Jake… il est mécanicien pas vrai ?" Bella hocha la tête. "N'a-t-il pas travaillé sur ton camion ?"

Bella s'arrêta près du Ford Bleu. "Si," dit-elle, en hochant la tête à nouveau.

"Bon, pourquoi n'a-t-il pas fait un meilleur boulot pour le réparer ?" demanda-t-il, en fronçant les sourcils ce qui montrait qu'il était un peu irrité.

Bella cligna des yeux de surprise.

"Edward, Jake a beaucoup travaillé pour réparer ce camion ! Il l'a refait marcher et l'a maintenu en état en dépensant le moins d'argent possible pendant six ans. Crois-moi Jake aurait voulu le refaire entièrement, tu sais comme dans ces émissions de restauration qu'on voit à la télé – il aime regarder ça. Mais il ne pouvait simplement pas faire davantage avec lui."

Edward se sentit désolé mais pas satisfait de cette réponse. "Je ne comprends pas. Pourquoi pas ? Il ne savait pas comment ?"

"Non il l'a fait. C'est juste que…" Elle haussa les épaules et rougit légèrement, se sentant soudainement mal à l'aise. Elle soupira. "Je vivais à Seattle et les études pendant cinq ans… mon père et moi n'avions plus vraiment d'argent à lui consacrer. Alors Jake n'a fait que ce qui était absolument nécessaire et quand ça le devenait, il faisait en sorte que ça coûte le moins cher possible."

"Oh," dit-il en hochant la tête et en se sentant bête. Sa main alla dans ses cheveux pour les tirer. "Je suis désolé Bella… je… je ne voulais pas être grossier."

Elle haussa les épaules et sourit. "C'est bon. Je peux comprendre pourquoi tu te poses la question." Son sourire s'agrandit. "Je ferai mieux d'y aller Edward. Il faut que je sois au travail à sept heures et demie… comme tu le sais…"

Il sourit car elle venait de répéter ses mots exacts. Il ouvrit la portière et s'approcha pour la serrer dans ses bras. "On se voit plus tard. A quelle heure tu as rendez-vous ?" demanda-t-il en relevant son menton pour pouvoir la regarder.

Elle rougit. "A cinq heures moins le quart, je serai de retour vers cinq heures et demie…"

Il hocha la tête. "Je penserai à toi… beaucoup. "Sa bouche se rapprocha de la sienne et il l'embrassa.

"Je penserai à toi aussi… évidemment," répondit-elle, avec le sourire et un éclat dans ses yeux puis elle se sépara de lui.

Il rigola au sous-entendu tandis qu'elle montait dans le camion et s'installait. Il se pencha pour l'embrasser encore une fois avant de fermer la portière. Après avoir fait un signe de la main il se dirigea dans la rue, le cœur heureux et le sourire satisfait.

Bella démarra le pick-up et ensuite elle fouilla dans son sac pour en sortir le téléphone. Elle chercha de la musique jusqu'à ce qu'elle trouve le morceau qu'elle avait écouté hier en préparant le pique-nique.

C'était Lana del Rey, Lucky Ones. Une version plus rapide, parce qu'Edward semblait aimer les morceaux comme ça. Elle brancha son téléphone à la prise, s'assurant que la musique était sur repeat, elle se demanda s'il connaissait ce morceau, la musique commença et elle s'attacha. Elle augmenta le volume et finalement sortit son camion de l'allée. Elle fit une pause au milieu de la rue pour faire un autre signe à son merveilleux petit-ami qui était arrivé dans son allée et la regardait avec des yeux verts et souriants et son merveilleux sourire en coin.

Pendant que Bella conduisait sur Stardust Lane elle chantait aussi. C'était son moment préféré. Il s'agissait des étoiles qui s'alignaient et elle se demanda si le destin avait joué un rôle dans sa rencontre avec quelqu'un de spécial. Elle devait remercier sa bonne étoile d'avoir rencontré Edward Cullen.

* Jeu de mot intraduisible : to suck veut dire sucer mais aussi "ça craint"