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… Chapitre 69
Ce doit être le bon endroit ...
Comme plusieurs fois déjà Edward était en train de marcher dans la sombre forêt.
Et pourtant… ce n'était pas pareil...
Il n'essayait plus d'échapper à quelque chose. La forêt n'était plus étouffante ni interdite, les racines pas plus que les branches n'essayaient de l'attraper. Au lieu de cela l'épais feuillage formait comme un plaisant cocon. L'air de la fin de l'été était doux entre les arbres tandis qu'il se dépêchait entre les flaques de lumière. Une brise se leva faisant murmurer les feuilles.
Il marchait sur le sentier étroit essayant d'arriver dans un endroit devant lui – un endroit ensoleillé juste un peu plus loin. Le feuillage était moins dense et laissait place au soleil quand il arriva à la lisère.
Finalement les arbres se rapprochèrent et la chaleur et la lumière du soleil éclairèrent la prairie. Presque parfaitement ronde, elle était bordée par des arbres et une petite colline au nord. Edward s'arrêta juste sous le couvert des arbres.
La prairie était recouverte d'herbes qui s'agitaient, de fleurs sauvages éparpillées et il y avait des endroits recouverts de petites plantes qui avaient encore quelques petites fleurs blanches et de petits fruits rouges mûrs et brillants qui ressortaient parmi les feuilles sombres. Inspirant profondément Edward sourit quand il perçut le parfum des fleurs sauvages et des fraises des bois que la brise chaude de la fin d'été lui envoyait.
Il allait continuer à avancer quand un mouvement attira son regard et il se figea pour regarder.
Une jeune femme, dans une robe blanche d'été et un chapeau se levait de sur la couverture qui était étalée au soleil.
C'était sa fille, sa Bella. Et elle serait toujours sa Bella.
Il regarda son profil pendant qu'elle scrutait la clairière. Il sourit sachant où ses yeux allaient, entendant les mêmes bruits qu'elle, bien que d'où il était il ne puisse pas encore voir ce qu'elle voyait.
Ensuite elle se pencha, attrapant les grandes anses d'un grand panier de pique-nique et le rapprocha d'elle. Elle saisit les coins de la couverture noire, bleue et grise à ses pieds ensuite elle se releva et la secoua avant de la réinstaller un peu plus loin.
Finalement elle se remit sur la couverture et se tourna vers lui légèrement, ses jambes nues étendues devant elle, abandonnant ses sandales dans l'herbe. Elle récupéra son chapeau et le posa de travers sur ses épais cheveux bruns qui étaient rassemblés sur l'une de ses épaules. Elle prit appui sur ses bras, ferma les yeux et sourit, exposant son joli visage au soleil.
Tout simplement comme un tournesol.
La prairie appelait Edward. Et un instant après c'était Bella qui lui fit signe. Elle avait vraisemblablement senti qu'il était là - elle avait dû le sentir la regarder - et elle l'avait cherché, le trouvant à la lisière du bois. Un sourire radieux éclaira son visage et elle lui fit signe de s'approcher.
"Tu me regardais, Edward ?" cria-t-elle.
Il rigola, pris sur le fait mais peu lui importait et il hocha la tête. "Tu sais bien que je te regarde tout le temps !" répondit-il de la même manière, avec un sourire en coin.
Il avança, dépassant un petit panneau en bois peint et ses mots peints à la main le firent sourire. Quittant l'ombre de la forêt il marcha à longues enjambées rapides se dirigeant vers le milieu de la clairière parfumée et ensoleillée. Sa tête se tourna et ses yeux se concentrèrent près de la petite colline au nord pendant un moment et son sourire s'élargit encore quand il regarda vers Bella à nouveau.
"Qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-elle, faisant un signe de tête vers sa main gauche quand il atteignit le panier de pique-nique.
Il suivit son regard regardant vers le bas en retournant sa main. "Ça ? C'est juste mon alliance," répondit-il avec un sourire.
Bella roula des yeux et rit. "Non pas ça Edward ! Dans ta main ?"
Il sourit en regardant le paquet qu'il portait jusqu'à ce que leurs regards se trouvent. Un sourire diabolique se forma sur ses lèvres.
"Tu ne regardes pas mon paquet, pas vrai, amour ?"
Une étrange impression de déjà-vu traversa ses pensées – mais très fugacement et la sensation passa.
Elle lui répondit avec un petit rire et le plus parfait des rougissements. "Bon… tu me connais… je regarde toujours ton paquet Edward. Tu sais que je ne peux pas faire autrement."
Il fit jouer ses sourcils en faisant un sourire entendu et il la rejoignit sur la couverture, s'installant gracieusement près d'elle. Il posa la grande enveloppe épaisse qu'il tenait hors de sa portée.
"C'est de ça dont il était question plus tôt au téléphone ?" demanda-t-elle, regardant curieusement vers le paquet à côté de lui. "C'est pour ça qu'il a fallu que tu t'en ailles ! ?"
Il sourit en pliant ses genoux et en les entourant de ses bras. "Oui c'est bien de ça qu'il s'agissait au téléphone."
"Alors… qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-elle, les sourcils froncés.
"C'est une autre surprise d'anniversaire… qui vient juste d'arriver."
"Pour moi ?" demanda-t-elle, souriante et intriguée.
Edward rigola. "Bon voyons voir… ce n'est pas mon anniversaire… et même si ça l'était je ne suis pas sûr que ce serait une vraiment bonne surprise pour moi puisque je sais ce que c'est."
Elle roula des yeux à son sourire secret. Il était évidemment content de lui-même, à faire traîner cette surprise comme il le faisait. "Alors tu vas me le donner, ce paquet ou tu es juste là pour me narguer avec lui ?" lui demanda-t-elle finalement.
"Bon je peux juste te donner mon paquet… tu dois le mériter. Il y a un petit supplément," lui dit-il avec un sourire sexy.
De nouveau quelque chose de familier le frappa - la sensation qu'il avait déjà eu cette conversation avant.
Elle rit. "Oh il y a un petit supplément là ? Et qu'est-ce que ce pourrait être ?"
Il pinça les lèvres et la regarda avec amusement. "Bon qu'est-ce qui comptes pour toi ? Tu es si curieuse, fille à anniversaire ?" plaisanta-t-il. "A quel point es-tu désespérée d'obtenir mon paquet ? " Ses yeux brillants étincelaient.
Elle rit autant à lui qu'à son défi et brusquement elle l'attira à elle, le faisant rouler sur le dos. Un rire surpris lui échappa et il cligna des yeux à cause du soleil brillant. Il lui sourit tandis qu'elle montait sur son corps étendu. Ses mains attrapèrent ses hanches au-dessus du tissu de sa robe, la maintenant en place sur son entrejambe alors qu'il se sentait durcir sous elle. Son petit visage en cœur le dominait, souriant fièrement de l'avoir pris par surprise.
"C'est vraiment un pas dans la bonne direction…" l'assura-t-il, en plissant les yeux et faisant un sourire provocateur en soulevant ses hanches sous elle. "… si tu en as après mon paquet en tout cas."
"Et tu sais que c'est toujours ainsi." Elle rit en s'étirant pour attraper sa casquette noire avec une borderie jaune dorée proclamant qu'elle était sa Reine b. Elle la posa sur sa tête, la visière faisait de l'ombre à ses yeux comme ça il n'aurait plus à les plisser et pourrait la voir plus facilement. Et il fit cela avec beaucoup d'affection parce que c'était vrai qu'elle était plus que sa Reine b – c'était la fille de ses rêves.
Tout à coup cela frappa Edward, il sut pourquoi tout cela lui semblait si familier.
Il cligna des yeux alors qu'une expression amusée se répandait sur son visage. "Tu veux entendre quelque chose d'étrange ?" demanda-t-il.
"Bien sûr," répondit-elle, en se penchant au-dessus de lui, le regardant bien.
"Tu te souviens de ce rêve récurrent que j'avais, tu sais au début que nous nous sommes rencontrés ?"
Elle plissa les yeux, réfléchissant puis se souvenant. "Oui ? Bien il me semble. C'était il y a cinq ans, Edward. Pourquoi ? Qu'est-ce qui t'a fait penser à ça ?"
"J'ai cette impression… je suppose que je peux dire de… déjà-vu ou quelque chose…" il regarda autour de lui. "Je jurerai que c'est presque exactement comme dans ce rêve. Moi… qui arrive de dessous les arbres dans la clairière… vers toi, en robe blanche et chapeau… celui-là est différent mais bon. Et tu es assise sur cette couverture avec le panier de pique-nique. Même le paquet…" Il jeta un coup d'œil de côté. "Tu te souviens que je t'amenais un paquet ?"
