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Chapitre 64

Loose lips sink ships, following fix*…

Au croisement Edward tourna à gauche et passa par le quartier du Skyline Townhome. Le trafic sur Freeway ce samedi matin gris était aussi léger que son cœur était lourd. Il était en pilote automatique… métaphoriquement parlant ... ruminant les événements de la veille, de ce matin et de la journée à venir. Il espérait juste que son plan était le bon. Il savait qu'il ne pouvait pas se permettre une autre erreur.

En moins d'une demi-heure, il arriva dans un autre quartier... un vieux quartier. Des arbres sans âge bordaient les rues, ombrageant les vieilles maisons élégantes, entourées de pelouses bien entretenues et de jardins luxuriants.

Edward se dirigea vers une grande maison blanche au bout d'un cul-de-sac. Une paire de berlines noires Mercedes Benz se trouvait à l'intérieur du garage ouvert. Une Porsche jaune devant.

Edward arrêta le pick-up au milieu de l'allée. Il coupa le moteur et vit un mouvement dans le rétroviseur latéral. C'était Alice qui sortait du garage.

"Hey ... Bonjour. Tu m'as battu" dit-il, sortant du pick-up.

"Je viens d'arriver il y a quelques minutes." Elle le regarda anxieuse. "As-tu essayé d'appeler Bella ?"

La mâchoire d'Edward se serra. "Ouais. Toujours pas de réponse."

Le sourire d'Alice était plein de sympathie pour son frère. "Eh bien, peut-être qu'elle dort encore. C'est le week-end et il est tôt. Les gens dorment tard."

Edward hocha la tête et remarqua ses parents sortant du garage.

"Hey, maman, papa !"

"Bonjour, Edward," répondit Carlisle.

Esmée le prit dans ses bras. "Oh, Edward, nous sommes tellement désolés..."

Alice l'interrompit. "Maman, ne t'inquiète pas, Edward résoudra ce problème." Elle lui sourit avec confiance.

"Je l'espère," dit Edward, souhaitant partager son enthousiasme. Il regarda ses parents. "Merci de me laisser le faire ici. "

Carlisle serra l'épaule de son fils. "Nous sommes là pour toi, Edward. Chaque fois que... pour une raison quelconque ..." Il haussa les épaules et sourit. "Même pour quelque chose d'aussi inhabituel que cela."

"Merci," répondit Edward avec un sourire en demi-teinte.

"Lui as-tu dit ?" demanda Esmée à Alice.

"Non, je voulais le faire..." Alice s'arrêta, regardant vers la rue. "Mais je pense que c'est un peu tard ..."

Edward se retourna pour voir ce qui avait attiré son attention. C'était un très familier et grand Hummer noir, qui se dirigeait vers eux depuis la rue.

"Que fait Emmett ici ?" demanda Edward, en plissant le front.

Alice leva les yeux vers son frère et sourit. "Il est ton petit assistant."

Une deuxième voiture, une BMW rouge décapotable dans le sillage du Hummer tourna dans leur allée. Edward plissa ses yeux, apercevant des cheveux blonds.

"Est-ce…?"

"Rose ?" Le sourire d'Alice s'agrandi. "Yep ! Elle est la petite assistante d'Emmett."

Edward soupira, se souvenant qu'Emmett avait tout expliqué à Rose.

La BMW rouge resta à droite et se gara derrière la Porsche jaune. Le Hummer partit vers la gauche, du mauvais côté de la route, le conducteur était côté trottoir près d'eux. La grosse bête noire s'arrêta, le moteur se calma, bien qu'on puisse entendre la musique jouer à fond.

Emmett ouvrit la portière et sauta sur le trottoir ...

... souriant et montrant ses fossettes angéliquement ...

... levant les bras comme s'il portait une stéréo imaginaire ...

... Parce que In Your Eyes de Peter Gabriel jouait tapageusement sur la chaîne stéréo de la voiture ...

Edward grogna et commença à secouer la tête vers son ridicule ami.

Alice haussa les épaules, "Ça pourrait être pire, tu sais, il pourrait chanter."

Edward hocha la tête.

"Daaannns teeees yeux...!" commença à chanter Emmett.

"Il ne chante pas si mal que ça," fit gentiment remarquer Esmée, alors qu'Emmett continuait à brailler 'la lumière et de la chaleur dans tes yeux - ceux d'Edward - je suis complet, dans tes yeux je vois l'entrée de milliers d'églises et les infructueuses recherches…'

"Il est certain qu'il ne chante pas bien," répliqua Carlisle, alors qu'Emmett chantait l'entrée d'églises et de recherches infructueuses.

Esmée fit un petit signe de tête à son mari, lui faisant savoir qu'il avait raison tandis qu'Emmett continuait.

"Ohhhh je vois la lumière et la chaaaa… AIE !AIE !"

Rose avait marché furtivement derrière lui et tapa sur ses fesses.

Il laissait tomber ses bras et sa stéréo imaginaire pour protéger ses fesses, riant avec les autres. Rose se pencha à l'intérieur du Hummer pour virer la clé et faire taire efficacement non seulement Emmett mais aussi Peter Gabriel.

"Edward est probablement assez contrarié sans qu'il a besoin de t'écouter chanter," lui dit-elle avec un sourire en lui rendant ses clés.

"Mais Rosie, c'est la célèbre scène 'reconquête-de-la-copine' de ce fameux film !" Il passa un bras autour de sa taille. "Demande à Edward. "

Rose tapota ses fesses alors qu'ils marchaient dans l'allée. "Je sais, Emmett. C'est la scène avec la musique de Un monde pour nous.*"

Emmett sourit. "Exactement !" Il se tourna vers Edward avec un sourire. "Veux-tu ajouter quelque chose, Ward?"

Edward leva les yeux au ciel et soupira. Cela fut toujours une grande source de divertissement pour Emmett. Edward se racla gorge et se lança.

"Say Anything ... film américain qui se déroule ici à Seattle, avec John Cusack qui joue Lloyd Dobler, Ione Skye / Diane Cour, et John Mahoney / son père, écrit et réalisé par Cameron Crowe… c'est son premier film… sorti au printemps 1989 ... peut-être ... en avril. "

Rose resta bouche bée, absolument stupéfaite. Emmett pouffa de rire et applaudit. Esmée et Carlisle échangèrent un regard parental amusé et entendu.

"Je ne sais pas comment par l'enfer tu te rappelles cette merde," dit Alice, regardant affectueusement son grand ballot de frère.

"Alice ..." siffla Esmée.

"Je sais, maman... langage. Et je sais que papa et toi m'avez élevée mieux que ça mais tout le monde ici sait que je jure et nous t'avons tous entendu dire "Merde" hier au match, alors…".

Carlisle regarda sa femme dont le visage avait légèrement rosi et lui fit un petit clin d'œil amusé. "Elle marque un point, ma chère."

"De toute façon ..." dit Emmett, "Je pensais que la chanson était très à propos, estimant qu'Edward est au bord d'un LDM ..."

Il fit une pause, regardant béatement leurs visages confus. "Un Lloyd. Dobler. Moment,*" précisa-t-il, souriant innocemment à Edward.

Le son d'un autre véhicule qui approchait les interrompit. Un pick-up Dodge blanc, avec une bâche couvrant la benne, venait de tourner dans la rue.

"C'est Jasper… mon petit assistant !" dit Alice radieusement, en tapant rapidement dans ses mains.

Edward soupira en se rappelant que Jasper était au courant de leur conversation, il avait tout entendu par le haut-parleur la nuit dernière. Alice lui avait probablement raconté tout le reste.

"Je pensais que tu allais m'aider, Alice. Est-ce une intervention ?" demanda Edward sèchement.

Alice rit. "Je savais que nous avions besoin d'aide. Alors, j'ai engagé Jasper, appelé Emmett et Rose et leur ai envoyé un mail avec ce qu'ils avaient à faire. Ce matin chacun est parti là où il devait et nous avons déjà tout acheté ! "Elle rayonna de fierté.

"Ce qui aurait donnerait à petite Swan plus 'plus de temps pour réfléchir !'" s'exclama sérieusement Emmett.

Alice hocha la tête. "En plus ... Bella n'est pas seulement ta petite-amie ... c'est ma collègue et amie ! Même chose pour Rose et Jasper."

"Et je suis ici parce que tu es mon frère, frangin ! Si je n'avais pas ouvert ma grande gueule au match, ce ne serait pas arrivé."

L'expression d'Alice devint sérieuse. Ses yeux se posèrent sur ses parents puis de nouveau sur Edward. "En dépit de tes précédentes ... relations cavalières ... tu es l'un des meilleurs hommes que je connaisse. Penses-tu que je ne suis pas au courant de ce compte bancaire qui existe pour moi pour qu'une fois vieille je ne sois pas obligée de vivre avec toi. Je suis au courant de ce fond et qu'il existe parce que tu te soucies de moi."

