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Chapitre 63

Monsieur et Mlle Manque de Communication …

"Qu'est-ce que vous lisez tous ?" demanda Bella à nouveau, regardant d'Edward à Emmett et au reste du groupe autour d'eux en revenant de son petit tour aux toilettes. Elle était seule, Rose s'était arrêtée pour bavarder avec des amis dans les gradins. Jasper souriait à Bella mais tous les autres réagirent de la même manière étrange à sa question.

Il y eut un silence maladroit et leurs yeux se fixèrent sur elle puis sur Edward et ainsi de suite comme s'ils étaient tous des cerfs pris dans le faisceau lumineux de phares. Mais il n'y avait pas qu'un seul cerf qui avait été pris dans les phares. C'était un troupeau entier.

Maman cerf, papa cerf, bébé cerf…*

Meilleur ami cerf.

Cher Edward…

En regardant tous ces cerfs effrayés, la lumière se fit dans la tête de Bella. Elle se sentit toute étourdie, le regard coupable d'Edward et combiné avec les mots d'Emmett, tout cela prit un sens.

Oh mon Dieu…

Ils lisent tous.

Ils lisent… tous ?

Ils lisent tous.

OH. Mon Dieu.

ILS LISENT TOUS ?!

OH PUTAIN DE MERDE!

Alors que Bella était prise par le tourbillon de ses réflexions, le monde selon Edward était en train de s'arrêter. Chaque nanoseconde semblait passer dans un ralenti infini et une clarté haute définition douloureuse.

Edward n'était pas du tout prêt à la réapparition soudaine de Bella au moment précis où Emmett posait la question. Son esprit et sa bouche tournaient au ralenti essayant de s'échapper de ce bourbier quand il vit la compréhension, l'incrédulité et finalement la douleur dans les yeux de Bella. Et Edward aurait préféré voir la lueur d'espoir d'un rougissement mais Bella ne rougit pas, elle pâlit. Et c'était mauvais. C'était bien pire qu'un rougissement. Edward fut rempli d'effroi en voyant son visage pâle, se demandant si elle allait s'évanouir.

"Bella…" demanda-t-il, peu sûr de lui.

Sa douleur et l'alerte dans ses yeux lui sautèrent au visage. Il y vit l'incrédulité et l'inquiétude. Ses lèvres bougeaient en silence avec les mots qui couraient dans la tête d'Edward.

"Ohmondieu ! Ohmondieu ! Ohmondieu !"

Confronté à cette situation inattendue et évidemment affreuse – sur laquelle il n'avait aucun contrôle – Edward sentit comme un poing froid serrer son cœur. Ça devint comme un étau quand Bella fit brusquement demi-tour pour descendre dans les gradins.

"Bella attends!" appela-t-il, enlevant sa sœur choquée de sur ses genoux.

"Edward, tu ne lui avais pas dit ?!" fit la voix incrédule d'Emmett.

Putain ça n'était pas assez évident ?!

"Le parking, Edward !" cria Alice, alors que Bella descendait rapidement.

Encore un point de plus pour la putain d'équipe de l'évidence… !

Edward entendit encore quelque chose d'assez surprenant, quelque chose qui avait été sifflé tandis qu'il partait après sa copine.

"Merde ! Dépêche-toi Edward !"

Pendant vingt-huit ans il n'avait jamais entendu sa mère jurer. Alors ça renforçait juste un peu plus cette évidence qu'il avait complètement foiré cette fois. Et bien sûr il n'avait pas besoin qu'on lui dise de se dépêcher – il avait démarré tout de suite après Bella – si vite qu'il avait presque percuté Rose qui remontait vers eux.

"Oh Seigneur Rose !" s'exclama-t-il, s'arrêtant tout juste pour éviter de renverser son chocolat. Ils firent la danse pour se croiser, bougeant sur le côté en même temps, plusieurs fois empêchant l'autre de passer. Il était tellement frustré qu'il l'attrapa et la mit sur le côté en lui disant "désolé excuse-moi" pour finalement passer et dévaler les gradins.

Il se faufila dans la foule dense des fans de football pour retrouver l'escalier en marmonnant des "désolé excusez-moi" en chemin. Il luttait contre le courant lent tel un saumon qui essaie d'avancer. Et il fut tenté de rugir en les poussant hors de son chemin tellement il était exaspéré.

Atteignant enfin la fin des gradins et de la foule, il repéra Bella dans son sweat gris clair, de l'autre côté du terrain et vers le parking où elle allait selon toute évidence et était trop loin de lui.

Il courut après elle, ses longues jambes s'activant, son cœur battant au fond de sa gorge – bien que l'effort soit peu intense. Il se réprimanda tout en courant. Il avait pensé qu'il pouvait la protéger de la colère de cette situation délicate. Mais il était maintenant évident que ça n'avait pas été une bonne idée de garder les choses qu'elle méritait de savoir à son sujet. Il n'avait pas réussi à la protéger, il n'avait réussi qu'à la blesser royalement.

"Bella attends !" cria-t-il, dans la nuit, en sprintant le long de la clôture qui entourait le terrain de sport.

Mais elle n'attendit pas. Au contraire elle accéléra en passant devant le gymnase et les vestiaires. Mais Edward allait plus vite et gagnait du terrain rapidement.

"Arrête Bella ! Laisse-moi t'expliquer !" appela-t-il, quand il l'aperçut de nouveau devant l'accueil.

Elle s'arrêta et se retourna pour lui faire face, en le regardant comme il la rattrapait. Ses yeux semblaient énormes et sombres tellement son visage était rouge. Elle lutta pour reprendre son souffle en l'affrontant.