Elle hocha la tête lentement, essayant de retrouver ce qu'il avait partagé avec elle au début de leur relation. Ses lèvres se recourbèrent en un sourire. "Oh oui ! C'est vrai."
"Même des bouts de la conversation me paraissent familiers… comme si nous l'avions déjà dit avant. C'est comme ce rêve récurrent." Mais là ce n'était clairement pas un rêve. C'était le milieu de la journée et ils étaient tous les deux bel et bien réveillés.
"Euh et bien c'est très étrange," répondit-elle. "Mais c'est probablement une simple coïncidence. La prairie n'est pas une surprise. Et ce n'est pas comme si nous n'avions pas eu de pique-nique ailleurs et avant."
"Vrai." Il opina. "Mais en mettant tout ensemble… je jurerai que c'est ce rêve."
Elle lui fit un sourire tendre et haussa les épaules. "Peut-être que ça signifie que tes rêves sont devenus réalité ?"
Son expression se radoucit tout comme la sienne. "Je dois dire qu'ils le sont devenus, définitivement, amour."
"Pour moi aussi." Elle sourit et ensuite traça le contour de son cœur sur son torse et ajouta deux initiales à l'intérieur.
Edward n'avait pas besoin de regarder, il savait. "Je t'aime Bella."
Ses doux yeux allèrent vers les siens. "Je t'aime aussi Edward. Tu es mon 'ils vécurent heureux pour toujours'."
Ses yeux verts soutinrent son regard puis descendirent plus bas vers sa jupe, de sa poitrine à son ventre. Il retint son souffle et elle fit glisser sa main sous son t-shirt, le bout de ses doigts caressant son nombril et faisant se contracter ses muscles et il mordit sa lèvre inférieure. Sa main descendit plus bas, taquinant les poils qui étaient dispersés sous son jeans, provoquant un doux grognement et un battement de cil.
Avec un petit sourire machiavélique Bella tira sur ses poils.
"Aïe ! C'est quoi ça ? !" rit-il, en prenant sa main dans la sienne alors qu'elle rigolait. Il la posa sur son torse. "Juste quand les choses commencent à devenir intéressantes... !" Il lui tapa sur les fesses, joueur, la faisant crier.
Elle approcha sa bouche de la sienne et il enroula son bras autour d'elle, un grognement provenant de sa gorge vibra de la profondeur de sa poitrine. Elle l'embrassa, sa main contre sa joue et le bout de ses doigts caressa sa mâchoire et ses pattes.
Il fit rouler la fille de ses rêves sur son dos pour mieux l'embrasser à perdre haleine et lui montrer qu'elle était l'amour de sa vie. Là juste sur cette couverture. Et là dans leur prairie personnelle.
Il releva la tête après un moment et lui sourit paresseusement avant de regarder alentour - vers la petite colline au nord, vers laquelle elle regardait plus tôt. Il la regarda puis haussa un sourcil.
"Je suppose que ce n'est vraiment ni l'endroit ni le moment pas vrai ?"
Elle arqua un sourcil et rit doucement. "Pour ton paquet personnel mon amour ? Probablement pas. Nous ne voudrions pas nous donner en spectacle."
"Sûrement pas." Il secoua la tête et rigola, soupirant, résigné, en roulant à côté d'elle et en se rasseyant. Il arrangea son jeans et fit quelques ajustements alors que Bella se rasseyait elle aussi.
"Mais… alors ce paquet…" se souvint-elle, en lui montrant l'enveloppe au coin de la couverture. "Puis-je avoir ma surprise maintenant ?"
"Oh je suppose." Edward lui fit un sourire en coin en l'attrapant et en le lui donnant. "On ne peut pas dire que ce soit vraiment une surprise..."
Elle lui prit le petit paquet et elle en sentit les contours sous le papier. Ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit en comprenant.
"OHmondieu… !" souffla-t-elle en regardant Edward. "C'est lui… ? !"
Il souriait grandement et elle devint instantanément gaga.
"OHMONDIEU ! EDWARD ! C'est vrai, c'est LUI ? !"
"Ouvre et regarde !" Il commença à rire à son excitation pendant qu'elle déchirait l'emballage. L'objet épais dans le paquet était couvert par du papier cadeau et Bella s'arrêta en riant.
"C'est pour ça que ça a été si long ? Tu l'as emballé ? Il ne fallait pas !"
Il haussa les épaules et sourit, la regardant enlever le papier.
"Ohmondieu, Edward ! Mon livre ! NOTRE livre !" Elle lança ses bras autour de son cou, montant sur lui pour la deuxième fois alors que ses bras l'enveloppaient. Elle se recula, le regardant avec les yeux brillants. "Je pensais qu'il ne serait pas prêt avant deux semaines !"
"J'ai dit à James de te dire ça. Et j'ai aussi mis Angela dans la confidence," répondit-il, en souriant fièrement. Ensuite il montra le livre. "Tu tiens entre tes mains le premier exemplaire de la première édition."
Elle s'installa contre lui souriant bêtement, en tenant la première édition de son histoire dans ses mains tremblantes.
Le bras d'Edward s'enroula autour d'elle et il embrassa sa tempe. "Il a l'air génial non ?" demanda-t-il fier d'elle et du fruit de leur collaboration.
Bella hocha la tête. "C'est si merveilleux !"
Bien qu'elle ait déjà vu et donné son accord pour la couverture du livre à Stellar Publishing House, c'était toujours une surprise de le voir dans toute sa gloire.
"James a dit que les pré-ventes pour le e-book et le livre étaient ridiculement prometteuses," ajouta-t-il, après un moment. "Tu as amené avec toi tous tes lecteurs de Star-Lighted mais tous ces lecteurs ne sont pas que des adeptes de ce site. La rumeur se répand." Bella sourit. "Qui aurait pu supposer que cette histoire idiote serait aussi populaire ?"
Edward rit. "De toute évidence il y a un grand nombre de fans pour des histoires d'amour et de romance entre deux individus apparemment incompatibles qui ont eu des expériences difficiles et mortifères au départ mais qui les ont quand même conduits à une fin heureuse."
Bella rigola. "C'était presque une romance, pas vrai M. Cullen ?"
"Oh je ne sais pas. Je pourrai dire que ça l'est encore Mme Cullen." Il lui fit un petit clin d'œil sexy.
Elle rit et regarda leur merveilleux résultat.
Puis son sourire se fana quelque peu. "Tous mes lecteurs n'étaient pas contents que je publie cette histoire."
Edward la poussa de l'épaule. "On ne peut pas plaire à tout le monde. Et ce n'est pas comme si cette histoire n'était pas restée sur le site pendant très longtemps avant que tu prennes ta décision de la publier. Tu les as alertés bien en avance et ils ont eu amplement le temps de la lire. Et puis au final cette histoire t'appartient et tu as le droit de faire ce que tu veux. Et tu as vraiment eu le soutien incroyable de la majorité de tes lecteurs."
Bella hocha la tête. "Et le tien. Et celui d'Angela. Je n'aurais pas été assez courageuse pour essayer de publier si vous n'aviez pas été là tous les deux, je n'aurais pas pu écrire ça sans ton aide et tes encouragements. Et merci à Angela, ça été un gros travail de relire et corriger mon travail d'origine pour qu'il soit prêt à être publié. Mais elle connaît vraiment bien son travail – c'est évident."
Bien sûr il avait fallu faire de nombreux changements sur le travail originel. Avec presque 70 chapitres et 500 000 mots il avait fallu modifier, modifier, modifier. Il avait aussi fallu enlever les références à la Saga Written in the Stars, changer les noms des personnages, pour éviter le plagiat. Stella Brown et Ethan Collins étaient devenus Starla Bronte et Evan Cosmos.
Même le titre de la fiction originelle avait été corrigé ce n'était plus De la Haine à la Passion. Ce titre ne semblait pas transmettre le bon sentiment pour cette histoire. Et malgré tous les efforts qu'Edward avait fournis pour trouver un titre alternatif c'était finalement Bella qui avait trouvé le gagnant.
Elle sourit en étudiant la couverture.
Centré sur l'austère fond noir il y avait l'image d'un ordinateur portable ouvert. Et à côté un seul tournesol. Les yeux de Bella se déplacèrent vers le bas là où étaient écrits les noms des co-auteurs : Isolde et Elwood Phœnix. Ensuite son regard remonta vers le haut pour trouver le nouveau titre.
"Fan Fiction, Sex Gods and Single girls," lit-elle à voix haute. Ses yeux souriants trouvèrent ceux d'Edward. "Tu pourras vire avec ce titre maintenant ?" demanda-t-elle. "Je pense qu'il est un peu trop accrocheur."