Les yeux d'Edward se tournèrent vers son père. Carlisle pinça les lèvres et se frotta la nuque, mal à l'aise.

"Et Emmett," continua Alice, "serait coincé dans un bureau quelque part, travaillant pour quelqu'un d'autre, haïssant son travail si tu n'étais pas devenu son associé pour démarrer Gymerica Elite. Il aime être son propre patron et être propriétaire avec toi cette affaire en plein essor. "

Emmett hocha la tête. "Tout cela est vrai, Edward."

"Et tu as fait la même chose pour James, un partenariat pour démarrer Stellar Publishing," continua Alice. "Et tout ce truc pour acheter Star-lighted ? Il est évident que cela à voir avec Bella. N'essaie même pas de nier." Elle sourit à Edward qui la regarda surpris.

Elle tapota sa poitrine. "Il y a un grand cœur qui bat ici. Tu es un frère et un ami génial et probablement un petit-ami assez impressionnant aussi. Laisse-nous faire quelque chose pour toi, pour changer. Nous voulons t'aider à arranger les choses avec Bella."

Carlisle tendit un mouchoir de sa poche à sa femme.

Esmée le saisit, reconnaissante et essuya ses yeux humides.

Edward regarda visage de chacun, y compris Jasper, qui venait de les rejoindre avec un facile, '''jour à tous' après s'être garé derrière le Hummer.

"Merci, Alice," dit doucement Edward. "A chacun d'entre vous. Je vous remercie."

"Eh bien," dit Esmée, s'éclaircissant la gorge et souriant, "Je viens de faire du café et j'ai pris quelques viennoiseries plus tôt. Venez à l'intérieur avant de commencer." Elle les conduisit dans une grande cuisine, où ils se pressèrent tous autour d'un petit-déjeuner copieux. Jasper posa son café sur le comptoir et regarda Edward. "Je suis curieux de savoir comment s'est passé la première partie de ton plan."

La conversation cessa et ils regardèrent tous Edward avec intérêt.

Il s'éclaircit la voix. "Le gars de location de voiture a été assez désagréable dès le moment où je suis entré et lui ai dit que je voulais acheter le pick-up. Il m'avait dit : 'Monsieur, nous louons des véhicules. Nous ne les vendons pas.' Je lui ai dit que je savais pertinemment qu'ils vendaient les voitures de location de temps en temps mais il est devenu arrogant et m'a dit : "Eh bien, ce n'est pas aujourd'hui ! Si vous cherchez à acheter un pick-up, allez chez un concessionnaire. Si vous souhaitez louer un véhicule, cependant, je serais heureux de vous aider. Je lui ai dit que j'avais déjà loué un pick-up haut de gamme et que maintenant je voulais l'acheter. Il m'a regardé comme si j'étais cinglé puis a juste commencé fouiller dans ses papiers, avec l'intention de m'ignorer."

"Qu'as-tu fait ?" demanda Esmée.

"Je lui ai dit que je voulais vraiment acheter ce pick-up et que j'étais suis sûr qu'il trouverait comment faire pour que cela se produise. Alors je posai ma carte AmEx Centurion sur le bureau devant lui. Il resta bouche bée, cligna des yeux vers la carte de crédit puis vers moi et dit : "Certainement, monsieur Cullen. Donnez-moi un instant. Puis il fila dans un autre bureau, ferma la porte et téléphona. Quand il réapparut nous avons finalisé les choses assez rapidement, il m'a donné le double des clés et je suis retourné à la maison."

Les yeux d'Emmett pétillaient. "Bouquet de fleurs, vingt dollars. Jolie plante en pot, trente-cinq. Entrer chez le loueur de voiture, ressemblant à un soulard débraillé ou un sans-abri, exigeant d'acheter un pick-up de location avec ta carte AmEx noire ... C'est juste inestimable, Ward !"

Ils éclatèrent tous de rire. Edward même gloussa. Puis il fronça les sourcils et se tourna vers Emmett. "J'ai l'air d'un sans-abri ?"

Esmée regarda tendrement son fils. "Emmett veut simplement dire que tu as l'air fatigué, Edward, mais c'est compréhensible."

Emmett hocha la tête. "Ouais, tu as l'air d'une merde, Ed. Seigneur, tu as des cernes, ton visage est pâle et crispé, tes cheveux ont l'air d'être passé dans un mixeur, en plus tu portes un T-shirt taché et déchiré, un jeans sale. Sérieusement, frangin, tu as l'air de quelqu'un sortant du caniveau après une grosse nuit de beuverie. Mais c'est tout à fait compréhensible." Emmett sourit gaiement à son copain.

La sonnette retentit, les interrompant.

Alice tapa des mains. "Oh ! Timing parfait ! Edward, viens avec moi !" insista-t-elle, le saisissant par le poignet et le tirant vers le salon. "Je parie que c'est notre arme secrète !" Ses yeux brillèrent alors qu'ils approchaient de la porte d'entrée et elle ouvrit la porte.

Edward resta bouche bée.

C'était Angela Weber.

Avec Ben Cheney.

"Salut Ben ! Bonjour Angela," gazouilla Alice en leur faisant signe d'entrer.

Elle se tourna pour regarder son frère et le poussa du coude. "Edward ? Tu pourrais quand même dire bonjour ?"

"Hey," marmonna-t-il en soufflant, ses yeux allant de son camarade – qui lui répondit par un hochement de tête et un sourire – avant de fixer Angela, qui le dévisageait par-dessus ses lunettes, ne laissant rien paraitre.

"Alors on se retrouve encore Stardust Ed," dit Angela laconiquement. " La rumeur dit qu'il y a ici un manque de communication."

"Angela est là pour aider et Ben est son petit aide !" lâcha Alice, incapable de se retenir.

Le regard, totalement embarrassé, d'Edward alla d'Angela à Ben. "Je vois," dit-il lentement et il se demanda si l'aide d'Angela consistait à lui botter le cul pour avoir peiné sa meilleure amie.

"Et bien… euh merci," dit-il poliment avant de se tourner vers Alice, lui demandant silencieusement un éclaircissement.

Alice fit un sourire victorieux à Angela et Ben. "Bien maintenant tout le monde est ici. Ils sont dans la cuisine, Ben tu sais où c'est. Maman t'attend. Allez-vous servir un petit-déjeuner. Il faut que je parle à Edward et ensuite ça y sera !"

"Ça me parait bien, Alice," dit Ben en prenant Angela par la main et en la conduisant vers le bruit des conversations.

"Alors…surpris ?" sourit Alice triomphalement à son frère dérouté.

Edward souffla. "Choqué, vraiment." Il passa sa main dans ses cheveux. "Comment…?"

"Je suis tellement fière de moi ! Hier soir quand nous avons parlé j'ai pensé 'si nous avions Angela… !' et figure-toi que j'avais le numéro de Ben ! Je savais qu'ils avaient commencé à se voir alors j'ai pensé qu'il aurait son numéro ! Eeeeet… il était avec elle à Olympia quand j'ai appelé ! Alors j'ai pu lui parler et je lui ai tout raconté !"

Il hocha la tête avec hésitation. "Etait-elle en colère contre moi ?" demanda-t-il, en passant sa main dans ses cheveux.

Alice roula des yeux. "Qui Angela ? Pfft ! Non ! Pourquoi serait-elle en colère contre toi ?! Elle a tout simplement compris que c'est comme une comédie de quiproquos romantiques, maladroite et tirée par les cheveux avec de la fan fiction et deux personnes qui ont, lamentablement, échoué dans leur communication, plusieurs fois, mais qui sont faits l'un pour l'autre et destinés à être ensemble !" Elle s'arrêta enfin pour reprendre son souffle. "Angela connait Bella mieux que nous et elle se sent un peu mal parce que c'est elle qui a conseillé à Bella d'écrire cette histoire au départ."

Alice chercha les yeux de son frère. "Fais-moi confiance, d'accord ?"

Edward hocha finalement la tête. "D'accord ?"

Alice sourit. "Parfait ! Je vais faire commencer tout le monde, on va bouger les voitures, et préparer le pick-up pour que tu puisses commencer. Ne t'inquiète pas du remboursement pour l'instant – je m'en charge parce j'ai ce compte et que nous allons continuer à faire comme si je ne le savais pas !" Elle sourit.

Edward ouvrit la bouche mais elle le coupa immédiatement avant qu'il ne lui parle de dépenser son argent pour lui. "Si ça te dérange tellement tu pourras m'acheter une voiture un jour !" Elle rigola à son trait d'humour. "Quoi qu'il en soit… j'organise dehors et toi, va parler à Angela – elle est très avisée !"

ooo O ooo

Un instant après la cuisine s'était vidée, il ne restait plus qu'Angela et Edward installés sur les tabourets du comptoir dans une conversation animée.