"Expliquer quoi Edward ? Qu'ils lisent tous l'exposé embarrassant de notre rencontre ?! J'aurai dû m'en douter ! C'était si évident avec l'expression de leur visage !"

Avec un gémissement de douleur elle se retourna et recommença à courir.

Sa réaction le figea mais il se lança à sa poursuite et quand il fut suffisamment près, ses doigts attrapèrent le dos de son sweat l'arrêtant, tout en lui parlant.

"Ecoute, je sais que tu es gênée."

"Laisse-moi !" cracha-t-elle, d'une voix tremblante en tapant sur sa main.

Il la lâcha, mit sa main dans sa poche et passa l'autre dans ses cheveux. "Bella je suis désolée. Je sais que c'est une façon étrange de l'apprendre. J'aurai dû te le dire…"

"Ce n'est pas embarrassant, Edward… c'est … c'est mortifiant ! Ils ont tous lu ? ! Ils savent tous ?! Ton meilleur ami… ta sœur… ton père et ta mère ? Bon sang ?"

Edward hésita passant ses doigts rageusement dans ses cheveux. "Bon… euh… je suis à peu près sûr que mon père ne lit pas…"

"Oh mon dieu !" marmonna Bella, en secouant la tête. "Alors juste Alice, Emmett et ta mère - c'est tout ?! Oh mon dieu !" elle souffla longuement, enroulant ses bras autour d'elle et se tourna, marchant résolument vers le parking.

Il la suivit tirant fort sur ses cheveux. "Bella s'il te plait… je sais que tu es surprise… c'est compréhensible…"

Elle se tourna pour lui faire face, ses yeux peinés cherchant les siens. "Surprise ?! Je suis choquée ! Je ne comprends pas comment tu as pu faire ça ?"

Il cligna des yeux légèrement perdu par sa question. "J'allais te le dire… j'ai juste… je ne voulais pas que tu sois en colère…"

"Eh bien je le suis ! Je me sens comme le dindon de la farce !" lâcha-t-elle sèchement, en le regardant avec incrédulité.

Les yeux d'Edward s'écarquillèrent à ses mots. Et il secoua la tête. "Bella… ce n'est pas ça. Personne ne se moque de toi. Je suis désolé. Je ne sais pas quoi dire d'autre."

Il se sentait tellement frustré. Il s'était attendu à son embarras mais il ne s'était pas attendu à sa colère pas plus qu'à ses horribles yeux accusateurs. Il voulait juste la prendre dans ses bras et la tenir et lui dire que ce n'était pas grand-chose, vraiment, qu'ils aient tous lu mais comme il tendait la main vers elle pour faire cette tentative, elle recula et il relaissa tomber son bras à côté de lui.

Elle prit une respiration tremblante et recommença à marcher. "Il faut que je rentre Edward. Je veux… rentrer chez moi."

Il hocha la tête, mécontent et marcha avec elle, rempli d'appréhension, la regardant avec méfiance tout en parlant. "D'accord… laisse-moi simplement te ramener."

Elle ne le regarda même pas et elle secoua la tête en lui répondant. "Je peux conduire !"

"Bella tu es en colère. Laisse-moi te ramener à la maison, s'il te plait."

"Non je vais bien." Elle attrapa les clés dans son sac et déverrouilla le pick-up avec la télécommande.

Il roula des yeux. "Non tu ne vas pas bien ! Tu es en colère et tu ne peux pas conduire !"

"Edward je peux prendre soin de moi ! J'irai bien, je veux juste être seule !"

"Bien. Mais je te suis pour m'assurer que tu rentres bien."

"Bien." Elle souffla et monta dans le Ford en claquant la portière.

"Bien !" lâcha-t-il frustré, toute cette situation était vraiment inconfortable. Il n'était pas du tout content ni de lui-même ni à l'idée qu'elle conduise.

Elle venait juste de démarrer quand son téléphone vibra. Elle le sortit de son sac et regarda le texto sur l'écran.

Fais attention à toi -E

Avec un petit bruit triste, elle éteignit le téléphone et le jeta sur le siège à côté d'elle alors que les larmes commençaient à couler.

Les phares de la Vanquish restèrent juste derrière elle pendant tout le trajet jusqu'à la maison, l'élégante voiture noire s'arrêtant dans la rue en face de chez elle pendant qu'elle se garait. Elle récupéra ses sacs et sortit du pick-up, tenant ses affaires contre sa poitrine et verrouillant le camion dans l'allée. Elle regarda Edward s'approcher lentement, les mains enfoncées dans les poches de son jeans, ses yeux plein d'appréhension concentrés sur elle.

Elle lui fit un petit geste, un hochement de tête et un haussement d'épaules, incapable de dire quoi que ce soit et ayant envie de pleurer à nouveau. Et elle se tourna pour rentrer chez elle.

Elle aurait mieux fait de crier, le message était clair. Elle ne voulait rien à voir à faire avec lui.

Edward souffla longuement et regarda le ciel, ses épaules s'affaissant alors qu'elle s'éloignait de lui.

"Bella…" Sa voix était une douce supplique. "Tu as mis cette histoire pour que les gens la lisent et maintenant tu es en colère qu'ils l'aient lue. Tu sais bien qu'on ne peut pas savoir qui lit."

Elle se tourna le fixant, la bouche ouverte de surprise. Sa réponse était tremblante. "Je l'ai mise anonymement ! Si j'avais voulu que tout le monde la lise j'aurais été la première à leur dire de le faire !"

Edward souffla et roula des yeux. Elle avait perdu tout bon sens.

"Edward… ?"

Ses yeux revinrent sur son visage. Elle se mordait la lèvre.

"Oui ?"

"S'il te plait… ne te sers pas de ta clé ce soir. J'ai simplement besoin de temps… pour réfléchir."