Il passa sa main devant ses yeux puis dans ses cheveux et le bout de ses oreilles rosit. "Je suis d'accord avec deux des trois mais j'essaie toujours de me réconcilier avec le troisième."
Bella rit. "Pourtant Emmett, Jasper et Ben semblent heureux de cette référence. Et je sais que Rose, Alice et Angela seraient heureuses d'appeler leurs maris, dieux du sexe – autant que moi."
Edward fit la grimace. "Je ne veux pas vraiment savoir ce qu'il se passe entre les conjoints – plus particulièrement quand l'un d'eux est ma sœur."
Bella ricana. "Ces petits bébés qu'ils ont eus ne sont pas apparus par magie, tu sais. Il y a quelque chose qui a provoqué tout ça..."
Edward sourit. "Je t'assure que j'en suis bien conscient."
"Quoi qu'il en soit…" continua-t-elle. "Tu as toujours été mon dieu du sexe, Edward. Alors apprends à vivre avec."
Il roula des yeux légèrement. Il supposa qu'il y avait des choses bien pires dans la vie que d'être le dieu du sexe personnel de sa femme.
Bella serra le livre contre elle. "Je vais le ranger près de ma version personnelle, sur mon bureau."
Ils avaient mis deux ans pour écrire cette fan fiction ensemble - pas parce que l'original était long mais parce que la route de leur vie leur avait faire des détours distrayants. Mais ils avaient persévéré. Et comme Bella écrivait elle avait gardé une copie de sa version de l'histoire, non corrigée, non coupée, avec les vrais noms de tout le monde dans leur histoire d'amour autobiographique. Et une fois que le dernier chapitre avait été posté et que l'histoire soit marquée complète Edward avait eu cette version personnelle, un livre original pour lui - ça avait été un cadeau de l'auteur pour leur troisième anniversaire.
Elle le regarda en mâchonnant sa lèvre. "Je viens de penser… peut-être que je pourrai ajouter ce qu'il se passe aujourd'hui et l'ajouter à notre livre. Ce serait l'épilogue parfait."
Il tourna sa tête, regardant la prairie avec un rire. "Oh je crois que nous aurons des volumes d'épilogues, amour." Bella sourit et hocha la tête alors que ses yeux suivirent les siens vers la colline en bordure de la prairie.
Après quelques instants Edward regarda l'heure. "C'est presque deux heures et demi. Nous devrions probablement ranger."
"Oui je crois que nous ferions mieux – ils vont être là avant que nous nous en apercevions," convint-elle, faisant un geste pour se lever.
Edward attrapa sa main et arrêta son mouvement. "Non reste là amour. Je vais le faire. Prends quelques minutes pour te détendre. Tu étais très occupée quand je suis parti plus tôt."
Elle se réinstalla sur la couverture pendant qu'Edward se remettait sur ses pieds et elle regarda son vieux mari de trente-trois ans et son parfait derrière courir dans la prairie avec ses longues jambes.
Un sourire content s'afficha sur ses lèvres quand il atteignit la base de la colline et attrapa les deux petites personnes qui étaient là-bas. Des cris de rires enfantins résonnèrent dans la clairière. Et le rire plus grave d'Edward se joignit aux autres quand il traîna les corps qui se tortillaient jusqu'en haut de la colline. Un aboiement et un labrador chocolat les suivait joyeusement.
Un moment plus tard les trois personnes les plus importantes dans l'existence de Bella était arrivées plus ou moins en haut de la colline. Elle entendit la voix d'Edward dire "Prêt, Allez !" et tous les trois roulèrent sur le côté en direction du bas de la colline, avec le chien qui aboyait ses encouragements au milieu d'eux.
Un petit corps s'assit en bas, les bras levés triomphalement. "J'ai gagné papa !"
"Allez, on recommence ! " dit une deuxième voix.
Edward se leva en riant et en remettant les deux petites silhouettes sur leurs pieds avant de les aider à remonter en haut de la petite colline et de recommencer le processus plusieurs fois.
Bella rit tout en regardant, en pensant à combien sa vie avait changé les cinq dernières années, depuis sa première rencontre avec Edward Cullen.
oooOooo
Le soir de son vingt-quatrième anniversaire à Bella Italia, ils avaient discuté d'emménager ensemble et ils avaient essayé d'attendre un peu. Mais comme tout le reste de leur relation, les choses évoluèrent rapidement.
Vers la mi-octobre, un mois et demi après son arrivée à Stardust Lane, Bella fit de la place pour son amour chez elle. Edward et environ un tiers de ses affaires commencèrent à arriver quand ils firent fusionner leurs vies plus sérieusement.
En novembre, Angela et Ben louaient, à un prix ridiculement bas, la maison haut de gamme et en partie meublée de l'autre côté de la rue.
Et en janvier Edward fit sa demande de la façon la plus impromptue… dans un endroit tout à fait inattendu et Bella dit OUI.
Et ils fêtèrent ça… nus et à répétition… pour le reste de ce week-end et ils décidèrent d'un mariage en été… en août peut-être.
Mais quelque chose avait arrêté net ce projet du mois d'août quand Bella découvrit peu après qu'elle était enceinte. Bella n'était pas seulement enceinte. Bella était enceinte deux fois.
Oui. De jumeaux.
Au cours de toutes leurs célébrations nues et répétées au cours de ce week-end, elle avait oublié une pilule – bien qu'elle pense qu'elle l'avait prise mais en la retrouvant quelques jours plus tard elle fut convaincue de sa distraction du moment. Et apparemment le futur époux de Bella avait opéré avec un super sperme à ce moment-là, en janvier, parce que les petits nageurs avaient trouvé cette toute petite fenêtre d'opportunité. Ils étaient venus… ils avaient vu… et ils avaient conquis… ou fertilisé. Peu importe.
Heureusement l'équipe mère fille, Esmée et Alice Cullen firent un boulot extraordinaire, cherchant rapidement un fabuleux jardin pour le mariage d'Edward et de sa future charmante et aimée femme. Et Edward et Bella se marièrent pendant les vacances de printemps, en avril.
Mlle Swan termina l'école en tant que Madame Cullen - une charmante vision et des nausées matinales - habillée dans des vêtements amples avec de petites vestes mignonnes qui camouflèrent le ventre naissant grâce aux capacités d'Alice. Heureusement Bella n'avait vomi qu'une seule fois en classe… ou presque. Les autres fois elle avait réussi à s'échapper à temps.
Au début du mois d'octobre, pas un mois après son vingt-cinquième anniversaire, Bella donna naissance à des jumeaux.
Ce jour même Edward se retrouva sérieusement à penser à une vasectomie immédiate – à cause de tout le stress qu'il avait ressenti pendant l'accouchement. Il n'était pas sûr de vouloir à nouveau autoriser sa belle femme – ou lui-même – à avoir à retraverser ça à nouveau.
Il était difficile de croire que les jumeaux étaient à trois semaines de fêter leurs quatre ans.
oooOooo
Bella cligna des yeux et se concentra en entendant sa famille qui approchait.
A la gauche d'Edward il y avait leur fille, qui tenait la main de son papa tout en sautillant, ses couettes auburn s'agitaient pendant qu'elle chantait. Dans l'autre main elle tenait un petit seau en plastique rouge. De l'autre côté d'Edward il y avait leur fils qui tenait aussi la main de son papa et lui parlait, tout en caressant occasionnellement le chien marron qui gambadait autour d'eux.
Edward Anthony Masen Cullen Junior était neuf minutes plus vieux que Stella Marie Cullen. Et le Petit E, comme Bella et Edward l'appelaient au début, pas trop longtemps, ne voulait plus qu'on l'appelle petit. Et ce fut Stella qui, de façon inattendue, résolut ce problème de surnom dans sa petite tête de jumeau. Après qu'ils lui eurent expliqué ce que signifiait Petit E, c'était un Edward numéro 2 – comme son papa - Stella avait confondu Edward too* avec "two*" et E2 était resté.
Bien sûr Edward avait fait remarquer à Bella qu'il n'était pas petit E ni E2 mais plutôt E2C2… ce qui lui fit penser à R2D2 de Star Wars, le film de Georges Lucas qui commençait par la quatrième partie... Et Bella l'avait fait taire en posant son doigt et son majeur sur ses lèvres, lui disant qu'elle aimait qu'il soit cinéphile mais qu'elle en savait suffisamment sur ces films et le robot R2D2.
Comme Bella les regardait, Stella se mit à courir en tendant son seau vers sa mère.
"Maman ! Regarde ce qu'on a trouvé avec E2 !"
E2 lâcha la main de son père et suivit sa sœur.
Bella regarda vers le seau qui maintenant était sous son nez. "Waouh ! C'est bien les enfants vous avez trouvé des fraises des bois !" sourit-elle aux yeux noisette et au petit visage en forme de cœur qui était rouge devant elle. Stella hocha la tête fièrement et posa le seau près du panier de pique-nique.
