Titre : Plus Jamais !
Pairing : RoyEd / Rating : T pour langage (Ed. Ce qu'il est vulgaire ce petit.)
Résumé : "Ras le cul de tous ces connards infidèles !" Edward signa depuis ce jour pour le célibat et ce de manière définitive. Merci à son ex, Jean, retrouvé au pieu en charmante compagnie. Ou comment Roy va galérer pour le faire changer d'avis ! RoyEd Modern UA-OOC/Jean bashing
Chapitre 3 (POV Ed)
Edward regarda discrètement sa montre avant de soupirer. Il lui restait encore deux heures de services et vu le travail qui l'attendait à la maison, il n'était pas près de faire une bonne nuit de sommeil, une fois encore. Heureusement pour lui, il ne travaillait pas le lendemain et comptait en profiter pour rattraper son retard sur son travail personnel.
Son téléphone sonna joyeusement dans sa poche et il récolta un regard noir de Rose au passage. Il s'excusa rapidement et c'est tout de même avec un sourire qu'elle lui dit de prendre une pause. Concentré qu'il était sur son service, il ne prenait jamais le temps de le faire. Il accepta cette fois-ci, certain que c'était Al, son petit frère, qui devait l'appeler pour prendre des nouvelles. C'est vrai que ça faisait un bail qu'ils ne s'étaient pas parlé.
Roy était toujours attablé avec Maes et tous deux étaient concentrés sur leurs travails respectifs. Edward sorti et s'assit sur un banc en face du café avant de sortir son téléphone portable. Qu'elle ne fût pas sa mauvaise surprise de constater que ce n'était pas Al qui l'avait appelé, mais Jean. Même sans avoir sa fiche de contact dans son répertoire, il pouvait se souvenir de son numéro par cœur. Comment cet enfoiré pouvait avoir son numéro ? Il l'avait changé en quittant Est City, et seule une poignée de personne avait eu le privilège d'avoir le nouveau.
Il en trembla de rage et serra son téléphone si fort dans sa main qu'il en craqua presque. Edward jura en s'en rendant compte. Il le rangea dans sa poche afin qu'il ne subisse pas plus de dégâts involontaires. Il n'avait clairement pas les moyens de se payer un autre téléphone, merci bien.
Une personne de son entourage avait-elle vendu la mèche ? Ses amis se comptaient pourtant sur les doigts d'une main. Pourquoi Jean l'appelait-il soudainement après deux mois de silence radio ?
Le connaissant, il devait être encore complètement bourré ou défoncé, ou les deux, et ne méritait pas l'attention qu'il réclamait visiblement. Edward ne répondrait pas, il ne répondrait plus jamais. Jean, c'était de l'histoire ancienne. Il avait fait un trait sur cette vie là quand il avait quitté Est City, par obligation ne pouvait-il amèrement s'empêcher de penser, et n'était pas près de faire une seconde fois la même connerie. Il avait déjà tellement perdu à cause de lui qu'il n'était pas prêt à retenter l'expérience avec lui, ni avec qui que ce soit d'autre d'ailleurs.
Il pesa le pour et le contre quant à finalement appeler son frère ou non. Il était toujours difficile d'avoir Alphonse au téléphone car Ed s'attendait à tout moment à devoir rejeter une demande de visite de la part de son frère. Il ne pouvait pas l'accueillir, pas dans le taudis dans lequel il vivait, c'était tout bonnement inconcevable. Edward avait toujours su trouver une parade pour éviter ça mais il savait que tôt ou tard Al se pointerait à Central. Et il aimerait avoir d'ici-là un appartement à peu près décent à lui présenter.
Le boulot de serveur ne lui rapportait pas autant qu'il le souhaiterait, mais le déjeuner était offert quand ses cours lui permettaient d'être présent durant ces horaires-là et c'était toujours des économies de réalisées.
Edward se décida finalement à avoir Al au téléphone. Il avait également besoin de savoir que Winry et Pinako allaient bien.
Winry, son amie d'enfance, et Pinako la grand-mère de celle-ci, vivaient à Resembool et dirigeaient ensemble l'exploitation agricole de la famille. Alphonse, qui se retrouva en échec scolaire après la mort brutale de leur mère, et la violente dépression qui en découla, décida de les aider dès son plus jeune âge. Il avait grandi et avait appris à se responsabiliser grâce à ce job qu'il affectionnait aujourd'hui particulièrement. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que Winry et Alphonse finissent par se mettre en couple et Edward était très heureux pour eux.