Il hocha la tête et resta là, se sentant impuissant, la regardant ouvrir sa porte d'entrée et disparaitre à l'intérieur.

Dans la maison, Bella resta appuyée contre la porte, tenant toujours ses sacs contre elle alors que de grosses larmes d'humiliation, de confusion et de tristesse commençaient à rouler sur ses joues.

Elle ne comprenait pas du tout ce qu'il avait fait. C'était une chose pour lui de lire son histoire et de savoir ce qu'elle avait raconté sur lui. Ce n'était pas si terrible, il avait été là au moment où ces événements avaient eu lieu après tout et c'était une partie de ce qui leur était arrivé à tous les deux. Mais le dire aux autres et savoir qu'ils avaient tout lu, et que tous ces événements n'étaient pas de la fiction mais la pure vérité…

Elle voulait juste disparaitre ou mourir.

Tu es stupide, putain, Isabella Marie ! Tu as fait cela toute seule. C'est de ta seule faute !

Elle entendit le grondement bas et sourd de la voiture d'Edward qui s'éloignait du trottoir et quand le son disparut elle réalisa combien c'était calme et tranquille dans sa maison alors qu'elle était là dans l'obscurité.

Elle s'essuya les yeux et alla dans la cuisine. Ses chaussures grinçaient sur le carrelage alors que les mots et les images hurlaient dans ses pensées. Elle revoyait sans cesse leurs regards quand elle avait demandé ce qu'ils lisaient. Et la culpabilité sur le visage d'Edward quand il avait compris qu'elle avait réalisé qu'il parlait d'elle et de sa stupide fiction.

Elle avait compris immédiatement. Elle le lui avait dit. Et il n'avait pas pu le nier.

Bella alluma la lumière dans la cuisine et posa ses affaires sur le comptoir. Elle sortit son ordinateur de son sac et le sachet en plastique contenant tout un assortiment d'attirail contraceptif qu'on lui avait donné au cabinet médical tomba et son contenu se répandit sur le comptoir. Elle regarda fixement les choses et sentit sa lèvre trembler. Elle ramassa le petit sac et commença à tout ranger à l'intérieur, essayant de ne pas penser à comment cette soirée avait tourné, pas du tout comme elle l'avait prévu.

Elle attrapa le petit sac qu'elle venait de remplir et ouvrit l'un des tiroirs de la cuisine. C'était un tiroir rempli de choses hétéroclites, élastiques, piles, petits outils, pointes, vis et scotch. Elle laissa tomber ses contraceptifs dedans et referma le tiroir.

Revenant à son sac, elle en sortit son téléphone songeant à appeler Angela mais elle se souvint qu'elle devait être en plein week-end divin avec son nouvel amoureux, Ben Cheney et vraisemblablement en plein contraceptifs elle aussi.

Il n'y avait pas moyen qu'elle appelle Angela et interrompe sa soirée pour lui raconter sa triste histoire concernant sa stupide fiction. Et la dernière chose qu'elle voulait c'était entendre Angela parler du bon temps qu'elle passait avec son gentil homme qu'elle avait rencontré de façon normale - grâce à des amis communs à un barbecue à la fin de l'été – plutôt que dans son allée, peu habillé, pendant que son camion pétaradait, qu'elle criait et restait quasiment bouche bée devant la presque nudité de l'abruti et de son impressionnante érection.

Elle fit un petit bruit d'agonie.

A qui d'autre pourrait-elle parler ? Certainement pas son père. Son conseil serait sûrement d'aller vers Edward et de lui pulvériser plusieurs fois du spray au poivre dans les yeux. Jake ou Leah seraient tous les deux morts de rire et se rouleraient par terre. Et sa mère… bon, elle ne voulait même pas penser aux suggestions ou absurdités qu'elle débiterait probablement.

Non il n'y avait personne d'autre à qui elle pouvait parler parce que personne d'autre ne connaissait l'histoire entièrement.

Et ils ne la connaîtraient jamais.

Seuls ceux qui étaient dans le cercle d'Edward.

GRRRRRRRR !

Elle rangea le téléphone et revint à son tiroir hétéroclite, l'ouvrit et rangea le téléphone dedans.

Elle prit le ruban adhésif et en coupa de longs morceaux, replaça le rouleau dans le tiroir. Et une fois qu'il fut fermé elle colla les deux bandes sur le tiroir, formant un X géant.

C'était un rappel visuel de laisser tout ce mal, là.

Une fois que ce fut fait, elle attrapa le flacon de paracétamol sous la machine à café et en sortit deux comprimés et elle les avala avec un peu d'eau, souhaitant qu'il y ait une petite chance qu'elle puisse dormir sans aide cette nuit. Finalement elle prit un verre et y versa un peu de Chardonnay pour s'assurer davantage de sommeil.

Elle attrapa son ordinateur, sa bouteille d'eau et son verre de vin et se dirigea dans le séjour. Puis elle s'arrêta. Elle regarda le canapé où Edward et elle avaient eu leur première séance de pelotage le lundi, poussant et se frottant l'un contre l'autre avec leurs vêtements et s'embrassant. Elle fit demi-tour s'arrêtant une fois de plus en regardant l'endroit sur le canapé où ils avaient rigolé, vendredi soir, avant de se doucher ensemble. Avec un long soupir, elle éteignit les lumières et se dirigea à l'étage. Elle referma sa porte une fois qu'elle fut passée. Elle ne regarda pas le lit qu'elle avait occupé avec Edward les trois dernières nuits parce qu'elle ne voulait pas penser à son corps et à ce qu'il avait fait au sien et tous les sentiments incroyables qu'elle avait expérimenté avec lui et qu'elle n'avait jamais connus avant avec… personne.