E2 se coucha sur la couverture près de Bella posant sa tête sur ses genoux. "Stella été insupportable, maman." Il la regarda solennellement avec ses yeux couleur de miel.
"Ah bon ?" demanda Bella, en brossant ses cheveux sauvages et humides de son front.
"Na nan !" s'écria Stella en courant, avec ses mains sur ses petites hanches, une ride entre les sourcils, en fixant son frère. "Je t'ai juste dit que tu ne pouvais pas les manger maintenant ! Il faut que maman les lave en premier ! Est-ce que tu veux être malade E2 ?"
Il ignora sa sœur et ferma les yeux et se blottit contre Bella en soupirant longuement. "Je n'en ai pas mangé," marmonna-t-il.
Bella leva les yeux et échangea un regard complice avec Edward alors qu'il faisait de son mieux pour ne pas éclater de rire.
En grandissant la personnalité des jumeaux s'était développée et une chose était devenue particulièrement évidente pour Edward et Bella. Malgré leur lien de jumeaux, Stella était exubérante et parlait beaucoup, irritant parfois son frère plus calme et plus introverti, simplement en lui donnant un conseil avisé. Pour le grand Edward c'était comme regarder un mini clone d'Alice, tourmentant une mini version roulant des yeux de lui-même à sœur d'amour.
"Eh bien je suis contente que tu n'en aies pas mangé parce qu'il faut les laver d'abord," dit Bella gentiment.
"Et je suis sûr que ta sœur te l'a rappelé parce qu'elle prend soin de toi et qu'elle t'aime," ajouta Edward en faisant un sourire à Bella.
"Oui c'est vrai !" admit Stella, en hochant la tête et en s'installant à côté de son frère pour le serrer dans ses bras. Elle lui fit un grand sourire jusqu'à ce qu'elle le lui rende. Et ensuite ils se fixèrent tous les deux jusqu'à ce qu'ils se mettent à rigoler.
"La crise est passée," dit doucement Bella, en souriant à Edward. Elle regarda vers le bas et passa ses doigts dans les cheveux des jumeaux tout en enlevant de l'herbe qu'ils avaient récoltée en roulant de la colline.
Ça avait été Esmée au cours de l'une de ses premières visites à l'hôpital qui avait fait remarquer que ces deux magnifiques petits-enfants avaient hérité de ce qu'elle qualifiait de 'Cullen Coif'. Tout comme leur père, tante Alice et grand-père Carlisle les deux bébés avaient des épis bizarres. Et au vu de son expérience elle avait assuré Bella que la coiffure s'améliorerait quand les cheveux s'épaissiraient. Et que les épis pourraient être domptés en utilisant du gel et un sèche-cheveux comme dans le cas de Carlisle. Ou par une coupe plus longue et un effet plus hérissé dans le cas d'Alice. Bien sûr ils pourraient aussi être laissés en bataille comme dans le cas d'Edward.
"Je crois qu'on ferait mieux d'y aller, tout le monde," dit Edward interrompant de sa douce voix la rêverie de Bella.
"Papa a raison," convint-elle, en les tapotant. "Il faut que vous soyez propres quand grand-papa et grand-maman vont arriver."
"Il t'a plu ton pique-nique d'anniversaire maman ?" demanda E2 en se relevant et ils attendirent avec sa sœur qu'elle réponde à la question.
Bella sourit à leurs petits visages, en attrapant un dans chacun de ses bras et leur faisant un bisou. "Oui j'ai adoré ! Et j'ai aussi aimé mes pancakes ce matin ! Merci d'avoir aidé papa à tout faire. Vous êtes de petits aides géniaux."
Elle fut remerciée par des étreintes et de petits sourires fiers et un peu en coin pour tous les deux.
Quelques minutes plus tard ils repartaient vers les arbres. Edward et Bella marchaient main dans la main, tenant le livre, la couverture, le seau et le panier. E2 et Stella couraient devant avec Taylor, la langue pendante sur le côté de la gueule, faisant son sourire canin.
Les enfants firent une pause quand ils arrivèrent au petit panneau juste à l'extérieur du bois. E2 montra les mots avec son doigt et lui et Stella 'lurent' ensemble. Fort.
"Ce. Doit. Etre. L'endroit !" Ils se regardèrent et se mirent à rigoler.
Et quand E2 se tourna pour regarder la clairière. "Au revoir l'endroit !" dit-il très fort en faisant un signe de la main et s'éloignant.
Bella lâcha la main d'Edward et passa son bras autour de sa taille, faisant glisser sa main sous son t-shirt pour toucher sa peau chaude. Elle fit un signe de tête vers le panneau quand ils passèrent devant. "J'ai toujours aimé que tu aies fait ça !"
Edward sourit et passa son bras autour de ses épaules alors qu'ils quittaient la clairière pour rentrer sous les arbres. "Ce sont tes mots amour pas les miens. J'ai juste pensé qu'ils étaient parfaitement adéquats."
Bella hocha la tête se souvenant de leur recherche pour trouver un endroit parfait qu'ils pourraient appeler maison.
La petite maison de plain-pied au bout de la route isolée avait besoin de quelques travaux et Edward avait voulu plus de place, plus d'arbres et peut-être d'autres choses encore. Mais ils savaient qu'ils trouveraient quand ils chercheraient vraiment et décidèrent de suivre le sentier dans la forêt.
Ce sentier les avait conduits à la plus parfaite des clairières – qui appartenait aussi à leur propriété et tous les deux avaient été émerveillés quand ils l'avaient découverte. Mais quand Edward s'était avancé et qu'il s'était baissé pour regarder les petites plantes et s'était relevé avec une poignée de fraises sauvages dans sa main ç'avait été Bella qui s'était écriée "Edward ! C'est la clairière de ton rêve ! Ce doit être l'endroit !"
Il avait été d'accord. Et le jour de leur achat il était revenu avec le petit panneau et ces mots écrits dessus.
Alors qu'ils marchaient sous l'ombrage des arbres, Edward se retrouva en train de se demander si ces rêves avaient été une sorte de prémonition – un présage de leur avenir. Ou peut-être ses rêves une fois dans sa tête avaient grandi là et qu'ils étaient devenus un objectif à atteindre. Ou peut-être que de trouver la bonne personne avec qui partager ces rêves les avaient faits devenir réalité. Puis encore, c'était peut-être juste le destin.
Ils émergèrent de l'ombre pour arriver dans leur jardin quelques minutes plus tard.
La maison avait entièrement été refaite, le toit aussi et repeinte. On avait fait tomber les murs intérieurs et le plan originel agrandi et un étage avait été ajouté. Le garage une place était devenu un garage trois places et finalement un petit kiosque qui abritait un jacuzzi éclairé par des étoiles lumineuses avait été installé près du grand patio, qui comportait un grand foyer en forme d'anneau.
A gauche du grand jardin il y avait un grand parcours de jeux pour les enfants avec un petit château qui dominait le tout. Il y avait un toboggan et deux balançoires en pneus d'un côté.
De l'autre côté il y avait une grande jardinière unique - ce qui revenait souvent dans la conversation quand des personnes arrivaient pour la première fois à la maison. C'était plus un grand Ford F-150 qu'une jardinière d'ailleurs. Bien sûr il était planté de tournesols, des graines de Stardust Lane. Évidemment le nain de jardin était venu lui aussi et c'était lui qui était installé derrière le volant, regardant par la vitre ouverte avec ses lunettes.
Ça avait été l'idée folle d'Edward. Il en avait eu plus d'une. Et elles impliquaient des véhicules.
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Ce premier Noël, quand ils étaient allés à Forks pour le fêter avec Charlie, les yeux de Bella étaient presque sortis de sa tête quand elle avait vu son vieux pick-up rouge dans l'allée de son père. Il était difficilement reconnaissable dans sa nouvelle incarnation.
Le lumineux et brillant Chevy rouge cerise avait été réparé, relooké et remis à neuf au mieux des capacités de Jake. Il avait en fait prouvé qu'il était plus que capable, en apportant un peu plus d'activité au garage Uley, une fois que les habitants de Forks avaient commencé à remarquer ce chef d'œuvre en cours de réalisation.
A part cette bonne fortune, Bella n'avait réussi qu'à bafouiller que quelques mots et phrases inachevées à Edward pendant presque deux heures quand elle découvrit que le pick-up était toujours à elle.
Edward avait expliqué qu'il l'avait plus ou moins racheté, lui donnant l'argent qu'elle pensait qu'il valait, faisant un effort pour préserver la surprise. Elle se remit à bafouiller encore plus, en agitant ses bras, en entendant cette nouvelle supplémentaire.