"Il est évident que tu ne voulais pas la blesser Edward. Et vous ne parliez pas de la même chose hier soir : elle se demandait pourquoi tu l'avais dit à tout le monde pendant que toi tu t'accusais de ne l'avoir pas fait. N'importe lequel d'entre vous aurait pu lui dire mais c'est difficile de savoir ce qu'il faut faire dans une situation bizarre comme celle-là et de penser comment aborder les choses."

Edward secoua la tête gravement. "C'était à moi de le lui dire - il y a ma famille et mon ami et je suis son petit-ami. Bon… je l'étais… à présent je ne suis plus sûr de ce qu'elle pense de moi. Elle n'a pas répondu à mes texto ni à mes appels et elle a eu tout le temps pour penser au pire."

Angela lui sourit avec sympathie. "Il se peut qu'il soit arrivé quelque chose à son téléphone. Tu as essayé d'appeler chez elle ?"

Il secoua la tête. "Je n'ai pas ce numéro juste le portable."

"Pareil pour moi. J'ai essayé de le trouver mais il n'apparait nulle part," répondit Angela. "Si ça peut te faire te sentir mieux, je n'ai pas pu la joindre sur son portable non plus. Elle a dû l'éteindre pour réfléchir tranquillement. Il faut que tu comprennes… la façon dont Bella a grandi… elle a toujours été livrée à elle-même. Tout ça c'est relié à ses parents. Son père ne dit pas grand-chose et sa mère vit au loin et… et bien elle est un peu… différente…"

"Je lui ai parlé au téléphone," murmura Edward en hochant la tête.

Angela sourit. "C'est bien, tu as eu l'expérience Renée Dwyer."

"Oh ouais…!" Il fit un petit sourire.

"Quoi qu'il en soit…" continua Angela. "Bella n'est jamais allée chercher de conseil près d'eux, elle a toujours essayé de résoudre les choses par elle-même. Elle ne sait pas que tu as les pièces manquantes de son puzzle parce qu'elle pense toujours voir la situation en entier. Elle va se sentir très mal quand elle va comprendre qu'elle s'est trompée."

"Je ne veux pas qu'elle se sente mal, je veux juste arranger les choses et que tout redevienne normal," Edward repoussa ses cheveux en arrière et soupira de frustration.

Les yeux noirs d'Angela pétillèrent. "Bon j'ai quelques idées…"

Elle partagea ses idées avec Edward qui commença à voir le bout du tunnel.

Il cligna des yeux et quand elle eut fini d'expliquer : "Angela faisons exactement ce que tu as dit – tout ça est parfait."

Elle lui sourit. "J'expliquerai à Alice, Emmett et ta mère pendant que tu travailles sur le pick-up avec les autres. Mais tu sais…. Tu vas avoir beaucoup à gérer. Bella va être très mal quand elle va découvrir que tu le lui as acheté. Tu ferais mieux de commencer à penser comment tu vas lui annoncer ça."

"Je sais bien. Je ne veux pas qu'elle se déplace dans une vieille voiture usée parce qu'elle ne peut pas s'en payer une décente maintenant. Et Jasper a fait un commentaire hier concernant les pick-up, qu'ils étaient fiables et pour moi c'est un bon argument. D'un autre côté Bella aime vraiment conduire celui-là."

Ils se retournèrent au bruit de pas qui s'approchaient. C'était Alice.

"Tout est prêt Edward. Mais… Emmett vient de recevoir une alerte… Bella a posté quelque chose."

Edward et Angela descendirent de leurs tabourets et suivirent Alice vers le garage. Tout le groupe attendait anxieusement et avec impatience dans l'allée.

"Ah !" dit Emmett en montrant son téléphone. "Je ne l'ai pas lu."

Edward hocha la tête et saisit le téléphone. Il resta là, en lisant puis les regarda. "Ce n'est pas un chapitre c'est une note de l'auteur." Il s'éclaircit la voix et le leur lut.

"Chers lecteurs, je sais que ce n'est pas ce à quoi vous vous attendiez. Je suis désolée de décevoir vos espoirs pour un nouveau chapitre. Cette histoire et ce qui l'a inspirée, est devenue très proche et chère à mon cœur mais en raison de circonstances imprévues je suis obligée de la mettre en pause. Je vous remercie pour vos commentaires pour les deux premiers chapitres et m'excuse de m'arrêter aussi brusquement."

Edward leva les yeux puis les plissa en regardant les visages de tout le groupe… jusqu'à ce qu'il rencontre ceux d'Emmett.

Il faisait un immense sourire.

Edward le dévisagea. "QUOI ? C'est plutôt mauvais !"

"Ecoute sers-toi un peu de ta tête ! C'est bon ! Elle vient juste de le faire ! Réfléchis. Ce n'est pas comme si elle avait retiré l'histoire ! Elle la met en pause ! E," épela-t-il attentivement. "Si elle la met en pause c'est qu'elle souhaite la continuer. Et pour le moment elle est hésitante, voyons voir que dit-il dit exactement ?" Emmett reprit son téléphone et regarda l'écran. Il commença à lire.

"Cette histoire, et ce qui l'a inspirée, est devenue très proche et chère à mon cœur…"

"Tu vois ?" dit Emmett. "Tu es près et cher à son cœur ! ! Elle n'utilise pas le passé ! Tu vas aller tout lui expliquer et elle va réaliser que nous savons que son histoire est basée sur certains faits mais qu'elle en a inventé d'autres pour pimenter l'histoire. Elle va probablement la continuer – tu sais, avec toi et son histoire aussi !"

Edward fixa Emmett pendant que la conversation qu'ils avaient eue pendant le barbecue repassait dans sa tête.

"Alors toute cette merde est vraiment arrivée au chapitre 1 ?"

"Emmett c'est de la fiction ! Ce n'est pas réel !"

Les yeux d'Edward se posèrent sur sa mère en repensant à cette même chose pendant qu'ils avaient discuté au téléphone.

"Evidemment elle a récupéré cette partie de l'histoire pour en faire quelque chose… en rajoutant pour la faire paraitre plus intéressante et plus amusante…"

Sa position avait été la même pour tous, il n'avait pas admis que c'était la vérité. Il leur avait dit que Bella avait embellit les choses. Se sauvant ainsi de son embarras, il avait sûrement sans doute sauvé Bella aussi.

Ses yeux allèrent vers Alice et une conversation silencieuse passa entre eux. Elle ne répéterait jamais ce qu'il lui avait dit en confidence.

Ensuite il regarda vers Angela, se demandant si elle connaissait la vérité. Ses sourcils se froncèrent quand elle le regardant et un sourire timide fit bouger ses lèvres.

"Emmett a raison tu sais," dit-elle en soutenant le regard d'Edward. "Les auteurs font ça tout le temps – ils prennent des éléments de la vie réelle et les embellissent. Les lecteurs le savent, il faut juste que tu te souviennes que Bella ne pense jamais au pire."

Les yeux d'Edward s'écarquillèrent à cette évidente complicité. Et il ne put plus retenir son rire. "Tu as absolument raison !" convint-il enfin.

"Bien sûr que nous avons raison !" cria Emmett. "Maintenant si on s'y mettait comme ça tu pourras aller parler à Bella et l'aider à dépasser tout ça ! Allons-y les enfants !"

ooo O ooo

Après un petit plus d'une heure, la Phase deux de l'Opération Bellybeans était terminée et la Phase trois allait pouvoir rouler… littéralement.

Edward s'était douché et changé, il avait mis un jeans propre et un t-shirt noir qu'il avait amené dans son sac à dos. Il vérifia son téléphone pour voir si Bella avait répondu à ses appels ou messages mais pas de chance. Il soupira et mit son téléphone dans sa poche, rangea ses affaires sales et ses chaussures dans le sac et se mit ses tongs en cuir.

Il se regarda dans le miroir et fit passer ses doigts dans ses cheveux ébouriffés et il réalisa qu'il aurait pu emprunter le rasoir de son père et se raser mais il était anxieux alors la légère barbe allait rester là.

Il sortit par le garage, surpris de voir combien tout s'était fait aussi rapidement et avait été nettoyé. Il secoua la tête émerveillé et regarda les sourires rassurants sur les visages de leurs amis.

"Je n'arrive pas à croire que nous ayons aussi vite fait !"

"Nous sommes vraiment un groupe merveilleux pas vrai ?" sourit fièrement Alice.

Edward rigola. "Sans aucun doute. Merci Pix. Merci tout le monde."

"Tu ferais bien d'éviter la voie rapide et t'en tenir aux rues," conseilla Carlisle alors qu'Edward grimpait dans le pick-up.

"C'est ce que je vais faire. J'irai doucement."

"Garde ton téléphone à portée," dit Angela à Ben. "Je vous suis et je vous appelle si quelque chose bouge."