Alors elle alla dans le couloir et entra dans la chambre d'amis, posa l'eau et le verre de vin sur la petite table de chevet et s'asseyant sur le lit avec son ordinateur. Elle s'installa contre les oreillers, alluma l'ordinateur et ouvrit les documents pour relire les deux premiers chapitres De la haine à la passion avec des yeux nouveaux. Frais. Les yeux des autres.

Une demi-heure plus tard, somnolente à cause du paracétamol et du vin, elle referma l'ordinateur et le posa sur le sol. Elle éteignit la lumière et resta là couchée dans le noir et énervée, aux portes d'un sommeil agité.

Ils savent tout. Ils le savaient tout l'après-midi.

Edward a lu le premier chapitre vendredi soir alors il leur a probablement dit le week-end.

Ils doivent le savoir depuis le barbecue.

Ils savent tous que je suis obsédée et folle, que je suis une harceleuse, une fouineuse, une perdante de dingue.

Et Edward n'en a pas dit un mot.

Emmett. Il va probablement le chambrer indéfiniment – rire de lui, rire avec lui, rigolant de moi tous les deux.

Alice. Grrr ! je travaille avec elle toute la semaine ! Comment vais-je pouvoir gérer tout ça lundi ? Je vais devoir appeler pour dire que je suis malade. Toujours. Ou alors changer d'école. Ou arrêter.

Et Esmée… Sa mère. Sa douce mère. Elle parait si gentille et si normale. Elle est plus folle que ma mère si elle fait semblant d'être normale et gentille sachant que j'écris sur l'érection dans le pantalon en soie de son fils.

Je ne peux pas croire ces gens.

Je ne peux pas croire Edward.

Pourquoi a-t-il fait cela ?

Les yeux de Bella se fermèrent finalement quand elle s'assoupit.

Elle dormit en pointillé, sa somnolence emplie de divagations et de cauchemars imaginatifs.

Dans un, particulièrement affreux, elle se cachait dans la chambre d'Edward en essayant de ne pas se faire prendre sur le fait quand elle entendit des voix en bas. Elle se faufilait dans le couloir et écoutait le rire et les commentaires grivois dans la salle de séjour et la voix veloutée d'Edward lisant à haute voix De la haine à la passion. La maison était pleine de monde.

ooo O ooo

Le samedi matin quand elle se réveilla enfin elle était groggy et surprise de se retrouver habillée avec ses vêtements de la veille, couchée sur le lit de la chambre d'amis. Et elle fut encore plus surprise quand elle regarda l'heure de voir qu'elle avait dormi presque douze heures. Mais elle remarqua le verre de vin et le paracétamol. Et leur raison d'être là. Et la nuit remplie de cauchemars. Et les rêves hideux sur sa réalité hideuse.

ooo O ooo

Quand Bella était rentrée chez elle ce vendredi soir, Edward était resté dans son allée, stupéfait par ce total fan fiction fiasco. Après un long moment il retourna dans sa voiture et la rentra au garage. En sortant de la Vanquish, il jeta un coup d'œil à l'autre côté de la rue un long moment après que le portail soit descendu, lui bloquant la vue.

Chez lui l'obscurité lui parut peu familière et hostile quand il entra. Il réalisa que ça faisait quatre nuits qu'il n'avait pas passé la soirée ici - il en avait passé trois dernières chez Bella.

Cette pensée l'irrita et il grogna de frustration.

Il laissa les lumières éteintes, traversa le salon et le séjour, s'arrêtant devant la fenêtre qui donnait sur la rue.

Son téléphone sonna mais il l'ignora. Ce n'était pas la bonne sonnerie. Mais après un moment, il le sortit de sa poche et s'assit sur le fauteuil club en cuir noir près de la fenêtre. Il ignora les appels manqués et tous les textos qu'il avait reçu et tapa un texto.

Si tu veux parler, n'hésite pas à m'appeler. Peu importe l'heure. –E

Il fixa le texto en l'envoyant, se demandant s'il devrait ajouter un x et un o mais il avait le sentiment qu'elle ne voudrait pas de cet x et de ce o pour l'instant. Ou peut-être pour toujours. Il serra sa mâchoire et posa son front dans sa main, envoyant le message tel quel.

Après quelques minutes, il regarda son téléphone de nouveau pour voir qui l'avait appelé. Bien sûr sa mère, deux fois. Alice et Emmett, une fois chacun, en plus d'une quantité importante de textos. Sa mère avait laissé un message vocal, alors il écouta sa voix, en pianotant sur l'accoudoir du fauteuil.

"Edward… C'est maman. Bon et papa bien sûr. Nous sommes inquiets et espérons simplement que tout va bien entre Bella et toi. Nous espérons que sans doute en ce moment même vous avez arrangé les choses. Quoi qu'il en soit nous voulions que tu saches que nous sommes là si tu as besoin… mais je suppose que tu le sais déjà. Nous t'aimons Edward. Au revoir."

Il soupira. Il n'avait aucune raison de rappeler. Qu'était-il censé dire? "Hé c'est Edward! J'appelle juste pour que vous sachiez que tout est parti en cacahuète entre Bella et moi."

Il regarda la maison de l'autre côté de la rue. Les lumières s'étaient éteintes il y avait un moment et la maison était dans le noir. Bella devait être allée au lit, dans sa chambre - et les étoiles à sa fenêtre étaient restées éteintes.

La pensée de mardi soir quand il s'était servi de sa clé de secours pour rentrer chez elle et la trouver recroquevillée sur son lit, pleurant dans le noir lui revint. Ce souvenir le laissa fébrile – mais que pouvait-il faire ? Il avait sa clé mais il avait promis qu'il ne s'en servirait pas. Il voulait l'appeler mais il hésitait spécialement si elle était allée au lit. Alors il lui envoya un autre message.