Il avait racheté un pick-up qui lui appartenait déjà…
Il n'avait pas pu se résoudre à le vendre, avait-il expliqué. Ce chevy l'avait amenée à lui et les choses entre eux se seraient passées différemment si elle n'était pas arrivée dans le quartier avec cet engin bruyant et presque en panne qui l'avait forcé à descendre la trouver ce premier jour où ils s'étaient rencontrés.
Elle finit par céder. Elle n'avait pas pu faire autrement puisque ces raisons étaient sentimentales. C'était vraiment un très grand sentimental et il était à elle et son sens des affaires et les décisions financières intelligentes fonctionnaient très bien quand il s'agissait d'elle… en quelque sorte. Il avait un doux endroit dans son cœur quand il s'agissait d'elle et probablement dans sa tête aussi mais elle pensait qu'elle pouvait dépasser ça parce qu'elle l'aimait lui et sa folle sentimentalité.
Quand elle lui avait demandé quels étaient ses projets pour le Ford F-150, puisqu'ils n'avaient pas besoin de trois voitures, il la regarda complètement perdu.
"Qu'est-ce que tu veux dire ? On le garde. On pourra s'en servir pour aller camper."
Bien sûr ils n'étaient jamais allés camper en cinq ans.
A la fin de l'été suivant, trois véhicules s'étaient transformés en quatre quand Edward présenta à Bella le cadeau de son 25e anniversaire : une luxueuse Volvo XC90 SUV gris métallisé.
Elle avait presque eu une attaque.
Et elle avait été sur le point d'accoucher – avec des jumeaux à presque huit mois et demie de grossesse un accouchement prématuré était plus que probable.
Ils avaient vraiment besoin d'une voiture plus familiale avec les jumeaux en chemin, fit remarquer Edward quand Bella se mit à faire des exercices de respiration. Ce n'était pas juste pour les bébés et leurs sièges mais tout ce qui allait avec et les obligations… et un SUV semblait la chose la plus adaptée à leur famille en devenir. Plus, Edward avait des affinités avec les Volvo – il en avait eu une quand il était adolescent…
"Edward nous ne sommes que deux !" s'était écriée Bella. "Et le garage ne peut contenir que trois voitures ! Par l'enfer qu'allons-nous faire de QUATRE voitures ! C'est vraiment malsain !" Elle commença à haleter, essayant de respirer et de se calmer avec son énorme ventre et ses énormes seins, ses chevilles enflées et la tête de quelqu'un qui pressait dans ses côtes à l'intérieur et l'autre qui faisait des claquettes contre sa vessie.
"Détends-toi et respire, chérie," l'avait-il calmée, en repoussant ses cheveux humides de son front. "C'est bien chérie. Respire, inspire, expire, encore inspire… expire." Il s'éclaircit la voix. "J'ai réfléchi au sujet d'où nous pourrions mettre l'un des véhicules…"
Bien sûr son idée était sentimentale et le reste c'était de l'histoire.
Ou une plante en pot.
Ou une jardinière.
Peu importe.
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A précisément seize heures après que les enfants se soient lavés, changés et préparés pour le week-end chez leurs grands-parents, la sonnette retentit et le chien commença à aboyer.
"C'est grand-mère et grand père ! J'y vais !" hurla E2 en se précipitant dans le hall avec Taylor dérapant derrière lui sur le plancher en bois.
"Non c'est moi qui y vais !" s'écria Stella, courant après son frère.
"Vous pouvez y aller tous les deux ensemble !" hurla Edward.
"Et on ne court pas à l'intérieur !" leur rappela Bella.
"Comment font-ils pour arriver à l'heure exacte qu'ils nous ont dite ?" demanda Bella alors qu'Edward et elle allaient rapidement dans le séjour.
"Peut-être qu'ils se sont garés quelque part en attendant que ce soit l'heure précise ?"
Bella rigola. "Ils restent assis là, à apprécier le dernier bon moment de paix et de tranquillité ?"
Edward haussa les épaules en faisant un sourire en coin à sa femme. "Je pense que c'est totalement compréhensible."
La porte d'entrée s'ouvrit et la folie commença.
"GRANDPA ! GRANDMA !" s'écrièrent ensemble Stella et E2, pendant que Taylor continuait d'aboyer et de remuer la queue.
"Bonjour les enfants !"
Les petits corps étaient soulevés, étreints et embrassés et le chien continuait à aboyer pendant que les enfants bavardaient avec excitation.
"Taylor chut !" claqua Edward, en éloignant le chien et en roulant des yeux.
"Oh ça va ? Il est juste excité par ce week-end aussi." Charlie Swan regarda son beau-fils avec amusement. "Comment ça va Edward ?"
"Tout est génial, merci. Et vous ?" demanda-t-il, pendant qu'ils se serraient la main pour se saluer.
"Pas d'insatisfaction."
Edward sourit. "Ce sera sûrement différent quand nous reviendrons chercher les enfants et le chien, lundi."
La moustache de Charlie vibra alors qu'il ricanait doucement en saluant sa fille. "Joyeux anniversaire, Bells."
"Bonjour. Merci papa." Elle le serra dans ses bras. "Tu es bien sûr que vous êtes prêts pour trois nuits de folie ?" demanda-t-elle, en se tournant pour inclure sa belle-mère.
Les yeux sombres de Sue étincelèrent. "Hey Bella, bon anniversaire ! Ton père et moi irons bien. N'oublie pas que j'en ai eu deux moi aussi – Leah et Seth m'ont préparée à tout."
Bella rit et les fit entrer pour prendre le café avant qu'ils ne repartent vers Forks avec leurs petits-enfants et le grand chien.
Ça avait demandé dix-sept ans à Charlie Swan pour décider s'il allait donner une seconde chance au mariage. Mais quand finalement il eut le courage de demander sa main à Sue Clearwarter et qu'elle eut dit oui, Bella ne put être plus heureuse pour tous les deux.
Les Clearwater avaient été des amis de la famille depuis toujours - avant même que Renée ait décidé qu'elle avait besoin d'autre chose dans la vie que de ce que Charlie Swan et une petite ville du Pacifique nord-ouest avaient à offrir. Harry et Sue Clearwater et Charlie Swan avait une histoire et des amis en communs. Et parfois Sue avait été quelque chose comme une mère de remplacement pour Bella pendant ses années d'études secondaires et ses années à l'université. Quand Harry mourut, Charlie avait été là pour Sue, offrant son amitié, son aide et son soutien. Il lui avait même offert son amour. Et quand Charlie avait choisi la mère d'une des meilleures amies de Bella, il y avait trois ans, ça avait semblé être… la meilleure chose possible.
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"On verra Tante Leah et oncle Jake grand-ma ?" demanda Stella, quand ils furent autour de la table de la cuisine.
"Oui bien sûr !" répondit Sue, avec un sourire. "Ils nous ont invité pour le dîner demain."
"On pourra aller pêcher Grandpa ?" demanda E2
Charlie hocha la tête. "J'espérais bien que quelqu'un voudrait venir pêcher avec moi." Il ébouriffa les cheveux de E2 puis sourit affectueusement quand il vit que les cheveux restaient ébouriffés.
Stella fit la moue. "Je n'aime pas pêcher."
Sue sourit. "Tu pourrais rester à la maison avec moi ? On pourrait préparer de cookies… ou des tartes… tu sais, des tartelettes ?"
"Peut-être que vous pourriez faire des mini tartes avec les fraises que vous avez ramassées," suggéra Bella.
"Oui on veut faire ça !" s'écria Stella excitée - en faisant la même chose qu'Alice - en frappant des mains.
Bella et Edward échangèrent des regards et des sourires.
Charlie faisait tourner lentement sa tasse à café tout en regardant le livre qui était posé sur la table. Ils avaient déjà parlé du premier livre de la première édition de Fan fiction Sex Gods and Single girls quelques instants avant.
"Alors… est-ce que je veux vraiment lire ça… ?" demanda-t-il incertain.
La main d'Edward alla immédiatement dans ses cheveux, tirant et emmêlant. "Euh… bon… probablement pas," dit-il avant que Bella décide quelle était la meilleure façon de répondre à son père.
Les yeux sombres de Sue pétillèrent quand elle fit un clin d'œil à Bella. "Ça me parait intéressant à moi. Mais tu sais que l'intérêt de ton père va plutôt vers le sport et les séries policières. Ce n'est pas vraiment un lecteur." Elle tira le livre vers elle et lut la dédicace, à voix haute.
"A toux ceux qui ont rêvé… d'écrire… ou autre chose." Elle regarda vers Bella et Edward et sourit. "J'ai déjà dit que ça incluait tout le monde." Et ensuite elle retourna le livre où se trouvait la bio de l'auteur et la lut à voix haute aussi.