Elle lui fit un bisou sur la joue avant qu'il s'installe dans le siège passager. Angela fit au revoir de la main à tout le monde et alla vers sa mini Cooper verte.

Le moteur démarra et le Ford sortit avec précaution de l'allée, son chargement enveloppé et protégé par la bâche de Jasper solidement étirée et attachée au montant métallique qu'ils avaient temporairement installé dans la benne. Quand il fut sur la route Edward sortit sa main par la vitre et fit au revoir à tout le groupe derrière lui.

"Quelle aventure et quelle idée folle !" dit Jasper en souriant et en passant son bras autour d'Alice.

"Edward reste un geek pas vrai ?" convint-elle, en posant sa tête sur l'épaule de Jasper. "Mais il peut être un doux geek."

Esmée approuva. "Edward a vraiment bon cœur." Elle passa son bras autour de son mari.

"J'espère pour lui que Bella va accepter ses excuses… et le pick-up," fit observer Carlisle, en serrant l'épaule d'Esmée.

Rose glissa sa main dans la poche arrière d'Emmett et sourit. "C'est vraiment un très beau geste."

"Oui," convint Emmett avec son sourire angélique. "N'était-ce pas merveilleusement ridicule ?!"

Cinq têtes hochèrent leur accord et le Ford disparut au bout de la rue pour aller à la maison avec la mini Cooper derrière lui.

ooo O ooo

Un moment plus tard le Ford était arrêté à côté de la mini Cooper à la grille d'entrée. Edward et Ben regardèrent Angela parler dans l'interphone. Après un moment son bras sortit par la portière avec un pouce levé et elle accéléra pour passer la grille qui s'ouvrait.

"Oui !" s'écrièrent en même temps Edward et Ben en suivant Angela alors qu'Edward faisait un signe de main à Félix.

Ben rigola. "Je dois le dire, je suis sur les charbons ardents ci." Il regarda Edward à travers ses lunettes polyédriques. "Alors qu'as-tu décidé concernant le message d'Emmett ? Tu sais pour … un accompagnement musical ?"

Edward roula des yeux. "Je ne vais pas mettre la chanson de Peter Gabriel ! Elle a déjà été utilisée même dans un film ! Et où trouverai-je de quoi la passer de toute façon ?!" Ben rit et haussa les épaules.

Edward s'arrêta le long du trottoir et Ben sortit. Il s'appuya contre un mur pour épier Angela qui allait vers chez Bella et se garait devant chez elle.

Quand il revint il vit qu'Edward faisait défiler quelque chose sur son téléphone. "Qu'est-ce que tu fais ?"

"Je regarde ce qu'il y a comme musique," marmonna-t-il. "J'ai une playlist de ballades rock…"

Ben éclata de rire. "Bien sûr que tu as ça ! Et elle est probablement rangée par liste alphabétique pas vrai ?"

"File en enfer Benjamin," marmonna Edward, sans le regarder.

"Alors ça c'est un oui," sourit Ben. "Certaines choses ne changent jamais."

"J'aurai été d'accord si Emmett n'avait pas envoyé ce message," se plaignit Edward, maintenant il se sentait obligé de trouver un morceau pour s'excuser. Et il s'arrêta. "Attends…" Un petit sourire apparut sur son visage. "Nous y sommes. C'est ça !"

Ben se pencha en lisant à voix haute. "Genesis… Follow you, Follow Me" Il haussa les épaules. "Je te crois… tu connais ta musique."

"C'est une vieille chanson mais elle est parfaite. Et… Je parie que tu ne sais pas que Peter Gabriel est le membre fondateur de Genesis," ajouta Edward en souriant bêtement.

Ben rit. "Non mais toi tu le sais. Comme je l'ai dit il y a des choses qui ne changent pas."

Le téléphone de Ben vibra. Il regarda l'écran et sourit à Edward. "C'est Angie, la voie est libre."

oooOooo

Quand Bella se réveilla dans la chambre d'amis samedi matin des bribes de mauvais rêves passaient dans ses pensées – des images d'Edward qui lisait De la haine à la passion à voix haute à un large public d'invités chez lui.

"Grrrr ! comme si la réalité n'était pas assez mauvaise," maugréa-t-elle, en frottant ses yeux dans un effort pour effacer cette vision.

Elle soupira et se redressa après quelques minutes. Son ordinateur était posé par terre et elle se souvint d'avoir relu De la haine à la passion la veille essayant d'imaginer ce que la mère, la sœur et l'ami d'Edward avaient dû penser quand ils avaient lu. Mais elle ne pouvait même pas commencer à imaginer. Elle se pencha pour l'attraper. Elle le fit démarrer et alla sur le site de Star-Lighted, se logua et alla sur la page de sa fic. Elle fit passer le curseur sur la possibilité "effacer l'histoire". Après un moment elle se résigna et éloigna le curseur. Effacer l'histoire n'arrangerait en rien les choses. Et ne voulait pas vraiment l'effacer. Ce qu'elle voulait c'était effacer la mémoire de tous ceux qui l'avaient lue. Mais il n'y avait pas de bouton pour ça. Ils s'en souviendraient toujours.

Elle posa l'ordinateur de façon plus stable sur ses genoux et créa un document et le mit comme si c'était un chapitre bien que ce soit plus une annonce et une excuse. Elle mettait l'histoire en pause – parce qu''elle ne pouvait pas plus abandonner leur histoire que fermer le livre de leurs relations.

Elle attrapa l'ordinateur, le verre et la bouteille d'eau et descendit à la cuisine. Elle se fit du thé puis retourna en haut.

Il lui fallait une douche, elle se sentait sale et mal d'avoir dormi en jeans et sweatshirt - mais dans la salle de bain elle changea d'idée et se mit à remplir la baignoire. Elle ajouta du bain moussant au freesia et sortit chercher un livre.

Elle revint, le livre à la main, se déshabilla et entra dans l'eau chaude et parfumée et s'installa dans les bulles. Elle n'avait jamais été du genre à prendre un bain, elle préférait les douches c'était plus efficace mais bon ça pouvait être un bon moyen de s'évader… comme maintenant.

Elle sirota son thé et s'étendit, fermant les yeux et resta là à se calmer pendant un moment avant de se mettre à lire. Elle ne pouvait pas se souvenir quand elle s'était détendue… sûrement la semaine dernière car celle-là avait été bien remplie avec Edward.

Edward… Merveilleux Edward… son beau visage… ses yeux pétillants et ses longs cils… quand il souriait on aurait dit que ses cils riaient…quel sourire… ce sourire en coin fou, naïf et vulnérable parfois, sexy quelquefois… ses lèvres boudeuses… sculptées à la perfection… sa bouche entière étaient parfaite… souriant, riant, embrassant… ses baisers torrides… cette langue… ces dents… toutes les choses surprenantes que cette bouche autoritaire était capable de…

Comme raconter à tout le monde que tu écrivais une histoire.

Les yeux de Bella s'ouvrirent. "Merde. Ça craint vraiment !"

Elle s'enfonça un peu plus dans la baignoire se laissant submerger par l'odeur florale.

Ouais, ça craint vraiment. Et Edward craint et est si parfaitement incroyable…

"Grrr… Assez !" cracha-t-elle en s'asseyant et faisant déborder l'eau. Elle essuya son visage mouillé, se débarrassant de l'eau et de la mousse. Elle secoua sa main et attrapa une serviette pour s'essuyer les mains. Finalement elle s'allongea à nouveau et attrapa le livre.

C'était sa copie de Cinquante saveurs de Kinque, la fic qui était devenue un best-seller. Elle tourna la page où elle s'était arrêtée, presqu'à la fin du livre. Et bien sûr elle savait comment ça finissait au moins elle pourrait se plonger dans sa baignoire et se perdre dans les problèmes du livre pour échapper aux siens…

Plus tard, une fois le thé et le livre fini et l'eau du bain tiédie Bella resta là à ruminer les problèmes d'amour du personnage de Sébastian Kinque et Annabelle Schwarz. L'homme d'affaires grave, endommagé et énigmatique venait de fesser jusqu'à sang la jeune lumineuse et nouvelle diplômée Annabelle qui venait de fuir la douleur émotionnelle, laissant Sébastian encore plus brisé qu'avant.

C'était une articulation dans le récit. C'est Annabelle qui lui avait demandé de la fesser et ensuite elle n'avait même pas pensé à lui dire d'arrêter. A présent ils étaient séparés, malheureux mais c'était sa faute à elle s'ils en étaient arrivés là, à cause de leur manque de communication.

Elle se figea.

Comme si ton idée d'écrire une fiction sur toi-même et ton improbable voisin était une riche idée.

Et sans lui demander pourquoi il l'avait dit aux autres, ça ce n'est sûrement pas un manque de communication.

"Pour quelle raison aurait-il pu leur raconter ça ?!" se demanda-t-elle à voix haute.