Il passa quelques minutes rafraîchissantes avec son frère au téléphone, ne s'attardant qu'ici ou là sur sa situation actuelle et utilisa l'excuse du travail pour écourter la conversation avant que les mauvaises questions ne fusent. Elles étaient nombreuses depuis qu'Al savait que son frère n'était plus en couple avec Jean et qu'il avait dû quitter Est City. Alphonse s'inquiétait énormément pour Ed et celui-ci était passé maître dans l'art de le rassurer sur ce point, malgré sa culpabilité à l'idée de lui mentir.
Alors qu'il s'apprêtait à rentrer dans le café il tomba nez à nez avec Roy qui allait visiblement en sortir. Avant d'avoir eu le temps de lui demander gentiment de virer de là, Roy recula de lui-même pour le laisser passer. Edward leva presque les yeux au ciel. La carte de la galanterie, génial, il ne manquait plus que ça. Edward ne le remercia pas et reprit son service.
Il se leva tôt le lendemain pour ses cours du matin. Libre dés dix heures, il rejoignit le centre-ville et s'offrit un thé qu'il but en compagnie d'un de ses romans préférés dans un parc près de là. Edward n'ayant pas souvent l'opportunité de s'offrir quelque chose de matériel et ayant perdu presque tous les biens qu'il possédait en quittant Est City, ce genre de petit plaisir était tout de même d'un grand réconfort. Il aimait la ville, mais ne pouvait ignorer que la campagne de Resembool lui manquait quelques fois. Dès qu'il en avait l'occasion, et même alors que ses priorités étaient ailleurs, il aimait flâner de la sorte, afin de prendre un bon bol d'air frais. Ça lui permettait aussi de s'échapper de son appart' et de l'aura morose que y régnait.
Il ne s'autorisa qu'une petite heure, mais elle lui fit un bien fou.
Ensuite, direction la bibliothèque, le troisième endroit où il passait plus de temps après le café et l'université. Aucune personne en ce bas monde n'arrivait à comprendre le besoin irrémédiable d'Ed d'avoir toujours un livre à porter de main. Il adorait lire, apprendre, étendre ses connaissances dans tout un tas de domaine divers et variés. Il adorait se perdre dans les phrases, dans les idées qu'elles dégageaient, des conseils qu'elles prodiguaient. Les livres avaient toujours été une forme de réconfort pour Edward, même encore aujourd'hui.
Il s'installa dans un coin reculé de la bibliothèque, mit son portable en silencieux et travailla sereinement. Les heures passèrent sans même qu'il s'en rende compte. Ses cours à l'université étaient la seule chose dans sa vie qui était stable, il travaillait autant qu'il le pouvait et ses notes, excellentes, suivaient la cadence. Il n'avait pas la possibilité de prendre autant de cours qu'il le souhaitait, mais ceux qu'ils pouvaient suivre lui suffisait à continuer son cursus. C'est tout ce qu'il souhaitait, prendre sa revanche sur la vie et réussir haut la main dans au moins un domaine, et c'était bien parti pour.
Il se leva au bout de trois heures pour s'étirer et récupérer un autre livre. Il se planta devant la bibliothèque avec l'irrémédiable envie de la cramer lorsqu'il s'aperçu que l'ouvrage qu'il souhait consulter se trouvait sur la dernière rangée. Soit trop haute pour être attrapé par sa fâcheuse petite taille. Et bien entendu, aucun marche pied à l'horizon.
Bras croisé, son cerveau échauffé tournait à toute allure. Au vu du peu de fréquentation de la bibliothèque à cette heure-là, quelles étaient les chances pour que quelqu'un remarque s'il grimpait sur ladite bibliothèque ? A cette question s'ajoutait celle-ci : était-il prêt à se rendre parfaitement ridicule si quelqu'un le voyait en pleine action ?
Il grogna de mécontentement et entreprit d'essayer de choper le livre en se mettant sur la pointe des pieds dans un premier temps. Un ricanement retentit derrière lui et une main le dépassa pour récupérer le livre tant désiré.
Seigneur, était-il destiné à se taper tous les clichés de merde dans sa misérable vie ?
Edward se retourna et tomba nez à nez devant un Mustang clairement amusé. Toutefois, ses yeux n'étaient pas animés de la même malice que d'habitude. Il y avait presque quelque chose d'attendrissant dans sa manière de le regarder. Regard qui le fit involontairement frissonner à son plus grand désarroi.
« J'ai cru comprendre que tu avais besoin d'aide.
- Je me débrouillait parfaitement bien.
- Parfaitement, oui. » Le ton moqueur était de retour et Edward lui arracha le livre des mains sans un merci avant de repartir vers sa table. Et bien évidemment, Mustang lui emboita le pas instantanément.