Isolde Phœnix, professeur d'anglais de formation, diplômée de l'université de Washington en littérature anglaise et création littéraire. Son mari, Elwood Phœnix a obtenu un Master en Administration des entreprises de l'Université de Dartmouth et est un financier à risque. Le couple vit dans le nord-ouest Pacifique avec leurs enfants. Leur deuxième roman Fan Fiction, Sex Gods and Couches culottes, est actuellement en cours."
Sue les regarda et se mit à rire. "Je dois bien dire que je n'ai pas encore lu le premier mais le deuxième m'intéresse déjà."
Charlie termina son café et s'éclaircit la voix pour changer de sujet. "Nous ferions mieux d'y aller pour pouvoir mettre les enfants au lit à une heure raisonnable ce soir. Nous avons un long chemin avec un arrêt pour le dîner."
Edward hocha la tête, heureux de ce changement de sujet de conversation. "Je vais chercher les affaires des enfants et vous aider à mettre tout ça dans la voiture, Charlie," dit-il et il se leva pour s'échapper.
Bella sourit à son père et à Sue. "Bon Edward et moi apprécions beaucoup ce que vous faites. Nous attendions avec impatience un peu de temps libre pour nous ce week-end."
"Hum euh," fit Charlie ne voulant pas savoir comment sa fille passerait son week-end seule avec son apparemment beau-fils dieu du sexe.
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Bella et Edward restèrent bras dessus bras dessous un petit moment, faisant au revoir à leurs enfants et au chien qui disparurent rapidement vers Forks dans le Subaru Outback de Sue. Une fois que la voiture eut pris le virage ils rentrèrent.
En fermant la porte Edward sourit à Bella. "Ils te manquent déjà ?" demanda-t-il.
Bella sourit et haussa les épaules puis renonça. "Ils sont réellement enracinés en nous tu sais ?"
Edward rigola et prit sa femme dans ses bras en embrassant sa tempe. "Oui c'est vrai," convint-il.
Bella entoura ses bras autour de sa taille et le regarda avec de grands yeux.
"Waouh…"
Edward fit jouer ses sourcils. "Quoi ?"
"Chuuuut… écoute," chuchota-t-elle.
Il retint son souffle, écoutant. Il fronça les sourcils. "Quoi ?" demanda-t-il, en chuchotant aussi.
"C'est… calme," murmura-t-elle, en faisant un grand sourire.
Edward renversa sa tête en arrière et éclata de rire.
Il regarda sa bouche, faisant ce sourire en coin. "Tu sais ce que j'entends ?" Il y avait une lueur sexy dans ses yeux verts.
Bella secoua la tête, toujours souriante.
"J'entends l'occasion de ne pas être interrompus pendant la nudité désinhibée avec ma femme."
Bella rit. "Maintenant que tu le dis… j'entends ça aussi."
"Bien," répondit-il alors que leurs lèvres se retrouvèrent et qu'il commençait à remonter la robe d'été de Bella sur ses cuisses.
Il recula pour la faire passer par-dessus sa tête. "J'espère que tu t'attendais à un long week-end de détente, amour."
Bella acquiesça ses yeux noirs et rieurs. "Nous pouvons simplement nous détendre encore et encore et encore et…"
Edward rigola doucement dans sa bouche et inclina sa tête pour l'embrasser…. Doucement lascivement et urgemment.
Un chemin de vêtement accompagna leurs progrès et les arrêts qu'ils firent, en commençant par la robe d'été blanche dans l'entrée, les grands tennis et les petites sandales à l'extérieur du séjour, un t-shirt gris et un soutien-gorge à l'entrée du couloir, le jeans usés juste à la porte de la chambre et la culotte rose près de la porte de la salle de bain ainsi qu'un boxer noir juste devant la cabine de leur nouvelle douche.
La salle de bain était pleine de buée. C'était torride. La douche avait été bien conçue pour bien gérer toute cette chaleur extrême. Il y avait des bancs et des étagères à toutes les hauteurs pour des activités variées. Et il y avait même des poignées pour gérer toute cette ardeur. Ce n'était pas des poignées temporaires mais plutôt incluses et intégrées dans le mur, posées là pour durer dans le temps.
Les jambes de Bella étaient enroulées autour de la taille d'Edward et elle s'accrochait désespérément à ces poignées à l'approche de l'imminente extase. Comme ils y arrivaient, Edward poussa ses hanches un peu plus contre le mur, s'accrochant à ses hanches comme il bougeait. Appuyés contre le mur et l'un contre l'autre, ils pouvaient se voir et apprécier leur action ainsi que la satisfaction de leur interaction.
"Oh seigneur…" bredouilla Bella.
"Ça va ?" demanda Edward à bout de souffle, faisant une pause dans ses poussées.
"Oui !" fit Bella avec emphase, rapidement et en haletant beaucoup. "N'arrête pas ! Je vais bien. Je … Je vais…oh… seigneur… oh seigneur… oh seigneur… oh moooooooooooooooon !" Son visage se releva et ses yeux se serrèrent pendant que sa bouche s'ouvrait, tout passant au noir pendant une nanoseconde avant de passer à un blanc éclatant chaud derrière ses paupières closes.
Edward avait senti la vibration précédente, les ondulations rythmées de son corps. Son propre rythme avait été court- circuité et il grommela un "Putain !" Sa mâchoire se serra en lâchant un "Putain de merde, amour !" avant de pousser fort et profondément de façon erratique… une fois… deux fois… et une troisième et dernière fois.
Il chancela sur ses jambes tremblantes, en respirant difficilement alors qu'il appuyait Bella contre le mur frais. Elle relâcha les poignées et laissa tomber ses bras autour de son cou et sur ses solides épaules. Elle décrocha ses jambes autour de lui et posa ses pieds sur le carrelage. Il la fit venir sur ses genoux, tout en s'asseyant sur le banc le plus bas, tous les deux tremblants et essayant de retrouver leur respiration, leur cœur battant à l'unisson.
"Il faudra que nous fassions ça plus souvent," fit observer Edward après quelques minutes de récupération, en caressant le dos de Bella. Il sentit un petit rire puis un baiser dans son cou.
"Ah oui. C'était vraiment très relaxant," souffla-t-elle.
Un doux rire s'échappa de ses lèvres et il déposa un baiser sur le dessus de sa tête. "Incroyablement relaxant," convint-il.
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Plus tard dans la soirée Bella et Edward profitaient d'un dîner festif à la Cucina Volterra – un assez nouveau restaurant très bien coté - spécialisé dans la cuisine italienne. Leur table pour deux offrait une vue imprenable sur les lumières scintillantes du Puget Sound mais Edward avait fait remarquer que la vue imprenable était assise en face de lui.
Il pouvait toujours faire retourner l'estomac et faire monter le rouge aux joues de Bella avec ses mots sérieux, son sourire sincère et en coin ainsi que la tendresse dans ses yeux. Et elle avait choisi de porter sa robe préférée - une robe portefeuille bleu marine qui mettait ses courbes en valeur et faisait ressortir la couleur de sa peau. Mais la vue depuis où était assise Bella était vraiment très spectaculaire - Edward Cullen portait un costume sombre. Sans cravate et arborant un petit air débraillé qui lui donnait un air tout à fait exquis.
Leur dîner avait été appétissant dès le début : la poire et le gorgonzola sur un lit de mesclun avec noix caramélisées et vinaigrette à la framboise. Bien sûr ils partagèrent leurs plats : le poulet marsala avec des champignons portbella plus des épinards sautés et des pommes de terre au romarin avec le mélange grillé saint Jacques et filet de poisson frais et ses crevettes, servi avec des linguines au pesto et amandes.
Leurs assiettes avaient été enlevées et ils venaient tout juste de commander deux cappuccinos et un tiramisu à partager quand une voix les interrompit.
"Edward ? Edward Cullen ?"
Edward et Bella regardèrent. Un couple s'était arrêté près de leur table.
L'homme bien habillé, d'âge mûr, avec des lunettes et des cheveux fins gris et dorés, des joues molles et une bedaine assortie – montrait à l'hôtesse qu'elle ferait mieux de continuer à avancer. Il hocha la tête quand elle lui montra une table à quelque distance de là puis elle les quitta et posa les menus sur leur table.
La femme qui avait reconnu Edward semblait surprise. Elle était habillée de façon un peu provocante – comme si elle essayait trop fort et elle portait un collier en or plutôt voyant qui pendait entre ses trop gros seins. Son âge était difficile à déterminer. Il était évident qu'elle avait été refaite – ses seins étaient trop gros pour sa silhouette, son nez trop petit. Et ses lèvres trop pulpeuses souriaient, tout sourire naturel ayant complètement disparu sous le botox. Edward pensa qu'elle en était à la fin de la trentaine ou au début de la quarantaine, essayant de garder une apparence de jeune femme de vingt ans sans succès.