Peut-être avait-il besoin de se confier à quelqu'un ? Tu te confies bien à Angela toi.

"Mais sa mère !? Sa sœur ?! Ça c'est pas normal !"

Non ça ne l'est pas. Se confier à un ami proche serait plus compréhensible… un ami de sa famille… un ami turbulent et totalement désinhibé qui a tendance à trop parler…

"Oh mon dieu…" souffla-t-elle les yeux fixes. "Comment n'ai-je pas vu ça plus tôt ?! Oh Edward…!"

Elle se dépêcha de se laver les cheveux, de se rincer et sortit. Elle s'enroula dans une serviette et alla dans sa chambre et choisit des sous-vêtements dans sa grande commode près de la fenêtre.

Mais quelque chose capta son attention.

Il manquait quelque chose qu'elle devrait voir.

Le pick-up n'était plus là !

Putain…?

"Ohmondieu !"

Elle se précipita hors de sa chambre en resserrant la serviette autour d'elle en descendant l'escalier. Elle ouvrit précipitamment la porte communiquant avec le garage

"OHMONDIEU !"

Le garage était aussi vide que son allée.

"Oh mon dieu… il est parti!"

Elle haleta en réalisant cela.

Il l'a repris ?!

Elle remonta enleva la serviette de ses cheveux.

Il doit l'avoir repris ! Je ne savais même pas qu'il avait une clé !

Elle sortit un slip et un soutien-gorge du tiroir ouvert et revint dans la salle de bains en lançant les serviettes au hasard. Elle attrapa son sèche-cheveux et pencha la tête en avant, tout en essayant de réfléchir rapidement en séchant ses cheveux.

Ohmondieu ! Je n'ai pas réfléchi ! J'étais trop en colère ! Et je ne l'ai pas laissé s'expliquer ! J'ai mis toute la faute sur lui ! Mais ce n'était pas lui ! Edward a dû être tellement énervé pour avoir fait quelque chose comme ça !

Elle posa brutalement le sèche-cheveux sur le comptoir et enfila sa culotte et son soutien-gorge en se grondant elle- même.

"Enfin Isabella Marie, tu lui as fait passer un sacré mauvais moment ! Tu l'as accusé ! En t'enfuyant ! En lui criant dessus ! Bien sûr qu'il a repris le pick-up ! Il ne veut plus rien à voir à faire avec toi !"

Elle attrapa sa brosse et commença à démêler ses cheveux mouillés. Ensuite elle se dépêcha de se brosser les dents, en crachant quelques jurons, la bouche pleine de dentifrice. Elle cracha dans le lavabo puis se redressa et se regarda dans le miroir comme si ça pouvait lui faire retrouver la raison.

Ça ne lui ressemble pas…. ça ne lui ressemble pas du tout ! Edward ne réagirait pas de cette façon – il n'est pas méchant – il est gentil, doux et généreux ! Il doit y avoir une explication logique…. au fait qu'il ne soit plus là…

Tout à coup ses yeux s'écarquillèrent.

"Ohmondieu…" murmura-t-elle. "Et s'il a été volé ?!"

Elle se dépêcha de sortir de la salle de bain pour aller chercher des vêtements, un chemisier vert et enfila son jeans en sortant de la chambre. Elle dévala l'escalier pieds nus en se boutonnant.

"Ohmondieu, ohmondieu ohmondieu !"

Comme elle se précipitait dans la cuisine, le téléphone de la maison sonna, ce bruit était inattendu et surprenant et la fit sursauter. Elle décrocha le téléphone essayant de se rappeler si quelqu'un avait son numéro de téléphone fixe.

"Allô ?"

"Salut B ! C'est Angela," répondit la petite voix. "Je suis à la grille !"

"Angela ? Je pensais que tu passais le weekend avec Ben. Tu n'es pas à Olympia ?"

Bella l'entendit rire. "Ce serait difficile pour moi d'être à Olympia et en même temps devant ta grille. Est-ce que tu me laisse entrer, B ?"

"Oh désolée ! Bien sûr ! Oh Ange… Je suis très contente que tu sois ici. Tu ne vas pas croire ce qu'il s'est passé !"

"Allez raccroche on se voit dans une minute !"

Bella tapa le code pour l'ouverture de la grille et raccrocha, se demandant ce qu'Angela faisait là et si sa soirée avec Ben s'était aussi mal passée que la sienne avec Edward. Ce qui serait étonnant. Angela ne serait pas énervée à cause d'une fan fiction…. Ou pour un véhicule de location perdu.

Elle inspira un petit soupir puis alla à la porte d'entrée. Au moins Angela avait un bon timing, Bella avait une épaule pour pleurer maintenant.

Elle ouvrit la porte alors qu'Angela s'approchait avec un sourire.

"Salut B !"

"Angela je ne sais pas ce que tu fais là… mais je suis contente… de te voir ! " dit-elle en commençant à se décomposer.

"Oh Bella !" Angela ferma la porte et la prit dans ses bras. "Je suis là pour te voir !"

Bella commença à parler comme les larmes commençaient à couler. "Edward et moi avons eu une dispute ou une incompréhension ou autre chose et sa mère, Alice et Emmett lisent mon histoire stupide… et j'ai pensé qu'il leur avait dit mais maintenant je ne pense pas qu'il l'ait fait et il est tellement en colère contre moi qu'il a repris le pick-up ou alors quelqu'un me l'a volé !"

"Chhuuuut. Tout va bien B." dit Angela pour la calmer. "Je te le promets. Personne n'a volé le pick-up. "Elle se recula un peu pour regarder son amie attentivement. "Tout va aller bien. Et Edward n'est pas furieux contre toi, B."

Bella cligna des yeux et fronça les sourcils. "Comment… comment tu sais tout ça," demanda-t-elle en essuyant les larmes de ses yeux et sur ses joues.

Angela sourit comme le sphinx qu'elle était. "Je le sais c'est tout. Tu verras. Fais-moi confiance. " Ses yeux pétillèrent. "Tu as des messages qu'il faut que tu lises et écoutes. Où est ton téléphone ?" Les sourcils d'Angela se haussèrent dans l'expectative.

"A la cuisine," dit Bella en reniflant et s'essuyant le visage une fois encore.

"D'accord. Pourquoi n'irions-nous pas le chercher ? Il fait bon dehors."

Bella cligna des yeux. "Euh… non ça va. Allons dans le patio."

Angela sourit. "Laisse-moi aller aux toilettes et je te rejoins dans une minute d'accord ?"

"Ok." Bella opina pendant qu'Angela se dirigeait vers la salle de bain.

"Ne lis rien encore. Attends-moi," lui dit Angela par-dessus son épaule en rentrant dans la salle de bain. Elle ferma la porte et donna le top départ à Ben puis mit le téléphone sur vibreur et le rangea dans sa poche. Elle prit quelque mouchoirs en papier et les enfonça dans sa poche et rejoignit Bella.

"Ce tiroir de cuisine est cassé – tu sais celui avec un scotch en X ?" demanda Angela en arrivant dans le patio et en fermant la porte coulissante.

Bella rougit. "Euh… non. C'était juste un moyen de me souvenir. C'est là que mon téléphone a passé la nuit. Je ne voulais pas parler à Edward et dire quelque chose que je ne voulais pas avant d'avoir une chance de réfléchir à tout ça tranquillement."

Angela s'assit à côté de Bella sur un vieux fauteuil à deux places. Elle passa son bras sur l'épaule de Bella. "Alors ton téléphone était dans le tiroir… et éteint ?" Bella hocha la tête et Angela sourit. "Donc allumons ce téléphone et voyons ce que tu as manqué. D'abord les textos."

Elle attendit que le téléphone se mette en marche et elle vit qu'elle avait deux messages d'Edward. Elle lut le premier à voix haute.

Si tu veux me parler n'hésite pas à m'appeler. Peu importe l'heure. – E

Elle regarda Angela. "Il l'a envoyé hier soir juste après qu'il m'ait laissée devant la porte…" Sa voix devint tremblante mais Angela la coupa.

"Je sais B. Je sais ce qu'ils s'est passé. Fais-moi confiance. Lis le deuxième."

Elle fronça les sourcils mais elle regarda son téléphone et prit une inspiration pour se calmer et commença à lire.

Je veux t'appeler mais je ne sais pas si tu dors. Ta maison est plongée dans le noir alors sûrement. Je me sens mal après ce qu'il s'est passé. Je ne voulais pas te blesser. J'ai pensé que je te protégeais en ne te disant rien mais j'aurais dû tout te dire. Je veux arranger cela. Tu me manques. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée. – E

"Oh… il est aussi la meilleure chose qui me soit arrivée !" dit-elle, en regardant Angela avec les yeux humides.

"Je le sais B." dit Angela, en la serrant dans son bras. " Ecoute tes messages vocaux maintenant. Efface les miens – je te demandais juste de me rappeler."