Je veux t'appeler mais je ne sais pas si tu dors. Ta maison est plongée dans le noir alors ce doit être le cas. Je me sens mal après ce qu'il s'est passé. Je ne voulais pas te blesser. J'ai pensé que je te protégeais en ne te disant rien mais j'aurais dû tout te dire. Je veux arranger cela. Tu me manques. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée. – E

Il envisagea de lui dire qu'il l'aimait mais il espérait vraiment qu'il aurait une chance de le lui dire en personne. A un moment donné. Alors il envoya le message comme ça.

Il décida d'envoyer un message à sa mère ensuite parce qu'elle était probablement très bouleversée.

Hé mam' j'ai eu ton message. J'essaie d'arranger les choses. Je te tiens au courant. Je vous aime tous les deux.

Ensuite il se leva, s'étira et alla à la cuisine pour se servir deux doigts de Maker's Mark. Il éteignit la lumière et retourna à son poste dans le séjour, regardant la maison de l'autre côté de la rue.

Son téléphone bipa annonçant un message et il regarda en espérant que c'était une réponse de Bella. Mais non. C'était Alice. Encore. Au moins elle avait envoyé moitié moins de messages qu'Emmett. Il l'ouvrit et fit défiler lisant l'ensemble de ce qu'elle lui avait envoyé.

Appelle-moi. Je suis très inquiète. –Pix

Nous t'avons tous vu courir après elle. S'il te plait appelle, il faut que je sache. –Pix

Edward prend ce maudit téléphone et rappelle MAINTENANT ! Je vais devenir folle, tu es très con ! – Alice

J'ai dit très con dans une relation frère sœur, en famille pas dans le sens où tu l'as été avec Bella. Je me sens mal car je pense que c'est en partie ma faute à cause de quelque chose que je t'ai dit - mais je ne peux pas dire quoi là – prends ça comme une incitation pour me rappeler. –Pix

Appelle bon sang ! Merde ! Ça craint ! – Pix

Edward prit une gorgée de son bourbon et appela sa sœur. Le téléphone ne sonna qu'une fois avant qu'elle ne réponde.

"Ohmondieu Edward ! Enfin ! J'ai tellement attendu que tu m'appelles !"

"Salut Pix."

"Alors que s'est-il passé ? C'est mauvais pas vrai ?"

Edward fit tourner sa boisson dans son verre. "Ouais… les choses sont assez mauvaises. J'avais dit à Bella que je lisais et correspondait avec elle mais comme un complet idiot… je n'ai jamais mentionné les autres. Evidemment elle l'a déduit seule en entendant ce qu'a dit Emmett."

"Oh Seigneur, JE LE SAVAIS ! C'est de ma faute ! Quand nous nous sommes retrouvés lundi pour déjeuner je t'ai dit qu'il était important que tu lui dises. Je ne t'ai pas dit de lui dire pour nous aussi mais simplement de commencer par toi. Oh Seigneur ! J'ai tout foutu en l'air entre vous deux !"

"Non non Alice. Je savais qu'il fallait que je lui dise pour tout le monde, j'avais prévu de le faire ce soir quand nous serions rentrés. Mais ça nous a explosé à la figure avant que j'ai eu cette chance. Mais qui sait ? Peut-être qu'elle aurait été aussi énervée si je le lui avais dit en privé."

"Alors c'est vraiment mauvais hein ?"

"Oui… terrible. Pire que l'autre soir quand je lui ai dit que je lisais…"

"D'accord, arrête –dis-moi d'abord comment elle a réagi à ça."

"Bon bien sûr elle a été gênée. Elle… euh… est partie de chez moi aussi. Mais une fois que nous avons commencé à en parler il est apparu qu'elle était plus inquiète que je sois furieux qu'elle ait écrit sur moi. Je lui ai dit que je ne l'étais pas - ce qu'elle a écrit est vraiment arrivé et elle n'a pas mis nos vrais noms alors peu m'importe et… à la fin les choses allaient bien."

"Et ce soir que s'est-il passé ?"

"Enfer… ce soir elle est complètement mortifiée. Et tellement… en colère. Et… Blessée. C'est comme si elle avait perdu tout son bon sens. Il n'y avait rien que je puisse dire… et maintenant… Je ne suis pas sûr qu'elle me reparle un jour. C'est totalement merdique."

"Oh Edward…"

"Oui."

"Essayons d'analyser tout ça. Elle est mortifiée, c'est compréhensible. Tu dois réaliser que la fan fiction est une chose étrange en elle-même. Dans ce milieu tout est bon mais à l'extérieur nous pensons que nous avons un sale petit secret à cacher. La plupart des lecteurs ne veulent pas qu'on sache qu'ils lisent. Même chose pour ceux qui font les bannières…."

"Ça me rappelle…. Il faut que je refasse la bannière de La haine à la passion parce qu'en théorie ce sont tes fesses au milieu…"

"Quel est le problème avec mon cul ?" demanda-t-il perplexe.

"Rien Edward. Tu as un beau cul… Merde ! Je ne peux pas croire que je viens juste de dire ça ! Oh ! Tu es mon FRERE ! Beurk !"

Il roula des yeux. "Reviens-en à ce que tu disais avant tout ça."

"Alors. Comme tous les AUTEURS de fan fiction, Bella est obsédée - comme nous tous… mais elle se met en avant, elle et son histoire ET en plus elle écrit sur sa propre expérience. Bien sûr elle suppose que son pseudonyme la protège - il n'y a personne d'autre que toi qui pouvait comprendre qu'il s'agissait de vous – et soudain elle découvre qu'elle n'est plus anonyme… mais que tous ceux qui sont près d'elle sont en train de lire l'histoire…"

Tout à coup Edward se raidit dans son fauteuil.

