Titre : Plus Jamais !

Pairing : RoyEd / Rating : T pour langage (Ed. Ce qu'il est vulgaire ce petit.)

Résumé : "Ras le cul de tous ces connards infidèles !" Edward signa depuis ce jour pour le célibat et ce de manière définitive. Merci à son ex, Jean, retrouvé au pieu en charmante compagnie. Ou comment Roy va galérer pour le faire changer d'avis ! RoyEd Modern UA-OOC/Jean bashing


Chapitre 2 (POV Roy)

Roy écoutait d'une oreille distraite tout le blabla incessant de son meilleur ami alors que sa principale préoccupation était en train de se prendre la tête avec un client quelques tables plus loin. Edward était diablement sexy ainsi, le visage rouge de colère. Il tentait visiblement de rester courtois envers le connard qui se plaignait pour une vague histoire de café infect mais ça n'allait probablement pas durer bien longtemps. Sa collègue Rose prit sa place avant le point de non-retour et Roy se sentit déçu. Il avait déjà eu l'occasion de voir la divine créature blonde vociférer joyeusement et rien à ses yeux ne valait autant le spectacle. Maes continuait de lui débiter ses conneries habituelles mais Roy avait toute son attention focalisée sur Edward, comme au premier jour où il l'avait vu travailler dans son café, depuis lors, préféré.

Roy vivait à Central depuis sa tendre jeunesse, et connaissait Maes depuis presque autant de temps. Il y avait fait toute sa scolarité, et il n'y avait pas de raison pour lui d'aller dans une autre université que celle de Central, surtout que celle-ci était particulièrement réputée. Ses parents étaient de riches commerçants, les frais de scolarités n'était pas un problème, ni le luxueux appart qu'il louait près du Campus. Ce café de quartier était étrangement la chose la plus simple qu'il n'ait jamais côtoyé, habitué qu'il était des grands restaurants et autres banquets. C'était Maes qui lui avait donné l'adresse, car le cappuccino que Roy affectionnait tant y était soi-disant divin, et il s'y était donc rendu un soir après les cours.

Par un heureux hasard, Ed y était aussi pour la première fois. Il n'avait probablement jamais travaillé dans un café si l'on tenait compte de la familiarité avec laquelle il parlait aux clients, ou des nombreuses erreurs qu'il fit sur son service ce jour-là. Et Roy l'avait remarqué, car il n'avait pu détacher son regard de sa petite personne. Il ne se souvenait pas de ce qu'il l'avait captivé en premier lieu. Était-ce sa stature fine mais musclée ? Ses cheveux longs dorés comme les blés attachés dans une charmante tresse ? Ses magnifiques yeux ambrés remplis de détermination ? Edward était loin de ressembler à une femme, mais sa beauté dépassait bien largement toutes celles que Roy avait connu.

Peu d'hommes avaient également partagés son lit, mais quelque chose en Edward l'attrayant irrémédiablement. Et cette attirance ne s'arrêtait pas à son physique, car la personnalité du petit blond était aussi irrésistible que son physique. Roy en avait déjà fait les frais et le seul souvenir suffisait à le faire frissonner de plaisir.

Il était assis au niveau de la devanture, et avait ouvert un livre en attendant que quelqu'un prenne sa commande tout en espérant que ce soit le blond qui le serve. Il ne fut pas déçu.

« Salut. Vous voulez quoi ? »

Nouveau, en effet. Roy en éclata de rire et Edward rougit instantanément. Mignon.

« Wow, quel accueil. Ça se fait, de parler de cette façon à un client ?

- La ferme ! C'est vous le serveur ici ? Non, c'est moi ! Alors cette commande ? Il y a des clients qui attendent ! »

Personne n'attendait en fait, c'était plutôt calme à cette heure-là. Alors puisque le blond n'avait clairement pas l'air débordé, Roy décida d'en profiter.

« Tu ne dois pas toucher beaucoup de pourboire avec un tel tempérament … Edward. » Roy aurait été surpris si le prénom d'Edward avait été écrite de manière agréable, mais l'écriture brute et désordonnée sur sa poitrine correspondait parfaitement au blond. Roy ne se sentit que plus attiré encore.

« Nan mais de quoi je me mêle, sérieux ? Foutez-lui la paix à mon tempérament, il ne vous a rien demandé !