Bella mit le haut-parleur.

"Bella c'est Edward. Il est huit heures, samedi matin. Je viens de réaliser que tu penses que j'ai dit à Alice, Emmett et ma mère de lire ta fic. Je pense que c'est ce que tu crois. Mais ça ne s'est pas passé comme ça. Crois-moi s'il te plait. Quand j'ai réalisé qu'ils la connaissaient tous… j'aurai dû te le dire immédiatement… mais je ne l'ai pas fait… j'ai attendu et … bien… j'ai attendu trop longtemps. J'ai été stupide et je suis désolé. Tu as vraiment le droit d'être furieuse contre moi, Bella mais je veux que tu saches… notre relation… n'est pas du tout une sorte de plaisanterie pour moi. J'aime… j'aime ton histoire… Je ne changerai pour rien au monde la façon dont nous nous sommes rencontrés. Voilà ce que je voulais te dire. J'essaierai de rappeler plus tard. Au revoir."

Bella avait posé sa main sur sa bouche pendant qu'elle écoutait. Elle l'enleva et regarda Angela alors que les larmes brillaient dans ses yeux. "C'est bien ce que je pensais… il ne leur a pas dit. Mais je pense qu'il s'est confié à Emmett…"

"Continue… message suivant." Angela tapota le téléphone de Bella avec son doigt et elles écoutèrent.

"Hey Bella c'est encore moi. J'ai oublié de te dire… tu as dû voir que ton pick-up était manquant. Ne t'inquiète pas. C'est moi qui l'aie. Je t'expliquerai plus tard. Au revoir !"

"Pourquoi ne me l'a-t-il pas dit ?! J'ai pensé qu'on me l'avait volé !" s'écria-t-elle.

Angela éclata de rire. "Enfin… Bella ! Ce n'est pas la faute d'Edward si tu as éteint ton téléphone !"

Bella tapa son front avec sa main. "Oh seigneur… je ne peux pas croire ce que je viens juste de dire !"

"Bon tu as beaucoup de choses en tête," rigola Angela. "Bon allons voir des mails maintenant." Elle se rapprocha pour pouvoir lire par-dessus son épaule.

Bella avait trois mails. Elle commença par le plus récent, sa bouche s'ouvrit en voyant la première ligne.

Vous avez reçu un message privé de :

Star-A-Holic

Ma chère et douce bellybeans,

Bon bb, j'ai quelque chose à confesser et j'aurai déjà dû le faire : je te connais et tu me connais. Non pas ici simplement mais dans la vraie vie aussi. J'aurai dû te le dire quand je l'ai découvert parce que toi et moi nous connaissons depuis deux ans maintenant ! Je pense que c'était sur le chapitre 3 de "the Next Girl" quand j'ai pris ta première fiction en cours. Mais ce n'est que quand tu as écrit My lab partner que j'ai pensé à te proposer de faire des bannières pour toi.

Oui c'est moi… ta faiseuse de bannière, Star-A-Holic, aka Star-Ho aka Alice.

*Star-Ho/Alice baisse la tête de honte*

Une fois il y a longtemps j'ai signé un MP de mon vrai nom. Je ne suis pas sûre que tu t'en souviennes mais dans ta réponse tu t'es excusée et m'as dit que tu préférais garder ton anonymat. Ce que je comprends parfaitement. Alors nous sommes restées Star-Ho et bellybeans depuis lors. Quand j'ai découvert ton identité secrète – ta véritable identité - j'étais prête à l'emporter dans ma tombe ! Mais rétrospectivement cette idée était stupide.

Notre relation avec ce site signifie beaucoup pour moi. Mais notre relation en tant qu'amies signifie encore plus. J'espère que tu pourras me pardonner de ne pas t'en avoir parlé !

Je suis désolée, bb !

- Alice, ta Star-Ho

Bella se tourna vers Angela en essuyant de nouvelles larmes. "Alice est Star-Ho ! Et je l'aime ! J'ai aimé toutes les bannières qu'elle a faites et tous les messages ou les commentaires qu'elle m'a envoyés ! Elle m'a même envoyé ce mug avec des inserts de mes bannières et un collage !"

Angela hocha la tête et lui tendit un mouchoir. "Je sais B… je me souviens de ce mug. C'était chouette ? Et c'est sympa de savoir que nous trois avons été partenaires de crime sur fan fiction pendant tout ce temps ?"

"Alors tu savais qu'Alice était Star-Ho ?" demanda tranquillement Bella.

"Je l'ai découvert hier soir. Alice avait le numéro de Ben elle l'a appelé pour avoir le mien mais j'étais avec lui. Nous avons parlé un moment au téléphone. Elle m'a raconté ce qui s'était passé au match et qu'elle était ta faiseuse de bannière. C'est vraiment très inouï quand tu y réfléchis – Edward et toi vous êtes rencontrés il y a neuf ans et tu connais sa sœur depuis deux ans en tant que Star-A-Holic."

Bella acquiesça en souriant et reniflant. "C'est vraiment fou. Mais comment Alice a-t-elle su que j'étais bellybeans ?"

"Tu vas voir. Continue avec le mail suivant," l'encouragea Angela.

Bella ouvrit le MP suivant pleurant et riant en le lisant.

Vous avez reçu un message privé de :

Name : Stargazer91

Hé Petite Swan !

J'ai tout foutu en l'air ! Hein ? Mais il faut que je te dise… sérieusement tu es l'une de mes auteurs préférées sur le site ! Je sais… la façon dont je suis devenu un lecteur est probablement très bizarre mais c'est grâce à ma grand-mère de 78 ans Nana Mc Carty. Bizarre pas vrai ? Elle lit depuis toujours. Au printemps dernier elle s'est faite opérée de la cataracte et elle a été incapable le lire les mises à jour alors c'est moi qui les lui aie lues pendant qu'elle récupérait de l'opération. Ça m'a plu et depuis je suis un lecteur et l'un de tes plus grand fans.

Ne sois pas dure avec Edward. C'est vraiment un très bon gars et il ne t'a pas trahie. Il a juste dit que tu écrivais une fiction sur lui. Il n'a jamais mentionné le site ni ton pseudo ou ce que racontait la fic. J'ai trouvé tout seul parce que j'avais lu le chapitre quelques jours avant. Et j'en ai parlé à Alice parce que ne peux jamais me taire moi et ma grande bouche – ce que tu as probablement remarqué par toi-même.

J'espère qu'Edward et toi pourrez arranger les choses. Vous êtes bien l'un pour l'autre. Tout est tellement plus amusant maintenant que tu es là. Je te le dis juste parce qu'Edward pouvait être pénible quelquefois.

J'espère que tu continueras à écrire

Ton ami

-Emmett (Stargazer91)

PS / Ah oui ma Nana MCcarty a pour pseudo ShortAndSweet.

Bella se tourna vers Angela quand elle eut finit, essuyant ses larmes et rigolant en même temps. "Emmett lit de la fan fiction ?! Et sa grand-mère c'est Shorty ! Elle laisse toujours des commentaires !"

"Je sais," rigola Angela. "C'est tellement bizarre… et c'est bien en même temps. Et au moins Emmett est conscient de sa grande bouche et tu sais à présent qu'il ne voulait blesser personne."

Bella hocha la tête alors qu'Angela lui tendait un autre mouchoir et ouvrait le dernier message.

Vous avez reçu un message privé de :

Nom : Young_at_heart

Chère Bella,

Je suis désolée que tu sois en colère. Tu ne nous as apportés que de la joie avec tes histoires fabuleuses et ton amitié. Et tu as amené de la joie pour Edward.

C'est Emmett qui m'a conseillé de lire de la fan fiction au printemps dernier. Il savait que j'aimais cette série de livres et il m'a donné une liste d'histoires que sa grand-mère et lui appréciaient. Les tiennes en faisaient partie.

J'ai lu et aimé chacune de tes histoires toutefois j'ai trainé avant d'envoyer mon premier commentaire pour De la Haine à la Passion. Par la suite j'ai réalisé qu'il y avait des similitudes avec des choses qu'Edward nous a racontées pendant un dîner en famille quelques jours avant. Ma curiosité a pris le dessus et je t'ai envoyé un message me posant des questions sur une certaine casquette, tes occupations et où tu pouvais bien vivre de l'autre côté de la rue d'un Ethan attirant et mal élevé. Une fois que j'ai eu ta réponse j'ai arrêté de lire parce que j'ai réalisé que c'était près de moi.

Si tu es gênée que j'aie lu ce que tu as écrit laisse-moi te rappeler la petite anecdote que j'ai partagée avec toi dans mon message… quelque chose qui concernait mon jeune mari et une serviette qui ne lui servait qu'à m'éblouir. Imagine ma gêne sachant que j'ai partagé cela avec la petite-amie de mon fils...