"…pauvre Bella… bien sûr qu'elle est mortifiée…"

"Attends Alice, qu'est-ce que tu viens juste de dire?"

"J'ai dit bien sûr qu'elle est mor…"

"Non avant ça, tu as dit… 'Bien sûr, elle suppose que son pseudonyme la protège…"

"Oh… euh… je dis, bien sûr elle suppose que son pseudonyme la protège - personne ne pourrait faire le lien entre elle et cette histoire sauf toi – et soudain elle découvre qu'elle n'est plus ANONYME mais que tout le monde près de toi est…"

"Oh putain…" souffle-t-il doucement.

"Quoi ?"

"Putain ?" s'écria-t-il en tapant son bras contre l'accoudoir du fauteuil club.

"Quoi Edward ? Qu'est ce qui ne va pas ?"

"Elle m'a dit 'comment as-tu pu faire ça ? Je me sens comme le dindon de la farce.' Je suppose qu'elle sous –entendait comment j'avais pu trahir son secret. Et puis plus tard juste avant qu'elle rentre chez elle a dit. 'J'ai posté cette histoire anonymement. Si j'avais voulu que tous ceux que tu connais la lisent j'aurai été la première à le leur dire'."

Il s'arrêta, donnant une chance à Alice de comprendre mais ce n'était pas si évident et ça lui prit une seconde.

"Oh mon Dieu. Elle pense que c'est toi qui nous as dit de lire cette fiction ?!"

"On dirait bien, oui." Edward s'adossa au fauteuil, stupéfait. "Merde. Pas étonnant qu'elle soit en colère contre moi et blessée. Si elle pense que je l'ai dit à tout le monde. Je n'aurai jamais fait ça. Pourquoi penserait-elle ça ?"

"Oh Seigneur maintenant que tu le dis c'est totalement évident ! Elle sait que tu as lu et ensuite elle découvre que ta sœur, ta mère et ton meilleur ami lisent aussi ?! Edward…. Ton MEILLEUR AMI ! Réfléchis ! Bella ne peut pas imaginer qu'un gars comme Emmett puisse lire sa fiction sauf si tu lui as donné l'info ! Laisse-moi deviner… tu n'as pas pensé à lui dire qu'il était un de ses fans depuis un moment ?"

"Non ! Ça ne m'a jamais traversé l'esprit !"

"Pas étonnant qu'elle soit en colère et blessée, tu es un gros con ! C'est encore plus délicat maintenant parce qu'elle pense que nous connaissions ses pensées concernant votre relation naissante. Elle pense que tu nous l'as dit ! Pas étonnant qu'elle se sente comme le dindon de la farce ! Elle pense que TU l'as trahie ! Oh… pauvre Bella !"

Edward passa sa main sur son visage puis dans ses cheveux. "Seigneur… Normal qu'elle réagisse comme elle l'a fait. Bravo, maintenant j'ai compris. Putain… c'est horrible. Il faut que je lui dise."

"Comment ? Tu penses qu'elle ne va plus te parler."

"Je lui ai déjà envoyé deux textos. Je vais lui en envoyer un autre. Avec un peu de chance elle les lira. Ne t'inquiète pas je vais trouver une solution."

"Bien… dis-moi-le si tu as besoin d'aide. Oh… et appelle Emmett. Il se sent très mal ! Il m'a envoyé cinq messages depuis que nous sommes partis du match, me demandant si j'ai de tes nouvelles et voulant que je l'appelle. Je pense qu'il a laissé Rose conduire son Hummer juste pour pouvoir t'envoyer des messages."

"Oui je vais l'appeler. Il m'a envoyé des messages aussi. Merci de m'avoir écouté, Pix."

"De rien ! Tiens-moi au courant, Edward. Comme je viens de te le dire, je serai ravie d'aider."

"D'accord Alice. On se parle bientôt !"

"Au revoir Edward."

Au moment où il mettait fin à l'appel, le téléphone d'Edward bipa pour annoncer un nouveau message. Il regarda l'écran et roula des yeux. C'était le dernier de tous les messages qu'Emmett lui avait envoyés. Il alla au premier et les lut dans l'ordre où il les avait envoyés.

Je suis désolé. Appelle-moi frangin. – Em

Moi et ma grande bouche ! Appelle-moi. –Em

Je peux admettre que je suis un putain d'idiot. Appelle-moi maintenant. –Em

J'ai tout fichu en l'air entre petite Swan et toi hein ? Appelle-moi. –Em

Je ne peux pas croire que tu ne lui aies pas dit, Edward. Appelle-moi quand tu peux. –Em

Si tu veux me voir pour un verre ou autre chose appelle-moi. –Em

Je peux aller chercher un pack de bière et venir chez toi si tu veux. Dis-le-moi –Em

Appelle-moi maintenant ou je viens, nouvelles ou pas. –Em

Edward appela, pinçant l'arête de son nez entre son pouce et son index en attendant qu'Emmett réponde.

"Salut Edward ! Seigneur j'étais sur les charbons ardents depuis la fin de la mi-temps ! Tu vas bien ? Comment c'est ?"

Edward soupira et reposa sa main sur l'accoudoir. "C'est une énorme pagaille, Emmett."

"Oh seigneur… Edward, je suis tellement désolé. C'est ma faute. Je n'arrive pas à croire que je vous ai fait ça. Je te jure que j'ai regardé dans les gradins pour voir si Rose et Bella revenaient avant de dire quoi que ce soit, ça ne m'est même pas venu à l'idée qu'elles pourraient arriver par l'autre côté. Je ne les ai même pas vues et tout à coup comme par magie elle était juste là !"