"Oui ?" répondit-il en hésitant, essayant désespérément de trouver qui ce couple pouvait bien être, il n'en reconnaissait aucun.
"Waouh…" souffla la femme, toujours le fixant avec son regard surpris et cette espèce de sourire grimaçant. "Je n'arrive pas à croire combien tu es différent mais la couleur de tes cheveux et ta mâchoire t'ont trahies." Ses yeux vert pâle évaluaient son visage et sa forme avant de se poser sur Bella, lui jetant un coup d'œil puis revenant errer et étudier Edward avec une admiration apparente.
Il cligna des yeux en regardant entre elle et l'homme pour chercher des indices. "Je suis désolé… Nous nous connaissons ?"
"Oh…" la femme cligna des yeux de surprise et un rire embarrassé s'échappa de ses lèvres repulpées. "Je suis Lauren. Lauren Mallory," sourit grimaça-t-elle.
Les yeux de Bella se plissèrent. Ses poings se serrèrent. Elle se souvenait du nom et elle avait vu les photos de fin d'études secondaires.
Edward écarquilla les yeux. Et sa bouche s'ouvrit. Lauren Mallory ne ressemblait plus à rien. Ou alors à un festival sauvage de chirurgie esthétique qui se serait fait à son détriment. Et cette expression surprise sur son visage ne s'effaçait pas, conduisant Edward à conclure qu'elle n'était que le résultat d'une autre modification complètement ratée.
"Oh. Lauren ? Waouh. Salut. Je… Euh… Je ne… t'aurai jamais reconnue." Il réalisa trop tard combien ça devait paraître brutal et si ça avait été n'importe qui d'autre à la place de Lauren Mallory, il aurait fait un peu plus attention.
Mais au lieu de cela ses yeux se déplacèrent vers Bella et quand leurs yeux se rencontrèrent il y eut un crépitement instantané, ils étaient sur la même longueur d'onde de communication – tous les deux étouffant les mêmes sourires.
"C'est Bella… ma femme," dit Edward, en lui faisant un doux sourire et en prenant sa main par-dessus la table et en la caressant avec son pouce.
Le regard de Lauren passa rapidement du visage d'Edward à Bella mais ses yeux descendirent plus bas pour suivre le mouvement de la main d'Edward. Son sourire grimaçant se figea et ses yeux s'écarquillèrent visiblement quand elle remarqua la taille du caillou sur la bague de fiançailles de Bella.
C'était plutôt un arrangement de cailloux autour d'un encore plus gros caillou.
Le jour où Edward avait abordé cette question, les yeux de Bella étaient presque sortis de sa tête. Et elle avait été tentée de le convaincre d'échanger cette bague pour quelque chose de plus petit si ça n'avait pas été une telle déclaration sentimentale d'un si grand sentimental. Au fil du temps elle s'y était habituée et y pensait rarement jusqu'à ce qu'elle remarque que quelqu'un la regardait.
Ou l'examinait attentivement comme semblait le faire Lauren Mallory.
"Nous étions à l'école secondaire ensemble," dit Edward, en faisant l'effort de briser ce silence étrange.
"Oh," dit évasivement Bella, en hochant poliment la tête et souriant gentiment.
Évidemment Edward savait que Bella se souviendrait de qui était Lauren Mallory. Et malgré son doux sourire et ses yeux brillants, Edward devina qu'elle partageait sa conviction - qu'il était suprêmement content de la façon dont sa vie avait tourné - et leur soupçon partagé - que celle de Lauren Mallory n'en était pas arrivée à ce point.
L'homme bedonnant aux côtés de Lauren se racla la gorge et la tête de Lauren se tourna brusquement presque comme si elle avait même oublié qu'il était là. Elle plissa les yeux vers lui - de désagrément.
"Oh. Désolée. Voilà Warren Doren, mon… fiancé." En disant cela elle cacha sa main droite sous la gauche, la recouvrant ainsi que les bagues qui se trouvaient là.
Edward hocha la tête vers l'homme et serra sa main. Ensuite ses sourcils se froncèrent. Ce nom lui rappelait quelque chose. "Warren Doren ? Comme dans Doren Construction ?"
L'homme sourit fièrement. "Oui, effectivement. C'est une grande société et quelqu'un doit la diriger… et ça pourrait être moi." Il rigola à sa blague.
Edward hocha la tête en souriant. "Votre société a conçu le Cascade Center il y a environ deux ans."
La poitrine de Warren gonfla et devint aussi grosse que sa bedaine et Lauren sourit-grimaça vers lui. "Vrai de nouveau. Ce projet a été tout à fait lucratif pour notre entreprise," se vanta-t-il. "Comment vous en souvenez-vous ?"
Edward sourit. "Ma société a investi dans cette propriété avec Northwest Development. La moitié du Cascade Center m'appartient. Je ne suis qu'un partenaire silencieux. Mais je ne vais pas me disputer avec vous - cet investissement a été très rentable pour moi aussi."
La poitrine de Warren se dégonfla quelque peu et Lauren arborait maintenant une grimace - grimace en plus de son habituelle expression de surprise.
La serveuse apparut avec les cappuccinos et le dessert d'Edward et de Bella.
"Bon…euh… nous ne voulons pas interrompre votre dîner," dit Warren d'un ton bourru. "Passez une bonne soirée." Il se tourna vers Lauren. "Pouvons-nous ?" Elle hocha simplement la tête et ses yeux allèrent d'Edward à Bella alors qu'elle s'éloignait.
"Bien c'était inattendu," fit observer Edward à voix basse après qu'ils soient partis. "Etait-ce aussi satisfaisant pour vous que pour moi Mme Cullen ?" dit-il les yeux pétillants, en lui tendant sa fourchette à dessert.
Elle lui fit un grand sourire. "Sûrement beaucoup plus, M. Cullen."
Edward rigola et ils attaquèrent leur tiramisu avec plaisir.
Bella fronça les sourcils brièvement avant de parler. "Comment se fait-il qu'elle ait le même âge que toi et qu'en tentant de paraître plus jeune elle parait bien plus âgée ?"
Edward rigola. "C'est exactement ce que je me suis demandé plus tôt !"
Bella rit. "Et imagine ça… Elle va devenir Lauren Doren en épousant Warren Doren."
Il haussa les épaules. "Probablement pas pour longtemps. Alice a essayé de me tenir informé au fil des ans. Lauren a des difficultés pour rester dans un mariage. Le vieux Warren sera sûrement le quatrième divorce à l'horizon. Ou peut- être le cinquième… je ne suis plus sûr."
Bella prit son cappuccino en souriant. Elle le leva vers Edward jusqu'à ce qu'il ait pris le sien et ait levé un sourcil dans l'expectative.
"Au bon goût du karma… botter le cul des garces là où ça leur fait le plus mal."
Edward ricana. "Tu es quelque peu malicieuse, madame Cullen !"
"Nop. Je t'aime et je serai toujours de ton côté."
Edward sourit et trinqua avec sa tasse. "Dans ce cas… au karma … et à l'équipe Edward !"
"Allez," rigola Bella, en sirotant son café.
Après le dessert Bella alla rapidement aux toilettes pendant qu'Edward attendait la note.
Elle entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir peu après, quand elle faisait ce qu'elle avait à faire et quand elle quitta le box elle eut la surprise de trouver Lauren Mallory devant le miroir, arrangeant son maquillage. Les yeux verts de Lauren se plissèrent quand Bella s'approcha des lavabos.
"Tu sais, Edward avait le béguin pour moi au lycée," dit-elle.
"Vraiment ? Euh…" répondit Bella, ne voulant lui donner aucune satisfaction.
Lauren hocha la tête, son sourire grimaçant ressemblait en quelque sorte à un sourire. "Mais c'était un geek perdu et sans espoir. Bien sûr il était intelligent… d'une certaine manière… mais un cas désespéré par ailleurs. Qui aurait pu deviner que la petite grenouille derrière ses lunettes et ce fouillis de cheveux se transformerait en un merveilleux prince ?"
Bella se mordit la langue en se lavant les mains – ses mains qui voulaient étrangler Lauren Mallory.
"Et il semblerait qu'il se soit fait tout seul," ajouta Lauren, en lorgnant la bague de Bella. "Il est dans le développement immobilier si j'ai bien compris ?"