Dans mon message j'ai écrit que j'espérais que tu puisses être une force positive pour ton pauvre voisin mal élevé… Et tu l'as été Bella. Et Edward s'inquiète beaucoup pour toi. Nous le faisons tous.

Affectueusement,

Esmée (Young_at_heart)

Bella ne pouvait pas dire un mot. Elle était trop occupée à pleurer. Esmée Cullen était la quintessence de la mère et son message avec un énorme câlin informatique l'emplit de chaleur et de compassion.

Angela entendit de la musique dehors. Quelques secondes plus tard, elle sentit son téléphone vibrer et elle sut qu'Edward était prêt. La bâche et l'armature en métal devaient avoir été retirées et il devait avoir décidé d'ajouter un peu de musique. Angela savait qu'elle devait encore faire patienter Bella en la distrayant.

"Esmée est géniale pas vrai ?" demanda-t-elle.

Bella hocha la tête et se moucha. "Oui. Je n'arrive pas à croire qu'ils lisaient tous ! Ce sont mes lecteurs, ils ne viennent pas juste de commencer…"

Angela sourit. "Ils sont plus que tes lecteurs B. Ce sont tes fans et tes amis. J'ai passé deux heures chez les Cullen avec ces amis et ceux d'Edward… Ils sont très préoccupés par toi et cette situation mais ils ne te jugent pas."

"Tu étais avec eux aujourd'hui ?" demanda Bella en reniflant.

Angela hocha la tête. "Ils sont tous à tes côtés et c'est pour ça que je suis ici."

Bella sourit et hocha la tête en réfléchissant. "Maintenant que je sais qui ils sont… c'est bien… et je vais bien. J'ai juste… seigneur je souhaiterai jamais n'avoir écrit cette chose sur le pénis d'Edward !"

Angela rit. "Eh bien voilà comment tu peux euh… gérer… le pénis d'Edward…" rigola-t-elle pendant que Bella roulait des yeux. "Ce matin tout le monde s'est rassemblé autour d'Edward et Emmett a dit que tu irais bien une fois qu'Edward t'aurait tout expliqué et que tu aurais réalisé…" Angela fit une grande pause. "… qu'ils savaient tous qu'une partie de ton histoire a été inventée." Ses sourcils tricotèrent pendant qu'elle regardait Bella par-dessus ses lunettes.

Bella était surprise. "Alors ils ne savent vraiment pas ?"

"Non. Et j'ai dit à Emmett qu'il avait raison et qu'Edward avait juste besoin de te le rappeler. Edward a semblé aussi soulagé que toi …" Angela sourit timidement. "Laisse-donc la partie sur l'intimité d'Edward dans l'imagination et personne n'en parlera plus."

Bella rigola de soulagement. " Bien c'est mon histoire et j'y suis restée collée ! Merci Angie."

"Ne me remercie pas. Je suis juste un petit rouage dans la grande opération d'excuse mise en place par Edward et organisée par Alice." Elle sourit énigmatiquement et se leva." Il faut que j'y aille. Tu me raccompagnes ?"

"Oh…" Bella cligna des yeux. "Bien sûr !" Elle suivit Angela dehors se repassant tout. Elle était tellement perdue dans ses pensées qu'elle n'avait pas remarqué la musique à l'extérieur.

Angela se tourna quand elles s'approchèrent de la porte d'entrée. "Parle à Edward," lui dit-elle, "Il pense que tu ne veux plus lui parler et il s'inquiète que les choses soient finies entre vous."

Bella haleta. "Finies ? Les choses ne sont pas finies ! Et je veux lui parler – j'avais juste besoin de temps pour réfléchir !"

"Je comprends bien mais la dernière chose qu'il a entendue c'est que tu l'accusais de l'avoir dit à tout le monde !"

"Oh seigneur ! C'est vrai ! Pauvre Edward ! Il faut que je lui parle ! Il est toujours chez ses parents ?"

"Non il est chez lui. Il t'attend et il espère que tu accepteras ses excuses." Angela sourit mystérieusement et ouvrit la porte. La musique s'était arrêtée mais quand elles sortirent elle recommença.

Quand Bella vit l'allée elle fit un bruit à mi-chemin entre un halètement et un sanglot. Ses mains montèrent à sa bouche alors que sa vision se troublait à cause de ses larmes.

Le pick-up était à nouveau dans son allée, brillant au soleil, les vitres ouvertes, de la musique en sortait. La benne du pick-up débordait de plants de tournesol, plus petits à l'extérieur mais grands près du centre, avec de grandes fleurs vives dans les tons de jaune, or et orange, les fleurs dansaient et s'agitaient dans la brise.

Bella recommença à rire et à pleurer en même temps. "Oh seigneur ! C'est l'arrangement floral d'Edward ! Mais en grandeur nature !"

"Et c'est musical !" rigola Angela. "Va le voir, B Appelle-moi dans un jour ou deux. Ayez une magnifique suite de week-end !"

Bella n'eut pas besoin de se le faire dire deux fois. Elle prit rapidement Angela dans ses bras et se mit à courir, pieds nus pendant que les chants commençaient. Et pendant qu'elle reconnaissait la chanson, pas le nom du chanteur, elle écouta ce qu'Edward voulait lui dire.

Il lui demandait de rester, l'appelant "mon amour, espérant qu'elle reviendrait à ses côtés quand il aurait besoin d'elle.

Oh Edward, bien sûr que je resterai avec toi ! J'ai besoin de toi ! Je t'aime et tu es à moi !

Merde ! Qui a pavé cette maudite rue ?!

Les paroles disaient qu'il se sentait bien dans ses bras, et que passer tous les jours ensemble était une façon parfaite de passer chaque jour.

Je me sens en sécurité aussi ! Et je veux passer chaque jour avec toi !

Mais pourquoi ne me suis-je pas chaussée ? Cette rue est une chienne !

Il lui promettait de la suivre et de lui demander de le suivre chaque jour chaque nuit, et qu'il ferait de son mieux pour ne pas la rendre triste.

Si nous suivons l'un l'autre chaque jour et chaque nuit ! Plus de malentendus et plus de larmes.

Sauf pour mes pieds en sang pendant que je traverse cette rue de merde !

La chanson disait qu'il voyait clairement les choses à présent et qu'il n'avait pas peur d'entamer une relation avec elle – ces craintes étaient parties.

N'aie pas peur – pas de m'aimer – parce que je t'aime !

Je n'aime pas du tout cette entreprise merdique qui a fait le sol de cette maudite rue.

Il lui disait qu'il était heureux de l'avoir et qu'elle le rendait meilleur avec un seul sourire.

Je suis ici – pour toi comme toi pour moi. Et ton sourire, Edward c'est le plus beau le plus délicieux sourire que j'aie jamais vu.

Et je souris maintenant en pensant à ton sourire, si je ne marchais pas sur la pointe des pieds sur l'enfer sur terre.

Comme le refrain recommençait Bella arriva enfin du côté de la rue d'Edward. Elle leva les yeux et le vit, debout et incertain dans l'encadrement de sa porte, un air tourmenté et une barbe naissante obscurcissant son visage. Il était pâle et semblait fatigué, avait des cernes sous les yeux et il était le plus bel homme qu'elle n'ait jamais vu.

Depuis la fenêtre de son séjour Edward avait regardé Ben mettre la musique en marche dans le pick-up et ensuite monter dans la mini Cooper. Il se demandait comment les choses se passaient avec Bella. Il attendit. Et regarda. Et il commença à penser que ça devenait trop long. Quelque chose n'allait pas. Il commença à faire les cent pas. Et il commença à se demander qu'est-ce qu'il allait faire de toutes ces plantes si c'était un échec. Et il s'avança vers la fenêtre et là… sa copine magnifique… pieds nus dans la rue… se dirigeait difficilement, sur ce putain de pavage, vers lui.

Edward traversa le séjour pour aller à la porte d'entrée et il l'ouvrit. Bella était dans son allée. Ses cheveux étaient en désordre, un halo sauvage autour de son visage.

Son visage pâle et son teint crémeux étaient sales, ses lèvres enflées et son nez rougi. Elle avait pleuré et Edward se sentit très mal. Mais alors elle leva les yeux et leurs regards se rencontrèrent. Elle n'était pas en colère. Elle semblait soulagée de le voir. Elle était… stupéfiante.

Elle commença à courir dans son allée. "Edward ! Oh Edward !" cria-t-elle en finissant d'arriver. "Je suis tellement désolée !"

"Non Bella c'est entièrement ma faute… !"

Les mots moururent sur ses lèvres lorsqu'il réalisa qu'elle ne ralentissait pas. Elle se lança contre lui au moment où sa main gauche saisissait le cadre de la porte. Leurs corps se percutèrent mais il la rattrapa, la gardant en sécurité alors que ses bras et ses jambes s'enroulaient autour de lui. S'il ne s'était pas accroché à la porte ils auraient glissé dans le couloir et serait tombés sur le sol. Le choc le fit basculer de côté et il perdit l'équilibre se rattrapant contre le mur à côté de la porte. Vu les circonstances il était tombé gracieusement au sol avec elle sur les genoux.