"Je sais, Em. Et ce n'est pas de ta faute, c'est la mienne. J'aurais dû lui parler avant."

"Merde j'ai pensé que comme vous aviez parlé du probable achat du site, tu avais profité de l'occasion pour lui dire pour nous et ses fics, tu comprends ?"

"Oui. Ça aurait sans doute la chose la plus intelligente à faire mais je ne lui ai parlé que de moi. Elle n'avait pas la moindre idée pour vous mais elle l'a compris bien vite. Je suis presque certain qu'elle pense que c'est moi qui vous ai dit de lire son histoire."

"Aïe. Pas étonnant qu'elle ait fui. Elle devait être absolument humiliée."

"Oui sans aucun doute." Edward posa sa tête contre le dossier du fauteuil, regardant le plafond dans l'obscurité et voyant Bella dans sa tête. "Je ne l'ai jamais vue aussi en colère. Elle était gênée et très en colère contre moi et je ne sais pas si elle va vouloir me reparler. Elle a dit qu'elle avait besoin de temps pour réfléchir…"

"Oh bon sang… du temps pour réfléchir… ça c'est mauvais, frangin."

"Quoi, pourquoi ?"

"Réfléchis un peu. Repense à toutes les sitcoms et les comédies romantiques que tu as regardées. Ou chaque roman que tu as lu…"

"Je ne lis pas de romans."

"Bien sûr que tu le fais ou alors tu l'as fait – tu joues même dans l'une… Edward. Quoi qu'il en soit, elles ont deux choses en commun : le manque de communication et du temps pour réfléchir. Ça marche ensemble. Ça commence toujours par un malentendu et à cause de ça les personnages ne sont pas totalement informés et toutes leurs pensées et actions sont basées sur leur propre façon de voir les choses. Plus de temps ils ont pour réfléchir plus les choses empirent. S'ils n'arrangent pas les choses… c'est une tragédie. Mais en général ils y arrivent… c'est du cinéma. Fais-moi confiance. Tu peux me croire sur parole."

"Oui mais comment suis-je censé communiquer avec elle si elle ne veut plus me parler ?"

"Sers-toi de tout ce que tu peux. Appelle-la et dis-lui, même si ça atterrit sur sa boite vocale. Envoie-lui des messages. Un mail."

"Elle peut ignorer et effacer tout ça."

"Bon alors, envoie-lui des fleurs. Elle ne pourra pas les effacer. Si elles lui sont apportées chez elle par une tierce personne elle les prendra. Les femmes aiment les fleurs. C'est d'ailleurs pour ça que les fleuristes existent au départ : les femmes aiment les fleurs, les hommes merdent et nous achetons des fleurs pour nous faire pardonner..."

Edward secoua la tête. "Je ne peux pas lui envoyer des fleurs, je l'ai fait pour son premier jour à l'école, mardi."

"Alors une belle plante verte ?"

"Ne sois pas con. Je ne vais lui envoyer une plante verte." Il croisa ses bras sur sa poitrine, étira ses jambes et roula des yeux. "Seigneur… une plante verte !" ricana-t-il.

"Pourquoi ne pas lui envoyer un stripteaseur qui irait chez elle et lui chanterait tes excuses ?"

"Je suis sûr que dès que j'aurai fait ça l'enfer gèlera, Em."

"D'accord, alors peut-être une pizza avec un mot d'excuse dans le poivron ?"

"J'ai déjà essayé de m'excuser à l'école et devant sa porte d'entrée. Elle ne veut pas écouter. Et en plus je lui ai déjà fait deux pizzas mardi pour le dîner."

Edward entendit Emmett éclater de rire.

"Désolé mon frère je ne voulais pas rire. Je sais que tu en mauvais état ce soir mais ça me semble tellement étrange que tu aies une petite-amie, quelqu'un à qui tu achètes des fleurs, pour qui tu cuisines… Et vous vous faites les yeux doux tout le temps. C'est vraiment très mignon à voir, Edward."

Edward ferma les yeux. "Bon ne va pas trop vite en disant que j'ai une petite-amie maintenant. Peut-être que j'en ai eu une. Et maintenant – après trois jours – c'est déjà fini. "

"Oh détends-toi négatif Nancy. Laisse-moi te demander, est-ce que petite Swan est difficile à vivre ?"

"Difficile à vivre ?!" cracha Edward. "Non ! Pas du tout ! Elle est tout à fait normale et facile à vivre, très terre à terre. Elle n'est pas difficile à vivre, elle est… absolument parfaite. Pourquoi me demandes-tu ça ?"

"Bien, si elle n'est pas difficile à vivre elle reviendra. Il faut juste que tu trouves un moyen pour t'approcher d'elle et tout lui dire. Et si elle compte autant pour toi qu'il me semble le voir, tu vas trouver. Mais fais-le vite avant qu'elle ait trop de temps pour réfléchir."

"Peut-être que tu as raison. Je l'espère."

"J'ai raison."

"Je lui ai déjà envoyé des messages mais je peux l'appeler… et lui laisser un message si elle ne répond pas. Peut-être aussi lui envoyer un mail et je vais réfléchir à quoi lui envoyer comme tu me l'as suggéré. Merci Em."

"Hé no problemo. Oh et j'ai oublié… j'ai dû raconter à Rose ce qu'il se passait…"

Edward s'assit brusquement. "Tu as fait quoi ?"

"Hé du calme ! Je devais. Tu l'as presque assommée en passant quand tu courais après Bella. En même temps Rose à ses propres problèmes et elle est très protectrice envers ses amis. Elle a eu peur que tu fasses du mal à petite Swan et j'ai dû lui dire que ce n'était pas du tout ça. Ne t'inquiète pas Rosie est cool, elle ne dira rien."