Ed fit comme s'il n'était pas là et reprit son travail. Essaya était le mot clef. Peu importe comment il essayait d'en faire abstraction, Mustang était là, c'était difficile à ignorer.
Surtout quand celui-ci s'accouda à un siège juste en face de lui.
« Médecine ? »
Edward releva la tête, agacé.
« Nan, il sait lire ? Là, je suis impressionné.
- Je fais tout pour. » Mustang lui lança un clin d'œil et Edward remarqua qu'il semblait moins assuré que d'habitude.
« Si jamais ça t'intéresse, Maes et moi on fait souvent des cessions de révisions collectives. Et visiblement nos bahuts en sont au même point niveau programme. »
Edward en lâcha presque son crayon.
« Vous êtes en médecine ? A la fac du centre ?
- Seconde année. » Acquiesça Roy.
« Est-ce un autre vicieux stratagème de ta part visant à obtenir mon numéro de téléphone ?
- Peut-être ?
- Alors que peut-être suis-je le premier de ma promo et que je n'ai pas besoin d'esprit inférieur au mien pour me ralentir dans mes révisions.
- Hum, ça ne serait pas si étonnant. »
Edward avait l'impression d'être dans une autre dimension. Était-il véritablement en train d'avoir une conversation civilisée avec Roy Mustang ? Il secoua la tête et entreprit de reprendre ses notes.
« Et, tu l'es ? »
Ou pas.
« Quoi donc ?
- Premier de ta promo ?
- En quoi ça t'intéresse ?
- Eh bien, je suis étonné de te savoir dans le public. Si tu es aussi bon, peut-être que la fac du centre serait un meilleur parti. »
Edward renifla de dédain.
« Tu ne peux pas suivre une conversation sans faire preuve d'arrogance, n'est-ce pas Mustang ? Tout le monde n'a pas les moyens de se payer une année dans ton école de riches. »
Roy fronça les sourcils.
« C'est pour ça que les bourses existent, non ?
- Tu crois tout savoir ?! » Là, Edward était énervé. « Avec la malheureuse bourse que je pourrais obtenir, je ne pourrais même pas être capable de suivre le tiers des cours. Et je ne parle pas que des frais de scolarité ! Pourquoi est-ce que tu crois que j'bosse, pour me payer des cours de tennis ?! Alors ne me parle pas d'avoir le choix alors que tu n'as pas la moindre idée de - ! »
Ed s'arrêta dans sa course alors qu'il avait commencé à élever la voix. Mustang se retrouva bouche-bée. Et merde, est-ce que l'autre connard était à présent en train de le regarder avec compassion ?
« C'est vrai, je ne sais pas. Excu -
- Ça va, ferme-là. Et garde ta putain de pitié de merde pour toi, sinon j'te la colle bien profonde dans le derrière et crois-moi je m'y connais en anatomie, je peux t'assurer que ça n'aura rien d'agréable. »
Edward retourna rageusement une page du livre qu'il lisait avant de se souvenir qu'il ne lui appartenait pas. Il releva la tête au bout de deux minutes.
« T'es encore là ? Il n'y a pas un autre pauvre type dans le coin que tu pourrais aller emmerder ?
- J'étais venu là pour étudier aussi à la base. Est-ce que je peux m'assoir à ta table ?
- Non. »
Edward était presque soulagé que Mustang ai dit quelque chose pour le foutre en rogne, la situation devenait bien trop bizarre pour lui. Le brun n'avait d'ailleurs pas bougé de sa place et le regardait avec une moue adorablement stupide.
« Est-ce que tu es en train de me faire une gueule de chaton perdu car je ne veux pas que tu t'asseyes sur une chaise située dans un lieu public et pour laquelle je n'ai de toute façon pas mon mot à dire ?
- Mon petit cœur de chaton perdu est très sensible. »
Et là contre toute attente, et avant même qu'Edward n'envisage seulement de s'en empêcher, il explosa de rire sous les yeux médusés de Roy. Il se fit réprimander par le maître des lieux et s'excusa. C'est encore un grand sourire qu'il se retourna vers le brun.
« Sensible, hein ? Mon cul, oui. »
Il prit quelques secondes pour se calmer, arrivant à peine à croire qu'il ait rit à quelque chose que Mustang lui ai dit. Mais cette tête, vraiment …
« Tu vas rester planter là pendant encore longtemps ? Assieds-toi sur cette putain de chaise et boucle-là. Par contre je te préviens, tu fais mine de respirer trop fort et j'te ferait sortir moi-même. »
Mustang s'assit avant même que le blond ait terminé sa phrase.