"Ça parait bien mieux dans les films," souffla-t-il en soupirant de soulagement de l'avoir récupérée.

"Oh seigneur ! Edward ça va ?!" bégaya-t-elle en caressant son visage. "Je t'ai fait mal ?! Tu es blessé ?!"

Il secoua la tête. "Non je vais bien." Il la regarda anxieusement. "Et toi tu vas bien ?"

Elle opina. "Je vais bien ! Je suis juste…. Oh Edward… !" Elle s'arrêta de parler et elle l'entoura de ses bras alors qu'il la tenait serrée contre lui.

"Seigneur je suis tellement stupide !" pleura-t-elle, se reculant pour voir son visage. "J'aurais pu te faire mal !" Ses doigts caressèrent sa joue, sa barbe piquante – mais bien plus douce que ce qu'elle aurait pu imaginer.

Les yeux verts d'Edward brillèrent quand il prit ses mains dans les siennes. "Je dois bien dire que ça me plait que tu te jettes sur moi ! C'était inattendu – comme si tu pouvais me terrasser," il sourit tendrement.

Bella rigola. "Nous nous retrouvons toujours par terre pour nos première fois. Premier diner. Premier baiser. Première dispute."

Edward rigola. "C'est vrai. Ça doit être notre truc à nous."

"J'aime notre truc," souffla-t-elle, le regardant avec ses grands yeux bruns.

"Moi aussi vraiment, Bella," dit-il, en la regardant de la même manière. "J'aime absolument tout ce qui est nous."

"Edward je suis tellement désolée pour hier soir, à propos de comment j'ai réagi. Il me fallait du temps pour réfléchir à nous, sachant ce que j'ai écrit et…"

Edward secoua la tête. "Ce n'est pas ta faute Bella." Il rangea ses cheveux loin de son visage. "Je l'ai découvert la semaine dernière. Je savais qu'il fallait que je te le dise. Mais quand je t'ai dit que je lisais ton histoire tu as été assez énervée. Et ensuite nous avons dépassé ça j'ai juste… je n'ai pas eu le cœur de te mettre en colère à nouveau. Je jure j'allais de le dire hier soir après le match mais je n'aurai pas dû attendre. Je suis tellement désolé d'avoir si mal géré tout ça."

"Non ça va. Je comprends. Tu essayais de me protéger de la gêne et de l'embarras. Mais c'est bon… vraiment." Elle sourit. "Je veux dire… Alice est ma faiseuse de bannière depuis deux ans… et Emmett et sa grand-mère…"

"C'est tellement étrange pas vrai ?" il lui fit son sourire en coin.

Bella opina en souriant. "Ça l'est vraiment. Et ta mère… elle est tellement gentille. C'est très drôle qu'elle lise de la fan fiction aussi. Ils m'ont écrit des messages très gentils pour tout m'expliquer. Ils sont fans de mes histoires comme de moi. Et ce sont mes fans. Comment pourrai-je rester en colère ?"

"Alors ça va ?" demanda-t-il en arquant un sourcil. "Avec moi ? Et avec eux ? Parce que je ne peux rien faire à ce qu'ils sont, ils ne vont pas disparaitre."

Bella rigola alors qu'il la tirait plus fort contre lui, passant ses bras autour d'elle. Elle enroula ses bras autour de ses épaules. "Ça va avec eux aussi et avec toi." Ses doigts passèrent dans ses cheveux et ses mains caressèrent son dos. "Je suis plus que bien avec toi."

Ils restèrent tranquilles et se regardèrent ressentant une sorte d'électricité.

C'était un moment décisif

C'était le moment parfait.

"Je t'aime."

Les yeux verts et les yeux bruns s'écarquillèrent de surprise, leurs bouches se parèrent d'un sourire et ils rient de surprise. Ils l'avaient dit simultanément.

"Embrasse-moi Destin," dit Bella en souriant, en regardant dans ses beaux yeux verts et dansants.

"Je t'aime Bella, " répéta-t-il doucement, en la rapprochant pour mieux l'embrasser, en pensant à combien il se sentait bien de lui avoir dit, combien ses mots sonnaient bien à ses oreilles et comment sa bouche s'adaptait parfaitement à la sienne, ouverte, respectueuse, anticipant et faisant coïncider chaque exploration. Quand il libéra ses lèvres il ne put s'empêcher de lui sourire.

Ses yeux pétillaient quand elle le regarda. "Je t'aime aussi Edward. "Elle se blottit contre lui sa tête de côté, son regard errant de la porte d'entrée à la rue.

"Oh seigneur !" s'écria-t-elle en se reculant brusquement. "J'ai presque oublié… les fleurs et la musique !" Elle fit un geste vers l'extérieur. "Tu as fait le même arrangement floral mais en grande réelle tout comme le petit !"

Il acquiesça et rigola. "Oui. Il te plait ?"

Bella sourit de toutes ses dents. "Je l'adore. C'est si gentil et drôle et magnifique ça me fait pleurer !"

"Je suis content que tu l'aimes." Il hésita. "Mais il y a plus qu'un arrangement floral."

Elle fronça les sourcils. Puis elle sourit. "OOOOh ! Oui ! Ce sont des plantes et pas des fleurs coupées !"

Edward hésita. "Et bien c'est plus comme si c'était des plantes dans un pot mais un très gros pot."

Elle écarquilla les yeux. "Tu les as plantées directement dans la benne ?"

Il hocha la tête. "Oui…avec du terreau et les plantes sont à toi et… le pot aussi."

Sa bouche s'ouvrit. "Le PICK-UP ?!"

Edward opina sentant arriver le problème.

"Mais c'est une location !"

"Non plus maintenant. Je l'ai acheté ce matin."

"TU M'AS ACHETE CE PICK-UP ?" Elle était sidérée.

Edward n'avait jamais vu les yeux de Bella si grand ouverts. Et heureusement il pensa à l'attraper par les poignets avant qu'elle se sauve dans les collines… ou chez elle.

Il hocha la tête en la regardant attentivement. "J'ai pensé que tu l'aimais."

Elle le regarda puis cligna des yeux. "Oui bien sûr… mais tu ne peux pas m'acheter un pick-up !"

"Si je peux et je l'ai fait. Sauf si tu détestes vraiment cette idée et que tu veuilles t'enfuir. Dans ce cas il sera pour moi mais je te laisserai t'en servir indéfiniment. Je l'ai acheté parce que je peux te l'offrir et que je veux que tu aies un véhicule confortable et fiable… parce que… je t'aime."

Bella fixa son expression pleine d'espoir, sincère et déterminée sur son merveilleux visage.. Et son expression devint plus douce aussi. Puis elle commença à sourire. Et ensuite elle éclata de rire et s'affaissa contre lui en babillant et passant ses bras autour de lui.

"Quoi ?" lui demanda-t-il, en embrassant le haut de sa tête, souriant dans ses cheveux.

Elle rigola et s'assit. "Alors Bella que vas-tu conduire ? Qui moi ? Oh j'ai un tout nouveau Ford F-150 amélioré !"

Il ouvrit les yeux. Il sourit… délicieusement… amoureusement. "Alors c'est un oui ? Tu acceptes ta plante verte ?"

"Edward c'est fou ! Tu es fou !"

"Oui ou non ?" insista-t-il.

Elle prit une profonde inspiration. "Est ce qu'on peut l'appeler notre plante verte ?"

Il sourit largement. "Je peux vivre avec ça."

"Alors je suppose que je n'ai plus besoin de me préoccuper d'acheter une voiture."

Il fit un petit sourire. "Je pense que ça ferait double emploi."

Elle rigola. "Alors que veux-tu qu'on fasse aujourd'hui ?"

Il haussa les épaules. "Tout ce que tu veux. Je suis à toi."

"Je suis à toi," sourit-elle. Elle hésita et puis rougit. "Pourrions-nous aller chez moi et nous préparer pour notre première séance de sexe ?"

La respiration d'Edward s'arrêta. Puis il souffla en souriant. "Non amour, je ne préférerai pas. Je préférerai te faire l'amour parce que je t'aime."

Bella sourit et se pencha pour embrasser cette exceptionnelle bouche. "Je peux vivre avec ça."

* Les indiscrétions font couler les bateaux, arranger les choses…

*Loose lips sink ships est une expression idiomatique issue d'affiches de la propagande américaine durant la seconde guerre mondiale, signifiant que l'indiscrétion pourrait avoir de fâcheuses conséquences. Ce slogan visait à mettre en garde aussi bien les civils que les soldats contre les discussions dont le contenu pourrait servir là l'ennemi.

* C'est une anecdote concernant le film