"Quoi qu'il en soit je vais te laisser et tu pourras réfléchir à une solution. Oh… et si tu ne fais rien de suite, tu devrais appeler ta mère et Pix. Elles sont très inquiètes toutes les deux."

"Oui je sais. J'ai déjà envoyé un message à ma mère et j'ai parlé à Alice. Merci de nouveau."

"De rien. Tu es malin Edward. Tu vas trouver quelque chose."

"Je l'espère aussi, bonne nuit Em !"

"Occupe-toi de tout ça !"

Edward rangea son téléphone dans sa poche, s'assit et regarda par la fenêtre pendant un moment, vers la maison de l'autre côté avec le pick-up garé dans l'allée. Il finit de vider son verre et le prit à la cuisine pour le remplir à nouveau, en pensant aux événements et aux conversations de la soirée.

Il commença à faire les cent pas, soupesant les conseils d'Emmett, en maugréant au sujet des plantes vertes, des pizzas ou d'un stripteaseur qui viendrait chanter ses excuses. Aussi loufoque qu'il pouvait être Emmett était vraiment une personne sociable et la plupart de ce qu'il avait dit était vrai. Sauf évidemment la partie avec le stripteaseur... Comme il revenait vers la fenêtre une idée commença à prendre forme dans sa tête. Il s'arrêta et laissa ses pensées courir.

Après quelques minutes à penser et repenser, il attrapa son téléphone.

"Allô ?"

"Alice j'ai une idée… mais il faut que ce soit fait rapidement et j'ai besoin de ton aide."

"Je t'écoute, vas y…"

Et c'est ce qu'il fit. Et après qu'il ait partagé ses pensées avec sa sœur il attendit une réponse. Elle était restée inhabituellement calme pendant toute la conversation.

"Alice ? Tu penses que mon idée est stupide ?"

Quand elle se décida enfin à parler sa voix était tremblante, il l'entendit renifler et il était évident que ce n'était pas à lui qu'elle s'adressait quand enfin elle se mit à parler.

"Jaspy ? Mouchoir s'il te plait ?"

Edward entendit du mouvement et il réalisa que Jaspy devait être Jasper et qu'il était là, avec Alice. Il l'entendit se moucher avant qu'elle réponde, enfin.

"Ton idée n'est pas stupide, Edward elle est folle ! Mais c'est la meilleure folle chose ! Enfer Edward c'est si gentil, je peux juste PLEURER !"

Et c'était vrai elle pleurait, elle s'était remise à pleurer. Il y eut encore un bruit de mouvement et ensuite elle se moucha une autre fois. Et ce faisant Edward entendit la voix de Jasper et il réalisa qu'Alice avait mis le haut-parleur.

"Parfaite cette idée, Edward. Et si ça n'intéresse pas Bella… enfer je serai ta petite-amie !"

Edward entendit Jasper éclater de rire et une série de bruits doux peut-être le bruit d'un oreiller qui tapait contre quelqu'un et il sourit. "Bien c'est bon à savoir Jasper. Je garde ça en tête, merci."

Il s'éclaircit la voix et s'adressa à sa sœur. "Bon Alice ? Tu penses que c'est faisable ?"

"Oui bien sûr Edward et bien sûr je vais t'aider ! Tu sais que j'aime les bons projets et là c'est une cause qui en vaut la peine. Je vais faire quelques recherches et organiser les choses. En fait j'ai peut-être une arme secrète pour l'Opération Bellybeans. Fais ta partie et tiens-moi au courant dans la matinée quand tu y seras. Laisse-moi le reste !"

"Merci Pix. J'espère juste que ça va marcher, tu sais ?" Il passa sa main dans ses cheveux.

"Je sais Edward, je sais seulement que Bella et toi êtes faits pour être l'un avec l'autre."

En général Edward n'était pas aussi optimiste qu'Alice mais cette dernière pensée était restée avec lui toute la nuit pendant qu'il tournait et retournait attendant le matin.

ooo O ooo

La Vanquish rugit sur Stardust Lane peu après huit heures le lendemain matin. Edward était de retour un peu moins d'une heure après rentrant dans le garage. Il se gara et sortit, tenant un sac et la télécommande de la porte de son garage.

Il portait un vieux jeans et un ancien t-shirt et il avait des cernes sous les yeux et une barbe naissante recouvrait ses joues.

En partant il ferma le portail basculant puis la porte derrière lui. Il ne le regarda pas descendre, ses yeux étaient fixés intensément de l'autre côté de la rue.

Il la traversa et rangea ses clés et celle du garage dans le sac à dos. Il alla dans sa poche droite et en sortit un autre trousseau de clés et les fit tourner autour de son doigt comme le ferait un cow boy avec son revolver. Il appuya sur la télécommande et alla dans l'allée de Bella, ses yeux jetèrent un coup d'œil à ses fenêtres alors que l'alarme du Ford Bleu bipait et que les lumières clignotaient.

Il rangea son téléphone dans sa poche arrière en grimpant dans le véhicule, ferma la portière et démarra le moteur. Ses yeux allèrent vers les fenêtres une fois encore avant qu'il ne recule dans l'allée. Il ne vit pas Bella et ne pouvait qu'espérer qu'elle dorme encore. Le pick-up accéléra un moment après et s'arrêta en haut de la colline assez longtemps pour qu'Edward envoie un court message à Alice.

Mission accomplie. Je suis en route. –E

Il brancha son téléphone sur la prise stéréo et monta le volume, écoutant ses musiques préférées ou celle qui reflétait son humeur du moment. The Kills, Future Starts Slow* commença à hurler dans les haut-parleurs.

Edward Cullen était un homme en mission. C'était la phase deux de l'Opération Bellybeans.

*Future Starts Slow – Le futur commence lentement