- Eh bien, tout doux mon petit –

- QUI TU TRAITES DE NAIN ASSEZ PETIT POUR SE PLANQUER DERRIÈRE UNE PUTAIN DE CUILLÈRE A CAFÉ ?! »

Là, Roy fut surprit. L'ensemble de l'établissement aussi si l'on tenait compte des têtes d'ahuris qui s'étaient tournées vers eux. C'est qu'il avait du caractère le petit, et il trouvait très rafraichissant le fait de pouvoir s'amuser à ses dépens, surtout si le sujet de la taille était un problème. Roy allait en jouer, et le blond sera à lui. Il n'arrêtera pas tant qu'il ne l'aurait pas eu.

« Je n'ai jamais rien dit de la sorte, Ed. Je peux t'appeler Ed, bien sûr ?

- Non, vous ne pouvez pas. » Grogna Edward qui fut bien évidemment ignoré.

« Susceptible, hum ? Que dirais-tu d'un rencard pour me faire pardonner ? »

Rencard. C'était visiblement le mot magique à ne pas prononcer en présence du blond dont le visage venait de passer du rouge colère au blanc horrifié.

« Bordel, non.

- Peur d'aimer ça ?

- Certain de détester ça.

- Allons Ed, je suis sûre que je peux arriver à rendre ça agréable pour toi. Tu peux me faire confiance. »

Le sous-entendu ne passa visiblement pas inaperçu car le visage d'Edward se ferma instantanément. Il se pencha très légèrement vers Roy et lui murmura dangereusement.

« Gardes ton discours de chaud lapin pour quelqu'un qui tombera certainement dans le panneau. J'ai connu assez de connards dans ton genre pour savoir que ça ne m'intéresse pas. Que TU ne m'intéresse pas. Alors je ne peux pas t'interdire de te pointer ici, mais cherche moi et je peux t'assurer que tu vas me trouver. Maintenant tu vas me passer ta putain de commande et presto. »

Quelque chose dans le ton d'Edward cloua le bec de Roy. Il était habitué à ce genre de discours, et aux filles qui se jetaient dans ses bras la minute d'après. Il n'était en revanche pas habitué au regard de pure haine comme celui que lui lançait le blond en ce moment même. Ce regard qui ne disait rien, et qui disait tout à la fois. Et Roy y voyait du dégout, de la douleur, de la fierté, un mélange de peur et de combativité. Il comprit à cet instant qu'il n'aurait pas Edward avec la même tactique que les autres. Qu'il n'aurait probablement pas Ed tout court d'ailleurs. Mais il ne pouvait empêcher sa curiosité de vouloir en savoir plus sur lui. Alors Roy décida de jouer une toute autre carte.

« Un cappuccino. »

Edward sembla se calmer, ses épaules se relâchèrent, et lui fit un sourire crispé si faux que Roy le détesta presque.

« Simple ? Double ? Chocolat en poudre ? Crème fouettée ? Sucré ou sans sucre ?

- Double, sans sucre.

- Je vous apporte ça. »

Roy lui fit probablement la plus mauvaise des premières impressions ce jour-là puisque jamais il ne put approcher Edward autrement que via son job. Le blond refusait en bloc toutes ses tentatives de communication, à part quelques uniques fois qui n'avaient rien arrangés au problème, et lui lançait des regards noirs dès que possible quand il ne le fuyait pas comme la peste.

Roy soupira dramatiquement et Maes lui jeta un sucre à la figure.

« Hey !

- Tu n'as rien écouté de ce que je t'ai dit, n'est-ce pas ? Il a quoi de plus que moi, le petit blond ? S'amusa Maes

- A ton avis ? Rétorqua Roy.

- Il n'a toujours pas succombé à ton charme irrésistible ? »

Le sarcasme évident agaça Roy. Non, Edward ne répondait pas comme il le souhaitait et Roy appréciait moyennement que Maes se foute de lui.

« Tu ne t'ai pas dit qu'il était tout simplement hétéro ?

- Il est gay. Ou peut-être bi, peu importe. Il m'a déjà laissé sous-entendre qu'il était déjà sorti avec un mec.

- Déjà casé peut-être ?

- Je ne pense pas. Il n'aurait pas rejeté mes avances de la façon dont il l'a fait la première fois. »

Maes sembla pensif en regardant son meilleur ami.

« Ça ne te ressemble pas de courir derrière quelqu'un qui ne veut visiblement pas de toi.

- Lui, c'est différent. »

Maes fut un instant surprit puis ricana.

« Tu parles comme un foutu psychopathe. J'espère qu'en plus de venir ici dès que tu en as l'occasion, tu ne le suis pas ou un truc glauque du genre au moins ? »

Roy se figea et prit une gorgée de sa boisson préférée. Bon sang, ce truc était véritablement un appel au meurtre.