Bella décida qu'elle voulait tuer cette conversation dans l'œuf. "Edward est dans toutes sortes d'affaires," dit-elle en attrapant une serviette pour s'essuyer les mains. "Il a beaucoup de succès dans les affaires et il est copropriétaire d'un certain nombre d'entreprises et a beaucoup de projets ici à Seattle et aussi à Chicago. Donc oui il s'est fait tout seul et extrêmement bien."
Lauren sembla momentanément stupéfaite mais elle se reprit rapidement. "Je suppose que tu t'es aussi bien débrouillée pour toi-même, alors," souffla-t-elle avec dédain.
"Pardon ?" fit Bella, en se retournant pour la fixer, ne croyant pas à son audace.
Lauren rangea son rouge à lèvre dans son sac et lui fait un signe méprisant de la main. "Beau et riche. Tu as bien joué."
La bouche de Bella s'ouvrit d'étonnement. Et ensuite ses yeux se plissèrent quand elle réalisa ce que Lauren essayait de faire.
Ce n'était plus ce que Lauren pouvait dire pour rabaisser Edward maintenant – il était indéniablement beau et connaissait des succès financiers. La seule ressource qu'elle avait était de rabaisser leur relation de toutes les façons possibles. Et Bella n'allait pas autoriser ça.
"Vous savez…" dit Bella avec le sourire. "Vous êtes pathétique. Comme vous n'êtes pas heureuse vous essayez de rendre les autres malheureux.
Oui, Edward est très beau. En fait il est magnifique… son visage… son corps… tout… il sent même merveilleusement bon. Mais ces choses ne comptent pas vraiment parce qu'à l'intérieur – et c'est ce qui compte vraiment – il est absolument stupéfiant.
Et riche ? Bon dieu oui. Riche pourrait même être un euphémisme. Et c'est évident que ça vous irrite. Mais sa richesse est parfois plus un embarras qu'autre chose pour moi. La chose merveilleuse - et je ne suis pas sûre que vous soyez capable de le comprendre ou de l'appréhender - c'est qu'il est aussi ridiculement généreux – et pas seulement pour moi.
Je n'ai pas épousé Edward pour son apparence ou pour son compte en banque. Je l'ai épousé parce que c'est un homme merveilleux. C'est le meilleur homme que je connaisse. Le meilleur mari que j'aurais pu imaginer. Le meilleur père pour nos enfants. C'est mon meilleur ami. Et vous savez ce qui est vraiment très drôle… ?"
Lauren cligna des yeux et haleta. Mais Bella n'attendait pas vraiment une réponse.
"Je devrais probablement vous remercier pour ma chance. Si vousn'aviez pas été une garce si horrible envers Edward il y a des années, il n'aurait pas gardé toutes ses merveilles pour moi."
Bella tourna les talons et se dirigea vers la porte, laissant une Lauren bouche bée… on aurait dit une morue. Quand elle atteignit la poignée elle se retourna avec une chose à rajouter.
"Tant que j'y suis, je devrais probablement mentionner le sexe. Trois mots suffiront : Dieu. Du. Sexe."
Sur ce, elle ouvrit la porte et partit.
oooOooo
"Quoi ? !" demanda Edward, en souriant à sa femme alors que la Vanquish s'arrêta à un feu.
"Rien !" ricana Bella.
"Dis-moi pourquoi tu ris !" insista Edward.
Bella rigola en secouant la tête. "Non !"
Il roula des yeux. Elle sourit et s'étreignait de joie depuis qu'ils avaient quitté le restaurant. Il posa sa main sur son genou, ses longs doigts serrant un peu sa peau.
"Dis-moi amour," dit-il doucement. Il serra brusquement et elle poussa un petit cri en sursautant sur son siège.
"D'accord ! Arrête ! Pas de chatouilles !" souffla-t-elle. "J'ai… euh… disons… mis le nez de Lauren Mallory dans son karma."
Ses sourcils se haussèrent d'étonnement tandis qu'il la regardait, amusé. "Quoi ? Comment ?"
Le feu changea de couleur et Bella lui fit signe d'avancer.
"Elle m'a suivi à la salle de bain. C'est évident qu'elle l'a fait exprès. Et je jure que je ne lui aurai rien dit si ce n'était pas elle qui avait commencé."
"Qu'est-ce qu'elle a fait ?" Il la regarda puis se concentra sur la route.
"Elle a fait des remarques désobligeantes… elle a essayé de nous rabaisser… je pense qu'elle voulait juste avoir le dernier mot."
Edward rigola. "Et qu'étaient ces derniers mots ?"
"Bon… euh…" Elle se tourna vers lui avec un large sourire. "Et bien mes trois derniers étaient… dieu du sexe."
Edward grogna de rire.
"Seigneur, amour ne me dis pas que tu as fait ça !"
Bella recommença à rire et à se serrer dans ses bras. "Oh si je l'ai fait… ça c'est sûr !"
"Revenons-en arrière… je veux entendre cette conversation en entier. Mot à mot."
Et elle lui raconta.
Au plus grand plaisir d'Edward.
oooOooo
Quand ils se garèrent dans le garage, ils souriaient tous les deux.
Et quand ils entrèrent dans la maison Edward dit à Bella qu'il avait une surprise spéciale anniversaire pour elle.
Elle haussa un sourcil suggestif en regardant sa braguette. "Oh c'est vrai, tu as ça ?"
Edward rit. "Je suis sérieux. Mais tu es plus que la bienvenue pour avoir aussi cette surprise-là aussi."
"Edward tu m'as acheté quelque chose ? Tu n'étais pas supposé m'acheter quelque chose ! Je pensais que nous nous étions mis d'accord sur un bon dîner."
"Je te taquine, en réalité… c'est un cadeau pour nous deux."
"Bien. Et qu'est-ce que c'est ?"
"Laisse-moi un moment. On se retrouve à l'extérieur de la salle de jeux."
"La salle de jeux."
"Oui la salle de jeux. Ne rentre pas. Attends-moi juste devant la porte."
Bella acquiesça. "D'accord."
Quelques minutes plus tard Edward l'avait rejointe. Il avait enlevé sa veste de costume. Elle le regarda sortir une petite écharpe de soie blanche de sa poche de pantalon et leurs regards se rencontrèrent.
"Tu vas me bander les yeux ?"
"Oui bien sûr. Tourne-toi, amour."
Une fois que l'écharpe fut bien en place, Bella entendit la porte s'ouvrir et ensuite Edward la conduisit à l'intérieur.
"Attends là," dit-il à voix basse.
Elle entendit des pas s'éloigner. Puis le bruit d'un système sonore. Ensuite le bruit de pas se rapprocha. Il se pencha pour l'embrasser.
"J'ai pensé à cette chanson plus tôt aujourd'hui," murmura-t-il.
La musique commença à s'échapper des haut-parleurs. L'introduction était bien reconnaissable. C'était leur chanson… bien, l'une parmi tant d'autres. Ils l'avaient écoutée souvent quand ils avaient trouvé leur prairie derrière leur future maison.
Un sourire s'étira sur le visage de Bella "C'est Talking Heads, This must be the place," dit-elle.
Soudain elle sentit le bandeau commencer à se desserrer. Elle cligna des yeux quand il fut parti. Et puis elle haleta. Bien que la pièce soit dans l'obscurité des centaines de lumières scintillaient et brillaient autour. Elle leva les yeux et éclata de rire joyeusement en la voyant.
"Ohmondieu ! Edward ! Tu as acheté une BOULE à FACETTES !"
Il rit en prenant sa main dans la sienne et passant son autre bras autour d'elle et ils commencèrent à danser dans la salle de jeux des enfants en rythme avec la musique.
"Oui chérie. Pour une raison… tu es devenue une danseuse accomplie avec ces années. Et j'ai pensé que ce serait intéressant de ne pas perdre l'entrainement." Il sourit. "Et tu sais que j'aime bien t'apporter le soleil, la lune et les étoiles si je peux." Ses yeux se levèrent au-dessus de leur tête. "Au moins ça ressemble un peu à la lune et aux étoiles." Il fit ce sourire en coin et haussa les épaules. "Je travaille encore au soleil, Madame Cullen."
"Non Monsieur Cullen," répondit-elle. "Je l'ai déjà. Je t'ai toi."
Il sourit, heureux et la fit tourner autour de la salle de jeux, dansant avec elle dans ses bras.
oooOooo
L'histoire d'amour de Bella et d'Edward n'avait pas suivi le déroulement typique du conte de fée. Le début de leur 'Il était une fois' avait été semé d'une série d'événements difficiles et embarrassants. Mais ils avaient réussi à lire entre les lignes et à trouver leur fin heureuse. Et bien sûr ils avaient compris que l'amour n'est pas toujours un conte de fées…
Peut-être une fan fiction ?
…
* Edward too : Edward aussi et Edward two : Edward 2