« Roy ?!

- Calme-toi. Ce n'est arrivé qu'une fois et ce n'était même pas volontaire. »

Roy savait que Maes ne pouvait pas comprendre la fascination qu'Ed exerçait sur lui. Roy ne se comprenait pas lui-même la moitié du temps quand ça concernait le blond. Son meilleur ami était fou amoureux de Gracia et avait commencé à sortir avec elle depuis quelques mois car lui avait eu la chance de sa voir sa demande acceptée. Roy lui n'avait pas d'autre choix que d'utiliser des moyens détournés pour obtenir des informations !

Alors quand Roy était tombé sur Ed un samedi matin dans une épicerie du quartier après ses cours, il en avait honteusement profité.

Il l'avait épié de loin faire ses courses. Il avait pu admirer à loisir son corps un peu trop svelte pour sa stature alors qu'Ed était enfin sans son uniforme, portant un pantalon noir moulant à souhait et un débardeur de la même couleur. Le tout mettait bien plus en valeur sa peau crème et ses cheveux blonds qui étaient cette fois-ci attachés en une haute queue de cheval.

Il l'avait vu répondre à un texto sur un téléphone ridiculement âgé et ranger ses courses dans une besace portant le logo d'une université située à l'autre bout de la ville.

Il l'avait ensuite suivi jusqu'à ce qui était probablement l'immeuble dans lequel il habitait. En somme, il avait plus appris sur lui en deux heures de temps qu'en deux mois à lui tourner autour au café.

Maes laissa exprimer une bruyante expression de surprise suite à cette étonnante explication. Tellement bruyante que certains clients se retournèrent vers eux et même Edward les regarda tous deux de manière suspicieuse. Roy eu la décence de paraître un peu honteux.

« Roy ! Serais-tu devenu complètement cinglé ?!

- Quoi ?! Merde, ça va, ce n'est rien, je ne l'ai pas agressé ou une autre connerie dans ce genre-là.

- J'espère bien, manquerait plus que ça ! Nan mais qu'est-ce qui te prend sérieux ? Je trouvais ça marrant au début mais là tu dérailles Roy. »

Roy soupira en se passant une main dans les cheveux.

« Écoutes, ce n'est pas du tout ce dont ça a l'air. Il ne veut pas de moi, je l'ai bien compris, et je l'accepte ok ? Mais – Merde Maes, j'aimerai juste, je ne sais pas, qu'on soit ami ? Je ne dirais pas non s'il devait se passer un truc, d'ailleurs j'aimerai bien qu'il se passe un truc, mais juste son amitié je pourrais probablement m'en satisfaire. Je crois ? Je sais que j'ai agi comme un connard, mais j'aimerai qu'il me voit autrement.

- Pourquoi ? »

Pourquoi ? Excellente question. Pourquoi en effet se raccrocher à Ed alors qu'il pourrait facilement remettre une fille, ou un mec d'ailleurs, dans son lit plus rapidement que le temps de dire « capote ». D'ailleurs, depuis quand voulait-il Ed pour autre chose que le foutre dans son pieu ? Parce que Roy ne mentait pas pour obtenir les bonnes grâces de son meilleur ami, il souhaitait véritablement connaitre Edward, même si ce n'était qu'en toute amitié. Il voulait connaître plus que son tempérament d'animal sauvage et souhaitait découvrir ce qui se cachait derrière toute cette animosité. Edward était un mystère que Roy brulait de déchiffrer.

Maes voyait bien que Roy ne pouvait pas répondre à cette question dans l'immédiat. Il n'avait jamais vu Roy agir de cette façon avec quelqu'un et il trouverait ça presque attendrissant s'il ne trouvait pas ça carrément flippant venant de son meilleur ami de toujours. Mais qui sait, peut-être que quelque chose de bien pourrait ressortir de tout ça ?

Si Maes ne connaissait pas Roy, il pourrait presque penser que ce dernier était tout simplement amoureux.

Cette constatation fit se figer Maes alors que Roy était encore perdu dans ses pensées.

« Laisse tomber, va. Écoutes, si tu veux vraiment être pote avec ton blond, essaye juste de, je ne sais pas, ne pas être toi ?

- J'essaye !

- Hé bien essaye mieux car visiblement tu t'y prends comme un manche !

- T'es pas aidant là, Maes. »

Pourtant son meilleur n'avait pas tort. Qu'est-ce qui ferait qu'Ed le regarde autrement que comme le cinglé du coin ?

Il ne savait pas pour le moment, mais il comptait bien faire en sorte que ça change.